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24 mars 2010

Après une crise sismique, le volcan islandais Eyjafjöll rentre en éruption le 21 Mars 2010

Situé au Sud de l'Islande, sur la dorsale océanique et culminant à 1.666 mètres d'altitude, L'Eyjafjöll, également nommé Eyafjalla, est un volcan d'Islande recouvert par l'Eyjafjallajökull, une petite calotte glaciaire de 78 kilomètres carrés de superficie. Par métonymie, Eyjafjallajökull désigne tout aussi bien le volcan que le glacier qui le recouvre. Son dynamisme éruptif est effusif à strombolien, et fissural.


L'Islande, interaction point chaud et dorsale.


L'Islande représente une émersion de la dorsale médio-atlantique longue de 15 000 kilomètres et d’une altitude moyenne de 1500 m, reposant sur des fonds de -4000 mètres,normalement sous-marine, dont l'axe est matérialisé par le rift islandais. Un récent épisode d’activité de ce rift s’est produit entre 1975 et 1984 dans la région de Krafla, avec la mise en place de coulées basaltiques et une extension mesurée de 9 mètres. Cette partie émergée est l'apex d'une vaste anomalie topographique de la lithosphère car la ride de Reykjanes remonte de -3000 mètres jusqu'au rift islandais.

Cette anomalie topographique est l'expression en surface d'une anomalie de vitesse identifiée jusqu'à 2.800 kilomètres de profondeur. Cette anomalie de vitesse est interprétée comme la remontée d'un panache, à l’état solide plus chaud de quelques centaines de degrés Celsius que le manteau environnant, de manteau profond à l’origine du point chaud islandais, ce panache provoquant le bombement de la lithosphère, en surface, sur plus de 1000 kilomètres de diamètre.


Les rift de Reykjanes et d’Islande du Nord.


La partie nord de la dorsale atlantique marque la limite où s’écartent les plaques tectoniques Eurasie et Amérique du Nord, environ 2,5 centimètres par an, dans la direction Est-Ouest. Située au niveau de la dorsale, l’Islande permet donc d’en observer les caractéristiques morphologiques et géologiques « à l’air libre », notamment des fissures en écartement et un volcanisme important. À l’axe de la dorsale émergée, l’écartement crée une zone d’effondrement qualifiée de rift.

Cette zone, communément dénommée zone néo-volcanique ou axiale, couvre environ 26 000 kilomètres carrés, soit un quart de la superficie de l’île. Elle se trouve à la jonction entre la ride de Reykjanes au sud-ouest de l’île et celle de Kolbeinsey au Nord-Ouest.

La zone active du rift n’est donc pas linéaire, et elle se dédouble en deux branches au centre de l’île : la zone du rift de Reykjanes vers le Sud-Ouest, et la zone du rift d’Islande du Nord vers le Nord-Ouest. Sa largeur varie de 120 à 250 kilomètres du Nord au Sud.

S'éloignant de l'axe central de la dorsale, tant vers l’Est que vers l’Ouest, les formations volcaniques en sont de plus en plus anciennes. Ainsi, comme de part et d’autre des dorsales sous-marines, il se retrouve une répartition des âges en bandes parallèles à la zone axiale.

Le mouvement d’écartement des plaques contribue à la formation graduelle de longues fissures, - les grabens -, bordées de failles normales parallèles et d’éruptions magmatiques fissurales, accompagnées de séismes. Depuis l'an 900, 130 éruptions ont été décrites, soit une éruption tous les 4 à 6 ans.

La zone de rift de Reykjanes a connu, au cours de la dernière décennie, plusieurs épisodes de rifting accompagnés de nombreux séismes, les plus violents remontant à 1789, mais pas d’épisode éruptif. La zone de Thingvellir montre un long graben, - fossé d’effondrement -, de direction Nord-Est/Sud-Ouest, bordé par un réseau de failles normales. Le taux d’ouverture y est faible, environ 3 millimètres par an, comparé au taux de 21 millimètres par an mesuré, plus au Sud, dans la péninsule de Reykjanes.

Quelques kilomètres plus au Nord, la zone géothermique de Geysir, présente de remarquables manifestations hydrothermales : sources chaudes, évents de vapeur et surtout des geysers, - « jaillir » en islandais -, qui ont donné son nom à cette région.

La zone de rift d’Islande du Nord est actuellement plus active. La région du Krafla a connu une longue période d’éruption de 1975 à 1984 alors qu’elle n’avait plus connu d’activité sismique et éruptive depuis 250 ans. Au cours de cette période se sont formés d’importants ensembles de failles et de fissures ouvertes, parfois accompagnées de volcanisme fissural. Entre 1975 à 1984, l’écartement cumulé fut de l’ordre de 8 mètres.


Le volcan Eyjafjöll.


