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31 décembre 2010

L'HOMME un animal mal pensant. Pamphlet.

S'il est une notion qui marque bien l'égoïsme de l'homme dans sa manière de concevoir le monde, c'est celle qu'il s'est forgé de l'utilité de certains animaux, de certaines plantes et de certains minéraux.

Apte à exploiter tout ce qui l'entoure et le côtoie, qu'il s'agisse d'animaux, de plantes ou de minéraux l'homme envisage trop souvent les représentants de la biosphère comme utiles, dans la seule mesure où il peut les exploiter d'une manière ou d'une autre. Cette façon de voir les choses, le place en dominateur et en propriétaire du monde vivant. De ce fait, il se croit autorisé à favoriser le développement de tout ce qui est source de profit, quitte, par ailleurs, à détruire tout ce qui gène directement ou non sa propre existence.

Qu'il n'oublie pas qu'il est seulement un être vivant mortel parmi les autres êtres vivants et un animal du sous-embranchement des vertébrés et du taxon des mammifères. Le monde vivant ne lui appartient pas et si ce dernier se maintient à la surface de la Terre c'est grâce à des équilibres naturels dans lesquels tout animal, tout végétal et tout minéral à sa place.

Aussi, en touchant à ces équilibres instables, même d'une manière supposée discrète, enlever une pierre fait s'écrouler la pyramide. Qu'il sache, lors, que toute notion d'animal nuisible ou utile est une notion exclusivement humaine. Et s'il abandonne cette manière de voir le monde, s'il reprend, modestement, sa place parmi les animaux, cette notion, pour lui, n'a plus aucun sens... Alors il persiste dans son égo égoïste... et il continue à enlever les pierres les unes après les autres faisant s'écrouler, chaque jour plus que la veille, la pyramide sur laquelle il s'est installé et, mauvais bucheron, il scie la branche sur laquelle il s'est assis...

Pour cette raison, l'homme doit agir avec prudence vis à vis des êtres vivants qui l'entourent et doit, en particulier, se garder de détruire sans avoir, auparavant, lourdement réfléchi sur les lourdes conséquences de ses actes. Ces conséquences sont d'autant plus graves qu'il est difficile d'y remédier parce qu'elles apparaissent à long terme. Lors, cernant les causes de la catastrophe, il est souvent trop tard pour y obvier.

 

 

 

Publié le 17 Décembre sur :

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10:49 Écrit par catalan66270 dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : homme, animal, prédateur, biologie, biodiversité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

Réal en Capcir, un village endormi en bord d'Aude.

Municipalité du Capcir, s'étendant en la partie basse de la vallée, depuis les versants sud-occidentaux du Massif de Madres et son Pic de l'Ós, - le Pic de l'Ours culminant à 2.341 mètres d'altitude -, au col de Censà, limite avec le Conflent, jusqu'aux rives du fleuve Aude, limite occidentale du territoire, qui en ce lieu donne vie au lac artificiel et au barrage de Puyvalador, le territoire communal de Réal, - ou Ral -, au milieu des herbages et des champs de céréales et de pommes de terre, est un espace de tranquillité à proximité de l’effervescence Capcinoise.


Les versants montagneux y sont boisés et la zone cultivée, essentiellement des près et des pâturages où paissent chevaux et bovins, est restreinte. Les activités touristiques ont peu impacté la localité qui subit, de la sorte, un fort pourcentage de dépeuplement. Le village, implanté à 1.509 mètres d'altitude, sur la berge droite de l'Aude, se dore au soleil face à la confluence avec la rivière Lladura, et son hameau, Odelló, du haut de son oppidum, veille sur les destinées de la retenue.


Topographie ancienne de Réal


En 1087, Guillaume, archidiacre, et Guillaume Udalgar font donation, à Guillaume, Comte de Cerdagne, de la villa de Réal qui est située en Comté de Cerdagne dans l'archevêché de Narbonne et dans la montagne qu'on appelle Capcir. A cette date, les délimitations en étaient : à l'Est, le col de Berga Stultos et de Campser, au Midi, Vila Nova, à l'Ouest Formiguera et, au Nord, Riutort et la barraque de Querramat. Querramat, le rocher en forme de branche qui n'a laissé qu'un lieu-dit rattaché, de nos jours, à Puyvalador, était dépendance, en 1011, du Vilar d'Odeillo lequel appartenait à l'Abbaye de Saint Michel de Cuxà.


Origine du toponyme Réal.


Le toponyme « Regaliis » apparaît, pour première mention, dans l'acte de concession, en l'an 893, du lieu que l'ont appelait « Mons Regaliis » situé dans la « villa mancipante de Sancti Romanii de Regaliis » fait à Guillaume Prat, par les frères Acfredo et Oliba II, Comtes du Carcassés-Razés.

Il se conçoit, pour ce toponyme, soit un substantif latin usité par Cicéron et Virgile, se traduisant, en français, par royal, de roi, pouvoir royal ou royauté, d'une part, et, d'autre part, d'après Cassiodorus, dans son « Historiae ecclesiastiae », signifiant résidence d'un roi ou palais : soit une altération de « Regales », concernant les membres d'une corporation de Formies, ville des Volques.

Antérieurement à la domination romaine en Capcir, vivait un peuple indo-européen, de souche Celte-Ibère. La région avait été, de plus, occupée par une peuplade la Narbonnaise, les Volques Arécomiques. De cette période subsistent les toponymes, La Lladura, - ou Rivière de Formiguères -, Sposolla, Formiguera, etc...

Aussi, « Mons Regaliis » étant mentionné dans un acte de 893, soit 300 ans avant que le Comte-Roi catalano-aragonais, Alphonse I, ne bâtit le château de Mont Royal, à Puig Balador, -Puyvalador -, il ne peut que s'admettre que « Regaliis » n'a pas la signification latine de royal, de roi, pouvoir royal ou royauté, et, qu'au demeurant, sa racine se rattache, plus sûrement, aux Celtes-Ibères ou aux Volques arécomiques.

En conclusion, il paraît plausible que Réal soit le lieu où s'installèrent des dignitaires ou des chefs Celtes-Ibères ou Volques arécomiques.


Réal, un village endormi en bord d'Aude.


Des ruelles, un nucléus..., le chaland, s'il ne pose son regard sur les marques d'architecture, ne s'arrêtera pas et passera son chemin. Mais c'est dans les pierres que l'histoire et la vie du village s'inscrit. Là, sur une butte, des substructions ruinées d'un château aujourd'hui disparu, plus loin, gravé dans des blocs de granit de remploi, à l'angle de portes cochères, une croix occitane et des signes distincts tels une colombe et un pentagramme d'une présence cathare, et les bribes d'un vieux « molí fariner », - moulin à farine -, aux maisons, les volets Vauban, une source d'eau minérale d'une fraîcheur exquise... et, pour l'œil averti, une kyrielle de petits détails architecturaux qui font le charme d'une visite approfondie...

Et, déçu de n'avoir rien vu, le dilettante blasé en oubliera, se dressant fièrement, à l'extérieur du village, au-dessus du plan d'eau, pourtant reconnaissable par son clocher-mur, à des lieues à la ronde, depuis tout le plateau du Capcir, l’église à nef unique couverte en berceau brisé, du XI° Siècle et remaniée au XVII°, en moellons de schiste non équarris, de Saint Romain et son cimetière attenant. L'édifice religieux garde, sur sa face Sud, les classiques arcatures et des lésènes lombardes, et une toute petite fenêtre absidale de la même époque. En son intérieur, des fresques datent du XVI° Siècle.

 

Il ne poussera pas le portail grinçant de la nécropole réalaise et n'y découvrira pas, en son centre, la croix en fer forgé qui y trône. Elle marque la dernière demeure d'un Maréchal d'Empire : Pierre Boucabeille. Étrange histoire que la sienne car elle a été ferronnée et gravée à son nom, l'année 1790, par le défunt lui-même, 12 ans avant son propre décès.

Il ne portera pas, non plus, ses pas sur la route panoramique qui se termine au hameau d’Odeillo de Réal, le dernier habitat du Capcinois à bénéficier du soleil le soir et il ne croisera pas la croix en fer forgée qui s'inscrit dans le cadre de la tradition et de la sorcellerie, en Capcir, au XV° Siècle. Ce petit oratoire était un lieu de recueillement et de dévotion où, avant chaque enterrement, les habitants s'y regroupaient pour chasser le démon qui hantait la dépouille roide du disparu.


Réal est ainsi, un village endormi en bord d'Aude, sans histoire et sans intérêt architectural.

 

 

 

Publié le 04 Décembre sur :

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25 décembre 2010

Le Palais des Rois de Majorque, joyau perpignanais.

Lorsque Jaume(1), fils cadet de Jaume I el Conqueridor(2), - Jacques I le Conquérant -, est proclamé Roi de Majorque, au décès de son père, le 27 Juillet 1276, il décide d'installer la capitale de son Royaume à Perpignan, au carrefour de l'Aragon et des terres de France, se réservant deux résidences d'été, l'une à Majorque et la seconde à Montpellier.

Il lui fallait une résidence digne d'un Souverain et, dès 1274, deux ans avant le début de son règne, débute la construction de son palais, sur une colline d'où il peut dominer toute la ville, et, d'un regard circulaire, embrasser ses Comtés de Roussillon et de Cerdagne, sa Vicomté de Vallespir, et, des points sur l'horizon, sa seigneurie de Montpellier et ses terres îliennes majorquines. La construction de ce joyau architectural enchâssé dans un écrin, la fin marquée par la consécration des chapelles en 1309, s'est déroulée sur une période de 35 ans.

Par son plan d'ensemble s'inspirant fortement des modèles majorquins et s'organisant autour de trois cours, le Palais des Rois de Majorque, de style essentiellement gothique caractérisé par des arches majestueux, est un palais-forteresse élaboré sous la direction de maîtres d'œuvres, Ramon Pau et surtout Pons Descoyl, aux talents indiscutables et indiscutés en leur époque. Ses murs de galets roulés et de cayrons(3) liés au mortier de chaux hydraulique, sont enduits à la chaux dolomitique et peints, et ses portes, ses fenêtres, ses galeries, ses escaliers, ses chaînes d'angle, ses tours principales sont bâtis en pierres de taille, marbre rose et rouge de Ria, blanc et bleu de Céret, blanc de Baixas, gès du Canigou, pierre ocre de Les Fonts et bleue de Baixas.


Dans le cadre architectural, le Palais Royal est un complexe réunissant, en un même lieu, la salle du trône, siège du pouvoir politique, la chapelle, centre de dévotion et de méditation, et la résidence royale. La position surélevée de la chapelle Sainte Croix, au cœur des appartements royaux, face à la salle du trône, marque la prépondérance du spirituel sur le temporel.

La richesse architecturale, du Palais des Rois de Majorque, exprimait, et exprime toujours, l'œcuménisme catalan au Moyen Âge. Les murs et les plafonds des deux fastueuses chapelles superposées, s'élevant en donjon, sont couvertes de fresques polychromes et déroulent la calligraphie des sourates du Coran tandis que les décors des sanctuaires palatins font écho à la pensée monachique franciscainepropice à la méditation.

Si la Royauté majorquine fut éphémère, - du 27 Juillet 1276 au 25 Octobre 1349 mais, néanmoins ayant persisté jusqu'à son abolition par les Décrets de Nueva Planta de 1716 -, le passé qu'elle a laissé, fascine encore par sa beauté et ses richesses politiques, artistiques, littéraires et culinaires. Les « lois palatines(4) », un texte novateur rédigé en latin et illustré de miniatures, mettant en place une étiquette de cour, reprises par la suite par la majeure part des cours d'Occident, y sont promulguées en 1337 par Jaume II de Majorque(5), - suivant certains historiens Jaume III -. Le premier recueil culinaire publié, « le Sent sovi » est écrit en ses murs. Il fait état de recettes sucré-salé, aigre-doux, parfumées d'épices orientales donnant, à cette cuisine, des saveurs étonnantes, et d'un art de la table et de la réception des convives incomparables : sol jonché de plantes aromatiques, des nappes de draps blancs brodées, des céramiques de « Manises », - les azulejos -, et de vaisselle d'or et d'argent..., un art dont, bien plus tard, Louis XIV s'empara, et qui, depuis, est le fier fleuron de l'art de la table à la française honoré, en 2010, par l'United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, - l'U.N.E.S.C.O. -, et entré au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.


Les abords et ses jardins, dans l'écrin de ses remparts de briques roses entourés d'un profond fossé, ramènent aux splendeurs andalouses. L'entrée du palais est protégée par des douves, une barbacane crénelée et un pont levis. La porte d'origine était percée du côté Sud de la tour de l'Homenatje, - tour de l'Hommage -, adossée à l'étage à la salle du trône. Elle conduit à la vaste cours d'honneur carrée d'où le badaud admire la façade Est ajourée de deux élégantes galeries sur deux niveaux.

L'aile Est, dominée par le donjon-chapelle Sainte Croix, fut ordonné par le Roi Jaume I en personne. Les deux sanctuaires superposés sont conçus dans le style gothique qui commence, alors, à s'imposer dans le Roussillon. Et celle Sud, la Grande Salle, « l'aula », accueillait banquets, conseils royaux et parlements. Ses murs peints étaient tendus de tapisseries. Elle conserve sa cheminée près de laquelle un escalier communiquait avec les cuisines au rez-de-chaussée.


Au-delà de la période majorquine, le palais sera fortifié à plusieurs reprises, notamment sous Philippe II d'Espagne lors de la construction d'une vaste citadelle que Vauban conservera plus tard lorsqu'il modernisera les fortifications de Perpignan. Après l’annexion à la France, le palais restera propriété militaire et ne sera redécouvert par les historiens qu’à partir de la 2e moitié du XIXe siècle. Inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1875, classé en 1913, il sera ouvert à la visite en 1958 et, sous l'égide du Conseil général qui en est propriétaire, il est, également, un haut lieu d'exposition sur l'histoire du Roussillon et il accueille, régulièrement, des concerts, des pièces de théâtre, des conférences et des colloques.

Du haut de sa tour, le chaland découvre un magnificent panorama de Perpignan, de la plaine du Roussillon, de la Vallée de la Têt, de la « Mare Noster », - la Mer Méditerranée -, des Corbières et des Albères.

Raymond Matabosch


Notes.


(1) Jacques I de Mallorque, - suivant certains historiens Jaume II -, deuxième fils de Jacque I le Conquérant et de Violante de l'Hongrie, naquit le 31 Mai 1243 et décéda le 29 Mai 1311. Il fut Roi de Majorque, - Majorque, Ibiza et Formentera, Minorque, encore occupée par les musulmans se considérait vassal -, Comte de Roussillon et de Cerdagne, Vicomte de Vallespir, Seigneur de Montpellier, Baron d'Omeladès et Vicomte de Carladès, de 1276 à sa mort.

(2) Jacques I le Conquérant, fils du Pierre II le Catholique et de Marie de Montpellier, naquit le 2 Février 1208 à Montpellier, décéda le 27 Juillet 1276 à Alcira. Il fut Roi d'Aragon, Comte de Barcelone et Seigneur de Montpellier en 1213, Roi de Majorque en 1229 et de Valence en 1232.

(3) Parallélépipède rectangle, de terre argileuse crue et séchée au soleil ou cuite au four, utilisé comme matériau de construction, plus communément dénommé brique pleine.

(4) Le document est conservé à Bruxelles à la Bibliothèque royale Albert I.

(5) Jacques II de Majorque naquit à Catane, en 1315, décéda lors de la bataille de Llucmajor, Majorque, le 25 octobre 1349. Il fut Roi de Majorque, Comte de Roussillon et de Cerdagne, Vicomte de Vallespir, Seigneur de Montpellier, Baron d'Omeladès, Vicomte de Carladès et Prince d’Achaïe

 

 

Publié le 06 Décembre sur :

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Séisme de magnitude 6.2 sur l'île Bougainville au pied du volcan bouclier pyroclastique Loloru...

Un puissant séisme de magnitude de 6.2 sur l'échelle ouverte de Richter a frappé l'Île de Bougainville, Papouasie Nouvelle Guinée, le 13 Décembre 2010 à 01 h 14 Temps Universel, 11 h 14 Heure Locale. Son épicentre, latitude 6.563° Sud et longitude 155.640° Est, se situe à 7 kilomètres au Nord-Ouest de Bogisage, à 10 kilomètres au Nord-Est d'Isinai, à 15 Kilomètres au Sud-Est de Taki, à 20 kilomètres au Nord d'Aku, à 20 kilomètres au Nord-Est de Boku, à 27 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Taruba, à 40 kilomètres au Sud-Sud-Est d'Arawa, pour une population de 40.266 habitants, à 105 kilomètres à l'Ouest de Chirovanga sur l'île de Choiseul, Archipel des Salomon, et à 990 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Port Moresby. Son hypocentre a été localisé à 146,9 kilomètres de profondeur, au pied même du volcan Loloru dont le cratère sommital se situe à 5 kilomètres au Nord-Nord-Ouest du foyer sismique.

Aucun dégât, ni blessé n’a été immédiatement signalé par les autorités locales mais les doutes subsistent étant donné l'ampleur de la magnitude et la proximité des villages avoisinants. Et aucune alerte au tsunami n’a été émise par le centre régional d’alerte aux tsunamis, le Pacific Tsunamis Warning Centre, - le P.T.W.C. -, basé à Pearl Harbour, Îles Hawaii.

Le 01 Septembre 2006, un séisme de magnitude 6.8, localisé latitude 6.822° Sud et longitude 155.535° Est, d'hypocentre 45,7 kilomètres de profondeur, avait déjà frappé la région. Les autorités locales avaient déclaré, malgré que le tremblement de terre aurait pu causer des dégâts à cause de son emplacement et de sa magnitude, « … que ni destructions, ni victimes n'avaient été recensées... »


L'Île de Bougainville.


Bougainville, l'une des plus grandes de l'Archipel des îles Salomon, dans le Sud-Ouest de l'océan Pacifique, est une île de Papouasie Nouvelle Guinée. Tectoniquement, elle se trouve prise dans l'étau de deux plateaux océaniques, deux deux rides et de deux fosses parallèles, sur son Nord et son Est, le plateau d'Ontong-Java, la ride Nord-est et la fosse de Nord Salomon, sur son Ouest et son Sud, le plateau d'Entrecasteaux, la Ride d'entrecasteaux et la fosse de Bougainville. En outre, elle est marquée par l'affrontement entre les grandes plaques Pacifique et Australienne dont la convergence se caractérise « par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1.000 kilomètres de largeur. » Celle-ci s'exprime « par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu. Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques. »


Le séisme du 13 Décembre 2010 et le volcan Loloru.


Code 0505-03

Localisation : Latitude 6.31° Sud à 6.52° Sud

et Longitude 155.37° Est à 155.62° Est,

Volcan bouclier pyroclastique, altitude 1.887 mètres.

Île Bougainville, Papouasie Nouvelle Guinée.

 

Le tremblement de terre, de magnitude 6,2, s'est produit sur le plan de Wadati-Benioff, subduction de la plaque Australienne, à une profondeur de 149 kilomètres, - un séisme dit intermédiaire -, à l'aplomb du volcan Loloru, un volcan situé sur l'arc des Salomon.

Ce volcan pyroclastique, de type bouclier, se situe au Sud-Est de l'Île de Bougainville. Il est à l'origine de la la large et épaisse chape d'ignimbrite qui recouvre, majoritairement la province méridionale de l'île. Son sommet se caractérise par la présence de deux caldeiras imbriquées, et d'un dôme de lave andésitique qui limite un lac en forme de croissant sis sur le bord oriental de la caldeira la plus jeune.

Tout comme le complexe volcanique Taroka et le volcan Takuan, tous deux implantés, le premier en son Nord-Ouest, le second sur son Nord, le Loloru s'est construit dans la caldeira Pléistocène, de dimensions imposantes, 10 kilomètres de large et 15 kilomètres de long, La plus récente des éruptions explosives majeures du Loloru, durant l'Holocène, s'est produite il y a environ 3.000 ans.

Suite au séisme du 16 Août 1995, de magnitude 7.8, foyer localisé à 200 km au Nord-Ouest, le 20 du même mois, des émissions de vapeur, faibles à modérées, blanches étaient observées dans le champ fumerolien principal, sur le flanc de Nord du dôme de lave sommital. Le lac, inclus dans la caldeira, aucune décoloration des eaux et aucune déformation de son niveau n'étant apparentes, paraissait « normal ». Mais depuis 1988, il est constaté une augmentation de chaleur au niveau des sources fumeroliennes et des solfatares, une température évoluant de 80° C, en 1984, 108° C en 1995, et bien supérieure depuis le séisme de magnitude 6.8 du 01 Septembre 2006.

Au différent des précédents tremblements de terre qui s'étaient produits dans un rayon compris entre 100 et 200 kilomètres, des séismes qui n'avaient pas intercédé sur l'activité volcanique apparente du Loloru, le présent séisme a frappé à l'aplomb même du dôme de lave sommital et de la chambre magmatique. Il peut donc être à prévoir, le magma s'élevant, dans l'arc des Salomon à la vitesse de 1,3 kilomètres par jour, une reprise d'activité du volcan Loloru, avec une ou plusieurs éruptions explosives propres aux volcans boucliers pyroclastiques, et, parallèlement, fonctionnant de conserve, des probables manifestations volcaniques pourraient affecter le complexe volcanique Taroka et le volcan Takuan, sous quelques 15 à 20 jours maximum.


Raymond Matabosch.

 

 

Publié le 14 Décembre sur :

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Carte postale du Pont du Saint Esprit, dans le Gard provençal.

Une transition hasardeuse d'une longueur de 919 mètres formant coude, l'une des plus remarquables de tous les ponts subsistant du moyen-âge, 25 arches, en pierres de taille, lancées sur le Rhône et édifiées entre 1265 et 1309 par la corporation religieuse et laborieuse des Pontifices, - ou Frères pontifes des hospitaliers -, placée sous le signe du Saint Esprit, avec le concours d'une confrérie de femmes, et financé avec les « Petit-Blanc », - passage du sel remontant le Rhône -, et les « traites étrangères », - quelques deniers par minot -, un peu en amont du confluent avec l'Ardèche, a favorisé l'éclosion de cette petite cité négociante, qui a conservé quelques belles demeures anciennes et sa vocation de marché.

 

Le Pont fantastique du Saint Esprit 1265 -1309 : Sa construction.

 

En 1214, l’évêque d’Uzès, pour faciliter les mouvements des populations liées aux croisades, pèlerinages et au commerce rhodanien voulut faire construire un pont à Saint-Saturnin du port. Le projet fut bloqué par le prieur du monastère Saint-Pierre de l’ordre de Cluny car les terres, sur les deux berges du Rhône, appartenaient, depuis l'an 948, - legs de Géraud d'Uzès, archevêque d'Aix -, à l'abbaye clunisienne. Mais, en 1265, conscient de l'enjeu stratégique que représenterait l'érection d'un tel ouvrage d'art, le prieur de Saint Pierre, seigneur des lieux, en favorisa la construction.

