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08 juillet 2010

Montagnes et vallées comtales. Patrimoine et traditions.

Entre les plages aux sables blonds et les côtes de schistes noirs des rives méditerranéennes et les pics acérés des Pyrénées, trois vallées, terres de contrastes, de révolte et de résistance entre tradition et modernité, au sortir du bassin roussillonnais, se partagent le territoire des Pyrénées Orientales.

A quelques lieues de Perpignan, en pentes régulières bien qu'imperceptibles, inéluctablement la plaine s'effiloche et s'éloigne. La terre commence à prendre de la personnalité, de la rigueur et du relief. Engrossant les vignes offertes aux rayons du soleil, l'Agly et le Fenouillèdes, les courbes, aux teintes calcaires, se vêtent de rocailles et d'aridité. A peine un peu plus loin, grès, schistes et granites la parant, s'habillant de vert intense et se rafraîchissant aux berges de petits ruisseaux serpentant le long des chemins pour arroser les champs de pêchers, d'abricotiers et de pommiers, le Conflent, elle se métamorphose. Plus loin encore, le Vallespir, elle est feuillue et mystérieuse, drapée de cerisiers, de chênes lièges et d'histoires étranges...

Alors, le regard, avide d'apprendre et de connaître, peut embrasser les cimes montagneuses des Puigmal, du Carlit, des Madres, du Bugarach, de la Roca Colom, du Roc de Frausa et de l'emblématique Canigou.


La vallée de l'Agly.


Avant que la forêt profonde n'annonce la montagne, l'Agly Fenouillèdes fait étalage de son charme un peu sauvage et, au détour du vallon, la garrigue aux essences méditerranéennes et la fleur de rocaille cèdent leur place à la vigne offerte au soleil et à la Tramontane.

Aux portes de Tautavel, dans la Caune de l'Arago datée de 450 à 700.000 ans, l'homme, « Homo érectus tautavellensis », a laissé son empreinte.

Frontière naturelle avec l'Aude voisine, les Corbières, fières et arides, dressent, sur leurs pitons rocheux, les arrogantes citadelles du vertige telle celle de Quéribus. De son sommet, le château de Peyrepertuse et les forteresses d'Aguilar et de Puilaurens qui furent le théatre de résistance, de sièges, d'assauts et de massacres, se profilent à l'horizon.

Que quelques pas en quittant Saint-Paul-de-Fenouillet et la formidable faille des gorges de Galamus garde, jalousement en son sein, l'ermitage Saint-Antoine fréquenté depuis le VII° siècle.

Rivesaltes, Maury, Rasiguères, Caramany..., des noms chantant le plaisir des papilles et accompagnant les grillades des soirs d'été, ici, les vignobles produisent des vins ensoleillés et gouleyants.


Le Conflent.


De Rodés aux portes de la Cerdagne et du Capcir, des derniers vergers aux premières cimes acérées des montagnes, le Con-flent suit la vallée de la Têt et celles de ses affluents.

Eus, érigé en pyramide sur son promontoire tapissé d'oliviers, tout comme Evol, patrie de Ludovic Massé, et Mosset, est l'un des « plus beaux villages de France. » Lors vient Prades et son église Saint-Pierre, de facture baroque, du XVII° siècle, abritant un merveilleux retable de Joseph Sunyer. Non loin se profile l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuixà qui exerça, longtemps, une influence religieuse et culturelle bien au-delà de la Catalogne.

Tout comme la cité fortifiée de Mont-Louis, bastionnée par Vauban, classée en 2008 au Patrimoine Mondial de l'Unesco, Villefranche de Conflent, est une place forte fondée en 1090. Au-dessus de la ville, le Fort Libéria veille sur l'emblématique Petit Train Jaune, gaillard malgré les années, qui assure la liaison ferroviaire avec Latour-de-Carol.

Réserve naturelle de Nyer... bains d'eaux chaudes, en pleine nature, d'Olette, de Canaveilles, de Prats Balaguer... grottes mystérieuses des Canalettes et d'En Gorner...C'est aussi tout cela, le Conflent !


Le Vallespir.


Au différent de ses deux sœurs fluviales, le Vallespir est bien mystérieux...

