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31 août 2010

Indonésie : Réveil du volcan Sinabung, ...des milliers d'évacuations.


Code 0601-08

Localisation : Latitude 3.17° Nord, Longitude 98.392° Est

Stratovolcan, altitude 2.460 mètres, Île de Sumatra, Indonésie.


« Alerte rouge déclenchée sur l'île indonésienne de Sumatra », telle est la nouvelle qui est tombée, le dimanche 29 Août 2010, sur les téléscripteurs des agences de presse. « Après.. », dit-on, « ...plus de quatre siècles de sommeil, le volcan Sinabung est brutalement rentré en éruption, projetant un nuage de fumée, noire et âcre, des pierres, du soufre et de cendres à 1.500 mètres d'altitude et provoquant l'évacuation de plus de 30.000 personnes. »

Le volcan Sinabung, - ou Mont Sinabung, en indonésien, le Gunung Sinabung, aussi dénommé Gunung Sinaboeng et Gunung Sinabun -, un strato-volcan culminant à une altitude de 2.460 mètres, est daté du Pléistocène. Il se situe à 27 kilomètres de la ville de Berastagi, au Nord de l'île de Sumatra, dans une zone principalement agricole. Il est circonvoisin d'un autre volcan, le Sibayak, C'est un complexe volcanique de forme allongée, de quatre cratères sommitaux, migrant dans un axe Nord-Sud, qui se chevauchent : le cratère 1, de 300 mètres de diamètre, le cratère 2, de 150 mètres de diamètre, le cratère 3, le Sigala Batu, de forme avale, 160 mètres sur 130 mètres, et le cratère 4, le plus jeune et le plus petit, de 60 mètres de diamètre. Une forte activité solfatarique y est présente, tout au long du XX° Siècle, sur les évents 2 et 3 contenant, tous deux, un lac de cratère.

Il est communément admis, par les sphères scientifiques, que la précédente éruption du Gunung Sinabung se serait produite en l'an 1600, mais il en est trop rapidement oublié, certes les autorités les classant « incertaines », l'éruption explosive de 1881 et la forte activité solfatarique, avec émission de vapeur, de gaz et de lave, de 1912.


Généralités sur le volcanisme indonésien.


Bien que les archives chinoises signalent une éruption du volcan Krakatau, au III° Siècle après J.C., ainsi que 17 éruptions, au XV° siècle, pour le Kelut et le Krakatau, la communauté scientifique émet des doutes sur nombre d'entre elles. Les premières, dès 1512, - Sangeang Api et Gunungapi Wetar -, documentées par des Européens, - le Portugal ayant pris le contrôle du commerce des clous de girofle des Moluques, la Compagnie des Indes Néerlandaises contrôlant les îles de 1602 à 1780, le gouvernement néerlandais suivant la Copagnie et la Grande-Bretagne prenant le contrôle temporaire des dites îles au début du XIX° Siècle -, sont considérées comme dignes d'intérêt.

L'arc de la Sonde, plus de 3.000 kilomètres de longueur, s'étirant depuis le Pulau Weh situé à l'extrémité Nord-Ouest de Sumatra, dans la mer d'Andaman, jusqu'au Pulau Sumba, au Nord-Ouest de la Mer de Banda, résulte de la subduction de la croûte océanique de l'océan Indien sous la plaque tectonique de Sunda. Cet arc comprend 76% des volcans indonésiens, mais les volcans d'Halmahera et des îles volcaniques voisines, et ceux de l'arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe sont tectoniquement plus complexes par le fait, d'une part, du centre d'expansion basaltique sis sous les îles Andaman-Nicobar, centres d'expansion, et, d'autre part, par la présence de multiples zones de subduction, principalement orientée Nord-Sud.


Généralités sur l'Indonésie.


L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie, - en indonésien Republik Indonesia -, capitale Djakarta, est un pays d' Asie du Sud-Est, en Insulinde. L'Indonésie compte 17.508 îles réparties sur une superficie océanique, tout en n'en faisant qu'un cinquième en superficie continentale, proche de celle des États-Unis. Avec une population d'environ 230 millions d'habitants, il est le quatrième pays le plus peuplé du monde et, en population de religion musulmane, le plus important au monde. Cet état partage des frontières terrestres avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, - île de Nouvelle Guinée -, le Timor oriental, - île de Timor - , et la Malaisie, - île de Bornéo -.

La géographie de l'Indonésie est dominée par les volcans formés par les zones de subduction entre les plaques Eurasienne et Indo-Australienne. Les volcans d'Indonésie font partie de la Ceinture de feu du Pacifique. L'Indonésie compte environ 2.500 volcans, - dont plus de 150 en activité -, se répartissant, géographiquement, en volcans de l'arc volcanique de la Sonde, d'Halmahera, incluant les îles volcaniques voisines, et de l' arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe qui se prolonge avec les volcans des Philippines.

Les volcans les plus actifs sont le Kelud et le Merapi sur l'île de Java, et sont responsables de milliers de morts dans la région. Depuis l'an 1.000, le Kelud est entré en éruption plus de 30 fois, la plus grande éruption atteignant l'indice d'explosivité volcanique VEI 5, tandis que le Merapi est entré en éruption plus de 80 fois


Généralités sur Sumatra.


La géographie de Sumatra est dominée par le Bukit Barisan, une chaîne de montagne s'étendant, du Nord au Sud de l'île, sur près de 1.700 kilomètres et formée par le mouvement subductif de la plaque Indo-Australienne qui se déplace à la vitesse de convergence de 5,5 centimètres par an, provoquant de nombreux tremblements de terre, - comme celui du 26 décembre 2004 -, et formant également des chambres magmatiques sous l'île.

Plus de 500 édifices volcaniques, dont 35 volcans actifs, tous situés sur l'île de Sumatra à l'exception de Weh, depuis le Pléistocène, au large de l'extrémité îlienne Nord-Ouest, se décomptent le long de la chaîne volcanique Bukit Barisan. Le plus grand volcan est celui du lac Toba créé, il y a 74.000 ans, lors de l'effondrement de sa caldeira et le point culminant de la chaîne en est, du haut de ses 3.800 mètres, le Kerinci.


Le Volcanisme sur Sumatra.


Le volcanisme, sur l'île de Sumatra est la conséquence de la subduction, vers le Nord-Est, avec une vergence positive de 7 centimètres par an, de la plaque océanique Indo-Australienne sous la plaque continentale de la Sonde. Tectoniquement, la région enregistrant des séismes intraplaque, de subduction et crustaux, de forte magnitude, - magnitude 9.0 révisé 9.3 du 26 décembre 2004, magnitude 8.4 du 28 Mars 2005, Padang Panjangf magnitude 6.4 et Singkarak magnitude 6.3 du 6 Mars 2007, magnitude 7.4 du 20 Février 2008, Sibolga magnitude 6.0 du 19 Mai 2008, magnitude 7.5 du 30 septembre 2009, Sungai Penuh magnitude 6.6 du 01 Octobre 2009,... et une kirielle de séismes de magnitude comprise entre 3.5 et 5.9 -, est, avec le Chili, le Mexique, le Japon,..., l'une des plus actives de toute la planète Terre.

La convergence entre les plaques Indo-Australiennne, de Birmanie et de la Sunda, au large de la côte Ouest de l'Île de Sumatra, est orientée Nord-Sud. Au niveau de la fosse de Sumatra-Java, - une marge active de profondeur maximum 7.400 mètres, en arc de cercle sur environ 5.700 kilomètres -, au large de l'île de Java, la subduction est « normale » alors qu’au large de l'île de Sumatra elle est à convergence oblique. Cette obliquité de la convergence crée des déformations dans une zone s’étendant de la mer d’Andaman au détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra. Cette zone correspond aux plaques de Birmanie et de la Sunda, aux bassins avant arc de Nicobar-Simeuleu, Nias et Mentawai, et à l'avant arc s'étirant depuis le Pulau kokos jusqu'au Pulau Enggano, une chaîne de reliefs séparée de Sumatra par le détroit de Mentawai. Cette chaîne, au vlcanisme naissant, sur la faille active de Mentawai, est formée des îles de Simeulue, de Nias, de Batu, - Pini, Tanah Masa, Tanah Bala... -, et de Mentawai, - Siberut, Sipora, North Pagai... -.

Les volcans les plus actifs de Sumatra sont le Marapi, le Karinci, le Talang et le Kawa.


En conclusion.


Avec ses 128 volcans actifs pour un total de 1171 éruptions dénombrées, historiquement, l'Arc volcanique de la Sonde est, avec le Japon, 1274 éruptions comptabilisées, leader mondial dans les statistiques afférentes au volcanisme. En ces deux régions conjointes s'y sont produits, annuellement, plus des deux cinquièmes des éruptions explosives recensées dans le Monde.

Mais si de nombreuses études ont été réalisées, au cours du XX° Siècle et en ces débuts du XXI°, sur les édifices volcaniques ayant connu une activité au cours de ces 110 dernières années, bien peu d'études stratigraphiques des dépôts volcaniques plus anciens ont été diligentées en Indonésie. Seulement 0,5% des éruptions anciennes, reconnues et référencées, ont été datées par d'autres techniques que celles dites historiques. Une telle lacune, en regard de la reprise d'activité, entre 1990 et 2010, d'un certain nombre de volcans considérés en sommeil depuis plusieurs siècles, nécessiterait une analyse plus approfondie du dossier Holocène, - préhistorique et historique -, afférent à cette région volcanique.

En effet, l'entrée en éruption du volcan Sinabung, après quatre siècle de semi sommeil, ne sera pas une exception, et d'autres, par la multiplication des séismes qui affectent l'archipel indonésien, - tels le Padang Panjangf, le Singkarak, le Sibolga, le Sungai Penuh... -, ne sauraient tarder à se réveiller.

29 août 2010

Magnitude 6.1, Jalisco, Mexique, le 24 Aout 2010.

Le 24 Aout 2010 à 02 h 12 Temps Universel, le 23 Août 2010 à 21 h 12 Heure locale, un séisme de Magnitude du Moment 6.1, a frappé, au large des côtes de l'État de Jalisco, un État du Mexique en bordure de l'océan Pacifique .

Son épicentre, latitude 18.96° Nord, longitude 107.37° Ouest, est situé à 247 kilomètres au Sud-Ouest de Tomatlán, Distances 290 kilomètres au Sud-Ouest de Puerto Vallarta, à 296 kilomètres à l'Ouest de Cihuatlán, à 315 kilomètres à l'Ouest de Manzanillo, à 325 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest de Autlan et à 855 kilomètres à l'Ouest de Mexico city, capitale fédérale des « Entités fédérales » mexicaines, - ou États-Unis mexicains -.

Son hypocentre est localisé, sur la fracture Rivera, à 20 kilomètres de profondeur pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen et à 10 kilomètres de profondeur pour l'United States Geological Survey

Le Mexique est une fédération constituée de 31 états libres et indépendants, délimitée au Nord par les États-Unis d'Amériquz, dont il est en partie séparé par le Río Bravo, au Sud par le Guatemala et le Belize, à l'Ouest par Océan Pacifique, et, à l’Est, par l'Océan Atlantique. Il se situe entre le 14° et le 32° parallèle, latitude Nord, sur la plaque tectonique Nord-Américaine, à l’intersection de trois plaques tectoniques, les plaque Pacifique, deux reliquats subductants, - les plaques Rivera et Cocos -, de l'ancienne plaque tectonique, la plaque Farallon, et Caraïbes.

Appartenant à la ceinture de feu du Pacifique, le Mexique est réputé pour être une des zones sismiques les plus actives au Monde : le séisme de Mexico, en 1985, 8,1 de magnitude sur l’échelle ouverte de Richter, avait fait 30.000 victimes environ dont près de 5.000 à Mexico-city. L’activité volcanique, plus de 2.000 volcans actifs ou en sommeil, majoritairement implantés, plus de 1.000 cônes volcaniques et stratovolcans, le long de l'axe néo-volcanique, - la Cordillère Néovolcanique, ou Ceinture Volcanique Transmexicaine qui s'étend depuis la baie de Banderas, sur la côte Pacifique, jusqu'au massif des Tuxtlas, près de la côte du golfe du Mexique -, y est également importante. Le plus jeune volcan du Mexique, le Paricutin, 2.800 mètres, dans le Michoacán, état voisin de l'État de Jalisco, est apparu, dans un champ, en 1943.


La plaque Rivera.


La plaque Rivera, reliquat de la plaque Farallon, est une micro-plaque tectonique située au large de la côte Ouest du Mexique, juste au sud de la péninsule de Baja California. Elle est délimitée, à l'Ouest, par la Ride du Pacifique Oriental, au Sud-Ouest par la très controversée faille transformante, - ou Fracture -, Rivera, au Sud-Est par une zone de déformation et, au Nord par la Fosse d'Amérique Centrale et une autre zone de déformation.

