Avertir le modérateur

12 juillet 2015

Les volcans du Kamchatka. Tome I : L'Univers Kamchatdale

Les volcans du Kamchatka. Tome I : L'Univers Kamchatdale

de Raymond Matabosch

volcans du Kamchatka.jpg

Les volcans du Kamchatka Tome I L'Univers Kamchatdale

ISBN : 9781326351236 

Langue : Français

Pages : 110

Reliure : Couverture souple en dos carré collé

Impression intérieure : Noir & blanc

S'avançant dans l'Océan Pacifique, la péninsule du Kamchatka, dans l'Extême Orient russe, de 1.250 kilomètres de long du Nord-Est au Sud-Ouest, large de 450 kilomètres à la latitude du Cap Konotsky, et d'une superficie de 472.300 kilomètres carrés, est une terre de feu et de glace d'exception. Elle se localise sur la plaque tectonique d'Okhotsk, entre l'Océan Pacifique et la Mer de Béring, - les îles Aléoutiennes faisant office de séparateur -, à l'Est, la Mer d'Okhotsk, à l'Ouest, - notamment le golfe de Chelikov, au Nord-Ouest -. Au Nord, elle est bordée par le district autonome de Koriakie dont elle en est séparée par l'isthme d'Anapka, un isthme de 93 kilomètres de large, de 426 kilomètres de long et de 200 mètres de hauteur maximale, avec laquelle il a fait fusion, le 1er Juillet 2007, fusion approuvée par un référendum organisé le 23 Octobre 2005, auprès des populations concernées, pour former,  y adjoint les îles du Commandeur et l’Ile Karanguinski, le Kraï du Kamchatka. Au sud, le Cap Lopatka et les récifs Lopatka et Kurbatovskaïa, par delà le Détroit de Chumushu, s'ouvrant sur l'île Choumchou et l'archipel des Kouriles, en sont les points le plus méridionaux.

Région au volcanisme actif, - l'une des régions volcaniques les plus exceptionnelles du monde, avec une forte densité de volcans et une grande variété de types et de caractéristiques volcaniques  y attachées -, associé à des zones de failles profondes, drainant ses satellites naturels, - fumeroles, bouches de soufre, lacs acides, volcans de boue, sources chaudes, geysers... -, cette jeune terre, en regard des  roches apparentes, de moins d’un million d’années, mais en référence à son étude physique, de douze à dix-sept millions d'années, est un paradis sauvage, un paradis de toute évidence difficile à parcourir dans de bonnes conditions et rares sont ceux qui le connaissent vraiment. Qui plus, les hélicoptères de la péninsule ne sont pas, en raison d’une météo instable et de « passe-droits » locaux souvent incompréhensibles,  d’une fiabilité totale.

C’est en 1995, - la péninsule du Kamchatka ayant été déclarée, après la Seconde Guerre Mondiale, zone militaire et, de fait, insterdite aux Russes, jusqu'en 1990, et aux étrangers, jusqu'en 1992 -, que j'ai découvert cette terre du bout du monde, cette terre de glace,  de feu et de volcans, aux richesses naturelles intactes, - phoques, oiseaux, ours pêcheurs, mais aussi volcans, paysages de sources chaudes, grands marais côtiers et glaciers -, conquise, au XVIIe siècle, par les cosaques des tsars, qui y ont chassé les peuples autochtones et à l'instar des cow-boys et des tuniques bleues en Amérique, qui y ont établi forts et villes de commerce pour exploiter l'opulence de l'Océan Pacifique.

J'avais participé, avec une équipe de douze volcanologues de plusieurs nationalités européennes et américaines, sur une durée de huit mois, à une expédition d'étude sur la Vallée Centrale et sur les volcans de la Chaîne Volcanique Centrale. Et j'y étais revenu, en 1997, pour décrypter la Chaîne Volcanique Orientale  jusqu'au Cap Lopatica et les Îles Kouriles septentrionales, - de l'île Shumushu à l'île Uruppu -, puis en 1998, afin de perlustrer l'énigme posée par la continuité apparente qui est sous-jacente à la Chaîne Volcanique Occidentale, à la Côte Kamchatkienne Sud-Ouest, à la Mer d'Okhosh et à l'île de Sakhaline.

09 mai 2015

Le volcan Hakone, au Japon, en état pré-éruptif... Des évacuations...

Volcan Hakone, au Japon, état pré-éruptif...

Des évacuations...


Le quotidien russe "gorets-media.ru", a annoncé le Jeudi 7 mai 2015 : "Volcan Hakone, peur sur le Japon, les autorités nippones ont intimé une évacuation d'urgence des personnes..."

Suivant ce quotidien

Les autorités japonaises, élevant le niveau d'alerte volcan au Niveau 2, ont annoncé la complète évacuation des personnes du plateau Ovakudani, ce qui a concerné, en particulier, l'évacuation de touristes. Le volcan Hakone fait partie du parc national de Fuji-Hakone-Izu.. Le lac de soufre est rentré en ébullition et a atteint une température d' une centaine de degrés Celsius, une température qui peut se propager dans toute la vallée....

Cette élévation de la température, dans le lac de soufre, est concomitante avec un essaim sismique d'origine volcanique dont les épicentres sont de plus en plus proche de la surface, qui a débuté début avvril et dont le nombre d'évents est en constatnte augmentation. Des experts de l'Université de Kyoto croient que le volcan Hakone peut rentrer en éruption au cours des prochains jours prochains jours et au plus dans le laps de temps d'une quinzaine de jours.

Selon "RIA Novosti", un autre quotidien russe, les sismologues ont enregistré, du 26 Avril au 4 mai, 790 séismes d'origine volcanique, de magnitude maximum 2,6. Mais le Mardi 2 Mai plusieurs secousses ont été ressenties par la population.

La dernière éruption du volcan, d'origine phrétomagmatique, s'est produite en 1170...

Lac Ashi et en arrière plan, le Mt Fuji.JPG

 Et dans le cadre de mes livres de vulgarisation sur les volcans, mon prochain "Le Fuji-san, volcan du Lotus hondoïen." est sous presse et tout un chapitre est consacré au volcan hakone avec l'interrogation finale;;; Si le volcan hakone rentre en éruption, ne déclenchera-t-il pas, possédant une même chambre magmatique profonde, une éruption au Mont Fuji, d'autant que le Mont Fuji, le volcan Hakone et le volcan Ashikamaya font parti du même complexe volcanique..

Première de couverture.jpg

Les deux premières pages du chapitre consacré au volcan Hakone

 

le volcan hakone texte.jpg


 

07 novembre 2014

Séisme précurseur au Piscarelli : Le Campi Flegrei menacerait-il réellement Naples ?

Le 27 octobre 2014, je publiais un ouvrage de vulgarisation sur la Campi Flegrei : http://www.lulu.com/…/le-ca…/paperback/product-21870069.h...

Campi Flegrei.jpg

avec un chapitre entièrement conasacré au Piscarelli : "Le complexe volcanique Campi Flegrei : Se méfier du Pisciarelli."

"Outre la Solfatara, l'édifice vulcanien du Pisciarelli est aussi siège de sources d'eaux chaudes, d'émissions de boues et de manifestations fumerolliennes. Au différent de la Solfatara considérée comme la seule bouche volcanique, - jugée, par les autorités, en état présent de quiescence -, encore active du complexe volcanique du Campi Flegrei. La structure collinaire du Pisciarelli, proche d'Agnano(4), n'est pas recensée au titre de bouche secondaire, pourtant elle présente un anneau de tuf daté de l'Ionien, - 781.000 à 126.000 ans - , et, évent thermal, des émissions de vapeurs et de gaz sulfureux, et des éruptions fumerolliennes s'y manifestent depuis les temps « anciens »...

Depuis Octobre 2006, une activité thermale inhabituelle et croissante vient bouleverser le calme paterne du site. Une source d'eau bouillante a subitement paru, formant rapidement un bassin bouillonnant d'environ 3 mètres d'ampleur. Entre les 9 et 10 mars 2009, la «polla» s'est brutalement étendue, attei­gnant 5 à 6 mètres de diamètre. Parallèlement, la température de l'eau a augmenté. La présence d'impacts de boues, dans les murs de la digue proche de l'évent thermal, suggère qu'il a pu se produire un événement fulminent, de type micro-explosion phréatique conjuguant eau, boue et gaz.

Entre les 16 et 21 décembre 2009, une nouvelle bouche fumerollienne est apparue, venant grossir, d'un nouvel élément, le champ fumerollien du Pisciarelli. Une seconde fois, il a pu être observé la présence de boue autour du point d'émission avec des éclaboussures et des petits amas jusqu'à plus de 3 mètres de haut. De telles constatations laissent insinuer que l'ouverture de la bouche a pu être consécutive, mélange d'eau de boue et de gaz, à une mini événement d'archétype explosif. La température de la nouvelle fumerolle, d'environ 95° Celsius, en fin 2009, est en augmentation sensible et continuelle. En dé­cembre 2010, elle avoisine les 130° Celsius....." etc... etc... etc...

séisme.gif

Le 31 0ctobre 2014, à 14 h 54 un tremblement de terre (un avertissement ?) a été nettement ressenti dans Agnano et Pozzuoli dans la région de Campi Flegrei. Choc ressenti particulièrement dans le domaine de Pisciarelli. Il n'y a pas de dégâts signalés.

27 octobre 2014

Le Campi Flegrei,supervolcan actif.. Naples sous la menace...

Le nouveau livre de vulgarisation sur les volcans,

auteur Raymond Matabosch, est paru :


Le Campi Flegrei,supervolcan actif..

Naples sous la menace...

Le Campi Flegrei,supervolcan actif...Menace sur Naples.jpg

Pour en acquerrir un exemplaire :

Le Campi Flegrei, supervolcan actif

ISBN 9781326042400
Pages102
ReliureCouverture souple en dos carré collé
Impression intérieureNoir & blanc
Prix : 15,00€

Une éruption, au Campi Flegrei, est-elle imminente ? Tout comme l'ont écrit, dans leur rapport « gelé » par la Défense Civile, les docteurs en volcanologie Jacopo Selva, Warner Marzocchi, Paolo Papale et Laura Sandri de l'Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia« les événements volcaniques à haut risque sont précédés par de longues périodes de troubles au cours de laquelle les scientifiques sont invités à fournir des prévisions en temps réel. Mais la rareté des événements disponibles, l'inaccessibilité au système volcanique souterrain, les comportements non-linéaires, et les ensembles de données limitées constituent d'importantes sources d'incertitude. » Qu'ainsi, même si une éruption est plus que plausible et à redouter, toute réponse est quasi impossible à formuler.

Il sera bientôt sur Amazon.com(Etats-Unis), Amazon.ca (Canada),Amazon.co.uk (Royaume-Uni), Amazon.cn (Chine), Amazon.co.jp (Japon), Amazon.com.br (Brésil), Amazon.in (Inde) Amazon.de (Allemagne), Amazon.it (Italie), Amazon.es (Espagne)... et Amazon.fr (France), Barnes & Nobles (Libraires aux Etats Unis), Loot.co.za (libraires en Afrique du Sud), etc...

26 octobre 2014

Le complexe volcanique Campi Flegrei, Un supervolcan actif.. Vers une nouvelle éruption.

Extrait de l'ouvrage : « Le Campi Flegrei, supervolcan actif », auteur Raymond Matabosch.

 

Chapitre III. Le complexe volcanique Campi Flegrei : Se méfier du Pisciarelli. (suite)


Activités thermales et fumerolliennes anormales sur le Pisciarelli.


Depuis octobre 2006, une activité thermale inhabituelle 
et croissante vient bouleverser le calme paterne du site. Une source d'eau bouillante a subitement paru, formant rapidement un bassin bouillonnant d'environ 3 mètres d'ampleur. Entre les 9 et 10 mars 2009, la «polla» s'est brutalement étendue, atteignant 5 à 6 mètres de diamètre. Parallèlement, la température  de l'eau a augmenté. La présence d'impacts de boues, dans les murs de la digue proche de l'évent thermal, suggère qu'il a pu se produire un événement fulminent, de type micro-explosion phréatique conjuguant eau, boue et gaz.


campo fumarolico di Pisciarelli.jpg

Entre les 16 et 21 décembre 2009, une nouvelle bouche fumerollienne est apparue, venant grossir, d'un nouvel élément, le champ fumerollien du Pisciarelli. Une seconde fois, il a pu être observé la présence de boue autour du point d'émission avec des éclaboussures et des petits amas jusqu'à plus de 3 mètres de haut. De telles constatations laissent insinuer que l'ouverture de la bouche a pu être consécutive, mélange d'eau de boue et de gaz, à une mini événement d'archétype explosif. La température de la nouvelle fumerolle, d'environ 95° Celsius, en fin 2009, est en augmentation sensible et continuelle. En décembre 2010, elle avoisine les 130° CelsiusPar définition, une fumerolle est une fissure ouverte près d'un volcan ou sur une zone vulcanienne, d'où s'échappent des gaz volcaniques plus ou moins chauds, de 100° Celsius à plus de 500° Celsius. Ces buées bouillantes sont composées de vapeur d'eau, de sulfure d'hydrogène, de dioxyde de carbone, de dioxyde de soufre, d'acide hydro-fluorique, de composés de chlore et d'azote, d'acides tel l'acide sulfurique, d'éléments minéraux d'origine magmatique et de traces métaux à l'état de vapeur comme du mercure, etc...  Des dépôts colorés précipitent, souvent, autour de l'évent. Elle correspond, en profondeur, au dégazage, tranquille et régulier, d'un magma.

FumErolles au pisciarelli.jpg

La distribution géographique de ces zones renseigne les volcanologues sur les fissurations qui se produisent dans l'édifice volcanique, donc des zones potentiellement faibles. Elles sont une source d'informations précieuses sur l'activité du volcan. En effet, la remontée du magma, dans la chambre magmatique, provoque d'importants dégazages générant un bombement du plancher de l'édifice volcanique, des craquelures et des fissures au sol qui s'élargissent. Il est alors constaté une augmentation graduelle du nombre d'évents fumerolliens, de la température et l'acidité des buées sulfureuses.

Le complexe volcanique Campi Flegrei, Un supervolcan actif.. Vers une nouvelle éruption.

Extrait de l'ouvrage : « Le Campi Flegrei, supervolcan actif », auteur Raymond Matabosch.