La légende du pont du Diable, à Céret... La Sainte-Tombe, dans l'abbatiale Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech, se remplissant « d'eau miraculeuse » de façon inexpliquée... Et la fête de l'ours qui met en scène dans les rues de Prats de Mollo et de Saint laurent de Cerdan un homme-animal traqué par des « chasseurs-barbiers »... Et les cerises qui sont, dès la fin du mois d'Avril, les premières de France, le chêne-liège les tissages catalans et les espadrilles aux longs lacets, amies de la Sardane, fabriquées à Lamanère... Pour ces énigmatiques terres verdoyantes, adossées aux Albères, Picasso, Matisse, Chagall, Soutine, Pierre Brune... en tombant sous le charme de leur lumière et de leurs couleurs, n'hésitèrent pas à investir Céret...


Pyrénées Orientales, terre mythique et mystique.


Entre terre, mer, soleil et montagne, sous l'aile protectrice du géant catalan, fascinante montagne, citadelle avancée des Pyrénées et vieux berger des ans encapuchonné d'ouates hiémales, le Massif du Canigou, il y a aussi les hommes, leur savoir-faire, leur patrimoine, leur terroir… qu'ils savent offrir en partage.


"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

07 juillet 2010

Le volcan Garet, sur l'île de Gaua, à « très haut niveau d’activité », en phase éruptive.

 

Code 0507-02

Localisation : Latitude 14.27° Sud et Longitude 167.50° Est

Stratovolcan, altitude 797 mètres, Île Santa Maria, Vanuatu.


Connue aussi sous le nom de Santa Maria, l'île de Gaua, rattachée à l'archipel Torres-Banks, - province de Torba, Vanuatu -, possède l'édifice volcanique le plus menaçant de cette région. C'est un stratovolcan basaltico-andésitique, aux pentes douces, en partie sous-marin, coiffé d'une caldeira sommitale ovale, de 6 x 9 kilomètres de diamètre, occupée par le lac Létas entourant le Mont Garet, - Mont Garat ou Mont Garhat -, un cône de cendres culminant à 801 mètres d'altitude. Ce lac à fond plat, d'une superficie de 19,7 kilomètres carrés, a une profondeur maximale d'environ 119 mètres. Son volume est estimé à 800 millions de mètres cubes. Quel qu'en soit le taux pluviométrique, le déversoir, situé à l’est du chaudron ovoïde, semble assurer un niveau sensiblement constant à l'étendue d'eau.

La forme grossièrement circulaire de l'île de Gaua, 20 kilomètres de diamètre environ et d'une superficie de 320 kilomètres carrés, est la partie émergeante d'un bâti vulcanien de 40 kilomètres de diamètre et, depuis son niveau basal océanique, de près de 3.000 mètres de hauteur totale. En règle générale, liés à la géodynamique du Pacifique Sud-Ouest, à la fosse du Vitiaz, au bassin Nord-Fidjien et à la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Australienne au sens inversé après la collision, entre le plateau d'Ontong-Java et l'arc du Vitiaz, qui a provoqué la dérive vers l'Ouest des arcs insulaires Salomons, Banks et Vanuatu, l'ouverture du bassin Nord-Fidjien et la genèse de la zone de subduction actuelle matérialisée par les fosses des Salomons et du Vanuatu, au moins quatre stades de formation de l'édifice peuvent se différencier. Le quatrième et dernier de ces stades, résultant d'éruptions volcaniques qui remonteraient à plusieurs milliers d'années, est l'élaboration de cônes de laves basaltico-andésitiques très bulleuses et pauvres en olivine, de scories, de cendres et de tufs lités.

L'aspect physique de l'île-volcan Gaua s'ordonnance autour d'une caldeira centrale accaparée par un lac en forme de croissant de lune enserrant, en son quart Sud-Ouest, un cône vulcanien symétrique à sommet plat, l'actif Mont Garet et son cratère de 700 mètres de profondeur abritant trois petits cratères. Tout autour de la caldeira, un cercle de collines, petites bouches parasites d'âge Pléistocène ayant déversé des coulées de lave qui ont atteint la côte en nombreux points de l'île, ont modelé les flancs de l'ancien volcan recouverts, en surface, sur plusieurs mètres d'épaisseur, par des produits fins, scories et cendres. Une large plaine littorale périphérique, un milieu eutrophe limono-argileux riche en allophanes encerclé par un récif corallien frangeant surélevé, s'élève, de 3 à 5 mètres, au-dessus du niveau de la mer.