Sous l'égide du comte de Poitiers et de Toulouse, Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, la première pierre de l'édifice majestueux qui franchit le Fleuve-Dieu du félibre Mistral, et Fleuve-Roi du romancierBernard Clavel, le « Rhône », fut posée, en rive droite, le 12 Septembre de la même année, par Dom Jean de Tensanges, aussi dénommé de Thianges -, prieur de Saint-Saturnin du Port. Mais la construction de l'ouvrage nécessitant d'énormes investissements financiers que ne pouvait supporter le prieuré, en 1280, une confrérie de frères et de sœurs pontifes fut crée pour aider l’œuvre d'édification du pont.

Moines-soldats et bâtisseurs émérites, les frères pontifes organisèrent des quêtes et des collectes et participèrent, activement, aux travaux de maçonnerie et à la taille des moellons, et les sœurs apportèrent, elles, assistance et soutien aux ouvriers et soignèrent les malades dans une bâtisse située aux abords du chantier.

Après la mort du Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, en 1271, les régions « Partes Occitaniae Linguae » furent divisées en trois sénéchaussées, Saint-Saturnin du Port se trouva inclus, de fait, dans celle de Beaucaire en opposition directe avec le Comté de Provence. Aussi, vers 1295, il fut décider de fortifier la construction, au fur et à mesure de son avancement, par des tours.

En 1307, l'ouvrage était quasi terminé et une seule arche restait à édifier. Pour pérenniser l'œuvre et anticiper les mouvements de population, à des lieues à la ronde, le pont devant être le seul qui pourrait être opérationnel, en 1308, le prieuré de Saint Pierre bâtit, à la limite de son établissement conventuel, un hôpital. Quelques mois plus tard, 44 ans après sa mise en chantier, en 1309, le pont fut ouvert à la circulation. Un bac transportant les marchandises, les chariots n'y circulèrent qu'à vide.

Les piles côté Est furent construites sur la terre ferme, celles du côté opposé, en rive droite, bâties sur le rocher même et les autres, dans le courant du fleuve, protégées par des becs triangulaires brisant la force des eaux, sur pilotis. Chaque pile formant culée, les arches, au nombre de vingt cinq, composées de quatre arceaux juxtaposés, purent être lancées l'une après l'autre.

En voyant le pont, le Roi Philippe IV de France, -Philippe le Bel -, se rendant à Carpentras, en Comtat Venaissin, où le Pape Clément V qu'il avait fait élire le 5 Juin1305, avait établi sa curie, se serait écrié : « On dirait que cette œuvre merveilleuse est issue des mains de Dieu ! » Alors, bien vite, les bruits coururent que le Saint Esprit, en personne, avait travaillé à l'ouvrage et un oratoire fut érigé à proximité et dédié à l'Esprit de Dieu, - la troisième personne de la Trinité, aussi appelé l'Amour du Père et du Fils. - Le nom de Pont du Saint Esprit, - Pont Saint Esprit -, s'imposa et la légende circula partout en Europe.

 

La légende du pont volé de Saint-Saturnin du Port.

 

Quand Saint Saturnin du Port n'était qu'un simple bourg de pécheurs, de la dépendance de l'archevêché d'Aix, un service de bac et deux ponts, permettaient de traverser le Rhône. L'un, entre la bourgade et celui, sur la rive Est, de Lamotte, n'était qu'une passerelle faite de plusieurs épaisseurs de troncs d'arbres et de cordes de chanvre. Trop léger de structure et trop étroit, les marchandises étant transportées par bac, il ne permettait que le passage d'un chariot à vide, à la fois. Le second, sur l'antique voie Domitia, de bois taillé en larges poutres et doté d'une toiture, nécessitait un long détour par Beaucaire.

Le pont de Saint Saturnin du Port était très ancien. Les colporteurs disaient qu'Hannon, fils de Momilcar et lieutenant d'Hannibal, versla fin du mois d’août de l’an 218 avant Christ, dans le plus grand secret pour tourner l'ennemi hostile, posté sur l'autre rive etprêt aux combat, l'avait fait construire en un jour et une nuit. Il avait fait abattre des arbres et construire des radeaux qu'il avait joint pour facilité le transport des hommes, des chevaux, des éléphants et des bagages.

Mais à chaque crue du fleuve impétueux et à chaque grand vent, les vagues emballées venaient se fracasser sur la passerelle. A chaque fois, il fallait sonner le gros bourdon et les hommes encordés tentaient vainement de faire passer, sous l'ouvrage fragile, les arbres noyés qui formaient barrage ce qui n'empêchait pas le pont de se rompre trois à quatre fois par an.

Il fallait, en attendant de le rebâtir et de l'assurer à grand frais, faire un grand détour par l'unique pont de Beaucaire qui restait, pour aller au marché de Saint-André de Senemagos, à Abolenno ou à Carpentras et les charretiers se plaignaient des journées inutilement perdues, des dépenses d'octroi exorbitantes que percevaient les seigneurs sur leurs routes et de la fatigue qu'accumulaient leurs attelages.

Les prieurs de Saint Pierre, nouveaux seigneurs du lieu, et les desservants de Saint-Saturnin reconnurent la nécessité de construire un grand pont de pierre. Les dépenses engagées pouvant mettre à mal les finances de leur prieuré de celles de la petite bourgade bien pauvre, pour que la réalisation puisse voir jour, ils argumentèrent que chacun devrait trouver sa part au fond de son escarcelle.

C'est alors qu'arriva, à Saint Saturnin du Port, un bien curieux maître d'œuvre, un si curieux maître d'œuvre que les ecclésiastiques et le menu peuple, en y regardant de près, auraient pu voir qu'il avait, sous ses hardes délavées, un beau pourpoint de soie. Et, s'ils avaient prêté plus d'attention au nouveau venu, ils se seraient aperçus que l'intriguant personnage fuyait l'église et les oratoires, et ne faisait jamais le signe de croix.

Trop impatients que leur pont fut construit, ni les uns ni les autres ne regardaient le maître d'œuvre. Ils discutaient, seulement, de la condition qu'il avait posée: « Je vous bâtirai un pont de pierre, large pour permettre le passage de nombreux attelages et le croisement de deux convois de chariots, sans aucune gène pour les gens marchant à pied... un pont comme personne n'en a encore vu dans toute la région... mais, en échange, je veux, contre mon pont, tout ce qui fait la joie de vivre du premier qui y passera dessus... », ajoutant, à ses exigences, « ...Le premier passant devra être, obligatoirement, un homme, non une bête, sinon, parole du fils second de Dieu le Père, le malheur s'abattra sur votre communauté. » Croyant en la Sainte Trinité, le maître d'œuvre, faisant injonction au fils second de Dieu le Père, ainsi ne pouvant être que l'incarnation du Saint Esprit, les prieurs de Saint Pierre et les desservants de saint Saturnin acceptèrent le marché sans autre condition.

Large, haut, solide, long de cent perches..., en une nuit, le pont fut construit.

Et, au petit matin, il y avait foule pour admirer la belle ouvrage. Et, parmi les plus poltrons, emportant tout à son passage, la rumeur courrait que le maître d'œuvre était l'incarnation du diable. Et, bien vite, chacun voulut s'enquérir des conditions acceptées par les hommes de Dieu pour qu'un tel pont puisse être bâti. La rumeur s'enflammant, les cris et les harangues fusèrent de toutes parts : « Notre pont doit être payé par la fortune du plus riche. A toi, prieur, traverse. Tu nous dois cela pour le mâlin ! » Mais le prieur interpellé avait disparu... Ainsi il en fut pour tous les moines de Saint Pierre et pour tous les desservants de Saint Saturnin, et pour tous les syndics et tous les consuls, et le prévôt... et bien d'autres avec eux...


La foule s'amenuisait petit à petit. En finalité, il ne restait plus que les petites gens et la mauvaise humeur montait et enflait démesurément :

« Ils n'ont pas su nous faire un pont, c'est aux maçons à trouver l'homme... .

- C'est aux charpentiers, affirmèrent les maçons...

- C'est aux marchands qui vont vendre les produits de la pêche et des champs et des vignes, ce sont eux qui l'emprunteront, alléguèrent les charpentiers... »

Mais nul ne voulait se dévouer. Même les manants... Enfin, un homme, arrivant de nulle part, sans âge et sans famille, jouant des coudes, fendit la masse agglutinée des petites gens et des rustres aux visages empourprés par la colère et prompts à en découdre, et dit:

« Si ce n'est que cela..., je me dévoue. Ce sera moi qui emprunterait le pont le premier... »

Sur l'autre rive, spectateur du spectacle désopilant offert par les religieux, les notables et les petites gens de Saint Saturnin du Port, le maître d'œuvre attendait, patiemment, le règlement de son dû. Il avait jeté, au diable vauvert, ses hardes. Tous crurent reconnaître, vêtu de riche soie rouge et noire, Belzébuth en personne
L'homme, d'un pas assuré, s'engagea sur le pont, s'arrêta, au milieu, pour regarder le Rhône et continua sa marche. Parvenu sur l'autre berge, le Diablotin, avec bonhommie et large sourire, lui serra la main.

« Pourquoi es-tu venu, Homme... ?

- Parce quelqu'un devait se dévouer pour concrétiser l'acceptation du contrat et la finalisation de celui-ci, une fois les travaux achevés... Et je suis là pour cela...

- Voilà la parole d'un homme de bien, sensé dans ses propos... », reprit le Diable. « Ce village étant en peine, j'avais décidé de tester son bon sens et le bien fondé de leurs prières... Mais tous ne sont que des pleutres sans foi et sans âme, même mes bergers m'ont trahi... Je ne puis l'accepter et, en punition, leur punition, je reprends mon pont.

Et comme il aurait tiré sur une corde, la belle ouvrage s'effilocha dans la brume et disparut à la vue de tous. Le beau pont de pierre ne resta plus qu'une illusion. il fallut plus de deux siècles avant que le Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, et le prieur de Saint Pierre, Dom Jean de Tensanges, ne lancent la construction d'un autre.

 

Le Pont du Saint Esprit au fil des temps.

 

En pleine guerre de Cent ans, en 1358, le pape Innocent VI, fit construire les remparts d'Avignon et, en même temps, autorisa, pour le Pont du Saint Esprit, la construction de bastilles crénelées aux deux accès ainsi que sur la pile « Saint-Nicolas. »

A l'Ouest, sur la deuxième pile, au XV° Siècle, furent érigées « la Tour du Roy » et une seconde qui servit de logement aux gardes du pont. Parallèlement, sur le coude du pont, à la demande expresse des prieurs de Saint Pierre, une tour fut aménagée et transformée pour abriter, d'une part, en son niveau supérieur, la chapelle Saint Nicolas et, d'autre part, en-dessous, au raz des flots tumultueux du Rhône, une prison. En son Est, un pont-levis fut adjoint à la tour appelée « devers l'Empire. »

Sous les coups de butoirs répétés, lors des grandes crues, dès le XVI° Siècle, l'arche orientale, détruite, fut remplacée par trois petites arches, et, au XVII° Siècle, des travaux de restauration s'imposant, des avant et des arrière-becs triangulaires furent construits. A cette époque, seuls subsistaient encore, du XIII° Siècle, les becs triangulaires originels qui protégeaient les piles « Saint Nicolas » et « Terre. »

Au XIX° Siècle, ouvert à la libre circulation, le pont fut réaménagé et, en 1861, doublant les piles, les becs étant refaits, ainsi son tablier élargi de deux mètres, les chariots purent se croiser aisément. En outre, avec l'apparition des bateaux à vapeur qui remontaient le Rhône, l'ouverture des arches s'avéra trop étroite. Alors, les autorités politiques et fluviales, d'un commun accord, l'importance du commerce et les bénéfices qui en résulteraient, décidèrent de « faire sauter », en rive droite, la première pile, et offrirent un passage de 58 mètres de largeur aux mariniers. Les travaux de transformation furent placés sous la haute autorité d'un certain Aymard, ingénieur ordinaire du département du Gard et les voussoirs en fonte, de l'arche du pont furent coulés sous « l'habile direction d'Emile Martin », un homme de bon sens et un industriel avisé dans la sidérurgie et le fonctionnement des hauts fourneaux, qui avait amélioré, les fours à réverbère inventés, par Carl Wilhelm Siemens.

Lors de la deuxième Guerre Mondiale, en Août 1944, les bombardements américains, par le fait du hasard ou par chance inouïe, - ne dit-on pas le Pont du Saint Esprit -, avaient relativement épargné ce superbe ouvrage. Seule l'arche en fonte ayant été détruite, celle-ci fut provisoirement remplacée par un pont suspendu léger. Dès 1954, une nouvelle arche, d'une portée de 53,70 mètres, et d'une largeur de 7,50 mètres, en béton armé à deux articulations plus en accord avec le monument en pierres maçonnées, coulée sur un cintre constitué de profilés métalliques, fut réalisée.


Raymond Matabosch.

 

 

Publié le 04 Décembre sur :

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21 décembre 2010

Considérations sur le devenir des humains. Pamphlet.

Choc pétrolier ! Crise pétrolière et énergétique ! Dans l'esprit humain, la presse et les politiques, de tous bords confondus, s'en étant vite emparés, sans aucun état d'âme, les écologistes grassement subventionnés par les grands consortiums industriello-financiers et les pieuvres multinationales, leur emboitant le pas, cela a vite représenté, pour le commun des mortel, la multiplication des interventions politico-politicardes relayées par les castes de scientistes avides de reconnaissance et de notoriété et de journaleux amplifiant la portée des discours volontairement mensongers et inauthentiques, devoir « être contraint de se passer de pétrole... »

Certes, l'homme sensé ne doit pas se leurrer, les réserves pétrolières ne sont pas éternelles et un jour viendra où, les stocks d'hydrocarbures étant épuisées, pénurie sera... En 1973, les alarmistes annonçaient seulement trente ans de consommation... et, en 2010, les plus pessimistes prévoient que les approvisionnements cesseront dans 50 ans... mais la prospection et les estimations, les progrès technologiques permettant d'exploiter des gisements sur lesquels, précédemment, les compagnies ne pouvaient intervenir, concordent pour admettre le tarissement de tous les bassins pétrolifères dans, au minimum, 8 à 10.000 ans.

En vérité, le vocable « choc pétrolier », combinant hausse du prix et baisse volontaire de la production, fait, uniquement, référence aux conséquences sur l'économie globale d'une modification brutale de l'offre de pétrole. Et, sans nulle intercession sur la présence ou non des réserves pétrolières disponibles, tel en a été en 1973 en 1979, débuts des années 2000 et en 2008. Les causes et les conséquences de chacune de ces pseudo-crises sont différentes, mais la dépendance accrue de l'économie mondiale au pétrole, l'avènement de nouveaux « produits », plus lucratifs pour les spéculateurs et pour le Nouvel Ordre Mondial de la finance et de l'industrie, sur le marché, provoqueront, dans l'avenir, une répétition de ces crises.

C'en est ainsi que le pseudo-premier choc pétrolier de 1973, totalement artificiel car décrété pour compenser les effets de l'effondrement du dollar qui avait suivi son détachement de toute référence à l'or et son flottement au début des années 1970, et ceux du ralentissement conjoncturel mondial qui avait commencé à cette période, la guerre avec Israël servant de justificatif pour mieux berner le commun des mortels, permit l'émergence d'un combustible nucléaire, l'uranium enrichi, et la prolifération, en France et de part le Monde, des centrales nucléaires et d'applications multiples : production d’électricité, propulsion navale et diverses, - terrestre, thermique, électrique, aérienne... et, même, spatiale -, production de lasers, production d’isotopes radioactifs utilisés dans l’industrie et en médecine, production de chaleur, dessalement de l’eau de mer,... ou production d’hydrogène et d'armes nucléaires.

Les pseudo-chocs pétroliers de 1979, débuts des années 2000 et de 2008, ont, eux, mis en exergue, sous l'égide des compagnies pétrolières, des raffineurs, des producteurs et des transporteurs d'électricité, des industriels du nucléaire et des grands trusts multinationaux, les biocarburants, le bois, les énergies renouvelables telles que l'hydroélectricité, l'énergie solaire et l'énergie éolienne, les pompes à chaleur et la géothermie, et, enfin, la fusion nucléaire et l'exploitation des hydrates de méthanes. Tous les gouvernements, tous les politiques et tous les écologistes, depuis deux décennies vantent les mérites de telles avancées scientifiques et portent au pilori, en Place de Grèves(1), la pollution dégradant les biotopes par l'introduction, massivement humanoïde, de substances ou de radiations, entraînant une perturbation plus ou moins importante des écosystèmes et de la santé, et, cerise sur le gâteau, du réchauffement climatique anthropique, - également appelé réchauffement planétaire, ou réchauffement global -, par le fait des émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines, modifiant la composition de l'atmosphère de la planète.

Qu'en admettre, réellement, de ces chocs pétroliers à répétition et moteurs premiers des changements de cap dans les activités qui produisent des richesses grâce à la transformation des matières premières et à l'exploitation des sources d'énergie ? Le Monde controuvé de la finance et de l'industrialisation à outrance, - faisant marcher au pas, subventions, mécénats, commissions, rétro-commissions, primes mirobolantes et rétributions salariales de tous ordres obligeant, le monde politico-politicard bassement politicien, les écologistes respectueux des équilibres naturels, promouvant la préservation de l'environnement, des sociétés et des ressources naturelles contre les ravages de la société industrielle, et, parachevant, le panel des castes, l'univers scientifique asservi à la pensée unique prônée par l'Intergovernmental Panel on Climate Change, ou I.P.C.C., en français, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le G.I.E.C., ouvert à tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies, O.N.U., et la nébuleuse journalistique -, accusent la pollution anthropique de tous les maux de la Terre et condamnent, les mensonges éhontés faisant force de loi, les contribuables et les consommateurs à des dépenses inconséquentes et majoritairement injustifiées.

En effet, la radioactivité artificielle subit les châtiments à cause de la contamination générée par la radioactivité qu'elle produit mais le contamination industrielle, houspillée par les écologistes, ne représente que 1% de la pollution radioactive et de la contamination au niveau planétaire, - dont 0,3% pour l'énergie nucléaire tant discriminée suite aux accidents militaires ayant lieu dans l'ancien bloc de l'Est, en République populaire de Chine et d'autres nations possédant l'arme nucléaire, sur des armes en service, sur des réacteurs de propulsion navale, dans le domaine de la recherche ou à ceux liés à l'industrie nucléaire civile dont, entre autres, le 28 Mars 1979, Three Mile Island, en Pennsylvanie, le 13 Mars 1980, Centrale nucléaire de Saint-Laurent, en Loir-et-Cher, en France,... ou le 26 Avril 1986, Tchernobyl, en Ukraine -, les 99% restant, principales sources de radioactivité, étant le fait naturel inhérent à la minéralogie terrestre, aux radioisotopes produits lors des explosions des supernovas, à la présence du radon gaz radioactif dense, au rayonnement cosmique à l'origine de la production de radionucléides, au vent solaire...

Et la pollution anthropique, - pollution industrielle surtout due à la combustion de carburants fossiles, à l’oxyde nitreux, etc..., et pollution dans la vie courante telle celle produite par les chauffages, l’automobile, la combustion de carburants, les chlorofluorocarbones, l'agriculture, l'élevage, les agents gonflants, les solvants, les réfrigérateurs, les climatiseurs, etc... -, malgré tous les chiffres et les pourcentages énoncés, - une augmentation de 30% du gaz carbonique , sur quels critères s'assoit-on pour faire de telles annonces alarmistes ? -, et les courbes et graphiques tirés au kilomètre, ne représente, tout comme la radioactivité, que 1% de la pollution générant des gaz à effet de serre, les 99% autres résultant des productions émises par les volcans, les failles génératrices de séismes, la tectonique des plaques, les orogenèses, - formation des montagnes -, et la décomposition graduelle, - l'érosion naturelle -, de la croûte terrestre...

Mais cela, les politico-politicards bassement politiciens, les scientistes inféodés au G.I.E.C, les cohortes de journaleux et la galaxie verte, le profit à tous les niveaux de la pyramide industriello-financière seul comptant, le taisent effrontément. Bien pire, si l'on en croit l'Organisation Mondiale de la Santé, - l'O.M.S. -, toute l'industrialisation effrénée générée par la culpabilisation de la pollution anthropique, est source d'une augmentation annuelle de 20% des cancers dans le monde et d'une apparition incontrôlée de nouveaux virus donc d'un afflux de nouvelles maladies qui décimeront, au fil des siècles à venir, la gent humaine et animale.

 

Aussi, la nature se régénérant sans cesse et reprenant, indubitablement ses droits, deux seules questions se posent : Que seront les demains et les lendemains, s'il en est des lendemains, des humains ? Quand l'homme, trop imbu de sa personnalité, programmera-t-il l'heure de sa destruction et de l'extinction de sa race ?


Raymond Matabosch

 

 

Note.


(1) La place de Grève a, de tous temps, une signification néfaste : c'était le lieu où l'on infligeait les châtiments.

 

 

Publié le 24 Novembre sur :

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Ces tremblements de terre qui nous interpellent. Pamphlet.

Le tremblement de terre le plus important depuis ceux qui ont frappé Valdivia, - Chili, 22 Mai 1960, magnitude 9.5, épicentre près de Valdivia à environ 700 kilomètres au Sud de Santiago , et Prince William Sound, région d’Anchorage, - Alaska, États Unis, 27 Mars 1964, magnitude 9.2, épicentre situé à environ 90km à l'Ouest de Valdez et 120 à l'Est d'Anchorage et à une profondeur de 25 km, d'une durée de 4 minutes -, est survenu le dimanche 26 Décembre 2004 à 00 h 59, Temps Universel, 07 h 59, heure locale, au Sud-Ouest de Sumatra, - magnitude de 9.3, hypocentre localisé à 160 kilomètres à l'ouest de Sumatra et à environ 250 km au Sud-Sud-Est de Banda Aceh, à une profondeur de 30 kilomètres, 270.000 morts ou disparus. la Thaïlande, le Sri-lanka, l'Inde, la Malaisie, les îles Maldives, le Bangladesh, Singapour, La Somalie, l'île de la Réunion, l'Île Maurice -. Il s’agit du cinquième séisme le plus violent depuis 1900. Le tsunami, provoqué par cet aléa séismique, a touché les côtes de plusieurs pays, - -, et s’est avéré plus meurtrier que les vibrations induites directement par le séisme.