 

Chapitre III. Le complexe volcanique Campi Flegrei : Se méfier du Pisciarelli. (suite)

L'aire urbaine, concernée par le super-volcan Campi Flegrei et son proche voisin, le complexe caldeirique Somma-Vésuve, - moins de 12 kilomètres entre les emprises internes des deux édifices vulcaniens et chambre magmatique commune en faisant un même complexe volcanique -, compte plus de 4,5 millions d'habitants.

La Solfatara.jpg

Une telle concentration de population devrait inciter à la prudence et préconiser l'application du principe de précaution. Mais la région Napolitaine est très touristique et «marcher sur la terre chaude, voir les fumerolles en un petit panache de vapeur sortant de terre et les bulles éclater dans la boue...», est magique. Aussi, l'intérêt financier prenant le pas, les spécialistes concè-dent que le Campi Flegrei connaîtrait, actuellement, un état de repos caractérisé.

La solfatara est l'un des quarante cratères recensés faisant partie du complexe volcanique du Campi Flegrei. Le diamètre de son cratère atteint 770 mètres et présente un paysagedésolé de tuf et de trachytes d'un blanc immaculé.

Fumerolle Solfatare.JPG

Son plancher chaud - 30 à 40°C. - est irrégulier, interrompu par des fractures transversales, sillonné par des explosions de faible intensité, percé de cavités profondes et surtout parsemé de fangaia, des baignoires de boues à 140°C. Des buées bouillantes sulfureuses - les fumerolles - sortent de terre en petits panachesde vapeur. Certaines, éjectées à une pression de 15 millibar, at­teignent, comme à la « Bocca Grande(2) », une température de 162° C. À cause de son activité fumerollienne, thermo-minérale et mudpotienne(3) permanente et les crises bradyséismiques qui déforment son plancher, la Solfatara représente un certain danger pour les citadins des environs et pour les touristes qui s'y pressent.

Lac bouillonnant à la Solfatara.jpg

Outre la Solfatara, l'édifice vulcanien du Pisciarelli est aussi siège de sources d'eaux chaudes, d'émissions de boues etde manifestations fumerolliennes. Au différent de la Solfatara considérée comme la seule bouche volcanique, - jugée, par les autorités, en état présent de quiescence -, encore active du complexe volcanique du Campi Flegrei. La structure collinaire du Pisciarelli, proche d'Agnano(4), n'est pas recensée au titre de bouche secondaire, pourtant elle présente un anneau de tuf daté de l'Ionien, - 781.000 à 126.000 ans - , et, évent thermal, des émissions de vapeurs et de gaz sulfureux, et des éruptions fumerolliennes s'y manifestent depuis les temps « anciens ».

Notes.

(2) La « Bocca Grande » était appelée, par les anciens, le « Forum Vulcani », la Demeure du Dieu du Feu. Au début du XIXe Siècle, pour le volcanologue allemand Friedländer, un petit Observatoire Volcanologique, y fut bâti. Il s’écroula aussi bien à cause des mouvements telluriques périodiques liés au Bradyséisme Phlégréen qu’à cause de l’ouverture d’une fumerolle et il n'en subsiste que quelques ruines.

(3) Les mudpots sont des émissions de boues chaudes liées au géothermalisme et, plus directement, au volcanisme.

(4) Cratère volcanique, de 6,5 kilomètres de diamètre, d'appartenance au système Campi Flegrei, dont la dernière éruption s'est produite en 2300 ans ± 10 ans Bephore Christ.

25 octobre 2014

Le complexe volcanique Campi Flegrei, Un supervolcan actif.. Vers une nouvelle éruption.

Extrait de l'ouvrage : « Le Campi Flegrei, supervolcan actif », auteur Raymond Matabosch.

Chapitre III. Le complexe volcanique Campi Flegrei : Se méfier du Pisciarelli.

 

Le Campi Flegrei est-il réellement « en état de repos su­perficiel apparent ? » Le Campi Flegrei étant un volcan actif, telle est la question que tout un chacun devrait se poser, sans se voiler la face, et doublement se la poser car, selon la mytholo­gie, le Vésuve a été créé par « Héphaïstos », le dieu du feu, des forges et des volcans, en recouvrant le géant « Mimas » et ses frères Gigantopithèques, - les fils que « Gaïa », la terre, en­gendra du sang jaillissant des organes génitaux tranchés d'« Ouranos »et primates homininés ayant vécu, du Miocènesupérieur au Pléistocènemoyen, de 11,608millions d'années à 126.000 ans-, d'une épaisse couche de métal en fusion qui for­mera le Somma-Vésuve.

Son histoire éruptive nous informe que, comme pour l'éruption explosive qui a détruit l'Archiflegreo, en 39.280 ans ± 110 ans BP, la fracturation du socle, suite à une phase de compression lithosphérique accompagnée par une kyrielle d'es­saims sismiques fissurant et faillant la croûte terrestre, - 25 à 30 kilomètres d'épaisseur au niveau de la Campanie -, une conjoncture facilitant et accélérant la remontée de magma vers la surface, à déclenché celle du XVIe millénaire avant BP. Il est donc à croire que lors d'une nouvelle compression lithosphé­rique, du moins quand l'énergie engrangée sera portée à satura­tion, une nouvelle phase éruptive paroxysmale, ultra ou supra-plinienne, se produira, sur une durée temps plus ou moins éten­due, dans le complexe volcanique Campi Flégrei-Somma-Vé­suve.

Configuration tectonique.jpg

A cela, une raison géomorphologique en est le moteur. En effet, le terrane Italia qui, après s'être détaché du continent Ibérica(1), vers 60 à 70 millions d'années BP, - formation du rift Thyrénien -, a dérivé dans un sens de rotation anti-horaire pour venir percuter, - 35 à 40 millions d'années -, en sa façade Nord, avec la fermeture de l'Océan Thétis, les terranes Proven­çia et Valésia, générant l’orogenèse des Alpes, et en ses fa­çades Nord-Est, Est et Est-Sud-Est, la micro-plaque Adriatica qui, en sa partie océanique plus vieille et plus lourde, s'est in­curvée et a plongé, provoquant l'ouverture d'une fosse tectoni­que, sous le terrane italote avant de s'enfoncer dans le manteau.

En outre la façade Est-Sud-Est est rentrée en collision, engageant, dans le Sud-Est de l'Italie, un processus de forma­tion de reliefs, et d'ensembles orogènes , avec le terrane Apulia d'appartenance à la micro-plaque Adriatica. Enfin, la ride médio-Thyérienne,frontière de divergence entre les terranes Corso-sarde et Italica accentue la rotation anti-horaire du ter­rane italote.. Dans ce contexte compressif très complexe, le magma s'accumule dans l'immense chambre magmatique de quelques 50 à 70 kilomètres de diamètre qui se situe à quelques 17 kilomètres de profondeur sous l'imposant Campi Flegrei et son cône adjacent, le Somma-Vésuve.

Notes.

(1) « Le continent lusitano-iberico-provençalo-italo-maghrébin. » Raymond Matabosch. 2003. « Les Volcans de l'rault. » Raymond Matabosch. 2014. 

03 avril 2014

Des troupeaux de bisons, d'élans... désertent Yellowstone.

 Des troupeaux de bisons, d'élans... désertent Yellowstone.

Norris-Geyser-Basin.jpg

Un séisme, de magnitude locale mb 4.8, a secoué les quartiers au Nord-Nord-Est du « Geyser de Norris », dans le Parc National de Yellowstone, en limite des États du Wyoming et du Montana, le 30 Mars 2014, à 12 h 34 Temps Universel, 06 h 34 Heure locale. D'hypocentre superficiel, 5 kilomètres de profondeur pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, 5.6 kilomètres de profondeur pour l'University of Utah Seismograph Stations, il est le choc le plus important d'une mini-crise sismique de 7 tremblements de terre, tous de profondeur focale au foyer superficielle, 4 à 7 kilomètres, et de magnitude comprise entre mb 2.5 et 4.8, dans dans un laps de temps restreint, 10 h 36 pour le premier, 15 h 12 pour le septième, de moins de 5 heures.

Il est à noter que ce séisme est le plus puissant qui ait frappé la méga-caldeira, 85 × 45 kilomètres, de Yellowstone au cours des 30 dernières années.

L'University of Utah Seismograph Stations a émis un communiqué de presse signalant « qu'un léger tremblement de terre a eu lieu à 06 h 34 le 30 Mars 2014. L'épicentre du séisme, de magnitude 4.8, se situe à 6,4 kilomètres au Nord-Nord-Est de Norris Geyser Basin dans le Parc National de Yellowstone, État du Wyoming. Ce tremblement de terre s'intègre dans une série d'aléas sismiques qui a débutée, dans ce domaine, le jeudi 27 Mars 2014, à 08 h 15. Cette crise sismique recense au moins 25 tremblements de terre, en plus du choc principal qui a été ressenti dans le Parc National de Yellowstone et dans les villes frontalières de Yellowstone, État du Wyoming, et de Gardiner, État du Montana, dans un rayon d'environ 35 à 40 kilomètres autour de l'épicentre. »

L'University of Utah Seismograph Stations précise, en outre, que cet « événement, le plus fort tremblement de terre qui se soit produit à Yellowstone depuis le 22 Février 1980, se localise quasi au centre d'une région connaissant une inflation verticale de masse suivie depuis environ 7 mois. Une précédente période inflationniste, dans ce domaine, également accompagnée par une sismicité élevée, s'est déroulée entre 1996 et 2003... », spécifie qu'une « équipe de l'USGS s'est déplacée à Yellowstone pour y déterminer les modifications de surface que le séisme pourrait avoir causées, et les effets possibles qui pourraient affecter le système hydrothermal du Norris Geyser Basin... » et conclu que « basé sur le style et l'emplacement du séisme, l'Observatoire du volcan de Yellowstone ne détecte aucune indication d'activité géologique autre qu'une sismicité continue... », en d'autres termes, un tremor...

Le « supervolcan » du Yellowstone est une caldeira, vestige d’une très ancienne activité volcanique qui couvre la période de 2 millions à 600.000 ans Avant le Présent, et au cours de laquelle des éruptions volcaniques ont modelé le paysage. Trois cycles d'activité peuvent être déterminées : la première, « Tuf de Huckleberry Ridge », vers 2,1 millions d'années AP, 2.450 kilomètres cubes de matériaux volcaniques émis et formation d'une caldeira de 75/95 × 40/60 kilomètres ; la seconde « Tuf de Mesa Falls », 1,3 million d'années AP, 280 kilomètres cubes de matériaux volcaniques émis et caldeira de 16 kilomètres de diamètre ; et la troisième « Tuf de Lava Creek », vers 640.000 ans AP, 1.000 kilomètres cubes de matériaux volcaniques émis, et caldeira de 85 × 45 kilomètres.

Dans le parc national de Yellowstone, adossé aux Montagnes Rocheuses, dans l'État du Wyoming, aux États-Unis, se niche le Grand Prismatic Spring, un volcan de « point chaud », - hospot -, d'une superficie de près de 9.000 kilomètres carrés jalonnée de geysers. Il est doté d'une chambre magmatique colossale relativement superficielle, d'environ 90/110 kilomètres de diamètre et de 40 kilomètres de hauteur. Certes, ce monstre paraît en sommeil, mais il est surveillé, sans discontinuité, par les géologues car, si une activité reprenait, elle pourrait être similaire à celle qu'a connu le Mont Toba, vers 73.000 ± 4.000 ans AP, une éruption d'Indice d'Explosivité Volcanique estimée VEI 8 qui correspond à une éruption d'une force trois mille fois supérieure à celle de l'éruption du Mont Saint Helens, aux États-Unis, en 1980, d'Indice d'Explosivité Volcanique estimée VEI 5.

Suivant certains observateurs, depuis plusieurs semaines, les troupeaux de bisons, d'élans,... et une grande partie de la faune désertent le Parc National de Yellowstone. Certains spécialistes précisent « Je peux vous dire que j’ai vu les bisons courir sur les routes.[...] Je ne sais pas si c’est à cause d’une activité géologique dans le Yellowstone mais ce que je peux vous dire, c’est que quelle qu’en soit la raison, cette fuite est une alerte. » D'autres experts racontent que plus d’un « quart du troupeau d’élans du parc manque à l’appel lors de l’inventaire de la faune réalisé au cours de l'hiver 2013/2014. » Enfin, les biologistes ignorent « s’il y a déclin du troupeau ou si d’autres facteurs ont joué d'autant que les rejets d’hélium sont plus de 1.000 fois supérieurs à la normale, et que ceux du radon sont bien largement au-delà des normes les plus pessimistes et dépassent, dans certaines zones, les 4.000 Becquerels... », s'interrogent sur le fait que « des hordes de bisons courent sur les routes sans être pourchassés » et stipulent, sans pouvoir en justifier leurs hypothèses, que « seul le supervolcan pourrait expliquer tous ces phénomènes. »

12:13 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques., Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10 mars 2014

Séisme de magnitude 6,9, au large de la Californie : Prémices à un séisme de mégathrust ?

6.9 californie.jpg

Le 10 Mars 2014 à 05 h 18 Temps Universel, 22 h 18 Heure locale, un séisme de Magnitude du Moment, - Mw -, 6.9 pour le Centre Séismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM -, pour le Geofon GeoForschungsZentrum Potsdam, - GFZ -, et 7.0 révisée 6.9 pour l'United States Geological Survey, - USGS -, et d'intensité IX au foyer sur l'échelle de Mercally pour le RSOE-USGS et VI/VII sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, - aussi appelée échelle MSK -, à frappé au large des côtes Ouest du Nord de la Californie.

Son épicentre, latitude 40.821° Nord et longitude 125.128° Ouest, se localise, en milieu océanique, sur la plaque tectonique Gorda, en bordure de la fosse de subduction des Cascades, à 77 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Ferndale, à 81 kilomètres à l'Ouest d'Eureka, à 85 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Fortuna et à 87 kilomètres à l'Ouest de McKinleyville. Son hypocentre a été déterminé à une profondeur de 7 kilomètres pour l'USGS, de 10 kilomètres, révisé à 7 kilomètres, pour le CSEM et de 10 kilomètres pour le GFZ.

6.9 californie 1.jpg

Le choc principal de 05 h 18 a été précédé par un microséisme, de Magnitude Locale, - ML -, 3.3, à 05 h 04, latitude 40.84° Nord et longitude 125.19° Ouest, et de de profondeur focale au foyer de 5 kilomètres, et suivit par 18 microséismes de magnitude comprise entre 2.8 et 4.8 et d'hypocentre fluctuant entre 2 et 27 kilomètres de profondeur excepté un, 05 h 43, magnitude 3.4, de profondeur intermédiaire, hypocentre 160 kilomètres, sur la plaque Gorda mais au cirvonvoisinage de la faille Mendocino et proche du tripoint de Mendocino, - fosse de subduction des Cascades, faille de Mendocino et faille de Sant Andréas -.

