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30 novembre 2010

L’homme de Tautavel... I.

La Caune de l'Arago, à Tautavel, est souvent comparée à un grand livre d'histoire, un livre d'humanité, de l'humanité à ses racines, où les pages s'effeuillent, une à une, et s'effacent, irrémédiablement, lors de chaque fouille programmée.

« Le front bas, le menton effacé, le regard abrité sous des arcades proéminentes, la démarche balourde malgré une taille qui approchait 1 mètre 60... il n’aurait pas déparé parmi les figurants de La planète des singes »(1), telle est l'une des descriptions réductrice, parmi tant d'autres publiées sur sa personne simiesque, - ou voulue telle -, de celui qui fut, durant 23 ans, considéré comme le plus vieil européen, âgé de 450.000 ans, l'homo érectus tautavelensis exhumé de la Caune de l'Arago, Pyrénées Orientales, le 21 Juillet 1971. Il n'a été détrôné de cet honneur, qu'en l'an 1994, par l'Homo antecessor, une espèce définie à partir de 86 fragments osseux correspondant au moins à six individus, dont le maxillaire et le frontal d’un enfant âgé d'environ 10 ans, - 780.000 ans -, découverts en Espagne, à Atapuerca(2), dans le gisement de la Gran Dolina. Et, en l'an 2000, un Homo ergaster-erectus georgicus, - l’homme qui travaille droit -, découvert sur le site de Dmanisi, en Géorgie, et daté de 1,8 million d'années, posant la question idoine de la présence d'humanoïdes autochtones, en contradiction avec la thèse émise d'une colonisation pré-humaine de l'Europe par des hominidés venus d'Afrique en transitant par l'Asie, les a supplanté dans l'antériorité.

L’homme de Tautavel : hominidé anténéanderthalien ou Homo Heidelbergensis ?


Les restes, plus de 120 fragments mis à jour, de cet hominien tautavellois font toujours l'objet, - polémique stérile, sans nul doute, entre scientifiques impudents, infatués et arrogants, assoiffés jusqu'à l'ivresse de notoriété, de succès dans leur travail et de reconnaissance par la société - de deux interprétations différentes assises, l'une et l'autre, sur le système de classification des êtres vivants essentiellement basé sur les rapports de proximité évolutive entre espèces, la phylogénétique. Pour le préhistorien Henry de Lumley et son équipe, il correspond à une forme européenne d'Homo erectus, la raison pour laquelle le nom d'Homo erectus tautavelensis a été suggéré(3). En cela, pour ses inventeurs, il s'agirait d'un hominidé anténéanderthalien, devancier, sur le sol européen, bien que n'ayant pas nécessairement de lien de parenté avec lui, de l'Homme de Néanderthal. Pour les opposants à cet appellatif binominal d'espèce, il circonviendrait de le classifier dans le genre pré-Néanderthalien ancien, ancêtre direct d’Homo neanderthalensis. Ainsi, tout comme la mandibule de Mauer, - 600.000 ans - , découverte en Allemagne, en 1907, dans une sablière près de Heidelberg, ou le crâne de Petralona, du Mindélien supérieur, - 650.000 à 450.000 ans -, mais étonnamment daté de 200.000 ans, exhumé en 1982 en Grèce, le crâne Arago XXI, devrait alors être considéré comme un représentant de la très controversée espèce, l'Homo Heidelbergensis.

En toute certitude, sur le plan paléontologique, la grotte de l’Homme de Tautavel est, avec le gisement de Sima de los Huesos, - la grotte des os à Atapuerca en Espagne -, sans conteste aucune pour les sommités scientifiques, l'un des plus importants gisements préhistoriques du monde.


La Caune de l'Arago.


Située en surplomb des gorges de Gouleyrous, la Caune de l'Arago, l’une des plus grandes cavités karstiques du Sud des Corbières, véritable nid d'aigle, domine, d’une centaine de mètres, les vallées de Tautavel-Vingrau et de l'Agly, et offre une vue imprenable sur le Rivesaltais, la Salanque et la plaine du Roussillon. Pour les chasseurs de la préhistoire, c'était un poste d'observation idéal, privilégié et stratégique qui leur permettait de surveiller, en toute sécurité, les déplacements du gibier et des troupeaux aussi loin que pouvait porter leur vue sur les landes et le piémont pyrénéen à l'horizon. En outre, le Verdouble, coulant en contrebas, le point d'eau attirait les animaux qui venaient s'y abreuver apportant profit aux hommes. Ceux-ci ne devaient point se priver d'une telle manne en nourriture, - des herbivores : Bouquetin, Cerf, Mouflon, Thar, Daim, Bœuf musqué, Bison, Cerf, Renne, Éléphant, Cheval et Rhinocéros ; mais aussi des carnivores : Ours, Loup... -, tenue à portée immédiate de leurs armes de chasse précaires.


En références aux outils lithiques découverts sur le site, - racloirs, grattoirs, pointes, choppers, chopping-tools et quelques bifaces -, peuvent laisser à penser que l'Homo tautavellensis était un hominidé peu évolué, l'homme moderne se trompe peut être sur les capacités réelles qui animaient ces hommes antédiluviens. N'a-r-il point été découvert, taillé de main d'homme, proche de l'entrée de la grotte, un passage en degrés qui permet d'accéder facilement sur le plateau situé au dessus de la grotte ? Qu'en serait-il réellement ? Ne serions-nous pas dans l'erreur ? Et ne dévaloriserions-nous pas nos antécesseurs par nos clichés proformatés ?


La découverte de la Caune de l'Arago.


Cette grotte a été connue de tous temps mais elle n'a pas été, après la Paléolithique(5), située trop haut dans la falaise et n'ayant, de ce fait, pas pu servir d'abri aux bergers ni de lieu de surveillance aux militaires, tout particulièrement habitée. Au différent, depuis le XIX° siècle elle a acquis un intérêt paléontologique. Dès 1828, elle a été étudiée par Pierre Marcel Toussaint de Serres, géologue et naturaliste montpelliérain, qui y avait découvert des ossements d'animaux qu'il qualifiait « d'antédiluviens. » En 1948, Jean Abelanet, archéologue catalan, y entreprend des recherches qui lui ont permis de mettre à jour des industries lithiques datées du Paléolithique moyen. Et, à partir de 1964, sous la direction d'Henry de Lumley, elle fait l'objet de fouilles systématiques et méthodiques qui mènent, en 1971, à la mise à jour des restes, datés de 450 000 ans, de l'un des plus anciens européens


Raymond Matabosch.


Notes :


(1) Jean-Philippe Mestri : « L’homme de Tautavel rajeuni », Le Progrès, Vendredi 31 août 2001.
(2) Atapuerca est une petite commune de 200 habitants située au nord de l’Espagne, dans la province de Burgos
(3) Marie-Antoinette de Lumley, 1982. « L'homme de Tautavel. Critères morphologiques et stade évolutif », dans « Datations absolues et analyses isotopiques en préhistoire, méthodes et limites. »

Henry de Lumley et Jacques Labeyrie, Colloque international du CNRS, Tautavel, 22-29 juin 1981, pp. 259-264

Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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Le volcan Merapi sur l'île de Java...

Code 0603-25

Localisation : Latitude 7.542° Sud et Longitude 110.442° Est,

Stratovolcan, altitude 2.968 mètres, Java, Indonésie.

 


Grande effervescence, mardi 26 Octobre 2010, dans toutes les rédactions, presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. Pour toutes, et hors toute réalité volcanologique, une constatation évidente et un amalgame de mauvais aloi : Faisant suite au séisme, magnitude 7.7, du lundi 25 qui avait frappé les îles des Mentawai et généré un tsunami au bilan humain significatif avec 413 morts et des centaines de disparus, « le volcan Merapi, l'un des plus actifs et dès plus dangereux au monde, situé à 26 kilomètres de la ville de Yogyakarta, dans le centre de l'île de Java, est entré en éruption, expulsant, à trois reprises, à plus de 1,5 kilomètres d'altitude, des matériaux incandescents, des nuages de gaz, des cendres et de fumées toxiques, des nuées ardentes et de la lave sous forme de coulées pyroclastiques(1), au lendemain de l'ordre d'évacuation édictée aux 19.000 habitants vivant sur ses flancs. »


 

Le volcan Merapi.

 

Le Gunung Merapi, la « montagne de feu », est un stratovolcan indonésien, situé sur l'île de Java. A moins de 30 kilomètres au Nord de la ville de Yogyakarta, il érige, dominant une des régions le plus densément peuplées du monde, son cône presque parfait. Il culmine à 2.911 ou 2.968 mètres au-dessus des forêts, des rizières et des champs. Ses pentes abruptes, entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs Est et Nord, sont couronnées par un dôme de lave.


Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord-Nord-Ouest qui regroupe le Gunung Ungaran, - ou Oengaran -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo ; - ou Telomojo -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, - ou Merbaboe -, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le kajor et le Kopeng ; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko.

 

Le volcan Old Merapi ou proto-Merapi.

 

Au cours du Pléistocène, - 2,5 Millions d'années à -11.000 ans -, très probablement dès le Pleistocène inférieur, - de -1.8 Millions d'années à -780.000 ans - le Old Merapi, - ou proto-Merapi -, a commencé à s'édifier et a perpétué son activité jusqu'au début du 2° Siècle après J.C. Durant l'Holocène, - de -11.000 à -1.800 ans -, et le premier millénaire de l'Antropocène, - de -1.800 ans à nos jours - de nombreuses éruptions explosives avec coulées pyroclastiques, déterminées comme émanant, majoritairement, du cratère central et, accessoirement, de cônes secondaires tels le Bakalan, le Ngrangkah ou le Tegalsruni, datées par la technique du radiocarbone, y sont attestées suite à des études réalisées sur les rares coulées basalto-andésitiques, les flux pyroclastiques et les dépôts de lahars attenants à cette période. Les manifestations les plus significatives se sont produites en -8780 ± 150 ans, -7310 ± 300 ans, -4690 ± 75 ans, -2910 ± 150 ans, -1890, -1770 ± 75 ans, -1410 ± 50 ans, -1180 ± 75 ans, -1010 ± 200 ans, -700 ± 150 ans, -340 ± 500 ans, 20 ± 300 ans et 120 ± 75 ans. Ainsi il peut s'en convenir que le Old Merapi était un édifice volcanique très actif.


Mais en l'an 120 ± 75 ans, une éruption explosive d'une extrême violence, déterminée dans le cratère central, d'indice d'explosivité volcanique 6-7(2), - VEI – de type au moins Plinien voire Plinien-Ultra-Plinien, déclenchant un flux pyroclastique composé, d'une part de gaz, de cendres et de débris de roches qui s'étaient élevés à plusieurs kilomètres d'altitude qui, en retombant, avait recouvert des centaines de kilomètres carrés, d'autre part, de nuées ardentes qui dévalèrent les pentes et détruisirent tout sur leur passage, et, enfin, les étendues d'ignimbrites. Concomitammant, son cône se désintégra, créant une caldeira monumentale, ce qui provoqua une avalanche de matériaux qui ensevelit toute la région sous de dizaines de mètres de débris.

 

Tout comme l'actuel Merapi, le Old Merapi était un volcan gris.

 

Un volcan gris se situe, généralement, à l'aplomb d'une zone de subduction ou de subduction-collision, telles celles qui existent tout autour de l'Océan Pacifique, - le Pacific Ring of fire ou Ceinture de Feu du Pacifique -, en Méditerranée, aux Antilles, etc... Ces édifices volcaniques sont de type explosif et émettent des laves visqueuses généralement basalto-andésitiques. Ces émissions laviques ne s'épanchent que très rarement en coulées, et s'il s'en produit celles-ci sont de faible longueur et de peu d'ampleur. Au différent, les laves s'accumulent au point de sortie et forment soit une aiguille soit un dôme de lave plus ou moins instable qui, sous le poids incommensurable de la masse amoncelée, s'effondre ou explose en partie, voire en totalité.