Il est communément admis que la plaque Rivera s'est séparée de la plaque Cocos, située sur son Sud-Est, il y a, environ, 5 à 10 Millions d'années. La subduction de la plaque Rivera, sous la plaque Nord-Américaine, dans la Fosse d'Amérique Centrale a toujours été la cause des plus grands tremblements de terre dans l'histoire du Mexique, y compris, au cours du XX° siècle, celui du 3 Juin 1932 dans l'État de Jalisco. Le séisme avait une magnitude de 8,2 et fut suivi d'une réplique de magnitude 7,8, les deux secousses ayant fait des victimes et des dégâts considérables.

Le 9 Octobre 1995, un tremblement de terre, de magnitude 7.6, causant d'importantes pertes humaines et matérielles, s'est produit sous la région de Jalisco. En outre, un séisme, de magnitude 7.8, a frappé, près de Colima, le 24 Janvier, 2003.


La plaque Farallon.


La plaque Farallon, ainsi nommée par la présence des îles Farallon situées à l'Ouest de San Francisco, est une ancienne plaque océanique entrée en subduction, sous la côte Ouest de la plaque tectonique Nord Américaine, au Jurassique, lors de la dislocation de la Pangaea.

Au fil du temps, sous la poussée conjointe, d'Ouest en Est de la plaque Pacifique et d'Est en Ouest de la plaque Nord-Américaine, la partie centrale de la plaque Farallon a été totalement subductée sous la partie Sud-Ouest de la plaque lithosphèrique supportant l'Amérique du Nord.

Les résidus fossiles de la plaque Farallon sont les actuelles plaques Juan de Fuca, Explorer et Gorda qui continuent à s'enfonçant sous la partie Nord de la plaque Nord-Américaine, les plaques Rivera et Cocos plongeant sous l'Amérique centrale et la plaque de Nazca s'enchâssant sous la plaque Sud-Américaine.

La subduction de la plaque Farallon a, également, transporté d'anciens arcs insulaires et divers fragments de croûtes continentales, appelés terranes, permettant leur agglomération, une majeure partie de son Ouest étant composée par ces terrains accrétés, avec la plaque Nord-Américaine.


La fracture Rivera.


Les données bathymétriques et les mécanismes au foyer des séismes, le long de la zone de fracture de Rivera, permet d'individualiser, le long de dite zone de fracture, trois segments distincts sub-linéaires.

Cette zone de fracture n'est, en aucune mesure, une faille transformante classique aux normes actuellement admises et acceptées par les collèges scientifiques, c'est, au différent, une zone d'accommodation et/ou d'hébergement entre deux systèmes d'épandage. Le segment occidental, dans l'axe de la faille de San Andreas et du Golfe de Basse Californie, rayon de rotation Nord 54° Ouest, appartient à ce système, le segment oriental, dans l'axe de la Ride Est-pacifique, rayon de rotation Nord 85° Ouest, fonctionne avec le dit système. Le segment central, dans un axe Nord-Ouest, rayon de rotation Nord 72° Ouest, relie les deux systèmes.

24 août 2010

Les ires de la Terre. Terre de feu et de lave. Tome I.

Les ires de la Terre. Terre de feu et de lave. Tome I.

Raymond Matabosch.


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En guise de Préface.

 

Des volcans par milliers, actifs, en sommeil ou considérés éteints...


Expression de l’antique ire des Dieux, des Déités et des Démiurges, les volcans, monstres géologiques prenant naissance dans les entrailles de la Terre, terrorisent les hommes depuis l'aube de l'humanité. Vomissant ou crachant des gaz volcaniques, des torrents de laves incandescentes, des pyrotechnies de téphras et de pyroclastes ou des panaches de nuées ardentes, ils semblent sortir de leur sommeil pour inonder la Terre de leur sève destructrice et assassine. Manifestations en surface du régime thermique régissant l’intérieur du globe terrestre, ils sont la résultante d'un ensemble des processus et des phénomènes par lesquels des matériaux rocheux fondus, ou magmas, s’élèvent depuis les profondeurs de la Terre jusqu’à la surface, ou vers la surface, et par lesquels les gaz associés sont libérés dans l’atmosphère.

Depuis des millénaires, ils fascinent l’homme par leur puissance faramineuse et les manifestations redoutables de leur activité. Croyances, divinités, idoles, démiurges, logos et autres dragons en sont nés. Aujourd’hui, paraît-il démystifiés pour les civilisations policées, leur attraction est toujours aussi grande, en raison, surtout, des images spectaculaires et des paysages hors du commun qu'ils offrent. Mais l'attraction n'est-ce pas l'expression du mysticisme ? Et le mysticisme ne désigne-t-il pas le fait de la pratique mystique en induisant, parfois, l'idée d'une formalisation ou une systématisation du comportement mystique. Et le concept de « mystique » n'exprime-t-il pas ce qui est relatif à une croyance, au surnaturel ou au divin qui serait, par nature incommunicable, et où l'âme humaine accèderait à une rencontre directe, par translation attractive, avec le volcan-déité ?

Depuis une vingtaine d’années, pour tous ceux qui s'intéressent aux activités volcaniques dans le monde, il apparaîtrait que le nombre de volcans actifs soient en augmentation. Serait-ce une recrudescence du volcanisme qui affecterait la planète Terre ? Ainsi les scientifiques ne devraient pas être obligés de jouer aux apprentis sorciers en créant des volcans artificiels, pour combattre le réchauffement planétaire, ou en déclenchant, quitte à provoquer des temps apocalyptiques pour les humains, les animaux et la nature, des éruptions dans des volcans en sommeil. Cette pseudo-augmentation traduit, simplement, l'intéressement accru de l’homme pour les phénomènes volcaniques. Les observateurs sont plus nombreux et les transports plus aisés. En outre, l’information volcanologique est plus largement diffusée par l’entremise des médias, - presse écrite, parlée ou télévisuelle -, de l'interconnexion des réseaux informatiques et des publications croissantes de revues spécialisées.

Tous les ans, 60 volcans environ, entrent en éruption. Est-ce si cataclysmique que cela ? En regard au nombre démesuré de volcans érigés sur toute la planète et susceptibles de sortir de leur torpeur, la Terre en est-elle au point de non retour et aux portes de l'explosion généralisée ? Le chiffre de 60 est la marque d'une activité volcanique normalisée et nul risque de destruction totale ne peut être envisagée et envisageable. La planète est vivante et elle s'exprime avec la sauvagerie de ses forces internes incommensurables. Si la première étude connue sur ces montres volcaniques est l'œuvre de Pline le jeune faisant la description, au travers de deux lettres, de l'éruption du Vésuve, en l'an 79, des naturalistes et des savants ont tenté de dresser, dès le XVII° siècle, un inventaire des volcans actifs de par le monde.

Athanasius Kircher, en français Athanase Kircher, est un jésuite allemand, graphologue, orientaliste, esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque. Par son ouvrage « Mundus Subterraneus », il établit le premier inventaire, en 1665, y dénombrant 36 édifices volcaniques. Au XIX° siècle, le géographe, naturaliste et explorateur allemand Alexander Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, procède à des études sur les volcans des Andes et d'Amérique centrale. Il est le premier à gravir de nombreux volcans comme, en 1802, l’ascension du Chimborazo, 6.268 mètres, considéré comme le sommet du monde à l’époque. le Cotopaxi, 5.897 mètres ou le Guagua Pichincha, 4.507 mètres. Dans son livre Cosmos, essai d'une description physique du monde, publié en 1846, il en dénombre 407.

En absolu, le nombre de volcans, existant sur la planète Terre, dépendent de leur statut : actif, dormant ou considéré éteint ? Si le microcosme scientiste, en faire valoir, décide d'en adopter une définition, nul de ses membres le composant n'aura vraiment compté tous les volcans terrestres et, tout particulièrement, les centaines de milliers qui sourdent dans le fond sous-marin. Pour preuve, suivant l'estimation avancée dans le livre de la Smithsonian Institution intitulé « Volcanoes of the World, Second Edition », compilé par Tom Simkin et Lee Siebert, la meilleure supputation, à l'heure actuelle, serait que 1.511 volcans, d'autres avançant le chiffre de 1.521, ont eu des éruptions au cours de ces dix derniers millénaires. Néanmoins le nombre de volcans sous-marins, alignés le long des dorsales, des rifts, des failles transversales et des points chauds ou noyés en limite des plaques lithosphériques, excéderait le million d'édifices.

Quant aux volcans en sommeil ou considérés éteints, aucun de ces scientistes gravitant dans leur microcosme et dans leur bulle, bon nombre reconnus mondialement, n'en fait état, certainement par le fait qu'il en serait trop fastidieux et guère revalorisant, notoriété étant, d'en dresser quelconque inventaire. Mais, pourtant, ces secteurs volcaniques oubliés peuvent connaître de nouvelles manifestations éruptives et, en cela, poser risques à une population ignorante de ce plausible danger mortel probablement imminent soit dans le présent immédiat à 100 ou 1.000 ans, soit dans un futur présent à 10.000 ou 100.000 ans, soit dans un temps indéterminable mais fort lointain et au-delà d'un million d'années. « Là où la terre a tremblé, elle re-tremblera... », dit le dicton... Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les volcans ?

 

Notes

(1) Éjectas ou téphras et pyroclastes : pyroclastes, - du grec πυρóκλαστος, pyro, feu, et klastos, fragment -, désigne, en géologie, les fragments de roche solide expulsés dans l’air pendant l’éruption d’un volcan. Les pyroclastes sont des fragments de roche magma­tique solidifiés à un moment de l’éruption, ou plus fréquemment pendant son parcours aérien, ou arrachés à l’état solide par érosion des structures géologiques existant le long des conduites éruptives. Le terme téphras, - du grec τέφρα, cendres -, est utilisé comme sy­nonyme d'éjectas, généralement utilisé pour les cendres.

Depuis le 13 Août 2010, une crise sismique affecte Le Sud-Est du Bassin d'arrière-arc de Parece Vela, aux Mariannes.

Le 13 Août 2010 à 21 h 19 Temps Universel, le 14 Août 2010 à 07 h 19 Heure Locale, un séisme :

- de Magnitude du Moment 7.2, latitude 12.58° Nord et longitude 141.52° Est, hypocentre 20 kilomètres de profondeur pour le C.S.E.M., - le Centre Sismologique Euro-Européen -;

- de Magnitude 7.2 révisée 6,9, latitude 12.409° Nord révisée 12.503° Nord et longitude 141.487° Est révisée 141.474° Est, hypocentre 4.7 kilomètres +/- 5.1 kilomètres révisé 10 kilomètres de profondeur pour l'U.S.G.S, - l'United States Geological Survey -;

a frappé au large des côtes Ouest de l'île de Guam, en surplomb de la fosse des Mariannes et de Challenger Deep, dans la Mer des Philippines.

Son épicentre se situe à 350 kilomètres à l'Ouest de Merizo, à 367 kilomètres à l'Ouest de Tamuning, à 375 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest d'Hagatna, à 445 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest de Rota, à 485 kilomètres au Nord-Est de Yap et à 550 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest de Saipan.

Ce séisme a été suivi :

- Le 14 Août, par 2 répliques de magnitude supérieure à 6.0 : l'une à 07 h 30 Temps Universel, latitude 12.38° Nord, longitude 141.47° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude du Moment 6.3 ; et l'autre à 23 h 01 Temps Universel, latitude 12.22° Nord, longitude 141.47° Est, hypocentre 20 kilomètres de profondeur, magnitude du Moment 6.6 ;

- Le 18 Août à 16 h 28 Temps Universel, latitude 12.26° Nord, longitude 141.46° Est, hypocentre 50 kilomètres de profondeur, magnitude du Moment 6.2 ;

et, du 13 au 22 Août, par 16 répliques de magnitude comprise entre 5.0 et 5.9 :

- Le 14 Août 2010 à 07 h 48 Temps Universel, latitude 12.42° Nord, longitude 141.62° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 5.1 ; à 08 h 20 Temps Universel, latitude 12.36° Nord, longitude 141.61° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0 ; à 14 h 36 Temps Universel, latitude 12.26° Nord, longitude 141.59° Est, hypocentre 51 kilomètres de profondeur, magnitude 5.1 ; à 14 h 44 Temps Universel, latitude 12.30° Nord, longitude 141.45° Est, hypocentre 38 kilomètres de profondeur, magnitude du Moment 5.9 ; à 16 h 35 Temps Universel, latitude 12.35° Nord, longitude 141.61° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 5.5 ; à 21 h 01 Temps Universel, latitude 12.27° Nord, longitude 141.50° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 5.1 ; à 23 h 27 Temps Universel, latitude 12.18° Nord, longitude 141.37° Est, hypocentre 20 kilomètres de profondeur, magnitude 5.1 ; à 23 h 50 Temps Universel, latitude 12.31° Nord, longitude 141.46° Est, hypocentre 33 kilomètres de profondeur, magnitude 5.1 ;

