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18 septembre 2010

Collioure et le fauvisme. Été 1905, le magnétisme fauve.

A Collioure, depuis le début du XX° siècle, rien n'a changé ou presque. Le charme magnétique des couleurs opère toujours. En ces lieux, Henri Matisse a créé l'un des plus importants monuments picturaux de l'art moderne...

Le 16 mai 1905, en gare de Collioure, le train de Toulouse dépose Henri Matisse, ses valises, ses cartons, ses toiles, ses cou­leurs...


Collioure, décor de carte postale.


Pure comme un cristal de roche, la matinée s'annonce pro­metteuse. D'un large regard circulaire, l'artiste s'imprègne du spec­tacle unique du petit port catalan. La montagne, recouverte d'un vi­gnoble sculpté en terrasses, éclate d'un vert lumineux et se jette, en contrebas, dans une mer violette.

A ce décor, Collioure ajoute les tons chauds de ses maisons de pêcheurs, le schiste gris de son château royal, le jaune de ses plages et l'ocre des rochers qui affleurent à la surface de la Méditer­ranée.

Tout au long de cette journée, l'artiste contemple, avec fasci­nation, les changements de nuances. Au soleil de midi, la gamme des couleurs s'exacerbe pour s'apaiser, progressivement, le soir venu. Le charme est total.


La fascination d'un site et la naissance d'un courant pic­tural.


Henri Matisse sent-il qu'il y a, à Collioure, ce qui peut faire exploser tout ce qui est en gestation dans sa quête picturale ? Pressent-il la potentialité de ce que le critique Jean Leymarie appelle « l’accord entre un site et les préoccupations artistiques d’artistes venus y mûrir leur vision... ? »

Henri Matisse insiste auprès de son ami et complice André Derain à venir le rejoindre. Ensemble, et jusqu'à la fin de l'été 1905, ils vont peindre jusqu'à l'épuisement. Les deux artistes travaillent avec frénésie, passant par des périodes de doutes et d’exaltation, mettant en couleurs le profil du village, le clocher, le château, les fi­lets qui sèchent sur la plage, les barques qui partent, les femmes qui ravaudent…

L'un et l'autre pressentent une nouvelle manière de travailler et rompent avec l'impressionnisme et le pointillisme divisionnisme cher à Seurat et à Signac.


La plage rouge...


Matisse peint la plage de Collioure en rouge et tente de s'en expliquer : « Vous vous étonnez, sans doute de voir une plage de cette couleur ? En réalité, elle était de sable jaune. Je me rendis compte que je l'avais peinte avec du rouge... Le lendemain, j'es­sayais avec du jaune? Çà n'allait pas du tout, c'est pourquoi j'ai re­mis du rouge... »

Derain panique un instant et craint l'égarement, voire la folie. « Cette couleur m'a foutu dedans... », déclare-t-il, « Après, je me suis laissé allé à la couleur pour la couleur. J'ai perdu mes an­ciennes qualités... »

Pour les deux artistes, il n'est plus question de faire marche arrière. L'émotion dicte leurs recherches. Et la lumière ordonne leurs tableaux. « Une lumière blonde, dorée qui... », selon Derain, « sup­prime les ombres... C'est un travail affolant. »


Une collaboration féconde en utilisant « les couleurs qui sortent du tube ».


Matisse et Derain multiplient les balades. Les ruelles fraîches du quartier des pêcheurs surplombent le village et offrent de merveilleux points de vue sur le clocher de l'église Notre Dame des Anges. La jetée du faubourg aligne les couleurs chatoyantes des élé­gantes barques catalanes. La promenade, le long du château royal, permet d'observer le ballet incessant des bateaux de pêche qui rentrent au port lourdement chargés d'anchois. Sur la plage de Bora­mar, les embarcations sont hissées au moyen d'un cabestan...

Les deux artistes étudient cette activité incessante avec atten­tion : les voiles qui sèchent sur la plage, les files que les femmes raccommodent, les visages des marins qui ne comprennent rien à leur peinture et qui se permettent, même, quelques moqueries...


« Cautio liberi », le statut de l'homme libre.


 

Malgré la perplexité ambiante, Matisse entrevoit l'aboutisse­ment de leurs recherches : « Je ne cherche plus qu'à faire chanter les couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdic­tions... », avoue-t-il même, « ….Je compose, dès lors, avec mon des­sin, de façon à entrer directement dans l'arabesque et la couleur... »

Imperceptiblement, un mouvement pictural prend naissance.


Au Salon d'Automne 1905, le basculement de l'art pictu­ral vers le modernisme.


Au Salon d'Automne de 1905, dans la salle VII, placée par Plumet au cœur de l'exposition, Matisse et Derain présentent le fruit de leur travail, c'est le scandale...!

Parmi les huiles aux couleurs violentes, - un « pot de pein­ture jeté à la face du public », écrit Camille Mauclair -, trônent, dans un style très traditionnel, au milieu de la pièce, deux bustes d'Albert Marquet. La présence de ces sculptures provoquent le com­mentaire ironique de Louis Vauxcelles, critique d'art au journal Gil Blas ; « ...La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des tons purs : Donatello chez les fauves... »

Le terme fauvisme voit ainsi le jour pour la première fois.


Le chemin du fauvisme.


Que reste-t-il aujourd'hui de toute cette aventure ? Sur le plan pictural, l'œuvre est immense puisque Braque, Marquet, Dufy effectueront également le voyage de Collioure. Ils marqueront, à ja­mais, la peinture de leurs couleurs pures, violentes et lumineuses. Ces teintes n'ont évidemment pas changé et elles continuent d'inon­der Collioure de leur éclat.

Pour évoquer ces « années fauves », un « chemin du fau­visme » a été élaboré dans le village sur les traces de Matisse et de Derain. Dans les rues, au château, sur le port, des reproductions de tableaux sont exposées à l'endroit même où les peintres posèrent leur chevalet.