Et c'est sur ce type de volcan que se génèrent, en terme d'Indice d'explosivité volcanique, les plus fortes éruptions. Au cours d'un événement paroxysmal, - VEI 5 -, ou colossal, - VEI 6 à 8 -, l'édifice, en son entier, peut être totalement néantisé, entraîner, violemment et rapidement, la dispersion de la partie supérieure de la chambre magmatique, et provoquer l'effondrement de la croûte terrestre, donnant, alors, naissance à une caldeira souvent gigantesque. Une telle explosion, il y a environ 73.000 ans, fut à l'origine de la formation du lac Toba, - 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large -, sur l'île de Sumatra, 2.800 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques éjectés. Plusieurs successives, vers -2.1 millions d'années, une caldeira de 95 kilomètres de long et 60 kilomètres de large, 2.500 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , vers -1.3 millions d'années et une caldeira de seize kilomètres de diamètre, 280 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques, et vers -640.000 ans, une caldeira de 85 kilomètres de long sur 45 kilomètres de large, 1.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , sont à l'origine de la super caldeira du « supervolcan endormi de Yellowstone », Wyoming, aux États-Unis. Et, plus proche de nous, le volcan Krakatoa, - ou Krakatau -, surtout connu pour son explosion du 27 août 1883, une des plus violentes de mémoire d'homme, qui tua plusieurs dizaines de milliers de personnes et engendra un tsunami dont les vagues furent alors perceptibles jusqu'en Europe, faisant suite à l'éruption explosive de 535, d'une puissance d’environ 400 mégatonnes de TNT - soit 2000 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima -, qui aurait laissé une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, l’actuel détroit séparant les deux îles de Java et Sumatra, et au coeur de laquelle est né, entre les anciens cônes du Krakatau, de Perboewatan et de Danan, en 1927, lors d'une éruption surtseyenne avec des propulsions de blocs à plus de 1.200 mètres d'altitude, l'Anak Krakatau.


Il ne faut pas en oublier, le Lac Taupo, sur Île du Nord, en Nouvelle-Zélande, et l'éruption d'Oruanui il y a 26.500 ans environ, 1.170 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques ; la Caldeira La Garita, Colorado, aux États-Unis, - 27,8 millions d'années, 5.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques - ; les Caldeira d'Aira et d'Aso, Kyūshū, au Japon ; la Caldeira du Duomo, le 24 Août79, à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, et le Champs Phlégréens, Campanie, en Italie, un zone toujours active avec un soulèvement du sol de 2 mètres depuis 1970 ; le Laacher See, Rhénanie-Palatinat, en Allemagne ; la Caldeira Kikai, îles Ryūkyū, au Japon ; la Caldeira de Long Valley, Californie, aux États-Unis qui, avec 30 kilomètres de long sur 18 kilomètres de large, est l'une des plus grandes et dont l'activité sismique, - séisme de magnitude 6 en 1998 -, volcanique, - dégazage de 133 tonnes de gaz carbonique par jour avec disparition de la végétation et déformation du sol de 10 centimètres par an -, et hydrothermale y est importante depuis 1980 ; la Caldeira de Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; la Valle Grande, Nouveau-Mexique, aux États-Unis.... et, en France métropolitaine, l'immense volcan du Cantal, implanté dans une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, qui s'est formé, -13 millions d'années, suite à une telle explosion...

 

Le volcan Young Merapi.

 

L'activité du Old Merapi s'est achevée, il y a environ 2.000 ans, vers l'an 120 ± 75 ans, avec l'explosion et l'effondrement de l'édifice majeur donnant forme à une caldeira sur le bord de laquelle se situait le volcan de Batulawang, un volcan plus ancien et fort érodé.

C'est au Sud-ouest de cette caldeira, morphologiquement une grande dépression en forme de fer à cheval, qu'entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, le Young Merapi, - ou Nouveau Merapi -, prenait naissance et, la comblant rapidement, asseyait la croissance de son cône aux pentes raides, abruptes et escarpées. En lui-même, le Mérapi est un volcan complexe. Stratovolcan aux colères meurtrières, aux catastrophiques avalanches gravitaires et aux terribles nuées ardentes, accompagnées de séismes caractéristiques et de déformations importantes au sommet, avec un rythme d'éruption tous les deux à quatre ans, tout un ensemble d'édifices éruptif le complète : cônes du stratovolcan Merapi Batuwalang culminant à 2.551 mètres, du Gunung Bibi, 2.025 mètres,du Gunung Plawangan, 1.275 mètres, et du Gunung Turgo, 1.250 mètres ; cratère fissural du Pasarbubar ; dôme Batang, 2.600 mètres ; et bouches fumerolliennes et thermales Kawah Gendal et Kawah Woro.

Depuis des décennies, voire depuis des millénaires, tout comme ce l'était pour son prédécesseur le Old Merapi, son cratère sommital est engorgé par un dôme de lave basalto-andésitique et andésitique à forte teneur teneur pondérale en silice, riche en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, - hornblende brune, pyroxènes... -, pâteuse et de couleur gris-noir à noir, un dôme qui, tout comme un sporophore, pousse sans relâche. Sous le poids de la masse créant des brèches impressionnantes dans l'édifice instable, régulièrement, le dôme branle, chancelle, bascule et culbute dans le vide générant des avalanches incandescentes spectaculaires et, parfois, de monstrueuses et redoutables nuées ardentes qui dévalent les pentes du Merapi et détruisent tout sur leur passage. Les plus de 400.000 habitants vivant sur les flancs de la Montagne de feu, et à ses pieds, en connaissent les risques et les acceptent. Cette épée de Damoclés, suspendue au-dessus de leur tête, est, en quelque sorte, leur prix à payer pour pouvoir profiter de la fertilité des sols nourris par les cendres volcaniques émises épisodiquement par le volcan considéré, par les javanais, comme un lieu sacré demeure des maîtres spirituels protégeant le royaume.

 

L'activité du Volcan Young Merapi.

 

Depuis le début de son édification, entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, et les temps présents, le Young Merapi a connu 87 éruptions explosives, toutes, exceptées celle de 410 ± 150 ans évent Plalangan, 940 ± 100 ans évent Selo, 1230 ± 200 ans évent Deles, 1380 ± 300 ans et 1480 ± 300 ans évent Sambisari, 2 Septembre 1846 sommet et flanc Sud-Est, 26 Janvier 1906 ± 5 jours sommet et flanc Est, 01 février 1909 Ouest du dôme de lave, et 12 Janvier 1967 brèche supérieure du dôme Batang, de type cratère central, dont 81 attestées scientifiquement, 5 incertaines et une, en 1006, bien que mentionnée au titre de « mahapralaya », - grande catastrophe -, sur la Pierre de Calcutta(3), discréditée et invalidée par les volcanologues.


Mais depuis le 8 Janvier 1548, première éruption explosive centrée sur la partie sommitale de l'édifice, avec coulées pyroclastiques, observée par des européens, 68 jaillissements volcaniques se sont produits dont 26 concernent le XX° Siècle et le début du XXI°.

Ces derniers se répartissent ainsi :

- 5 éruptions explosives du cratère sommital : le 19 Mai 2008, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Janvier 1971 au 26 Juillet 1971, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Septembre 1923 à Novembre 1923, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; en 1908, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; le 03 Février 1903, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 2 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques et extrusion du dôme de lave : le 10 Septembre 1924, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 28 Mars 1915 au 15 Mai 1915, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 9 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars : du 20 Janvier 1992 au 19 Octobre 2002, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes ; du 29 septembre 1948 à Décembre 1948, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1 million de mètres cubes ; 30 Mai 1942 à Mai 1945, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 million de mètres cubes ; du 13 Décembre 1939 à Septembre1940, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ; du 01 Octobre 1933 à Avril 1935, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ; en Novembre 1932, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 18 Février 1922 au 08 Août 1922, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1million de mètres cubes ; du 01 Février 1909 à Mai 1913, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 8 millions de mètres cubes ; de Janvier 1905 au 01 Juin 1905, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;


- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : de mars 2006 au 09 Août 2007, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ;

- 6 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 10 Octobre 1986 à Août 1990, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 6,8 millions de mètres cubes, 60 victimes recensées ; du 11 Avril 1961 au 28 Novembre 1961, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions mètres cubes ; du 3 Mars 1953 à Décembre 1958, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 9,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 15 millions de mètres cubes, 54 victimes recensées ; du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées ; du 25 Juillet 1920 à Février 1921, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de tephra supérieur à 900 mètres cubes ; de Décembre 1902 au 20 Juin 1904, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 million de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, avalanche de matériaux volcaniques, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 06 Octobre 1972 à Mars 1985, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 2,1 millions de mètres cubes, 26 victimes recensées ;

- 1 éruption explosive dans le cratère fissural du Batang, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 12 Janvier 1967 à 1970, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive au sommet et sur le flanc oriental, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 26 Janvier 1906 au 17 Février 1907, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2 , volume de lave supérieur à 10 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 5 millions de mètres cubes.

En cela le Young Merapi est considéré comme le volcan le plus actif et le plus meurtrier, au plan historique, d'Indonésie. Aussi est-il l'objet d'un contrôle continu et permanent par le Merapi Volcano Observatory, - le MVO ou Observatoire Volcanologique du Merapi -.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010 est-elle dépendante du séisme ayant frappé les Îles des Mentawaï ?

 

« Indonésie : Éruption du volcan Merapi après le séisme de Sumatra... Le volcan indonésien Merapi, situé sur l'île de Java, est entré en éruption mardi, quelques heures seulement après un séisme de magnitude 7,7 qui a déclenché un tsunami faisant au moins 413 morts et des centaines de disparus sur la côte de Sumatra... », ainsi s'exprimaient, en termes plus ou moins semblables, dès le 26 Octobre, tous les médias... et colportaient le fait controuvé que l'éruption volcanique était, tout comme pour le tsunami, la résultante du séisme...


Certes les Îles des Mentawaï se situent dans l'Océan Indien, au large des côtes Ouest de Sumatra, en Indonésie, et le séisme du 25 Octobre 2010, magnitude 7.7, se localise au Nord-Est de la Fosse de la Sunda, sur le Mentawaï Ridge, profondeur 20 Kilomètres s'incisant sur le plan de Wadati-Benioff(4) ; le volcan Merapi, se situe sur l'Île de Java, en Indonésie, à l'Est de la dite Fosse de la Sunda, à quelques 300 kilomètres de celle-ci, et, à ce niveau, la profondeur du Plan de Wadati-Benioff est estimée à 170 kilomètres. Mais le Merapi se circonscrit à plus de 1.000 kilomètres au Sud-Est des Îles des Mentawaï et de l'épicentre du séisme sus-cité.

Certes le Merapi fait partie intégrante de l'Arc volcanique de la Sunda, un arc s'étendant sur plus de 2.000 kilomètres, - les Îles de Sumatra, de Java, de Bali, Lombok, Sumbawa, Flores -, et, tout comme les Îles des Mentawaï, partie intégrante de l'avant-arc, - une chaîne de reliefs composée de 131 îles, îlots et rochers séparés de l'Île de Sumatra par le détroit de Mentawaï. Les principales îles en sont les Îles Simeulue, Nias, Batu et Mentawaï. Cette chaîne ressurgit plus à l'est pour former les chaînes montagneuses de Sumba et du Timor -, il se situe en surplomb de la convergence de deux plaques tectoniques, la plaque Indo-Australienne subductant sous celle de la Sunda qui porte le plateau continental englobant les Îles de Sumatra et de Java, et le plateau océanique de Nias supportant l'avant-arc. Mais, à la différence du plateau continental de la Sunda possédant toutes les propriétés d'un continent, - lithologie acide, forte épaisseur de la croûte continentale, histoire géologique -, le plateau océanique de Nias, quasi-inexistant à l'ouest de l'île de Sumatra, - dans la zone de subduction ou la plaque océanique plonge sous la croûte continentale - , est, de plus, en conflit avec le plateau asiatique sous lequel il s'enfonce à la vitesse de 5,2 centimètres par an. En outre, au différent de l'Île de Java, le plateau océanique de Nias est incluse dans un système orogénique.


Certes, les Îles des Mentawai et les Îles de Sumatra et de Java se situent dans une zone sismique et volcanique sensible où les subductions s'y succèdent depuis le Dévonien, - période dominée par la formation du super-continent Gondwana dans l'hémisphère Sud, l'ensemble des océans étant en phase de fermeture -, le Carbonifère et le Permien, - système géologique où toutes les masses de terre, à l'exception d'une portion de l'Asie du Sud-Est, se sont agglomérées en un seul super-continent appelé Pangée. - Mais si la convergence, au niveau des Îles des Mentawaï, à une vitesse de 5,9 centimètres par an, se réalise dans un axe Sud-Ouest/Nord-Est, celle-ci est quasi frontale, vitesse de 6,5 centimètres par an, au niveau de l'Île de Java.