Et, depuis, comme une longue litanie, s'égrainent les séismes de forte intensité, magnitude supérieure à 7 sur l'échelle ouverte de Richter : 28 Mars 2005, Sumatra en Indonésie, magnitude 8.7, 905 morts ; 13 Juin 2005, Chili, magnitude 7.9, 11 morts ; 25 Septembre 2005, Pérou, magnitude 7.5, 5 morts : 8 Octobre 2005, à la frontière entre l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan, de magnitude 7,6, 75.638 morts et 71.690 blessés ; 23 Février 2006, Mozambique, magnitude 7.5, 2 morts : 3 Mai 2006, Iles Tonga, magnitude 8.1 ; 17 Juillet 2006, Île de java, magnitude 7.7, 983 morts et 978 blessés ; 2 Avril 2007, Iles Salomon, magnitude 7.7, 52 morts : 15 Août 2007, Pérou, magnitude 7.7, 913 morts ; 12 Septembre 2007, Sumatra, magnitude 8.4, 23 morts et 88 blessés ; 14 Novembre 2007, Chili, magnitude 7.7, 2 morts ; 29 Novembre 2007, Martinique, magnitude 7.4 ; 14 Février 2008, Indonésie, magnitude 7.4, 3 morts; 12 Mai 2008, Sichuan, Chine, magnitude 7.9, 87.587 morts et 374.177 blessés ; 15 Juin 2008, Japon, magnitude 7.2, 22 morts ; 16 Novembre 2008, Sulawesi, Indonésie, magnitude 7.5, 2 morts et 40 blessés ; 3 Janvier 2009, Papouasie, Indonésie, magnitude 7.6, 5 mort ; 28 Mai 2009, Honduras, magnitude 7.1, 7morts ; 15 Juillet 2009, Nouvelle-Zélande, magnitude 7.8 ; 2 Septembre 2009, Île de Java, magnitude 7.0, 42 morts et 300 blessés ; 30 Septembre 2009, Padang, Indonésie, magnitude 7.6, au moins 5.000 victimes ; 12 Janvier 2010, Haïti, magnitude 7.0, plus de 200.000 morts et 300.000 blessés recensés au 4 Février 2010 ; le 27 Février 2010, au large des côtes chiliennes, magnitude 8.8, 521 morts... etc... etc...

Ainsi pourrait-on décliner tous les tremblements de terre, année par année, le répertoire de tous les séismes, de magnitude supérieure à 3, qui se produisent sur la planète. Le listing en serait interminable avec plus de 174.000 de moyenne annuelle dans le monde dont 88 pour le territoire métropolitain français. Mais, faisant suite au séisme qui avait frappé, le 12 Mai 2008, Sichuan, Chine, magnitude 7.9, recensant 87.587 morts et 374.177 blessés, le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, laissant dans son sillage un terrible bilan humain, a d'autant plus surpris la population mondiale. Et les interrogations vont bon train. Certes une majorité d'entre elle est convaincue de la réalité intrinsèque des catastrophes naturelles, mais une minorité pernicieuse en appelle, elle, à la perversité humaine en accusant le réchauffement climatique, le culpabilisant des mille maux et l'intronisant « ennemi numéro 1. » Et pires encore sont les fanatiques extrémistes irréductibles du « Complot Mondial » et de la « Pensée Unique » qui désignent ouvertement, dressant accusation irréfutable à l'encontre des nations russes, américaines, etc..., de posséder des armes sismiques de type PAMIR et SURA, - URSS et Russie -, PAMIR 3 et HAARP, - États Unis -, SEAL, - Royaume Uni et Nouvelle Zélande -, etc..., et d'en user expérimentalement tant au plan militaire que civil.

Mais que savons nous, présentement, outre les bruits nauséeux qui courent, sur l'arme sismique(1) ? Si l'on en croit Thierry Meyssan(2), analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace : « Durant la Seconde Guerre mondiale des chercheurs néo-zélandais tentèrent d’élaborer une machine à provoquer des tsunamis qui pût être utilisée contre le Japon. Les travaux furent dirigés par l’Australien Thomas Leech de l’université d’Auckland, sous le nom de code « Projet Seal ». Plusieurs expériences à petite échelle furent réalisées, en 1944-1945, à Whangaparaoa. Elles furent, toutes, couronnées de succès. Les États-Unis considéraient ce programme comme aussi prometteur que le projet de fabrication d’une bombe atomique, le « projet Manhattan ». Ils désignèrent le docteur Karl T. Compton pour faire la liaison entre les deux unités de recherche. Compton était le président du MIT. Il avait déjà recruté de nombreux savants pour l’effort de guerre et il était l’une des huit personnes chargées de conseiller de président Truman sur l’usage de la bombe atomique. Il pensait que celle-ci pouvait fournir l’énergie nécessaire à l’équipe de Leech pour provoquer de plus vastes tsunamis. Les travaux de Thomas Leech furent poursuivis durant la Guerre froide. En 1947, George VI éleva le savant à la dignité de Chevalier de l’Empire britannique pour le récompenser d’avoir élaboré une arme nouvelle. Le Projet Seal étant toujours un secret militaire, il ne fut pas révélé à l’époque qu’il était honoré pour la bombe à tsunami. Par la suite, les services US se sont appliqués à faire croire que ces recherches n’avaient jamais existé et que tout cela n’était qu’un leurre pour impressionner les Soviétiques. Cependant, l’authenticité des essais de Leech a été établie, en 1999, lorsque une partie de la documentation a été déclassifiée par le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères. Officiellement les études ont repris aujourd’hui à l’université de Waikato(3). On ignore si les recherches anglo-saxonnes ont été poursuivies durant les années 60, mais elles ont repris par la force des choses lorsqu’il fut décidé de procéder à l’abandon des tests nucléaires dans l’atmosphère au profit de tests sous-marins. Les Etats-Unis craignaient de provoquer involontairement des tremblements de terre et des tsunamis. Ils voulaient donc savoir le faire volontairement. Officiellement, à la fin de la guerre du Vietnam, les Etats-Unis et l’Union soviétique ont renoncé aux guerres environnementales, - tremblements de terre, tsunamis, bouleversement de l’équilibre écologique d’une région, modifications des conditions atmosphériques, « nuages, précipitations, cyclones et tornades », modification des conditions climatiques, des courants océaniques, de l’état de la couche d’ozone ou de l’ionosphère -, en signant, en 1975, la « Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles. » Toutefois, à partir de 1975, l’URSS a ouvert de nouvelles recherches de Magnétohydrodynamique. Il s’agissait d’étudier la croute terrestre et de prévoir les séismes. Les Soviétiques étudièrent la possibilité de provoquer de petits séismes pour en éviter un grand. Ces recherches furent bientôt militarisées. Elles aboutirent à la construction de Pamir, la machine à tremblement de terre. Lors du démantèlement de l’URSS, des responsables de ce programme décidèrent par appât du gain de passer aux Etats-Unis, mais leur recherche étant inachevée le Pentagone refusa de payer. En 1995, alors que la Russie était gouvernée par Boris Eltsine et l’oligarque Viktor Tchernomyrdine, l’US Air Force recruta les chercheurs et leur laboratoire à Nijni Novgorod. Ils y construisirent une machine beaucoup plus puissante, Pamir 3, qui fut testée avec succès. Le Pentagone achèta alors les hommes et le matériel et les transporta aux USA, où ils furent intégrés au programme HAARP. De possibles usages de l’arme sismique ont été évoqués au cours des dernières années, notamment en Algérie et en Turquie. Toutefois, le cas le plus discuté est celui du séisme du Sichuan, - Chine -, le 12 Mai 2008. Durant les 30 minutes précédant le tremblement de terre, les habitants de la région ont observé d’inhabituelles couleurs dans le ciel. Si certains voient dans ces événements des signes du Ciel retirant sa confiance au Parti communiste, d’autres les interprètent de manière plus rationnelle. L’énergie utilisée pour provoquer le séisme aurait également provoqué des perturbations de l’ionosphère. Dans les mois qui suivent, le web et les médias chinois diffusent et discutent cette hypothèse aujourd’hui considérée comme certaine par l’opinion publique chinoise. Rien ne distingue un séisme provoqué d’un séisme naturel, cependant on ne sait provoquer que des séismes superficiels, comme celui d’Haïti. Ce qui suscite le trouble, c’est que la réaction des États-Unis. Alors que les médias atlantistes se contentent de relayer la polémique sur les violations de la souveraineté haïtienne, les médias latinos-américains s’interrogent sur la rapidité du déploiement des GI’s : dès le premier jour, plus de 10.000 soldats et contractants sont arrivés à Haïti. Cet exploit logistique s’explique simplement. Ces hommes étaient déjà pré-positionnés dans le cadre d’un entraînement militaire. Sous l’autorité du commandant en second du SouthCom, le général P. K. Keen, ils participaient à la simulation d’une opération humanitaire, à Haïti, après un ouragan. Keen et son équipe étaient arrivés quelques jours auparavant. Au moment précis du tremblement de terre, ils se trouvaient tous à l’abri, à l’ambassade US qui est construite selon les normes anti-sismiques, à l’exception de deux hommes qui se trouvaient à l’hôtel Montana et qui auraient été blessés. Le général Keen a donné de nombreuses interviews à la presse états-unienne, qui a multiplié les reportages et émissions à propos des opérations de secours. Il a souvent fait mention de sa présence à Port-au-Prince durant le séisme, mais jamais des motifs de cette présence. Parmi les objectifs de l’exercice militaire figurait le test d’un nouveau logiciel permettant de coordonner les efforts humanitaires des Organisations Non Gouvernementales, - les ONG -, et des armées. Dans les minutes qui ont suivi la catastrophe, ce logiciel a été mis en ligne et 280 ONG s’y sont inscrites. Il est légitime de se demander si ces coïncidences sont ou non l’effet du hasard. »

Mais laissons là les supputations, frisant l'irrationnel et l'inhumanité dont font preuve les âmes haut-pensantes scientifiques, militaires et politiques de certaines nations dites civilisées, sur la probabilité d'existence de séismes provoqués même si de troublantes et dérangeantes coïncidences interpellent. Si tel en a été, en est et en sera dans la réalité, il est à concevoir que la folie anthropomorphique géopoliticienne n'a pas de limites quant il s'agit de fabriquer des espaces économiques, militaires, religieux, etc... par la puissance et par l'usage de la violence sur les autres États dans un cadre impérialiste ou par toute autre forme de domination inter-étatique, ou de fabriquer des espaces, au travers de normes, de lois, de pseudo-harmonisation, etc... par le dépassement de la puissance. A trop vouloir régner en maîtres absolus sur l'univers terrestre, et au-delà sur la galaxie, en arriveront-ils, jouant aux apprentis sorciers, à déclencher un véritable « Big-One » destructeur d'un continent en son entier, et, par cela, rendre véritable fait historique antédiluvien la si décriée légende de l'Atlantide ? N'est-il pas écrit, dans le Timée de Platon : « Dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre effroyables et des cataclysmes... » et, s'enchaînant, « Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre et, de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. » ? A méditer...

Sans qu'il ne soit fait appel à l'aliénation mentale destructrice et criminelle de maints scientistes extrémistes, il n'est qu'à se rappeler qu'il existe pourtant de vastes régions qui présentent une activité sismique non négligeable, certaines en permanence sous les feux de l'actualité, - Faille de San Andréas, Faille Liquiñe-Ofqui, Faille de Sumatra, Faille Nord-Anatolienne... -, et d'autres, quasi inconnues et rarement évoquées, - Faille New-Madrid, Rift d'Olot... -. Par la présente étude, tous les sites que les géologues classent parmi les régions qui pourraient être le théâtre d'un séisme de forte intensité et d'une catastrophe à la grandeur d'un pays, voire d'un continent, seront, les uns après les autres, particularisés, disséqués, analysés et classifiés suivant l'importance et l'ampleur des risques encourus dans le cadre d'un aléa séismique pouvant se traduire ou non par un « Big-One. » « The Big-One », marque déposée à en croire, est le nom revendiqué, par les californiens, pour un tremblement de terre cataclysmique et exterminateur qui devrait survenir, un jour, sur la côte Ouest des États-Unis. Le dernier grand séisme s'étant produit en ces terres, en 1906, avait été provoqué par la rupture d'un segment de la faille de San Andréas concomitante à l'écartement, de quelques 6 mètres, de deux plaques tectoniques, les plaques Nord-Américaine et Nord-Pacifique. A en croire des géologues spécialistes des prévisions séismiques généralistes, sans datation affinée ni de point épicentrique défini, le phénomène se reproduirait périodiquement, tous les 100 ans...


Notes.


(1) « Les Etats Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haiti ? », Réseau Voltaire, 22 Janvier 2010.

Selon « Russia Today », - chaîne de télévision d'information continue et site Internet d'information continue russe -, le président du Venezuela, Hugo Chávez Frías, a évoqué la possibilité que les États-Unis aient provoqué la série de tremblement de terre de la semaine dernière aux Caraïbes, dont celui qui a dévasté Haïti. Selon « VivéTv », - chaîne de télévision informative, culturelle et éducative vénézuélienne -, ce sont les armées russes qui ont évoqué cette éventualité. Quoi qu’il en soit, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ont demandé la convocation en urgence du Conseil de sécurité. Celui-ci devrait examiner ces imputations et l’invasion « humanitaire » d’Haïti par les troupes des États Unis.

« Un rapport de la flotte russe du Nord indiquerait que le séisme qui a dévasté Haïti est clairement « le résultat d’un essai par l’US Navy de son arme sismique. La Flotte du Nord observe les mouvements et activités navales états-uniennes dans les Caraïbes depuis 2008, lorsque les Etats-Unis annoncèrent leur intention de reconstituer la Quatrième flotte dissoute en 1950. La Russie y avait répondu un an plus tard en reprenant dans cette région les exercices de sa flotte constituée autour du croiseur atomique lance-missiles Pierre le Grand, interrompus depuis la fin de la Guerre froide. Depuis la fin des années 70, les États-Unis ont considérablement avancé leurs recherches sur les armes sismiques.

Selon ce rapport, ils utilisent désormais des générateurs impulsionnels, à plasma et à résonance combinés à des bombes à onde de choc. Le rapport compare deux expériences conduites par la marine des États Unis, la semaine dernière : un tremblement de terre de magnitude 6,5 alentour de la ville d’Eureka en Californie, qui n’a pas fait de victimes, et celui des Caraïbes qui a fait au moins 140.000 morts.

Ainsi que l’indique le rapport, il est plus que probable que l’US Navy avait une pleine connaissance des dommages que cette expérience était susceptible de causer à Haïti. C’est pourquoi, la Navy avait positionné à l’avance sur l’île le général P. K. Keen, commandant en second du SouthCom, - Commandement du Sud -, pour superviser les opérations de secours prévisibles(4).

Concernant l’objectif final de ces expérimentations, indique le rapport, il s’agit de la planification de la destruction de l’Iran par une série de tremblement de terre afin de neutraliser l’actuel gouvernement islamique.

Selon le rapport, le système expérimental des Etats-Unis, - High frequency active auroral research program, dit « HAARP » -, permet également de créer des anomalies climatiques afin de provoquer des inondations, des sécheresses et des ouragans(5). Selon un rapport précédent, les données disponibles coïncident avec celles du tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter survenu au Sichuan (Chine), le 12 mai 2008, également causé par des ondes électro-magnétiques HAARP.

On observe une corrélation entre les activités sismiques et la ionosphère, caractéristique de HAARP :

« 1. Les tremblements de terre dans lesquels la profondeur est linéairement identique dans la même faille, sont provoqués par une projection linéaire de fréquences induites.

« 2. Des satellites coordonnés permettent d’engendrer des projections concentrées de fréquences dans des points déterminés ou Hippocampes.

« 3. Un diagramme montre que des tremblements de terre considérés comme artificiels se propagent linéairement à la même profondeur.

 

Localisation

Date

Profondeur

Venezuela


08.Janvier.2010

18.Janvier.2010

10 km

10 km

Honduras

11.Janvier.2010

10 km

Haïti

12.Janvier.2010

nombreuses répliques

20.Janvier.2010

nombreuses répliques

26.Janvier.2010

10 km

10 km

10 km

10 km

10 km

 

 

« Les répliques ont également été observées aux environ de 10 km de profondeur. Après le tremblement de terre, le Pentagone a annoncé que le navire hôpital USNS Comfort, qui se trouvait ancré à Baltimore, a rappelé son équipage et fait cap vers Haïti, bien qu’il puisse s’écouler quelques jours jusqu’à l’arrivée du bateau. L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major interarmes, a déclaré que les Forces armées des États-Unis préparaient une réponse d’urgence au désastre.

Le général Douglas Fraser, commandant en chef du SouthCom, a indiqué que des bâtiments des Gardes-côtes et de la Navy ont été dépêchés sur place, bien qu’ils aient du matériel et des hélicoptères en nombre limité.

Le porte-avions polyvalent USS Carl Vinson a été envoyé de Norfolk, État de Virginie, avec une dotation complète d’avions et d’hélicoptères. Il est arrivé à Haïti le 14 janvier après-midi, a ajouté Fraser. Des groupes additionnels d’hélicoptères se joindront au Carl Vinson, a t-il poursuivi. L’Agence des États-Unis pour le Développement International, - USAID -, intervenait déjà à Haïti avant le séisme.

Le président Obama a été informé du tremblement de terre à 17 h 52, le 12 janvier, et a ordonné le secours au personnel de son ambassade et l’aide humanitaire nécessaire à la population.

Conformément au rapport russe, le département d’État, l’USAID et le SouthCom ont débuté l’invasion humanitaire en déployant 10 000 soldats et contractants, à la place de l’ONU, pour contrôler le territoire haïtien après le « tremblement de terre dévastateur expérimental. »

Sources : ViveTv, Venezuela.

 

(2) « Haïti et l’arme sismique ? », Réseau Voltaire, 25 Janvier 2010. Thierry Meyssan, Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace

(3) « Tsunami bomb NZ’s devastating war secret » et « Devastating tsunami bomb viable, say experts », par Eugene Bingham, New Zealand Herald, 25 et 28 septembre 1999. « Experimental bomb to create huge tidal wave was tested in 1944 » par Kathy Marks, The Independent, 27 septembre 1999.

(4) Officiellement, les forces US étaient prépositionnées autour d’Haïti dans le cadre d’un exercice militaire simulant… une intervention humanitaire en Haïti. Cf. « Defense launches online system to coordinate Haiti relief efforts », par Bob Brewin, Govexec.com, 15 janvier 2010.

(5) « Le Programme HAARP : science ou désastre ? », par Luc Mampaey, Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité. Bruxelles, 1998.

 

Raymond Matabosch

 

Publié le 25 Novembre sur :

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19 décembre 2010

Abbaye de Saint-André de Sorède, aux pieds des Albères.

Le Monastère bénédictin de Saint André de Sorède fut fondé, vers les années 780/800, par le moine Miró, noble de haute lignée d’origine hispanique, - c'est-à-dire un Wisigoth -, chassé d'Ibérie par les Sarrazins, qui en fut son premier abbé.

L'établissement originel se situait dans la haute Vallée de la Massane, à la Vall de Sant-Martí(1), - la Vallée de Saint Martin de Montbram, aujourd'hui le hameau de Lavall -, dépendant de la commune de Sorède, avant d'être déplacé en son implantation usuelle connue, sur les bords du fleuve côtier « la rivière de Taxò(2) ».

Il est cité dans un précepte, - Monasterium Sancti Andreae(3) -, daté de l'an 823, accordé, à la demande du Comte carolingien Gaucelm du Roussillon, par l'Empereur d'Occident, Louís I le Pieux(4), - ou le Débonnaire 778-20 Juin 840 -, à l'abbé Sisegut, successeur de Miró, une ordonnance, confirmée en Mai 844 et une seconde fois le 23 Février 869(5) par Charles II le Chauve, Roi de Francie occidentale, mettant l’abbaye et ses biens sous la protection de l’empereur et lui concédant l’immunité. Ainsi doté, le Monastère bénéficia d’une importance notoire et d’une prospérité incontestable.


Abbaye de Saint André de Sorède sous la dépendance de l'Abbaye de La Grasse.


Grâce aux Comtes du Roussillon qui la dotèrent de quelques richesses, l'abbaye de saint Andrée fut prospère. Mais, en 1109, elle apparaît ruinée et sans subsides. A l'initiative de la Comtesse Inès, épouse de Girard I du Roussillon parti en Terre Sainte, et de l'Évêque d'Elne, en firent don à l'Abbaye de Sainte Marie de Corbieu. Mise sous la dépendance de La Grasse, les donataires espéraient que ses abbés en imposeraient leurs lois et la restaureraient, ce dont ils s'y attachèrent redonnant lustre à l'établissement monacal.

En 1121, une nouvelle abbatiale fut consacrée par Pedro Bernardo, Évêque d'Elne. Dans l'acte y furent consignées la possession de l'église Saint Marie, église paroissiale de la petite communauté d'âmes, des paysans recherchant la protection des religieux, qui s'était établie aux abords du monastère, et les dépendances de celles de Saint Michel de Candell, -Saint Michel de Llotes -, de Saint Martin de la Ribe, - Sancti Martini de Ripa sive in villa Terrad localisée à l'Ouest de la ville, sur les collines Saint Martin -, et du Monastère de Saint Clément de Réglella, - et son village de éponyme localisés à l'Est d'Ille sur Têt -.

Vers 1151, bien que les documents archives soient très peu parlants sur les raisons qui auraient pu expliciter le changement, une nouvelle communauté séculière avait investi les lieux et s'était installée. Parallèlement à cette époque de mutation, la guerre opposant Gausfred III du Roussillon(6), - Comte du Roussillon de 1113 à 1164 -, à son fils Guisnard II(7), faisait rage dans les Albères et semait désolation et morts.


La décadence de l'Abbaye de Saint André de Sorède.


Engagée auprès du Comte du Roussillon, son protecteur bienfaiteur, l'Abbaye de Saint André eut à souffrir de cette belligérance générant de nombreux dommages et exactions et une cascade d'usurpations, ce qui eut pour effet de limiter son expansion. A la fin du XIII° Siècle, le Monastère ne comptait plus que quatre moines dans ses effectifs et, périclitant, inexorablement tomba lentement en décadence.

Les événements militaires dont la région d'Elne dût à subir des préjudices se multiplièrent, accélérant la ruine de l'Abbaye de Saint André. En 1285, dans le cadre de sa conquête du Roussillon, Philippe le Hardi, Roi de France, détruisit les environs immédiats de la cité épiscopale illiberrienne, saccageant Argelés, Sorède, Saint André, Taxo d'Availl et d'Amont, Palau del Vidre, et..., avant d'agir de même avec Elne dont la Cathédrale Ste Eulalie en garde toujours les traces sous la forme d'éclats dans le marbre du portail.

Le 8 juillet 1344, Jacques I de Majorque(8) fait le siège d'Elne suite à son opposition à Pierre IV d'Aragon, possesseur du fief illiberrien, qui étendait ses pouvoirs seigneuriaux sur les communautés limitrophes des Abères. Enfin, en Juillet 1462, pour mater une rébellion, Jean II, Comte-Roi d'Aragon-Catalogne, fait appel à Louis XI qui, moyennant 200.000 écus d'or, gagés sur les deux comtés du Roussillon et de la Cerdagne, avec les châteaux de Perpignan et Collioure, met 700 lances, - c’est-à-dire 7000 cavaliers et les gens de pied qui vont avec -, à la disposition du monarque catalano-aragonais. Toute la région subit de nouveaux sièges impitoyables et de nouvelles batailles dévastatrices et ravageuses, les troupes françaises, sous la houlette du despotique vice-roi Antoine de Lau désigné par Louis XI, appliquant la méthode de « la Terre brûlée. »


Le démantèlement de l'Abbaye de Saint André de Sorède.