- Le 15 Août 2010 à 04 h 01 Temps Universel, latitude 12.16° Nord, longitude 141.43° Est, hypocentre 51 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2 ; à 04 h 07 Temps Universel, latitude 12.18° Nord, longitude 141.49° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0 ; à 08 h 47 Temps Universel, latitude 12.26° Nord, longitude 141.39° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2 ; à 12 h 55 Temps Universel, latitude 12.21° Nord, longitude 141.42° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0 ; et à 21 h 18 Temps Universel, latitude 11.69° Nord, longitude 142.15° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 5.1 ;

- Le 19 Août 2010 à 22 h 42 Temps Universel, latitude 18.72° Nord, longitude 146.53° Est, hypocentre 31 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2 ;

- Le 20 Août 2010 à 01 h 12 Temps Universel, latitude 18.74° Nord, longitude 146.47° Est, hypocentre 60 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0 ; et à 21 h 18 Temps Universel, latitude 19.51° Nord, longitude 147.36° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, magnitude 5.8 ;

et par une kyrielle de répliques de magnitude comprise entre 3.5 et 4,9 dont :

- Le 13 Août 2010 à 22 h 08 Temps Universel, latitude 12.48° Nord, longitude 141.79° Est, hypocentre 15 kilomètres de profondeur, magnitude 4.8 ;

- Le 14 Août 2010 à 03 h 16 Temps Universel, latitude 2.13° Nord, longitude 141.42° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 4.6 ; à 06 h 19 Temps Universel, latitude 12.32° Nord, longitude 141.61° Est, hypocentre 20 kilomètres de profondeur, magnitude 4.8 ; à 10 h 26 Temps Universel, latitude 12.49° Nord, longitude 141.77° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 4.7 ; à 15 h 24 Temps Universel, latitude 12.25° Nord, longitude 141.47° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9 ; à 16 h 12 Temps Universel, latitude 12.22° Nord, longitude 141.58° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9 ; à 18 h 39 Temps Universel, latitude 12.34° Nord, longitude 141.39° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9 ;

- Le 15 Août 2010 à 06 h 13 Temps Universel, latitude 12.23° Nord, longitude 141.57° Est, hypocentre 60 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9 ; et à 13 h 07 Temps Universel, latitude 12.18° Nord, longitude 141.50° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9.

- Le 20 Août 2010 à 13 h 41 Temps Universel, latitude 12.31° Nord, longitude 141.71° Est, hypocentre 60 kilomètres de profondeur, magnitude 4.6.


La Fosse des Mariannes :


La fosse des Mariannes, située sur une frontière de plaques tectoniques, une zone de subduction où la plaque pacifique s'enfonce sous la plaque philippines, est la fosse océanique la plus profonde, - 10.916 mètres à Challenger Deep -, actuellement connue. Elle est localisée dans la zone Nord-Ouest de l'océan Pacifique, à l'est des Îles Mariannes, à proximité de l'île de Guam, et au Nord des îles Fais, Lossau et Falapop.

Il s'agit d'une fosse déterminée comme ayant été engendrée par la subduction spontanée, en domaine océanique, de type subduction lithosphère océanique-lithosphère océanique couplée à un bassin arrière-arc en extension. En son nord, la fosse d'Izu-Ogasawara, le long de l'archipel Nanpō, - archipel d'Izu et archipel d'Ogasawara aussi appelé « îles Bonin », avec laquelle elle forme l'arc Izu-Bonin-Mariannes -, en est son prolongement. En son Ouest, c'est la fosse d'Ypa qui en est sa continuité.


La plaque de la Mer des Philippines :


La plaque philippine, - ou plaque de la mer des Philippines -, est une plaque tectonique lithosphèrique. La plaque des Mariannes y est généralement associée. Hormis les archipels des Ryūkyū et des Mariannes, elle couvre la Mer des Philippines, le Nord de l'île de Luçon et l'Est de Taïwan.

Elle est en contact avec les plaques d'Okhotsk, de l'Amour, d'Okinawa, du Yangtsé, de la Sonde, de Bird's Head, des Carolines, Pacifique et des Mariannes. Ses frontières, avec les autres plaques, sont notamment formées par des fosses de subduction : la Fosse de Ryukyu sur la côte Sud-Est des îles Ryukyu, la Fosse des Philippines sur la côte Est des Philippines, la Fosse de Yap sur la côte Sud des Palaos et la fosse d'Izu Bonin sur la côte Est de l'archipel d'Ogasawara.

A une vitesse de 6,35 centimètres par an, le déplacement de la plaque tectonique philippine se fait vers le Nord-Ouest


La plaque des Mariannes :


La plaque des Mariannes se situe dans l'Ouest de l'océan Pacifique. Elle couvre une petite partie de l'océan Pacifique et de la Mer des Philippines ainsi que l'archipel des Mariannes.

Elle est en contact, sur son Ouest, avec la plaque de la Mer des Philippines et, sur son Est, avec la plaque Pacifique. Ses frontières, avec la plaque Pacifique, sont formées par la fosse des Mariannes sur la côte Est de l'archipel des Mariannes et de la Fosse de Challenger Deep sur sa côte Sud. Son déplacement se fait dans une direction Nord-Ouest à une vitesse de 5,1 centimètres par an, dans sa partie Nord-Ouest, et de 3,9 centimètres par an, dans sa partie Sud-Ouest


Le bassin d'arrière-arc de Parece Vela.


Le Bassin de Parece Vela est un bassin arrière-arc. Sa profondeur est, d'environ, 5.000 mètres et il est divisé en deux provinces topographiques par l'intercession, dans son axe Nord-Sud, par une dorsale, le Rift de Parece Vela.

La province occidentale est peu sédimentée. La province orientale est couverte par un épais tablier de sédiments volcanoclastiques issus de la Ride Ouest, un arc volcanique sous marin, des Mariannes. Le Rift de Parece Vela, de caractère océanique, se matérialise par une série de fosses voisinant les 6 à 7 kilomètres de profondeur.

Comme certains autres bassins marginaux, le Bassin de Parece Vela, en regard de la courbe d'âge et des flux de chaleur émis par rapport à la dite courbe d'âge, est beaucoup plus profond que la normalité admise dans le cadre de tels types de bassins océaniques. Dans sa globalité il est incis dans le bassin d'arrière-arc du système d'arc intra-océanique Izu-Bonin-Mariannes. Et tout en étant un bassin d'arrière arc ancien fossile, il est, aussi, un bassin récent continuant à s'ouvrir en avant d'un arc volcanique fossile.

L'origine du Rift de Parece Vela n'est pas bien définie. Il peut être la représentation d'une déformation extensive ou d'un centre d'épandage basaltique fossile, voire d'un centre de propagation géographiquement éloignée du système de la dorsale médio-océanique globale ou, tout simplement une caractéristique de post-propagation d'un bassin d'arrière arc dans la région Mariannes. La croûte océanique y est étirée et amincie en réponse à l'écartement des plaques tectoniques, - plaque Philippine à l'Ouest et plaque Mariannes à l'Est -, en présence.

Effectivement, en démontrant sa complexité, dans le Bassin de Parece Vela, de type arrière-arc, il y a une dorsale fossile, bornée, sur son flanc ouest, par un arc volcanique, lui-même fossile, encore plus ancien. De fait, il s'y distingue plusieurs générations d'ouverture de bassins d'arrière-arc, le nouveau bassin s'ouvrant, à chacune des générations, dans l'arc actif. Et chaque nouvelle ouverture correspond à un recul, de près de 1.000 kilomètres, de la zone de subduction de la plaque Pacifique vers l'est.

En outre, des carcasses de baleines, des sources hydrothermales, des volcans sous marins en essaims, des suintements d'eau froide et de la pourriture indiquent qu'il y a pu y avoir dispersion au sein de la Ride de Parece Vela, complexe d'arrière-arc.


La complexité des bassins d'arrière arc intra-océaniques.


Les phénomènes de subduction des océans finissent par entraîner la fermeture de ceux-ci. Dans ce cas les marges continentales vont se percuter étant peu denses pour être subductées. Il se produit, lors, une accumulation de matériel crustal continental dans la zone de collision et, par réajustement isostatique production de reliefs.

 

Entre les terres continentales asiatiques et indo-australiennes, l'Océan Pacifique présente trois types de subductions bien distinctes les unes des autres :

- En son Ouest, la subduction générale du Pacifique Central ;

- En son Est, dans le Pacifique Ouest, deux subductions en opposition, l'une face aux continents et l'autre face à l'océan.

En conséquence, à l'heure actuelle en Insulinde-Mélanaisie-Micronésie-Japon, il existe quatre principaux types de mers marginales, les Mers du Japon, de Chine Méridionale, des Philippines et la kyrielle de mers insulindo-mélanésienne, une région au passé géologique ponctué par trois types d'orogenèses, - les orogenèses Japonaise et Taïwanaise, au Nord-Ouest, les orogenèses Izu-Bonin et Mariannes, au Sud-Est, et les orogenèses Sundaise et Papouasienne, au Sud -, qui sont les trois principales ceintures orogéniques, circum-Pacifique, délimitant les résidus de la Téthys, - paléo-océan mésozoïque s'étant formé, du Permien supérieur au Jurassique moyen, à travers la Pangée -, en Asie du Sud-Est.

Les systèmes de tranchées, se succédant entre le continent euro-asiatique et les arcs marginaux, y présentent toutes les étapes des ceintures orogéniques, les marges de l'Est eurasien marquant l'achèvement de la formation de ces ceintures.

23 août 2010

Volcanisme en France : le Pavin encore actif... ?

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Le Puy de Montchal vu du Puy de Lassolas.

Les 14, 15 et 16 Mai 2009, l'Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand, département du Puy de Dôme, en Auvergne, et le Centre National de la Recherche Scientifique, - le CNRS -, organisaient, de conserve, à Besse et Saint Anastaise communément appelée Besse-en-Chandesse, un colloque international sur le thème : « Lac Pavin et autres lacs méromictiques. »

Dans la plupart des lacs, un brassage complet de l’eau s’effectue annuellement au printemps et à l’automne sous l’effet de la densité de l’eau, de sa température et de celle de l’air ainsi que du vent, ce qui permet une répartition uniforme des nutriments et de l’oxygène. Au différent, un lac méromictique est un lac qui se caractérise par la stratification densitaire et chimique de ses eaux due à une absence de brassage vertical. Ses eaux de surface entrent en contact avec les eaux profondes et, de fait, se mélangent moins d'une fois par an, voire moins d'une fois par décennie ou siècle. Généralement, ce type de lac, de petite superficie, de profondeur intermédiaire, - 50 à 200 mètres -, à bathyale, - supérieure à 200 mètres -, et en forme de cuvette, est enchâssé entre des parois basaltiques abruptes, - anneaux de tufs ou falaises escarpées -, qui le protègent des vents.

Le Maar Pavin.

Les eaux profondes d'un lac méromictique ont la particularité de posséder de très faibles concentrations en oxygène, - inférieures à 1 milligramme par litre glissement de terrain -. Dans un tel événement sismo-volcanologique, le gaz carbonique se répand brutalement, au ras du sol, dans les zones limitrophes, causant, - tel le lac Nyos, au Cameroun, en 1986, et ses 2.000 victimes -, mort d'hommes et/ou d'animaux. -, et l'inconvénient d'accumuler des gaz tels que le dioxyde de carbone, le méthane et l'hydrogène sulfuré, dissouts, pouvant être brusquement libérés, en grande quantité, lors d'un tremblement de terre ou d'une éruption limnique, -

Le lac Pavin, - bien que géographiquement associé au Massif des Monts Dore son origine géologique le rattache à la Chaîne des Puys -, profond de 93 mètres, situé dans un cratère volcanique, - un maar -, est de type méromictique car la circulation annuelle de ses eaux est incomplète et la couche profonde, de -60 à -93 mètres, le mélange s'effectuant moins d'une fois par siècle, reste stagnante d'une année sur l'autre. Une mesure des isotopes du carbone sur le carbone minéral total dissous et sur les gaz, - le dioxyde de carbone et le méthane -, y démontre que l'apport profond de carbone est issu de trois sources distinctes :

- La première, environ 20 %, découle de la fermentation méthanique de la matière organique ;

- La seconde, environ 10 %, se compose de carbone minéral dissous par le déplacement horizontal de la masse d'eau du fond ;

- La troisième, 70 % de gaz carbonique, est d'origine magmatique.


Mais, en Auvergne, le lac Pavin n'est point le seul lac méromictique qui, à l'image des lacs Nyos et Monoun au Cameroun, Kivu au Rwanda, etc..., fasse planer un risque sur la région circonvoisine et sa population. La Godivelle, l'Issarlès, le Tazenat, le Chauvet, le Servières, le Bouchet, le Saint-Front, etc..., autres lacs de cratère, profonds, de la Chaîne des Puys, du Cézalier, du Cantal..., sont à mêmes de se transformer en réservoirs de gaz carbonique.


Le complexe Montchal-Pavin-Montcineyre.


Le complexe éruptif « Montchal-Pavin-Montcineyre », aux confins des Mont Dore et du Cézallier, dans le prolongement de la Chaîne des Puys à laquelle son origine géologique le rattache, se situe au Sud-Ouest de Besse en Chandesse.