 

Les prémices de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Dès le 22 septembre 2010, le Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - le C.V.G.H.M. -, et le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi, - le P.V.M.B.G. -, avertissent que la sismicité, autour et dans l'édifice du Young Merapi, décelée depuis le début du mois de Septembre, tant dans la fréquence des secousses que dans leur magnitude, est en constante progression. Des observateurs postés, certains à Babadan, 7 kilomètres à l'Ouest de l'édifice volcanique, d'autres à Kaliurang, 8 kilomètres au Sud, signalent, le 12 Septembre, avoir entendu le grondement sourd d'une avalanche de matériaux volcaniques dévaler les flancs du volcan. Mais difficile en est d'en déterminer l'origine : celle-ci avait-elle était provoquée par un séisme dont l'hypocentre se serait situé dans la corps du bâti vulcanien ? Ou par une poussée du magma andésitique engorgeant la sortie du cratère ? Des questions auxquelles il est inadéquat, les deux hypothèses pouvant s'avérer plausibles, d'y répondre.


En effet si la sismicité est croissante, l'inflation du dôme de lave, découverte dès le mois de Mars, est, parallèlement, en accroissement au niveau basal. Cette inflation varie entre 0,1 et 0,3 millimètres jours et, inéluctablement, presse sur le dôme en lui-même, fragilisant le haut de l'édifice, créant des fissures sur ses bords, le rendant, de fait, instable et branlant. Conséquence directe, laissant à penser à un éboulement sommital partiel, le 13 septembre 2010, des plumes, composées de gaz et de matériaux volatiles, de couleur, pâle sont aperçues s'élevant, en une colonne de 800 mètres de hauteur, au-dessus du cratère. Bien plus, le 16 Septembre, sous une grosse poussée magmatique, l'inflation croît, brutalement, de 11 millimètres.

A partir du 19 Septembre jusqu'à la fin du dit mois, et tout le long de celui d'Octobre, la fréquence des tremblements de terre, en alternance avec des plumes volcaniques qui s'échappent du sommet du cratère, un dégazage permanent et une inflation galopante, atteignant des niveaux de 8,5 centimètres jour, du dôme de lave, est en continuelle augmentation et les secousses, aux magnitudes variant entre 2.0 et 3.5, se centralisent, en essaims, au niveau basal du volcan. Le 20 septembre, le C.V.G.H.M., élève le niveau d'alerte volcan, - sur une échelle de 1 à 4 ou, suivant les pays, de 1 à 5 -, au niveau 2.

 

Aux veilles de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

D'après le « Djakarta Globe », le vendredi 22 Octobre 2010, 7 séismes profonds, 34 séismes volcaniques superficiels et 321 séismes volcaniques multiphases sont enregistrés, 93 épisodes émissifs de coulées laviques sont constatés et l'inflation du dôme de lave, de 8,5 centimètres, le mercredi 20 Octobre, croît à 16 centimètres. De fait, le C.V.G.H.M. relève le niveau d'alerte volcan de 2 à 3 sur une échelle de 4. Simultanément, les autorités locales prennent les dispositions drastiques qui s'imposent, interdisant toute circulation sur les routes menant au volcan, délimitant une zone d'interdiction de 8 kilomètres de rayon avec, pour centre, le cratère sommital et obligeant les habitants, vivant sur les flancs du Young Merapi, à déserter leurs villages, à se replier au-delà de cette limite, et, surtout, à s'écarter des couloirs de drainage des flux pyroclastiques.


Le volcan est célèbre pour les effondrements cataclysmiques de son dôme de lave qui génèrent des coulées pyroclastiques transitant sur des distances plus ou moins égales à 6,5 kilomètres, les touristes sont déclarés « persona no grata » dans la zone interdite et les mineurs de sable doivent cesser, impérativement, leurs activités. Parallèlement, les autorités envisagent l'évacuation de la zone et s'activent à préparer les routes en vue d'une telle alternative. Les volcanologues attachés au Merapi Volcano Observatory, - Observatoire Vulcanologique du Merapi -, redoutent, après celle de Mars 2006 au 09 Août 2007 ayant entraîné évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations, une nouvelle éruption engendrant des coulées de lave sur 24 kilomètres de longueur, et des coulées pyroclastiques conséquentes qui pourraient lécher les abords de la ville de Yogyakarta, au Sud du volcan, distante de plus ou moins 26 kilomètres.

Les 23 et 24 Octobre, les coulées de lave commencent à affluer dans la Vallée de la rivière Gandol, laissant présager la probabilité d'une éruption imminente. En corrélation avec l'éruption explosive de 2006, le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi constate que les distensions provoquées par l'inflation galopante du dôme de lave est plus rapide cette fois-ci et l'accumulation de gaz aérosols impliquent une pression plus importante pouvant aboutir à une éruption explosive de type de celle qui s'est produite du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 13 villages anéantis et un bilan catastrophique de 1.400 victimes recensées.


Concomitammant, au lieu des 321 séismes volcaniques multiphases mémorisés le vendredi 22 Octobre, le samedi 23, 525 sont enregistrés et le dimanche 24, ce nombre est de 672, et les jaillissements de lave augmentent, passant de 93 à 183, le samedi et, avec un taux d'inflation du dôme de lave de 42 centimètres, à 217 épisodes laviques le dimanche. Toutes les suppositions sur le type d'éruption sont émises : soit une une éruption Péléenne avec des coulées pyroclastiques et des ruisseaux de lave, soit une éruption Plinienne, - ou Vesuvienne -, beaucoup plus explosive, éjectant cendres, roches et matériaux volcaniques à plus de 25 kilomètres d'altitude, avec ou sans coulées pyroclastiques. Une seule certitude en est : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006, mais nul ne peut savoir, en date du 24 Octobre, malgré l'éminence de l'aléa volcanologique, quand le volcan entrera en éruption et combien de millions de mètres cubes de matériel volcanique il vomira. »

Le 25 octobre 2010, sur sollicitation du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - plus de 650 séismes multiphases le dimanche 24 Octobre et plus de 350, dont un de magnitude supérieure à 5,5 sur l'échelle ouverte de Richter, en moins de 12 heures le lundi, et une colonne de lave s'élevant à environ 1 kilomètre d'altitude au dessus du cratère sommital -, le gouvernement indonésien élève l'alerte au niveau 4 : éruption imminente. Les villageois, vivant dans un rayon de 10 kilomètres autour du volcan, environ 19.000 personnes, concernées dans un premier temps, sont sommées d'évacuer les régions menacées.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Contrairement à ce qui a pu être annoncé par les médias, ce n'est pas le mardi 26 Octobre 2010 mais la veille, le lundi 25, que le Young Merapi est rentré en éruption par le truchement de trois épisodes explosifs majeurs, à 07 h 04 Temps Universel, - 14 h 04 Heure locale -, 07 h 24 Temps Universel, - 14 h 24 Heure Locale -, et 08 h 15 Temps Universel, - 15 h 15 Heure locale -, avec épanchements de coulées laviques qui ont atteint les bases des flancs méridionaux et sud-orientaux. Ce même jour, 222 événements sismiques volcaniques superficiels et 454 événements sismiques multiphases déclenchant, pour certains, des avalanches de matériaux et des flux pyroclastiques sont enregistrés par le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation.


Pour seule information, déniant, de fait, les assertions des gazetiers affirmant le contraire, le séisme de magnitude du moment révisée de 7,5 à 7.7 ayant frappé au large des côtes Sud-Ouest du Pulau Sibarubaru, dans le Kepulauan Mentawai, en Indonésie, s'est produit, le même jour, à 14 h 42 Temps Universel, - 21 h 42 Heure Locale -, soit plus de 7 heures après la première éruption majeure ayant, elle, affecté le Young Merapi. Comme quoi, avant d'être véhiculées et jetées en pâture aux lecteurs majoritairement candides, les informations et les « scoops » médiatiques mériteraient d'être réellement vérifiés, contrôlés et corrigés. Une erreur parmi tant d'autres mais, en définitive, une somme d'erreurs commises journellement, sur nombre d'événements, s'accumulant et portant total discrédit à la caste journalistique.

 

Chronologie des événements éruptifs du mardi 26 octobre 2010.

 

Les éruptions, - de type plinien ? ou vulcanien ? -, débutent, le mardi 26 Octobre 2010, à 10 h 02 Temps Universel, - 17 h 02 Heure locale -, et plusieurs suivent à 10 h 18 Temps universel, - 17 h 18 Heure Locale -, 10 h 23 Temps Universel, - 17 h 23 Heure Locale -, 10 h 30 Temps Universel, - 17 h 30 Heure Locale -, d'une durée de 2 à 9 minutes, à 10 h 42 Temps Universel, - 17 h 42 heure Locale -, une crise plus importante d’une amplitude de 33 minutes Puis, un calme relatif s’installe jusqu’à 11 h 00 Temps Universel, - 18 h 00 Heure Locale -, lorsque d’importants grondements se font entendre, des grondements étagés à 11 h 10 Temps Universel, - 18 h 10 Heure locale -, 11 h 15 Temps Universel, - 18 h 15Heure Locale -, 11 h 25 Temps Universel, - 18 h 25 Heure Locale -, se poursuivant jusqu’à 11 h 45 Temps Universel, - 18 h 45 Heure Locale -. Elles se caractérisent par une succession de douze d'explosions de forte ampleur générant des coulées pyroclastiques et des nuées ardentes qui dévalent, à des vitesses voisines de 500 kilomètres/heures et à des températures oscillant entre 600 et 800° C., les versants Ouest-Sud-Ouest et Sud-Est de l'édifice volcanique.


Ces coulées pyroclastiques et ces nuées ardentes sont accompagnées de roulements sourds laissant présager des avalanches de matériaux vulcaniens consécutifs à des effondrements partiels du dôme de lave et du bâti sommital, et d'un panache de tephras, - majoritairement des cendres -, de gaz chauds et de fumées toxiques s'érigeant, en colonne, à environ 4.500 mètres d'altitude et, sur sa partie basse ayant corps de surge volcanique, déboulant le long des pentes qui sont densément peuplées car très fertiles. Et l'incandescence du cratère est nettement visible depuis le poste d'observation de Selo, sur le flanc Nord du volcan, et apercevable de Yogyakarta, en son Sud-Sud-Ouest, de Surakarta, en son l'Est, et de Semarang, à plus de 60 kilomètres, en son Nord.

Dans un communiqué du 26 Octobre, le Volcanic Ash Advisory Centres, - le V.A.A.C. -, de Darwin(5) précise, même, la présence de cendres à plus de 18 kilomètres d’altitude, au-dessus de l'édifice volcanique, des cendres dérivant vers le Sud et le Sud-Ouest en direction de l'Océan Indien, démontrant, s'il en doit être, la violence des explosions, d'une part, et, d'autres part, les effondrements qui peuvent se produire dans la partie sommitale du Young Merapi. En effet, dans son communiqué, le V.A.A.C de Darwin, annote ; « Altitude du Merapi : 2.947 mètres. », soit une diminution de son cône, s'en tenir compte de l'inflation qui s'est accumulée sur son dôme de lave depuis le mois de Mars, d'au moins 21 mètres, ce confirmant les prévisions émises dès le 24 Octobre : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, de type plinien ou vesuvien, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006... »


Outre les douze explosions, durant toute la journée du 26 octobre, le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation répertorie et enregistre 232 événements sismiques volcaniques superficiels et 269 événements sismiques multiphases déclenchant des avalanches de matériaux et des coulées pyroclastiques, particulièrement affectant le flanc Ouest du bâti vulcanien, 4 jaillissements de lave, 6 nuées ardentes et un panache de cendres, de gaz et de fumées toxiques.

 

Les conséquences de l'éruption du Young Merapi, les 25 et 26 Octobre 2010, sur les populations.

 

D'après la presse locale, tout particulièrement le « Djakarta Globe », même si plusieurs éruptions mineures se sont déjà produites les jours précédents, même si l'ordre d'évacuation a été promulgué par les autorités, environ 15.000 personnes n'auraient pas encore déserté les villages implantés sur les versants du volcan et les abords proches de celui-ci. En effet, si les femmes, les enfants et les personnes âgées ont accepté d’être déplacés vers des lieux plus sûrs, les hommes, eux, ont refusé abandonner leurs maisons pour s'occuper de leurs champs, de leurs cultures et leurs bétails.


Les nuées ardentes, les chutes de cendres et les gaz toxiques ont tué 36 personnes, toutes victimes de brûlures graves, dont une journaliste de Vivanews et Mbah Maridjan, le juru kunci du Merapi, - le gardien spirituel du volcan pour les habitants locaux -, blessant plus ou moins grièvement des milliers d'autres, et anéantissant des villages, tout particulièrement celui de Kinahrejo. Par ailleurs des chutes de cendres ont été recensées à Yogyakarta et à Cilacap, à plus de 120 kilomètres au Sud-Est de l’édifice.