En 1592, l'Abbaye de Saint André de Sorède était totalement exsangue et financièrement ruinée. Philippe II d'Espagne, Prince Souverain des Pays-Bas, Roi d’Espagne de 1556 à sa mort, le 13 septembre 1598, et Roi du Portugal à partir de 1580, intercéda auprès du pape Clément VIII, et obtint l’union de Saint André de Sorède avec l’abbaye Sainte Marie d’Arles sur Tech. Le lien, unissant les deux établissements conventuels, subsista jusqu'à la Révolution.

En nos temps présents, de tout l'édifice monacal, - Chapelles, hôtellerie, église, cloître, fontaine, réfectoire, cuisine, cellules, entrepôts, poterne, tour... -, il n'existe plus que l'abbatiale devenue église paroissiale de la ville de Saint André. Et même les archives concernant leur dévolu, excepté un document unique attaché au cloître, en date de 1744, - document H192 des archives départementales des Pyrénées Orientales faisant état qu'il aurait été détruit au XV° siècle, par les troupes de Philippe II -, restent mystérieusement silencieuses.

Il est vrai que deux chapiteaux, attestés d'apartenance au Monastère de Saint André, servent de support de bénitier dans les églises de Saint-Génis-des-Fontaines et de Saint-Jean-Lasseille, quatre chapiteaux, avec leurs futs, sont conservés dans la chapelle Sainte-Colombe de Cabanes, au Nord de Saint-Génis et que plusieurs chapiteaux, conservés à Saint-Martin-du-Canigou, proviennent du cloître andréen..., toutes choses pouvant donner explications à l'omerta qui plane sur le devenu des restes conventuels...

 

Raymond Matabosch

 

Notes.


(1) La première église de Lavall de Sant Marti de Montbram, mentionnée en 823 dans le précepte de Louis Le Pieux, était la « cella » primitive de l'abbaye de Saint André, transférée sous l'abbé Miró, - ou Miron -.

(2) La rivière de Taxo est un fleuve côtier des Pyrénées Orientales qui, suivant les communes qu'ils traverse à plusieurs toponymes : Rivière de Sorède, Rivière de Saint André, Rivière de Taxò et Ribereta avant de se jeter dans la mer juste au sud du Tech, au grau de la Ribereta. Le cours d'eau reçoit, en aval de Saint-André, un petit affluent, le Miloussa.

(3) Au X° Siècle, Monastérium Sanctus Andrea vel Eldugo, laisse croire que l'établissement monacal se situait sur le territoire ou les terres d'Eldugo, un nom d'origine wisigothique ou germanique.

(4) N'étant pas le fils aîné de Charlemagne, Louis est d'abord destiné à une carrière monastique, et instruit dans la religion. Durant son règne, il réforme les monastères et change de politique vis-à-vis de la papauté en s'engageant à respecter les États de l'Église et à ne pas intervenir dans les élections pontificales.

(5) La confirmation du 23 Février 869 est attribuée, à tort, à Charles III le Simple, fils posthume et légitime du roi de Francie, Louis II le Bègue, de 877 à 879, né en 879. Cette confirmation ne peut être de du fait de Charles II le Chauve Roi de Francie occidentale de 843 à 877 et Empereur d'Occident de 875 à 877.

(6) Gausfred III Comte du Roussillon de 1113 jusqu'à sa mort en 1164. Son père, Girard I du Roussillon, assassiné prématurément, laissa, pour successeur, son fils Gausfred encore enfant. Arnold Gausfred, son oncle, assura la régence du Comté jusqu'en 1121

(7) Guisnard II, - ou Girard II de Roussillon -, fils de Gausfred III, est le dernier comte de Roussillon indépendant, en 1164. A sa mort sans héritiers, en 1172, il lègue ses biens au Roi  d’Aragon et Comte de Barcelone Alphonse II le Chaste.

(8) Jacques I de Majorque, en catalan Jaume I, né en 1243, mort le 29 mai 1311, roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne, et seigneur de Montpellier, de 1276 à sa mort, est le troisième fils du Roi d'Aragon Jacques I le Conquérant. Après la mort de ses frères Alphonse et Ferdinand, il devient le second dans la succession à la couronne. Par testament de 1262, son père divise ses possessions : le frère aîné de Jacques, l'Infant Pierre reçoit les royaumes d'Aragon et de Valence avec le comté de Barcelone, alors que Jacques reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. Par respect pour son père, à son avènement à la couronne majorquine, il adopta le quantième « II » dans la lignée régnante des Jacques.


Publié le 21 Novembre 2010 sur

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Abbaye de Saint Gilles, haut lieu de pèlerinage.

L'histoire, ou plutôt la légende, de la création de l'Abbaye de Saint Gilles trouve ses racines dans le choix de Saint Gilles qui avait fait vœu de se retirer sur le plateau occupé dès la plus haute antiquité, des découvertes archéologiques de latifundia(1) en attestant, et, vraisemblablement, à la préhistoire, afin d'y pratiquer l'érémitisme. Le mythe précise que le saint fut blessé par une flèche tirée par le roi Wisigoth Wamba(2) lors d'une partie de chasse. Comme compensation au désagrément causé par l'incident, le monarque lui avait concédé quelques arpents de terre avec finalité d'y fonder une abbaye.

Il est plus crédible de situer la fondation de l'établissement monastique, originellement dédicacé à Saint Pierre et à Saint Paul, au VII° Siècle. Vers l'an 850, le vocable en était changé au profit du patronage de Saint Gilles qui avait été enterré dans l'église attenante à l'édifice conventuel. Ce substitution d'invocation avait provoqué l'afflux majeur de fervents fidèles du saint et, probablement, généré, l'essence même de la chronique qui lui était dédiée.

Profitant de cet engouement pour l'un des leurs béatifié, la communauté avait obtenu, du Saint-Siège le privilège de l'exemption, et dépendait directement de la souveraineté des papes. Malgré cet avantage conséquent, l'abbaye ne put jamais s'arracher à la médiocrité dans laquelle elle vivait.


L'abbaye de Saint Gilles sous dépendance de Cluny.


En 1066, pour donner donner plus d'or à son blason abbatial, les autorités papales tentèrent de l'attacher au Monastère bénédictin de Cluny mais, en vain, les moines de Saint Gilles s'y opposant farouchement. Ce ne fut qu'en 1077 que le pape Grégoire VII, sous condition que l'établissement monial conserva le privilège de choisir leurs abbés, en avait approuvé l'union.

L'affluence constante de pèlerins, le lien avec l'Abbaye de Cluny et les donations de nobles seigneurs permirent la mise en chantier d'une nouvelle abbatiale. Le pape Urbain II, en personne, en 1096, vint même y consacrer un autel alors que l'église était encore en construction.

Un conflit naquit, lors, opposant l'Abbaye de Saint Gilles aux Comtes de Toulouse désireux d'asseoir leur pouvoir sur le monastère et interrompit les travaux qui ne furent repris qu'en 1116. La conception originelle de l'église en fut modifiée. Les murs déjà érigés et la grande crypte souterraine, longue de 50 mètres et large de 25, furent conservés mais des agrandissements conséquents en advinrent, le corps du bâti atteignant 98 mètres de longueur en 1132, date coïncidant avec une époque d'apogée due à un afflux permanent de pèlerins toujours plus nombreux et à une conséquente puissance économique dont bénéficiait l'établissement monacal. L'abbaye fut même la scène de la mort de l'hérétique Pierre de Bruys brûlé devant l'église en 1136. Enfin, en 1154 le pape accorda des indulgences aux visiteurs, ce qui augmenta, plus encore, l'affluence des dévots.

Après une nouvelle interruption motivée par l'instabilité politique et religieuse, une troisième période constructive s'échelonna entre 1185 et 1209. Le bâtiment resta, cependant, inachevé. En 1226 l'établissement religieux, restant soumis à la monarchie, Saint Louis le visita, lors de ses venues en Aigues Mortes, en deux occasions. Le pape Clément IV, originaire de Saint Gilles, accorda des donations en faveur de la continuation de l'église mais, des difficultés économiques résultant de l’assassinat du légat du pape, Pierre de Castelnau, et de la « pénitence » du comte Raymond VI de Toulouse qui déclenchèrent la Croisade des Albigeois menée contre des Cathares ne permirent pas d'en achever la construction. Ce ne fut qu'au XIV° Siècle que l'abbatiale fut finalisée.


La Collégiale de l'Abbaye de Saint Gilles.


En 1538 l'abbaye restait sécularisée et avait dotée d'une collégiale. Au XVI° Siècle les protestants l'incendièrent et les bâtiments conventuels demeurèrent en état ruineux de longues décennies. L'église fut, elle, transformée en forteresse jusqu'à ce qu'en 1622 sa totale destruction fut ordonnée. Heureusement, le funeste destin édicté à l'encontre de l'abbatiale ne put s'accomplir, l'intervention des troupes en arrêtant la destruction. Bien que le chevet et une bonne partie des nefs furent déjà détruits, sur des bases plus restreintes, leur reconstruction commença. La crypte fut conservée et la nef fut raccourcie en son antique chevet dont les restes furent définitivement démolis pendant la Révolution. La façade romane fut entièrement restaurée.

Épuisés et ruinés par les Guerres de Religion puis par la Révolution, l'Abbaye de Saint Gilles, tout comme le village qui s'était bâti en ses abords, s’engloutirent peu à peu dans l'anonymat.

Aujourd’hui, ses ruines attirent de nombreux visiteurs qui découvrent la richesse iconographique de la façade médiévale de l'église abbatiale, la pureté architectonique de son escalier en vis, la beauté recueillie de son immense crypte.

 

Raymond Matabosch

 

Notes.


(1) Les latifundia étaient des grandes propriétés foncières, à l'époque romaine, spécialisées dans l'agriculture destinée à l'exportation, - grain, huile olive ou vin-, une agriculture industrialisée dont l'économie dépendait uniquement de l'exploitation des esclaves.

(2) À la mort du roi Recceswinth, malgré son âge déjà avancé, Wamba, - alors qu'il ne souhaitait pas devenir monarque -, fut élu roi le 21 septembre 672 par une partie de la noblesse wisigothique réunie dans la région de Valladolid.

 

Publié le 20 Novembre 2010 sur

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18 décembre 2010

Saint Polycarpe en Razès : Prieuré ou abbaye ?

L’abbaye bénédictine de Sant Polycarpe de Razès fut fondée, vers l'an 780, par Àtal, un moine, noble de haute lignée d’origine hispanique, - c'est-à-dire un Wisigoth -, passé du Sud au Nord des Pyrénées après avoir échoué, « à cause des razzias menées en Catalogne par les Sarrasins », - tel le soutient la chronique -, dans sa tentative de fonder un monastère près de Peralada dans le Alt Empordà.

Àtal, Prieur de Saint Polycarpe.

Àtal s'était réfugié, avec ses gens, en terres de Razès et s'était retiré dans un petit monastère, quasi un ermitage, situé sur les bords du ruisseau Rieugrand et entouré de quelques maisons et de vignobles. Batailleur, fort-à-bras, belliciste et martial, n'hésitant point à occire ses contradicteurs, il imposa rapidement ses idées et ses méthodes soldatesques. Par la bonté divine d'une dague administrant l'extrême onction à son illustre prédécesseur, il fut élu, sans coup férir, prieur de cet établissement conventuel.

Maître inextinguible des lieux, il n'eut, lors, cesse d'agrandir son domaine, de l'améliorer, de l'étendre hors ses murs et, pour cela, y engloutissant sa fortune personnelle et, à la tête d'une troupe de spadassins et de bretteurs semant terreur et mort dans toute la région, celle qu'il amassait dans ses rapines, il le dota largement et richement.

Étant dans la parenté directe de Charles Martel et, par sa mère, bien que bâtard du Duc Eudes compagnon d'arme de son grand père maternel(1), neveu de Pépin le Bref, très rapidement il reçut la protection royale. Charlemagne lui accorda certains privilèges. Ceux-ci furent confirmés et revalorisés par ses successeurs, Charles II le Chauve, Louis I le Débonnaire, - dit aussi le Pieux -, et, en l'an 881, par Carloman II, second fils de Louis II le Bègue et d'Ansgarde, qui, après la mort de leur père, a partagé le pouvoir avec son frère aîné Louis III(2), - Roi de France et de Neustrie -, et a régné sur la Bourgogne, l'Aquitaine et la Septimanie, - Cévennes, Corbières, Nord des Pyrénées avec les villes de Narbonne, Carcassonne, Béziers et Nîmes -.

Les moines de Saint Polycarpe : des pionniers et des missionnaires.

Le prieuré de Saint Polycarpe se situant, à 6 kilomètres de l'Abbaye d'Alet, à 8 kilomètres de celle de Saint Hilaire et à 27 kilomètres de Sainte Marie de La Grasse, totalement enclavé entre ces trois établissements pérennes dotés de dépendances notables et multiples, se trouvait à l'étroit et ne pouvait pas élargir son domaine foncier dans sa circonscription. Àtal, son prieur, et ses successeurs, l'ayant compris, s'attachèrent à créer de nouveaux villages dans les terres du Bas Razès et à transformer, en communautés d'habitants, certains oppida wisigothiques essaimés dans les montagnes du Haut Razès.

En juin 898, le roi Charles III le Simple, par une charte(5), confirme, au prieuré, toutes ses possessions territoriales : Gaja et Malras dans le Bas-Razès, Salles, près de Limoux, Luc-sur-Aude, Terroles, Peyrolles et Cassaignes dans le Haut-Razès et Bugarach et Cornanel. Et, sur plus de deux siècles, les moines, missionnaires et pionniers en terres agrestes, prirent part à la rénovation du territoire et au développement social et matériel de leur population, jusqu'au jour où le Comte de Carcassonne, désireux de doter grassement l'Abbaye d'Alet, et les seigneurs circonvoisins avides de s'appropier de nouvelles terre, usurpèrent et dépouillèrent, de la majeure partie de ses biens en dépendance, l'établissement claustral.

Certes, les initiant et en récupérant les fruits, les moines d'Alet n'étaient pas étrangers à ces spoliations seigneuriales. Le prieuré de Saint Polycarpe n'avait du son salut, ne conservant qu'un maigre écot de son domaine terrien, qu'à sa soumission, en l'an 1008, à l'Abbaye Sainte Marie de dite ville.

Le Prieuré de Saint Polycarpe élevé au rang d'Abbaye.

Pour l'aide apportée par les moines Teutbald et Hucbert, du Prieuré de Saint Polycarpe, lors de la captation(3) de l'héritage de ses frères aînés Louis III et Carloman II, au détriment de Charles fils posthume et légitime du roi de Francie Louis II le Bègue et prince héritier seulement âgé de cinq ans, par Charles III le Gros Roi d'Alémanie et d'Italie et Empereur d'Occident, celui-ci, en remerciement gracieux, en l'an 885, éleva la petite bâtisse monacale à la catégorie d'abbaye. Mais, dans les faits, et au moins jusqu’en 1090, ses supérieurs ne portant que le titre de prieur, Saint Polycarpe ne resta qu’un simple prieuré. Ce n'est qu'après cette date que le titre d'abbé leur fut alloué sans que les droits et les privilèges n'en fussent augmentés. Pour cause, le monastère, bien que convoité par les abbés de La Grasse, l’Abbaye d’Alet n'avait pas renoncé à exercer sa domination et le gardait sous sa dépendance.

En effet, depuis la création de Saint Polycarpe les deux établissements religieux, - celui de Sainte Marie de La Grasse installé entre Carcassonne et Narbonne, dans la vallée de l’Orbieu, au sein du massif des Corbières et celui de Sainte Marie d'Alet implanté au cœur même de la cité médiévale, sur la voie d'accès à la Haute Vallée de l'Aude -, s'étaient toujours disputés sa possession, En 1080, l’abbaye bénédictine Sainte Marie d’Orbieu(4) avait la main mise sur la congrégation sise en bords du ruisseau Rieugrand. Suite au concile tenu à Toulouse, en 1119, sous la présidence du pape Calixte II, et par celui de Saint Gèli, en 1135, sous l'autorité du pape Pascal II, l'Abbaye d'Alet en reprenait ses destinées tout comme elle voyait ses droits confirmés sur le monastère de Saint-Papoul et le Chapitre de Saint Paul de Fenouillet, sur des villages et des châteaux de ses dépendances.

Et, par un dernier procès, en 1197, Saint Polycarpe, prenant son indépendance, devenait abbaye à part entière.

Notes :

(1) Le 25 octobre 732, Charles Martel et le duc Eudes arrêtent les Arabes à Poitiers.

(2) En 879, Louis II désigne son fils Louis comme son seul successeur et le place sous la garde de Bernard d'Auvergne, associé à Hugues l’Abbé et à Boson V de Provence.

En septembre 879, grâce au soutien des grands de Francie occidentale dont Hugues l’Abbé, Boson V de Provence, Théodoric de Vergy et Bernard Plantevelue, le couronnement et le sacre de Louis III et de son frère Carloman II sont célébrés en hâte dans l’église abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières près de Montargis, par Anségise, l’archevêque de Sens.

(3) Le 12 décembre 884, Carloman II, roi de Francie occidentale, meurt sans héritiers. Il reste le dernier fils de Louis II le Bègue, l'adolescent Charles, âgé de 5 ans. Jugé trop jeune, l'assemblée des aristocrates francs emmenée par Hugues l'Abbé, - conseillé par une armada de moines, dont Teutbaldus prieur de Saint Polycarpe en Razés -, renonce à le proclamer roi et impose l'empereur Charles III le Gros à assurer la tutelle et la direction du royaume.

(4) Le monastère de La Grasse dont La charte de « fondation » remonte à la fin du VIII° Siècle mais toutefois un établissement devait exister antérieurement à la période carolingienne.

(5) Cette Charte est souvent attribuée à Eudes, - ou Odon -, mais il ne peut en être, le roi Eudes étant mort le 3 Janvier 898.


Raymond Matabosch

 


Publié le 15 Novembre 2010 sur

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17 décembre 2010

La Grotte-mine de Gériols : Quand les hommes redécouvrent le passé.


La Grotte de Gériols, creusée dans les calcaires dévoniens veinés de plomb argentifère des contreforts du Causse du Larzac et du plateau de l'Escandorgue, se niche, dans une reculée façonnée par l'Izarn, à 2 kilomètres à l'Est de la ville de Lodève. Entre margotins de cistes pourpres ou blancs des garrigues et immenses étendues sauvages du causse, elle gîte, au pied des pentes du plateau du Grézac, dans le vallon de Soulondres, où l’eau cristalline du cours d'eau anime le paysage idéaliste du domaine de Monplaisir serti d'un château, d'une manufacture de drap de laine, de ponts, de canaux, de fontaines et d'allées, et bouqueté de bosquets et de bois.

La grotte de Gériols, trésor secret des initiés.

En ces terres, l'eau a raviné les rebords en contrebas des corniches et a creusé des sillons profonds et étroits. L'érosion, favorisant les karsts, y est d'autant plus active que des bancs marneux s'intercalent dans les bancs carbonatés. Et la vallée-corridor de l'Isarn, comme celles de ses congénères venant de l'Escandorgue, au Nord-Est, le Laurounet et la Soulondre, ou celles de la Brèze, la Primelle et la Paumèle et le Soubrebe dévalant du Larzac, au Nord-Ouest, toutes gonflant de leurs flots la Lergue, recollent de merveilles karstiques gardées au secret par un groupuscule d'initiés qui se refusent, égoïstement, à en dévoiler leur beauté.
Autres que par les spéléologues du cru, de rares historiens locaux émérites ou de singuliers autochtones en mal de sensations fortes qui, un jour, ont eu l'audace d'escalader un éboulis qui obstrue une sorte d'entonnoir largement ouvert ; et autres que par d'antiques légendes qui étaient lues publiquement dans les monastères, pendant les repas et dans les églises, pour l’édification des fidèles et qui, depuis des décennies, croupissent dans les caves humides des archives épiscopales et départementales héraultaises et qui se transforment en gargantuesques repas pour les poissons d'argents, les vers des livres, les psoques, les dermestidés...; qui en ont révélé son existence et son riche passé historique, la grotte est totalement inconnue du grand public.


La grotte de Gériols redécouverte 20 siècles après sa dernière mise en exploitation.

Les époux Vallot, spéléologues lodévois, entre les années 1900 et 1904, en foulèrent les premiers ses sols, en explorèrent ses boyaux et en dressèrent le plan et la description. Et quelle n'avait pas été leur surprise en découvrant que la main de l'homme, ayant creusé des galeries de mine et d'assainissement, et agrandi, pour améliorer les commodités d'accès, plusieurs passages, dans les temps immémoriaux, les avaient devancés en ces lieux !
La tradition populaire très présente encore dans la transmission des connaissances, de génération en génération, qui s'est perpétrée jusqu'en première moitié du XX° Siècle, malheureusement par le truchement de l'évolution inverse des humains trop imbus de leur personnalité seulement des bribes informes en restant en ce début du XXI° Siècle, fait remonter une exploitation minière du site à l'époque romaine.

La grotte de Gériols, sanctuaire Paléolithique.

Dès au moins l'antiquité, des hommes œuvraient dans ses entrailles et y exploitaient les filons de plomb argentifère qui veinaient ses parois mais, ce qui ne filtre point, une omerta intransigeante faisant loi, il est d'évidence que la cavité était déjà connue, visitée et squattée au Paléolithique Supérieur, - entre 35 000 et 10 000 ans -. L'imagerie populaire, bien aidé en cela par les représentations scientifiques, même si les spécialistes en la matières donnent l'impression surannée d'en nuancer le cliché concessif et réductif, et, parfois, de le contredire, perçoit l'Homme préhistorique comme un simiiforme bestial et acrimonieux, stupide et agressif, « à forte pilosité, vêtu de peaux de bête, maîtrisant difficilement le feu, s'exprimant par grognements dénués de sens, chassant le mammouth à la lance, subissant un environnement hostile et s'appropriant une femme en l'assommant puis en la traînant par les cheveux.(2) »
D'après la parole de certains « anciens » attachés à la glèbe de leur terroir, la grotte de Gériols n'aurait pas été un lieu d'habitat, permanent ou temporaire, pour l'homo sapiens sapiens mais, de toute évidence et bien qu'elle ait subi un pillage en règle en des temps indéterminés, un lieu cultuel pour les hommes du Mésolithique et du Néolithique, voire du Chalcolithique. Pour d'autres, à la fin du Moyen Âge, la caverne servit de refuge à deux femmes de « Luteva » qui avaient été accusées de faire commerce avec le Diable et de sorcellerie. Enfin, il se laisse aussi entendre dire que des Cathares du Bittérois s'y seraient réfugiés pour y fuir les exactions commises par les troupes, de Simon de Montfort, subjuguées par la foi qui les transportaient durant la Croisade des Albigeois.