Mais, pour que la vérité soit, n'est-il pas plus exact d'énoncer la présence de deux complexes éruptifs imbriqués en un unique complexe reconnu par le monde scientifique : le complexe éruptif « Montcineyre » et le complexe éruptif « Montchal » formant le complexe éruptif connu, à tort, sous l'intitulé générique de complexe « Montchal-Pavin-Montcineyre », plus explicitement devant s'intituler, le « Pavin » n'étant, originellement, qu'une bouche adventive du « Montchal » et non, au sens noble du terme, un volcan pérenne, le complexe éruptif « Montchal-Montcineyre » ?

En effet, la rencontre du magma et d'une nappe phréatique provoque la vaporisation explosive de l'eau et génère un phénomène qui, s'il est assez violent conduit à la formation de cratères d'explosions circulaires de quelques centaines de mètres de diamètre et de quelques dizaines de mètres de profondeur. Ces cratères sont généralement bordés par les produits des explosions comprenant des fragments arrachés du sous-sol et, quelquefois, du magma frais. Lorsque l'éruption cesse après la phase maar, un lac circulaire s'installe dans le cratère du maar. Ainsi, sur les versants Est et Sud-Est du Montchal se sont formés, entre 4.500 et 2.500 avant J.C., les Maars du Pavin, de l'Estivadoux, des Costes et du Creux du Soucy.

Le Complexe Montchal dans la Chaîne des Puys.

Et, en référence aux cratères de Maar, si l'éruption continue par la sortie de lave, le maar peut être occupé par un cône de scories tout comme, de fait, peut ainsi se définir le Montchal, voire le Pertuyzat.


Le Puy de Montchal et son complexe volcanique.


A 4 kilomètres au Sud-Ouest de Besse en Chandesse, à 3 kilomètres au Sud-Est de Super Besse, à 3 kilomètres à l'Est de Vassivière et à 3 kilomètres à l'Ouest de Péalat, à la latitude 45° 29 Nord et la longitude 2° 53 Est, et culminant à une altitude de 1.411 mètres, se situe le cône de scories de Montchal. Cet appareil strombolien classique, à cratère bien conservé, a émis au moins trois coulées basaltiques identifiables :

- La première coulée, vers l'Ouest, la plus ancienne des trois, datée de 4.550 ± 150 ans avant J.C., atteint la vallée de la Clamouze ;

- La seconde, estimée à 3.750 ± 150 ans avant J.C., se déverse, vers le Sud, sur une zone de type marécageux. Sa surface est bosselée de monticules, de petits dômes, de bombements crevassés, de cônes de dégazage de faible taille formés par l'agglutination de lambeaux de lave chaude et de scories ayant atterri, encore liquides, et s'étant soudés entre eux. Il peut, aussi, s'y déterminer la présence d'un évent, de 60 mètres de diamètre et de 20 mètres de profondeur, abritant un lac souterrain, dénommé le « Creux du Soucy. » Pour certains spécialistes il serait la résultante d'une explosion phréatique, pour d'autres, il serait une cheminée secondaire, partiellement comblée par une coulée lavique, du Montchal ;

- et la troisième, vers l'Est, la plus récente des trois, une double coulée, environ 1.250 ans avant J.C. jusqu'en amont de Besse en Chandesse, au delà datée de 2.750 ± 100 ans avant J.C., a emprunté, sur une longueur de 16 kilomètres, la vallée glaciaire de la Couze Pavin. En aval de Coteuge, la coulée de lave forme un assemblage tumultueux de blocs anguleux, aussi connu sous le nom de « block lava. » Cette lave, se différenciant de la lave aa généralement rugueuse, a une peau épaisse divisée en blocs de surface assez lisse et de forme irrégulière, avec de nombreux mamelons et des creux de 3 à 5 mètres de profondeur. Sa composition chimique est identique à celle de pahoehoe.

Graphe schématisé du Puy de Monchal.

De nombreux saupoudrages de lapillis basaltiques, en relation avec les éruptions du Montchal, sont observables en divers sites de la région, dans un rayon de 50 à 95 kilomètres de diamètre mais le plus représentatif, reposant sur une couche de pélites ligniteuses estimées, datées par le radiocarbone à 4650 ans ± 150 ans, se découvre sur la rive droite de la Couze du Pavin, dans la traversée du Bois de Gouelle, à quelques centaines de mètres en amont du pont de même nom.

Il est coutume de considérer que les volcans de la chaîne des Puys sont, par leur type éruptif, des volcans monogéniques produits par une seule éruption, l'opposé des stratovolcans comme le Massif du Mont-Dore ou l'Etna constitués par une succession d'éruptions. S'il était preuve contraire à expliciter, le Puy de Montchal en apporte, inéluctablement, le démenti. En effet, par les nombreux aménagements qui ont été effectués pour l'installation de la station hivernale de Super Besse, tracé de nouvelles routes, percement de chemins, etc..., cette succession d’événements est illustrée par les multiples coupes de terrains qui peuvent se découvrir dans les environs immédiats de cet édifice volcanique et de ses cratères et maars adventifs.

Coupe dans le tuf des Costes.

Celles-ci montrent la superposition de plusieurs niveaux de retombées aériennes, téphras, éjectas, - ou pyroclastes -, tels les tufs, les cendres, les lapillis, les bombes volcaniques, les blocs et les ponces, et elles autorisent à penser, par le fait de paléosols intercalés, que l'activité du Puy de Montchal, au moins quatre éruptions, voire cinq et plus, avec des coulées laviques attestées, y peuvent être dénombrées, a démarré vers 7.500/8.000 ± 400 ans avant J.C et s'est prolongée jusqu'en 1.250 ± 50 ans avant J.C.


Le complexe volcanique du Puy de Montchal.


Si nous en referons aux études déjà réalisées, sur et autour du complexe volcanique de Montchal, outre le Puy principal Montchal, il se détermine quatre autres bouches secondaires ou adventives : au Sud, le Maar du Creux du Soucy ; au Sud-Est, le Maar des Costes ; à l'Est, le Maar d'Estivadoux ; au Nord-Est, le Puy du Pertuyzat ; et au Nord-Nord-Est, le Maar du Pavin.

Une étude plus approfondie permet d'adjoindre, à cette liste, au moins quatre autres évents de plus ou moins grande dimension : au Nord-Ouest, les Hermines sur Super Besse, et situé latitude 45°29 Nord, longitude 2°51 Est, un maar asséché rendu en tourbière ; à l'Ouest, quasi enseveli sous la coulée lavique Ouest, 4.550 ± 150 ans avant J.C., localisé latitude 45°29 Nord, longitude 2°52 Est, avec son flanc Nord-Ouest, en croissant de lune, un probable maar ; et, à l'Est, déterminé latitude 45°29 Nord, longitude 2°54 Est, entre le Puy du Pertuyzat, et les Maars des Costes et d'Estivadoux, un maar devenu tourbière.

 

Le Maar des Costes.


Le Maar des Costes se situe à 3 kilomètres à l'Est-Sud-Est du Puy de Montchal, à 2,5 kilomètres au Sud-Est du Maar Pavin et à 700 mètres au Sud du Maar d'Estivadoux. Il apparaît comme une modeste dépression de forme plus ou moins arrondie, de 300 mètres sur 200 mètres, dont le fond est occupé par une modeste tourbière. Sur une épaisseur de 2 à 10 mètres suivant les sites de coupes, un dépôt de projections lithées, au faible pendage, composé de lapillis, de bombes tachylitiques, des tufs stratifiés entre deux paléosols datés, pour le plus ancien 4.250 ± 150 ans avant J.C., et, pour le plus récent, 3.550 ± 150 ans avant J.C., posés sur des gneiss, des basaltes anciens du massif volcanique du Cézallier et des basaltes du Montcineyre et du Montchal. Ce type de dépôt est caractéristique des maars basaltiques à explosions rythmées et la disposition séquentielle des matériaux déposés en atteste le fonctionnement rythmique coutumier à de tels édifices dans leur stade de construction.

 

Les proportions de magma basaltique, dans les tufs, d'une strate à la strate immédiatement supérieure, sont variables mais des lambeaux de charriage et des graded-bedding apparaissent nettement dans chaque strate démontrant, s'il en était nécessaire, qu'outre l'explosivité de son maar, les Costes était une bouche adventive active qui avait émis plusieurs coulées laviques sur près de 700 ans. Certes, dans ces strates, il y apparaît une prédominance de matériaux provenant du Montchal et du Montcineyre, voire même du Pavin dans ses strates supérieures datées, pour les plus anciennes, de 3.700 ± 150 ans à 3.550 ± 150 ans avant J.C., et, pour les plus récentes, de 1.150 avant J.C., des matériaux qui l'ont, oblitérant ses formes, rapidement comblé.


Le Maar d’Estivadoux.


Le maar d'Estivadoux se situe à 2 kilomètres à l'Est du Puy de Montchal et à 1,5 km au Sud-Est du Maar Pavin. Tout comme le Maar des Costes, c'est une petite dépression occupée par une tourbière. Le cratère, comblé par les émissions pyroclastiques et les coulées du Montchal et du Pavin, n'est guère visible. De toute apparence il était de forme plus ou moins arrondie, entre 700 et 1.000 mètres de diamètre. Les carrières et les tranchées des routes, dans ses proches environs, offrent de beaux sites de coupe qui permettent de lire les différents dépôts, posés sur un lit basaltique ancien du massif volcanique du Cézallier et des basaltes du Montcineyre et du Montchal, datés, pour la strate supérieure, de 8.500 ± 150 ans avant J.C, qui se sont succédés durant l'activité propre à l'Estivadoux. Cette bouche adventive, en regard des différentes strates de cendres, de nuées ardentes, de courtes coulées laviques et de tufs stratifiés entre deux paléosols, a fonctionné de 5.250 ± 150 ans avant J.C. à 4.550 ± 150 ans avant J.C.


 

A suivre « Volcanisme en France : le Pavin encore actif...? 2° volet de l'étude. »

22 août 2010

16 Août 2010 : Un séisme de magnitude 6.2 et le volcanisme sous-marin aux Îles Fidji.

Un séisme sous marin, de Magnitude du Moment 6.2 a frappé, le 16 Août 2010, à 19 h 35 Temps Universel, le 17 Août 2010 à 07 h 35 Heure Locale, l'archipel de Lau Méridional.

Son épicentre, se localise, latitude 20.76° Sud et longitude 178.76° Ouest, à 10 kilomètres au Sud de l'île d'Ono i Lau, à 370 kilomètres à l'Ouest de Tofoa-Koloua, à 371 kilomètres à l'Ouest de Nuku'alofa, Tonga, à 414 kilomètres au Sud-Est de Suva, Fidji, et à 1890 kilomètres au Nord-Nord-Ouest d'Auckland, Nouvelle Zélande.

Son hypocentre est estimé à 611 kilomètres de profondeur pour le C.S.E.M., - le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen -, et à 594.8 kilomètres +/- 7.4 kilomètres pour l'U.S.G.S., - L'United States Geological Survey , littéralement l'Institut d'études géologique des États-Unis -.

Il a été précédé par quatre secousses de magnitude comprise entre 4.4 et 4.9, l'une le 14 Août 2010, Magnitude 4.7, hypocentre 506 Kilomètres de profondeur ; deux le 15 Août, 4.9 de magnitude, hypocentre 590 Kilomètres de profondeur pour la première, 4.4 de magnitude, hypocentre 548 kilomètres de profondeur ; et le 16 Août, magnitude 4.5, hypocentre 316 kilomètres de profondeur.


Les Îles Fidji


Les Fidji, - ou Viti -, situées à l'est du Vanuatu, à l'ouest des Tonga et au sud des Tuvalu, sont un groupe d'îles Océaniennes dans l'Océan Pacifique Sud et forment un État souverain depuis 1970, la République des îles Fidji, Matanitu ko Viti et Matanitu Tu-Vaka-i-koya ko Viti, en fidjien, Fiji et Republic of the Fiji Islands, en anglais.

L'archipel comprend, officiellement dénombrées, 322 îles mais il y en aurait près de 800, dont 80 habitées, et s'étend entre 15.47° et 21.4° de latitude Sud, et entre 180° et 176° de longitude Est. Ces îles ont une superficie totale de 18.270 kilomètres carrés et une population 828.000 habitants en 2007. Les grandes îles sont volcaniques avec des lambeaux calcaires et gréseux, les petites sont d'origine volcaniques et ou calcaires, et coralliennes. Une multitude de récifs essaimés gênent la navigation. Les deux îles les plus importantes sont Viti Levu, une superficie de 11.760 kilomètres carrés, Vanua Levu 6.492 kilomètres carrés. Viennent, ensuite, Kandavu, - ou Kadavu, -, 560 kilomètres carrés et Taviuni, - ou Taveuni -, 560 kilomètres carrés. Viti Levu accueille la capitale Suva et presque 75% de la population y réside.

Les autres îles sont des îlots et de atolls répartis entre les archipels de Viti Levu, de Vanua Levu, de Lomaiviti, de Yasawa, de Mamanuca I Ra, de Mamanuca i Cake, de de Kadavu, de Viti-i-loma, de Lau Septentrional, de Lau Central, de Lau Méridional, de Moala et de Rotuma.