 

Quels risques de destruction totale de son cône pour le Young Merapi ?

 

Au 26 Octobre 2010, au soir, nul ne peut douter que l'éruption du Young Merapi, présentant, dans ses premiers jours, des similitudes avec celle qui s'était produite le 25 Novembre 1930 et qui avait perduré jusqu'en Septembre 1931, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées -, puisse se résumer en une crise éruptive volcanique de seulement quelques jours, voire une ou deux semaines au plus. Certes, l'usage veut que de petites éruptions ont lieu tous les deux ou trois ans et de plus importantes tous les dix à quinze ans, que la précédente en date, de Mars 2006 au 09 Août 2007, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes -, se soit déroulée sur une durée supérieure à un an. Il n'en paraît pas être vrai, de l'adage, pour la présente car l'Indice d'Explosivité Volcanique, de niveau 1 ou 2 pour la journée du 25 Octobre, doit être, pour celle du 26, estimée à, au moins, 3, un fait laissant présager une crise importante, voire cataclysmique ou paroxysmale, se prolongeant sur les mois à venir.


Le Young Merapi se situe sur un arc volcanique, - l'arc volcanique de la Sonde -, s'étirant sur plus de 2.000 kilomètres, connu pour produire de grandes catastrophes telles, celles historiques, du Krakatoa, en 535, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, avec formation d'une caldeira de 50 kilomètres de diamètre ayant donné naissance au Détroit de la Sonde séparant Sumatra de Java ; du Tambora, en 1815, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 7 -, qui avait une altitude de 4.300 mètres perdant, en quelques heures, 1.500 mètres de hauteur, occasionnant la mort de 92.000 personnes et créant une caldeira de 6 kilomètres de diamètre, profonde de 600 mètres ; à nouveau du Krakatoa, les 26 et 27 Août 1883, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 6 -, les autorités hollandaises chiffrant le nombre total de victimes à 36.417 et laissant une caldeira de 7 kilomètres de diamètre ; le Mont Kelud, en 1586, meurtrier, avec environ 10.000 victimes, et, en 1919, tuant 5.115 habitants de l’est de Java, au Sud de la grande ville de Surbaya ; et le Mont Agung, sur l'Île de Bali, en 1963, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 5 -, entraînant dans la mort 1.553 personnes. Enfin, il ne se peut omettre l'éruption de Toba, sur l'Île de Sumatra, datée de -73.000 ± 4.000 ans, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, laissant une caldeira de 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large remplie par un lac, le lac Toba, Elle est considérée comme la plus récente éruption d'un « supervolcan. » Le total des matériaux éruptifs émis était d'environ 2.800 kilomètres cubes, dont 2.000 kilomètres cubes d'ignimbrite et 800 kilomètres cubes de téphras et de cendres.


En outre, et non des moindres, l'histoire du Merapi, depuis sa création, au cours du Pléistocène, très probablement dès le Pléistocène inférieur, est ponctuée par des effondrements de son bâti vulcanien : des échantillons ont été datés, sur le Gunung Bibi, un volcan inactif dans le complexe Merapi, de 670.000 ± 25.000 ans ; des dépôts basaltiques et des coulées pyroclastiques ont été relevés sur les pentes des cônes volcaniques du Plawangan et du Turgo, en périphérie de la cadeira laissée par le Od Merapi, estimés à 40.000 ± 15.000 ans ; vers - 2.000 ± 75 ans, marquée par des épisodes de grandes coulées andésitiques entrecoupées de nuées ardentes, surtout lors de la « série Batulawang » qui s’est achevée par un événement majeur de type Mont Saint-Helens qui a quasi arasé toute la partie Ouest du volcan, laissant, dans sa morphologie, une grande dépression en forme de fer à cheval ; et, enfin, depuis le cratère fissural de Pasarbubar qui, suite à une éruption ou plusieurs éruptions sub-pliniennes et phréato-sub-pliniennes, vers - 120 ± 75 ans, qui ont produit une série de déferlantes ensevelissant des temples éloignés et atteignant l’emplacement de l’actuelle ville de Yogyakarta.

Alors une question se pose : Le Merapi sera-t-il à nouveau, dans un temps plus ou moins bref, son activité étant cyclique, le siège d'un événement paroxysmal ou colossal comme il en a déjà commis, au moins 4 d'entre eux attestés scientifiquement et répertoriés, dans un passé historiquement récent et paléolithiquement lointain ?

 

Bener, le 27 Octobre 2010

Raymond Matabosch

 

Notes.

 

(1) Les coulées pyroclastiques sont des émissions violentes d'un mélange de gaz magmatiques, de laves, de cendres, de blocs et débris projetés latéralement sur les flancs du volcan sous l'effet de la détente de gaz sous pression. Ce mélange chaud, plusieurs centaines de degrés, pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres par heure, détruit tout sur son passage.

(2) L'indice d'explosivité volcanique, - ou échelle VEI, Volcanic Explosivity Index -, fut inventée par Chris Newhall de l'United States Geological Survey et Steve Self de l'Université d'Hawaii, en 1982, pour établir une mesure relative de l'explosivité des éruptions volcaniques. Cette indice s'établit sur 9 degrés : 0 ou Hawaïen non explosif : 1 Hawaïen-Strombolien modéré ; 2 Strombolien-Vulcanien explosif ; 3 Vulcanien sévère ; 4 Vulcanien-Plinien cataclysmique ; 5 Plinien paroxysmal ; 6 Plinien-Ultra-Plinien colossal ; 7 Ultra-Plinien colossal ; et 8 Ultra-Plinien.

(3) La pierre de Calcutta, trouvée à Java Est, en Indonésie, conservée au Musée Indien de Calcutta, porte une inscription et une date correspondant à 1041 après J.-C. L'inscription mentionne une mahapralaya qui serait survenue dans la région de Yogyakarta en l'an 928 de l'ère Saka, c'est-à-dire en 1006 de notre ère. Elle pourrait relater une éruption du Merapi.

(4) Le Plan de Wadati-Benioff est la surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction. Il se se définit en décrivant les effets du phénomène de subduction, plutôt que sa cause.

Le plan de Wadati-Benioff montre une disposition remarquable des foyers sismiques. Les séismes superficiels, dont la profondeur du foyer n'excède pas 100 kilomètres, sont les plus fréquents. Ils se localisent essentiellement entre la fosse et la zone volcanique. Les séismes plus profond ont une caractéristique remarquable : la profondeur de leurs foyers augmente lorsque l'on s'éloigne de l'arc magmatique.

(5) La région couverte par le Centre d'Annonce de Cendres Volcaniques de Darwin, - l'un des neuf V.A.A.C. créés pour aviser l'industrie aéronautique internationale de l'emplacement et du mouvement des nuages de cendres volcaniques -, inclut l'Australie, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et une partie des Philippines. Cette région a vu quelques-unes des éruptions les plus grandes connues à l'histoire.

 

Publié, du 07 au 11 Novembre 2010, sur :

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11:18 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : merapi, indonésie, Île de java, éruption volcanique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

Le département de l'Hérault, un pays de volcans.

Du milieu du Miocène, - 23 millions d'années -, jusqu'au début du Pléistocène moyen, - 560.000 ans -. le Département de l'Hérault a été siège d'une importante activité volcanique. Celle-ci, se trouvant à l'extrémité d'une série vulcanienne disposée selon un axe Nord-Sud depuis le Cézallier, le Cantal, l'Aubrac et les Causses, a la particularité d'être de plus en plus récente en se rapprochant de sa façade méditerranéenne : Massif de l'Escandorge, Lodève, Salagou, Valros, Saint Thibéry, Agde, Grabels, Montferrier, Maguelone...

 

Le département de l'Hérault n'a pas toujours été marqué par la multiplicité de ses paysages, s'étageant depuis les contreforts Sud du Massif central jusqu'à la mer Méditerranée en passant par des étages de garrigues, de basses plaines viticoles et arboricoles, et d'étendues lacustres et marécageuses qui lui est propre. Il n'a pas toujours été, non plus, cette terre de soleil et de calme géologique qui la caractérise en ces temps holocènes...

Hier encore, en regard des temps géologiques, il y a de cela à peine 560.000 ans, les territoires de Vias, d'Agde, de Saint Tibéry et de Valros, et leurs proches banlieues résonnaient de grondements sourds, s'empanachaient de nuages de gaz, de cendres et de téphras, s'enflammaient sous les nuées ardentes et la lave jaillissait des gueules stromboliennes de Roque-Haute, - la plus récente 560.000 ans -, des Monts Saint Loup, Saint Martin et Petit Pioch et des Monts Ramus.

La chaîne volcanique héraultaise.


Se pencher sur la carte géologique de l'Hérault et du Bas Languedoc génère la surprise par la présence et l'abondance d'édifices volcaniques dits « récents » qui s'égrainent le long d'une chaîne vulcanienne, longue de plus de 150 kilomètres et large de 25 kilomètres, courant depuis le Nord de Millau, passant par Lodève où elle s'y sépare en deux branches, jusqu'au Cap d'Agde, - se poursuivant plus ou moins sur 30 kilomètres au large -, au Sud, d'une part, et, d'autre part, dans le lunellois, au Nord et au Sud de Montpellier.

En regard de la configuration de la dite chaîne, les bâtis volcaniques s'y trouvant dispersés, les laves étant toutes de composition basaltique, de structure modeste et d'intérêt pétrographique(1) et stratigraphique négligeable, il ne peut pas être établi de comparaison notable et fiable avec les alignements compacts de la Chaîne des Puys ou de celle des Monts du Forez, ni quelconque similitude avec les complexes volcaniques du Plomb du Cantal, du Mont Dore ou du Cézalier où s'y dénombrent des laves de toute nature.


Antériorité volcanique dans l'Hérault et le Bas Languedoc.


Les plus anciennes manifestations volcaniques référencées, dans le département de l'Hérault et le Bas Languedoc, ont leur fondement dès les prémices du Paléozithique, - 543 à 250 Millions d'années -, tout particulièrement au Cambrien, - 542 à 488 Millions d'années -, et à l'Ordovicien, - 488 à 435 Millions d'années -. Des braviérites, - roches volcanodétritiques d'aspect gneissique de couleur verdâtre typique -, des Tufs compactés, - ignimbtites -, et des coulées rhyolitiques, témoins d'une activité volcanique acide, en deux épisodes séparés par un épisode de sédimentation détritique fine, en partie aérienne et sous faible tranche d'eau, sont répertoriés. Ces dépôt volcanosédimentaires interstratifiés avec des couches grésopélitiques et carbonatées recoupées par des granodiorites, des granites et des pegmatites, semblent indiquer la montée et l'arrivée, avec épanchement en surface, de matériel magmatique qui, en cristallisant en profondeur, a donné naissance au massif plutonique du Mendic.

Au Carbonifère, - 359 à 299 Millions d’années -, il y a 330 millions d'années environ, l'orogenèse hercynienne provoque, accompagnées de recristallisations, des déformations importantes et les terrains marins, ainsi réhaussés, sont traversés par des filons de roches volcaniques de couleur sombre de type porphyrites, lamprophyres et andésites.

Enfin, datés du Permien, - 299 à 251 Millions d'années -, déterminés au travers de multiles coupes de terrain réalisées lors du traçage des routes, des lits de cendres volcaniques sont intercalés dans les couches continentales. Existait-il des volcans in-situ ou ces cendres et ces téphras résultent-ils d'éruptions volcaniques cataclysmiques s'étant produites à grandes distances dans les ultimes phases de la formation de la Pangée?

Au différent, aucune manifestation volcanique, alors que des coulées basaltiques se déversent, au Jurassique, - 199 à 145 Millions d'années -, dans les fonds sous marins d'une mer secondaire qu'occupe le « Grand Causse » de nos jours, n'est connue, au Mésozoïque, - 251 à 65,5 Millions d'années -, dans l'Hérault.

Mais pourquoi le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc dès le Miocène?


Les géologues considèrent que le Département de l'Hérault et le Bas Languedoc sont partie intégrante du Massif Central français par le fait qu'ils le bornent aux limites des terrains tertiaires du Carcassés au Sud, du Biterrois au Sud-Est, du Castrais au Nord-Ouest et du bassin permien de Saint-Affrique au Nord-Est. Ils étendent son territoire à un vaste ensemble hercynien, tel qu'il se présente à l'holocène, recouvrant 80.000 kilomètres carrés, environ 1/7° de la France.

Et comme ils admettent que des études géochimiques des laves basaltiques du Massif Central pourraient mettre en évidence des caractères classiquement identifiés au sein du volcanisme de « point chaud », ils en affirment que le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc est de même nature.