La grotte de Gériols.

 

Passée l'entrée, en forme de goule, obstruée par un éboulement et fermée par une grille qui empêche toute intrusion intempestive d'indésirables et de voyeurs, dans la sanctuaire, - comme si une caste se réservait le droit de « profiter » tout son saoul des lieux -, une galerie étroite, en pente très prononcée, encombrée de pierres éboulées rendant la progression malaisée, s'enfonce dans les entrailles du plateau du Grézac. Elle permet d'accéder à une première salle frappée du sceau de l'originalité. La « Salle de la double voûte », ainsi s'en est-elle trouvée baptisée par les époux Vallot, ses deux « re-inventeurs » se décompose en deux séries de galeries superposées, sans attrait particulier, qui cheminent dessous et dessus la salle principale. Il est certain que son charme en serait tout autre et qu'elle en apparaîtrait, de fait, moins insignifiante si la cavité était aménagée et éclairée. Mais voilà, les subtilités de la roche, à la seule lumière blanche d'une lampe torche, ne peuvent ainsi ni se lire, ni se découvrir dans leurs points les plus remarquables.

Sans transition, après un bref et pénible goulet, s'ouvre une salle aménagée d'un escalier grossièrement taillé, de main d'homme, dans la paroi, permettant d'atteindre des boyaux et des corridors supérieurs, La bien nommée « Salle de l'escalier » était une pièce essentielle, à l'époque romaine ou pré-romaine, dans l'organisation et l'exploitation des filons de plomb argentifère. Outre celles supérieures, aux marques d'extractions indubitables, une ancienne galerie de mine s'enfonce profondément et les champs de taille, ne laissant aucun doute sur sa dévolution, y transparaissent,

Les miroirs d'eau de la grotte de Gériols.

Plus avant, « ...une grande salle dont la voûte possède 45 mètres de portée... », ainsi la présente joseph Vallot dans la rédaction de l'acte en signifiant la découverte, « ...elle est divisée en deux parties par un rocher occupant la partie basse, surmontée d'un pont naturel, montant à mi-hauteur de la voûte ; la première partie, ou « Salle du petit lac », parait assez étroite, mais sa largeur est doublée dans la partie supérieure par une sorte de tribune à pic se prolongeant jusqu'au grand lac. » Une étroite langue pétrée, aménagée par l'homme dans les temps anciens, d'une longueur de trente mètres, séparant les deux étendues d'eaux souterraines, permet, depuis le petit lac aux eaux vert-sinople, d'approcher et de pénétrer dans la « Salle Grand-Lac ».

D'une trentaine de mètres de longueur sur une douzaine de large, d'une profondeur de 6 à 9 mètres et d'une température constante de 14°5 identique à celle qui règne dans la cavité, le grand lac est un écrin bleu-vert essaimé d'étoiles qui scintillent depuis les 24 à 30 mètres de haut de la voûte. Du plafond pendent fistules et stalactites aux couleurs irisées et aux parois se tendent des draperies, les une et les autres se reflétant, à la lumière d'une lampe torche, sur la patine du miroir aquifère. Au-delà, fermant la grotte, gours, cascades pétrées et un bloc calcique aux formes étranges et cachectiques, « le squelette », en tirent la toile de fond.

 

Les autres salles et points remarquables de la grotte de Gériols.

 

Des galeries de mine de faible longueur, mais partiellement immergées, pour les unes, totalement immergées, pour les autres, en leur partie terminale se situent au Sud du grand lac et se concentrent tout particulièrement aux abords d'un puits d'extraction de minerai de plomb argentifère à demi comblé, « le puits romain ». Il devait mener vers un réseau inférieur et, apparemment, son fond semble, lui aussi, noyé. Ces structures, réalisées de main d'homme, laissent supposer qu'elles ont été creusées à un moment où les eaux étaient plus basses dans ce lac, mais, pouvant y porter démenti, un couloir extérieur à la grotte, ensablé, aurait servir à vider le lac et permettent, ainsi, aux mineurs de travailler.

La « Salle des gours », toute proche, adjacente par son Ouest au puits romain, est toute luminescence avec sa panoplie variée de concrétions polymorphiques qui règnent sur les dépôts endogènes, - éboulements des parois et des plafonds -, causés par les longues périodes de dégel qui ont succédé aux phases périglaciaires et glaciaires. Elles enregistrent, lenteur de la création, les caractéristiques de l'écoulement d'eau qui les a édifiées.

La visite de la grotte de Gériols ne se résume pas, seulement, à ces quatre salles et à ses lacs, d'autres points d'intérêt n'en doivent point être oubliés d'autant que le réseau est loin d'être découvert dans sa globalité. Et si tel est, les galeries et les voûtes basses, d'accès ardu ou impraticable, aboutissant à la « Salle de la double voûte », à la « Grande salle » et à la « Salle des gours », laissent à croire que de nombreuses ramifications restent inexplorées dans la couche karstique afférente aux galeries sèches. Tel est si réel qu'un accès aboutissant à la galerie supérieure de la « Salle de la double voûte » conduit à un petit lac, une sorte de puits, de profondeur insondée et aux bords tapissés de calcite.


Mystère hydrologique autour de la grotte de Gériols.


Par la présence des lacs et des mares et en absence de toute apparence de cours d'eau souterrain, le site est étrange d'autant plus qu'aucun exutoire connu, ni nul émissaire visible, ne se distinguent aux environs de l'entrée de la grotte et sur une longue distance. D'où peut donc provenir cette eau ? Par où peut-elle s'évacuer ? N'existe-t-il pas un système annexe dans la grotte de Gériols ?

Pour accéder au fond de la grotte, - gours, cascades pétrées et bloc calcique au nom prédestiné de « squelette » -, faute d'aménagements adéquats, la grotte de Gériols n'étant pas ouverte au public, il est nécessité de traverser le lac à la nage, - les époux Vallot, les « re-découvreurs » du site karstique, avaient, eux, utilisant avec un bateau de type Osgood, navigué sur le plan d'eau -, et, en son milieu, un courant se dirige vers le Sud.
En outre, par gros temps et lors des « fortes eaux », le niveau s'élève jusqu'à plus de 1,50 mètre au-dessus de son plan coutumier, autorisant à penser que le lac est en relation avec une rivière souterraine. Aux temps romains, des galeries artificielles avaient été creusées. Celles-ci devaient permettre, aux mineurs, de travailler à pied sec. Mais, encombrées par du sable, elles sont toutes obstruées et elles interdisent toute action de vidage et d'assainissement.
A la fin de la visite exploratoire, deux questions se posent : « Des recherches hydrologiques seront-elles, un jour engagées et autoriseront-elles un acquis des connaissances sur l'origine de ces eaux ? » et « La grotte-mine de Gériols, une quelconque cathédrale de pierre riche en histoire, sera-t-elle ouverte, dans un avenir plus ou moins lointain, à des hordes « gourmandisées » par le voyeurisme à défaut d'en autoriser l'accès à un public de connaisseur ? » Et réponses y seront-elles données ?


Raymond Matabosch


Notes.


(1) Simiiforme : Les Simiiformes, ou anthropoïdés, - Anthropoidea -, sont un groupe de primates, plus précisément le groupe des singes et des humains qui admet, pour groupe frère, les tarsiformes.

(2) Catalans illustres. L'Homme de Tautavel. 2007. Raymond Matabosch.


Publié le 15 Novembre 2010 sur

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16 décembre 2010

Activité volcanique en Équateur : Le stratovolcan Tunguruhua. Risque d'éruption paroxismale.

Le jeudi 12 Août 2010, à 11 h 54, Temps Universel, 06 h 54 Heure Locale, un séisme de Magnitude du Moment 7.1 avait frappé au cœur de la jungle amazonienne et avait secoué, durant environ 40 secondes, l’Équateur et le Pérou. Son hypocentre avait été déterminé à 200 kilomètres de profondeur par le Centre sismologique Euro-Méditerranéen et à 211 kilomètres de profondeur par l'U.S. Geological Survey.


Le 14 août 2010, publiant un article relatant ce tremblement de terre, », « Un séisme 7.1 de magnitude dans la Cordillère Royale Andine, le 12 Août 2010 : Recrudescence prévisible du volcanisme en Équateur dès la Mi-Novembre », en explicitant les raisons plausibles, j'avais ainsi conclu : « Au plan sismique, se produisant dans les entrailles profondes des arcs et des cordillères volcaniques, ils agissent tels des moteurs enclenchant, dans les 3 à 6 mois, suivant la secousse, soit une recrudescence dans l'activité d'un volcan, soit une reprise d'activité dans les édifices en repos ou en sommeil. Aussi est-il à penser que des cônes volcaniques, tels le Sangay, le Tunguruhua, l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou le Reventador, voire autres moins connus, dans la Cordillère Royale Andine, ne connaissent des regains d'activé ou ne rentrent en éruption après de longs mois ou de longues années de mise en sommeil, à partir de la mi-Novembre 2010. »


Le volcanisme en Equateur d'Août 2010 à Octobre : État des lieux.


Si dès le 30 Août, le VAAC de Washington signalait qu'une plume de cendre était observée, par un pilote, près du stratovolcan Reventador, il n'en paraissait pas en advenir que cette reprise d'activité du volcan puisse être consécutive à l'éruption volcanique. Deux raisons à cela : Pour la première, le 27 Juillet 2010, le volcan était entré en éruption, une succession d'explosions éruptives, de type « stromboliennes » sous forme de fontaines de lave, avec nuages de cendre, téphras et lahars, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 2, et, après une petite période de calme relatif, en Juin et Juillet, son activité se ré-intensifiait ; et, pour la seconde, dans l'arc volcanique andin péruvien, la montée du magma s'effectuant à une vitesse d'environ 2,3 kilomètres par jour, la profondeur de l'hypocentre voisinant les 200 à 210 kilomètres, l'arrivée de la lave, dans le cratère sommital, se calcule dans une durée d'une centaine de jours, soit plus ou moins 3 mois... il ne peut que s'admettre que le séisme du 12 Août ait commis quelques remous mineurs dans la colonne lavique du Reventador qui avait repris un peu de vigueur éruptive, avec présence de nuages de cendres, dès le 30 Août.



Le même constat peut être dressé pour le stratovolcan Sangay en éruption permanente, entrecoupée de quelques brèves pauses de deux à trois mois au plus, depuis le 08 Août 1934, se caractérisant pas une succession d'éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, dans le cratère central et évents latéraux, des éruptions consécutives à une large fissure radiale, des coulées de lave, et, générant des écoulements pyroclastiques, des extrusions vulcaniennes de petits dômes de lave, dans le cratère, ayant provoqué des évacuations et morts d'hommes, scientifiques et autres, comme en Août 1976, qui s'étaient aventurés dans l'ascension du volcan.


Le volcanisme en Equateur en Novembre 2010 : État des lieux.


Si l'activité du stratovolcan Reventador monte en puissance depuis le courant du mois d'Octobre, avec des présences de plus en plus conséquentes de nuages de cendre s'élevant à une altitude d'au moins 4,6 kilomètres, et de coulées de laves épisodiques ;


Si l'activité du stratovolcan Sangay est tout autant en recrudescence avec la constatation d'anomalies thermiques et de nuages de vapeur, de gaz et de cendres, répétitifs ;

Un troisième édifice volcanique, le stratovolcan Tungurahua, d'après un rapport dressé par l'Air Force Weather Agency, - AFWA -, suivant une observations de l'un de ses pilotes, et d'après des analyses d'images satellite effectuées par le VAAC de Washington, est entré en éruption le 22 Novembre. Un nuage de cendre s'est élevé à une altitude de 7,6 kilomètres, s'est déporté, dans une direction Sud-Ouest, sur une distance initiale de 37 kilomètres et a dérivé, dans un azimut Sud-Ouest du volcan, à plus de 230 Kilomètres. De nouvelles émissions de cendres ont été émises le 23 Novembre et ont atteint une altitude de 7,0 kilomètres. Les images satellite ont montré que la plume de cendre, s'est déportée plein Sud, à plus de 150 kilomètres du bâti vulcanien. Tout laisse à penser qu'une ou plusieurs explosions volcaniques se sont produites.


Le stratovolcan équatorien Tungurahua, haut de 5.029 mètres, situé à 135 kilomètres au sud de la capitale Quito est coutumier des éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 3 ou 4, émanant de son cratère central, avec des coulées pyroclastiques, des coulées de lave, des lahars causant de gros dégâts dans les propriétés, morts d'hommes et entraînant généralement des évacuations. Sa précédente crise volcanique s'est déroulée du 05 Octobre 1999 au 08 Juillet 2009 et est resté, excepté une saute d'humeur le 29 mai 2010, - une grande explosion due à une accumulation de gaz et provoquant des projections de lave et de cendres dépassant les 10.000 mètres d'altitude -, dans un calme très relatif depuis.

Avec la rentrée en éruption du Tungurahua, se pose la question de savoir si d'autres édifices vulcaniens de l'arc volcanique équatorien, dans la Cordillère Royale Andine, tels l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou autres moins connus, conséquemment au séisme du 12 Août 2010, « se réveilleront » dans les jours ou semaines à venir.


Le stratovolcan Tunguruhua. Son contexte.


 

Code 1502-08

Localisation : Latitude 1.467° Sud à 1.281° Sud,

et Longitude 78.442° Ouest à 78.263° Ouest,

Stratovolcan, altitude 5.023 mètres,

Cordillère Royale Andine, Équateur.


Le Tungurahua, - Tunguruhua ou Tunguragua, de Tunguri, gorge, et rahua, feu, « Gorge de Feu » -, culminant à une altitude de 5.023 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un stratovolcan andesitico-dacitique actif, un cône très pentu, - pentes à 30 et 35° -, de 14 kilomètres de diamètre basal, dominant de plus de 3.000 mètres la vallée à ses pieds septentrionaux, se situant dans le Cordillère Royale Andine, en Équateur, à 140 kilomètres au Sud de la capitale Quito. Des sommets notables, comme le Chimborazo, 6.267 mètres et l'Altar, 5.319 mètres, l'encadrent L'édifice volcanique se dresse au-dessus de la petite cité thermale de Baños de Benasque, 20.000 habitants, implantée sur son flanc Nord, à 5 kilomètres, dans le cadre exceptionnel d'un cirque montagneux, en bordure du fleuve Pastaza. D'autres villes, plus importantes, sont proches : San Juan de Ambato connu comme « Ville des Fleurs et des Fruits », « Cuña de les Tres Juanes », « Ville Cosmopolite » et « Jardin du l'Équateur », 225.000 habitants, 30 kilomètres au Nord-Ouest, et Riobamba, 135.000 habitants, 30 kilomètres au Sud-Ouest.

Du haut de ses 5.023 mètres, le cratère sommital du Tungurahua dépasse, environ 4.900 mètres à cette latitude 1.4° Sud et 1.2° Sud, l'altitude des neiges éternelles. Son sommet est donc recouvert d'un manteau neigeux et, de surcroît, il est l'hôte d'un petit glacier qui souffre de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999.


Culture et légende autour du Tungurahua.


Au Pérou, les autochtones, de culture kichwa(1), surnomment, affectueusement et religieusement, le volcan « Mama Tungurahua », - la Mère Tungurahua -, et tiennent la même considération pour son congénère voisin, le Chimborazo, adulé comme le père, le « Taita Chimborazo ».

Selon une légende inca, « le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la belle Tungurahua. Le Cotopaxi, très belliqueux, cherchait sans cesse querelle au Chimborazo qui, un jour, s'étant mis en colère, provoqua en duel son rival. Il sortit vainqueur du combat et obtint le cœur de la belle Tungurahua. Ils eurent, ensemble, le Guagua Pichincha, le bébé Pichincha qui hérita de la vaillance et de la puissance de son père, démontra sa force et provoqua l'ire de sa mère. La belle Tungurahua devint une furie incontrôlable, le restant toujours ».


Contexte géodynamique du volcanisme quaternaire équatorien.


L'arc volcanique équatorien est partie intégrante de la Zone Volcanique Nord des Andes qui s'étend depuis la latitude 5° Nord, - Volcan Cerro Bravo, en Colombie -, .jusqu'à la latitude 2° Sud, - Volcan Sangay, en Équateur -. Au Sud de cette latitude, le volcanisme actif, ne reprenant que dans la Région d'Arequipa, au Pérou, y est totalement absent. C'est arc volcanique est le résultat de la subduction de la Plaque océanique Nazca sous la Plaque continentale Amérique du Sud-Américaine et les microplaques Altiplano et Andes du Nord.

La croûte océanique de la Plaque Nazca subductante, depuis 12 à 20 Millions d'années, est porteuse de la Cordillère sous-marine de Carnegie constituée des produits volcaniques de l'activité du point chaud des Galápagos sur la plaque Nazca et subductant, depuis au moins 6 Millions d'années, sous la Plaque tectonique Sud-américaine.

L'arc volcanique équatorien se développe, dans sa majeure partie, face à la dite Cordillère, sur une largeur supérieure en sa zone septentrionale, - 100 à120 kilomètres -, alors que dans la zone colombienne, la dite Cordillère n'existant pas, cette largeur n'est que de 30 à 50 kilomètres. Ainsi, alors qu'en Colombie l'arc volcanique n'est constitué que d'un seul alignement de volcans, au niveau de l'Équateur, et particulièrement face à la Cordillère de Carnegie, quatre alignements d'édifices volcaniques, parallèles, s'inscrivent dans les structures du soubassement andin : la Cordillère Occidentale, la Vallée Inter-andine, la Cordillère Royale, - hôte des stratovolcans Tungurahua et Sangay -, et la zone Sub-andine Orientale, - portant le stratovolcan Reventador -, parallèle à la faille de chevauchement.


La Cordillère Royale Andine, hôte du stratovolcan Tungurahua.


À l'Est de la dépression Inter-andine et tout du long de la Cordillère Royale, se situe le troisième alignement de stratovolcans. À la différence de la Cordillère Occidentale où les volcans s'y définissent par la rectitude de leurs centres d'émission et par leur espacement régulier, les édifices volcaniques, dans la Cordillère Royale, sont, sans aucune organisation, dispersés sur une distance de 350 kilomètres et une amplitude d'environ 50 kilomètres. Leur direction est sub-parallèle à ceux implantés sur l'alignement volcanique de la Cordillère Occidentale. Les principaux volcans caractéristiques de cette chaîne sont, du Nord au Sud, Le Soche, le Cayambe, le Pambamarca, la Caldeira de Chacana, l'Antisana, le Sincholagua, le Cotopaxi, le complexe Chaloupes-Sincholagua, le Tungurahua, l'Altar et le Sangay. Le Reventador, bien que d'appartenance inclusive à la zone sub-andine, par sa pétrographie et sa géochimie, est généralement associé au volcanisme de la Cordillère Royale.

La pétrographie des laves, andésites basiques calco-alcalines, andésites riches en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, et minoritairement dacitiques, exclusivement d'âge final du Pléistocène Supérieur et Holocène, de ces stratovolcans, est assez uniforme. Les laves récentes, majoritairement dacítiques, des volcans Cayambe et Soche, constituent une exception. En outre, le Cayambe présente une évolution similaire à celle des volcans de la Cordillère Occidentale, originellement andesitico-expansif avec le Proto-Cayambe, se transformant, caractéristique de la croissance et de la destruction des dômes, en écoulements dacítiques. Enfin, l'existence de deux grands systèmes magmatiques, les caldeiras du complexe Chacana-Chaloupes, caractérisés par une importante activité riolítique mérite une attention spéciale, une évolution pouvant s'avérer indicatrice d'une mutation notoire dans le volcanisme de la Cordillère Royale.

L'érection des édifices volcaniques de cette cordillère s'est produite au cours du Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, voire vers fin du Pléistocène inférieur, au moment de la glaciation de Gunz, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, le Nebraskéen dans les régions du Middle West. Au cours des temps, tous ont souffert d'effondrements répétés et d'étapes d'érosion intense qui ont causé de la destruction totale ou partielle des cônes. Subséquemment, la reprise d'activité volcanique a réédifié de nouveaux bâtis. Dans cette chaîne volcanique, le Cotopaxi, le Tungurahua, l'Antisana, le Sangay et vraisemblablement le Cayambe ont une activité s'inscrivant dans les temps dits historiques, - de l'Antiquité à nos jours -, et, tout particulièrement depuis 1532. D'autre part, les datations au radiocarbone permettent d'établir que les cônes « jeunes » du Cotopaxi, du Tungurahua, du Cayambe, du Sangay et, probablement, de l'Antisana ont tous été construits durant l'Holocène.

Étant considérée la fréquence de leurs épisodes éruptifs,- 31 pour le Tungurahua, 78 pour le Cotopaxi en sommeil depuis le 19 Février 1942 et 22 pour le Cayambe en sommeil depuis Mars 1786, lors de quatre derniers millénaires ; 3 pour l'Antisana en sommeil depuis Mai 1802 ; et 3, dont le dernier du 08 Août 1934 et toujours en cours en Novembre 2010, pour le Sangay depuis 1628 -, la hauteur des stratovolcans et la présence d'une calotte glaciaire, les édifices volcaniques inclusifs dans cette cordillère présentent de conséquents dangers lors de futures éruptions si celles-ci consistaient en des coulées de lave, des coulées pyroclastiques, des chutes de cendre, de catastrophiques lahars et vraisemblablement, en cas d'extrusion des dômes ou d'une partie ou de la totalité de leurs cônes, des avalanches de matériaux volcaniques


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Proto-Tungurahua.


Au cours de son évolution géologique, depuis le Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, ou fin du Pléistocène inférieur, au Nebraskéen pour les Amériques ou Glaciation de Gunz pour les Alpes, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, aux jours présents, le Tungurahua, posé sur une assise de roches métamorphiques, a connu, de façon séquentielle, au moins trois phases d'édification, présentement les seules déterminées, interrompues, pour les deux premières par des effondrements majeurs,

Ce fut, dans un premier temps, entre 1 Million d'années et 750.000 ans, l'érection du Proto-Tungurahua, référencé, par les scientifiques, Tungurahua I. Les diverse études programmées, et les résultats obtenus, n'en permettent pas encore d'en connaître ni son historique ni ses activités. Les seuls points connus sont que cet édifice s'est érigé sur les soubassements métamorphiques de la Cordillère Royale Andine et ne transparait qu'au travers des grandes surfaces inclinées, en son Nord, que sont le Runtún et le Pandoa, et des coulées de laves qui se déterminent sur les flancs, en sa partie orientale, de l'actuel édifice. Les épandages du Runtún et du Pondoa sont entaillés par de larges et profondes vallées, - les Vallées de Vazcún et d'UIba -, et, par les stratigraphies réalisées sur les aplombs qui corsètent ces cours d'eau, il s'y constate un empilement de coulées de laves andésitique basique à andésitique d'une épaisseur approximative de 400 mètres.