La plaque tectonique Gorda.

La plaque Gorda, un des vestiges septentrionaux de l'antique plaque Fearallon, composée que de lithosphère océanique, est le fragment le plus méridional de l'ensemble du système de la plaque Juan de Fuca, - Gorda, Juan de Fuca et Explorer -, dont elle s'en en séparée entre 18 et 5 millions d'années, une plaque tampon, - zone non rigide d'hébergement -, qui absorbe les déformations des plus grandes plaques environnantes, - Pacifique, Nord-Amérique et Juan de Fuca -, et qui leur permet d'interagir d'une façon plus rigide. Située à hauteur des États l'Oregon et de Californie, elle ne couvre qu'une infime partie de l'Est de l'Océan Pacifique.

Gorda.jpg

Contrairement à la plupart des plaques tectoniques, elle subit une déformation importante à l'intérieur de ses frontières qui se circonscrivent, à l'Est, à la fosse de subduction des Cascades, - limite avec la plaque Nord Amérique -, au Sud, à la faille transformante Zone de fracture Mendocino, et, à l'Ouest, à la dorsale Gorda aussi dénommée, en son segment Sud, Escanaba, de 150 kilomètres de long et de 3,300 mètres de profondeur, - limites avec la plaque Pacifique -, et, au Nord, à la faille transformante Zone de fracture Blanco, - limite avec la plaque Juan de Fuca -, et la sous-plaque Gorda Nord est reliée au volcan Shasta, la sous-plaque Gorda Sud, au Lassen dont la dernière éruption référencée s'est produite en 1914-1917. Son déplacement s'effectue, à une vitesse relative de 1,8/2,6 centimètres par an, en direction du Nord-Est.

De nombreux systèmes de failles zèbrent le sous-sol de son bassin et provoquent de fréquents tremblements de terre intraplaque, et le plus violent de ces séismes, de magnitude 7.2, s'est produit le 11 Août 1980, au large de la côte Ouest du Comté de Humboldt, a blessé six personnes et causé des dégâts matériels estimés à 2 millions dollars : la majorités des dommages, générés par le choc, ont concerné deux tronçons d'un pont sur la US Highway 101 qui se sont effondrés sur les voies de chemin de fer, deux maisons, à Fields Landing, qui ont été déplacées de leurs fondations, et des conduites de gaz, d'eau et d'égouts qui ont été brisées ; le séisme et la plupart de ses répliques ont eu pour hypocentre, une grande faille décrochante senestre liée au système de faille attenants à la zone de fracture de Mendocino ; le séisme a été ressenti fans l'Oregon, l'Ouest du Nevada, et le Nord de la Californie...

 

© 10 Mars 2014 Raymond Matabosch

 

A suivre...

15:59 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques., Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26 février 2014

Le Gunung Sinabung et les menaces volcaniques.

Gunung Sinabung 13.jpgL'absence de tout d'historique éruptif et de toute étude circonstanciée et la privation des enseignements antérieurs, afférentes au Gunung Sinabung, sont de gros handicap pour déterminer et dresser les éventuelles menaces volcaniques auxquelles peuvent être exposés, dans un avenir plus ou moins proche, les résidents du Karo Regency et tout particulièrement ceux qui sont domiciliés sur les flancs même, ou au pied, de l'édifice volcanique.

Les informations le concernant sont plus que succinctes : « Le Mont Sinabung, - Gunung Sinabung, Dolok Sinabung, Deleng Sinabun,Dolok Sinaboen,Dolok Sinaboeng et Sinabuna -,est un stratovolcan andésitique et dacitique, actif du Pléistocène à l'Holocène, sur le plateau de Karo, Kari Regency, dans le Nord de Sumatra. Il se localise à 40 kilomètres au Nord-Ouest du supervolcan Toba et de son impressionnante caldeira de 100 kilomètre de long sur 30 kilomètre de large, formée lors de l'éruption de 73,000 ± 4,000 ans BC. De nombreuses coulées de lave marquent ses flancs, signe de multiples éruptions, sont non référencées. Seule sa dernière éruption, de l'an 1600, est connue s'est produite en l'an 1600. Il est siège d'une activité hydrothermale et solfaratique, - fissures émettant de la vapeur d'eau, du gaz, occasionnellement de la lave et des fumerolles, dont les dernières observées, en son sommet, l'ont été en 1912. »

Même la « Smithsonian Institution », en son « Global Volcanism Program », est très laconique sur son historique : « Le Gunung Sinabung est un stratovolcan qui a été actif du Pléistocène à l'Holocène et a produit de nombreuses coulées de lave sur ses flancs. Une éruption, non confirmée, a été notée en 1881, et l'activité solfatarique a été vue, au sommet et sur la zone supérieure de son cône, en 1912. Aucune éruption historique confirmée, autre que les éruptions explosives d'Août à Septembre 2010 et de Septembre 2013, toujours en cours, n'a été enregistrée. »

De plus, d'une part, aucune tomographie du sous-sol du Sinabung n'ayant été réalisée, et, d'autre part, les catalogues des tremblements de terre volcano-tectoniques n'étant pas accessibles ou n'étant que lacunaires, nulle étude sur la chambre magmatique, ou sur la poche magmatique principale et son ensemble de poches magmatiques secondaires et des fractures élargies, plus ou moins anastomosées, - connexions dans la plomberie volcanienne -, il est impossible d'en connaître ses ou leurs dimensions et le volume de magma stocké dans les diverses zones de son accumulation, en superposition, sous la surface du volcan.

Les seules données qui peuvent, toutefois, être notées, comme facteurs aggravant des risques, sont les fortes pentes de l'édifice, son altération, par plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires, d'activité hydrothermale et la fissuration de son bâti par les multiples séismes volcanotectoniques qui se produisent depuis Août 2010, et par les violentes explosions qui se succèdent depuis le 15 Septembre 2013, des facteurs qui pourraient s'avérer être des vecteurs facilitant des effondrements sectoriels, ou, plausiblement sommitaux, lors d'intrusions magmatiques ou d'éruptions explosives violentes.

Un facteur non négligeable est lié, d'une part, à la tectonique des plaques, avec présence, à moins de 200 kilomètres, de la fosse de subduction, - la plaque australienne plongeant sous les plaques de la Sonde et de Banda Aceh, ou plaque d'Andaman aussi dénommée plaque Birmane -, de Sumatra-Java, - ou Fosse de la Sonde -, très active sismiquement depuis le tremblement de terre, de magnitude 9.1 à 9.3, du 26 Décembre 2004, de magnitude 8.6, du 28 Mars 2005, et de magnitude 8.4 et 8.0, du 11 Avril 2011, et, d'autre part, marquées par un processus de découpage de micro-plaque, un processus de transfert et d'accumulation des sédiments accrétés dans le prisme, une importante subsidence du bassin au Plio-Quaternaire en liaison avec une extension faible Est-Ouest et un basculement vers l'Ouest, aux failles décrochantes de Mentawai, séparant le prisme d'accrétion du bassin d'avant-arc, et de Central Sumatra, suivant la ligne volcanique, qui ne suffisent pas à accommoder toute l’obliquité de la convergence.

Il est acquis que le magma, stocké dans les poches magmatiques, se cristallise et se refroidit très lentement, sur des laps de temps de plusieurs millions d'années. Au différent, il se réchauffe très vite, sur quelques mois, mettant très rapidement les poches d'accumulation sous pression, lors de remontées de magma frais par un ou plusieurs conduits. Selon le contexte géodynamique, la zone de fusion et de sa genèse se situe entre 100/110 kilomètres et 20/30 kilomètres sous la surface du volcan et la zone de collecte, de ce magma dit primaire, peut se localiser entre 50 et 20 kilomètres de profondeur. Située, en général, à quelques kilomètres sous le sommet de l'édifice volcanique, la chambre magmatique superficielle est alimentée en magma, depuis la zone profonde, par des dykes, depuis la zone profonde. Lorsque la surpression permettant la sortie des magmas décroît, soit le magma résiduel se fige, progressivement, sur place, soit la pression lithostatique des roches environnantes écroule le plafond de la poche magmatique, générant une caldeira, qui remplit le vide laissé.

Et, tout aussi inquiétant, est la formation du cratère, sur le versant nord du Gunung Sinabung, dans le quartier de Lau Kawar, qui peut être générateur, dans un premier temps, entre Décembre 2013 et Janvier 2014, de glissements de terrain entraînant, inexorablement, des morts d'homme, et, dans un second temps, sous trois à cinq ou six mois, d'explosions de vapeurs suivies d'explosions de cendres et de vapeur, pouvant se traduire, en corrélation avec un tremblement de terre, par une éruption paroxysmale et un effondrement de tout le flanc nord du volcan qui pourrait engendrer, dévastant, sur des centaines de kilomètres carrés, le plateau de Karo, une avalanche de débris, - nuées ardentes -, de plusieurs kilomètres cubes. En outre, le glissement de terrain provoquant une brusque dépressurisation, des fragments de magma, - des tephras -, de toutes tailles seraient, alors éjectés en dehors du volcan, paralysant les régions du Sud-Est au Nord-Est.

Enfin, il ne doit pas être fait abstraction de la proche présence, environ quarante kilomètres, du supervolcan Toba qui est doté, entre 20 et 30 kilomètres de profondeur, d'une chambre magmatique colossale, de longueur largement supérieure aux 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large de sa caldeira d'effondrement, une poche magmatique estimée à plus de 350 kilomètres de long qui, indubitablement, s'étend sous la surface du Gunung Sinabung. Pour cela peut-on admettre que la source magmatique du Sinabung est issue du système magmatique tobaïen ? Nulle réponse, par absence de tomographie, ne peut en être concédée.

Montpellier, 30 Novembre 2013

Extrait de "Le Dolok Sinaboen, volcan sumatrais. Un second Toba menace Sumatra. "
©Raymond Matabosch

07 février 2014

Terre de Feu & de Lave. Tome V

 Terre de feu et de lave. Tome V.jpg

Édition Edilivre ; http://www.edilivre.com/terre-de-feu-et-de-la-lave-tome-v...

 

ISBN : 9782332641427

Prix livre papier : 16,50 €

Prix livre numérique : 9,90 €

Collection : Classique

Thème : Géographie / Environnement

Nombre de page : 192

 

La peur d’un séisme majeur frappant Tokyo et son pourtour immédiat perdure depuis le catastrophique et meurtrier tremblement de terre du 10 février 1923 qui avait dévasté la plaine de Kanto. Cette inquiétude est stigmatisée par les propos tenus, au cours des années 1970 à 1980, par les géologues japonais qui scrutent la faille de Tokai, à 130 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, qui traverse la baie de Suruga et qui pourrait encore ripper. Pour eux, « un jour ou l’autre la poussée de la plaque Philippines sur la plaque Amour finira bien par y relâcher une grande quantité d’énergie », et ils ont d’ores et déjà averti que la ville de Tokyo « était menacée par un Big One ».

Mont Shasta ? ou Mont Sisson ? un stratovolcan californien

Mont Shasta.jpg

 

Édition Edilivre : http://www.edilivre.com/mont-shasta-ou-mont-sisson-un-str...

 

ISBN : 9782332655745

Prix livre papier : 23,00 €

Prix livre numérique : 13,80 €

Collection : Classique

Thème : Géographie / Environnement

Nombre de page : 126

 

Le Mont Shasta, comme le Mont Fuji, s'élève au-dessus des plaines environnantes, et son pic à tête blanche peut être vu à des centaines de miles à la ronde. Constitué d'au moins quatre cônes distincts, Sargents Ridge Cone, Misery Hille, Shastina et Hotlum -, se chevauchant, le complexe magmatique du Mont Shasta a connu une évolution plus ou moins continue depuis le début de son activité vulcanienne, il y 590.000 ans. Son cône ancestral basaltique, un volcan-bouclier comme pourraient l'attester l'Everitt Hill et l'Ash Creek Butte, 1,8 Million d'années, qui se dressent sur son sud et son est, a été pratiquement détruit par un effondrement sectoriel majeur, entre 380.000 et 300.000 ans, ayant déclenché des glissements de terrain et une avalanche de débris hors normes.

03 septembre 2013

02 Septembre 2013, séisme de magnitude 4.0, en Béarn : Séisme tectonique ou séisme induit ?

magnitude 4.2 en bearn.jpgLe 2 Août 2013 à 12 h 36, Temps Universel, 14 h 36, heure locale, un séisme de magnitude Locale, - ML-, 4.0 sur l'échelle ouverte de Richter pour le Centre Sismologique Euro-Mediterranéen, - CSEM-, de magnitude 4.2 pour la Direction des Applications Militaires, - CEA-DAM -, d'épicentre latitude 43.43° Nord et longitude 0.60° Ouest et d'hypocentre 5 kilomètres de profondeur, s'est produit àArthez de Béarn et a été ressenti à Mourenx, à Artix et dans tout le bassin de Lacq. D'après le Service Départemental d'Incendie et de Secours des Pyrénées atlantiques qui a « reçu une quinzaine d'appels provenant du bassin de Lacq, sans avoir à déclencher d'opération de secours », aucun dégât, lié au séisme, n'est à déplorer.

magnitude 4.2 en bearn 2.jpgPrécédemment, le 15 Août, un séisme de magnitude 2.9 enregistré à 1 kilomètre de Ledeuix ; le 07 Juin,un tremblement de terre de magnitude 3.9 a eu lieu à 12 kilomètres à l'Ouest de Pau ; le 19 Mai la terre a tremblé à Gez, dans le secteur d'Argeles-Gazost ; le 13 Mai, un séisme de niveau 4 a fortement été ressenti par la population des alentours d'Argelès-Gazost ; le 16 Février, un aléa sismique de magnitude évaluée à 2,9, suivi d'un grondement sourd et d'une réplique, se produit dans la zone de Buzy et d'Arudy ; le 03 Février un séisme de magnitude 3.5 secoue Coarraze et provoque des fissures et des dégâts dans la petite ville béarnaise ; le 07 Janvier, une secousse sismique, de magnitude 4.0, suivie de quelques répliques de moindre intensité, a, dans un triangle Lestelle Bétharram, Igon et Saint Vincent, pour épicentre Montaut, - tremblements, vibrations, volets qui claquent, bruit sourd, les secousses sont perçues à Arros de Nay, à Labatmale, à Lestelle Bétharram, à Soumoulou, à Louvie Juzon, et jusqu'à 30 kilomètres à la ronde - ; le 01 Janvier, la terre a tremblé, une magnitude de 3.5, aux environs de Saint-Vincent dans la plaine de Nay et la secousse a été ressentie à Bruges, à Lestelle et à Pédéhourat ; le 31 Décembre 2012, une secousse de magnitude de 4.8, a eu son épicentre au Sud-Est de Pau, entre Mirepeix, Nay et Coarraze ; etc... etc...

magnitude 4.2 en bearn 3.jpgAvec la circonvoisinité de la faille Nord-Pyrénéenne I, considérée, un temps, par certains spécialistes, comme une fosse de subduction qui serait actuellement inactive, et son faisceau de systèmes de failles y attenant, la sismicité est inhérente, mais sa magnitude maximum n'excède pas 5.0. Au différent, il est à surveiller les effets adjacents et pervers tels celui de Balansun, au début Juin 2013, avec l'effondrement d'un terrain, autour d'une maison, sur deux mètres de hauteur et 15 mètres de long au pied des fondations, un terrain glissant, ensuite, sur 100 mètres, en contrebas du bâtiment, entraînant, sur son chemin, le déplacement des arbres sur quatre ou cinq mètres.