L'ile de Gaua se situe, d'autre part, à l'Est du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui s’étend, depuis l'archipel Santa Cruz, jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter, revendiquées par la France, sur 1.500 kilomètres, et qui se caractérise par une fosse profonde, - 6.000 à 8800 mètres -, une plate-forme sous marine, - 1200 à 1800 mètres de profondeur - d'où émergent quelques îles basses à substratum volcanique, - les îles Santa Cruz, les îles Torrès et les îles Banks -, l'absence de volcans aériens actifs sauf aux extrémités Nord, -Tinakula -, et Sud, - Vanua Lava, Gaua et Merig -, et des fossés arrière-arc évasés vers le Nord ; d'autre part, au Nord du bassin d'Ambaé-Nord et de la faille bordière de Santa Maria, une faille perpendiculaire à la fosse de Santa-Cruz-Torres aussi dénommé des Nouvelles Hébrides-Nord ; et, enfin, à l'Ouest des fossés du Jean-Charcot qui ont été le siège de mouvements extensifs à l'origine de horsts et de grabens discontinus.

L'activité volcanique, pour le bâti sous marin, coïncidant avec l'ouverture du bassin Nord-fidjien, a débuté au Serravallien, Miocène moyen, - 13,65 à 11,6 Millions d'années -, s'est poursuivie durant tout le Miocène supérieur, au Tortonien, - 11,6 à 7,25 Millions d'années -, et au Messinien, - 7,25 à 5,33 Millions d'années -, et a précédé le développement de la chaîne centrale de l'arc volcanique sur lequel se situent les îles Banks et l'île Santa Maria. Vers 5,5 à 5,1 Millions d'années, celle-ci devient, essentiellement, de type orogénique. L'île actuelle de Gaua a émergé au Pléistocène, - 1,8 Million d'années à 11.430 ans avant J.C. -, période où de nombreux cônes se sont édifiés sur ses flancs et ont produit de nombreuses coulées de lave. La formation de la caldeira, quant à elle, peut être datée de la période Holocène, - les derniers 10.000 ans -, et, accompagnée d'une colonne de cendre s'élevant à plusieurs milliers de mètres, elle a découlé d'une forte éruption de type explosif qui disperse violemment la partie supérieure de la chambre magmatique provoquant l'effondrement total ou partiel de l'édifice vulcanien y incluant le cône volcanique préexistant quand celui-ci subsiste.

Mais quand cette caldeira s'est-elle formée ? Quand le cône de cendre du Garet s'est-il arraché et érigé sur la lèvre Sud-Ouest de ce chaudron ? Y a-t-il 100 ans ? 1.000 ans ? 5.000 ans ? Bien difficile est d'y répondre. En effet, la première éruption décrite et référencée, à partir d'un évent sur le flanc Sud-Est du Mont Garat, comme nombre de scientifiques et de pseudo-scientistes s'en gaussent, « après une longue période de dormance. » ne remonte qu'en l'an 1962. Avant... Seul le « no man’s land... » Enfin, en regard au récif corallien frangeant surélevé, en périphérie de l'île Santa Maria, une troisième question se pose : Ce récif corallien n'est-il pas implanté sur les lèvres d'une structure qui ressemblerait à une caldeira sous-marine datant du pléistocène final ? Comme pour le Sartorin en Grèce vers 1550 avant J.C., le Krakatoa en Indonésie en 1883,... et le Kuwai, au Vanuatu vers 1420-1430, le Gaua n'aurait-il pas explosé emportant la majorité de l'île et créant, en lieu et place, une caldeira sous-marine ? Et, comme pour le Kuwai et sa kyrielle de volcans sous-marins actifs à l'origine de la création d'îles temporaires de faible altitude, - telles les éruptions de 1897 et 1901 créant une île de 1 kilomètre de long et 15 mètres d'altitude -, vite érodées par l'océan, l'île de Gaua n'est-elle pas renée de ses cendres plusieurs siècles ou millénaires après une éruption cataclysmique ?