A travers cet itinéraire, véritable musée imaginaire, Collioure apparaît en pleine lumière. En ces débuts du XXI° siècle, la palette des couleurs est toujours ben réelle et le fauvisme encore bien per­ceptible.

 

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

16:41 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Catalanes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : collioure, côte rocheuse, fauvisme, matisse, derain, pyrénées orientales, roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

04 septembre 2010

Un séisme de magnitude 7,2 frappe sur l'île du Sud, en Nouvelle-Zélande

Un séisme de magnitude 7.4, révisé, dans un premier temps 7.2 puis 7.0, a frappé sur l'île du Sud en Nouvelle-Zélande, le 03 Septembre à 16 h 35 Temps Universel, le 04 septembre 2010 à 04 h 35 Heure Locale.

Son épicentre, latitude 43.30° Sud et longitude 172.01° Est, se situe à 3 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de Rockfold, à 4 kilomètres à l'Ouest de Wiev Hills, à 4 kilomètres au Sud-Est d'Olarama, à 7 kilomètres au Nord-Est de Springfield, à 14 kilomètres à l'Ouest d'Oxford, à 45 kilomètres à l'Ouest de Rangiora, à 57 kilomètres au Nord-Ouest de Christchurch, à 185 kilomètres au Sud de Westport, à 305 kilomètres au Nord-Nord-Est de Dunedin et à 325 kilomètres au Sud-Ouest de Wellington, capitale de la New Zélande.

Son hypocentre a été localisé à 10 kilomètres de profondeur, par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, et à 12 kilomètres de profondeur par l'United States Geological Survey.

La secousse principale n'a pas été précédée d'un séisme précurseur mais elle a été suivie de trois répliques de magnitude égale ou supérieure à 5.0, le 03 Septembre à 16 h 52 Temps Universel, latitude 43.55° Sud, longitude 172.42° Est, magnitude 5.7, hypocentre 10 kilomètres de profondeur ; le 03 Septembre à 16 h 59 Temps Universel, latitude 43.57° Sud, longitude 172.35° Est, magnitude 5.5, hypocentre 10 kilomètres de profondeur ; et le 04 Septembre à 04 h 55 Temps Universel, latitude 43.44° Sud, longitude 172.01° Est, magnitude 5.1, hypocentre 8 kilomètres de profondeur; et par une kyrielle de secousses de magnitude comprise entre 2.5 et 4.5.

Suivant les autorités locales, les dégâts seraient étendus, les destructions massives, - routes, ponts, voies de chemin de fer et bâtiments pourtant aux normes anti-sismiques -, et de nombreuses agglomérations seraient privées d'électricité et de gaz, et auraient leurs infrastructures endommagées, - réseaux électriques et de gaz, canalisations d'eau et égouts -, mais il n'y aurait pas de victime : « Nous avons été extrêmement chanceux de ne pas déplorer de décès », a déclaré John Carter ministre néo-zélandais de la Défense civile, excepté qu'à Christchurch, au moins deux personnes auraient été hospitalisées pour des blessures graves ainsi que plusieurs autres légèrement blessées. Et comme Christchurch se situe à 57 kilomètres au Sud-Est de l'épicentre, l'intensité sismique de la secousse, suivant l'échelle MMI, - echelle de Mercalli modifiee -, ne serait que de degré V, qu'en peut-il être des villes et des villages situés dans des zones d'intensité sismique MMI de degré VI, - Rolleston, Rakaia1k, Leeston, Lincoln,... -, VII, - Lake Coleridge, Burnham, Hororata, Kirwee, Courtenay, Oxford,... -, et VIII, sur l'épicentre, - Kowai Bush, Darfield, Annat, Sheffield, Bexley, Coopers Creek... - ? A leur sujet, rien ne filtre des autorités... Seul le silence est pesant...

Le tremblement de terre a été ressenti sur une grande partie de l'Ile du Sud. Et, d'après une affirmation du Centre d'alerte au tsunami pour le Pacifique il n'y aurait aucune menace de tsunami de grande ampleur bien qu'un séisme de cette magnitude pourrait provoquer un tsunami local susceptible d'entraîner des destructions dans un rayon de 100 à 150 kilomètres autour de l'épicentre.

Chaque année, le pays enregistre plus de 14.000 séismes, mais environ 150 à 200 d'entre eux sont ressentis par la population et moins de dix provoquent des dégâts. Le dernier violent séisme, dans l'île du Sud, en Nouvelle-Zélande, de magnitude 7,8, avait frappé la région du Fjiorland le 16 juillet 2009.



La Nouvelle-Zélande.


La Nouvelle-Zélande, un pays de l'Océanie, au Sud-Ouest de l'océan Pacifique, constitué de deux îles principales, l'île du Nord et l'île du Sud, et de nombreuses îles, - certaines d'entre-elles étant même assez éloignées, se délimitant près du centre de l'hémisphère maritime -, beaucoup plus petites, notamment l'île Stewart et les îles Chatham, est située à environ 2.000 kilomètres au Sud-Est de l'Australie dont elle est séparée par la Mer de Tasmanie, la Nouvelle-Zélande est très isolée géographiquement.

Au plan tectonique, la Nouvelle Zélande se situe sur un point triple localisé à l'Est des côtes Nord-Est de l'Île du Sud, à la croisée des plaques océaniques Pacifique et Kermades et de la plaque continentale Indo-Australienne. En outre, l'Île du Nord est bordée, sur ses côtes Nord, par le Bassin Sud-Fidji, sur ses côtes Nord-Nord-Est, par le Bassin de Havre et, sur ses côtes Est pas la Fosse de Kermadec, et l'Île Sud, l'est, de même, sur ses côtes Est, par le Bassin Tasman et sur son extrême côte Ouest et ses côtes Sud-Ouest, par la fosse Puységur.


La Faille Alpine.