Lacq.jpgDe fait, il est plutôt à se pencher sur le gisement de gaz naturel de Lacq, en activité depuis décembre 1951 et distribué, par gazoducs, dans toute la France à partir de 1965. Son extinction est programmée pour 2013. Et là, théoriquement les poches gazeuses devant être comblées par de l'eau, mais ne se faisant pas ou aléatoirement lors des contrôles, est la vraie raison. Comme il est un peu partout dans le monde où d'immense poches de pétrole et de gaz, non comblées en compensation, sont vidées, les aléas sismiques induits et les dolines se multiplient...

Alors à quand une catastrophe... d'autant que le tremblement de terre du 02 Septembre 2013, d'épicentre Arthez de Béarn, s'est produit à quelques hectomètres du site d'extraction de Lacq...

02 Septembre 2013 © Raymond Matabosch

16 mars 2012

Terre de feu & de lave. Tome III

Terre-de-feu-et-de-lave.jpg

link

par Raymond Matabosch

ISBN : 9782332484987

 

26 décembre 2004 en Indonésie : un séisme, de magnitude 9.0 sur l’échelle de Richter, libère, en trois minutes, une quantité d’énergie équivalente à 23.000 bombes atomiques similaires à celle d’Hiroshima. Les conséquences sont catastrophiques : dégâts considérables causés par une vague géante dans la région de Sumatra et 350.000 tués ou disparus.

Toussaint en 1755 au Portugal : un séisme de grande ampleur, suivi d’un tsunami puis d’incendies détruisent Lisbonne : 60 000 morts dénombrés.

Une litanie de lieux, de victimes, de dégâts dus aux séismes, peut être dressée. Ces manifestations brutales, dramatiques mettent en évidence l’activité interne, – d’aucuns disent les « colères » –, de la Terre. Un séisme correspond à un mouvement bref du sol engendré par l’arrivée en surface d’ondes se propageant depuis un point de rupture.

11 février 2012

10 et 11 Février 2012 : Série de trois séismes en Cerdagne.

Sur des terres de coeur, mon pays catalan, qui ont eu à subir, par le passé, des séismes meurtriers et destructeurs d'amplitude régionale...

Série des tremblements de terre en Cerdagne Espagnole, en parallèle à la faille du Sègre :

seismes-en-Cerdagne.jpg- 11 Février 2012, 01 h 20, latitude 42.39° Nord et longitude 1.69° Est, hypocentre 2 kilomètres de profondeur, épicentre localisé à 1 kilomètre au Nord-Ouest de Lles et à 18 kilomètres au Sud-Est de Les Escaldes, magnitude 2.9

- 10 Février 2012, 16 h 31, latitude 42.38° Nord et longitude 1.80° Est, hypocentre 11 kilomètres de profondeur, épicentre localisé à 6 kilomètres à l'Est de Prullans et 26 kilomètres au Sud-Est de Les Escaldes, magnitude 3.4 

- 10 Février 2012, 15 h 51, latitude 42.38° Nord et longitude 1.79° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, épicentre localisé à 5 kilomètres à l'Est de Prullans et 25 kilomètres au Sud-Est de Les Escaldes, magnitude 3.3

 

11 Février 2012 © Raymond Matabosch

11 janvier 2012

Le volcanisme énigmatique aux îles Canaries et à El Hierro.

Bases pour essayer de mieux comprendre le volcanisme aux Îles Canaries et l'actuelle éruption au large de la Restinga, une série de cartes annotées de seamounts et de traits :

iles Canaries.jpgiles Canaries 1.jpgiles Canaries 2.jpgiles Canaries 3.jpgiles Canaries.1.jpgiles Canaries 1.1.jpgiles Canaries 2.1.jpgiles Canaries 3.1.jpg

Légende : En blanc : Seamounts ; En violet : Agadir Canyon ; En rouge : Trajet du Hotspot ? Convergence masquée ? Fosse tectonique en formation ? voire Rift en formation ?

Le volcanisme des îles Canaries à débuté, il y a 100 à 80 millions d'années, au Sud du plateau sous-marin d'Essaouira et du Canyon d'Agadir avec les seamounts Essaouira, Rybin et les Agadir Twins...

et s'est continué de part et d'autre de l'anomalie matérialisée par la ligne discontinue en rouge, par les seamounts Dacia, Triton, Concepcion... et par les seules apparitions terrestres, les Îles Salvagem et les Îles Canaries, dont la particularité éruptive de Timanfaya à Lanzarotte de 1730 à 1736, jusqu'aux actuels seamounts : Papp, African, Echo et Tropic...

Une étude, sur ces bases, est en cours...

Décembre 2011 ©  Raymond Matabosch

31 août 2011

Les séismes ou les ires de la terre.

seisme.jpg

Provoqués, dans leur généralité, par le jeu de la tectonique des plaques, les séismes résultent, ordinairement, de fractures brutales de roches à proximité d'une faille active et ils peuvent provoquer des catastrophes gigantesques qu'aucune méthode scientifique ne permet de prévoir. Les hommes ne peuvent, donc, s'en protéger que de manière passive.

Plus précisément et par définition, un tremblement de terre est une secousse plus ou moins violente du sol et plus ou moins destructrice et meurtrière suivant sa magnitude, son intensité et la profondeur de son foyer, - ou hypocentre -. Elle peut découler de diverses origines, les unes naturelles si elles sont tectoniques, - rupture d'une faille ou d'un segment de faille -, volcaniques, - intrusion et dégazage d'un magma -, ou géologiques, - effondrement d'une cavité -, les autres procédant d'activités humaines ou de sources artificielles, - explosion, effondrement d'une cavité, recherches magnétohydrodynamiques ou pétrolières, etc... -.

De très nombreux séismes, de magnitude comprise entre -0 et 9.5, le plus violent recensé de l'histoire, - 22 Mai 1960, Valdivia au Chili, environ 3.000 morts, et deux millions de sans-abri -, se produisent tous les jours. La fréquence des séismes de magnitude négative et de magnitude comprise entre 0.0 et 1.9, est d'environ 10.000 à 12.000 par jour. Le Catalogue listant les Déterminations préliminaires des épicentres dressé par l'United States Geological Survey et le listing tenu au jour le jour par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen recensent, en moyenne annuelle, 16 séismes de magnitude égale ou supérieure à 7.0, 150 de magnitude comprise entre 6.0 et 6.9, environ 300 de magnitude comprise entre 5.0 et 5.9, environ 3.000 de magnitude comprise entre 4.0 et 4,9, environ 275.000 de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 et environ 2,5 millions de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9. La majorité d'entre eux ne sont pas ressentis par les humains. La « répertoriation » hypocentrique de ces séismes ne tient point compte des séismes procédant d'activités humaines, - explosions, effondrement d'une cavité, recherches magnétohydrodynamiques ou pétrolières, etc... -. non répertoriés par l'United States Geological Survey, - USGS -, ni par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM-.

Le réchauffement climatique, si le réchauffement climatique est avéré ce qui n'est point certitude, n'intercède pas dans la psychose d'une pseudo-multiplication des tremblements de terre. En effet, en totale contradiction avec l'article de Juin 2008 publié par la Revue Nature et le communiqué divulgué, en date du 05 Juin 2008, par le National Science Foundation, tous deux faisant état « que la région de l'Ice Stream Whillians dans l'ouest de l'Antarctique, qui mesure plus de 18.000 kilomètres carrés, se déplace de plus de 60 centimètres deux fois par jour. Ces mouvements saccadés, enregistrés à l'aide d'un GPS, sont comparables à des tremblements de terre d'une amplitude de 7.0 sur l'échelle de Richter. Cela équivaut quasiment au tremblement de terre du 12 mai 2008 du Sichuan en Chine », - un séisme de magnitude 8.3 -, le glacier « Ice Stream Whillian », en Alaska, d'après les scientifiques qui l'auraient étudié, générerait, annuellement, à raison de deux par jour, 770 à-coups perçus et enregistrés à plus de 6.400 kilomètres de distance, des à-coups engendrant des signaux sismiques comparables à des tremblements de terre d'une amplitude de maximum 6.0 sur l'échelle ouverte de Richter.

sismographe-seisme-virginie.jpg

Que penser, alors des déplacements, de quelques centimètres deux fois par jours du glacier Beardmore en Antarctique avec plus de 160 kilomètres de long, du plus grand inlandsis de l'Antarctique, - également le plus épais avec ses 4.700 mètres d'épaisseur -, avec ses 13.586.000 kilomètres carrés, de celui du Groenland et ses 1.700.000.kilomètres carrés et ses 3.000 mètres d'épaisseur, des calottes glaciaires du Austfonna' – Svalbard -, d'une de superficie de 8.200 kilomètres carrés, et du Vatnajökull, - Islande -, 8.100 kilomètres carrés et 1 kilomètre d'épaisseur, du glacier de piémont, le glacier Malaspina, - Alaska -, avec un lobe glaciaire de 3.900 kilomètres carrés, etc... Un glacier avance par à-coup, - environ 2 à coups en moyenne par jour -, à cause de la gravité ou flue à cause de son propre poids, et génère des signaux sismiques comparables à des tremblements de terre, depuis des millénaires.

Ce étant, environ 10 millions de séismes, - tectoniques, volcaniques, géologiques ou procédant d'activités humaines -, se produisent chaque année sur la planète. Les plus puissants d'entre eux, dont un tous les 10 ans de magnitude égale ou supérieure à 8,9, sont comptabilisés parmi les catastrophes naturelles les plus meurtrières, - depuis 1900, 29, comptant parmi les plus puissants, ont provoqué plus de 15.000 morts, dont 7 faisant plus de 100.000 victimes, d'après les estimations des autorités locales -, et les plus destructrices. Le plus meurtrier a été celui de Tangshan, - Chine -, du 27 juillet 1976 à 3 h 52 du matin, de magnitude évaluée 8.2/8.3. Le nombre officiel de morts est 242.419 personnes mais d'autres estimations font état de 500.000 à 800.000 victimes directes ou indirectes. 164.581 personnes furent également sévèrement blessées. Bien que les sismologues aient estimé que le tremblement de terre avait atteint la magnitude de 8.2 sur l'échelle ouverte de Richter, le gouvernement chinois du grand timonier Mao Zedong, - Mao Tsé-Toung, ou Mao Tsé-Tung, ou Mao Tsö-Tong -, et de son Premier ministre Zhou Enlai, l'avait évaluée entre 7.6 et 7.8.

La science qui étudie les tremblements de terre, - les séismes -, et plus généralement la propagation des ondes à l'intérieur de la Terre, a nom sismologie ou séismologie, - de l'anglais seismology-. Elle utilise les concepts de la mécanique newtonienne appliqués à la connaissance de la Terre. La sismogénèse, la sismotectonique, l'aléa sismique, la sismologie de l'ingénieur, « l'engineering seismology », « l'earthquake engineering », la sismologie globale, la sismique active, etc. et les disciplines associées telles la paléosismologie, l'archéosismologie, la mécanique des roches, la mécanique des milieux continus, la mécanique des blocs, la sismologie spatiale et l'héliosismologie, en sont les principales disciplines. Le sismographe, mesurant le mouvement du sol, - direction verticale ou direction horizontale -, et enregistrant les ondes sismiques, - sismogramme ou séismogramme -, sur un support visuel, en est l'appareil d'étude principal.

Ce texte a été préalablement publié le 26 Août 2011 sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

Et a été repris, le 27 Août 2011 par l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Tunis

05 juillet 2011

Les Pyrénées, montis spatiatus. Étude étymologique rationnelle.

Frontière naturelle entre deux nations, le versant nord appartenant à la France et le versant sud à l'Espagne, de la Mer Cantabrique, - le cap Higuer -, à l'ouest, au golfe du Lion, - le cap de Creus -, à l'est, la chaîne pyrénéenne s'étend sur 430 kilomètres et elle s'étire sur 50 à 150 kilomètres de large entre la Gascogne, le Midi-Pyrénées et le Roussillon au nord, et le bassin de l'Ebre au sud. Du moins c'est ainsi que nous apprenons à connaître ce massif dans les manuels de géographie.

Au pied de cette vaste chaîne de montagnes, les siècles et les événements ont rassemblé, sous un sceptre unique, de Perpignan jusqu'à Bayonne, plusieurs peuplades d'origine, de physionomie de langage, de mœurs et de caractère comparable. La bravoure a toujours été commune à toutes ces tribus d'hommes robustes, intelligents et fiers qui ont partagé et qui partagent la même destinée. Doués d'une haute stature et d'une force prodigieuse, les habitants de ces contrées magnifiques s'identifient à une nature prolixe et extraordinaire. Ce sont là les Catalans, les Ariègeois, les Béarnais et les Basques, peuples patients, sobres et belliqueux, qui vivent les uns à l'orient, les autres à l'occident, dans une même communion d'esprit et de cœur.


Les errances étymologiques sur le toponyme « les Pyrénées. »


Pyrénées ! Depuis l'Antiquité deux thèses s'affrontent sur l'origine du nom des Pyrénées. La première, en référence à Diodore de Sicile, - Livre V, chapitre XXXV -, et à Isidore de Séville, - Étymologies, livre 14, chapitre 8 -, est assise sur une explication étymologique en corrélation avec « le feu » et « la foudre. » La seconde, mythologique, due à Silius Italicus, - Guerres Puniques, III -, renvoie à la légende de l'union d'Hercule et de Pyrène, princesse Bébryce, pour les uns, celtibère, pour les autres. Des linguistes modernes proposent, en alternative à l'interprétation primitive du patronyme, de hypothèses basées sur des racines indo-européennes renvoyant aux notions de montagne, de rocher ou de passage. Mais aucune d'elles ne fait l'unanimité.