Mais il en est vite oublié que le sol français est, d'une part, une unification de plusieurs terranes, et, d'autre part, un « raccrochement », par son Sud-Ouest, - Bassin Aquitain -, son Sud, - Languedoc-Roussillon -, et son Sud-Est, - Provence et Côte d'Azur -, la chaîne Pyrénéo-provençale(2) en faisant l'union, entre deux continents.

Aussi, il se peut penser, quand la plaque tectonique Ibérique est rentrée, dans un mouvement dextre, en approche de la plaque Eurasienne, qu'il s'est produit un volcanisme de subduction, celui-ci s'étant ensuite mué en volcanisme fissural et, aux environs d'Agde, en volcanisme surtseyen...

Raymond Matabosch


Notes.

(1) La pétrographie est la science ayant pour objet la description des roches et l'analyse de leurs caractères structuraux, minéralogiques et chimiques.

(2) Les Pyrénées énigmatiques : Un enseignement dispensé suranné. Raymond Matabosch. 2008


 

Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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29 novembre 2010

Étang de Thau, monde d'absolu. Monde à part sur une terre à part.

A hauteur de Sète, il est difficile de résister au chant des sirènes et de ne pas succomber à l'appel de « l'ile singulière(1). » Ville natale de Georges Brassens, de Jean Vilar, de Paul Valéry..., la cité sétoise est un site touristique avec des quartiers pittoresques traversés par des canaux où se reflètent les façades colorées.

Mais la découverte du monde très particulier qui la côtoie est encore plus excitante. Le Bassin de Thau, là où les eaux douces rejoignent la lagune d'eau salée dans un mouvement créateur de richesse, est un monde à part dans un univers à part. Séparé de la Mer Méditerranée par la « baleine », le Mont Saint Clair, et un cordon littoral de sables fins et blonds, il s'enorgueillit d'un patrimoine écologique remarquable


Le Bassin de Thau, le plus grand étang du Languedoc-Roussillon.


L'étang de Thau, ou bassin de Thau, d'une superficie avoisinant les 7.500 hectares, est le plus grand étang de la région Languedoc-Roussillon. Ses eaux d'un bleu intense, véritable « mer intérieure », s'étendent, sur 20 kilomètres de long, depuis Balaruc le vieux jusqu'à la Pointe des Onglous à Marseillan, et 4 à 6 kilomètres de large. La largeur minimale, entre les pointes de Balaruc et du Barrou, est de 1.400 mètres. Mais, derrière son caractère tranquille, l'étang s'emporte, parfois, dans de brutales et violentes tempêtes, toujours extraordinaires.

Avec une profondeur moyenne de 5 mètres, il est aussi le plus profond des étangs languedociens qui n'excèdent pas les 3 mètres. Au large de Balaruc-les-Bains, le gouffre de la Bise, un entonnoir de plus de 100 mètres de diamètre, atteint une profondeur de 32 mètres. C'est une résurgence d'eau douce d'une température constante de 21° C. Elle draine une partie des eaux souterraines issues des collines calcaires de la Montagne de la Moure et du Causse d'Aumelas. Et certaines zones, situées à plus de 7 mètres de profondeur, sont parcourues par d'étranges séries de « cadoules(3) » dont l'origine reste encore inconnue.


L'étang de Thau est un étang tectonique, lieu de confrontation des eaux douces du bassin versant et des apports d’eaux marines.


Sa grandeur et ses profondeurs s'expliquent par la géomorphologie du secteur. Étant le synclinal d'un plissement dont l'anticlinal est la montagne de la Gardiole au nord-est, le réseau hydrographique se compose d’une dizaine de petits cours d’eau drainant le versant sud des massifs et des plateaux environnants et la plaine agricole avant de trouver leur exutoire dans l’Étang de Thau. L’essentiel de ce réseau possède un caractère non pérenne durant toute la période sèche.

En outre, c'est un étang tectonique avec une grande profondeur moyenne, de première ligne, en relation directe et permanente avec la mer par des graus à Marseillan, le Pisse Saume, et à Sète. Il ressort un volume d’échange d’eau important entre les deux milieux, avec théoriquement une salinité de type polyhalin en hiver et hyperhalin en été.


L'Étang des Eaux Blanches et son comblement à cause de la bêtise humaine.


Il se prolonge à l'est, près de Sète et Balaruc-les-Bains, sur 600 hectares, par l'étang des Eaux-Blanches, aujourd'hui partiellement comblé. Les raisons en sont simples, la main de l'homme ! Les eaux résiduaires urbaines et des boues des communes de Balaruc le Vieux, de Balaruc les Bains, de Frontignan la Peyrade et de Sète étant traitées à la station de traitement située dans la zone industrielle des Eaux Blanches à Sète, depuis 1972. Celles de la commune de Mireval sont, de même, traitées à la station de traitement située au lieu dit « Maupas » depuis 2001. Toutes ces eaux, plus ou moins dépolluées de leurs effluents organiques et chimiques, sont déversées dans cette partie d'étang favorisant son comblement.

En outre, le canal du Midi prolongé par le canal du Rhône à Sète, avec leurs apports alluvionnaires, au lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, débouchent dans l'étang de Thau. Une ceinture de végétation plus ou moins développée s'implante.et se développe et présente des « bandage » végétaux depuis le large vers les berges : les herbiers immergés, la végétation flottante et les « roselières » composées de roseaux, de scirpes lacustres, et de massettes. Les herbiers immergés sont dominés par les characées à l'origine de matelas denses et rêches. Les secteurs abrités hébergent, eux, une forte diversité floristique de potamots, d'élodées, de myriophylles …


Le Grand Étang, un site protégé au détriment de l'Étang des Eaux Blanches.


Dans sa partie centrale est le Grand Étang, d'une superficie de 6.900 hectares, propriétés du Conservatoire du littoral et réserve ornithologique protégée. C'est un écosystème complexe et précieux à préserver. L'étang joue un rôle régulateur vis-à-vis des crues des rivières, des inondations et des intrusions marines et il assure un rôle épurateur grâce à une importante activité biologique. Sa lagune et ses berges possèdent une remarquable capacité d'accueil d'oiseaux. Près de de 250 espèces y sont recensées.

 

Elles viennent y nidifier, s'y alimenter ou s'y reposer par milliers au cours de leurs migrations annuelles, avec des espèces rares comme le balbuzard pêcheur et la cigogne noire. Les flamants roses, les hirondelles, les avocettes ou les aigrettes « garzette » fréquentent le Grand Étang. L'hiver, des rassemblements de canards, de sarcelles, de milouins, de colverts ou de souchets s'y produisent. Des espèces remarquables y nichent comme l'échasse blanche et le gravelot à collier interrompu, l'alouette « calandrelle » ou le butor étoilé. Enfin, la diversité des milieux est favorable à la présence de nombreuses espèces de plantes, parfois rares et menacées.


Le Bassin de Thau et ses atouts touristiques et économiques.


Taquiné par les vents sous l'œil protecteur de sa majesté le Mont Saint Clair, l'étang de Thau s'est organisé une vie bien à lui dans l'intimité d'une vocation conchylicole héritée des romains qui consommaient les huitres en grande quantité et qui en faisaient commerce.

 

Ici, le soleil trempe ses rayons dans les eaux lagunaires et décline la palette des bleu-verts. Si la route ménage de belles perspectives sur les allées géométriques des parcs à huitres, elle révèle, aussi, un patrimoine à la richesse insoupçonnable.


Notes :


(1) « L'ile singulière », expression due à Paul Valéry, appelée aussi « l'île bleue », Sète est une ville à part, possédant une identité culturelle forte, avec ses traditions, sa cuisine, son jargon. Ville d'artistes, elle oscille inlassablement entre tradition et avant-garde.

(2) La « baleine », cetus en latin, la forme du Mont Saint Clair, vue de la mer, évoque, aux yeux des marins celle du cétacé.

(3) Les cadoules sont des buttes, de type tumulus, noyées sous l'étang de Thau.


Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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26 novembre 2010

L'aqueduc romain de Nîmes. Défi et prouesse technique.

L'aqueduc amenait les eaux captées aux fontaines d'Eure, au pied d'Uzès, jusqu'au Castellum divisorum, bassin de répartition, qui les dirigeaient vers les différents quartiers, thermes et fontaines de la ville de Nîmes. Il fût construit au I° siècle pendant la période d’expansion de la ville de Nîmes. Sa mise en œuvre avait débuté entre 41 à 54 après J.-C, sous le principat de l'empereur Claude à qui l'on devait l’édification de deux des plus grands aqueducs de Rome, « l'Aqua Novus » et « l'Aqua Claudia. » Sa construction avait dû s'étendre sur une quinze ou vingt ans.

La partie la plus célèbre en est le Pont du Gard, le plus haut pont à trois niveaux des aqueducs romains. Certes, il traverse la vallée du Gardon, - ou Gard qui a donné son nom au département -, en un site particulièrement étroit, mais sa hauteur, de 48,77 mètres au-dessus du lit majeur de la rivière, lui octroie, néanmoins, une longueur actuelle, au troisième étage, de 275 mètres. Son extrémité, côté rive gauche, ayant été tronquée de plus ou moins 100 mètres, originellement il avoisinait les 380 mètres de long.

 

La choix de la fontaine d'Ura

 

A l'origine Nîmes était alimentée par la fontaine sacrée Némausa, coeur de la cité où aboutissaient les voies. Avec l'arrivée massive des vétérans d'Égypte, sa population avoisinant les 20.000 habitants aux temps de sa splendeur, la ville dût rechercher d'autres approvisionnements en eau. La source devait être située plus haut que le réservoir d'arrivée. L'eau devait y être très pure, en quantité suffisante et peu éloignée de la ville.

L'eau de la Fontaine d'Eure présentait toutes les caractéris­tiques requises pour répondre aux besoins en eau potable de la cité némausienne. Elle s'avérait propre à la consommation et son écoule­ment était conséquent. Son débit moyen s'étalonnait à 430 litres/se­conde. La source se situait à une altitude de 76 mètres alors que le réservoir terminal plafonnait à 59 mètres. En outre, de toutes les sources pouvant répondre aux critères, elle était la plus proche. A vol d'oiseau, elle se trouvait à 20 kilomètres de son lieu de destina­tion.

 

La fontaine d'Eure, lieu de culte des romains.

 

C'est au bord de l'Alzon, autour de la source d'Eure, que l'on découvre les premières traces d'une construction romaine à Uzès. Ils y avaient fait ériger un hôtel votif en l'honneur de Cybèle, déesse de la fécondité, de la nature, des fontaines et des sources, pour y vénérer le culte de l'eau.

« AVGVST LARIBVS CVLTORES*VRAE FRONTIS.(1) » Cette dédicace, localisée sur le mur antérieur du laraire, justifie l'exaltation des romains pour les fontaines de l'Eure. Et le choix de cette résurgence, pour le captage de ses eaux et leur transport par aqueduc, ne pouvait donc qu'apporter la protection de la déesse dans les foyers de la colonie romaine.

 

Les contraintes opposées aux constructeurs de l'aqueduc.

 

Du fait d’une topographie escarpée, même si, à vol d'oiseau, la distance n'est que de 20 kilomètres, les Romains ont dû rallonger l’aqueduc à environ 50 kilomètres. La dénivellation entre les sources de l’Eure, 71,13 mètres au départ de la canalisation, et le réservoir d’eau de Nîmes, 58,95 mètres, est seulement de 12,18 mètres, une pente moyenne de 0,25 mètre/kilomètre, ayant nécessité une très grande précision dans sa construction.

L'itinéraire, de même, dénote de la parfaite connaissance du terrain et profite de ses caractéristiques. L'aqueduc chemine enterré dans les sols meubles et à ras de terre ou en hauteur sur les sols rocheux. La conduite, de 1 mètre 30 à 2 mètres de large, à hauteur d'homme, est entièrement maçonnée, étanchée par un enduit en mortier de tuileaux(2) et voûtée en plein cintre. Des ouvertures y sont aménagées pour aérer l'eau ou pour assurer les vidanges, le nettoyage et les réparations.

 

Entre la fontaine d'Eure et Vers, un défi à la géométrie, au relief et à la topographie.

 

Partant de la Fontaine d'Eure, à Uzès, où plusieurs captages y sont réalisés, et son bassin de régulation à martilières(3), l'aqueduc chemine sur la rive gauche de l'Alzon. Il est, sur premiers hecto­mètres, faiblement enterré. Il réapparaît, servant de mur-bahut(4), le long du château Bérard, pour disparaître à nouveau et suivre les contreforts de la garrigue d'Uzès.