La Faille Alpine est une faille majeure à décrochement latéral dextre, orientée Nord-Est, qui marque la frontière intra-continentale entre les plaques Indo-Australienne, à l’Ouest, et Pacifique, à l'Est. Elle fonctionne sur une longueur de 480 Kilomètres, soit sur presque toute la longueur de l'Île du Sud Néozélandaise. Elle est une limite transformante entre les plaques Pacifique et Indo-Australienne. Les Tremblements de terre; tout au long de la faille, et les mouvements de terrain associés résultantes d'un élément de convergence entre les plaques, ont permis la surrection des Alpes du Sud. La présence de cette chaîne, sur la lèvre Sud-Est de la faille démontre l’existence d’une composante compressive et coulissante, - le taux de convergence et de glissement avoisinant 30 à 36 centimètres par an dans la zone centrale, très rapide par rapport aux normes mondiales -, le long de dite faille, ce signifiant que la Faille Alpine recelle une importante composante oblique à forte inclinaison inversée par rapport à son déplacement.

Au Sud-Ouest de l'île du Sud, la faille Alpine s'aligne sur la zone de Ride de Macquarie et sur la fosse Puységur. Cette zone de convergence est caractérisée par des séismes dont les mécanismes au foyer sont de deux types: compressifs et coulissants Le domaine marin, qui s’étend au Sud-Ouest du point d’émergence en mer de la faille se singularise par le passage latéral de la transpression intra-continentale à la subduction sous-continentale très oblique, un situation géologique qui laisserait entrevoir, dans un avenir proche, la naissance d'une subduction dans ce secteur.


Le système de failles Marlborough.


De là, la faille Alpine longe la bordure Ouest des Alpes du Sud, avant de se séparer en une série de petites failles décrochantes dextres, au Nord d'Arthur's Pass, connues sous le nom système de failles Marlborough. Cette série de failles comprend :

- La branche la plus occidentale de la Faille Alpine qui sort en mer de Tasmanie sur la côte ouest de 1’Ile du Sud à l’embouchure du Milford Soun. Au Sud de cette zone, la localisation des séismes et un mécanisme au foyer composite caractérisent un plan de Benioff, penté vers le Sud-Est, atteignant 150 kilomètres de profondeur sous le massif du Fiordland, et marquant la subduction sous-continentale de la plaque Indo-Australienne sous la plaque Pacifique.

- La faille Wairau dont le point d'encrage indéterminé pourrait se situer soit au Sud de la région « The Bends », soit sur son Nord. Dans le premier cas, elle serait un segment de la Faille Alpine. Dans le cas elle serait une faille distincte, longue de 100 kilomètres. Un déplacement de 23 mètres, depuis 5.600 ans environ, a été détecté le long de la faille Wairau et l'intervalle moyen de récurrence, pour les tremblements de terre le long de dite faille si situe dans une fourchette de 1.150 à 1.400 ans, la moyenne de glissement, pour chaque événement, étant estimée à environ 6 mètres. Actuellement, la Faille Wairau, arrivant en fin de période inter-sismique, est en situation lacunaire et représente, de fait, un risque élevé de séisme de forte magnitude.

- La faille Hope, en ligne droite près de 230 kilomètres se poursuit en mer sur au moins 13 kilomètres. Elle se compose de plusieurs segments : la faille de Kelly, le Hurunui, Hope River, Conway et, vers le large, Seaward et Hanmer. Le plus récent tremblement de terre, sur la faille Hope; est le tremblement de terre de North Canterbury, du 01 Septembre 1888, la faille s'étant rompue sur l'ensemble du segment correspondant à la rivière Espérance, provoquant des décalages horizontaux dans les clôtures de ferme de 1,5 et 2,6 mètres de long. Le plus long segment, le segment de Conway, présente au moins 3 événements dont le plus récent s'est produit entre 1720-1840. Tous les segments, - tout particulièrement le segment de Conway et la Ride Jordan -, de la faille de Hope sont susceptibles de provoquer, dans un futur immédiat, des séismes d'une magnitude égale ou suppérieure à 7.5 sur l'échelle ouverte de Richter.

- La faille Awatere, longue de 175 kilomètres, est formé de deux segments principaux: la section Molesworth, au Sud-Ouest, et la section orientale, au Nord-Est, lit de la rivière Awatere. L'intervalle moyen de récurrence, pour le segment Molesworth qui s'est déplacé au moins 2 fois depuis 3.000 ans suite à des glissement d'environ 6-7 mètres, fluctue entre 820 à 950 ans. Le 16 Octobre 1848, la faille s'est rompue sur environ 105 kilomètres de long provoquant un tremblement de terre de magnitude estimée à 7.5. Au différent, le risque sismique, sur la partie Est, doit être considéré comme faible par le fait de son un intervalle de récurrence estimée entre 600 à 2.500 ans, le dernier aléa s'étant produit il y a environ 150 ans, mais... la Terre à ses mystères que l'homme ne sait décrypter...

- La faille de Clarence est la seule faille du système Marlborough à ne pas avoir de jonction certifiée avec la Faille Alpine le Sud-Ouest ni de continuation jusqu'à la côte. Elle s'étend depuis Haupiri, à proximité de la faille Alpine, jusqu'à Ward. Sa partie Sud-Ouest est constituée par les traces nombreuses failles et sa géométrie est transpressive. Elle est à l'origine du soulèvement de l'Inner Kaikoura Range. L'intervalle de récurrence des tremblements de terre se confine dans une fourchette comprise entre 2.000 et 3.500 ans. Cette faille, dextre, se serait déplacée de 76 à 80 mètres depuis la fin du Pléistocène, il y a 18.000 ans environ, entrainant des déplacements, entre chaque événement sismique, de 5 à 7 mètres. Dans sa section Nord-Est de la faute, le glissement moyen est plus élevé, environ 7 mètres et l'intervalle de récurrence y est d'environ 1.500 ans. La probabilité d'un fort séisme est à considérer comme modéré car, s'asseyant sur les données disponibles, il pourrait se produire dans les 50 ou 100 prochaines années.


Les grands séismes en Nouvelle Zélande, sur la Faille Alpine.