Pyrénées ! Origine du nom bien floue aux dires de tous les puristes qui se sont penchés sur son étude étymologique, qualifiant, du reste, certains travaux, proposés au cours des siècles précédents, de fantaisistes et, de fait, des travaux fantasques non retenus de nos jours et rejetés aux oubliettes. Et, pour couper court à tout procès d'intention, ils en concluent, pompeusement et sans spécifier quelconque explication tangible en concordance avec leur postulat émis, que « Pyrénées » est un toponyme savant(1) emprunté tardivement aux géographes grecs.


La signification étymologique des « Pyrénées » suivant Diodore de Sicile.


Diodore de Sicile, vers 90 - 30 av. J.-C, - Livre V, chapitre XXXV -, explique le nom « Pyrénées » à partir du grec ancien « πῦρ » ou « pŷr », - feu -, à cause d'un immense incendie qu'auraient provoqué les bergers. « ...Dans les livres précédents, à propos des actions d'Hercule, », écrit-il, traduit du grec par Ferdinand Hoefer, 1851, « …il a été fait mention des montagnes de l'Ibérie, nommées les Pyrénées. Ces montagnes surpassent les autres par leur hauteur et leur étendue. Séparant les Gaules de l'Ibérie et de la Celtibérie, elles s'étendent de la mer du Midi à l'Océan septentrional, dans un espace de trois mille stades. Autrefois elles étaient en grande partie couvertes de bois épais et touffus, mais elles furent, dit-on, incendiées par quelques pâtres qui y avaient mis le feu. L'incendie ayant duré continuellement pendant un grand nombre de jours, la superficie de la terre fut brûlée, et c'est de là que l'on a donné à ces montagnes le nom de Pyrénées... »

Pourquoi ne pas accepter la signification du toponyme « Pyrénées », donnée par Diodore de Sicile, comme pertinente et plausible ? C'est vite oublier et faire fi, par les linguistes, ce qui devrait, au contraire, les caractériser par leur savoir boulimique, implacable et inextinguible, que dès le VII° siècle avant J.C., des colons grecs s’installent en Sicile et dans le sud de la botte italienne, en Grande Grèce. Ainsi les Romains sont confrontés, très tôt, à la langue des Grecs et à leur civilisation raffinée et brillante. En outre, quand les Romains conquièrent l'Ibérie et la Gaule, ils rencontrent, là encore, des Grecs. Ceux-ci ont installé des comptoirs sur les côtes et fondé des villes, Emporion(2), Collioure, Narbonne, Agde, Massalia(3), Nice…


Les raisons de penser à la justesse de la signification étymologique des « Pyrénées » selon Diodore de Sicile.


L’influence de la culture grecque s'étend jusqu’à Naples, - du grec neapolis, la ville nouvelle -, en Campanie, où l’on continue, tout comme dans le sud de la Gaule, à Massalia, à Agde, à Collioure..., à parler grec. La confrontation avec les Grecs d’Italie et de Sicile rend leur culture familière aux Romains. C’est pourquoi lorsqu’au II° siècle avant J.C. ils conquièrent la Grèce et en font une province romaine, ils se montrent admiratifs de la culture du vaincu et ne lui imposent pas leur langue. C’est même le contraire qui arrive. Les Romains apprennent le grec. Dans l’antiquité, le grec est la langue de la culture, tandis que le latin est la langue de l’administration. Pendant des siècles tout Romain cultivé est bilingue, dès son plus jeune âge et il est capable de lire et d’écrire aussi bien en grec qu’en latin.

A l’origine, les Romains s’intéressent peu à la culture. Leur civilisation est avant tout une civilisation de soldats et de laboureurs. Ce sont des ingénieurs et des constructeurs remarquables, mais ils sont peu intéressés par la réflexion philosophique. C’est pourquoi ils se montrent méfiants envers un peuple qui honore le théâtre autant que la politique, l’athlète autant que le soldat, le philosophe autant que le paysan. Ils considèrent les Grecs comme des gens peu sérieux, des « Graeculi » ou « petits Grecs », plus portés sur le discours que sur l’action. Cependant, ils sont conscients de l’antériorité de la culture grecque et, paradoxalement, l’admirent beaucoup. C’est pourquoi les jeunes gens des familles aisées achèvent leurs études à Athènes, en Asie Mineure ou en Grande Grèce pour apprendre la rhétorique et la philosophie et, ainsi, se préparer à leur futur métier d’orateur et d’homme politique. C’est également la raison pour laquelle ils accueillent, assez tôt, dès le II° siècle avant J.C., des penseurs et des artistes grecs qui imprègnent les esprits romains.


La tradition des feux pastoraux et leur signification étymologique pour le toponyme « Pyrénées » suivant Diodore de Sicile.


Les feux pastoraux dans les systèmes agro-sylvo-pastoraux traditionnels existent depuis l'époque néolithique et sont mis en œuvre par les bergers. Dans les Pyrénées, les pratiques du feu sont exclusivement à but pastoral. La plupart des pâturages pyrénéens sur substrats acides sont en fait des landes à bruyères, genêts, fougères, ajoncs, et les brûlages visent à débroussailler les pâquis pour favoriser la pousse de l’herbe. Dans le système traditionnel, la fréquence des mises à feu oscille, selon les milieux, entre tous les 3 à 4 ans, en basse montagne, et 8 à 10 ans dans les estives, avec une répartition de petits feux dans tout l’espace, pelouses, landes mais aussi forêts pastorales.

Cette méthode à, aussi, été employée dans les défrichements culturaux au Néolithique et au cours de l’Antiquité. Elle se pratique au cours des mois d'hiver. A ce sujet, Diodore de Sicile n'écrit-il pas que les Pyrénées « étaient en grande partie couvertes de bois épais et touffus, mais elles furent, dit-on, incendiées par quelques pâtres qui y avaient mis le feu. L'incendie ayant duré continuellement pendant un grand nombre de jours, la superficie de la terre fut brûlée... », concluant « ...c'est de là que l'on a donné à ces montagnes le nom de Pyrénées... » Les Pyrénées, en grec, s'écrivant « Πυρηναίας, » ou « Πυρήνας, », qui se segmente en « πυρ », feu, et « ήνας » ou « μήνες », mois, et qui se traduit par le mois ou les mois du feu.


La signification mythologique des « Pyrénées » d'après Isidore de Séville.


Pour Isidore de Séville, - Étymologies, livre 14, chapitre 8 -, « Pyrénées » vient aussi du grec « pŷr » ou « πυρ », - feu -, car ces montagnes sont souvent frappées par la foudre qui génère des incendies. En effet, les lieux les plus fréquemment foudroyés sont les sols métallifères et ferreux très conducteurs, les points culminants, les vallées constituant des couloirs d'orage ou les cuvettes créant des nids à orage. En France, les régions les plus foudroyées sont les Pyrénées, la Vallée des Merveilles et le Massif Central. Ce qui laisse à penser que, le Dieu de la foudre étant Zeus chez les Grecs et Jupiter chez les Romains, les Pyrénées seraient la montagne subissant les foudres ou les feux de Zeus. En effet, « Pyrénées », en Grec, s'écrit « Πυρηναίας, » ou « Πυρηναία », « Pyrίnaίαs » ou « Pyrίnaία », qui se décomposer en « Πυρ », feu, ou « Πυρή », nucléus ou nucléaire, et « Δία » ou « Δίας », Zeus ou Jupiter.


La signification mythologique des « Pyrénées » selon Silius Italicus.


Sous l’influence de la pensée et de la mythologie grecques, la religion romaine primitive se transforme en profondeur. Aux puissances indéterminées, - numina -, et aux Dieux représentant les forces de la nature se sont substitués des Dieux figurés sous l’apparence d’hommes et de femmes, - anthropomorphisme -. Les Dieux romains sont identifiés avec les Dieux grecs et ont les mêmes domaines d’action. Ils prennent les attributs, les symboles et les mythes de leurs équivalents grecs. Ainsi, Jupiter est assimilé à Zeus, Phœbus à Apollon, Mars à Arès, Hercule à Héraclès, Diane à Artémis, Minerve à Athéna...

Dans la mythologie grecque, les « Pyrénées » sont associées à Pyrène, « Πυρήνη », vierge, fille du roi Bébryce. Selon Silius Italicus, Guerre Punique, tome III, traduction. sous la direction de Désiré Nisard, 1878, « C'est le nom de la vierge, fille de Bébryce, qu'ont pris ces montagnes. L'hospitalité donnée à Hercule fut l'occasion d'un crime... Sous l'empire du dieu du vin, il laissa dans le redoutable palais de Bébryce la malheureuse Pyrène déshonorée. Et ce dieu... fut ainsi la cause de la mort de cette infortunée. En effet, à peine eut-elle donné le jour à un serpent, que, frémissant d'horreur à l'idée d'un père irrité, elle renonça soudain, dans son effroi, aux douceurs du toit paternel, et pleura, dans les antres solitaires, la nuit qu'elle avait accordée à Hercule, racontant aux sombres forêts les promesses qu'il lui avait faites. Elle déplorait aussi l'ingrat amour de son ravisseur, quand elle fut déchirée par les bêtes féroces. En vain elle lui tendit les bras, et implora son secours pour prix de l'hospitalité. Hercule, cependant, était revenu vainqueur; il aperçoit ses membres épars, il les baigne de ses pleurs, et, tout hors de lui, ne voit qu'en pâlissant le visage de celle qu'il avait aimée. Les cimes des montagnes, frappées des clameurs du héros, en sont ébranlées. Dans l'excès de sa douleur, il appelle en gémissant sa chère Pyrène, et tous les rochers, tous les repaires des bêtes fauves retentissent du nom de Pyrène. Enfin il place ses membres dans un tombeau, et les arrose pour la dernière fois de ses larmes. Ce témoignage d'amour a traversé les âges, et le nom d'une amante regrettée vit à jamais dans ces montagnes. »


Dès le Paléolithique supérieur, les « Pyrénées » terre et domaine du peuple Bascoïde.


Selon Bryan Sykes, un des pères de la Généalogie génétique et de la génétique mitochondriale, les Basques, les Pyrénéens et les Catalans archaïques, - populations de chasseurs-cueilleurs -, occupaient les régions pyrénéennes depuis 25.000 ans et, conséquemment, étaient une même race, un même peuple et parlaient la même langue ou le même langage.

La langue basque ou euskarienne, causée et écrite, est étrangère à la famille des langues indo-européennes et, d'après Strabon, « était autre que le gaulois et était parlée par les peuples habitant le Sud de la Garonne et le bassin supérieur de ce fleuve jusqu'aux Cévennes. » En outre, au temps de Strabon, de Pline et de Ptolémée, des localités à noms de consonance basque existaient sur les bords du Guadalquivir, du Tage et de l'Ebre, ainsi que sur les deux versants des Pyrénées. Le domaine de l'euskara était donc, jadis, plus étendu qu'aujourd'hui. Il comprenait au moins les deux tiers de l'Espagne et une notable partie de la Gaule méridionale. « Illiberris, - Elne dans le Roussillon -, Elimberre, - Auch en Gascogne -, Illiberris, - Grenade en Bétique -, ces trois noms suffiraient à eux seuls », disait Luchaire, « pour établir que le basque fut jadis parlé en Andalousie, en Gascogne et en Roussillon. »


La base de la signification étymologique des « Pyrénées » suivant les langues indo-européennes.


Comme Konrad Mannert, - Geographie der Griechen und Römer, Nuremberg, 1795-1825 -, le prétend, le toponyme « Pyrénées » dérive du celtique « byren » ou « piren » signifiant montagne. Mais cette signification ne va pas au-delà du radical « Pyré » ou « Pyren » et paraît, à prime abord, fort simpliste, les Pyrénées n'étant pas la seule montagne sur le domaine Basque.

Historiquement, quand les Grecs ont posé pied sur les côtes Méditerranéennes, à Agde, à Narbonne, à Collioure, à Empurion, et ayant fait commerce avec les autochtone, comme le rapporte Diodore de Sicile, « Autrefois elles étaient en grande partie couvertes de bois épais et touffus, mais elles furent, dit-on, incendiées par quelques pâtres qui y avaient mis le feu. L'incendie ayant duré continuellement pendant un grand nombre de jours, la superficie de la terre fut brûlée... », ils ont eu connaissance de la légende qui avait « donné à ces montagnes le nom de Pyrénées... », « Πυρηναίας, », « Pyrίnaίαs » ou « Πυρηναία », « Pyrίnaία », en grec. Décomposant le nom en « Πυρ », feu, ou « Πυρή », nucléus ou nucléaire, et « Δία » ou « Δίας », Zeus ou Jupiter, il ne se peut qu'admettre que cette montagne subit le feu ou la foudre de Zeus. Et ce n'est donc point à tort que les géographes grecs aient, ainsi, désigné les « Pyrénées. »


La signification étymologique des « Pyrénées » d'après la langue basque.


La langue des basques archaïques, baptisés ibères par les grecs, a fait couler beaucoup d’encre mais, les nombreuses tentatives n’étant parvenues à aucun résultat concluant, personne n’a jamais pu la déchiffrer. Elle dérive de la langue néolithique parlée dans la zone dans laquelle elle s'est développée, la difficulté étant que le peuple basque semble avoir évolué en vase clos durant des millénaires. Ainsi, la langue néolithique, retranscrite au début du VI° siècle avant J.C., est aussi ancienne dans le Languedoc que dans l'est, le nord et le nord-est de la péninsule ibérique. La mieux conservée est, malgré les influences celtes inévitables, celle des populations pyrénéennes.

Si depuis le « Pyrίnaία » grec, le nom « Pyrénées » s'est perpétué en « Pyrenaeus » chez les Romains, « Pirineos » en Castillan et en Galicien, « Perinés » en Aragonais, « Pirineus » en catalan, et « Pirenèus » en Occitan, en basque il s'est pérennisé sous le vocable « Pirinioak. » Et « Pirinioak. » ne donne-t-il point la clef pour une étude étymologique rationnelle du substantif « Pyrénées » ? Décomposé en « Pirin », dérivant du celtique « byren » ou « piren », signifiant montagne, et en « ioak », « eoake », « eake », « eate », « eraut »..., le Dieu ou le Génie de la tempête, du feu, de l'incendie dévastateur..., « Pirinioak. » ne veux-il point être la montagne du Dieu de la foudre et du feu ? De plus, dans la Soule, il est un Dieu, « erraouns », « herraus », dieu de la foudre, et « Herrauscorritse-he(4) », le dieu de la foudre rouge, ancienne divinité équivalent du Zeus grec et du Jupiter romain.