La plupart du temps édifié en tranchée enterrée, resurgissant quelquefois, il passe devant Saint Maximin et se dirige vers Argilliers. Le robuste Pont de Bornègre, en gros appareillage, à trois arches de 17 mètres de long sur 2,70 de large, était conçu pour enjamber et affronter les flots tumultueux du torrent du gouffre de Bornègre Après l'ouvrage d'art, l'aqueduc redevient souterrain pour réapparaître, sur plusieurs centaines de mètres, près du village de Vers.

 

Du village de Vers à Remoulins, une succession d'ouvrages d'art envoûtants.

 

A la sortie de Vers, l'aqueduc plonge vers le sud, et franchit le pont de la Lône de 300 mètres de long et d'une hauteur de 7 mètres 50. Il chemine, ensuite, surélevé par un mur-bahut, vers une superbe envolée de trois séries d'arches. Sur près de deux kilomètres, c'est une des parties les plus impressionnantes de l'aqueduc.

A cet endroit-là, s'enchainent le site de Font Ménestière où s’élevait un pont à deux rangs d’arcades, 200 mètres de long et 20 mètres de haut, le Pont Roupt et le Pont de Valive.

Le tracé de l'aqueduc se poursuit, en enterré, dans la garrigue, pour déboucher, sur les rives du Gardon, dans un bassin régulateur à la tête de la culée amont du monumental Pont du Gard qui enjambe magnifiquement, à près de 50 mètres de hauteur, le cours d'eau imprévisible et tumultueux en périodes de crues. Après le passage de cet obstacle impressionnant, il longe, à fleur de terre et à flancs de garrigue les bois de Remoulins et franchit sept combes sur des ouvrages plus petits dont, malheureusement, le plus grand a disparu.

 

De Remoulins à Nîmes, la génialité de la conception d'un tronçon d'aqueduc fleuron de l’ingénierie hydraulique romaine.

 

Après Saint Bonnet du Gard, en conduite enterrée, l'aqueduc se dirige vers Sernhac. Par deux remarquables tunnels creusés dans le rocher, il évite les carrières qui avait été exploitées, à flancs de garrigue, pour ériger, en 15 avant J.C., les remparts augustéens de 6 mètres 50 pour 6 kilomètres autour de la ville de Nîmes. Et, suivant la vallée de la Vistre, par Bezouce, Saint Gervasy et Marguerittes, vallée de la Vistre, après avoir résolu le problème posé par le franchissement de l’étang de Clausonne, il se dirige vers Nîmes.

L'aqueduc réapparaît à l'entrée de Nîmes, sur quelques hectomètres et rejoint, en tunnel, le Castellum Divisorium après avoir parcouru 50 kilomètres de méandres à travers la garrigue avec une pente maximale de 0,45 mètre/kilomètre et une pente minimale de 0,07 mètre/kilomètre. L'aqueduc termine sa course au Castellum divisiorum, l'eau étant dispensée dans la ville grâce à une série de cinq aqueducs secondaires.

 

Raymond Matabosch

 

Notes

 

(1) « Aux Lares augustes, les adorateurs de la fontaine d'Ura »

(2) Le mortier de tuileaux était un mélange très fin de chaux grasse, de calcaire blanc et pur de carrière et de petits morceaux de tuiles ou de poteries concassées

(3) Un jeu de planches en bois permettait au préposé au bassin de régulation de diriger l'eau en crue vers l'Alzon afin d'éviter une surpression dans le canal qui aurait pu le détériorer.

(4) Mur-bahut, mur de soutènement.

 

Publié 26 Octobre 2010 sur :

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14:47 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Gardoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gard, nîmes, uzés, fontaine eure, aqueduc, languedoc-roussillon, romains | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 novembre 2010

Les ires de la Terre. Terre de feu et de lave. Tome II.

Les ires de la Terre.

Terre de feu et de lave. Tome II.

Raymond Matabosch.


Acheter Les ires de la terre. Tome II.



En guise de Préface.


 

Des volcans par milliers, actifs, en sommeil ou considérés éteints...


 

Expression de l’antique ire des Dieux, des Déités et des Démiurges, les volcans, monstres géologiques prenant naissance dans les entrailles de la Terre, terrorisent les hommes depuis l'aube de l'humanité. Vomissant ou crachant des gaz volcaniques, des torrents de laves incandescentes, des pyrotechnies de téphras et de pyroclastes ou des panaches de nuées ardentes, ils semblent sortir de leur sommeil pour inonder la Terre de leur sève destructrice et assassine. Manifestations en surface du régime thermique régissant l’intérieur du globe terrestre, ils sont la résultante d'un ensemble des processus et des phénomènes par lesquels des matériaux rocheux fondus, ou magmas, s’élèvent depuis les profondeurs de la Terre jusqu’à la surface, ou vers la surface, et par lesquels les gaz associés sont libérés dans l’atmosphère.

Depuis des millénaires, ils fascinent l’homme par leur puissance faramineuse et les manifestations redoutables de leur activité. Croyances, divinités, idoles, démiurges, logos et autres dragons en sont nés. Aujourd’hui, paraît-il démystifiés pour les civilisations policées, leur attraction est toujours aussi grande, en raison, surtout, des images spectaculaires et des paysages hors du commun qu'ils offrent. Mais l'attraction n'est-ce pas l'expression du mysticisme ? Et le mysticisme ne désigne-t-il pas le fait de la pratique mystique en induisant, parfois, l'idée d'une formalisation ou une systématisation du comportement mystique. Et le concept de « mystique » n'exprime-t-il pas ce qui est relatif à une croyance, au surnaturel ou au divin qui serait, par nature incommunicable, et où l'âme humaine accèderait à une rencontre directe, par translation attractive, avec le volcan-déité ?

Depuis une vingtaine d’années, pour tous ceux qui s'intéressent aux activités volcaniques dans le monde, il apparaîtrait que le nombre de volcans actifs soient en augmentation. Serait-ce une recrudescence du volcanisme qui affecterait la planète Terre ? Ainsi les scientifiques ne devraient pas être obligés de jouer aux apprentis sorciers en créant des volcans artificiels, pour combattre le réchauffement planétaire, ou en déclenchant, quitte à provoquer des temps apocalyptiques pour les humains, les animaux et la nature, des éruptions dans des volcans en sommeil. Cette pseudo-augmentation traduit, simplement, l'intéressement accru de l’homme pour les phénomènes volcaniques. Les observateurs sont plus nombreux et les transports plus aisés. En outre, l’information volcanologique est plus largement diffusée par l’entremise des médias, - presse écrite, parlée ou télévisuelle -, de l'interconnexion des réseaux informatiques et des publications croissantes de revues spécialisées.

Tous les ans, 60 volcans environ, entrent en éruption. Est-ce si cataclysmique que cela ? En regard au nombre démesuré de volcans érigés sur toute la planète et susceptibles de sortir de leur torpeur, la Terre en est-elle au point de non retour et aux portes de l'explosion généralisée ? Le chiffre de 60 est la marque d'une activité volcanique normalisée et nul risque de destruction totale ne peut être envisagée et envisageable. La planète est vivante et elle s'exprime avec la sauvagerie de ses forces internes incommensurables. Si la première étude connue sur ces montres volcaniques est l'œuvre de Pline le jeune faisant la description, au travers de deux lettres, de l'éruption du Vésuve, en l'an 79, des naturalistes et des savants ont tenté de dresser, dès le XVII° siècle, un inventaire des volcans actifs de par le monde.

Athanasius Kircher, en français Athanase Kircher, est un jésuite allemand, graphologue, orientaliste, esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque. Par son ouvrage « Mundus Subterraneus », il établit le premier inventaire, en 1665, y dénombrant 36 édifices volcaniques. Au XIX° siècle, le géographe, naturaliste et explorateur allemand Alexander Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, procède à des études sur les volcans des Andes et d'Amérique centrale. Il est le premier à gravir de nombreux volcans comme, en 1802, l’ascension du Chimborazo, 6.268 mètres, considéré comme le sommet du monde à l’époque. le Cotopaxi, 5.897 mètres ou le Guagua Pichincha, 4.507 mètres. Dans son livre Cosmos, essai d'une description physique du monde, publié en 1846, il en dénombre 407.

En absolu, le nombre de volcans, existant sur la planète Terre, dépendent de leur statut : actif, dormant ou considéré éteint ? Si le microcosme scientiste, en faire valoir, décide d'en adopter une définition, nul de ses membres le composant n'aura vraiment compté tous les volcans terrestres et, tout particulièrement, les centaines de milliers qui sourdent dans le fond sous-marin. Pour preuve, suivant l'estimation avancée dans le livre de la Smithsonian Institution intitulé « Volcanoes of the World, Second Edition », compilé par Tom Simkin et Lee Siebert, la meilleure supputation, à l'heure actuelle, serait que 1.511 volcans, d'autres avançant le chiffre de 1.521, ont eu des éruptions au cours de ces dix derniers millénaires. Néanmoins le nombre de volcans sous-marins, alignés le long des dorsales, des rifts, des failles transversales et des points chauds ou noyés en limite des plaques lithosphériques, excéderait le million d'édifices.

Quant aux volcans en sommeil ou considérés éteints, aucun de ces scientistes gravitant dans leur microcosme et dans leur bulle, bon nombre reconnus mondialement, n'en fait état, certainement par le fait qu'il en serait trop fastidieux et guère revalorisant, notoriété étant, d'en dresser quelconque inventaire. Mais, pourtant, ces secteurs volcaniques oubliés peuvent connaître de nouvelles manifestations éruptives et, en cela, poser risques à une population ignorante de ce plausible danger mortel probablement imminent soit dans le présent immédiat à 100 ou 1.000 ans, soit dans un futur présent à 10.000 ou 100.000 ans, soit dans un temps indéterminable mais fort lointain et au-delà d'un million d'années. « Là où la terre a tremblé, elle re-tremblera... », dit le dicton... Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les volcans ?

Notes

(1) Éjectas ou téphras et pyroclastes : pyroclastes, - du grec πυρóκλαστος, pyro, feu, et klastos, fragment -, désigne, en géologie, les fragments de roche solide expulsés dans l’air pendant l’éruption d’un volcan. Les pyroclastes sont des fragments de roche magma­tique solidifiés à un moment de l’éruption, ou plus fréquemment pendant son parcours aérien, ou arrachés à l’état solide par érosion des structures géologiques existant le long des conduites éruptives. Le terme téphras, - du grec τέφρα, cendres -, est utilisé comme sy­nonyme d'éjectas, généralement utilisé pour les cendres.


Le livre Les ires de la terre. Tome II.

18:14 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcans, volcanisme, publications, éruptions, merapi, sinanbung | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

L'Abbaye de Saint Hilaire : Berceau de la Blanquette.

Quinze siècles d'histoire, à quelques lieux de la cité médiévale de Carcassonne, au cœur du Razés, dans un paysage de vignobles, l'Abbaye de Saint Hilaire est la sépulture du première évêque de Carcassonne, Saint Hilaire…

Fondée au VIII° siècle, sous le règne de Charlemagne, elle connut, après une période de fastes et de richesses, le déclin dès les prémices du XIV° siècle et ferma, définitivement ses portes conventuelles, peu avant la Révolution Française, au XVIII° siècle.


Bref historique.


Au VIe siècle, Saint Hilaire, le premier évêque de Carcassonne, enfant du pays nostalgique de ses terres, en visite pastorale, demande, aux habitants des lieux, la construction, sur un éperon rocheux dominant le Lauquet, d'une chapelle qui devient, par la suite, sa sépulture.

Au VII° siècle, l'abbaye qui la remplaça, fut d'abord consacrée au célèbre Saint-Saturnin ou Sernin, évêque-martyr de Toulouse, puis, lorsqu'on y découvrit ses restes, placée sous le patronage d'Hilaire.

Autour de l'an Mil, un nouvel élan de réforme monastique se double d'une révolution technique et stylistique. C'est aussi le temps des premières audaces architecturales qui permettent d'élargir la nef des églises et d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux, venus vénérer les saintes reliques comme le morceau de la Vrai Croix à Sainte Marie d'Alet, ou le corps de l'évêque Hilaire de Carcassonne à Saint-Hilaire…

Sous la protection des comtes de Carcassés-Razés désireux d'honorer l'un des leurs, l'établissement monastique eut, jusqu'au XIII° siècle, un rayonnement considérable dans la région.

Mais, les troubles engendrés par la Guerre de Cent Ans, obligeant les abbés à entretenir les fortifications villageoises précipitent son déclin.