La faille alpine et ses ramifications du Nord, système Marlborough, ont connu de forts tremblements de terre au cours des deux derniers siècles :

- 8 Juillet 1843, Wanganui, magnitude estimée 7.0. Ce tremblement de terre qui avait atteint une intensité IX-X sur le échelle de Mercalli avait une durée de quelques minutes. Des dommages importants furent constatés. De nombreux bâtiss et une église en briques, au Pūtiki, furent détruits. Un étalement latéral de la marge de la terrasse de la rivière Whanganui se produisit et entraîna un effondrement d'une section de Shakespeare, barrant la rivière ;

- 16 Octobre 1848, Marlborough, magnitude estimée 7.5. Bien qu'il fut centré dans la vallée d' Awatere dans le district de Marlborough, île du Sud, il avait causé d'importants dommages dans la région de Wellington, et a été ressenti à partir de la Baie d'Hawke, Province de Canterbury. La première secousse s'était produite à 01 h 40, en pleine tempête et sous de fortes pluies. Le choc principal avait duré au moins deux minutes, et avait été suivi, pendant 10 minutes, par de fortes vibrations, et, entre 01 h 40 et 6 h 00 du matin, par environ 100 répliques ;

- 23 Janvier1855, Wairarapa, magnitude estimée 8.1 à 8.3, exceptionnellement important pour un tremblement de terre associée à un mouvement de faille de décrochement. Ce tremblement de terre a été associé, avec un maximum de 18 mètres et des mouvements verticaux de 6 mètres, au plus grand glissement jamais observé sur une faille. Il est aussi associée à la rupture, d'environ 150 kilomètres; de la faille de Wairarapa, causé par la multiplication de ruptures liées à la subduction de la plaque du Pacifique ;

- 01 Septembre 1888, North Canterbury, magnitude estimée 7.3 sur léchelle de richter. Le séisme, ressenti aussi de New Plymouth à Invercargill, avait frappé la région du Nord de Canterbury, à 100 kilomètres au Nord-Ouest de Christchurch et avait causé des dommages aux bâtits sur une région très étendue. Dans la région du Canterbury du Nord de nombreux bâtiments, cause à d'importants glissements de terrain, furent gravement endommagés, en particulier dans la vallée de Hope et dans le Hanmer ;

- 12 Février 1893, Nelson Nelson, magnitude estimée 6,9 ;

- 16 Novembre 1901, Cheviot, magnitude estimée 6,9 ;

- 09 Mars 1929 , Arthur's Pass , magnitude estimée 7.1. De nombreux glissements de terrain furent été déclenchés suite à la secousse principale, endommageant la voie de chemin de fer Midland et les routes. L'autoroute; reliant Canterbury à la côte Ouest, par Arthur's Pass, fut fermée pendant plusieurs mois. De nombreux réservoirs d'eau et des cheminées ont été endommagés ou renversés. Le tremblement de terre, dans la vallée de Trampers Otahake, occasionna l'effondremement, envoyant des débris à 5 kilomètres en aval ;

- 17 Juin 1929, Murchison, magnitude estimée 7,8. Bien que l'épicentre se trouva dans une zone peu peuplée, au nord de Murchison, les secousses furent suffisamment intense pour causer des dommages sur une large zone. Les villes de Nelson, Greymouth et Westport furent touchées et les routes, les bâtiments et les ponts gravement endommagés sur une superficie estimée à 26.000 kilomètres carrés. Les pires dommages résuktèrent des glissements de terrain. La secousse principale fut précédée par plusieurs secousses-précurseurs précurseur. Le tremblement de terre déclencha de nombreux glissements et craa 38 nouveaux lacs, dont le lac Stanley, dont 21 existent encore.

- 03 Février 1931, Hawke's Bay, magnitude estimée 7,8.

- 13 Février 1931, Hawke's Bay, magnitude estimée 7,3.

- 05 Mars 1934, Pahiatua, magnitude estimée 7,6 ;

- 24 Juin 1942,Wairarapa, magnitude estimée 7,2 ;

- 02 Août 1942, Wairarapa, magnitude estimée 7.0 ;

- 24 Mai 1968, Inangahua , magnitude estimée 7,1. La ville fut lourdement touchée par le tremblement de terre. L'ensemble de la population fut temporairement évacuée.

- 06 Février 1995, Est du Cap, magnitude estimée 7.0 ;

- 19 Février 2000, Dannevirke, magnitude estimée 6,1 ;

- 13 Mai 2000 Dannevirke, magnitude estimée 6,5 ;

- 22 Août 2003 Fiordland, magnitude estimée 7,1.

- 22 Novembre 2004, Fosse de Puysegur, magnitude estimée 7,2 ;

- 20 Décembre 2007 Gisborne, magnitude estimée 6,8. Un certain nombre de bâtiments dans le centre de Gisborne furent endommagés. Le quartier central des affaires fut fermé pour permettre aux inspecteurs en bâtiment d'évaluer le montant des dommages.

- 15 Juillet 2009, Fiordland, magnitude estimée 7,8. La libération d'énergie rapporté fut comparé à l'explosion de « 500 millions de tonnes de TNT, et fut 25.000 fois plus puissante que la bombe atomique larguée sur Nagasaki en 1945. » La pointe Sud-Ouest de l'île du Sud, se déplaça de 30 centimètres, Te Anau de 10 centimètres, Bluff 3 centimètres et Dunedin 10 centimètres.

Au cours des mille dernières années, il y a eu quatre ruptures majeures qui se sont produites le long de la faille Alpine provoquant tremblements de terre de magnitude estimée entre 8.0 et 8.5. Elles eurent lieu aux environs des années 1100, 1450, 1620 et 1717, à des intervalles compris entre 100 et 350 ans. Le tremblement de terre 1717 semble avoir impliqué une rupture le long de près de 400 kilomètres, en terme de globalité, sur la « notion » Sud de la Faille Alpine.


Le tremblement de terre du 0 3 septembre, 2010.