A cette interrogation, une explication peut en être donnée par la particularité géologique attachée à l'arc insulaire des Nouvelles Hébrides qui s’étend depuis l'archipel Santa Cruz jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter. Le mouvement subductif est régulier et uniforme, et le pendage subducté continuel et constant, sur toute la longueur du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui est siège d'une importante sismicité tant superficielle, - 0 à 60 kilomètres de profondeur -, traduisant le glissement des plaques Pacifique et australienne et une déformation à l'intérieur de ces dites plaques, qu'intermédiaire, - 60 à 300 kilomètres de profondeur -. Dans cette région, l'angle de « plongement » de la plaque australienne sous la plaque Pacifique, plus particulièrement sous la zone orogène du plateau Nord-Fidjien, matérialisée par la microplaque des Nouvelles Hébrides, les récifs Balmoral et Conway et les terranes Torres-Santa Cruz-Banks et Anuta, passe de 60°, vers 100 kilomètres de profondeur, à 80° vers 290-300 kilomètres de profondeur, en faisant le pendage le plus incliné, 70% d’inclinaison au lieu des 30 à 50% coutumiers, de tout le « Pacific ring of fire », ou « Cercle de feu du Pacifique. » Cette position quasi sub-verticale de la lithosphère océanique australienne, dans la fosse de Torrés, résultant des courants de convection mantellique très puissants circulant, d'Est en Ouest, sous la plaque Pacifique, entraîne une anomalie conjoncturelle anormale. Par comparaison à l’ensemble des arcs insulaires où les volcans se situent à plus ou moins 110 kilomètres à l’aplomb du plan de Benioff, les volcans actifs de l'arc insulaire Nord, - Tinakula, Motlav, Suretamatai, Gaua et Mere Lava -, central, - Aoba et Ambryum -, et Sud Vanuatu, - Lopevi, Epi, Kuwae, North Vate, Traitor's Head, Yasur, Gemini Est, Matthew et Hunter -, se localisent, eux, à 200 à 250 km à l’aplomb de la dite surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction.


L'activité sur le Mont Garet et l'île de Gaua au cours du dernier millénaire.


En toute réalité, au cours du dernier ou des deux derniers millénaires, - des travaux et des analyses effectués sur des cendres révèleraient qu'au moins un ou deux aléas volcaniques se seraient produits au cours du XIX° siècle -, les éruptions qui se sont succédées, de toute évidence essentiellement intra-caldeiriques, ont formé, d'une part, le cône volcanique du Mont Garbat qui borde le quart Sud-Ouest du Lac Létas et les trois bouches parasites qui s'abritent au fond de son cratère de 700 mètres de profondeur, et, d'autre part, plusieurs cônes, tout autant parasites, qui sommeillent dans les profondeurs du lac de caldeira. Certes les versants du Mont Garet, au XX° siècle, étaient très boisés, mais l'édifice volcanique était dans une phase intermédiaire solfatarique et fumerollienne faible à modérée.

Depuis que le Mont Garat est sorti de sa « pseudo dormance », en Juillet 1962, entrant dans une phase d'activité à moyen terme, une éruption explosive sommitale d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une éruption suivie, du 15 Septembre au 09 Novembre 1963, par l’ouverture d’un nouveau cratère sur le flanc Sud-Est du cône, et une nouvelle éruption explosive d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une douzaine d'éruptions, toutes d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, en alternance entre la partie sommitale du cône et le cratère ouvert sur le flanc Sud-Est, accompagnées d'explosions phréatiques, - 09 Juillet 1981 et 18 Avril 1982 -, et de panaches cendreux, - le 15 Décembre 1973 l'évacuation des 525 habitants de l'île de Gaua s'était révélée nécessaire -, se sont déroulées.

