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31 mai 2014

Cratère Patomsky, « nid d'aigle » yakoute. - suite I.

Chapitre II : Le cratère Patomsky est un bulgunniakh (un pingo). Première partie

Le mystérieux cratère Patomsky 2.jpg

Le cratère Patomsky domine la taïga comme une pyra­mide égyptienne. Dmitri Petrovitch Gladkochub, Docteur en sciences géologiques et minéralogiques, directeur de l'Institut de la croûte terrestre, professeur de géologie et de minéralogie à la Faculté géologique de l'Université d’État d'Irkoutsk et vice-président du Présidium de la Branche Sibérienne de l'Académie des Sciences de Russie, estime que la structure Patomsky, une une structure géologique unique sur la Terre, située dans un lointain secteur montagneux recouvert par les broussailles denses de la Sibérie Orientale, a été nommée « cratère » par erreur. « Lors­qu’on parle d’un cratère... », explique-t-il, « on suppose une ca­vité. Dans ce cas-là, il s’agit plus tôt d’un cône, c'est-à-dire qu'il existe une forme positive du relief. Ensuite, le cratère ap­paraît généralement suite à la chute de corps célestes. »

geyser froid reconstitué sur Encelade.jpg

Depuis 2005, huit expéditions ont été menées pour tenter d’établir l’origine du « Nid de l’aigle de feu », mais ni un pro­cessus volcanique, ni la chute d’un météorite, ni le crash d’un objet tridimensionnel en forme d'un ellipsoïde, ni celui d'un corps cylindrique n’ont été confirmés. Certes les résultats des recherches semblent mettre en évidence le cryovolcanisme qui se serait produit à l'époque du Petit Âge Glaciaire, - entre 1303 et 1860 -, et serait la résultante d'émission de vapeur et de déga­gements instantanés particulier. Selon Dmitri Petrovitch Gladkochub « le cratère continue sa formation et les détecteurs instal­lés sur la superficie de la structure, si leur position change, au fil des semaines et des mois, seront annonciateurs du fait que le cratère est vivant et bouge. »

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A l'instar des volcans de boue, - volcans d'asphalte -, conséquence de l'expulsion de gaz, - principalement du mé­thane, mais également du dioxyde de carbone et de l'azote -, et de boue, et des volcans de sédiments, le cryovolcanisme, - vol­cans de glace, geysers froid -, phénomène assimilé à une forme de volcanisme igné se produisant dans une zone recouverte de glace, est surtout spécifique des lunes glacées, - Triton satellite de Neptune ; Titan, Encelade et Miranda satellites de Saturne ; Europe et Ganymède satellites de Jupiter... -, et autres objets as­tronomiques à très basses températures. Ce type de volcan éjecte des éléments volatils, - liquides ou sous forme de vapeur. comme de l'eau, de l'ammoniac ou du méthane -, qui se condensent sous forme solide.

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Ce phénomène rare se retrouve aussi sur la Planète Terre mais seulement le long des zones côtières et des berges des grands lacs, en hiver, lorsque la glace commence à s’étendre le long des rivages. Celle-ci est alors bousculée, brisée, déplacée par les vents et le mouvement des vagues. Des barrières de glace sont ainsi créées et des morceaux de glace, liés entre eux, ancrés aux bordures côtières, s’étendent au-dessus de l’eau. Par­mi ces nombreux blocs, certains comprennent des tunnels reliéau plan d'eau lacustre ou marin. Si la température de l’air, à la surface, est inférieure à 0° Celsius et si les vagues sont hautes et viennent se briser sur la grève, des « volcans » se forment. Au moment où elles frappent une barrière de glace, elles apportent de l’énergie à l’eau profonde, la brisant et forçant cette eau à en­trer « en éruption » en formant une galerie. L’eau, ainsi éjectée, retombe sur la glace, gèle rapidement et forme un cône de glace.

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Les pingos, - mot inuit désignant une petite colline de glace en forme de cône -, sont une autre type de cryovolcanisme périglaciaire et sont apparus durant les époques glaciaires, es­sentiellement dans le Nord et l'Est de l'Europe ou prennent nais­sance sous les climats froids des régions arctiques, subarctiques et antarctiques, dans le grand Nord canadien, - delta de la Mac­kenzie -, en Scandinavie, - archipel norvégien du Svalbard -, en Alaska, au Groenland, sur le continent Antarctique et en Sibérie, - bugor pucheniya et gidrolakkolity en russe et bulgunniakh selon un terme yakoute -. Avec les palses, - pe­tites buttes rondes ou ovales, en milieu périglaciaire, en contexte de pergélisol intermittent, dans les tourbières -, et les lithalses, - ou palses minérales rondes ou ovales, de même en milieu périglaciaire, à la limite entre le pergélisol continu et discontinu, dans les sols limoneux, les sédiments sableux ou les tufs volcaniques -, ils sont souvent regroupés sous le nom d'hydrolaccolites.

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Par définition, les hydrolaccolites sont des « collines de quelques mètres à quelques hectomètres de diamètre, hautes de 1 à 10 mètres, résultant de la fragmentation des roches par géli­fraction, - brusques variations de températures, par alternances de gel et de dégel -, et du soulèvement des formations superfi­cielles broyées par des lentilles de glace de ségrégation dues à la congélation d'eaux souterraines et se transformant en une mare, généralement circulaire, - les cicatrices dénommées la­quets en France -, s'il y a fusion. » Les plus grandes, avec un angle de pente de 30 à 40°, rarement supérieur à 45°, peuvent at­teindre 50 à 70 mètres de hauteur et 900 mètres de diamètre mais le diamètre moyen est de 200 mètres.

 

A suivre.

20:09 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés, Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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