Le 3 septembre 2010, Île du Sud, le tremblement de terre paraît être le résultat d'un dérapage, au niveau des Failles Alpine et Hope, impliquant la croûte de la Plaque Pacifique, plongeant sous les collines orientales des Alpes du Sud, sur le bord occidental des Plaines de Canterbury. L'hypocentre du séisme se localise à 50 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Christchurch et à environ 80-90 kilomètres au Sud et à l'Est de l'actuelle limite, - Failles Alpine et Hope -, sous l'Île du Sud, entre les plaques Indo-Australienne et Pacifique. L'aléa sismique, bien qu'hors des marges actives des deux plaques tectoniques, reflète un déplacement latéral sur l'une des nombreuses failles régionales liées et à la Faille Andine et au système de faille de Marlborough.

 

03 septembre 2010

Sur l'île de Sumatra, Le Seulawah Agam sous haute surveillance.

 

Code 0601-02

Localisation : Latitude 5.448° Nord et Longitude 95.658° Est,

Stratovolcan, altitude 1.726 mètres, Sumatra, Indonésie.


Le niveau d'alerte du volcan Seulawah Agam, à compter du 01 Septembre 2010, à 16 h 00, de « Normal », Niveau I, vient d'être relevé « Alerte », Niveau II, « prudence recommandée », par le « Center for volcanology and disaster mitigation », suite l'augmentation notoire de la sismicité basale au cœur de l'édifice volcanique. Bien qu'il n'y ait point appel à évacuation de décrété par les autorités, des recommandations au calme, à la vigilance et au respect des instructions « Satlak PB » ont été imposées à la population, et une zone d'exclusion, dans un rayon de 3 kilomètres du cratère actif, a été prescrite.

Le Seulawah Agam, - aussi dénommé Selawajan, Selawadjanten, Selawajanten, Seulawaih Agam, Seulawain Agam, Silawaih Agam, Solawaik Agam, Solawa Agam, Goudberg et Goldberg -, est un stratovolcan situé à 40 kilomètres au Sud-Est de Banda Aceh, à la pointe Nord-Ouest de l'île de Sumatra, dans le sous-district administratif de Seulimeum, district d'Aceh Besar, province de Nanggroe Aceh Darussalam. Il s'est construit, du Pléistocène supérieur à l'Holocène, - 130.000 ans aux 10.000 dernières années -, dans la zone Sud-Est de l'ancienne caldeira, active au cours du Gélasien, - 2.588 Millions d'années à 1.806 Millions d'années -, et du Pléistocène inférieur, - 1.806 Millions d'années à 780.000 ans -, « Teuba Lam », partie sommitale du dense massif forestier de Seulawah, qui s'étend sur son Nord-Ouest, sur 15 kilomètres de large et 122 kilomètres de long, et à l'intérieur d'une, plus petite, de 6 kilomètres de large sur 8 kilomètres de long, du pléistocène Moyen, - 780.000 ans à 130.000 ans -, contenue dans la dite imposante caldeira.

Le stratovolcan Seulawah Agam, par lui-même, est un complexe volcanique regroupant une pénéplaine, des collines les unes sédimentaires, les autres basaltiques et andésitiques issues des coulées de Paléocènes du « Teuba Lam » et du « paléo-Seulawah Agam », et un cône volcanique, « Agam », formé de lave et de coulées pyroclastiques, et doté de trois cratères dont, seul, le « Cempago Tanah », cratère sommital de 600 mètres de diamètre, est facilement reconnaissable tandis que les deux autres sont entièrement recouverts d'une épaisse végétation compacte.

 

Des trois chaudrons volcaniques, le Van Heutsz, localisé à 650 mètres sur le flanc Nord-Nord-Est du volcan, possédant des champs fumerolliens, est le plus actif. Et, sur une superficie de 50 kilomètres carrés, « Tanah Simpaga », « Kuali » et « Ie Joh » sont des zones géothermiques


Raisons des séismes et du volcanisme sur l'île de Sumatra.


La plaque Indo-Australienne plonge par, subduction, sous les plaques Birmane et Sunda dites « Sundaland », considérées comme des promontoires de l'Eurasie, à une vitesse de l'ordre de 5,5 à 7,2 centimètres par an avec une direction Nord-Nord-Est. La Fosse de subduction de Java, - dénommée aussi Fosse Sunda -, à environ 150–200 kilomètres au large, longeant les côtes Ouest de Sumatra, entre la Mer d'Andaman et le Détroit de la Sonde, indiquant une convergence oblique et non perpendiculaire, est orientée Nord-Ouest.

Le glissement étant infléchi par rapport à la position de la fosse, il se produit un compartimentage du mouvement subductif. Dans un premier temps, le raccourcissement est absorbé au niveau de la fosse soumet l'île à un mouvement latéral, générant le volcanisme, qui la fracture dans toute sa longueur et, dans un second temps, le glissement est accommodé au niveau de la faille de Mentawai qui cisaille le bassin d'avant-arc « Sumatra fore arc basin », et de la grande faille de Sumatra, longeant approximativement l'arc volcanique, qui traverse l'île de Sumatra dans toute sa longueur et qui relie le bassin de la Mer d'Andaman au Détroit de la Sonde, deux domaines en expansion.

En période « normale », la fosse et les failles en arrière sont bloquées. Les plaques supérieures, Birmane et Sunda, se compriment et accumulent la déformation élastique jusqu'au jour où la déformation, devenue plus forte que la friction, une faille cède brutalement et relâche la déformation accumulée durant plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d'années.



La faille de Sumatra.


La faille de Sumatra, parallèle à la Fosse de Sunda, longue de 1.650 Kilomètres, orientée Nord-Ouest/Sud-Est, à mouvement latéral, est une faille décrochante. Son taux de décrochement varie de 2,7 à 3,2 centimètres par an, au Nord de l'île, à 0,8 à 1,4 centimètres par an en son Sud. Cette diminution de la vitesse de déplacement peut s'expliquer par la diminution de l'obliquité de la convergence.