Quoi de plus nécessaire, pour les bergers-cueilleurs des Pyrénées Néolithiques, de s’assurer de la bienveillance d’une divinité toute-puissante ?


Notes.


(1) Albert Dauzat, Gaston Deslandes, Charles Rostaing. Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, Klincksieck, 1978, page 196.

(2) Emporion : nom de la ville d'Empúries en Catalogne.

(3) Massalia : Marseille, la plus ancienne ville de France, fondée vers -600 par des Grecs de Phocée.

(4) Herraus corritsehe : Sur la colline dite "de la Madeleine", dans le village de Tardets, dans la région de la Soule, se trouve une chapelle. Avant cette chapelle chrétienne il y a eu une construction dédiée à la divinité Herauscorritsehe. On conserve dans la chapelle une pierre qui possède cette inscription : FANO HERAVSCORR+SE HE. SCRV G. VAL. VALERIANVS .

28 juin 2011

Un fort séisme de magnitude 6.4 frappe la province indonésienne de Papua.

Un fort séisme de magnitude d'ondes de volume (mb) 6.4 pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen (CSEM), de magnitude Locale (ML) 6.4 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'United States Geological Survey, (USGS) et d'intensité VII au foyer sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik (échelle MSK ou MSK64), a frappé la frange côtière Nord-Ouest de la province indonésienne Papua le 26 Juin 2011 à 12 h 16 Temps Universel, 21 h 16 Heure Locale.

6.4 Papouasie.jpg

Son épicentre, latitude 2.391° Sud et longitude 136.663° Est, se localise à 10 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Wonti, à 15 kilomètres au Sud-Sud-Est de Wainoei, à 25 kilomètres au Sud-Sud-Est de Kampung Sanggei, à 35 kilomètres au Sud-Est de Waren, à 40 kilomètres au Sud-Ouest de Barapasi, à 150 kilomètres au Sud-Est de Biak, à 172 kilomètres au Nord d'Enarotali, à 331 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Manokwari et à 447 kilomètres à l'Ouest de Jaya Pura.

Son hypocentre est estimé à une profondeur de10 kilomètres pour le CSEM et de 20.6 kilomètres +/- 4.9 kilomètres

Aucune alerte tsunami n'a été lancée par le Pacific Tsunami Warning Center (PTWC), centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique. Pour les autorités locales indonésiennes toujours taisantes et peu enclines à « donner » des informations, aucun décès ne serait à déplorer et aucun rapport de dommages corporels et matériels n'a été dressé.

Au cours des premières 12 heures suivant le séisme, quatre puissantes répliques, de magnitude comprise entre 5.4 et 5.0, d'hypocentre se rapprochant progressivement de la surface (40 kilomètres, 29 kilomètres et les deux derniers 10 kilomètres) ont été enregistrés.

 

La Papouasie.

 

 

La Papouasie, en indonésien Papua, est une province d'Indonésie, située en Nouvelle-Guinée occidentale qu'elle partage avec la province de Papouasie Occidentale partie extrême-occidentale de la Nouvelle-Guinée (péninsule de Vogelkop, « tête d'oiseau. ») Ces deux provinces n'en formaient qu'une sous le nom d'Irian Jaya Barat jusqu'en 2003.

Elle est la province la moins peuplée d'Indonésie : 761.000 habitants enregistrés lors du recensement de 2010.

6.4 Papouasie, Intensité du séisme.jpg

Les habitations y sont entièrement constituées d’une charpente de poteaux et de traverses de bois maintenus par des liens végétaux, quels que soient les matériaux des parois et des couvertures. Elles sont sans fondation. Leurs toitures sont composées de perches (faîtage, sablières, voliges et chevrons) posées sur des piquets plantés dans le sol, qui forment autant de poteaux de fond. L'ensemble de troncs et de tiges d’arbres est solidement maintenu par des ligatures de lianes

De telles constructions ne sont pas adaptées aux risques séismes et il ne fait aucun doute que le séisme de forte magnitude 6.4 (destructeur causant des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones allant jusqu'à un rayon de 180 kilomètres autour du foyer) et d'intensité VII à l'épicentre, n'a pu être que destructeur et a dû causer de nombreuses victimes.

 

Tectonique de l'île de Nouvelle Guinée.

 

La Papouasie Nouvelle-Guinée et les territoires indonésiens de l’Iran Jaya Timur, de l’Iran Jaya Tengah et de l’Iran Jaya Barat, formant l’île de Nouvelle Guinée, et leurs îles et îlots attenants, ainsi que les îles Solomon, situés sur « la ceinture de feu » du Pacifique, à la jonction de plusieurs plaques tectoniques, sont régulièrement le théâtre de secousses sismiques.

En effet, le Pacifique Sud-Ouest est la région de contacts entre deux plaques tectoniques, la plaque Australienne et la plaque Pacifique. La plaque Pacifique passe sous la plaque Australienne, subduction, entre la Nouvelle-Zélande et les îles Samoa, le long de limites de plaques dénommées Tonga-Kermadec. La plaque Australienne passe en subduction sous l’Arc des Nouvelles Hébrides et des îles Salomons.

Au niveau de la Nouvelle-Guinée, avec la présence de nombreuses micro-plaques (les plaques Carolines, Bismarck Nord et Sud, Manus, Mer des Salomons, Woodmarck, Maoke, Birds Head, Mer de Banda, Timor, Mer des Molluques et Philippines, avec des directions de déplacement différentes) incises, comme des coins, entre les deux blocs (Plaques Pacifique et Australienne), les limites de plaques deviennent très complexes. Les vitesses de subduction dans cette partie du monde sont de l’ordre de 10 centimètres par an, avec un maximum de 24 centimètres par an au Nord des Tonga.

 

Séismicité de la Papouasie.

 

La Province de Papouasie se trouve sur le Pacifique « Ring of Fire», où la rencontre de plaques continentales provoque une forte activité sismique. Située le long de la fosse de subduction fossile de Manus, du système fosse active de Nouvelle Bretagne et suture plissée et chevauchante de Papouasie-Nouvelle Guinée et d'une ride volcanique tertiaire part de l'arc séparant les plaques Australie et Pacifique, démembré par l'ouverture du bassin de Manus depuis environ 4 millions d'années, elle est fréquemment frappée par des séismes et des tsunamis.

Raymond Matabosch.

Publié le 27 Juin 2011 sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

13 juin 2011

Un fort séisme de magnitude 6.0 secoue Christchurch et le Canterbury, sur l'Île du Sud, en Nouvelle Zélande.

Le 13 Juin 2011, à 02 h 20 Temps Universel, 14 h 20 heure locale, un violent séisme de magnitude locale (ML), 6.0 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'United States Geological Survey (USGS), et magnitude d'ondes de volume (Mb) 5.8 pour le Centre Séismologique Euro-Méditerranéen (CSEM), et d'intensité VIII au foyer sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik (aussi appelée échelle MSK), a frappé le Canterbury sur l'île du Sud de la Nouvelle Zélande, au nord de la péninsule de Banks.

Son épicentre, latitude 43.580° Sud et longitude 172.740° Est, se situe à 1,5 kilomètres au Sud-est de Clitton, à 2 kilomètres au Sud de Moncks Bay, à 2 kilomètres à l'Ouest de Heathcote Valley, à 2 kilomètres à l'Est de Sumner, à 3 kilomètres au Sud de Redcliffs, à 5 kilomètres au Nord-Est de Lyttelton, à 13 kilomètres au Nord-Nord-Est de Christchurch (363.926 habitants), à 207 kilomètres au Sud-Sud-Est de Westport, à 292 kilomètres au Sud-Ouest de Wellington, capitale de la Nouvelle Zélande, et à 323 kilomètres au Nord-Nord-est de Dunedin. Son hypocentre est localisé à 9 kilomètres de profondeur +/- 2.8 kilomètres pour l'USGS et à 2 kilomètres de profondeur pour le CESM.

Cette secousse, ressentie jusqu'aux villes de Wellington, Queenstown et Dunedin, a été précédée par trois événements séismiques précurseurs dont l'un, sous marin, de ML 5.2, à 01 h 00 Temps Universel, 13 h 00 heure locale, localisée au large de New Brigthon dans la baie de Pegasus, latitude 43.580° Sud et longitude 172.780° Est, d'épicentre situé à 9 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Christchurch, d'hypocentre 11 kilomètres de profondeur et d'intensité VI au foyer sur l'échelle MSK. Elle a été suivie, à 02 h 40 Temps Universel, d'une réplique de magnitude ML 4.6. De nombreuses répliques, de magnitude comprise entre 4.0 et 5.0 ou voire supérieure, se produiront inéluctablement dans les jours et les semaines à venir.

Précisant seulement que le tremblement de terre aurait entrainé l'effondrement de bâtiments publics, que des supermarchés auraient été évacués et qu'un épais nuage de poussière envelopperait la ville de Christchurch en reconstruction, les autorités font état d'uniquement 10 blessés légers et excluent tous décès et toutes blessures graves. D'après le New Zealand Herald, « Deux personnes ont été sorties des décombres d'une église effondrée dans le centre de Christchurch et plusieurs personnes ont été transportées à l'hôpital. » Sur place, au moins 50,000 foyers seraient privés d'électricité et celle-ci, malgré les risques de gel, la Nouvelle-Zélande s'apprêtant à entrer dans l'hiver austral, ne devrait pas être rétablie dans les prochaines 24 heures. En outre, l'aéroport de Christchurch a été évacué.

 

La Nouvelle Zélande et les risques séismiques.

 

Le tremblement de terre du 13 juin 2011, ayant frappé l'Île du Sud, en Nouvelle-Zélande, est, de toute évidence, une réplique de l'aléa séismique du 3 Septembre 2010, d'épicentre Darfield et de magnitude 7.0. Situé dans la partie orientale de la rupture d'une faille cachée provoquée par celui qui s'est produit le 21 février 2011, épicentre circonscrit dans le Castle Rock Reserve et magnitude 6,1, il résulte des mêmes conditions tectoniques et, se rattachant aux frontières usuelles correspondant aux déformations régionales qui affectent les îles du Sud et du Nord de la Nouvelle Zélande, découle, pour finalité, des mêmes causes.

16 avril 2011

Japon 11 avril 2011, séisme de magnitude 6,7: annonce du Big-One ?

Le 11 avril 2011, à 8h16 Temps Universel, 17h16 heure locale, un fort séisme a été induit par le rééquilibrage des contraintes au sein des plaques tectoniques affectées par le puissant tremblement de terre du 11 mars 2011. La secousse principale a été évaluée à une magnitude du moment (Mw) de 6.7 par le Centre Séismologique euro-méditerranéen. Parallèlement, l'United States Geological Survey (USGS), après l'avoir initialement annoncée à 7.1, l'a déterminée à une magnitude locale (ML) de 6.6 sur l'échelle ouverte de Richter. Son intensité au foyer, sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik (MSK), a été estimée à IX. Douze répliques, de magnitude supérieure à 5.1, dont deux de magnitude supérieure à 6.0 et d'hypocentre égal ou inférieur à 10 kilomètres de profondeur, se sont produites au cours des premières 24 heures.

Son épicentre, latitude 37.007° N, longitude 140.477° E, se situe à 16 kilomètres au sud d'Ishikawa, à 36 kilomètres à l'ouest d'Iwaki, à 44 kilomètres au sud-sud-est de Koriyama, à 71 kilomètres au nord de Mito, à 80 kilomètres au sud-est de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima et à 161 kilomètres au nord-nord-est de Tokyo, capitale du Japon. Son hypocentre est localisé à 10 kilomètres de profondeur +/- 3.6 kilomètre pour l'USGS et à 20 kilomètres de profondeur pour le CESM.

Une vigilance tsunami a été initiée mais vite levée car aucune vague anormale n’a été observée. Au différent, une alerte pertes économiques au moins égales à 1% du PIB du Japon a été lancée. Elle prévoit une catastrophe d'ampleur régionale qui devrait générer de probables dommages importants et de possibles victimes. La violence de la secousse séismique a fait tremblé les immeubles de Tokyo et a été ressentie près d'Iwaki, dans la préfecture de Fukushima.

 

La suite sur Suite 101

09 février 2011

Serait-ce un signe précurseur du réveil prochain du volcan italien Campi Flegrei ?

 

Suivant des images satellite, - © 2011 TerraMetrics -, des "fumoirs" et des évents fumerolliens viennent d'apparaitre sur le plateau marin côtier, en surplomb du cratère Monte Procida et du Mare Morto entre Torregaveta, le Monte Procida, le Porto Miseno et l'île de Procida, et sur le plateau côtier îlien de Procida, au Nord et au Nord-Nord-Est de la dite île...

Serait-ce, après les activités anormales thermales et fumerolliennes recensées depuis octobre 2006 sur le Pisciarelli, de nouveaux signes précurseurs annonciateurs d'un réveil prochain du volcan italien Campi Flegrei, à 6 kilomètres de Naples ?

Les champs Phlégréens, en italien, Campi Flegrei, autour de Pouzzoles, constituent une région volcanique située à l'Ouest de la ville de Naples, en Italie.

Le niveau du sol dans la région des champs Phlégréens s'est élevé d'environ 4.70 métres , depuis 1970, par un phénomène de bradyséisme. C'est un supervolcan, - une caldeira  de volcan gris -, encore en activité.

Il est célèbre pour ses explosions apocalyptiques :

- 37.000 ans et le tuf gris recouvrant toute la Campanie et une partie du Latium, sur un rayon de 150 kilomètres, - Indice d'Explosivité Volcanique 8 - ;

-15.000 ans et le tuf jaune Napolitain recouvrant une partie de la Campanie sur un rayon de plus de 50 kilomètres, - Indice d'Explosivité Volcanique 7 -.

L'un des principaux volcans des champs Phlégréens est la Solfatara dont la dernière éruption s'est produite en 1158.
Super-volcan actif, sa caldeira a un diamètre de 12 X 15 kilomètres, le Campi Flegrei a toujours connu, depuis le début de l'Holocène, des éruptions sub-aériennes et sous-marines durant trois périodes bien caractéristiques, la première se situant entre 13.000 et 7.500 avant J.C., la seconde entre 6.600 et 6.200 avant l'Ère Chrétienne, et la dernière entre 2.800 et 1.800 ans avant J.C.. Deux éruptions se sont produites dans les temps historiques, l'une, en 1158, à la Solfatara, et l'autre, en 1538, au Lac d'Averno et la formation du dernier cône volcanique de 133 mètres d'altitude, le Monte Nuovo.
Les évents fumerolliens et les fumoirs.