 

Le cloître et les bâtiments conventuels.


Le cloître, édifié au XIV° siècle, est toujours intact Constitué de quatre galeries composées d'arcades ogivales reposant sur des colonnes géminées et moulurées, aux chapiteaux très abîmés, il est en forme de trapèze irrégulier avec des côtés de douze baies archées à l'est et à l'ouest, quatorze au nord et seize au sud.

Décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux, les chapiteaux sont taillés dans un seul bloc de grès provenant des carrières in situ du Razès.

Les galeries du cloître, couvertes d'un toit de tuiles, sont ni voûtées, ni encorbellées.

Un puits et un bassin à quatre lobes, support d'une vasque, du XVI° siècle, occupent le cœur du cloître.

Les galeries du cloître sont couvertes d'un toit mais ne sont pas voûtées. Dans la galerie orientale, sous la quatrième arcade en partant de la galerie sud, on trouve les restes d'un échiquier sculpté. Celui-ci n'est pas daté.

Soit il s'agit d'un échiquier médiéval utilisé par les moines pour faire des comptes, et non pour jouer, soit il a été taillé par les habitants au XVIII° siècle, lorsque le monastère a été abandonné.

Le logis abbatial a été restaurée au XIX° siècle. Il s'agit d'une petite pièce cossue, bien plus tardive que le reste des bâtiments. Son plafond à caissons, offre un répertoire floral et animal, ainsi que et différentes scènes  Il date du XVI° siècle.

Le réfectoire est presque entièrement détruit. Seul subsiste quelques pans de mur. L'un d'eux abrite encore la chaire de lecture, du XIV° siècle, unique en France, et l'ouverture qui y menait. Cette chaire, voûtée d’une croisée d’ogives à la clé de voûte circulaire, ouvrait sur deux salles, l’une destinée aux moines, récemment restaurée, l’autre aux pèlerins et hôtes de l’Abbaye, toujours en ruines.

La galerie ouest abritait les caves, les greniers et les celliers de l’abbaye. Enfin, un peu à l'extérieur de l'enceinte, en empruntant un escalier on peut accéder à ces caves, taillées à même la roche, dans le grès et le poudingue, qui servaient de celliers.

C’est dans ces caves que les moines découvrirent l'élevage, la vinification et la transformation du vin blanc en vin effervescent.


La tradition voudrait...


La tradition veut que l’abbaye de saint Hilaire soit le berceau de la Blanquette de Limoux qui est considérée comme le vin mousseux le plus ancien au monde.

Dès 1531, des écrits en attestant la fabrication, les moines élaboraient un vin pétillant qui, sans le savoir, allait connaître une renommée mondiale.

L'histoire rapporte, même, que, vers la fin du XVIe siècle, Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint Hilaire, y découvre la méthode de vinification des vins effervescents. Et, de retour dans son Abbaye d'Hautvillers, il en expérimente la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.


Trésors romans.


L'église abbatiale romane, du XII° siècle, remaniée au cours des siècles, et sa nef, depuis 1257, voûtée d'ogives à la mode gothique, se définit en trois travées de chapiteaux retombant sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines.

Les bras du faux transept sont ordonnancés en berceau brisé ou, seule, y subsiste l'absidiole sud dépositaire d'un sarcophage sculpté au XII° siècle, en marbre blanc des Pyrénées, œuvre du mystérieux maître de Cabestany.

Véritable et exceptionnelle, cette cuve, d’inspiration antique, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres. Elle est dédiée à Saint Sernin, sert de support à l’autel de l’absidiole sud et évoque l’arrestation, le martyre et l’ensevelissement de Saint Sernin, premier évêque de Toulouse.


Le Maître de Cabestany.


Ce mystérieux sculpteur du XII° siècle, - était-il catalan, languedocien ou italien ? -, doit son nom à à un fabuleux tympan de l'assomption, seul vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany.

Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.

Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre des personnages aux corps trapus, aux mains immenses, aux yeux proéminents, avec « une puissance et une sauvagerie », un fabuleux tempérament, qui ne peuvent être confondues avec nul autre.

10:08 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint hilaire, abbaye, aude, razès, la, guedoc-roussillon, blanquette de limoux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

05 novembre 2010

Dans l’Aude, le Village et l’Abbaye de Saint Polycarpe.

Saint Polycarpe est un village audois, situé sur la D129, à 8 km de Limoux, dans un vallon, au bord de la rivière éponyme qui prend sa source à proximité du château de Belcastel.

En se promenant sur les vertes pentes des Corbières toutes proches, la rencontre inattendue, d’une église fortifiée, surprend le voyageur qui n’est pas averti. Cette église est devenue l’église paroissiale mais elle faisait, autrefois, partie d’une abbaye.

Ce sont ces bâtiments qui donnent, au village de Saint Polycarpe, cette expression de grandeur passée.


L’Abbaye de Saint-Polycarpe.


L’abbaye a été fondée en 783, à l’époque carolingienne, dans l’élan des créations monastiques de la région comme celles d’ Alet, de Lagrasse, de Rieunette, ou de Saint Hilaire. Attala, riche seigneur ibérique, fuyant l’invasion sarrasine, se réfugie en limouxin, défriche la région et jette les fondements de l’église et du monastère pour en devenir le premier abbé.

Pourtant les origines de cette abbaye restent confuses et les archives qui la concernent, sont peu nombreuses. Fondée au début du IX° siècle, elle fut soumise, au Moyen Age, à des monastères plus puissants. L’apparition de la commende et les troubles civils et religieux du XVI° siècle marquèrent le morcellement et la diminution de son patrimoine foncier. Relevée au XVIII° siècle dans le cadre d’une réforme austère marquée de jansénisme, elle est définitivement supprimée en 1771 suite au désaveu des autorités ecclésiastiques.

De moindre importance que ses voisines, elle passa tantôt sous la dépendance tantôt de l’abbaye de Lagrasse, tantôt sous celle d’Alet.. Elle retrouva son autonomie au XII° siècle. Les vestiges des bâtiments claustraux appartiennent aux XVII° et XVIII° siècles. Un aqueduc, toujours visible, alimentait les bassins de cette abbaye.


Les bâtiments monastiques restants sont en ruines.


Les bâtiments sont composés de quatre corps répartis en carré qui forment le cloître du monastère. L’hostellerie était destinée aux étrangers à l’abbaye afin d’assurer le devoir d’accueil et de charité de la règle de Saint Benoît.

Les remaniements architecturaux montrent que des modifications ont été apportés au fil du temps pour en améliorer la fonctionnalité mais aussi la protection.


L’église abbatiale.


L’église abbatiale fortifiée Notre-Dame, exemple représentatif du premier art roman méridional méditerranéen avec les murs épais percés de 3 fenêtres romanes, l’escalier à donner le tournis, les voûtes et l’abside, fut construite à la fin du XI° siècle. Elle comporte à l’ouest un clocher-porche donnant accès à une nef unique, de trois travées, chacune est surmontée d’une voûte d’arêtes domicale. Elle n’était utilisée que par les moines de l’abbaye, la maison cultuelle fréquentée par les villageois étant contiguë.

Cette nef est terminée par une abside semi-circulaire, voûtée en cul-de four. Voûtes et murs étaient couverts de peintures et fresques, datant du XII° siècle représentant l’apocalypse de Saint Jean et la nativité, dont il ne reste quelques scènes. Des remplois de chancels carolingiens sculptés en méplat d’entrelacs, d’oiseaux et de demi-coquilles ornent les autels romans latéraux.

Du XVII° siècle on peut y admirer, également, deux tableaux du peintre Mauriac.

À l’extérieur, le chevet de l’église s’orne d’arcatures lombardes. Le trésor est exposé en permanence, il s’agit des chefs reliquaires de Saint Benoît et de Saint Polycarpe, et d’un monstrance reliquaire porté par deux anges, tous datés du XIV° siècle .


Le village de Saint Polycarpe.


Au nord des édifices religieux, les maisons sont organisées, un peu, sur le modèle d’une bastide avec des rues à angles droits. En parcourant les plus anciennes, quelques maisons à colombage révèlent l’ancienneté de l’habitat de certains quartiers.

Un aqueduc, du Moyen-Âge, traverse la rivière pour alimenter, en eau, l’abbaye et le bourg. Une crue a certainement du en emporter une partie car il est à remarquer que les arceaux datent de deux époques distinctes


Saint Polycarpe.

 

Saint-Polycarpe était, en ses débuts, un monastère bénédictin entouré de quelques maisons et vignobles. Polycarpe était un Évêque d’Ismir, en Turquie.

Étymologiquement, son nom signifie « qui donne beaucoup de fruits. » Les moines du village le priaient pour guérir de la folie alors que, dans son pays d’origine, on l’invoquait pour améliorer les récoltes.

12:07 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint polycarpe, abbaye, razès, aude, languedoc roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

04 novembre 2010

Voyage en Terres Catalanes & Comtales.

Acheter Voyage en Terres Catalanes. Tome 1

 

Voyage en Terres Catalanes & Comtales.

Raymond Matabosch.


Illustrations:

Couverture : Raymond MATABOSCH. ©

Photographies : Raymond MATABOSCH. ©

 


Préface.

 

 

Je découvre les Pyrénées Orientales...

Les Pyrénées Orientales se reconnaissent du « Pays catalan. »

Riche d'une culture dont le département est fier, savant mélange franco-catalano-espagnol, il marie avec aisance mer et montagne, traditions et modernité, spiritualité et évènements festifs.

Du Canigou à Collioure, de Font Romeu à l'abbaye Saint Michel de Cuxà, de Perpignan à Prats de mollo, les Pyrénées Orientales se déclinent sur tous les tons et pour tous les goûts.

Pays de soleil, terre de convivialité, vous serez conquis par l'accueil des habitants, les vieilles pierres, les grandes fêtes, les paysages grandioses, les morceaux de jambon de Cerdagne avec un petit verre de Banyuls...


Le livre Voyage en Terres Catalanes. Tome 1

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03 novembre 2010

Séisme de Magnitude 5.6, en Serbie, des morts, des blessés et des dégâts importants sont à déplorer

Deux personnes ont trouvé la mort et des centaines ont été blessées dans un séisme d'une magnitude du Moment de 5.6, révisée 5.4 par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM -, et 5.3 par l'United States Geological Survey, - USGS -, qui s'est produit sur le territoire de la commune de Kraljevo située dans le district de Raška, en Serbie centrale, le 03 Novembre 2010 à 00 h 56 Temps Universel, 01 h 56 heure locale.

L'épicentre du tremblement de terre, latitude 43.718° Nord, longitude 20.624° Est, se localise à 2 kilomètres au Nord-Est de Kraljevo, à 3 kilomètres au Sud-Ouest de Sirca, à 5 kilomètres au Sud-Est d'Adrini, à 10 kilomètres au Nord-Est de Zica, à 10 kilomètres au Nord-Ouest de Ratina, à 36 kilomètres au Sud-Ouest de Kragujevac, 110 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Nis, à 125 kilomètres au Sud de Belgrade, capitale et la plus grande ville de la Serbie, et à 125 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de Pristina, capitale et plus grande du Kosovo. Son hypocentre a été déterminé à 2 kilomètres de profondeur par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen et à 10 kilomètres de profondeur par l'United States Geological Survey.

 

Le séisme a été fortement ressenti dans la totalité du pays, y compris dans la capitale serbe, Belgrade et à Pristina, capitale du Kosovo. Kraljevo, située à quelques hectomètres seulement de l'épicentre, a subi d'importantes dégradations matérielles. Elle est plongée dans l'obscurité. Les canalisations d'eau sont rompues et les lignes téléphoniques sont interrompues. Son hôpital a également subi des dégâts notables et ne dispose plus que d'une salle opératoire.

Il est encore difficile d’estimer l’ampleur des dégâts qui se sont produits dans la région de Kraljevo. Ceux-ci ne peuvent être que considérables, étant donné que Kraljevo est une ville industrielle et que les bâtiments n’étaient pas conçus pour résister à un séisme. Des séismes, tels que celui-ci et d’une telle amplitude, ne détruisent pas complètement les bâtiments mais causent des dommages sérieux, qui peuvent provoquer l’effondrement ultérieur d’une partie des constructions.

 

La ville de Kraljevo.

 

Kraljevo est le centre administratif du district de Raška. En 2002(1), la ville comptait 57.411 habitants et la municipalité, 92 localités dont elle est le centre, 121.707. Dans les environs de Kraljevo, se trouvent le monastère de Studenica, inscrit en 1986 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et la forteresse médiévale de Maglič.