La cime de Viti-Levu atteint, au Tomanivi, 1.324 mètres et celle de Vanua Levu 7.50 mètres. Au îles Fidji, les volcans y sont légions, telle l'île Taveuni où il s'y dénombre 250 édifices volcaniques. Elle fut le témoin, au cours des siècles passés, de près de 58 éruptions, dont la dernière, avec coulée de lave, est datée de la moitié du XVI° Siècle.


Les archipels Lau.


Les îles Lau, également appelées le Groupe de Lau, les archipels de Lau, le Groupe de l'Est, ou les archipels de l'Est, sont situées dans l'Océan Pacifique Sud, à l'est de la Mer de Koro, entre 16.43° et 21.2° de latitude Sud et 178.15° et 180.17° de longitude Ouest.

Elle sont limitées, au nord, par l'île de Naitaba, à l'est par l'Argo, les Récifs de Reid et l'île de Vatoa, ou Île de Tortue, au sud, par l'ile d'Ono-i-Lau et, à l'Ouest, par les îles de la Mer de Koro. Elles forment un chapelet d'une centaine îles, d'îlots et d'atolls dont trente, environ, sont habitées. Les archipels de Lau, - Lau Septentrional, Lau Central et Lau Méridional -, couvrent une superficie de 487 kilomètres carrés, et, au plus récent recensement, en 2007, il s'y dénombrait une population de 10.683 habitants.

Alors que la plupart des îles des archipels de Lau Septentrional et Central, sont des îles d'origine volcanique, celles de l'archipel de Lau Méridional sont, pour la plupart, dans le cluster de Yagasa, des îles basses, d'origine carbonatée, et les autres, - telles Voatoa, Vanua-Balavu, Ono-I-Lau, Moala ou Lakéba -, sont des îles volcaniques, aux édifices érodés, devenues des atolls entourés de récifs coralliens.


Ono i Lau.


Ono-i-Lau, - aussi dénommée île Doi -, est une île volcanique, altitude maximale de 113 mètres, cerclée par des récifs coralliens, de 7,9 kilomètres carrés de superficie. Quatre villages, Nukuni, Matokanai, Doii et Lovoni, la compose.

Localisée 20.80° de latitude Sud et 178,75° Longitude Ouest, elle est l'une des îles les plus méridionales des archipels de Lau. Elle se situe à 90 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Vatoa, l'île la plus proche.


Sismicité et aléas sismiques dans l'archipel de Lau méridional.


Dans cette zone de l'Océan Pacifique Sud, l’activité sismique est principalement liée au rapprochement des plaques Indo-Australienne et Pacifique. C'est une zone de déformation étendue qui peut atteindre jusqu'à 1.000 kilomètres de largeur et qui s'exprime par deux zones de subductions actives, à vergences opposées, à l'Est, la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et, à l'Ouest, la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée-Salomon-Vanuatu, et une fosse fossile, au Nord, la fosse Vitiaz.

Dans la partie Est de la région, la plaque Pacifique s'enfonce sous l’arc des Tonga- Kermadec. La vitesse de convergence à la fosse varie de 6-7 centimètres par an au Sud à 24 centimètres par an au Nord. Dans la partie Ouest, c'est, à l'inverse, la plaque Indo-Australienne qui plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal, - ou Sud Salomon -, et de Nouvelle-Bretagne. La vitesse relative de convergence à cette frontière varie de 9 à 16 centimètres par an. Dans la partie Nord, la fosse de Vitiaz est inactive depuis le Miocène supérieur, et, jusque vers 5.330 ± 0,005 Millions d'années avant J.C., la lithosphère Pacifique crétacée passait, le long de cette fosse, sous la plaque Australie.

Entre ces trois fosses, tout en s'éloignant très rapidement l'une de l'autre, se recouvrant en partie, la zone de liaison est marquée par un système complexe d’axes d’ouverture et de relais transformants. Des bassins océaniques, du Sud au Nord, constituent une zone tampon entre les deux grandes plaques Indo-Australienne et Pacifique: le fossé du Havre en arrière de l'arc des Kermadec, le bassin de Lau en arrière de l'arc des Tonga, le bassin Nord-Fidjien et les fossés du Vanuatu en arrière de l'arc du Vanuatu, le bassin de Woodlark enfin le bassin de Manus en arrière de l'arc de Nouvelle- Bretagne. Ils génèrent de nouvelles plaque tectoniques, les plaques Nouvelles Hébrides, Récif Balmoral, Récif Conway, Futtune, Tonga, Niuafo'ou et Lau, qui sont toutes sièges d'une orogenèse en cours matérialisée par les rides de Lau, de Tonga, de Colville et de Valu Fa.

Le mouvement décrochant est notamment souligné par la faille transformante Nord-Fidjienne qui s'étend depuis la terminaison nord de la fosse des Tonga jusqu'à l'axe d'accrétion central du bassin Nord-Fidjien. De plus, elle longe le bord Nord la plate-forme fidjienne. En fait, tout est résultante de l'ouverture océanique consécutive du bassin Nord Fidjien qui a débuté, il y a environ 12 Millions d'années et qui continue à se développer le long de plusieurs axes d'accrétion contrastés. L'accrétion dans le bassin de Lau est plus récente et plus localisée. Les liens entre subduction et accrétion océanique d'arrière-arc sont partout évidents dans la région, et tout particulièrement dans le bassin de Lau. Cependant, on relève une multiplication anormale des axes d'accrétion actifs à la jonction entre les deux bassins. Cette situation géodynamique, tectonique, magmatique et géochimique complexe, voire anormale, de même que l'anomalie positive de la topographie et du géoïde, la présence d'un fort flux de chaleur, d'une lithosphère océanique mince et de faibles vitesses mantelliques témoignent tous d'une convection intense dans le manteau supérieur sous l'ensemble de la frontière, et d'une influence de type point chaud étendu dans la partie septentrionale.

Pour mieux comprendre cet imbroglio géologique, le bassin Nord-Fidjien étant bordé, au Nord par la fosse du Vitiaz, il faut en convenir que cette fosse, actuellement inactive, était la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Indo-Australienné, de l’Eocène supérieur, - 41.3 à 37.0 Millions d'Années -, au Miocène supérieur, - 11,06 à 5,33 Millions d'années -, avant le développement du bassin Nord-Fidjien. L'arc du Vitiaz, maintenant dispersé, incluait l'arc ancien des Salomon et du Vanuatu, et se raccordait, au Sud-Est, à la plate-forme fidjienne et à l'arc ancien de Lau-Tonga. La collision, au Miocène supérieur, entre le plateau, d'Ontong-Java porté par la plaque Pacifique et l'arc du Vitiaz a eu pour conséquence de bloquer la subduction de la plaque Pacifique sous l’arc du Vitiaz, d'en inverser localement le sens depuis la Papouasie Nouvelle Guinée jusqu'au Nord des Îles Fidji, et de provoquer la naissance de la zone de subduction du Vanuatu-Sud Salomon-Archipel Santa Cruz et Banks. L'arc du Vanuatu a, lors, dérivé vers l'Ouest en ouvrant, dans son sillage, le Bassin Nord-Fidjien. Parallèlement, la dérive, vers l'Est, de la partie Sud-Est de l'arc, au niveau des Îles Fidji-Ride de Lau, a entraîné la formation du Bassin de Lau depuis le Pliocène, - 5,32 à 1,81 Millions d’Années -.

Les taux d’ouverture des Bassins d’arrière-arc étant très rapides, atteignant une dizaine de centimètres par an, la sismicité y est, de fait, importante et complexe.


La Ride de Lau.


La Ride de Lau, siège actif, du Miocène moyen au Pliocène supérieur, d'un volcanisme d'arc insulaire, se trouve à environ 260 kilomètres à l'Ouest de la Ride de Tonga, les deux Rides étant parallèles. Elle a été longtemps considérée comme un « arc insulaire morts », car son activité volcanique semblait avoir été transférée, après un changement, au Miocène supérieur, dans la configuration expansion des fonds océaniques dans le Pacifique, à la région de Tonga-Kermadec. En conséquence de ce changement, le Plateau de Fidji s'étaitt détaché de la plaque lithosphérique Pacifique principale et les îles Fidji et son archipel de Lau, de type continental, ont, lors, étaient considérés comme ayant évolué, depuis, dans le cadre strict d'un arc fossile. Il est vrai que son volcanisme est en sommeil depuis des millénaires et que ses îles subissent une érosion effrénée, les plus petites d'entre elles se transformant en atolls ceinturés de corails. Mais depuis la formation de la fosse du Havre qui partage le Bassin de Lau, - à l'Ouest les arcs insulaires de Lau et de Colville, à l'Est ceux du Tonga et de Kermadec -, le volcanisme sous-marin a repris vigueur dans la région de l'archipel de Lau Méridional et à donné naissance à une ride transverse reliant les arcs volcaniques de Lau et du Tonga.

Les séismes y sont de type « foyers profonds », entre 300 et 700 kilomètres de profondeur dans le plan de Bénioff, et réactivent, en permanence, le volcanisme sous-marin dont les cônes se situent, pour la plupart d'entre eux, à -2.000 mètres.

14 août 2010

Un séisme 7.1 de magnitude dans la Cordillère Royale Andine, le 12 Août 2010 : Recrudescence prévisible du volcanisme en Equateur dès la Mi-Novembre.

Un séisme de Magnitude du Moment 7.1 a frappé au cœur de la jungle amazonienne et a secoué, durant environ 40 secondes, l’Équateur et le Pérou, jeudi 12 Août 2010 à 11 h 54, Temps Universel, 06 h 54 Heure Locale. L'U.S. Geological Survey a, à plusieurs reprises, - l'étalonnant, initialement, à 6.9, puis à 7.2, à nouveau 6.9, avant de l’établir, définitivement, à 7.1 -, révisé son estimation de la magnitude du séisme.

Une seule personne, dans un port de pêche Sud-Ouest blessée par un mur qui s’est effondré, et des dommages légers, dans des bâtiments dont une caserne de pompiers qui a eu un mur qui s’est écroulé, sont à signaler.

L’épicentre, localisé latitude 1.260° Sud et longitude 77.312° Ouest, se situe à 62 kilomètres au Sud-Est de Tena, à 145 kilomètres à l'Est d'Ambato, à 155 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Riobamba, à 155 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Nueva Loja et à 175 kilomètres au Sud-Est de la capitale équatorienne, Quito. Son hypocentre a été déterminé à 200 kilomètres de profondeur par le Centre sismologique Euro-Européen et à 211 kilomètres de profondeur par l'U.S. Geological Survey.

Aucune réplique de magnitude égale ou supérieure à 4.0 n'a été détectée, ensuite, jusqu'à 04 h 39 Temps Universel, le 14 Août 2010, magnitude 4.4, épicentre à 58 kilomètres au Sud-Est de Téna et à 140 kilomètres à l'Est d'Amboto, et d'hypocentre 194 kilomètres de profondeur.

Le foyer sismique se contingente, à quelques 50 kilomètres, au pied d'un arc volcanique composé d'une trentaine d'édifices dont nombre d'entre eux sont actifs à très actifs dont, tout particulièrement, le Sangay, le Tunguruhua, l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... et le Reventador.

Le 05 Août 1949, un séisme de magnitude 6,8, avait frappé dans la région d'Ambato et avait causé la mort de 3.000 personness. Les villes de Guano, de Patate, de Pelileo et de Pillaro avaient été totalement détruites, tout comme l'avait été un tiers de la ville d'Ambato. D'importants dommages s'étaient produits dans les provinces de Tungurahua, Chimborazo et Cotopaxi et des glissements de terrain avaient bloqué les routes et les cours d'eau dans toute la région d'Ambato.

Ce tremblement de terre majeur, le plus puissant connu en Équateur après le séisme de magnitude 7.2, au large des côtes équatoriennes, en 1998, s'est produit dans les profondeurs intermédiaires de la lithosphère de la plaque de Nazca.

Les séismes, en Équateur et dans la plupart des Pays d'Amérique du Sud occidentale sont générés par les tensions résultant de la subduction continue de la plaque tectonique océanique de Nazca sous la plaque tectonique continentale d'Amérique du Sud.

À la latitude du tremblement de terre, la plaque de Nazca se déplace dans un axe Ouest-Est et, au niveau de la fosse Pérou-Chili, plonge sous la plaque d'Amérique du Sud à une vitesse d'environ 7 centimètres par année. En outre la subduction Nazca est active, sismiquement, jusqu'à environ 650 kilomètres de profondeur.

Ce séisme s'est produit sur un segment, de la plaque de subduction, génèrant de fréquents tremblements à des profondeurs focales étalonnées entre 160 à 200 kilomètres. Pour mémoire, en 1974, l'hypocentre de la secousse sismique, de magnitude 6.7, situé 60 kilomètres au Sud-Ouest du présent séisme, était localisée à une profondeur de 170 kilomètres.