Depuis Avril 1991, un signe évident que le magma n’est pas loin sous la surface, le cratère Sud-Est dégaze fortement et en continu, et les produits de dégazage du magma se répandent, principalement, dans la zone Nord-Ouest de l’île où l’impact du panache blanc dense dégageant une une forte odeur de anhydride sulfurique, associé aux pluies acides et aux vents dominants, brûle la végétation et dénude, en grande partie, le versant Nord-Ouest de la caldeira. Des fumerolles sous lacustre, aux températures variant entre 30 et 70° C., s'élèvent au dessus de la surface du lac Létas et de nombreuses zones fumerollienes recouvrent les parois intérieures du cratère du Mont Gharat de dépôts de soufre.

Le Mont Garat a montré des signes d'agitation à partir de la mi-Septembre et est rentré, en éruption sommitale, le 27 Septembre 2009. Dès le 03 Octobre, le volcan émet, journellement, des panaches de gaz volcanique, dont 3.000 tonnes de dioxyde de soufre, et de cendres, une augmentation de l'activité volcanique forçant les autorités locales, le 26 Novembre, à l'évacuation de trois villages, implantés sur la côté Ouest de l'île de Gaua et à déplacer les 300 habitants concernés, souffrant de graves problèmes respiratoires, vers les villages de la côte Est.

Au fil des jours et des semaines, les éruptions volcaniques de type strombolien et les émissions de gaz et de cendres, les panaches atteignant des hauteurs égales ou supérieures à 3.000 mètres, augmentent de façon significative depuis le 16 Janvier. Des explosions sont entendues dans tous les villages de la côte Est de Gaua et jusqu'aux îles voisines de Mota, de Vanua Lava, et jusqu'à Naoné sur Maéwo et Port Olry sur Espiritu Santo. Suivant les informations glanées près les services vulcanologiques du Vanuatu, entre les 22 et 29 Janvier 2010, « le niveau d'eau, dans le lac Letas, a augmenté de 30 centimètres », d'une part, et, d'autre part, suivant les mesures G.P.S., le cône sommital, du Mont Garet, se serait surélevé d'au moins 10 à 20 centimètres.

Devant la menace que laisse peser, sur les habitants, les 800 millions de mètres cubes du lac de caldeira, leur probable déversement au cas où la structure de l'édifice volcanique se déstabilise, engendrant le contact de l’eau du lac du cratère avec le magma qui pourrait, lors, devenir explosif, le 18 Avril 2010, le Département des Affaires internes du gouvernement du Vanuatu ont déclaré le volcan à « très haut niveau d’activité » et mis en place « une logistique pour l'évacuation des 3000 habitants de l'île de Gaua : Une partie d'entre eux seront acheminés sur l'île de Sola où l'Eglise Anglicane les accueillera, et l'autre partie sur l'île de Torba. »

Tout au longs des mois de Mai et de Juin, l'activité explosive se poursuit et est en permanente recrudescence. Les panaches de cendres et de gaz s'intensifient et s'élèvent à des altitudes égales ou supérieures à 3.000 mètres et dérivent, au grès des vents dominants, sur des dizaines de kilomètres tel le19 Juin où le panache a dérivé sur plus de 90 kilomètres vers l'Ouest. Un porte-parole du Vanuatu, chargé de la gestion des catastrophes précise que « de gigantesque panaches sombres » sortent du cratère sommital du Mont Garet et de celui de son évent sur le flanc Sud-Est. Des pluies de cendres s'abattent sur les villages causant des dommages à la végétation, autour du cratère et dans les zones Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest de l'île. Générés par les pluies, des Lahars, - des coulées boueuses d’origine volcanique principalement formée d’eau, de cendres volcaniques et de tephras -, souvent brûlants lorsque les dépôts volcaniques ont été récents et chauds, ont été emportés par les cours d'eau, les 7, 16 et 19 Juin, et les ont fait déborder.

Même si depuis le 22 Juin, aucune dépêche ne semble plus faire état de l'activité en cours des volcans du Vanuatu, - le Mont Garet sur Gaua, le Mont Bembow sur Ambrym , le Yasur sur Tanna, le Mont Manaro sur Ambaé..., tous classés en catégorie « très haut niveau d'activité » -, celle du Mont Garet est toujours croissante et génère, accompagné d'explosions quotidiennes et de brêves éruptions de type strombolien, des panaches de cendres et de gaz majoritairement sulfureux atteignant les 3.000 mètres d'altitude.