L'Eyjafjöll est un stratovolcan localisé au sud de l'Islande, à environ 130 kilomètres au sud-est de la capitale Reykyavik, et juste à l'ouest du glacier Mýrdalsjökull. Il s'agit d'un stratovolcan dont la composition des roches va des basaltes aux andésites. Coiffé d'une caldeira de 2500 mètres de large, les volcanologues le considèrent comme l'un des volcans les moins actifs de l'est de l'Islande. Seules trois éruptions historiques ont été rapportées,en 550, en 1612 et 1821-1823. Sa forme,fortement allongée selon un axe est-ouest, pourrait être être liée à sa proximité immédiate avec la « South Iceland Sismic Zone », zone de fracturation majeure en Islande qui connecte les deux rifts principaux, - Rift Ouest et Rift Est -, qui découpent l'île. Le volcan se trouve, en effet, à l'aplomb où le Rift Est Islandais croise la « South Icelanc Sismic Zone ». Du fait de la présence d'un glacier sur le sommet de l'édifice, l'Eyjafjallajökull, est l'un des risques majeurs que fait courir ce volcan.

Seules trois éruptions de l'Eyjafjöll sont connues. La première aurait eu lieu, suivant la technique de datation « Tephrochronologie », vers l'an 550, mais les caractéristiques éruptives en restent toujours inconnues. La seconde, explosive et d'index volcanique d'explosivité 2, se déroula en 1612. Elle émit, en volume estimé, un million de mètres cubes de tephras. Bien que les documents archives renseignent surtout sur son voisin, les indices recueillis permettent de croire qu'elle fut commune avec l'éruption de Katla tout proche. La troisième, quant à elle, fissurale, sous-glaciaire et explosive, d'index volcanique d'explosivité 2, se produisit du 19 décembre 1821 au 1er janvier 1823. L'émission des quatre millions de mètres cubes de tephras eu lieu au sommet du volcan, sous la calotte glaciaire, au cours d'explosions d'indice d'explosivité volcanique de 2. L'éruption de l'Eyjafjöll cessa lorsque le volcan Katla rentra, à son tour, en éruption.

La plupart des éruptions de l'Eyjafjöll sont de type fissurales et se produisent préférentiellement sur ses flancs Est et Ouest du volcan, notamment aux bouches éruptives de Hamragardahraun, Hofdahraun, Irahraun, Midskalarheidahraun, Raudahraun et Skerjahraun.

Le sandur de l'Eyjafjöll, une plaine s'étendant à ses pieds jusqu'à l'océan Atlantique, s'est construit par le dépôt successif de matériaux, notamment de hyaloclastites, charriés par des inondations provoquées par les différentes éruptions sous-glaciaires de l'Eyjafjöll et du Katla.


Le volcan Katla


Le volcan Katla, 1.450 mètres d'altitude, a la réputation d'être un des volcans les plus dangereux d'Islande. La montagne est cachée sous le glacier Myrdalsjökull dans le Sud de l'île.

Les éruptions de ce volcan central ont lieu tous les 40 à 80 ans. Elles sont difficiles à prévoir. La dernière éruption date de l'année 1918. Les cratères de Laki et la gorge Eldgjá appartiennent au même système volcanique. De fait, il s'agit là d'un des volcans les plus puissants du monde.

Avant la construction du Hringvegur, - la Route Nationale N° 1 -, nulle âme humaine, ayant déjà fait souvent l'expérience des jökulhlaup, des inondations catastrophiques par des grandes masses d'eau se précipitant en direction de la mer. n'aimait à traverser les plaines noires s'étirant au pied du volcan.


L'éruption du volcan Eyjafjöll du Mars 2010


Entre le 3 et le 5 Mars 2010, une véritable crise sismique déclenche de puissants séismes et des grondements sourds. Environ 3.000 tremblements de terre sont enregistrés à l'aplomb du volcan l'Eyjafjöll.

L'éruption débute le 20 mars peu avant minuit. L'état d'urgence est, lors, déclaré dans le Sud de l'Islande et les habitants du village de Fljótshlíð sont évacués en raison du risque d'inondation. Après des projections de cendres, le panache étant visible jusqu'aux îles Vestmann, la lave, s'échappant d'une fissure d'un kilomètre de longueur environ, fait son apparition à Fimmvörðuháls, entre l'Eyjafjallajökull et le Mýrdalsjökull.

Le volcan est recouvert par la calotte glaciaire Eyjafjallajökull, il s'agit d'une éruption fissurale de type sous-glaciaire. Dans ces conditions, si une importante masse de glace fond, l'eau accumulée sous le glacier menace d'être violemment libérée à la surface et de provoquer un jökulhlaup, - des inondations et des coulées de boues – car l''Eyjafjöll est situé dans le sud de l'Islande, encadré au sud par l'océan Atlantique, au nord par la vallée de Þórsmörk et à l'est par la calotte glaciaire de Mýrdalsjökull recouvrant plusieurs autres volcans dont le Katla

Par ailleurs, cette éruption de l'Eyjafjöll fait craindre une reprise de l'activité éruptive du Katla, volcan voisin de l'Eyjafjöll réputé comme « dangereux », les deux volcans étant considérés comme liés. « C'est une éruption plutôt petite et calme, mais nous craignons qu'elle ne déclenche l'éruption du volcan voisin, le Katla, […] un volcan vicieux qui pourrait provoquer des dégâts locaux et mondiaux », a ainsi expliqué Páll Einarsson, géophysicien à l'Université d'Islande.