Depuis le séisme du 26 décembre 2004, de magnitude de 9.0, révisé 9.3, sur l'échelle de Richter, le plancher marin de l'océan Indien a été ébranlé à 250 kilomètres au Sud-Ouest de Banda Aceh, modifiant les grands équilibres tectoniques de la partie occidentale du « Ring of fire », - la « Ceinture de feu » du Pacifique -, créant, en cela, des conditions favorables pour que se déclenchent, sur l'île de Sumatra, de futurs cataclysmes. Des conséquences indirectes de la rupture sous-marine de la Fosse de Sunda, à terme, doivent entraîner une réactivation de la faille de Sumatra d'autant que, d'une part, il n’y a pas eu de gros séisme sur la faille de Sumatra au Sud de Banda Aceh depuis au moins deux siècles, et que, d'autre part, les édifices volcaniques qui s'égrainent le long de cette faille, dans les provinces de Nanggroe Aceh Darussalam et de Sumatera Utara, - Sumatra du Nord -, sont en dits en sommeil ou en semi-sommeil depuis au moins 2 siècles. Et c'est sur ces terres que les autorités scientifiques attendaient, avant le 26 Décembre 2004 soit un gros séisme, soit, les caldeira de « Teuba Lam », 122 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large, explosion datée du Pléistocène Inférieur ou Moyen, - entre 1.806 Millions d'années et 130.000 ans -, et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, - indice d'explosivité volcanique -, et de « Toba », 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large, explosion datée de 73.000 ± 4.000 ans et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, étant les exemples types des super-volcans.

Dans le cadre des séismes, les contraintes accumulées au cours des décennies voire des siècles le long de la portion de faille qu'ils réactivent, sont libérées instantanément, dans toutes les directions. Celles-ci se transmettent, s’accumulent dans les failles environnantes d'autant plus si ces dernières sont proches, tout comme le sont les failles de Mantawai et de Sumatra, et les rechargent brutalement, laissant, lors, précipiter l’occurrence soit d’un futur séisme majeur sur cette faille, soit celle d'une éruption volcanique cataclysmale de type « Teuba Lam », « Toba », ou dans un passé récent, de type « Krakatau », un super volcan situé, entre les îles de Sumatra et de Java, dans le Détroit de la Sonde, explosion datée de 416 et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, et explosion datée de 1883 et estimée de magnitude 6, sur l'échelle VEI.


Le Seulawah Agam.


Le Seulawah Agam, dans cette région du Nord de l'île de Sumatra, dans un long chapelet d'édifices volcaniques s'égrainant le long de la faille de Sumatra : le Pulau Weh, un stratovolcan du Pléistocène, fumerollien ; le Peuet Sague, complexe volcanique d'âge Holocène, dernière éruption explosive les 25 et 26 Décembre 2000 ; le Geureudong, stratovolcan du Pléistocène, fumerollien ; le Bur ni Telong, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive en 1937 ; le Kembar Shield, volcan du Pléistocène, fumerollien ; le Sibayak, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive en 1881 ; le Sinabung, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive du 25 au 31 Août 2010, et en alerte volcan « Niveau 5 » ; et le Toba, caldeira et lac de caldeira, d'âge Holocène, dernière éruption explosive 73.000 ± 4.000 ans...

L'activité historique du Seulawah Agam est peu connue. Ses dernières manifestations éruptives se sont produites, en 1510 ± 10ans, une éruption explosive, phréato-magmatique ou hydrothermale, sur son versant Nord-Nord-Est, probablement le cratère Van Heutsz, estimée de magnitude 2, sur l'échelle VEI, et une éruption du cratère van Heutsz en 1839, qui serait de nature explosive et phréatique, selon le « Volcanological survey of Indonesia. » Sa plus courte pause est de 136 ans, sa plus longue de 239 ans, et la dernière éruption s'est produite en date des 12 et 13 Janvier 1839.

Ce stratovolcan est implanté non sur la faille de Sumatra mais sur une émanation de celle-ci, la faille de Lam-Bora Teuba qui connaît, depuis Avril 2010, une sismicité accrue :

- Avril 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam », et ± 66 micro-séismes ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, au nombre de ± 70 par jour. En outre 4 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 137 autres de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Mai 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 55 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 121 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 13 par jour. En outre 137 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Juin 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 53 micro-séismes ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 83 par jour. En outre 30 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 164 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Juillet 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 46 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 76 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 72 par jour. En outre 16 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 101 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Août 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 80 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 85 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 99 par jour. En outre 7 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 40 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

De Janvier à fin Août 2010, le stratovolcan a fait l'objet d'une observation visuelle et d'une surveillance intensive qui n'ont pas décelé de changements d'importance dans les phénomènes de surface. Mais le Gunung Agam Seulawah a souvent été enveloppé dans le brouillard, et, les rares moments où la montagne s'est trouvée dégagée et visible, il n'a pas été observé de fumée s'échappant du cratère sommital.

02 septembre 2010

Volcanisme en France : le Pavin encore actif... ? 2° Volet de l'Etude.

Suite de « Volcanisme en France : le Pavin encore actif...? 1° volet de l'étude. »

 

Le lac Pavin


Son âge, 4.000 ± 150 ans avant J.C., fait, de cet édifice volcanique, la toute dernière-née des bouches adventives du complexe Montchal et, son activité éruptive se combinant à celle du Puy-mère, le tout dernier cratère ayant été en activité dans les Monts d'Auvergne et la Chaîne des Puys.

Le plan d'eau du lac Pavin se situe à une altitude de 1197 mètres. Il occupe une dépression circulaire, aux parois abruptes, - découpant, dit-on, « à l'emporte pièce dans des coulées trachyandésites et pyroclastites montdoriennes, des vieux basaltes du Cézallier et des coulées basaltiques récentes du Puy de Montchal qui le domine -, de 750 mètres de diamètre pour une profondeur approchante de 93 mètres.