Kraljevo est située au centre de la Serbie, au confluent de l'Ibar et de la Morava, dans une vallée qui s'étend entre la Šumadija et les massifs montagneux de Stari Vlah et de Kopaonik. La ville elle-même se trouve à une altitude moyenne de 206 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La section de la Ville de Kraljevo qui est traversée par la Zapadna Morava est couverte de forêts de feuillus dans ses parties hautes et, dans ses parties basses, elle abonde en vergers et en vignes. Les terres proches de la rivières sont propices à l'agriculture. Le principal affluent de la Zapadna Morava est la rivière Gruža. Le secteur traversé par l'Ibar se caractérise par des forêts de hêtres et des chutes d'eau. La rivière elle-même, très poissonneuse, se caractérise par un cours sinueux, avec des gorges aux pentes abruptes. Dans la région de Kraljevo, l'Ibar reçoit sur sa droite les eaux de la Gvozdačka reka et de la Maglasica et, sur sa gauche, la Studenica, la Dubočica, la Pivnica et la Lopatnica. Toutes ces rivières de montagne forment des rapides et des cascades.

Kraljevo est située à proximités des monts Goč, - 1.124 mètres -, Stolovi, - 1.375 mètres -, Troglav, - 1.177 mètres -, Čemerno, - 1.579 mètres - et Radočelo, - 1.643 mètres -.

La région de Kraljevo possède des mines et des ressources géothermiques qui étaient déjà exploitées par les Romains.

 

La cuvette de Caéak-Kraljevo.

 

La cuvette de Caéak-KralJevo est une dépression commplexe sur les bords de laquelle se rencontrent la fois des roches dinariques, des roches eruptives et des roches rhodopiennes, Son ampleur, ses dimensions, son fond en auge et la raideur de ses pentes méridionales sont autant indices qui témoignent de la part qu'à eue l'action tectonique sur sa formation.

D'autre part la présence de grès et de schistes sableux, du Tertiaire inférieur, accrochés sur ses flancs et fortement dérangés indique que affaissement est contemporain de Oligocène. L'absence de Crétacé semble témoigner, enfin, qu'aucune dépression profonde n'existait alors, ce tendant à prouver le caractère très récent de l'affaissement de cette zone.

Une ligne de sources thermales et sulfureuses en marque son rebord méridional, déterminant un centre très important activité sismique en relation avec celui du Kopaonik.

 

Risque sismique.

 

L’activité sismique est relativement importante en Serbie, comme dans l’ensemble de la péninsule balkanique. Depuis 2006, 5 séismes de magnitude comprise entre 4 et 5 sur l’échelle ouverte de Richter, - le 22 mars 2006, les 10 et 11 mai 2006, le 21 novembre 2006 ainsi que le 15 février 2008 -, sont à dénombrer.

Et dès le 7 mars 2010, les directeurs des instituts de sismologie de Serbie et du Monténégro, s’attendent à une recrudescence des activités sismiques dans les Balkans ; « ...nous pourrions connaître une période de forts tremblements de terre, ces derniers n’excluant pas l’éventualité de tsunamis dans l’Adriatique. », d'autant qu'une intense activité sismique perdure, au niveau mondial, depuis trois années.

"...Si celle-ci ne se propage pas, tout particulièrement dans les environs du Chili ou le long de la fosse de la Sunda, d’autres foyers sismiques vont s’activer. Aucune partie du monde, pas moins l'Europe, la France, l'Italie et les Balkans, ne sont à l’abri de tels phénomènes avec des magnitudes égales ou supérieures à 5.5 avec déclenchement de tsunamis en Adriatique et en Méditerranée...(2)"

Pour preuve immédiate :

- à 02 h 51 Temps Universel, 04 h 51 Heure locale, latitude 40.439° Nord, longitude 26.278° Est, un tremblement de terre, de magnitude 5.3 sur l'échelle ouverte de Richter, rivisée à 5.1 par l'United States Geological Survey, a frappé en Turquie Orientale. Son épicentre est localisé à 28 kilomètres au Nord-Ouest d'Eceabat, à 31 kilomètres au Nord-Ouest de Çanakkale et à 120 kilomètres au Sud-Ouest de Tekirdag. Son hypocentre se situe à une profondeur de 9,6 kilomètres.

- et à 18 h 13 Temps Universel, 19 h 16 Heure Locale, latitude 40.06° Nord, longitude 13.20° Est, un séisme de magnitude 5.3 sur l'échelle ouverte de Ritchter s'est produit en Mer Thyrrénienne. Son épicentre est localisé à 96 kilomètres au Sud-Ouest de Forio et à 128 kilomètres au Sud-Ouest de Naples Son hypocentre se situe à une profondeur de 468 kilomètres dans une zone où le volcanisme sous-marin est actif.

En concomitance, des essaims de répliques, de magnitude comprise entre 2 et 3., se produisent, à fréquence rapide, tant en Serbie Centrale qu'en Turquie Orientale.

 

Notes :


(1) Institut de statistique de la République de Serbie.

(2) Etude Séismes au Chili et en Indonésie. Extrait. Raymond Matabosch.

17:10 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séisme, tremblement de terre, serbie, kosovo, turquie, morts, blessés, dommages | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

01 novembre 2010

Un essaim de micro-séismes dans le Briançonnais.

 

Depuis le 31 Octobre 2010, à 20 h 51 Temps Universel, 21 h 51 Heure Locale, pour le premier événements, jusqu'au 01 Novembre, 14 h 07, Temps universel, 15 h 07 Heure locale, pour le dernier en date, 10 microséismes de magnitude comprise entre 2.2 et 3.0 sur l'échelle ouverte de Richter, ont affecté le briançonnais :

Le 31 Octobre :

- 20 h 51 Temps Universel, 21 h 51 Heure Locale, magnitude ML(1) 2.2, latitude 45.03° Nord, longitude 6.86° Est. Son épicentre se situe à 23 kilomètres au Nord-Est de Briançon et à 65 kilomètres à l'Ouest de Turin. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

- 21 h 52 Temps Universel, 21 h 52 Heure Locale, magnitude ML 2.3, latitude 45.09° Nord, longitude 6.54° Est. Son épicentre se situe à 12 kilomètres au Nord de Le Monêtier-les-Bains, à 21 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 65 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 8 kilomètres.

- 22 h 14 Temps Universel, 23 h 14 Heure Locale, magnitude ML 2.7, latitude 45.13° Nord, longitude 6.57° Est. Son épicentre se situe à 11 kilomètres au Sud-Ouest de Modane, à 25 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 67 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 5 kilomètres.

- 22 h 36 Temps Universel, 23 h 36 Heure Locale, magnitude ML 2.5, latitude 45.16° Nord, longitude 6.49° Est. Son épicentre se situe à 5 kilomètres au Sud de La léchère, à 30 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 60 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

et le 01 Novembre :

- 5 h 28 Temps Universel, 6 h 28 Heure Locale, magnitude ML 2.4, latitude 45.19° Nord, longitude 6.55° Est. Son épicentre se situe à 6 kilomètres à l'Est de La léchère, à 32 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 65 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

- 08 h 00 Temps Universel, 09 h 00 Heure Locale, magnitude ML 2.9, latitude 45.16° Nord, longitude 6.48° Est. Son épicentre se situe à 4 kilomètres à l'Est de Valloire, à 30 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 60 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

- 09 h 25 Temps Universel, 10 h 25 Heure Locale, magnitude ML 3.0, latitude 45.13° Nord, longitude 6.50° Est. Son épicentre se situe à 7 kilomètres au Sud-Est de Valloire, à 26 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 62 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

- 10 h 29 Temps Universel, 10 h 29 Heure Locale, magnitude ML 2.4, latitude 45.14° Nord, longitude 6.51° Est. Son épicentre se situe à 7 kilomètres au Sud-Est de Valloire, à 27 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 62 kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

- 11 h 17 Temps Universel, 12 h 17 Heure Locale, magnitude ML 2.7, latitude 45.14° Nord, longitude 6.50° Est. Son épicentre se situe à 6  kilomètres au Sud-Est de Valloire, à 27 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 61kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 2 kilomètres.

- 14 h 07 Temps Universel, 15 h 07 Heure Locale, magnitude ML 2.5, latitude 45.14° Nord, longitude 6.54° Est. Son épicentre se situe à 9 kilomètres au Sud de La léchère, à 26 kilomètres au Nord-Ouest de Briançon et à 65  kilomètres à l'Est de Grenoble. Son hypocentre se localise à une profondeur de 15 kilomètres.

- 18 h 44 Temps Universel, 19 h 44 Heure Locale, magnitude ML 2.7, latitude 45.12° Nord, longitude 6.73° Est. Son épicentre se situe à 10 kilomètres au Sud-est de Modane, à 25 kimomètres au Nord de Briançon et 75 kilomètres à l'Est de Turin. Son hypocentre se localise à une profondeur de 10 kilomètres.

 


Le Briançonnais.

 

Géographiquement, le Briançonnais recouvre le bassin hydrographique de la haute Durance en amont de la Roche-de-Rame. Il s'agit d'un vaste territoire aux 6 vallées. Les 5 premières convergent en étoile aux alentours de Briançon, et, la sixième, la Vallouise, conflue beaucoup plus en aval, en amont immédiat de l'Argentière-la-Bessée.


 

En amont, la vallée principale est parcourue par La Clarée. Elle descend des confins du Dauphiné et de la Savoie, prenant sa source, sous le Seuil des Rochilles, dans le minuscule lac de la Clarée, aussi dénommée, la Mère de l'eau, dans une belle réminiscence celte. Le petit filet d'eau de la Durance, issu des pentes du Gondran, au-dessus de Montgenèvre, la rejoint peu avant la Vachette, et lui impose son nom.

À la hauteur de Briançon, débouche la vallée de la Guisane, parcouru par le torrent du même nom. C'est une vallée large aux versants accueillants, propices au ski à l'ubac et aux alpages à l'adret. Elle permet de rejoindre l'Oisans et Grenoble par le Col du Lautare, - 2.048 mètres -, et, la Maurienne en Savoie, par le Col du Galibier, - 2.645 mètres -, et Valloire.


 

En face ou presque, confluent le Torrent de la Cerveyrette et le Torrent des Ayes. L'un draine une haute vallée frontalière et le versant briançonnais du Col de l'Izoard, - 2.361 mètres -, l'autre un vallon caché aux vastes alpages.

La Vallouise est la dernière grande vallée du Briançonnais historique. Enfin, la vallée de Freissinières complète le Briançonnais géographique et administratif, aux ... 7 vallées, à la hauteur de la Roche-de-Rame. C'est une longue vallée, habitée haut en altitude - vers 1700 mètres à Dormillouse - qui permet de rejoindre Orcières et le Champsaur.


La sismicité en Briançonnais.(2)


La zone Briançonnais-Ubaye correspond à une zone sismique relativement élevée en fréquence et intensité des secousses par rapport aux autres secteurs de la région. Ainsi, en moins d’un siècle, 4 séismes d’intensité épicentrale VII à VII-VIII y ont été ressentis :

- le 27 novembre 1884, épicentre à Guillestre, intensité épicentrale VII,

- le 12 juillet 1904, épicentre à Briançon, intensité épicentrale VII,

- le 19 mars 1935, épicentre à Saint Clément, intensité épicentrale VII,

- le 5 avril 1959, épicentre à Saint Paul sur Ubaye, intensité épicentrale VII-VIII.


 

Le séisme de 1959 a été perçu à plusieurs dizaines de kilomètres de l’épicentre, jusqu’aux villes de Grenoble, Forcalquier, Draguignan, mais aussi de Mondovi en Italie.


C’est probablement le mouvement composite normal-décrochant des systèmes de failles de Serenne et de la Haute Durance qui est à l’origine de cette forte activité sismique. Ces dernières années, la Haute vallée de l’Ubaye a été le siège d’une crise sismique relativement intense. En effet, entre janvier 2003 et novembre 2004, plus de 15.000 séismes de magnitude inférieure ou égale à 3.0 y ont été enregistrés.


Notes.


(1) La magnitude ML, anciennement sur l'échelle de Richter ou sur l'échelle ouverte de Richter, est une magnitude dite locale. Elle est obtenue en mesurant l'amplitude maximale des ondes du séisme à des stations relativement proches, en pratiquant une correction de distance, et pour une fréquence assez élevée su signal, en général, autour de 1 Hz.

(2) http://www.seisme-1909-provence.fr/Brianconnais-et-Ubaye....

11:25 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, microséismes, briançon, briançonnais, alpes, région paca | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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