Le Proto-Tungurahua, ou Tungurahua I était un stratovolcan andésítique de 14 kilomètres de diamètre, lors d'au moins une explosion paroxysmale, voire colossale, qui avait déclenché au minimum un effondrement sectoriel, donnant naissance à une caldeira, et des avalanches de matériaux volcanique. L'édifice fut plus ou moins détruit et acheva son activité suite à un important épisode volcanique plus siliceux, responsable de l'émission de laves dacítiques toujours présentes sur les versants pentues du Runtún et du Minsa. D'après deux datations radiométriques réalisées par Barberi, en 1988, il peut être estimé que cet édifice, bâtit par accumulation de matériaux volcaniques au cours d'éruptions successives, a été actif de 770.000 à 350.000 ans avant l'ère chrétienne. Mais il est aussi plausible que plusieurs épisodes paroxysmaux ou colossaux se soient déroulés durant ses 350.000 ans d'existence.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua II.


Après une longue période de repos et une intense érosion, l'édifice volcanique érigeant un cône intermédiaire, le Tungurahua II, s'est réactivé vers 10.000 à 12.000 ans avant J.C. En regard des investigations récentes, ses ruines n'apparaissent, uniquement, qu'au travers d'une série de coulées de lave situées dans la partie supérieure du f1anc Sud, zone de l'évent Tiacos, du complexe Tungurahua. Cette unité constitue une séquence, d'environ 100 mètres d'épaisseur, de laves andésítiques recouvrant des coulées laviques du Proto-Tungurahua. Géomorphologiquement, cette période d'activité vulcanienne peut être antérieure à 11 ou 12.000 ans avant l'ère chrétienne car les écoulements de lave du Tungurahua II emplissent les paléo-vallées formées durant la dernière glaciation, glaciation Würn IV dans les Alpes, Wisconsin III aux Amériques, entre 31.000 et 12.000 ans ± 1.000 ans avant J.C.

Le Tungurahua II, a été partiellement détruit lors du dernier effondrement sectoriel provoqué par l'instabilité de son dôme de lave, l'intrusion d'une conséquente arrivée de magma dacítique dans l'édifice volcanique et une éruption explosive cataclysmique ou paroxysmale, vers 2995 ± 90 ans avant J.C, Cet épisode destructeur a produit, laissant une imposante caldeira, en forme de grand amphithéâtre facilement reconnaissable de nos jours, tout particulièrement sur le flanc Sud, un effondrement de matériaux volcaniques d'un volume approximatif de 8 kilomètres cube. L'avalanche, combinée à des lahars, a heurté les reliefs situés immédiatement à l'Ouest du cône et s'est étalée, couvrant une distance d'au moins 15 kilomètres et constituant les plaines de Cotaló et de Pillate, vers le Nord-Ouest, vallée de la rivières Patate, et le Sud-Ouest, vallée du Chambo. Cette vallée fut même obturée par un imposant dépôt de matériaux et entraînant la formation d'un lac de quelques 10 kilomètres de longueur. La rupture du barrage, des décennies après, a généré une nouvelle catastrophe dans un déferlement de boues emportant tout, à son passage, sur des centaines de kilomètres en aval.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua III.


Après l'effondrement du Tungurahua II, dans la caldeira en forme de fer à cheval ouvrant sur l'Ouest de l'édifice volcanique chapeauté d'un glacier, le stratovolcan Tungurahua III, sans atteindre encore la taille du Tungurahua II à la fin de sa croissance, se développe progressivement. Son activité éruptive émanant, exclusivement, de son cratère sommital, reconstruisant le cône, lui a permis de retrouver une taille au moins égale à 50% de celle du Tungurahua II, avant son effondrement. Cette activité s'accompagne de fortes explosions et de panaches et nuages de gaz, de cendres et de téphras s'élevant à hautes et très hautes altitudes dans la stratosphère et dérivant sur de longues distances.

Ces éruptions explosives provoquent, quelquefois, des coulées pyroclastiques et des coulées de laves andésitiques basiques qui atteignent les régions peuplées implantées à la base du volcan. La dernière crise éruptive importante, commençant le 06 Octobre 1999 et s'achevant le 08 Juillet 2009, Indice d'explosivité VEI 3, avait entraîné l'évacuation temporaire de la ville Thermale de Baños de Benasque située, sur le flanc Nord, à moins de 7 kilomètres du cratère sommital. La dernière éruption majeure, Indice d'explosivité VEI 4, s'était déroulée du 03 Mars 1916 à courant 1918, se prolongeant avec une activité mineure ait continué jusqu'au 01 Décembre 1925.

Deux périodes de construction sont référencées dans l'histoire du Tungurahua III. De vers 2995 ± 90 ans avant J.C, - certains spécialistes supputant même 1400 avant J.C -, jusque vers l'an 700, tel en est pour la première, d'importantes extrusions de laves et de nombreuses coulées pyroclastiques se sont succédées. Durant cette période, restant essentiellement andésitique basique la composition du magma n'a pas évolué significativement. La seconde concerne les 1.300 dernières années passées. Les épisodes éruptifs majeurs se sont succédés à la fréquence d'un par siècle. Généralement, ces éruptions explosives, de type strombolien, génèrent des chutes de cendres et de lapillis, une forte activité pyroclastique et, en phase terminale, des coulées de lave, de composition hétérogène, -andésite et dacite -. Des bouchons laviques andésitiques basiques obstruent la colonne volcanique mettant un point final à la crise éruptive. Ce schéma cyclique a été observé lors des trois plus catastrophiques éruptions historiques, dans les années 1773, 1886 et 1916-1918.


Le 05 Octobre 1999, après une longue période de repos, le volcan a repris une procédure éruptive qui s'est achevée le 02 Août 2010. Elle a été ponctuée d'éruptions explosives majeures les 16 août 2006, 06 février 2008 et 28 mai 2010. La pause éruptive a été de courte durée, le stratovolcan Tungurahua III se réactivant le 22 Novembre en émettant, après une série de fortes explosions, des plumes roses qui se sont élevées à 7,6 kilomètres d'altitude.

Tous ces points référencés et explicités, en regard de son âge, - entre 2.300 et 3.400 ans d'activité -, et des considérations volumétriques attachées à l'édifice, il peut s'admettre que le taux de croissance annuel, du Tungurahua III, est d'environ 0,15 kilomètres cubes.


Le stratovolcan Tungurahua et le risque d'une éruption explosive paroxysmale, voire colossale.


L'effondrement sectoriel du bâti Tungurahua II et l'avalanche de matériaux volcaniques, les coulées pyroclastiques et les lahars qui en ont découlé, datés de vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., par comptage du carbone 14 résiduel, - autrement dit datation par le radiocarbone ou datation par le carbone 14 -, ont laissé d'importants dépôts qui affleurent sur les flancs et le pourtour de l'édifice volcanique. De toute évidence, cet épisode paroxysmal a été provoqué par une éruption explosive, de type plinienne, ou sub-plinienne, d'une grande intensité, Indice d'Explosivité Volcanique VEI 5, et a produit des accumulations conséquentes de matières minérales vulcaniennes de deux types bien distincts.

Le premier type de dépôts correspond à des couches cendres, stratifiées et non stratifiées, croisées et lenticulaires, laissées par une nuée ardente, extrêmement véloce et mobile, composée d'une coulée pyroclastique à sa base et de gaz, de cendres et de blocs de taille variable qui dévalèrent les pentes d'un volcan et s'étendirent sur une superficie d'environ 600 kilomètres carrés pour une volume global supérieur à 0,95 kilomètres cubes.

Le deuxième type est une accumulation de strates découlant d'empilements de fragments de pierre ponce et scories émanant du nuage volcanique, tombés en pluies intermittentes, depuis la stratosphère, sur une longue durée. L'épaisseur des diverses couches, la superficie recouverte et la taille maximum des téphras, des fragments de pierre ponce et des scories mesurés et calculés, il est permis d'évaluer le volume global des produits émis et rejetés et la puissance de la phase éruptive. Ainsi, il est aisé de constater que le volume de la couche déposée représente plus de 0,55 kilomètres cube et que la durée de la phase éruptive peut être évaluée à plus ou moins une heure et la colonne de cendre a pu atteindre une altitude estimée à environ 25 kilomètres avant de se disperser vers le Nord.

Sans compter le volume du dépôt avalancheux de matériaux volcaniques associé à l'explosion sectorielle, le volume des deux types d'accumulations concrétisent un dépôt global de plus de 1,5 kilomètres cubes de roches dites « molles. »

Les multiples découvertes archéologiques, dans le périmètre régional s'étendant dans le pentagone irrégulier Tena-Puyo-Riobamba-Guaranda-Ambato-Tena et Puyo, de substructions de villes, de pots en céramique, de l’or, du cuivre et du bronze ouvragés, des canaux d’irrigation, des terrasses de culture et d'ossements humains, laissent supposer que la région était densément peuplée aux temps archaïques amérindiens de la culture Chavín(2), période dite « horizon de formation », entre 2.700 et 200 avant l'ère chrétienne.

Il est quasi certitude que l'éruption explosive colossale qui s'est produite vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., a eu, pour graves conséquences, de grands dommages tant sur les habitations que sur les personnes et a dû entraîner dans la mort des centaines, voire des milliers de personnes.

En conclusion, il peut être admis que ces considérations, sur le bâti holocène du Tungurahua, tendent à établir, si besoin en était d'en apporter preuve supplémentaire, le caractère excessivement explosif de l'édifice volcanique dans un temps géologique très récent, d'une part, et, d'autre part, l'étendue considérable des zones dévastées par ce type d'effondrement sectoriel dont le Tungurahua II s'est commis. Il n'est point à en douter, aussi, que cet événement s'est, au moins, produit une seconde fois, - probablement un certain nombre d'autres -, entre 770.000 et 350.000 ans avant J.C., avec le Proto-Tungurahua.

Et, se penchant sur la démographie régionale, plus de 400.000 personnes, dont 65.000 dans la zone dévastée vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., vivent, en ce début du XXI° siècle, dans un rayon de 50 kilomètres autour du stratovolcan.

Même si les analyses de stabilité suggèrent que le Tungurahua actuel est un cône « jeune », relativement stable et, donc, sans risque excessif d'effondrement sectoriel ou total, dans son ensemble, les travaux géologiques effectués sur le bâti référencent que plusieurs petits effondrements et de légers enfoncements, les uns et les autres modestes en regard de celui s'étant produit vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., se sont développés lors des plus récentes éruptions émanant toutes du cratère sommital.

D’après les faits historiques, le Tungurahua réintégrant son processus éruptif, en moyenne, tous les 100 ans, un processus pouvant durer de quelques mois à une dizaine d’années, l'épisode critique et redouté, d'un nouvel événement catastrophique, étant en attente depuis 1999, plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent sous la menace permanente d'une éruption explosive, cataclysmique à colossale, du Tungurahua III. Et ce risque serait d'autant plus amplifié si, associée à une intense activité sismique, une intrusion de magma à force concentration dacitique, venait à arriver à l'intérieur de la volcanique.

Raymond Matabosch


Notes.


(1) Le quechua est une famille de langues parlée au Pérou, où il a le statut, ainsi que dans d'autres régions des Andes, du sud de la Colombie au nord de l'Argentine, de langue officielle depuis 1975, Sa variante équatorienne est appelée kichwa, ou quichua. Il se subdivise en de nombreuses variétés. La plus répandue, Sud du Pérou et Bolivie, est le quechua dit « cuzquénien », qui possède une tradition écrite ancienne remontant à l'époque coloniale, - XVI° Siècle -.

Le quechua était la « lingua franca », - non sa langue officielle qui était l'aymara -, de la civilisation inca. L'extension territoriale actuelle du quechua est due au fait qu'il a été promu au rang de « lengua general » par le colonisateur espagnol.

(2) La culture de Chavin est une civilisation précolombienne. Elle doit son nom au village de Chavin de Huantar, au Pérou, où les ruines les plus significatives ont été retrouvées. C'est la culture mère de toutes les civilisations andines. Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du Jaguar ou du puma. Elle a émergé vers 1200/1300 avant l'ère chrétienne et a vu son apogée, avant de disparaître, vers 800-200 avant J.C. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique et dans la Cordillère Andine colombienne, péruvienne et équatorienne.

La civilisation de Chavin a introduit le travail du cuivre, du bronze et de l'or en Amérique du Sud. Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture.


Publié le 29 Novembre 2010 sur

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14 décembre 2010

Fontfroide, abbaye cistercienne. La renaissance d'une abbaye.

Le choix du site de Fontfroide n'est pas le fruit du hasard. Les moines, fondateurs de tels édifices, ont toujours privilégié les lieux calmes et isolés. C'est donc, dans un vallon sauvage du massif calcaire des Corbières, à proximité d'un torrent, qu'un groupe de religieux jette son dévolu à la fin du XI° siècle.

Elle doit son nom à cette « fons frigida », source d'eau fraîche. Les armes parlantes de l'abbaye représentent, d'ailleurs, une fontaine.


Le rayonnement de l'abbaye de Fonfroide.


Fondée, en 1093, sur des terres données par Aymeric II, vicomte de Narbonne, Fontfroide est rattachée, en 1144, à l'abbaye bénédictine de Grandselve. En 1146, Fontfroide est affiliée à l'abbaye de Cîteaux, dans la filiation de Claivaux.

Dès lors la liste de ses bienfaiteurs va s'étoffer. Le Comte deToulouse, le Vicomte de Béziers, Guillaume de Montpellier, Alphonse d'Aragon et Guillaume de Roussillon vont être à l'origine d'une des plus rapides ascensions matérielles et spirituelles qu'un édifice religieux ait connu à cette époque.

Les dotations des nobles languedociens, toulousains et catalans permettent, aux moines, d'élargir leur territoire foncier jusqu'au Roussillon et à la Catalogne.

Prospère, elle essaime alors et le monastère de Poblet en Catalogne, en 1149, celui de Valbonne, dans les montagnes d'Argelés, en 1242, entre autres, se trouvent dans sa filiation. Cent ans après sa fondation, à son apogée, Fontfroide est mère de cinq abbayes d'hommes et de trois abbayes de moniales, et possède 24 granges et 30 000 hectares de terres.


Fontfroide fer de lance de l'orthodoxie catholique.


Digne représentante de l'église catholique, elle incarne, à l'aube du XIII° siècle, l'orthodoxie face à « l'hérésie cathare. » Deux de ses moines, frère Raoul et Pierre de Castelnau, deviennent légats du pape, en 1203, pour combattre, par la parole, le catharisme.

En cette période de troubles, l'assassinat, d'un de ses moines, déclenche l'invasion du Languedoc et, sous le commandement de Simon de Montfort, la Croisade des Albigeois.
Fonfroide sort renforcé de ces épisodes tragiques et connaît même la gloire au début du XIV° siècle, deux de ses pères abbés occupant les sommets de la hiérarchie catholique. Arnault de Novell, ancien moine et légat du pape au procès des Templiers, devient cardinal en 1312. Son neveu, Jacques Fournier, est élu pape, en 1314, sous le nom de Benoît XII. On lui doit la construction du Palais des papes à Avignon.


Après l'apogée, le début du déclin.


L'apogée marque souvent le début du déclin et c'est le cas pour l'Abbaye de Fonfroide. Trop bien née et trop puissante, sa richesse, inexorablement, dans le macrocosme monacal, finit par faire des envieux. Fontfroide cristallise les mécontentements et les jalousies, et symbolise, trop ouvertement, la réussite et la prépondérance de Cîteaux. Parallèlement, la discipline, observée par les moines, se relâche et se dégrade

Lors du grand schisme d'Occident, de 1378, l'abbaye recon­naît l'anti-pape Clément VII et s'attire l'ire de Benoît XIII, autre anti-pape. Le choix stratégique des moines s'avère catastrophique et aboutit à la mise sous séquestre des biens de la communauté

 

Sous le régime de la Commende Fonfroide perd, partiellement, son autonomie.


Au milieu du XVe siècle, un autre scandale éclate au sein de l'abbaye. L'abbé Pierre Ferrer est expulsé par le chapitre général, mais, se refusant à la sanction édictée, celui-ci reprend possession, par les armes, de son bien. Jusqu'à sa mort, en 1454, cloîtré dans son monastère, il résiste à toutes les sommations


Les conditions de vie des moines continuant à se dégrader, en 1476, l'abbaye passe sous le régime de la commende et son abbé est choisi, par le Pape, parmi les membres du clergé séculier. L'abbé ainsi nommé perçoit les revenus de l'abbaye et s'occupe de sa gestion tandis que le pouvoir spirituel est remis aux prieurs. Le passage à ce régime marque, l'abbé ne se souciant que de son propre profit, le début d'une décadence des mœurs.

Bien que les prieurs conventuels fassent, au début du XVIII° Siècle de nombreux aménagements, le nombre de religieux chute. En 1764, Fontfroide perd son titre d'abbaye et les revenus qui y étaient attachés, et devient dépendance de l'évêché d'Elne-Perpignan. En 1791, le monastère est mis en abjudication, mais n'est pas détruit


La renaissance d'une abbaye.


Ses bâtiments, relativement préservés lors de la Révolution, ont été rachetés et, après y avoir effectué des travaux de restauration, réoccupés par des cisterciens de l’Immaculée Conception, de Sénanque, sous la direction du Père Jean, de 1858 à 1901


Deux nouveaux acquéreurs, Gustave Fayet et Madeleine d'Andoque de Sariège, en 1908, profitent de la loi sur les congrégations de 1901 pour faire, de Fontfroide, après quelques restaurations, un lieu culturel prisé.

Fontfroide s'impose, aujourd'hui, comme l'étape indispensable au départ des circuits des Corbières et des Châteaux cathares.


Plus de vie monastique mais des bâtiments magnifiquement conservés.


Un élégant portail d'entrée, construit à la veille de la révolution Française, accueille le visiteur et le guide jusqu'à la cour d'honneur.

La salle capitulaire et ses neufs voûtes romanes, disposées sur des croisées d'ogive, est considérée comme un pur chef d'œuvre de l'art roman. L'église, avec sa grande nef culminant à vingt mètres de hauteur, a retrouvé ses vitraux lumineux.

Des statues et des bas reliefs ornent les murs et les jardins. Depuis 1990, ces jardins sont agrémentés d'une grande roseraie composée de 3.000 rosiers rassemblés en onze massifs de couleurs différentes.

L'austérité n'est plus de mise et plus de neuf siècles après sa fondation, Fonfroide a adopté un style confortable et plus convivial.

Raymond Matabosch

Publié le 11 Novembre 2010 sur

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13 décembre 2010

L'Abîme de Bramabiau. Grotte et rivière souterraine.

« Bramabiau, une de ces œuvres grandioses et bizarres que la nature exécute à coups de siècles et qui confondent l'esprit humain. », ainsi s'était exprimé Édouard-Alfred Martel au lendemain de sa première traversée, les 27 et 28 juin 1888, des grottes et de la rivière souterraine de l'abîme de Bramabiau. Et comme l'homme, en extase face à l'opulence spéléologique de cette découverte fabuleuse, n'était pas avare de qualificatifs, il rajouta : « ...Caprice de la nature tel qu'on en connait pas de semblable... »,et surencherit : « ...Site étrange et singulier, c'est certainement à Bramabiau que les amateurs de grottes risquent le moins d'éprouver une impression de déjà vu... »


La rivière le Bonheur.


A la limite des Cévennes et des Causses, sur le versant océanique du Mont Aigoual, au Nord-Est de Saint-Sauveur Camprieu, - Cam del Rieu, plateau entre deux rivières, ou champs du Prieuré -, à environ deux kilomètres l'une de l'autre, deux petites rivières, le Trévezel et le Bonheur, près du col de la Serreyrède, à l'Espérou, prennent leur source sourdant des spongieux tapis d'herbes qui recouvrent un sol de granit. Ayant creusé leur lit dans les calcaires du petit Causse de Cambrieu enveloppé de sombres et belles forêts, chacune d'elle, au gré de ses humeurs et de la qualité de son sous-sol, façonne sa vallée de façon cavalière.

Alors que le Trévezel entre prairies, pinèdes, chênaies et sous bois de buis, baigne les hameaux de La Fargue, des Monts, de Ribauriès et de Malbosc et s'engage dans des gorges étroites, aux falaises abruptes et vertigineuses, le Bonheur, lui, facétieusement, coule au fond d'une petite vallée longue de quelque cinq kilomètres, s'endort un instant dans un lac aménagé de main d'homme à l'entrée du village, en arrose ses abords septentrionaux, humidifie parcimonieusement des empreintes de dinosaures et, malicieux et cabochard, s'engloutit, en de multiples pertes, dans le Causse de Camprieu.


Le labyrinthe de rivières souterraines du Bonheur.


Les pertes du Bonheur se situent, à quelques pas au Sud-Sud-Ouest deSaint-Sauveur Camprieu, après l'aven éboulé du Balset, sous une kyrielle d'interstices et de fissures et principalement sous une grande dalle calcaire partiellement effondrée laissant apparaître, au fond d'un gouffre d'une dizaine de mètres de profondeur, la rivière qui, creusant un gigantesque tunnel d'une trentaine de mètres de large sur plus de 250 de long, s'enfonce au cœur des calcaires liasiques.

Pénétrant dans la falaise karstique, un chevelu de ruisseaux souterrains taraude l'élément minéral et trace un véritable dédale de boyaux de plusieurs kilomètres avant de réunifier ses bras tentaculaires, de reparaître, à l'air libre, par une haute et étroite diaclase de 70 mètres déchirant, plein centre, la paroi abrupte, et de jaillir, en une fantastique cascade, dans le cirque rocheux de l'Alcôve. Alors que les rhapsodes le versifient et le sacralisent en « Bout du Monde », les géologues, en termes académiques, appellent le demi-crique, aux parois verticales, escarpées, de 80 à 110 mètres de surplomb, dans lequel naît ou resurgit une source, une « reculée karstique. »

Tel un porte-voix monumental, de l'ample et sombre crevasse qui décarne la falaise, rejaillit, dans un bouquet spumeux, la rivière du Bonheur. Par gros temps et fortes eaux, le bruit produit, par la chute majestueuse, rappelle le meuglement du bœuf, le « brama-biâou » en patois local, d'où le « bramabiau ou Cri du boeuf » toponyme qui a été affecté, depuis des temps immémoriaux, à cette cavité d'exception dont l'exploration, par Édouard-Alfred Martel, en 1888, porta la spéléologie sur les fonts baptismaux.


L'abîme de Bramabiau.


Outre son entrée majestueuse, le site de l'Abîme de Bramabiau est, avant tout, un immense réseau souterrain d'environ 11 kilomètres de galeries explorées, gruyèrant, sur près de 2 kilomètres carrés, le Causse de Camprieu. Depuis la zone des pertes jusqu’à la résurgence, - le ruisseau du Bonheur changeant de nom pour devenir le Bramabiau qui conflue, quelques 5 kilomètres plus loin, en dessous des mines de plomb argentifère et de zinc de Vallemagne, avec le Trévezel -, il permet de suivre les caprices créateurs de l’eau, et son extrême patiente à sculpter les éléments minérals.