Cette situation laisse à penser à l'éruption significative, en novembre 2005 du Mont Manaro, situé à l'île d'Ambae. Ce volcan, tout comme l'île -volcan de Gaua est coiffé d’un lac de caldeira, le Vui. Celle-ci, non cataclysmique, n'ayant pas destabilisé la structure de l'édifice volcanique, avait donné naissance à une nouvelle île mesurant 500 mètres de diamètre et culminant à une cinquantaine de mètres au-dessus du lac acide dont le niveau, sous le coup de l’évaporation et d'un léger débordement ayant provoqué des lahars, avait baissé de plusieurs mètres.


En conclusion.


Même si les conduits magmatiques qui alimentent le cratère du Mont Garet paraissent « suffisament isolés des eaux du lac Létas acide », ce qui reste à démontrer, le cône volcanique étant né dans la partie Sud-Ouest de la caldeira, le risque qu'il se produise une éruption phréatomagmatique explosive, pouvant se transformer en éruption cataclysmique, est bien présent. En effet, une possible déstabilisation de la structure du volcan, en raison de l'importante fièvre sismique dans la proche région, une pléiade de séismes de magnitude oscillant entre 4,5 et 6,5, se produisant à fréquence répétée, entre 2 et 5 hebdomadairement, dans un rayon de 10 à 15 kilomètres autour du bâti volcanique, est à craindre.

Une éruption lavique et une éventuelle et possible entrée en contact du magma avec l'eau du lac Létas, un lac constituant, de fait, le chapeau de l'ancien cratère Holocène, un lac contenant 800 millions de mètres cubes d'eau acide, avec la chambre magmatique située juste en-dessous, est potentiellement envisageable à plus ou moins court terme.

En outre, cette menace est aussi potentielle en regard des cinq cratères, le cratère sommital et les quatre évents Nord, Est, Sud-Est et Ouest, car trois des cratères sont siège de lacs, l'évent Nord et le cratère central et leurs lacs acides aux eaux vertes, et l'évent Ouest et son lac limoneux aux eaux brunes.

Sources pour la chronologie éruptive après 1962 : Gaua, Global Volcanism Program

01 juillet 2010

Deux séismes de magnitude 4.2 frappent en deux régions de France : Des séismes naturels ou induits ?

 

Le territoire français a été frappé, le 30 Juin 2010, par deux séismes, tous deux de magnitude 4,2 sur l'échelle ouverte de Richter et d'intensité « feutre », - pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, CSEM, France -, donc d'intensité inférieure à 1 sur l'échelle Mercalli modifiée, d'une durée maximum de 10 secondes pour le plus long des deux :

- Le premier, à 07 h 15 Temps Universel, 09 h 15 heure locale, en Vendée. Son épicentre se localise, latitude 46.41° Nord et longitude 0.79° Ouest, à 2 kilomètres au Nord-est de Doix, à 3 kilomètres à l'Est de Montreuil, à 3 kilomètres au Sud-Est de Fontaines, à 5 kilomètres au Sud-Ouest de Saint Martin de Fraigneau, à 5 kilomètres au Nord-Ouest de Saint Pierre le Vieux, à 6 kilomètres au Nord-Ouest de Maillezais, à 7 kilomètres au Sud de Fontenay-le-Comte et à 109 kilomètres au Sud-Est de Nantes. Son hypocentre a été évalué à 2 kilomètres de profondeur.

- Le second, à 11 h 53 Temps Universel, 13 h 53 heure locale, en Tarentaise. Son épicentre se localise, latitude 45.43° Nord et longitude 6.41° Est, à 2 kilomètres au Nord-est de Saint François Longchamp 1650, à 4 kilomètres au Sud-Ouest de Vamorel, à 4 kilomètres au Nord-Ouest de Deux Nants, à 4 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de La Sauce, à 5 kilomètres au Nord-Nord-Est de Longchamp, à 5 kilomètres à l'Ouest de Saint Jean de Belleville, à 9 kilomètres au Nord-Ouest de Saint Martin de Belleville, à 28 kilomètres au Sud d'Albertville et à 60 kilomètres au Nord-Est de Grenoble.