En toute chose, les tremblements de terre qui ont des profondeurs focales comprises entre 70 et 300 kilomètres sont communément dénommés « tremblements de terre de profondeur Intermédiaire. » Ils se différencient des tremblements de terre à « foyer superficiel », moins de 70 kilomètres de profondeur, et des tremblements de terre à « foyer profond », de profondeur comprise entre 300 et 700 kilomètres.

En règle générale, les tremblements de terre de profondeur intermédiaire causent moins de dégât en surface que les tremblements de terre à foyer superficiel de magnitudes similaires et ils sont ressentis à grandes distances de leurs épicentres.

Au plan sismique, se produisant dans les entrailles profondes des arcs et des cordillères volcaniques, ils agissent tels des moteurs enclenchant, dans les 3 à 6 mois, suivant la secousse, soit une recrudescence dans l'activité d'un volcan, soit une reprise d'activité dans les édifices en repos ou en sommeil. Aussi est-il à penser que des cônes volcaniques, tels le Sangay, le Tunguruhua, l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou le Reventador, voire autres moins connus, dans la Cordillère Royale Andine, ne connaissent des regains d'activé ou ne rentrent en éruption après de longs mois ou de longues années de mise en sommeil, à partir de la mi-Novembre 2010.

11 août 2010

10 Août 2010, un séisme de Magnitude 7.5 déclenche une nouvelle crise sismique au Vanuatu

Le 10 Août 2010 à 05 h 23 Temps Universel, 16 h 23 heure locale, un séisme :

- de Magnitude du Moment 7.5, latitude 17.53° Sud et longitude 168.04° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur pour le C.S.E.M., - le Centre Sismologique Euro-Européen -,

- de Magnitude 7.3, latitude 17.561° Sud et longitude 168.028° Est, hypocentre 35 kilomètres de profondeur pour l'U.S.G.S, - l'United States Geological Survey -.

a frappé au large des côtes Ouest de îles de Lelepa et de Tranquility et Nord-Ouest des îles Eretoka et Vaté, - appelée aussi Éfaté -, dans la Mer de Corail.

Son épicentre se situe à 18 kilomètres au Nord-Ouest de Sunae à 20 kilomètres au Nord-Ouest de Natapao, à 22 kilomètres au Nord-Ouest de Port Havannan, à 25 kilomètres au Nord-Ouest de Manga'as, à 35 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Port-Vila, capitale de la République du Vanuatu, à 240 kilomètres au Sud-Sud-Est de Luganville et à 255 kilomètres au Nord-Nord-Ouest d'Isangel.

Ce séisme a été précédé de deux secousses sismique, le 07 Août 2010, la première de magnitude 5.0 à 07 h 02 Temps Universel, latitude 13.42° Sud et longitude 167.90° Est, d'hypocentre 160 kilomètres de profondeur, la seconde de Magnitude 5.5 à 12 h 51 Temps Universel, latitude 15.19° Sud et longitude 167.48° Est, d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur.

Il a été suivi du 10 au 11 Août, par 11 répliques de magnitude comprise entre 5.0 et 5.9 dont :

- 10 Août 2010 à 09 h 54 Temps Universel, latitude 17.70° Sud et longitude 167.64° Est, hypocentre 30 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.2 ; à 11 h 49 Temps Universel, latitude 17.39° Sud et longitude 167.88° Est, hypocentre 25 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.2 ; à 12 h Temps Universel, latitude 39 17.45° Sud et longitude 167.76° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.0 ; à 19 h 05 Temps Universel, latitude 17.74° Sud et longitude 167.82° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.2 ; à 21 h 58 Temps Universel, latitude 17.52° Sud et longitude 167.64° Est, hypocentre 140 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.0 ; à 23 h 18 Temps Universel, latitude 14.42° Sud et longitude 167.26° Est, hypocentre 203 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.8 ; et 06 h 14 Temps Universel, latitude 17.42° Sud et longitude 167.85° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.4

- 11 Août 2010 à 01 h 22 Temps Universel, latitude 17.25° Sud et longitude 168.17° Est, hypocentre 156 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.0 ; à 03 h 29 Temps Universel, latitude 17.96° Sud et longitude 167.57° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.3 ; et à 03 h 35 Temps Universel, latitude 17.32° Sud et longitude 167.84° Est, hypocentre 43 kilomètres de profondeur, Magnitude 5.9

et par une kyrielle de répliques de magnitude comprise entre 3.5 et 4,9 dont, le 10 Août 2010, à 12:12 Temps Universel, latitude 17.91° Sud et longitude 167.66° Est, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, Magnitude 4.7 ; à 07 h 18 Temps Universel, latitude 17.89° Sud et longitude 168.00° Est, hypocentre 30 kilomètres de profondeur, Magnitude 4.8 ; 08 h 02 Temps Universel, latitude 17.63° Sud et longitude 167.75° Est, hypocentre 30 kilomètres de profondeur, Magnitude 4.9 ; et à 09 h 21 Temps Universel, latitude 17.97° Sud et longitude 167.40° Est, hypocentre 35 kilomètres de profondeur, Magnitude 4.3.

Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique précise que, sur le plan local, un ou des tsunamis sont possibles à cause de glissements de terrain sous-marins et a enregistré une vague de 23 centimètres. à Port Vila. Au demeurant, il ne signale pas de risque au-delà d'une zone, en regard de l'épicentre, de plus de 100 kilomètres ce qui, à son dire, met Nouméa, la Californie, l'Oregon, l'État de Washington, la Colombie Britannique et la côte de l'Alaska. hors de danger.

Les îles volcaniques du Vanuatu forment l'arc des Nouvelles Hébrides qui s'est édifié à la suite de la subduction, à la vitesse de 11,8 centimètres par an en moyenne, de la plaque indo-australienne sous le bassin nord-fidjien. L'archipel, long de 900 kilomètres, du Nord au Sud, est constitué par plus de 80 îles et d'innombrables îlots et rochers, ceinturés de corail, dont une douzaine d'îles principales. Les villages coutumiers, établis non loin du rivage, sont souvent dissimulés par l'impressionnante végétation. Et, à cause de l'isolement important des îles, plus de 100 langues y sont parlées par seulement 200.000 habitants.

Le tremblement de terre du 10 août, 2010 s'est produit à la limite des plaques Australo-indienne et Pacifiques, au cœur de la Mer Corallienne dans le région Sud-Ouest du Pacifique. Dans cette zone océanique la plaque Australienne s'y déplace, à une vitesse d'environ 8,5 centimètres par an, dans un axe Nord-Est par rapport à la plaque Pacifique. La plaque Australienne plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal, - ou Sud Salomon -, et de Nouvelle-Bretagne.

Les poussées de la plaque Australienne sous la plaque Pacifique se caractérisent par la présence d'une zone de déformation pouvant atteindre jusqu'à 1000 kilomètres de largeur et s'exprimant par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu. Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques.

Le séisme du 10 Août, par son emplacement, sa profondeur, et son mécanisme focal s'associe à cette zone subduction sise le long de la limite des plaques Pacifique et Australienne.

Ce tremblement de terre est situé à peu près 500 kilomètres au Sud d'une séquence de grands tremblements de terre de subduction qui se sont produits en octobre de 2009 : Le 7 octobre 2009, deux secousses de Magnitude 7.7 et 7.8 frappaient, au large du Vanuatu, à 15 minutes d'intervalle. Elles étaient suivie, une heure après, par une secousse de Magnitude 7.4, et, le 8 Octobre par deux autres de Magnitude 6.6 et 6.8 après la secousse se produisaient le jour suivant.

Il ne faut point omettre, pour compléter le tableau sismique, que le 27 mai dernier, localisé à 100 kilomètres au Nord de cette séquence des 7 et 8 Octobre 2009, un séisme de Magnitude 7.1 s'y était aussi produit.

La région du Vanuatu connaît un niveau très élevé d'activité sismique, avec un plancher maximum de 350 kilomètres sous les îles composant l'archipel des Nouvelles Hébrides, avec, depuis 1973, près de 50 événements d'ampleur 7.0 et plus y ayant été enregistrés.

16:17 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vanuatu, port-vila, séisme, tremblement de terre, plaque tectonique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

Le Pays des Campements de nuit.


Le Pays des Campements de nuit.
- Recueil de haïku et de Tanka -


Préface :

 

La Tunisie, Villes et villages.


Entre éternel recommencement et or du sable du Grand Erg, voici la Tunisie, fille du soleil et du vent… De Tabarka la riante aux palmiers de Tozeur, des vertes collines du Cap Bon aux gorges arides de la Selja, des steppes de Fériana aux oliveraies de Sfax, voici la Tunisie aux mille visages, dont les racines plongent aux tréfonds de l’Histoire, et dont chaque ville, chaque montagne, chaque paysage sont autant de pages du recueil de Tanka et de Renga, « Le pays des campements de nuit, Al Jumhuriyah at Tunusiyah » que Raymond Matabosch vous invite à découvrir…

Ici, la fière et terrible Carthage qui, dit-on, dévorait ses enfants, mais dont les éléphants du Chef Borgne firent trembler Rome; Carthage qui abrita les tragiques amours de la Belle Salammbô et du rebelle Mâtho… Carthage dont les Romains firent, après l’avoir rasée, l’une des plus belle cités d’Afrique…

Là, la riante vallée de la Medjerda et ses vertes collines, regorgeant de fruits et de fleurs, parsemée de ruines antiques dont les noms enchanteurs résonnent encore aux chants des muses: Dougga, Musti, Bulla Régia, Thuburbo…

Voici la superbe Côte Nord que tant de marins, coursier et corsaires ont sillonné, prises, perdue et reconquise: Tabarka la belle, Bizerte la fière, Sidi Bou Saïd la lumineuse qui veilla, dit-on, les amours du roi de France Louis, Neuvième du nom, et d’une belle berbère…

Là encore l’opulent Cap Bon, véritable pays de cocagne où coulent le vin et le miel, ou chante l’orange et bruisse l’olivier, sous le regard perçant du faucon des falaises d’El Haouaria…

Ici Kélibia et son imposante forteresse, là Hammamet et son golfe aux plages mordorées…

Voici la steppe, et surgi des sables, Kairouan la Sainte et sa sainte mosquée, merveille née d’un coup de lance du grand Oqba, le conquérant du Prophète… Voici Sousse et sa Médina, voici les remparts de Monastir, voici Mahdia la Rebelle… Voici la mystérieuse Djerba, l’île des Lotophages, qui déjà enchantait les rêves d’Ulysse de ses mirages dorés…

Voici enfin le Grand Sud et la fascination du désert… Matmata, ses ghorfas et ses villages accrochés au roc, les pistes désertiques ralliant les ksars orgueilleux et solitaires, les dunes de Douz où les oasis se battent jour après jour avec le sable, Tozeur, la ville sainte, peuplée des rêves et des esprit des sages marabouts, Nefta la Belle, assoupie entre mirages et contemplation, Chebika la fière, dominant les gorges profondes où coule l’oued paisible…

Tout cela, c’est la Tunisie, riche, variée, secrète, sauvage et amie, lointaine et si proche…

Mais c’est aussi bien plus: les sourires accueillants, les souks de Tunis flamboyant de couleurs, de vie et d’arômes fleurant le lointain Orient, la bruyante animation du Café des Nattes de Sidi Bou, les superbes mosaïques du Bardo; les barques des pêcheurs au lamparo de Sidi Daoud, les marchands de tapis de Kairouan, l’exubérance du chauffeur de taxi sur la route d’Hammamet, l’accueil fabuleux du restaurateur de la médina de Sousse, le radieux sourire de la fillette des Matmata dans le chatoiement des étoffes colorées claquant au vent, le regard profond de l’homme que l’infini du désert à rendu sage…

C’est tout cela, la Tunisie de toujours, que, Raymond Matabosch, dans son recueil de Tanka et de Renga, « Le pays des campements de nuit, Al Jumhuriyah at Tunusiyah » vous invitent à visiter.


Fawzi Garmadi


Le livre Le pays des campements de nuit

10:55 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie, haîku, tanka, poésie japonaise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

L'Abbaye de Saint Hilaire : Berceau de la Blanquette.

Quinze siècles d'histoire, à quelques lieux de la cité médié­vale de Carcassonne, au cœur du Razés, dans un paysage de vi­gnobles, l'Abbaye de Saint Hilaire est la sépulture du première évêque de Carcassonne, Saint Hilaire…

Fondée au VIII° siècle, sous le règne de Charlemagne, elle connut, après une période de fastes et de richesses, le déclin dès les prémices du XIV° siècle et ferma, définitivement ses portes conven­tuelles, peu avant la Révolution Française, au XVIII° siècle.


Bref historique.


Au VIe siècle, Saint Hilaire, le premier évêque de Carcas­sonne, enfant du pays nostalgique de ses terres, en visite pastorale, demande, aux habitants des lieux, la construction, sur un éperon ro­cheux dominant le Lauquet, d'une chapelle qui devient, par la suite, sa sépulture.