Dans cet univers de pierre, tout y est spectacle subliminal dans une symphonie de couleurs, de sons et de silences, beauté pontifiante et farouche aux multiples facettes, architecture monumentale élaborée avec une habileté et une dextérité inimitable dont seule la nature artiste en possède le don, un art inimitable qui continue de faire son œuvre et à la pérenniser, Au plan géologique, la structure complexe du Bramabiau est un modèle parfait pour expliquer la formation des boyaux caverneux en milieu karstique. Enfin, paléontologiquement, l'Abîme est un sanctuaire préhistorique à tel point que les oryctologues et les paléoanthropologues conçoivent qu'il a pu être, au Paléolithique et au Néolithique, un temple dédié à une divinité.
Si Edouard Alfred Martel accompagné de Marcel et Gabriel Gaupillat, Philippe Cheilley, Émile Foulquier, Hippolyte Causse, Louis Armand, Claude Blanc et Émile Michel, en a effectué la première traversée les 27 et 28 juin 1888, découvrant 1,700 mètres de galeries, le
15 septembre 1890, un jeune instituteur Félix Mazauric, en compagnie de son compère et ami Randon, dans une série de 11 explorations au cours de la même année, en a porté, établissant sa topographie, le développement à 6.350 mètres. En 1924, Henri de Lapierre est à l'origine de la découverte d'un entrelacement de nouveaux conduits labyrinthiques que Pierre Maréchal, à partir de 1951, a complété, sans relâche, l'exploration du « labyrinthe Lapierre ». Les dernières découvertes, sur le site de Bramabiau, datent, pour le complétif du « réseau Mazauric », de 1982, portant le réseau dédaléen à 10.720 mètres dont seulement 1.000 mètres sont livrés au public.

Nul doute que de somptueuses trouvailles sont encore à identifier et à éventer...


Raymond Matabosch


Publié le 06 Novembre 2010 sur

 

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16:08 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Gardoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gard, comprieu, rivière bonheur, abîme de bramabiau | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12 décembre 2010

Carte postale de Saint Polycarpe en Razès.

Saint Polycarpe, - Sant Policarpi en occitan -, implanté à 227 mètres d'altitude, est une commune audoise, canton de Saint-Hilaire, arrondissement de Limoux qui, baignée par la rivière éponyme et le ruisseau Rieugrand, s'étend sur une superficie de 13,8 kilomètres carrés. Le village et ses hameaux et lieux-dits, Arce, Fondondy et Theulières, au recensement de 2007, subissant une désaffection de près de 4% de sa population depuis 1999, comptait 178 habitants. Les communes de Villar Saint Anselme, de Nord en Est, de Belcastel et Buc, de Sud-Est en Sud, de Cournanel, de Sud-Ouest en Ouest, et de Limoux sur son Nord-Ouest, le ceinturent.

Niché dans le pays audois de la haute Vallée de l'Aude, terre cathare de défilés, de gorges et de plateaux, dans le Corbières vertes offrant la fraîcheur des luxurieuses sapinières, Saint Polycarpe est une terre agricole, principalement viticole qui, avec Saint Hilaire est le berceau de la célèbre Blanquette de Limoux, un vin effervescent, considéré avec le « Gaillac mousseux » et la « Clairette de Die » comme le plus vieux brut du monde dont s'était inspiré Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, pour appliquer la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.

Que le visiteur accède à Saint Polycarpe par la route de Limoux, de Villar Saint Anselme... ou par celle de Belcastel et Buc, il ne peut faire face qu'à une rencontre inattendue : devant lui se dresse, ou ce qu'il en reste, une église fortifiée, l'église paroissiale dédiée à la Vierge dont les ruines se découvrent au Nord de l’église actuelle qui fut, elle, église abbatiale. Et poussant plus loin ses investigations, allant de surprise en surprise, il accède à l'ancienne Abbaye des Bénédictins, connue sous le vocable de Saint-Polycarpe, fondée vers l'an 780 par Àtal, successivement soumise aux Abbayes d'Alet, de La Grasse et d’Alet avant de recouvrer son autonomie, en 1170, de passer, en 1532, sous le régime de la commende et d'être totalement fermée, sous ordre du Roi, en 1771 Cet édifice religieux est flanqué d'un cloitre et d'un aqueduc du XII° Siècle admirablement conservé.

Que dire autre que « ce sont ces bâtiments qui donnent, au village, une expression de grandeur passée » et qui en rehaussent son image de carte postale. Mais, en cela, il serait délicat d'omettre que le sol de son territoire conserve un grand nombre d'objets, - haches en silex, pointes de javelot en silex corné ou en feuille de laurier, tombelles, menhirs, dolmens, peulvans, peyro dreito, peyro ficado, peyro levado. cistes, celles...-, des traces indéfectibles datant de l'époque néolithique, et nombre plus récentes des périodes celtibère et gallo-romaine.

Au Sud du village, le hameau d’Arce recelle, dans les pierres et les ruines d'un vieux château et d'un donjon attenant qui furent démentelés par les troupes de Simon de Montfort lors de la Croisade des Albigeois, des souvenirs chargés d'histoire, de rébellion, de catharisme, de sang, de larmes et de mort.

 

Raymond Matabosch

Publié le 06 Novembre 2010 sur

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09 décembre 2010

La Tour Cerdane. Un rôle stratégique essentiel.

La Tour Cerdane, - ou Castel de la Torra Cerdana ou encore Castel de Pimorent -, dont il est difficile, encore de nos jours, d'en déterminer son origine historique, est un élément d'un système de défense antérieur au Traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 sur l'île des Faisans, dans les Pyrénées-Atlantiques, au milieu du fleuve côtier Bidassoa qui marque la frontière entre les royaumes de France et d'Espagne et aux Conventions de Céret, Mai 1660, et de Llivia, 7 Novembre 1660.

Sa fonction militaire, au travers des textes anciens consultés, n'apparaît pas clairement d'autant que certains écrits, traduits succinctement, adaptés avec légèreté ou circonstanciels, sèment la confusion dans les esprits.


Implantation de la Tour Cerdane.


Implantée au Sud-Ouest de la commune de Porté Puymorens, sur le sommet arrondi d'un promontoire culminant à 1.675 mètres d'altitude, veillant sur les Vallées de Carol, de la Vignole et de Font Vive, la Tour Cerdane a défendu, jusqu'au XVII° Siècle où elle fut volontairement démolie au moyen de fourneaux de mine, après la Convention de Llivia, le passage du Col de Puymorens.

Assez difficilement accessible, cette construction, ou ce qu'il en subsiste, se compose essentiellement d'une enceinte grossièrement arrondie, ruinée, épousant la configuration du sol, de 23 à 26 mètres de diamètre, d'un ouvrage avancé de type barbacane et d'un fossé. Les parties de mur encore existantes ont une hauteur variant entre 6 et 8 mètres, et une épaisseur 'environ 1,40 mètres sur le front Sud, et 1,50 mètre sur le front Nord, construits en moellons de granit taillés, ou sommairement équarris, liés au mortier de chaux.

Involontairement, le visiteur se sent saisi de respect au milieu de ces ruines, derniers vestiges d'un passé glorieux. Impossible de s'avancer au cœur de la Cerdagne sans passer à droite ou à gauche du mamelon qui portait la gigantesque tour. Car gigantesque, elle devait l'être à en juger par les dimensions extraordinaires de sa base.


La Tour Cerdane, un château ruiné par décision royale.


Les murs extérieurs enfermaient une surface considérable. Ils ont une épaisseur respectable avec des rangées de crénelages sur lesquels il s'y remarque des merlons de 1,20 à 1,30 mètre de long sur 0,50 de large, avec un chemin de ronde de type primitif du IX° ou X° Siècle, certainement élargi par des constructions en bois posées sur des boulins et des corbeaux.

Les deux crénelages, encore décelables, ont été comblés et les murs rehaussés. Leur partie sommitale est trop ruinée pour pouvoir entrevoir la hauteur exacte de ces murs.

La muraille possédait trois portes. La première, murée, sur la partie Est de l'édifice, donnait sur le fossé. La deuxième; face à la vallée, au Sud de la forteresse, se situe à 2 mètres au-dessus du niveau du sol. La troisième est, ou paraît être, la plus moderne, mais effondrée, elle n'est qu'un grand trou béant. Et onze archères sont encore visibles.

L'intérieur de la tour est encombré par des éboulis, en forme de cône dont la hauteur sommitale doit se situer à à 3 ou 4 mètres au-dessus du sol d'origine. Il se compose d'une terre blanche et de moellons. Ces éboulis coulent, au Nord, par une large brèche dans la muraille, en pente douce jusqu'au bord du ravin, s'étalant de part et d'autre des vestiges des murs Est et Nord, sur une épaisseur, au contact des appareils en place, comprise entre 1,50 mètre et 2 mètres, et, au Sud, par ce qui devait être la porte, jusqu'au niveau de la carrière, enterrant, sur une hauteur de 1 mètre à 1,50 mètre, les soubassements de la barbacane ruinée.

Au cœur de la tour, au milieu des éboulis, accolé sur le mur Nord, des murs orthogonaux, en pierre sèche, délimitent un petit enclos. Emmanuel Brousse, dans son livre « La Cerdagne Française », nous signale que « au centre de la tour un jardin a été planté... », information qui nous permettrait de considérer ces murs orthogonaux, élevés avec des moellons ayant appartenu à la forteresse, comme ceux du petit jardin, des murs dont la construction peut être estimée du XIX° Siècle.


La Tour Cerdane, un château-forteresse à part entière.


Avec légèreté, certains se sont crus autorisés à estimer que les ruines actuelles seraient les vestiges d'un unique élément fortifié bâti sur ce site. Au demeurant, la topographie, la conjoncture au sol et la cartographie cadastrale plaident pour un ensemble plus élaboré que peut l'être une tour de défense de passage ou une tour-poste isolée.

Tout laisse à penser que la Tour Cerdane aurait pu être une tour-château flanquée d'une chemise, d'une ou deux barbacanes et d'un ensemble fortifié accolé permettant d'accueillir les habitants de Porta, de Portéa Tholosa, de Bau, d'Abiells et de Pedreguet(1). En effet, cet édifice, de forme approximativement circulaire, peut être comparé à d'autres châteaux tels ceux de Lladore, dans le Pallars Sobirà, de Saint Sauveur en Puisaye, en Bourgogne, et de Restormel, dans le Comté de Corwall.


Raymond Matabosch


Notes :


(1) Portéa Tholosa ou Porté Puymorens; Bau, Abiells et Pedreguet étant des villages qui n'existent plus.

 

Publié le 04 Novembre 2010 sur :

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08 décembre 2010

Le Capcir... « Petit Canada » ou « Petite Sibérie » ?

Le Capcir est une contrée des Comtats, - la Catalogne Nord pour les catalanistes-, et une région historique et géographique des Pyrénées-Orientales, en terres de Roussillon et Formiguères, sa capitale historique, en est la ville principale. Il se situe au Nord-Est de la subcontrée de la Haute-Cerdagne et au Nord-Ouest du Conflent. En son Nord, il incarne la frontière avec l'Occitanie et, en son Nord-Ouest, celle avec le Comté de Foix.

 

Géographie des milieux capcinois : Brèves notions.


Tout son territoire, une haute plaine, sise entre 1.500 et 1.700 mètres d'altitude, entourée de montagnes, s'articule, véritable colonne vertébrale, le long de la rivière Aude qui le draine de Sud en Nord. Trait d'union entre la Vallée de l'Aude et la Cerdagne, il correspond à un nucléus résiduel de la pénéplaine post-hercynienne. Son socle schisteux, basculé par les mouvements tectoniques générés par la poussée pyrénéenne, s'est surélevé dès l'Éocène et, durant le Pléistocène, période couvrant la plupart des glaciations récentes, il s'est revêtu d'une épaisse couche de sédiments morainiques.

Le bord Ouest de la cuvette capcinoise s'élève, progressivement, en marches et paliers glaciaires jusqu'au contreforts septentrionaux du Massif du Carlit, - Pic Carlit 2.921 mètres, sommet granitique des Pyrénées françaises, point culminant du département des Pyrénées-Orientales et de la région Languedoc-Roussillon -, alors que son levant est brutalement interrompu par l'escarpement faillé qui culmine à 2.471 mètres au Roc de Madrés. Encaissée entre ces deux versants, les gorges de l'Aude l'ouvrent, en son septentrion, sur la Vallée audoise et la plaine languedocienne. Enfin, au Sud, porte historique du Capcir, s'ouvre, au grand large, à 1.741 mètres, permettant d'accéder au replat du Jardò(1), au Haut Conflent et à la Cerdagne, le col de la Quillane.


Le climat du Capcir.


Battu par les vents froids d'Ouest et de Nord, - le Carcanet -, le Capcir subit un climat subalpin particulier et rigoureux. Avec une pluviosité relativement peu importante, en moyenne 800 millimètres de pluie par an, des chaleurs maximales en été avoisinant les 25 à 30 ° C, d'autant que durant 8 mois, elle n'excède pas les 2° C, la température moyenne annuelle, à Matemale, flirte avec les 6° C. En 1962, le dit village avait même connu des températures extrêmes de -23°C, celui des Angles -27° C, le maximum de froid ayant touché les hameaux de Riutort et d'Espousouilles, avec des températures supérieures à -30° C.

Donnant une idée au climat qui sévit, en hiver, dans le Capcir, deux surnoms lui sont attachés, le « Petit Canada » et la « Petite Sibérie ». Celui de Petite Sibérie lui sied tout particulièrement car la région est l'un des derniers refuges, en Europe occidentale, d'une plante de Boreo-Arctique, la ligulaire de Sibérie(2), – la Ligularia sibirica -, une asteracée relictuelle de la dernière période glaciaire, protégée en Europe, inscrite à l'annexe II de la Directive Habitats ainsi qu'à l'annexe I de la convention de Berne pour la protection de la vie sauvage.


Les ressources propres au Capcir.


L'agriculture, qui a subi de lourdes désaffections, s'est spécialisée dans le fourrage et dans l'élevage de bovins et d'ovins. Bien que l'Aude, une petite rivière tumultueuse et torrentielle, sillonne le haut canton, sans s'y pérenniser, elle a permis la construction de barrages, celui de Matamale, 20 millions de mètres cubes, et de Puigvalador, 10 millions de mètres cubes, qui alimentent, en eau, des centrales hydroélectriques situées en terres occitanes.

Entre les prairies, la culture du seigle sur les terres froides et pauvres et les champs de pomme de terre, des grandes forêts de pins rouges et de hêtres, - Forêt de la Mata sur les territoires de Matemale, Les Angles et Formiguères -, emplissent le paysage. Au-dessus, entre 1.600 et 2.300 mètres d'altitude, les pins noirs prennent le relais, exploités au bénéfice d'un chevelu de pistes forestières qui, les désenclavant, les parcourent.

Mais, malgré cela, l'économie agricole du Capcir est centrée, depuis 1948, sur l'industrie laitière et dépend, exclusivement, de la coopérative laitière de la Cabanasse, sise en Cerdagne. Et, zone de passage, entre le Languedoc et le Roussillon, d'une part, et, d'autre part, la Cerdagne, cette terre est économiquement liée aux marchés de Mont Louis, en Haut Conflent et de Prades, en Bas Conflent.


Le tourisme et les sports d'hiver en Capcir.


En 2004, la population du Capcir, avec une densité de 10 résidents au kilomètres carré, n'excédait pas les 1.776 habitants. Les communes de Formiguères, son petit marché et son hameau Villeneuve, centre religieux et sanctuaire dédié à Marie, - 445 habitants -, les Angles, - 596 habitants -, Matamale, - 244 habitants -, et Puigvalador et son hameau Rieutort, - 101 habitants -, dépassent la centaine d'habitants et concentrent 93% de la population. Fontrabiouse et son hameau Espousouilles et Réal et son hameau Odeillo, ne retiennent que les 7% de la population restante.

Avec l'ouverture, en fin du XIX° Siècle, de la route qui rejoint, par Axat, Carcassonne, désenclavant le Capcir, s'initie, lors, un courant touristique. Et, avec l'engouement pour les sports d'hiver, les stations hivernales de Formiguères, des Angles et de Puigvalador-Riutort se sont développées au cours des dernières décennies, entraînant des flux de skieurs. Enfin, le barrage de Matamale, bénéficiant des périodes estivales et surfant sur la vague du besoin d’air et de fraîcheur, permet la pratique d'activités nautiques, - la voile, la planche à voile, le ski nautique, le wakeboard... -

Ainsi, tout concourant à proposer des activités nouvelles, tourisme et sports d'hiver favorisent les créations d'emplois et contribuent à la croissance socio-économique du Capcir.


Notes :


(1) Le replat du Jardò : Le Col de la Perxa ou Col de la Perche.

(2) La ligulaire de Sibérie : C'est une plante eurosibérienne subarctique d'origine asiatique, surtout présente en Sibérie et en Europe Centrale, - Autriche, Roumanie, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne, Russie -. Les populations françaises sont très relictuelles, et essentiellement réparties dans le Massif Central, le Cézallier, les Monts du Cantal, l'Aubrac, le Vivarais, le Capcir et en Bourgogne.

 

Publié le 04 Novembre 2010 sur

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07 décembre 2010

La Vallée du Lot, terre nourricière en Lozère.

A 1.272 mètres d'altitude, sur la territoire de la commune de Cubières, sur le versant Sud du Mont Goulet, flanc septentrional du massif granitique du Mont Lozère, le Lot, affluent en rive droite de la Garonne, 485 kilomètres de long de son origine à son confluent à Aiguillon, prend sa source.

En héritage d'un nom de lieu celte puis gallo-romain, le cours d'eau, en Occitan, se décline sous le toponyme hydro-orographique d'Òlt, - Òut ou Òltis -, et institutionnalise des appellatifs territoriaux tels « Pays d'Olt », « Rives d'Olt », « Vallée d'Olt »..., en Aveyron.
Dans un univers drapé de somptueux paysages où alternent vallées, forêts, étroits corridors encaissés et plateaux calcaires, schisteux, plutoniques et basaltiques, d'Est en Ouest et en son milieu, il zèbre, s’étirant sur environ 95 kilomètres, l'entier département de la Lozère. Sa haute vallée marque, ainsi, une césure climatique et agricole importante entre Aubrac, granitique et basaltique, et Margeride, granitique, au Nord, Causses, calcaires, et Cévennes, schisteuses et granitiques, au Sud, quatre massifs montagneux géologiquement et géomorphologiquement différents.


Les sources du Lot.


Au cœur d'une forêt de résineux, un chevelu de rigoles et de ruisselets naît dans une prairie d'alpage située sur le versant Sud-Ouest du Mont Chalsades, - 1.382 mètres -, lieu-dit « Cham Du Olt », terroir du hameau des Alpiers, commune de Cubrières. En ce site où tout bruit étranger donne sensation de déranger la tranquillité des lieux, le son argentin d'une kyrielle de sources se mêle, en douce symphonie pastorale aux bruissement des herbes hautes, aux chants des oiseaux et aux risées des ailes écailleuses des papillons.

Courant sous la végétation, se rejoignant, et s'amalgamant, l'enchevêtrement aquatique donne vie à un ru insignifiant qui, croissant proportionnellement à la pente et aux valats croisés, ressauts après ressauts, dévale un étroit sillon sauvage creusé dans les granites des Monts Goulet jusqu'au Bleymard.
Avant le village dont le cœur étonne par son patrimoine architectural lozérien séculaire et ses fabuleuses demeures aux toits de lauze, à Saint Jean du Bleymard, un hameau qui fut jadis paroisse, un petit pont en pierre, le premier d'une longue série, tant ses berges se frôlent encore, enjambe le Lot d'un seul saut de puce.


Du Bleymard à Sainte Hélène.


Entre Monts du Goulet, au Nord, et Mont Lozère, au Sud, le cours d'eau torrentiel, creuse, dans les pentes des deux massifs, sillonnés par des valats affluents, qui l'encadrent, une petite vallée, en creux, qui s'allonge sur quelques 8 kilomètres.

Du Bleymard à Bagnols les Bains, par Saint Julien du Tournel qui se prévaut d'un imposant clocher-peigne à 2 baies et des menhirs du Quincos et de la Felgère, le Lot sinueux se faufile dans une vallée étroite où se succèdent des gorges en modèle réduit. A la fonte des neiges, les eaux y coulent opalescentes et cristallines.
En quittant Bagnols les Bains
, station thermale célèbre dès l'époque romaine, le Lot pénètre dans les terrains karstiques.
A la sortie de Chadenet, filant sur Sainte Hélène, alors que la pente s’accroît, la rivière pénètre en terrain granitique. Prenant un caractère torrentueux et sauvage, il y creuse une gorge profonde et tourmentée.


La Vallée du Lot dans la plaine de Mende.


A la croisée des Grands Causses et des Cévennes, au Sud, et de l'Aubrac et de la Margeride, au Nord, il y sculpte des formes de reliefs spectaculaires et complexes taillés dans les schistes, les granites, les basaltes... et les calcaires du Jurassique inférieur, les avant-Causses.

Par son travail d'érosion dessinant des portions de vallées étroites et profondes, des petites tables, - Causse de Mende, Causse de Changefège... -, se forment en contrebas des dômes arrondis de la Margeride. Alors, Le Lot élargit son lit pour s'ouvrir sur la plaine de Mende aux pentes douces, exposées au midi, progressivement conquises par l’urbanisation.
Après Barjac, et plus particulièrement vers le Monastier et la confluence de la Colagne, la Vallée du Lot devient plus plantureuse. Entourée d'étroits sommets plus ou moins aplanis, les trucs, s'étendant jusqu'à Marvejols et Montrodat, et bordée par les falaises du Causse de Sauveterre, au Sud, les boraldes pastorales d'Aubrac et les chaos granitiques de la Margeride, à l'Ouest et au Nord, et les grands espaces du Causse de Changefège, à l'Est, elle présente, lors, l
uxuriante et arborée,parsemée de vergers, de noyers et de maraîchages, un paysage remarquable.


A Banassac et La Canourgue, portes sur le Rouergue et l'Aveyron.


Passé la confluence avec la Colagne, le Lot s'enserre, à nouveau, dans une succession séquentielle, entre Boraldes au Nord et Causse de Sauveterre au Sud, de vallées étranglées et arborées, et d'étroits défilés taillés dans les calcaires. En appréciant la mosaïque des paysages et la prolifération des grottes qui gruyères les sites karstyques, les chauve-souris, ont colonisé les lieux.

Ce n'est qu'aux environs de Banassac, avec les confluences, d'une part, de l'Urugne et du Saint-Saturnin et, d'autre part, celle de l'Urugne et du Lot, que le Lot et sa Vallée prennent leurs aises. L'espace s'ouvrant, ils offrent plus de place à l'urbanisation galopante qui anime les villes accolées de Banassac et de La Canourgue et ses communes associées Auxillac, La Capelle et Montjézieu.

Métamorphose et magie... !