Pour mieux comprendre l'intensité « feutre », intensité inférieure à 1 sur l'échelle de Mercalli modifiée qui a été conçue pour décrire les effets d'un séisme, à un endroit donné, sur des objets naturels, sur des installations industrielles et sur les êtres humains :

- Intensité I décrivant les séismes non ressentis, ou seulement ressentis par quelques personnes dans des circonstances très favorables. Sous certaines conditions, certains effets peuvent être notés dans la région immédiate affectée par une secousse. Les oiseaux et les petits animaux semblent perturbés ; rarement des nausées ou des étourdissements sont ressentis ; et quelquefois les arbres, les structures, les liquides et les étendues d'eau peuvent s'agiter, et les portes peuvent se balancer très lentement.

- Intensité II décrivant les séismes ressentis par quelques personnes, surtout par celles situées aux étages supérieurs des maisons ou par des gens nerveux ou sensibles. Certains effets peuvent être perçus comme pour l'intensité I, mais avec légèrement plus de vigueur, tel, par exemple, le balancement possible d'objets délicatement suspendus...

- Intensité III décrivant les séismes ressentis par plusieurs personnes à l'intérieur des structures. Souvent le mouvement est semblable à une vibration rapide. Au début, nombre de personnes ne se rendent pas compte qu'il s'agit d'un séisme d'une durée appréciable et quelquefois estimée. Les vibrations sont analogues à celles causées par des camions légers passant tout près ou par des camions lourds circulant à bonne distance. Les objets suspendus peuvent osciller légèrement. Le mouvement peut être plus notable aux étages supérieurs des hautes structures. Les voitures en stationnement peuvent osciller légèrement.

- etc... etc..., l'échelle de Mercalli Modifiée allant jusqu'à XII.


A la lecture de certains compte-rendus, - presse écrite, parlée ou télévisuelle, et témoignages d'habitants -, concernant ces deux séismes :

- Pour le premier qui a affecté la Vendée, il peut être lu que le tremblement de terre, précédé et accompagné d'un grondement souterrain plus ou moins fort, a été largement ressenti sur une quarantaine de kilomètres autour de l'épicentre localisé entre Doix, Montreuil, Fontaines, Maillezais et Fontenay Le Comte. Certains témoins, situés dans un périmètre de 10 kilomètre autour du foyer, ont même déclaré qu'ils avaient entendu une forte détonation.

- Pour le second qui a affecté la région de la Tarentaise, en Savoie, les mêmes signes sont explicités. Le tremblement de terre, précédé et accompagné d'un roulement souterrain comme le passage d'un camion à proximité, a, lui aussi, été ressenti modérément à faiblement par la population sur une quarantaine de kilomètres autour de l'épicentre localisé entre Saint François Longchamp, Valmorel et La Sauce et, tout autant, certains témoins, habitant Tours en Savoie, ont entendu un bruit de type explosif.

des interrogations se posent car leurs hypocentres identiques, 2 kilomètres de profondeur, sont sub-affleurants.


En effet, de tels témoignages devraient classifier des séismes de magnitude au moins égale ou supérieure à 5.0/5.5, d'Intensité IV, voire V, sur l'échelle de Mercalli modifiée et non d'intensité « feutre » comme déterminée par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, CSEM, France :

- L'intensité IV décrit un tremblement de terre qui est ressenti à l'intérieur des constructions par de nombreuses personnes, à l'extérieur par quelques-unes. Des dormeurs légers sont réveillés la nuit. Seules les personnes ayant été éprouvées par un séisme important auparavant sont apeurées. Les vibrations perçues sont semblables à celles émises par le passage, tout près, d'un camion lourd. Les fenêtres, les portes, la vaisselle et la verrerie vibrent. Comme si un corps lourd avait heurté l'immeuble ou comme si un objet lourd était tombé dans la maison, les murs craquent, les objets suspendus se balancent vigoureusement, les liquides dans les contenants ouverts sont agités et les voitures en stationnement oscillent.

- La magnitude 4.0 à 4.9 génère des secousses notables d'objets à l'intérieur des maisons, des bruits d'entrechoquement et des dommages importants peu communs et la magnitude 5.0 à 5.9 peut causer, quant à elle, de légers dommages aux édifices bien construits et des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones restreintes.