Au VII° siècle, l'abbaye qui la remplaça, fut d'abord consa­crée au célèbre Saint-Saturnin ou Sernin, évêque-martyr de Tou­louse, puis, lorsqu'on y découvrit ses restes, placée sous le patronage d'Hilaire.

Autour de l'an Mil, un nouvel élan de réforme monastique se double d'une révolution technique et stylistique. C'est aussi le temps des premières audaces architecturales qui permettent d'élargir la nef des églises et d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux, ve­nus vénérer les saintes reliques comme le morceau de la Vrai Croix à Sainte Marie d'Alet, ou le corps de l'évêque Hilaire de Carcas­sonne à Saint-Hilaire…

Sous la protection des comtes de Carcassés-Razés désireux d'honorer l'un des leurs, l'établissement monastique eut, jusqu'au XIII° siècle, un rayonnement considérable dans la région.

Mais, les troubles engendrés par la Guerre de Cent Ans, obli­geant les abbés à entretenir les fortifications villageoises précipitent son déclin.


Le cloître et les bâtiments conventuels.


Le cloître, édifié au XIV° siècle, est toujours intact Constitué de quatre galeries composées d'arcades ogivales reposant sur des co­lonnes géminées et moulurées, aux chapiteaux très abîmés, il est en forme de trapèze irrégulier avec des côtés de douze baies archées à l'est et à l'ouest, quatorze au nord et seize au sud.

Décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux, les chapiteaux sont taillés dans un seul bloc de grès provenant des car­rières in situ du Razès.

Les galeries du cloître, couvertes d'un toit de tuiles, sont ni voûtées, ni encorbellées..

Un puits et un bassin à quatre lobes, support d'une vasque, du XVI° siècle, occupent le cœur du cloître.

Les galeries du cloître sont couvertes d'un toit mais ne sont pas voûtées. Dans la galerie orientale, sous la quatrième arcade en partant de la galerie sud, on trouve les restes d'un échiquier sculpté. Celui-ci n'est pas daté.

Soit il s'agit d'un échiquier médiéval utilisé par les moines pour faire des comptes, et non pour jouer, soit il a été taillé par les habitants au XVIII° siècle, lorsque le monastère a été abandonné.

Le logis abbatial a été restaurée au XIX° siècle. Il s'agit d'une petite pièce cossue, bien plus tardive que le reste des bâtiments. Son plafond à caissons, offre un répertoire floral et animal, ainsi que et différentes scènes . Il date du XVI° siècle.

Le réfectoire est presque entièrement détruit. Seul subsiste quelques pans de mur. L'un d'eux abrite encore la chaire de lecture, du XIV° siècle, unique en France, et l'ouverture qui y menait. Cette chaire, voûtée d’une croisée d’ogives à la clé de voûte circulaire, ou­vrait sur deux salles, l’une destinée aux moines, récemment restau­rée, l’autre aux pèlerins et hôtes de l’Abbaye, toujours en ruines.

La galerie ouest abritait les caves, les greniers et les celliers de l’abbaye. Enfin, un peu à l'extérieur de l'enceinte, en empruntant un escalier on peut accéder à ces caves, taillées à même la roche, dans le grès et le poudingue, qui servaient de celliers.

C’est dans ces caves que les moines découvrirent la l'éle­vage, la vinification et la transformation du vin blanc en vin effer­vescent.


La tradition voudrait...


La tradition veut que l’abbaye de saint Hilaire soit le berceau de la Blanquette de Limoux qui est considérée comme le vin mousseux le plus ancien au monde.

Dès 1531, des écrits en attestant la fabrication, les moines élaboraient un vin pétillant qui, sans le savoir, allait connaître une renommée mondiale.

L'histoire rapporte, même, que, vers la fin du XVIe siècle, Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint Hilaire, y découvre la méthode de vinification des vins effervescents. Et, de retour dans son Abbaye d'Hautvillers, il en expérimente la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.


Trésors romans.


L'église abbatiale romane, du XII° siècle, remaniée au cours des siècles, et sa nef, depuis 1257, voûtée d'ogives à la mode go­thique, se définit en trois travées de chapiteaux retombant sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines.

Les bras du faux transept sont ordonnancés en berceau brisé ou, seule, y subsiste l'absidiole sud dépositaire d'un sarcophage sculpté au XII° siècle, en marbre blanc des Pyrénées, œuvre du mys­térieux maître de Cabestany.

Véritable et exceptionnelle, cette cuve, d’inspiration antique, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres. Elle est dédiée à Saint Sernin, sert de support à l’autel de l’absidiole sud et évoque l’arrestation, le martyre et l’ensevelisse­ment de Saint Sernin, premier évêque de Toulouse.


Le Maître de Cabestany.


Ce mystérieux sculpteur du XII° siècle, - était-il catalan, languedocien ou italien ? -, doit son nom à à un fabuleux tympan de l'assomption, seul vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany...

Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.

Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre des personnages aux corps trapus, aux mains im­menses, aux yeux proéminents, avec « une puissance et une sauva­gerie », un fabuleux tempérament, qui ne peuvent être confondues avec nul autre.

10:30 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : saint hilaire, abbaye, aude, razés, limoux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

09 août 2010

Fenouillèdes et Vallée de l'Agly : Mystères, contrastes et légendes.

Le Fenouillèdes, une région naturelle, à la beauté sauvage faite de collines calcaires peu escarpées mais très segmentées et de moyennes montagnes, se situe au nord-nord-ouest du département des Pyrénées Orientales. Comme toutes les régions estampillées « naturelles », ou pays traditionnels, ses frontières sont estompées, nébuleuses et incertaines.

Il est d'étendue limitée et possède des caractères géomorphologiques, géologiques, climatiques, hydrologiques..., faunistiques et floristiques homogènes. Par la perception et la gestion de ses terroirs spécifiques, le développement de ses paysages et son identité culturelle propre, s'associant à son particularisme physique, il s'enorgueillit d'une occupation humaine cohérente, rationnelle et, égale­ment, homogène.


Les racines historiques du Pays de Fenouillèdes.


Ce pays institutionnel a été reconnu et inventé par les géo­graphes antiques grecs et les instances consulaires romaines. En ef­fet, lorsque, sous Auguste, la Narbonnaise fut restructurée, et les contours de la Provincia Romana et, en son intérieur, celles des cités la composant furent redéfinies par le cadastre d'Orange, en 77 après J.-C. sur l'ordre de l'empereur Vespasien, apparut pour la première fois le « Pagus Fenioletensis.(1) »

Il prend également racine dans la longue histoire d'un fief féodal pérennisé par les érudits locaux et par les anciennes popula­tions rurales. Pierre, seigneur de Fenouillet, était le premier Vicomte connu de Fenouillèdes, sous domination catalano-aragonaise, pour être cité, en 1017, dans l’acte de fondation de l'évêché de Besalù(2). Auparavant, en 1011, un bulle du Pape Serge IV indique « qu’un monastère, consacré à Saint Pierre, sera établi dans le comté du Fenouillèdes, à l’intérieur du château vicomtal. »


Les racines politiques du Pays de Fenouillèdes.


Fenouillet, ayant donné nom au Fenouillèdes, était très faci­lement défendable. Deux lignes de murailles protégeaient le village surmonté du château vicomtal Saint Pierre. Le tout était renforcé par deux châteaux secondaires : Sabarda et Castel Fizel. Jusqu'à la fin du XII° siècle, Arnaud étant le dernier vicomte en ligne directe, la Vicomté de Fenouillèdes était dépendance du Comté de Besalù.

A sa mort, sa fille épousa Pierre de Saissac fils cadet d'une puissante famille de la Montagne Noire. Par jeu des alliances, le château et la vicomté entrèrent dans la mouvance des vicomtes de Narbonne. Les Saissac étant liés à la religion cathare, la vicomté étant largement ouverte à la dissidence religieuse, le catharisme atteignit, lors, le Fenouillèdes. Pour son soutien à l'hérésie, Pierre de Fenouillet fut dépossédé de ses biens au profit du Comte de Roussillon, des biens retournant, ainsi, à la couronne catalano-aragonèse.


Dès le XIII° siècle, le Pays de Fenouillèdes, terre de France.


Mais au traité de Corbeil, 11 mai 1258, le Roi de France, Louis IX se démit de ses prétentions sur la Catalogne. Parallèle­ment, le Comte-Roi de Catalogne-Aragon, Jacques I° d'Aragon, re­nonçà à certaines de ses revendications territoriales, excepté Montpellier et autres possessions d'appartenance à son épouse Marie, dans le Languedoc. La Vicomté de Fenouillèdes devint terre de France et fit sienne la langue d'Oc et, par elle, l'occitan.

Le département des Pyrénées Orientales fut créé, à la Révo­lution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 dé­cembre 1789. Il regroupa la province du Roussillon devenue fran­çaise par le traité des Pyrénées(3), 7 Novembre 1659, et une petite région du Languedoc, le Fenouillèdes.


Le Fenouillèdes, une région naturelle marquée par ses cours d'eau.


A l'est, le Fenouillèdes est délimité par la plaine du Rous­sillon et les Corbières catalanes, au nord par les Corbières audoises, à l'ouest, par le Pays de Sault et, au sud, par le Conflent. Près de Ra­bouillet et de la forêt de Boucheville, le « pays » culmine à 1356 mètres au Roc des Quarante Croix.

Terre de contrastes surprenants, il s'organise autour d'une kyrielle de micro-régions naturelles, aux paysages et aux climats va­riés. L'Agly et ses affluents ont charpenté un relief montueux et accidenté déroutant, particularisé par un enchaînement de dépressions et de grabens, de plateaux et de horsts, et de barres rocheuses verti­gineuses.


Atlas des paysages du Fenouillèdes.


Le Haut-Fenouillèdes, dont l'altitude est comprise entre 300 et 1.356 mètres, à l'ouest, est constitué de vallées peu habitées et de massifs montagneux boisés Il associe rudesse et beauté dans ses paysages. Il est délimité, au nord, par le synclinal du Fenouillèdes, à l'est, par la vallée de l'Agly et le plateau de Roupidère et, au sud, par la vallée de la Castellane. Comme en témoignent les nombreux vestiges d'architecture militaire, il est riche d'un passé tumultueux. Quelques routes sinueuses desservent les quelques villages qui se nichent soit dans les vallées : Sournia, Rabouillet, Pézilla-de-Conflent, Le Vivier, Fenouillet..., soit sur les versants : Prats-de-Sournia, Campousssy...

Le Bas-Fenouillèdes, dont l'altitude est comprise entre 60 et 800 mètres, humant les parfums de la garrigue et la fraîcheur des fo­rêts, les ravins escarpés en larges plateaux, est terre de vigne. Il est connu pour ses vins doux du terroir Maury.. Mais ici, la rocaille est toujours prête à reprendre, à l'homme, l'espace difficilement conquis aux rudes massifs quasi-désertiques. Quelques dix villages campent sur ce territoire et chacun n'excède pas aujourd'hui les 200 habitants.

S'étirant entre les gorges de l'Aude à l'ouest et la vallée du Verdouble à l'est, là est l'étonnant synclinal du Fenouillèdes. Il s'allonge sur une trentaine de kilomètres pour environ quatre kilomètres de large entre les deux échines de calcaires qui l'encadrent. Une route départementale et une ancienne voie ferrée desservent les trois villages qui l'occupent : Maury, Saint-Paul-de-Fenouillet et Caudiès-de-Fenouillet. Dans sa partie est, coule le Verdouble qui arrose une vallée, mondialement reconnue pour avoir abritée, il y a 450 000 ans, « l'homme de Tautavel ».


Notes.


(1) Pagus Fenioletensis, de « pagus », bourg, bourgade ou village, district rural ou canton, et de « feneus », de foin, le pays des foins, ou de « fenicularius », de fenouil, le pays du fenouil d'où décline le Fenouillèdes et Fenouillet.

(2) Marca hispanica sive limes hispanicus, hoc est, Geographica & historica descriptio Cataloniae, Ruscinonis, & circum jacentium po­pulorum, Pierre de Marca. - Paris 1668.

(3) Le traité des Pyrénées formalise une paix conclue entre le royaume d'Espagne et celui de France à l'issue de la guerre de Trente Ans. La France annexe, articles 42 à 60, le comté de Rous­sillon, les pays de Vallespir, de Conflent et de Capcir et 33 bourgs et villages de l'est du comté de Cerdagne.


"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

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Cerdagne en Pyrénées catalanes : Mi-Française, mi-Espagnole.

Située dans les Pyrénées axiales, la Haute Cerdagne, géogra­phiquement et historiquement, est un élément fondamental de la Cerdagne, région physique, historique, humaine et naturelle des Comtats et de la Catalogne, partagée entre l'Espagne et la France.

Géographiquement, la Cerdagne est un fossé tectonique de 40 kilomètres de long et de 5 à 9 kilomètres de large, drainé par le Sègre et ses affluents et corseté par une barrière annulaire de massifs montagneux d'élévation supérieure à 2.500 mètres.