Il est incontestable que le Maar Pavin, par ses formes non altérées, la présence de strates basaltiques et pyroclastiques du Montchal, la profondeur de son lac et son anneau de fragments de roches magmatiques volcaniques cimentées par des cendres et des lapillis, au différent des maars des Costes et de l'Estivadoux obstrués, est l'expression d'un bâti volcanique récent, laissant sous-entendre que l'activité phréato-magmatique contemporaine de l'explosion n'a pu se produire qu'après 1.250 ± 50 ans avant J.C.

En effet, en regard des diverses coulées basaltiques émises par le Puy du Montchal, si le maar Pavin s'était formé avant 4.550 ± 150 ans avant J.C, datation de la coulée d'Ouest en Nord-Nord-Est du Puy de Montchal, il serait comblé, partiellement ou totalement. Mais ne dit-on pas que 4.000 ± 150 ans avant J.C est son âge de formation ? Qu'en penser, alors, de l'activité du Puy de Montchal n'ayant point été celle d'un volcan monogénique, et de ses coulées basaltiques Est, 2.250 ± 50 ans avant J.C., et Nord-Est, 1.250 ± 50 ans avant J.C. ? Il ne ferait aucun doute que l'édifice Pavin ressemblerait, étrangement, à ceux de l'Estivadoux et des Costes et ne serait qu'une modeste dépression de forme plus ou moins arrondie, de 600 à 750 mètres de diamètre en négatif dans la coulée montchalienne, dont le fond serait occupé par une insignifiante tourbière. Et il n'en est point ainsi.

L’explosion hydro ou phréato-magmatique du Pavin, il y a 3.150 ± 50 ans, a découpé le socle, - granites, roches métamorphiques et anciennes coulées basaltiques issues du massif du Mont-Dore et du Cézallier -, et la coulée Nord-Est, - 1.250 ± 50 ans avant J.C. -, du Montchal. Les explosions violentes du fait de la présence d’eau superficielle et de la richesse en gaz du magma trachytique, des traces de cet événement ont été retrouvés jusque dans les sédiments du lac Léman, ont créé un cratère presque parfaitement circulaire avec un diamètre de 700 à 800 mètres, occupé par un lac profond de ± 93 mètres. Les produits, un mélange hétéroclite de blocs arrachés au substrat, de granites et de gneiss, de trachyandésites montdoriens, de vieux basaltes du Cézallier et du Mont Dore et des basaltes récents du Montchal, des lapillis et une matrice cendreuse, ont été rejetés au Sud saupoudrant largement le plateau environnant. Le nuage s’est développé en une succession de déferlantes sur une aire de 15 kilomètres de long sur 7 kilomètres de large, formant une couche assez épaisse pour être conservée. Le volume de l'éruption est estimé à 75 millions de mètres cubes.


Activités récentes du Maar Pavin.


Suite aux découvertes récentes concernant l'activité du système du Pavin, attestées par les configurations et la nature des terrains, d'une part, et, d'autre part, par l'étude des coupes stratigraphiques et la datation de prélévements, réalisées par deux scientifiques, le géologue-volcanologue Pierre Lavina et l'ingénieur hydrogéologue-géotechnicien Thierry del Rosso, le débat, auprès de la communauté scientifique, est relancé sur une éventuelle menace d'éruption volcanique dans la chaîne des Puys.

Outre la confirmation, par leurs travaux, de la jeunesse du site, pour le Maar d'Estivadoux 5.250 ± 150 ans avant J.C. pour le Puy de Montchal 4.550 ± 150 ans avant J.C., et pour l'explosion phréato-magmatique du Pavin 1.150 ± 50 ans avant J.C., il n'est nullement incompatible d'admettre que des petites éruptions et des activités phréatiques, - geyser, solfatare... -, se soient produites au cours du premier millénaire de l'Ère Chrétienne. En effet, des émanations gazeuses persistent encore de nos jours, au Sud du Puy du Montchal, dans les secteurs de Pisseporc, du Creux de Soucy, de la Liste..., et des coulées de boues, dans la Vallée de la Crouze du Pavin, en amont, et se prolongeant en aval, de Besse en Chandesse, sont datées, pour certaines, de 850 ± 20 ans après J.C. et de 1.050 ± 20 ans après J.C, et, pour les plus récentes, de 1250 ± 20 ans après J.C.

 

Les archives locales, comme un trou noir dans l'histoire, sont muettes à ce sujet. Mais des centaines de villages, au Moyen-âge, ont disparu, pour des raisons inconnues, dans cette région auvergnate, un fait laissant libre cours à toutes hypothèses, - conflits, épidémies, catastrophes naturelles... - , quant à leurs tenants, dont, celle de Thierry del Rosso, « Autour de 1250, une montée des eaux du Pavin aurait ennoyé la ville emportant avec elle des maisons et leurs occupants, ce qui expliquerait pourquoi la plupart des édifices de Besse ont été bâtis après cette époque. »

En grand nombre, des ossements d’hommes et d’animaux que Pierre Boivin, chercheur au Laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand qualifie « de vestiges provenant d'un ancien cimetière ou d'une fosse », et des céramiques, datés du XIII° Siècle par les experts, ont été retrouvées dans la Vallée de la Crouze du Pavin, et des avantages rares en matière d’impôt, de commerce..., ont été accordés, en 1270, par les seigneurs de la Tour d’Auvergne, aux familles qui s’installaient autour du Lac Pavin.

A Besse-en-Chandesse, d'une part, de courtes fables occitanes, - des exampla -, témoignent de déchainements des éléments, dans un passé millénaire, et évoquent des « choses rougeoyantes », « des arbres calcinés » et « un ciel couvert de cendre », et, d'autre part, des textes régionaux, écrits sous Henri I°, font référence à « des incendies » et à « des flammes ensevelissant sous une montagne de cendres les montagnes », des écrits qui seraient étayés par la découverte, dans un lit de sable, de cendres volcaniques et de déchets organiques datés, au carbone 14, de l’an 1050.