En outre, trois types de séismes peuvent être déterminés :

Les séismes tectoniques, ou séismes naturels, de loin les plus courants, sont bien expliqués par la tectonique des plaques et sont dus au jeu d'une faille et à la rupture soudaine des roches. Ces séismes ont des foyers superficiels de 0 à 60 kilomètres, de profondeur en moyenne, de profondeur intermédiaire, de 60 à 300 kilomètres de profondeur, ou profonds, de 300 à 700 kilomètres. Tous ces séismes, d'origine tectonique, sont toujours suivis de répliques dont certaines sont souvent plus meurtrières que la secousse principale.

Dans cette catégorie, il se peut y rajouter les séismes d'implosion consécutifs à l'effondrement de cavités naturelles situées dans des strates de gypse ou dans les karsts calcaires, les poches de dissolution d'évaporites, les gouffres de quartzites précambriens, les cavités volcaniques, les grottes marines, ou à l'effondrement lié à un grand glissement de terrain. Ces séismes ont des foyers superficiels, de 0 à 10 kilomètres de profondeur

Les séismes volcaniques accompagnent les éruptions volcaniques et servent à la prévision des éruptions. Ils résultent de la fracturation des roches provoquée par l'intrusion de magma, au dégazage d'un volcan ou à l'oscillation propre du réservoir magmatique.

Exceptés les tirs nucléaires, les séismes artificiels, ou séismes induits, hypocentres sub-affleurants compris entre 0 et 3 à 5 kilomètres de profondeur, dus à certaines activités humaines telles que barrages, mise en eau d'un barrage, pompages profonds, exploitation de gaz ou de pétrole, extractions minières, tirs d'exploration sismique, tirs de mines et carrières, explosions souterraines, effondrements d'anciennes mines..., sont, généralement, de « petits » séismes de magnitude maximum ne dépassant pas 4.5.


Certes, en Vendée, à la limite du Massif Armoricain, les secousses sont fréquentes et des failles seraient actives. Elles correspondraient aux marges de terranes ou de microplaques précambriennes, l'Armorica, l'Avallonia et l'Ibérica, à l'origine de l’orogenèse hercynienne du Massif Armoricain, il y a 350 à 450 millions d’années, qui continueraient, par secteurs, soit à coulisser, soit à converger, soit à diverger.

Certes, la chaîne des Alpes bouge régulièrement et la faille bordière de Belledonne, longue d'une cinquantaine de kilomètres et passant près de Grenoble, remontant la vallée de l'Isère, et par Pontcharra, Montmélian, les Bauges, arrivant jusqu'à Albertville, reste très active.

Mais de là à expliquer la forte détonation afférente au séisme vendéen, et le bruit explosif perçu lors du tremblement de terre savoyard, la magnitude de 4.2 étant plus que modérée, cela paraît fort improbable d'autant que :

- Une manifestation similaire, non considérée comme séisme par la station de Lormes, dans la Nièvre, dépendant du CEA-DAM, bien qu'une magnitude équivalente à 4.0/4.3 ait pu en être déterminée, s'est produite le 29 Juin 2010, à 9 h 22, à Toulouse et dans toute la région toulousaine, le Gers et le Tarn. La déflagration a été forte, un bruit sec plutôt aigu, et a fait vibrer les vitres et le sol. Pour seule explication, il a été fait état d'un bang supersonique... fort étrange car le bruit a été entendu simultanément et instantanément en tous lieux concernés par le bruit de l'explosion.

- Un même phénomène, une magnitude équivalente à 3.9/4.1 ayant pu être déterminé, avait affecté la région de Rennes le 18 Mars 2010 à 11 h 39, à l'Est de Rennes vers Cesson Sévigné et de Bédée à Vitré, un phénomène de même non répertorié secousse séismique par le RéNaSS, le Réseau National de Surveillance Sismique.

- etc... etc...


Alors, séisme artificiel ? ou séisme naturel ?

La profondeur de l'hypocentre et les explosions entendues laissent à penser à deux séismes induits.

Mais de quelle nature ? La question est posée.... Les autorités y répondront-elles ?

 
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