Monte Procida 1 : bas de l'image, 2 évents à 3 mètres de profondeur, en haut à droite étant la trace d'une embarcation.

Monte Procida 2

Monte Procida 3, entre 7 et 10 mètres de profondeur.

Procida 1, à droite vers le centre de l'image et tout en haut à gauche, la trace à gauche étant celle d'une embarcation.

Pour en connaître plus sur le supervolcan des Champs Phlégréens, une série d'articles de Raymond Matabosch :

07 février 2011

Le 04 Février, un violent séisme secoue le Nord-Ouest de la Birmanie. Silence radio des autorités.

Le 04 Février à 13 h 53 Temps Universel, 20 h 23 Heure locale, un violent séisme de Magnitude des ondes de volume, - mb -, 6.4 pour le Centre Séismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM -, et Magnitude Locale, - ML -, 6.4 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'United States Geological Survey, - USGS -, et d'intensité VII au foyer sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, - aussi appelée échelle MSK -, à frappé à moins d'un kilomètre au Nord du village de Namponbon et a ébranlé la province birmane, - ou myanmaraise -, de Sagaing(1) et les provinces indiennes du Manipur(2) et du Nagaland(3), situées à la frontière de la Birmanie, - ou Myanmar -, et de l’Inde, sans qu’aucune victime et dégâts matériels n’aient été, pour le moment, signalé par les autorités locales birmanes et indiennes.

Son épicentre, latitude 24.616° Nord et longitude 94.740° Est, se situe à 3 kilomètres au Nord-Nord-Est de Shape, à 4 kilomètres au Nord-Est d'Onbinhim, à 5 kilomètres au Nord de Nampwehiaing, à 9 kilomètres au Nord-Ouest de Myene, à 10 kilomètres au Sud-Est de Namheinkaw, à 66 kilomètres à l'Est d'Yairipok, à 71 kilomètres à l'Est de Thoubal, à 81 kilomètres à l'Est-Sud-Est d'Imphal, à 133 kilomètres au Sud-Sud-Est de Kohima, à 227 kilomètres à l'Est-Sud-Est d'Aizawl et à 455 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Dhaka.

Son hypocentre est localisé à 88,8 Kilomètres +/- 1 kilomètre de profondeur par l'United States Geological Survey, - USGS -, et à 92 kilomètres de profondeur pour le Centre Séismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM -.

Bien que de profondeur intermédiaire, - 30 à 150 kilomètres de profondeur -, la violence de la secousse principale d'une durée de plus d'une minute, a donné lieu à des scènes de panique, parmi la population de la région et, à, Imphal, en Inde, à 80 kilomètres de l'épicentre, les habitants se sont précipités dans les rues. Côté birman, - ou myanmarais -, la province de Sangaing est très peu peuplée et ne compte pas de grandes agglomérations. Nulle information, émanant de la junte militaire qui règne sur le pays, n'a pu filtrer, un gouvernement et des autorités familières du fait. Pour mémoire, le cyclone Nargis, de catégorie 4, qui s'était abattu, les 2 et 3 Mai 2008, sur les Divisions de Rangoun, de l’Irrawaddy et de Bago, - Pegu -, ainsi que sur les Etats Môn et Karen, elle n'avait pas alerté les populations bien que l'Agence des Nations Unies pour la prévention des catastrophes et le service météorologique indien, - IMD -, après qu'un premier bulletin ait été envoyé dès la formation du cyclone, le 26 Avril, avaient prévenu la Birmanie, le 30 Avril, soit 48 heures à l’avance. Selon le ministre birman des Affaires étrangères, le bilan, au 5 Mai 2008 était d’environ 15.000 victimes. Le 13 mai, il était de 32.000 morts et 41.000 disparus, tandis qu'à même date, les évaluations, faîtes par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, - OCHA -, oscillaient entre 63.300 et 101.000 morts et 220.000 disparus et, qu'au 28 Mai, le nombre de victimes était évalué à 133.600. En outre, la junte militaire avait refusé de laisser entrer l’aide humanitaire, malgré les épidémies, - une « nouvelle catastrophe dans la catastrophe » -, inévitables, qui étaient à envisager à cause de l'inaccessibilité à l’eau potable, - salinisation de l’eau, pollution des pluies et destruction partielle du système de distribution -.

 

La séismicité dans le Nord-Ouest de la Birmanie, - ou Myanmar -.

 

Les sept États du Nord-Est de l'Inde, - Assam, Meghalaya, Mizoram, Tripura, Nagaland, Arunachal Pradesh et Manipur -, et les deux États birmans, - ou myanmarais -, du Nord et du Nord-Ouest, - Sagaing et Kachin -, sont situés dans une région à hauts risques séismiques.

Les enregistrements sismiques montrent qu'il y a eu au moins 16 tremblements de terre majeurs, de magnitude ≥ 7,0 sur l'échelle ouverte de Richter, sur le territoire de la Birmanie, - ou Myanmar -, lors des 170 dernières années, - de 1839 à 2008 -.

Tremblement de terre

Sur le plan géographique, la plus grande partie de la Birmanie, - ou Myanmar -, se situe dans la zone Sud de l'Himalaya, sur la marge orientale de l'océan Indien, par conséquent, exposés à de forts tremblements de terre car il se localise sur l'un des deux principaux secteurs séismiques du monde, connu sous le nom de « Ceinture Alpide » qui file depuis le Nord de la Méditerranée, en son Ouest, et s'étend, vers l'Est, à travers la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan, l'Himalaya, et la Birmanie, - ou Myanmar -, jusqu'en l'Indonésie.

Les Tremblements de terre, en Birmanie, - ou Myanmar -, résultent de deux principales causes, à savoir :

- La subduction, avec collision seulement dans le Nord, - l'arc montagneux de l’Arakan et les montagnes himalayennes -, de la plaque Indienne sous la microplaque Birmane à une vitesse moyenne de 3,5 centimètres par an ;

Le déplacement, vers le Nord, de la microplaque Birmane, à partir d'un centre de diffusion dans la mer d'Andaman, à une vitesse moyenne de 2,5 à 3,0 centimètres par an.

 

Notes.

 

(1) La Province de Sagaing est une subdivision administrative de la Birmanie, - ou Myanmar -, située dans le Nord-Ouest du pays. Son territoire est montagneux : en son Nord, les montagnes himalayennes dont le point culminant est le sommet Hkakabo Razi, - dans l'État voisin de Kachin et à l'extrême nord de la Birmanie -, avec ses 5881mètres, et, en Sud-Ouest, l'arc montagneux de l’Arakan issu du même processus qui a fait s'ériger l'Himalaya. Elle est frontalière des états indiens du Nagaland et du Manipur au Nord, de l'État Kachin, de l'État Shan et de la Région de Mandalay à l'Est, de la Région de Mandalay et de la Région de Magway au Sud, et de l'État Chin et de l'Inde à l'Ouest. Sa superficie est de 93.527 kilomètres carrés, pour une population d'environ de 5.300.000 habitants. La Région comporte 198 hameaux et villages, 38 municipalités et huit villes principales : Sagaing, Monywa, Shwebo, Katha, Kale, Tamu, Mawlaik et Hkamti.

(2) Le Manipur, - ou Manipour -, est un État du Nord-Est de l'Inde. Il est voisin des États indiens de Nagaland au Nord, Mizoram au Sud et Assam à l'Ouest. A l'Est, il est bordé par la Birmanie. Sa superficie est de 22.356 kilomètres carrés, pour une population d'environ de 2.166.788 habitants.

(3) Le Nagaland est un petit État du Nord-Est de l'Inde. Il est entouré par trois autres États indiens : Assam au Nord-Ouest, Arunachal Pradesh au Nord, et Manipur au Sud, ainsi que par la Birmanie à l'Est. Sa superficie est de 16.527 kilomètres carrés, pour une population d'environ de 1.990.036 habitants.


Publié le 05 Février 2011 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

08:07 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séisme, tremblemet de terre, birmanie, inde, namponbon, sagaing, manipur, nagaland | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

01 février 2011

Séisme de magnitude 6.0 au Sud-Sud-Ouest des côtes de l'Île Tongatapu, archipel des Tonga.

Un séisme sous marin de Magnitude d'ondes de volume, - mb -, 6.0 a frappé l'Archipel des Tonga, dans le Pacifique Sud, à 60 kilomètres au large des côtes méridionales de l'Île Tongapatu et à 70 kilomètres au large des côtes occidentales de l'île d'Eua, le 31 Janvier 2011 à 06 h 03 Temps Universel, 19 h 03 Heure Locale, mais aucune alerte au tsunami n'a été lancée.


 

Son épicentre, localisé latitude 21.90° Sud et longitude 175.50° Ouest, se situe à 59 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Fua Amotu à 72 kilomètres au Sud-Ouest de Tufural, à 84 kilomètres au Sud-Ouest de Vaini, à 89 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Nuku'alofa, capitale des Îles Tonga, à 360 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Ndoi, à 400 km au Sud-Sud-Ouest de Neiafu, à 752 kilomètres au Sud-Est de Suva, capitale des îles Fidji et à 1905 kilomètres au Nord-Nord-Est dAuckland. Son hypocentre est évalué 10 kilomètres de profondeur sous le niveau du plancher océanique.


 

L'archipel des Tonga fait partie du Ring of Fire, l'anneau de feu du Pacifique, une région où les tremblements de terre résultant de la tectonique des plaques y sont fréquents. En Septembre 2010, neuf personnes avaient péri suite à un tsunami lui-même provoqué par trois séismes successifs, des 04 Septembre, Magnitude du moment 6.0, épicentre latitude 17.22° Sud et longitude 173.97° Ouest, hypocentre 30 kilomètres de profondeur, 06 Septembre, Magnitude du moment 6.1, épicentre latitude 18.20° Sud et longitude 175.20° Ouest, hypocentre 212 kilomètres de profondeur, et 07 Septembre, Magnitude du moment 6.4, épicentre latitude 15.76° Sud et longitude 179.21° Ouest, hypocentre 10 kilomètres de profondeur.


 

Dans le Sud-Ouest Pacifique, la configuration des frontières convergentes entre les plaques Australienne et Pacifique est le résultat d'interactions complexes. Celles-ci, générant des déformations actives, s'exercent, entre deux subductions, - Fosse des Nouvelles-Hébrides, ou Fosse Vanuatu-Salomons, à l'Ouest et Fosse Tonga-Kermadec à l'Est -, à vergence opposée, sur un vaste domaine océanique où s'ouvrent des bassins d'arrière-arc associés à ces convergences et aux arcs volcaniques, - Arcs volcaniques du Vanuatu, des Tonga et Kermadec comptant plus de 800 volcans aériens ou sous-marins en activité soit permanente, soit quasi permanente, soit donnant naissance à des îlots tel le 19 mars 2009 à 10 kilomètres au Sud-Ouest de Tongatapu, principale île de l'Archipel des Tonga -, qui en résultent.


 

A l'Est, à la vitesse de 10,3 centimètres par an, dans un axe Sud-Est/Nord-Ouest, la plaque Pacifique subducte sous les micro-plaques Tonga, - se déplaçant dans un axe Nord-Ouest/Sud-Est à la vitesse de 11,9 centimètres par an -, et Kermadec, - se déplaçant dans un axe Sud-Ouest/Nord-Est à la vitesse de 4,4 centimètres par an -, le long de la Fosse Tonga-Kermadec. A l’ouest, la plaque Australienne plonge, à la vitesse de 6,2 centimètres par an, dans un Axe Nord-Est, sous la microplaque des Nouvelles Hébrides, dans la fosse du Vanuatu-Salomon.


 

Entre les deux subductions distantes de plus de 1.000 kilomètres entre les fosses de Nouvelles Hébrides et de Tonga-Kermadec, outre les ouvertures des bassins Nord-Fidjien et de Havre-Lau, de nombreux centres d'accumulation de matériaux et d'enlargement, relayés par de multiples failles transformantes, composent ce vaste domaine à déformation diffuse, en situation d'orogenèse. Et si l'ouverture océanique du bassin Nord Fidjien a débuté, il y a environ 12 Millions d'années et se continue à se développer le long de plusieurs axes d’accrétion contrastés, l’accrétion dans le bassin de Lau est plus récente et plus localisée.


 

En outre, les liens entre les deux subductions et les accrétions océaniques d’arrière-arc sont partout évidents dans la région, et tout particulièrement dans le bassin de Lau, et à la jonction entre les bassins Nord-Fidjien et Lau-Havre où s'y constatent une multiplication anormale des dits axes d’accrétion créant, de fait, une situation géodynamique, tectonique, magmatique et géochimique confuse et quasi inextricable, d'autant que la présence d’un fort flux de chaleur, émanant de la lithosphère océanique, mince dans cette région du Pacifique, témoigne d’une convection intense dans le manteau supérieur.


Publié le 31 Janvier 2011 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

16:58 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séisme, tremblement de terre, volcans sous-marins, tonga, pacifique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28 janvier 2011

Un séisme de forte magnitude, 6.1, frappe le Sud-Est de l'Iran, le 27 Janvier 2011

Un fort tremblement de terre, de magnitude évaluée Magnitude locale, - ML -, ou échelle de Richter 5.8 par l'United States Geological Survey, - USGS -, Magnitude du Moment, -Mw- 5.9 par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM -, et 6.0 par l'Institute of Geophysics, University of Tehran, et Magnitude des ondes de volume, -Mb -, par l'nternational Institute of Earthquake Engineering and Seismology Tehran, a frappé, le 27 Janvier 2011 à 08 h 38 Temps Universel, 12 h 08 Heure locale, la région orientale de la Province iranienne du Kerman, en zone limitrophe avec la Province de Sistan-o-Balouchestan.

Son épicentre, localisé latitude 28.22° Nord et longitude 59.07° Est, se situe à 5 kilomètres au Nord-Ouest de Kaskuh, à 9 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de Pirowkashhab, à 11 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Darundah, à 12 kilomètres au Nord de NotarKani-ye Nimbad, à 16 kilomètres au Nord-Est de Panj Angosht, à 58 kilomètres au Nord-Est de Borj-e abbasabad, à 66 kilomètres au Sud-Est of Mohammadabad-e gonbaki et à 115 kilomètres au Sud-Est de Bam. Et son hypocentre est déterminé à 15 kilomètres de profondeur.