La haute plaine cerdane, de 800 à 1.300 mètres d'altitude, cernée au sud par le re­bord septentrional du massif du Puigmal, à l'ouest et au nord par les massifs du Carlit et du Campcardos, et à l'est par la massif morai­nique du Pico Vell, se détermine au centre de la dépression.


« Meitat de França, meitat d'Espanya(1) », il n'y a point d'autre terre comme la Cerdagne.


L'entité Haute Cerdagne, ou Cerdagne française, a été engen­drée le 7 Novembre 1659 par la signature du Traité des Pyrénées, sur l'île des Faisans(2). Ce traité, formalisant la paix conclue entre le royaume d'Espagne et celui de France, a mis fin à la guerre franco-espagnole commencée en 1635. Par la Convention de Llivia du 12 Novembre 1960, le terroir cerdan a été divisé entre les deux états. Trente trois villages, implantés au nord des Pyrénées, excepté Llivia considéré comme ville, sont passés, ainsi, sous souveraineté française, les autres continuant à faire part intégrante de l'état espa­gnol.

Son territoire est le plus occidental mais aussi le plus élevé des six comarques(3) découpant, physiquement et géographiquement, la circonscription de la Catalogne française. Il est situé à l'extrémité ouest des Pyrénées Orientales, aux seuils de l'Andorre et de l'Es­pagne. Blotti au cœur de la montagne catalane, il s'ouvre, à l'est, à 1.579 mètres, au col de la Perche, véritable portail faisant communi­quer les bassins de la Têt et du Sègre, sur le Conflent et le Capcir. Par la Vallée glaciaire du Carol, au nord-ouest, après être parti à l'as­saut des 1.920 mètres de l'impressionnant Col de Puymorens, doublé par un tunnel routier, il débouche sur l'Ariège.


La Cerdagne capitale mondiale de la recherche solaire et mégapole spécialisée dans les traitements des maladies respira­toires.


Faille comblée par les dépôts continentaux oligocènes et miocènes arrachés aux montagnes, 34 à 5 millions d'années, et par les moraines glaciaires et les alluvions du Pliocène et du Pléisto­cène, 5 millions d'années à 13.000 ans, l'altiplano de Cerdagne est orienté est-ouest. Cette orientation, commune à toutes les vallées pé­rennes des Pyrénées Orientales, est en antagonisme avec celles des vallées majeures de la chaîne pyrénéenne, principalement orientées sud-est/nord-ouest.

Même si son climat est subordonné à la haute altitude et, de fait, classifié de type continental, par sa particularité géologique et l'influence méditerranéenne intercédant, la Cerdagne jouit d'un ré­gime d'exception. Peu ventée, tempéré à chaud en été, froid et sec en hiver, bénéficiant de 300 jours d'ensoleillement annuel et d'un air particulièrement pur, elle est une terre providentielle et bénie des Dieux pour les établissements médicaux spécialisés dans les mala­dies pulmonaires infantiles. En outre, c'est un site de tout premier plan pour l'implantation d'unités de recherche solaire : Fours solaires de Mont Louis et d'Odeillo et centrale à tour « Thémis » à Targa­sonne.


Le cadre agricole et naturel de la Cerdagne, un échiquier géant, rare et précieux.


Le plateau d'altitude cerdan s'étend en une dépression se pro­longeant en Espagne, par la Vallée du Sègre, et s'ordonnance en une vaste plaine encadrée par les versants abrupts et rocailleux, d'aspect sauvage, des massifs du Carlit, du Campcardos et des Puigmal. Les villages et les hameaux, entre les versants boisés et les espaces cultivés, sont historiquement implantés sur les cassures et les ruptures de pentes, rarement en bord de cours d'eau.

Sur le haut plateau cerdan, l'agriculture contribue à dessiner un étonnant échiquier agricole, rare et original, composé de pay­sages de collines, de vallons, de près et de vergers sillonnés de ruis­seaux. Ces espaces agricoles, assurant la production de fourrage, ressource indispensable à l'élevage, s’avèrent particulièrement pré­cieux. Les prairies de fauches, et les prairies irriguées, permettent de nourrir les troupeaux qui assurent l'entretien du milieu montagnard.


Le tourisme hivernal et la plaine de la Cerdagne boca­gère mitée par l'urbanisation à outrance.


Si les versants du Massif du Carlit et du Campcardos concentrent une kyrielle de paysages boisés, de reliefs agrestes et ro­cailleux et de lacs dans un espace peu accessible, les espaces ou­verts, alpins et subalpins du massif des Puigmal, sont utilisés par les éleveurs comme estives pour leurs troupeaux de chevaux, de bovins et d'ovins. Et, en hiver, cinq domaines skiables, Porte Puymorens, Font Romeu, Bolquère, Eyne et Err, font vivre les pentes enneigées et garantissent des sensations fortes.

 

Mais l'attractivité de la Cerdagne liée au tourisme de la neige a son revers de médaille à cause l'urbanisation, à outrance, grande dévoreuse des espaces agricoles. Et cette urbanisation massive a al­téré la silhouette des villages et des hameaux ainsi que les grands paysages.


Notes.


(1) Meitat de França, meitat d'Espanya : Moitié de France, moitié d'Espagne

(2) L'île des Faisans : L'île des Faisans ou île de la Conférence est une petite île, 6.820 m2, au milieu du fleuve côtier, la Bidassoa, qui forme, en ce point, la limite de la France et de l'Espagne. C'est sans doute le plus petit condominium, territoire sur lequel plusieurs puissances, généralement deux États, exercent une souveraineté conjointe, du monde.

(3) Les six comarques : Le département des Pyrénées Orientales regroupe l'ancienne province du Roussillon, (le Roussillon, la haute Cerdagne, le Conflent, le Vallespir et le Capcir originellement catalanophones), et le territoire des Fenouillèdes, seul territoire du département de culture languedocienne et de langue occitane.

 

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

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07 août 2010

La Clape, univers insulaire. Senteurs de la Méditerranée.


Entre Narbonne, Armissan, Vinassan, Fleury d'Aude, Gruis­san et la mer Méditerranée, le karst de la Clape est une ancienne île rattachée au continent, vers le XIV° siècle, consécutivement à l'ac­cumulation des dépôts alluvionnaires de l'Aude au cours de la pé­riode Quaternaire. Ses roches sont essentiellement sédimentaires : calcaires urgoniens du Crétacé inférieur et marnes. Long de 17 km et large de 8 km environ, le massif couvre 13.500 ha dont 7.500 sont protégés et 600 classés par le Conservatoire du Littoral.

A l'image de son point culminant, le Pech Redon, 214 mètres, ses sommets, très érodés, mêlent plateaux de garrigue, ver­sants boisés de pins d’Alep, falaises abruptes, éboulis et cavités ac­cueillant une flore et une faune remarquables. Au différent, ses combes et ses vallons, aux sols de terre rouge, se parent d'un man­teau de vignes souligné par des liserets de murets en pierres sèches et ponctués de quelques domaines viticoles .


Le Massif de la Clape, un site protégé et classé.


Île au temps où l'étang de Bages-Sigean n'était qu'une baie marine, le Massif karstique de la Clape est réputé pour la qualité de ses paysages. Ses falaises et ses espaces boisés, hébergeant une flore, et une faune particulièrement riches et originales, en font un point fort du littoral.

Les sauterelles « Magicienne dentelée », les libellules « Cordulie à corps fin », les papillons « Diane » et « Proser­pine », les renards, les lièvres, les blaireaux, les sangliers... mais aussi les aigles, les cigognes, les Grands Ducs et les Faucons « cré­cerelle » y côtoient l’endémique Centaurée Corymbosa, le myrte, le « sourire de Venus » des achillées mille-feuilles, l'orchis mâle et autre fumeterre...

3.000 heures d'ensoleillement, une température moyenne an­nuelle de 14° C. et des pluies faibles, irrégulières et brutales cadencent la valse des saisons agricoles intimement liées à la viticulture. Et, même si les touristes s'en plaignent, pas les vignerons, le massif de la Clape est battu, en alternance, par le Cers(1), vent du nord-ouest, violent, très sec et chaud, et par la Marinade(2), vent de sud apportant un ciel gris chargé d'embruns salés. L'un purifie l'atmosphère, le second favorise la maturation des raisins, surtout la nuit. Ainsi soumis aux vicissitudes d'un microclimat exigeant qui en fait toute son originalité et sa richesse, son milieu reste pourtant fragile et, en 1973, il a nécessité protection et classement.

 

Le Massif de la Clape, un site étrange et envoûtant.


Parfums sucrés d'une flore méditerranéenne aux douces et suaves senteurs, odyssée dans les couleurs, lumières vives et chants cymbaliens reposant des cigales, au fil des millénaires, le Massif de la Clape garde son insularité antique. Pénétrer son espace alogique et obnubilant, ses lieux étranges et envoûtants où l'homme moderne retrouve, à chacun de ses pas, la trace de ses lointains ancêtres, c'est aborder un univers particulier et subliminal.

Terre d'asile, de refuge ou d'élection, antre des aigrefins, re­paire des corsaires et des forbans, et vigie incontournable pour les marins phéniciens, mycéniens et grecs, le Massif la Clape fut habité dès le début de la Préhistoire. Des grottes-ossuraires y témoignent d’une occupation humaine du paléolithique moyen au néolithique final et des vestiges de villages néolithiques se dissimulent, entre bos­quets et arbustes, dans sa garrigue.


2.000 ans de savoir faire : Le Massif de la Clape conserve l'éclatante typicité de ses terroirs et de l'étonnante qualité de ses vins.


Il y a 2,000ans, les Romains choisirent la Massif de la Clape, site privilégié et sain en bord de mer, pour s'installer dans de somptueuses villas et y cultiver la vigne et l'olivier, ce furent les Phéniciens, les Mycéniens, les Hellènes et les Grecs, peuples de marins et de commerçants, qui, les premiers, lui octroyèrent ses lettres de noblesse. En effet, les premiers vignobles y sont attestés depuis le I° millénaire avant J.C. Et les Élysides, peuplade autochtone du Nar­bonnais négociaient leur production de vins, au VI° siècle avant J.C, avec les bateaux grecs accostant dans les criques de la « Lykia(3) ».

Sur ces mêmes emplacements se dressent, de nos jours, les seules habitations du massif, les propriétés viticoles érigées en châ­teaux, en domaines et même en abbayes. Elles perpétuent la tradi­tion et, en référence aux seuls romains, plus de 2.000 ans de savoir faire, les vignerons de la Clape, au I° siècle avant J.C., ayant bénéfi­cié les premiers du privilège de plantation que le Sénat réserva aux citoyens romains de Narbonne. Son nectar légendaire bénéficiait déjà d'une grande notoriété et s'exportait dans tout l'empire.


Des sites naturels remarquables font le renom du Massif de la Clape.


Vignes et oliveraies, plateaux de garrigue et vallées boisées, pechs et combes, intimement mêlés dans un relief tourmenté, fa­laises et éboulis, avens et grottes, ruines romaines, monuments cultuels et sites naturels remarquables font le renom de cette an­cienne île.

 

Une majorité de guides de voyage, dans un style littéraire té­légraphique qui leur est propre, évoque le Massif de la Clape comme très intéressant au point de vue de la faune, de la flore et de ses vignobles. Ils énumèrent, pour Gruissan, les lieux à ne pas man­quer : « Sur les rochers de la Clape, pittoresquement déchiquetés, le point culminant, le Coffre du Pech Redon, 214 mètres, belle vue. Ci­metière marin de Notre Dame des Ausils où l'on se rend en proces­sion le jour de Pentecôte. Grotte de la Crousade où on été décou­verts des silex taillés et des ossements des âges préhistoriques... »

Le chemin pentu qui mène à la chapelle Notre Dame des Au­zils, édifiée en 1634, est bordé de cénotaphes érigés en 1860 à la mémoire des marins gruissanais morts en mer. Chaque lundi de Pâques, les pèlerins gravissent l'allée des naufragés et déposent un brin de laurier au pied des stèles avant d'aller se recueillir dans la petite chapelle. Le gouffre de l’Œil Doux fait, lui, partie de ces lieux magiques et inattendus sis au beau milieu du massif de la clape, en pleine garrigue, ou rien ne laisse présager de trouver un endroit pa­reil. Un site bien particulier, si vous écoutez la population locale, c’est un endroit plein de mystère entouré d’histoires énigmatiques.

 

 


Notes.


(1) Le Cers : La tramontane locale en narbonnais, ici on dit aussi « le nord », vent d'ouest ou nord-ouest, souffle environ 200 jours par an à plus de 20 noeuds. Froid et porteur de pluie en hiver, chaud et sec en été, il dégage généralement bien le ciel du littoral au printemps.

(2) La Marinade : ou vent Marin, de secteur sud, sud-est à sud-ouest, souffle sur le golfe du Lion et la Provence. Humide et doux, il est accompagné de pluies et lève une mer forte. Le marin est associé à l'arrivée du front chaud d'une dépression sur la région.

(3) Lykia : la Lycie, pour les navigateurs phéniciens, l’Insula Laci des Romains, l'île d’Ellec au Moyen-Âge, le Massif de la Clape.

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