Commentaires

excellent article

Écrit par : bague philippe | 25 mars 2010

Merci à vous...

j'essaye d'informer au plus près de le réalité en expliquant les raisons des événements et des aléas sismiques ou volcaniques afin que chacun puisse comprendre...

Écrit par : Raymond Matabosch | 25 mars 2010

merci par avance si vous détenez d'autres informations et si vous les publiez sur le net de m'inscrire à votre liste de diffusion (nous avions réservé nos billets début mars 2010, pour un voyage fin juin 2010, dans le but d'effectuer un treck de la côte à Landmannalaugar).cordialement

Écrit par : manu | 07 avril 2010

Merci pour cet article, il est clair et simple de compréhension.
Une question me vient suite aux différents phénomènes qui ont animé notre actualité de ces derniers mois, serait-il plausible qu'une modification de la dérive des plaques peut être en cours, notamment à cause du puissant séisme au Chili et les multiples épisodes à la ceinture de feu du Pacifique où l'on observe un regain d'activité. Il apparaît dans les relevés que le nombre de ces séismes est en baisse, mais leur intensité est de plus en plus forte ...
Merci pour une éventuelle réponse, bien à vous.

Écrit par : J-Bernard | 18 avril 2010

Excellent article. Nous en attendons d'autres : Je suis intéressé par les séismes et l'activité ( la dangerosité ? ) des volcans depuis le collège

Écrit par : Jackson Avla Djitoh | 19 avril 2010

Merci à vous J-Bernard et Jackson Avla Djitoh pour votre passage sur mon blog et vos commentaires

Par contre J-Bernard, votre question suite aux différents phénomènes qui ont animé l'actualité sismique ces derniers mois... m'a interpellé et, pour réponse, je rédigerai, sous quelques jours, un article complet à ce sujet car il est deux formes de séismes qui frappent en divers points de la planète, les séismes naturels majoritairement de subduction et de convergence, et les séismes induits par l'homme.

Le temps de comparer les résultats de mes recherches...

Écrit par : Raymond Matabosch | 27 avril 2010

Bonjour, Vous m'en voyez ravi et l'attend avec impatience. Toujours est-il qu'en observant ces deux dernières semaines le site http://www.iris.edu/seismon/ il apparaît clairement que le pourtour du Pacifique est en pleine phase d'activité. Il est plus qu'étonnant aussi que de nouveaux foyers voient le jour comme en Tanzanie, l'Australie, le sud de l'océan Indien. Lorsque l'on observe la carte relief de la Tanzanie et les pays avoisinants, la région entière laisse étrangement apparaître comme une énorme caldeira, par ailleurs le nombre impressionnant de volcans démontre avec pertinence l'activité volcanique relativement ancienne sur le site et qui ne demande que de se remettre en activité, les nouveaux séismes pourraient bien leur donner le petit coup de pouce nécessaire pour y faire !! Tous ces phénomènes mis l'un derrière l'autre, tentent à démontrer la thèse d'une modification en cours.
Bien à vous.

Écrit par : Jean-Bernard | 28 avril 2010

ça commence aussi à bouger du côté du Vanuatu...

Écrit par : Bonom | 27 mai 2010

Une petite liste de tous les volcans qui émettent des panaches de cendres et des plumes :

L'Eyjafjallajökull en Islande,
Le Kanlaon aux Philippines,
Le Pagan aux ïles Mariannes
Le Villarica, le Chaitén et le Llaima au Chili
L'Arenal et le Turrialba au Costa Rica
Le Bagana sur l'Île Bougainville
Le Dukono à Halmahera, en Indonésie
Le Gaua aux îles Vanuatu
Le Karymsky, le Kliuchevskoi et le Shiveluch dans la Peninsule Kamchatka, en Russie
Le Kilauéa aux Îles Hawaii
Le Sakura-jima et le Suwanose-Jima au Japon
La Soufrière Hills à Monserrat aux Antilles...

Toutes des zones à haute sismicité depuis plus de 5 à 6 mois... avec des secousses de magnitude comprise entre 4.0 et 5.8...

et, parlant du Gaua, au Vanuatu, il est en activité depuis décembre 2009 et ses plumes sont actuellement roses... Il est à présager qu'il ne tarde point en rentrer en éruption explosive... de même que 2 ou 3 autres volcans du Vanuatu ne sortent de leur torpeur sous quelques jours...

Écrit par : Raymond Matabosch | 27 mai 2010

Très bon article !

Écrit par : météo | 08 mars 2012

Les commentaires sont fermés.

 
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