Jusqu'à son entrée en Rouergue et Saint Laurent d'Olt dans l'Aveyron voisin, le Vallée du Lot, oasis dans le contexte montagnard lozérien, prend, délibérément, des accents du Sud... Et, sur une dentelle de grès rouge, les vergers de noyers inscrivent, en lettres capitales : «
Vallée du Lot, terre nourricière de la Lozère. »

 

Raymond Matabosch


Publié le 03 Novembre 2010 sur

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05 décembre 2010

Au fil des Gardons, une énigme orographique.

Cours d'eau méditerranéen et affluent du Rhône, le Gardon, encore appelé Gard, naît de la confluence de différents Gardons, - ou petits Gards -. Jalonnée de villages et de sites naturels d'une beauté grandiose, avec pour point d'orgue le Pont du Gard et, pour aboutissement, les quatre très belles cités que sont Saint Martin de Lansuscle, Anduze, Uzés et Beaucaire, la rivière invite aux ballades foisonnant de charmes.


Le bassin versant des Gardons.


Le Gardon, d'une longueur nominale de 127 kilomètres, est constitué d'un réseau hydrographique complexe. Plusieurs ruisseaux, affluents de cette rivière lozéro-gardoise, prennent, associé au nom d'une ville ou d'un village, la dénomination générique de Gardon : Gardon de Saint Martin de Lansuscle, Gardon de St Jean du Gard, Gardon de Saint Germain de Caberte, Gardon d'Alès, Gardon d'Anduze... Aussi, étant difficile d'établir géographiquement, mais non hydrologiquement, quelle est la rivière principale et quels en sont ses affluents, quasi tous dénommés Gardon, tout son bassin versant a été recensé sous le toponyme « les Gardons » plutôt que Gardon ou même Gard éponyme du département.

De la confluence du Gard et du Rhône, entre les villes de Comps et de Montfrin, et remontant le cours d'eau vers sa source hypothétique, si des rivières d'importance égale mêlent leurs eaux, chaque nouvelle confluence génère, automatiquement, deux Gardons. Difficile, lors, en advient de générer un cours d'eau principal qui drainerait les eaux de ses émissaires tout au long de son bassin versant qui s'étend sur plus de 2.150 kilomètres carrés et regroupe, au moins, 150 communes hébergeant, dans leur globalité, plus de 200.000 personnes.


Le Gard institutionnel.


Entre les énormes masses plutoniques du Mont Lozère au Nord, et du Mont Aigoual au Sud, les Gardons prennent tous leurs sources, au cœur des chaînes sinueuses et parallèles, aux crêtes déchiquetées délimitant des vallées encaissées, fermées et borgnes, et aux versants méditerranéens abrupts, des Cévennes. Ainsi, entre 700 et 900 mètres d’altitude, de La Can del’Hospital à l’Ouest, aux pentes de la montagne du Bougès, à l’Est, s'animent à la vie les Gardons originels de Saint Jean du Gard, de Sainte Croix-Vallée Française, de Saint Germain de Calberte, de Saint Martin de Lansuscle et de Déze.

Sept kilomètres avant la sortie du département de la Lozère, la réunion des Gardons de Sainte Croix, point d'orgue de la Vallée Française, et du Gardon de Saint Etienne qui, au lieu-dit « Le Pont de Burgen », résulte de la jonction des gardons de Saint Germain et de Saint Martin, forment, sur la commune du Martinet, le Gardon du Mialet. Au « Mescladou », proche de la fameuse bambouseraie, celui-ci conflue avec le Gardon de Saint Jean, engrossé du Gardon de Lassale, pour donner une âme au fougueux Gardon d'Anduze.

Parallèlement, dévalant de la Vallée Longue, le Gardon de Déze, s'unissant aux valats qui dégringolent des serres escarpées jalonnant le col de Jalcreste, donnent cours à l'impétueux Gardon d'Alés.

En amont de Ners, à Ribaute, les Gardons d'Anduze et d'Alès fusionnent leurs eaux et donnent le « Gard », - jusqu'au pont éponyme, le cours d'eau est toujours appelé Gardon par les gens du pays -. qui rejoint le Rhône au niveau de la commune de Comps.


Le Gard référentiel.


Malgré la multiplicité de Gardons, plus de 15 recensés entre les départements de la Lozère et du Gard, et le nombre conséquent d'affluents principaux, - L’Alzon, l’Avène, l’Auriol, le Bourdic, la Droude, la Braune, l’Esquielle, le Galeizon, le Grabieux, la Gravelonque, la Salindrenque et les Seynes -, l'usage ancestral, voire millénaire, conçoit que la source du Gard se confond avec celle du Gardon de Sainte Croix située sur le terroir de la Bastide à Cripoulés.

Et, remontant le Gard, depuis son point de confluence d'avec le fleuve Rhône, le mélange des eaux des tributaires, tant rive gauche que rive droite, se mêlant en minces filets filant le long des berges, désignent nommément la succession des divers cours d'eau afin d'en accéder à sa source originelle : Le Gard, le Gardon d'Anduze, le Gardon du Mialet et le Gardon de Sainte Croix.

Bien que le nommage ne corresponde pas tout à fait au nommage institutionnel, et pour cause hors la tradition séculaire, le Service d’Administration Nationale des Données et Référentiels sur l’Eau, - Le SANDRE -, pour les besoins de sa classification, a considéré que le cours d'eau principal, colonne vertébrale de tout le bassin versant des Gardons, en est le Gardon qui prend sa source à Saint Martin de Lansuscle.


Le Gard, cours d'eau méditerranéen.


De par sa situation, sur le pourtour méditerranéen, le Gard est très affecté par le climat propre à cette région. Il subit les atteintes de la sécheresse qui y sévit en été et celles consécutives aux excès pluviométriques, les gardonnades, qui s'abattent sur la région lors des épisodes cévenols. De fait, son débit se caractérise par l'irrégularité des apports pluviométriques et est étroitement associé à la double entité « trop avec risques d'inondations » et « manque » relative en disponibilité des ressources en eau, une disponibilité importante tant pour l'alimentation des habitants des communes limitrophes que pour les besoins propres à l'agriculture.

Mais les Gardons mêlent une identité forte et, leur conférant des richesses naturelles et un patrimoine culturel, architectural et historique inégalés, baignent des micro pays riches et variés.


 

Raymond Matabosch.

 

Publié le 31 Octobre 2010 sur C4N

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19:52 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Gardoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le gard, les gardons, la lozère, languedoc-roussillon, cours d'eau, hydrographie, uzés | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

La « grotte rose » de Dargilan, en Lozère.

Une concentration particulière d’oxyde de fer et de matières organiques donnant aux concrétions et aux nombreuses draperies roses qui la recouvrent, des teintes très variées, lui attribuant ainsi beaucoup de charme, la grotte de Dargilan, du nom du hameau voisin, se situe à 7 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Meyrueis. Elle s'ouvre à 860 mètres d'altitude, dans la grande falaise dolomitique du Causse Noir, sur une terrasse, en surplomb de la rive gauche de la Jonte.

 

 

Cette caverne à deux étages, entre Gorges de la Jonte et Gorges du Tarn, était totalement ignorée quand, incidemment, vers la fin de l'automne de l'an 1880, elle fut découverte par un jeune berger, commis à la garde du troupeau de l'une des fermes voisines, répondant au nom de Sahuquet.


La légende de la découverte de la « grotte rose » de Dargilan.


Le légende dit qu'un jour le jeune pâtre aperçut un renard pénétrer dans une étroiture de la roche et disparaître de sa vue. Mais comme tout caussenard, chasseur d'instinct dans l'âme, il s'était mis en devoir de capturer maître goupil, un canidé malin, retors, roublard et rusé. Après plusieurs heures d'un travail long et fastidieux, la fissure allait s'élargissant.

 

Le déblayage auquel il s'astreignait, lui permit, enfin, de se glisser par l'ouverture qu'il avait, avec la patience, la ténacité et l'obstination qui sublimaient sa volonté juvénile, ainsi agrandie. Après quelques pas à peine, il se trouva dans l'antre de la grotte, au seuil de la première salle.

L'univers qui s'offrit à lui était tout autant fascinant qu'effrayant. Passé le seuil, il s'était trouvé dans une immense salle, au sol encombré d'un chaos de roches entrelacées et difficilement praticable, où scintillaient de nombreuses stalagmites et fistuleuses de toutes tailles qu'il avait pris, précise la légende, pour des fantômes. La résonance de sa voix, dans l'immense nef obscure, l'avait glacé de peur. Paniqué, se découvrant dans les entrailles de Satan et craignant d'y perdre son âme, il avait fui.

Une seconde légende reprenant le même thème du jeune berger à la poursuite d'un renard et, ainsi, découvrant accidentellement la grotte, précise que le pastouret raconta son incroyable histoire à des godelureaux des environs. Excités à l'idée de vivre un événement exceptionnel et rare, ceux-ci parvinrent à convaincre le jeunot de les y mener. Tous se rendirent donc, sous sa conduite, à la grotte mais, ayant investi les lieux, la peur nouant leurs entrailles, ils n'osèrent réellement s'y aventurer.


La première exploration, digne de ce nom, de la grotte de Dargilan.


C'est en 1884, qu'Édouard Alfred Martel, un jeune homme de 25 ans arborant une courte barbe sombre et développant un goût passionné pour la géographie et le domaine souterrain, décida de visiter la grotte de Dargilan. Il en vit la première grande salle, la salle du chaos, où il y reconnut l'existence de cinq puits profonds. Mais ce n'est qu'en 1888, une année marquante pour la spéléologie mondiale, la même année où il explora l'abîme de Bramabiau, dans le Gard, qu'il en leva, quatre jours durant, les données topographiques.

Lors de son expédition découverte, Édouard Alfred, accompagné par son équipe, disposait de matériel rudimentaire : minces cordages pour s'assurer et simples bougies pour s'éclairer. En outre, le sol de la grotte et de ses boyaux était plus difficilement praticable qu'ils ne l'est de nos jours, d'où les difficultés d'exploration et d'investigations sur plus de 1.200 mètres de dédales caverneux explorés.

Et, propre aux inventeurs(1) de baptiser les sites, par eux, découverts, bien qu'une éponymie puisse paraître évidente, un lieu dit « Lou Darzillan » étant existant sur le terrier seigneurial de 1688, commune de Meyrueis en Lozère, l'aven fut dénommé « Dargilan » par le fait qu'il se localise sur le territoire, à moins de 600 mètres, de la ferme-hameau de même nom.

L'électricité, installée en 1910, permit d'accueillir les premiers visiteurs, dans ce labyrinthe souterrain aménagé dès 1890. Et, depuis 1982, grâce aux travaux entrepris par la société d'exploitation des Gorges du Tarn, muée aujourd'hui en Société Anonyme de Dargilan, Dargilan est l'une des grottes les mieux aménagées pour la visite.


La « grotte rose » de Dargilan.


La Grotte de Dargilan captive par ses dimensions impressionnantes, solennelles, déroutantes et stupéfiantes et par la multiplicité de ses agrégats, de ses pétrifications et de ses concrétions aux couleurs et aux patines naturelles baignées d'une palette safranée d'ocres, de jaunes et de roses.

Tout au long de ses 1.200 mètres de galeries, toutes en circonvolutions et méandres, s'enfonçant, s'insinuant et s'effilochant à 120 mètres de profondeur sous le plateau karstique du Causse Noir, la diversité ravit et enthousiasme les visiteurs.
Si le chaland ne retenait que l'insignifiante étroiture qui permit au jeune berger de pénétrer dans les entrailles dolomitiques jurassiques et de violer leur clandestinité et leur mystère, il outragerait la magnificence d'une cathédrale de pierre façonnée, sans relâche depuis de centaines de millénaires, par l'eau infatigable besogneuse silencieuse.

Les premiers pas posés mènent directement à une imposante basilique pétrée, 142 mètres de long, 50 de large et 25 de haut, la Salle du Chaos, où, diaprant un effondrement conséquent de roches entrelacées et répondant aux clignements engourmandis de fistuleuses et de stalactites dévalant, en ressaut, de la voûte, scintillent une myriade de stalagmites de toutes tailles.

Passée la salle immense de l'entrée et s'engageant dans le lit d'une rivière asséchée, les colonnes, les cascades pétrifiées, la Mosquée, les draperies, les stalactites, les fistuleuses, les orgues calcaires et les coulées de calcite, ciselées et nacrées par un essaim de petits lacs, se succèdent, pour l'émerveillement et la béatitude du regard et des yeux, sans interruption, jusqu'à la sortie, magnifique débouchant sur le panorama grandiose des gorges de la Jonte.


Notes.


(1) En archéologie et en spéléologie, quelqu'un qui découvre un site ou un objet important n'est pas nommé découvreur - souvent utilisé faussement à la place - mais inventeu.

 

Publié le 30 Octobre 2010 sur C4N

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03 décembre 2010

Catllar, cité conflentoise. Des chemins et des hommes.

C'est dans la Catalogne de la Tramontane, au Nord-Ouest de la cuvette d'effondrement bas-conflentoise, ou cuvette de Prades, courant depuis Ria jusqu'aux gorges de la Guillera à Rodez, douillettement niché à flanc de montagne, sur la berge gauche du fleuve côtier, irrégulier et travailleur, aux « aiguats » redoutables et redoutés, - celui de 1940, l'un des derniers restant incrusté dans toutes les mémoires -, La Têt, que se situe Catllar et son terroir.

Son territoire communal, d'une superficie de 8,02 km2, se situe, presque dans sa globalité, excepté un petit secteur, les Mas Dalmé et Rouflé, sur la rive gauche de la Têt, à la confluence du fleuve avec son affluent la Castellane. Il est limitrophe, au levant, avec celui d'Eus, au midi, avec ceux de Prades et de Ria, au couchant, avec ceux de Campôme et de Molitg et, à septentrion, avec celui de Cômes, un hameau dépendance d'Eus.


Les chemins antiques.


Depuis l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge, en référence au plan cadastral ancien, - Plan dit Napoléon -, dressé par Monsieur Boudet géomètre de 1° classe et terminé le 18 Juillet 1810, outre les nombreux chemins d'exploitations pour accéder aux vignes, - Camí del Vinyadal, Camí de las Vinyes... -, aux prés et prairies, aux stations pastorales, - deux Camins ramaders ou chemins de transhumance -, et aux terres réservées aux cultures vivandières et arboricoles, - Camí de las Hortes... -, six chemins, les entours même de l'église paroissiale Sant Andreu, cœur de la cité, pour origine, sillonnaient le territoire communal de Catllar et desservaient les communautés voisines de Prades et Ria, de Conat et Urbanya, de Molitg, d'Eus et de Cômes, Campoussy et Sournia.

De ces six chemins antiques, seul un, asphalté, autorise et permet toujours la circulation de véhicules, le « Camí d'Eus à Catllar » dont le Chemin Départemental D 24 reprend , excepté dans la traversée du village, le tracé initial, et le tronçon terminal, toujours conservé, bitumé, transformé en chemin d'exploitation, de Camiols au ravin de las Illes. Les autres, les Camins de Ria à Catllar, d'Urbanya - ou de Campigna - à Catllar, de Molitg à Catllar », de Prades à Catllar et de Catllar au Languedoc, souffrant d'abandon, se sont dégradés, ravinés,... Concomitamment avec la désaffection des terres agricoles, de nos jours, définitivement ruinés faute d'entretien, ils ont disparu dans la végétation ou dans les zones urbanisées de la commune,mais de rares vestiges, sur de courtes distances, sur leur assiette, s'y déterminent encore.


Les voies romaines.


Quatre d'entre eux, le « Camí de Prades à Catllar », à « la Terme », curieux mégalithe fiché en terre à la croisée des chemins au lieu-dit Montcamill, son diverticule dextre prenant nom de « Camí de Catllar à Ria », le « Camí de Catllar à Eus » et le « Camí de Catllar au Languedoc », avaient été voies romaines. La première de ces Via, l'une des trois composantes de la « Via Confluentana1 », par Baixas, Ria, Flassa et Canaveilles, reliait Salsulæ, - Salses -, à Julia Libycæ, - Llivia -. Sur la territoire de la communal de Catllar, elle empruntait le tracé du « Camí d'Eus à Catllar » et ceux de « Catllar à Prades » et de « Catllar à Ria » Beaucoup plus qu'une voie de circulation civile et militaire, elle était surtout une voie de charroi principalement utilisée pour le transport de blocs de marbre, marbre blanc de Baixas et marbre rose de Ria, des marbres que Rome, pour ériger ses monuments, ses édifices publics et ses maisons de maîtres, prisait tout autant que celui extrait des carrières de Carrare; la seconde, le « Camí de Prades , ou de Catllar, - suivant les documents anciens -, au Languedoc », était une voie transversale joignant, depuis Codalet jusqu'à Fosse, par Prades, Catllar, Sournia, Prats de Sournia et Le Vivier, la Vallée de la Têt, et ses « Viæ Confluentanum », à la Vallée de l'Agly, et sa « Via Fenicularia. »


Les voies de communication modernes.


Deux seules voies de communication le desservent, l'une, au départ de Prades, s'indexant sur la Route Nationale 116, dite de Perpignan à Bourg-Madame, un ruban d'asphalte, moyennement entretenu par les services autorisés, avec grandiloquence et hypocrisie, affublé d'un flagorneur Route Départementale N° 619, zigzaguant à flanc de montagne, sautant des ravins pernicieux et longeant des aplombs menaçants; un serpent goudronné non sécurisé menant, apodictiques kilomètres, par temps de pluie, de brouillard et de neige, interminables et cauchemardesques, permet de rallier, via Sournia, Pézilla de Conflent et Ansignan, Saint Paul de Fenouillet, et, s'y greffant, au Nord-Ouest de la commune, au Salt del Gall, la Route Départementale 14, via les Bains de Molitg, Mosset et le Col de Jau, consentant l'accès au Département de l'Aude, lors pouvoir rejoindre Axat; l'autre, plus modeste, une chaussée étroite, toute en circonvolution, le chemin départemental N° 24, se dirige sur la Ville Veille de Sant Vicens d'Eus, Eus, Marquixanes, Arboussols et Tarérach, qui ne peuvent-être atteints qu'en se raccrochant au chemin Départemental N° 35, dit de Prades à Arboussols.


Publié le 28 Octobre 2010 sur


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02 décembre 2010

El Voló, le Boulou, au carrefour des civilisations.

Le territoire municipal de Le Boulou, 14,42 kilomètres carrés de superficie, se situe dans la basse vallée du Tech, dans la zone de contact entre la Plaine roussillonnaise, le Moyen Vallespir et les Albères. Il est limitrophe avec Passa au nord-ouest, Tresserre au Nord-Est, Montesquieu de l'Albère à l'Est, Maureillas au Sud-Ouest, Les Cluses au Sud et Saint Jean Pla-de-Cors, - ou Saint Jean de Pagès -, à l'ouest.

 

Le territoire comprend quatre espaces paysagers.


Au midi, le secteur des Monts de l'Albère encadré, à tramontane, par la rivière de la Rome, et, au levant, par celle de Vallmorena, toutes deux affluents du Tech. Il s'étend depuis la faille Nord-est/sud-ouest de Vivés dont il en constitue le bord externe jusqu'au Pic d'Estelle, 377 mètres, borne naturelle avec Maureillas, les Cluses et Montesquieu. Sur ces hauteurs s'y localisent les ruines de l'ancien vilar de Molars et le Mas encore flanqué de son antique église paroissiale dédicacée à Sainte Marguerite, du VIII°/IX° siècle. Mais, dénaturant le site, tout en étant un habitat de qualité mais épars, s'expurge des lieux une conquête glorieuse de l'urbanisation non maîtrisée et irraisonnée, les verrues immobilières du lotissement des Chartreuses. Et c'est le long de cette faille que sourdent les sources thermales des Bains du Boulou connues depuis le IX° siècle.

Le terroir de la vallée du Tech se caractérise en une terrasse Miocène et Pliocène, - un plat pays portant loin sur l'horizon -, re­présentative du comblement de l'ancien golfe de Bouleternère, - dit aussi de Roussillon -. Sur son flanc méridional s'y sont implantées les infrastructures de la station thermale, - depuis le XVIII° siècle -, d'une usine d'embouteillage des eaux naturelles très minéralisées servant essentiellement à des usages médicaux, d'un casino et d'un hôtel.

À son septentrion - le bourg et les installations auto-portuaires s'y nichant -, le bassin bolonencq s'ouvre sur la riche plaine arboricole et viticole illiberrienne. En ces lieux dominés par les collines du Pla del Rey rendu célèbre par une bataille, en 1794, soldée par une victoire française sur l'armée espagnole, un glacis donne, lors, passage sur des replats datés du pliocène tailladés et lacérés, en bandes de terres étroites, par les torrents, tel le torrent du Renard. Très viticole, ces terres offrent des vins de très haute qualité labellisés « A.O.C. Côtes du Roussillon. »

En son milieu s'étend le large lit majeur du Tech, de plus d'un kilomètre, et le fleuve impétueux, lors des crues, se prélasse en de grands méandres. Quelques arpents de basses terres, - les Hortes del Bosc, les Parets, el Molí Nou -, morcelés en jardins sont vulnérable aux trombes d'eau qui déferlent lors des aïguats dont celui de 1940, le plus mémorable et toujours ancré dans la mémoire des anciens...


Le Boulou, antique et présent, un nœud routier.


La territoire municipal s'ordonnance autour du bourg de Le Boulou et s'enorgueillit de son nucléus thermal et touristique des Bains, son ancien vilar de Molars et son église et, complémentaires à sa fonction antique de nœud de communications, son centre douanier, son péage autoroutier et son autoport.

Antiquement situé en bordure de l'ancienne Via Domitia ve­nant, par Villeneuve de la Raho, Bages, Banyuls dels Aspres, de Ruscino et se dirigeant sur le col de Panissars et l'Espagne, tout proche du lieu dit Les Trompettes, non loin d'Ad Centuriones, où croisaient les voies intérieures de la Vallespiriana et la Via menant à Illiberris, - Elne -, à Caucho liberi, - Collioure -, et à Portus Veneris, -Port Vendres -. Présentement, Le Boulou est traversé par la route Nationale 9 menant, depuis Narbonne et Perpignan, à Barcelone, par le Col du Perthus, et il est longé par l'autoroute A9 « La Catalana » ouvrant, par un péage, sur l'autoport.


Le Boulou, carrefour au cœur des Abères-Vallespir.


Nœud routier à ses origines, le Boulou en conserve son fidèle schéma. Remontant l'axe du Tech rive droite, filant sur l'ouest, la Départementale 115 permet d'accèder, par Amélie les Bains, Céret et Arles Sur Tech à Prats de Mollo et le col d'Ares. Et toutes voiles claquant sous la tramontane, elle redescend, rive gauche, le fleuve pour aller s'enivrer, doublant Saint Genis des Fontaines, Sorède et Argelés, des senteurs iodées de la Côte Vermeille. En oublierait-on le cheval de fer ? Que nenni ! Une voie de chemin de fer, Perpignan-Elne-Céret, uniquement pour le fret marchandise, - la ligne voyageur étant fermée depuis des décennies -, dessert l'autoport de le Boulou.

 

Publié le 28 Octobre 2010 sur :

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