En Auvergne, depuis les séismes du 25 Juin1477, intensité 7.5, et 01 Mars 1490, intensité 8, qui n'avaient pas été dévastateurs mais qui avaient fendu le mur de la cathédrale de Clermont Ferrand et détruit Riom, et les tremblements de terre du 18 Octobre 1833 et du 26 Août 1892, tous deux d'intensité 7, il n’y aurait pas eu de secousse très sérieuse. En cela les autorités s'assoient sur les registres tenus par Électricité de France qui entretient et surveille les quelques cinquante barrages de la région. Ces autorités considèrent que le plus violent séisme, intensité 4.5, dans les temps présents, pour la région, est celui de Riom, en 1982. Elles en oublient vite les séismes du 9 Octobre 1833, intensité 6, du 10 Février 1839, intensité 5.5, du 4 Juin 1905, intensité 5.0, du 3 Octobre 1920, intensité 5.0, du 14 Août 1935 , intensité 5.0, du 24 Octobre 1981, intensité 4.0, du 25 Mars 1957, intensité 5.5, etc... etc..., dont nombre d'entre eux ont occasionné, au cours du dernier millénaire, d'importants glissements de terrain.


Le Puy de Montcineyre.


Le Puy de Montcineyre, situé 4 kilomètres au Sud du Montchal, est un édifice volcanique, de type strombolien, basaltique, aux trois cratères intacts. Il a émis au moins une coulée de lave aa répertoriée, - en Auvergnat, cheyre scoriacée -, et au plus six coulées empilées les unes sur les autres, séparées par des couches de cendres et de pouzzolanes, qui se sont toutes épanchées dans la vallée, au Sud-Est du volcan, la plus longue comptant 7 kilomètres et dévalant sur Compains avant de s'étaler dans l'auge glaciaire aux flancs abrupts et à fond plat de la Couze de Valbeleix jusqu'au Verdier.

Ces coulées semblent sortir sous la masse vacuolaire du cône sommital. Généralement, elles sont considérées comme étant plus anciennes que l'âge attribué au volcan proprement dit, donc résultant d'émissions laviques basaltiques produites par d'autres édifices volcaniques circonvoisins, dans le cas typique du Puy du Montcineyre, les Monts Dore et Cézallier. En réalité, lors d’une éruption, une séparation naturelle des phases apparaît. Les gaz, légers, entraînant des paquets de lave, montent haut jusqu’à la gueule du cratère et distribuent, aux alentours, les projections et les scories qui construisent le cône. Dans le même temps, la lave liquide, dégazéifiée, plus lourde, s'écoule dès la surface du sol atteinte, sans pouvoir accéder à des parties plus hautes.

L’étude de la succession de ces épanchements, recouverts par des cendres et des ponces du Pavin datées de 1.150 ± 50 ans avant J.C., a été facilitée par une coupe stratigraphique apparaissant au bord d'un chemin forestier tracé dans le bois de Montcineyre, à ± 500 mètres au Sud-Est des cratères jumeaux situés sur le flanc Sud-Sud-Est du Puy du Montcineyre. Des ossements de bovidés furent découverts sous une de ces coulées, démontrant leur âge assez récent. Il se peut en convenir que l'activité volcanique du Puy du Montcineyre s'est déroulée, sur une période d'environ 1.000 ans, entre 4.750 ± 150 ans avant J.C., première émission de lave, et 3.550 ± 100 ans avant J.C.


Le complexe volcanique de Montcineyre.


Au différent du complexe Montchal regroupé autour d'un cratère principal, le complexe Montcineyre s'ordonne et s'organise autour du Puy de Montcineyre, de ses trois cratères et de son maar de même nom, excentrés, dans un rayon de 1 à 3 kilomètres de longueur.

Trois puys y sont bien définis comme édifices volcaniques monogéniques, les Puys Montcey, de la Vaisse et Ferrand mais nombres d'autres le sont plus difficilement car leurs cratères, comme à la Griffe, au Jansenet, Fontlonges, la Montagnoune, Montasillat..., sont comblés par les nuées de cendres et de lapillis des Puys Montchal et Montcineyre et des maars qui y sont adjoints.


Le lac de Montcineyre


Situé à 1.182 m d'altitude, le lac de Montcineyre, en forme de croissant, d'une profondeur de 18 mètres environ et d'une superficie de 40 hectares, est un lac d’origine volcanique mais tout simplement déclassé en lac de barrage aux motifs que le cône strombolien du Montcineyre aurait barré une large dépression et le cours d'une rivière. Mais comment expliquer la présence, au fond du dit lac, de deux petites cuvettes elliptiques si celles-ci ne soient point être résultante de deux petites explosions phréato-magmatiques ?

Un tel indice, deux cratères d'explosion au fond d'un lac, laisse augurer d'un probable maar, en ce lieu, qui aurait fonctionné durant la période d'activité du Puy de Montcineyre et qui aurait été partiellement comblé, lors de la formation et l'élévation du cône, par la dernière éruption du cratère sommital, 3.550 ± 100 ans avant J.C, d'autant que le volcan-mère est doté de trois cratères, un sommital et deux, jumeaux, un peu excentrés sur le flanc Sud-Est de l'édifice volcanique. Il n'en est point, non plus, à en oublier :

- que, d'une part, le Montcineyre, - du moins ses trois cratères -, a émis au moins six coulées, toutes dirigées sur son Sud-Est, et que, d'autre part, le Puy Ferrand se dresse à 500 mètres, à l'Ouest du dit lac ;

- que le Montcineyre, - et pourquoi pas le maar du lac de Montcineyre -, a saupoudré toute la région, dans un rayon de 30 kilomètres, principalement sur son Nord-Est, de fragments de roches magmatiques volcaniques, de lapillis et de cendres, cette nappe atteignant jusqu'à 10 à 12 mètres d'épaisseur au pied du volcan où elle y est, même, sur son Est, exploitée en carrière.


A suivre : 3° volet de l'étude, « Le complexe Montchal-Pavin-Montcineyre ou la menace d'une éruption ? »

 
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