La secousse principale, ressentie dans toute la majeure partie du territoire de l'Iran, au Turkménistan, en Afghanistan, au Pakistan, en Arabie Saoudite, au Qatar et aux Emirats Arabe Unis, a été précédée par deux secousses précurseur, la première à 07 h 02 Temps Universel, Magnitude 5.1, latitude 28.3° Nord et longitude 59.0° Est, la seconde, à 07 h 18 Temps Universel, de Magnitude 4.0, latitude 28.3° Nord et longitude 59.0° Est, et suivi de deux répliques, l'une à 08 h 43 Temps Universel, de Magnitude 4.8, latitude 28.3° Nord et longitude 59.1° Est, et l'autre, à 09 h 07 Temps Universel, de Magnitude 4.8, latitude 28.2° Nord et longitude 59.0° Est.

En absence de toute information émanant des autorités locales, il ne peut se déterminer si le séisme a causé des dégâts aux bâtis, aux terres agricoles et aux zones industrielles, et si des victimes et des blessés sont à dénombrer. Mais en référence à la magnitude, 6.0, - Peut être destructeur, causant des dommages majeurs à des édifices mal conçus et de légers dommages aux édifices bien construits, dans des zones allant jusqu'à 180 kilomètres à la ronde si elles sont peuplées -, et à l'intensité du tremblement de terre autour du foyer, intensité VII, - Les gens ont du mal à tenir debout. Les conducteurs sentent leur voiture secouée. Quelques meubles peuvent se briser. Des briques peuvent tomber des immeubles. Les dommages sont modérés dans les bâtiments bien construits, mais peuvent être considérables dans les autres d'autant que les maisons, dans cette province iranienne du Kerman, sont construites en briques de terre séchées non doublées par des briques maçonnées -, sur l'échelle MSK,- échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik. -


Les Provinces de Kerman et de Sistan-o-Balouchestan.


Elle sont situées dans le Sud-Est du pays et sont les deux plus grandes du pays avec des superficies de 181.714 kilomètres carrés et une population d'environ 2 millions d'habitants pour la première et de 181.600 kilomètres carrés et une population d'environ 2,1 millions d'habitants pour la seconde.

Les deux provinces, très montagneuses, se situent dans la continuation des chaînes de montagne de l'Iran. Central, des massifs qui s'étendent depuis les hauteurs volcaniques d'Azerbaïdjan et qui se terminent au Balouchestan. Les monts Bashagard et Koohbanan sont les plus hauts de la région et possèdent des sommets comme les Toghrol, Aljerd, Palvar, Sirach, Abareq et Tahrood. Les autres chaînes s'étendant de Yazd à Kerman et Challeh-ye-Jazmoorian, ont des sommets tels que Medvar, Shahr-e-Babak, Kooh Panj, Chehel Tan, Lalezar, Hezarbahr, Aseman et d'autres. Avec une altitude de 4.465 mètres, le sommet le plus haut est le Mont Hezar.


En 100 ans, à cause des tremblements de terre, 126.000 morts.


Le plateau iranien et les Provinces de Kerman et de Sistan-o-Balouchestan caractérisés par un volcanisme actif et soumis aux contraintes considérables exercées par la ceinture de montagne Alpino-Himalayenne, a fréquemment été frappé par des tremblements de terre catastrophiques au cours des temps historiques. Ces séismes ont entraîné de lourdes pertes en vies humaines, de grands nombres de sans-logis et anéanti d'importantes zones agricoles et industrielles.

Les tremblements de terre cataclysmaux et destructeurs y sont très rares car la période latente, entre deux séismes de forte magnitude, sur une faille particulière ou un segment de faille en Perse varie entre plusieurs siècles et plusieurs millénaires.

En référence aux travaux archéologiques et géologiques de l'activité sismique était plus importante dans les temps anciens, du Néolithique au Moyen-Âge, que dans les temps présents. Les sites archéologiques et les monuments historiques, révélant des épisodes de reconstruction ou réparations suite à des tremblements de terre, en apportent des preuves directes ou indirecte : Sagzabad au III° millénaire avant J.C., Ak-Tapa de 4.000 ans avant J.C., Gowdin-Tapa de 4.000-3.350 ans avant J.C., Marlik de 3.000-2.000 ans avant J.C., Parthian Nesa 10 ans avant J.C., Kangavar Anahita au XVII° Siècle avant JC. et en 224 et en 642, Bishapur en 293, en 302, en 531, en 579 et au X° Siècle, Nishapur multiplees crises sismiques entre 1145 et 1270, et Masjed-e-Jame de Qaen en 1066. Et des séismes de forte magnitude, au moins supérieure à 7.0, de forte intensité au foyer, au moins égale à XI, et d'emprise au moins régionale ou provinciale avaient entraîné le déclin de la civilisation dans les villes de Sagzabad, Marlik, Kumesh, séisme de 856, Zarang, province de Sistan-o-Balouchestan, séismes de 734, 805, et 815, Siraf, séisme de 978 et 1008 , Nishapur, séisme de 1145, 1209, 1251, 1270, 1389, et 1405, et Jizd, séisme de 1336.


Les tremblements de terre historiques.


Au moins neuf tremblements de terre destructeurs sous ou proche de Nishapur/Shadyak ont dévasté la ville, entraînant son déplacement à plusieurs reprises. Presque tous les monuments de la ville de Tabriz ont été détruits ou gravement endommagés par au moins huit séismes de puissante magnitude et de forte intensité, notamment celui du 7 janvier 1780, qui réduisaient toutes les constructions en décombres


Les tremblements de terre au XX° Siècle.


Depuis le début du XX° Siècle, au moins 126.000 personnes ont perdu leurs vies dans des tremblements de terre destructeurs en Iran et dans les Provinces de Kerman et de Sistan-o-Balouchestan.

Les tremblements de terre de Tabas-e-Golshan de 16 septembre 1978 et de Rudbar-Tarom de juin 1990 ont été des séismes dans les plus catastrophiques s'étant produits en Iran :

- Le tremblement de terre de Tabas-e-Golshan, fortement ressenti sur une région de 1.130.000 kilomètres carrés ruinait, ou détruisait à plus de 70% des bâtis, environ quatre-vingt-dix villages, endommageait partiellement cinquante autres villages dans la région, et rayait de la carte la ville de Tabas-e-Golshan. 85% des habitants, 11.000 sur les 13.000 y recensés, périssaient. Les victimes se comptaient à plus que 20.000 ainsi que des milliers blessées.

- Le tremblement de terre de Rudbar-Tarom, détruisant trois villes, - Rudbar, Manjil, et Lowshan -, et 700 villages et endommageant 300 autres villages, avait causé plus 40.000 morts, plus de 60.000 blessés, et 500.000 sans-logis. Presque 100.000 constructions furent détruites, plusieurs milliers de têtes de bétail furent enterrés sous le décombres, et des centaines de fermes et de canaux d'irrigation furent sérieusement endommagés. En outre, 1.200 kilomètres de routes et de voies de communication imposèrent, totalement délabrées, effondrées ou ensevelies sous des milliers de tonnes de débris, à être réhabilitées et reconstruites.


Publié le 27 Janvier 2011 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

Un séisme de magnitude 6,1 a frappé le Kuhistoni Badakhshon, Tajikistan, le 24 Janvier 2011

Un séisme de profondeur intermédiaire, de magnitude Mw, - Magnitude du Moment -, 6.0 pour le le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, -CSEM -, et 6.1 pour l'United States Geological Survey, - USGS -, le 24 Janvier 2011 à 02 h 45 Temps Universel, 07 h 45 Heure Locale, a frappé dans le centre du Kuhistoni Badakhshon, - ou Gorno-Badakhshan - , Tajikistan.

Son épicentre se localise, latitude 38.46° Nord et longitude 72.82° Est, à 12 kilomètres au Nord-est de Polna, à 16 Kilomètres au Nord-Est de Pasor, à 19 Kilomètres au Nord-Nord-Est de Raun, à 20 kilomètres au Nord-Est de Rukhch, à 22 kilomètres au Nord du lac Sarez, à 42 kilomètres au Sud-Ouest du lac Karakul, à 90 kilomètres au Sud-Ouest de Karakul, à 103 kilomètres à l'Ouest de Murgob, à 145 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Sary-Tash, à 150 kilomètres au Nord-Est de Khorugh, à 231 kilomètres au Sud d'Os et à 350 kilomètres à l'Est de Dushanbe capitale du Tadjikistan. Son hypocentre à été déterminé à 80 kilomètres de profondeur par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM -, et à 98.6 kilomètres par l'United States Geological Survey, - USGS. -

D'après les autorités et le porte parole du ministère tadjik des Situations d'urgence, « Il ne semblerait pas que le tremblement de terre ait pu causer des dégâts et aucune victime ne serait à déplorer. ». Même si la magnitude 6.0 suivant le CESM et 6.1 pour l'USGS est forte, la profondeur du séisme, près de 100 kilomètres, à classifier dans la catégorie des tremblements de terre à foyer intermédiaire, - 30 à 150 kilomètres de profondeur -, en modère les effets dévastateurs et destructeurs. En effet, l'intensité, à l'hypocentre, n'est que de V, - Le séisme est ressenti en plein air, les vibrations sont comparables à celles provoquées par le passage d'un gros camion et les dormeurs se réveillent -, sur XII sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, - appelée aussi échelle MSK. -


Fréquence des séismes au Tadjikistan.


Les séismes sont fréquents au Tadjikistan et tout particulièrement dans la Province de Kuhistoni Badakhshon située dans les Montagnes de Pamir, une région pauvre matérialisant 45 % du territoire national tadjik mais ne représentant que 3 % de la population. Les plus hautes montagnes du Pamir, et trois des cinq sommets de plus de 7.000 mètres sont localisés dans la province, avec le Pic de l'indépendance, 7.134 mètres, - à la frontière avec le Kirghizistan -, le Pic Ismail Samani, 7.495 mètres, et le Pic Korzhenevskoi 7.105 mètres.

La province de Kuhistoni Badakhshon présente de hauts risques sismiques et la magnitude des secousses observées y varie de 3 à 8 sur l’échelle ouverte de Richter. Du 01 Octobre 2006 au 31 Décembre 2010, 32 tremblements de terre de magnitude comprise entre 5.1 et 6.5, ont affecté la région et, début janvier 2011, en plein hiver, dans le Massif montagneux du Pamir, un puissant séisme de magnitude 6.3, s'est produit faisant plus de 600 sans-abri. Cette importante sismicité est la conséquence de la double subduction intracontinentale du terrane Tarim sous les chaînes du Tian Chan et du Kunlun-Pamir et aux grands accidents profonds, - chevauchement des Kunlun, etc... -, résultant de la collision, - chevauchements et épaississements crustaux, redressement des structures, etc... -, et de la convergence, -morphogénèse, compression et surrection associés à des décrochements -, entre l'Inde et l'Eurasie.


Publié le 25 Janvier 2011 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

20 janvier 2011

Puissant séisme de magnitude 7.4, au Baloutchistan, Pakistan, le 19 Janvier 2011

Un puissant séisme, de Mw, - Magnitude du Moment -, 7.4 révisée 7.2 par l'United States Geological Survey, - USGS -, et d'intensité VII au foyer sur l'échelle MSK, - Medvedev-Sponheuer-Karnik -, a frappé dans la province du Baloutchistan(1) au Sud-Ouest du Pakistan, une région, frontalière avec l'Iran, aride, désertique, avec des montagnes volcaniques,d'une superficie de 343.000 kilomètres carrés et peuplée de près de 10 millions d'habitants, le 18 Janvier 2011 à 20 h 23 Temps Universel, 19 Janvier 2011 à 01 h 23 Heure Locale.


 

Son épicentre, latitude 28.81° Nord, longitude 63.97° Est, se situe à 45 kilomètres à l'Ouest de Dalbandin, à 260 kilomètres à l'Ouest de Kalat, à 281 kilomètres au Nord-Ouest de Khuzdar, à 310 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Zahedan et à 1035 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest d'Islamabad, capitale du Pakistan. Son hypocentre a été localisé initialement à une profondeur de 10 kilomètres avant d'être étrangement révisé, par l'United States Geological Survey, - USGS -, à une profondeur de 84 kilomètres.

Bien que les rapports annoncent que le tremblement de terre ait été ressenti à travers tout le Pakistan, dans une majeure partie des territoires iraniens et pakistanais, à Delhi en Inde, aux Émirats Arabes Unis, à Dubaï et au Qatar, et que les séismes d'un foyer aussi superficiel, -hypocentre initialement localisé à une profondeur de 10 kilomètres -, aient un potentiel destructeur conséquent pour engendrer des désastres majeurs, ruiner des régions entières et entraîner d'importantes pertes de vie, les officiels ont informé les médias que seulement quelques dégâts et blessés seraient à déplorer et, selon les autorités locales, il n'y aurait aucune victime.


 

A l'épicentre du séisme, la population y est, pourtant évaluée entre 25 et 125 habitants au kilomètres carré. Et si la ville la plus proche et la plus importante, dans la zone épicentrale d'intensité VII, est Dalbandin située à 45 kilomètres de l'hypocentre, les villages de Nuhli, à l'Ouest, de Merui, au Nord-Ouest et de Chacul, au Nord-Est se localisent à plus ou moins 10 kilomètres. Ces villages sont bâtis avec des briques d'argile, délayée et mélangée à de la paille ou de l'herbe sèche hachée, durcies au soleil. Il est vrai que cette région est une zone d'expérimentation militaire, toujours en activité, particulièrement dans les collines de Chagai où se situe un centre de tir de fusées nucléaires. Du reste, en 1998, le Pakistan y avait réalisé un essai nucléaire ce d'autant plus dangereux que cette région pakistanaise, partageant une frontière longue et poreuse avec l'Iran et l'Afghanistan, - et surtout avec les zones de conflit de l'Afghanistan méridional -,est un centre d'activités militantes.

En corrélation avec l'intensité sur l'échelle MSK, - Medvedev-Sponheuer-Karnik -, 2.602.000 personnes seraient exposées à une intensité IV, 969.000 à une intensité V, 223.000 à une intensité VI et 109.000 à une intensité VII. Dans l'ensemble, bien que quelques quelques structures anti-sismiques existent, la population, dans cette région, réside dans des structures extrêmement vulnérables, - briques d'adobe(2) non renforcées par un doublage de briques maçonnées -, aux tremblements de terre.


 

Principales villes de plus de 1.000 Habitants exposées au séisme.


Intensité MSK

Villes

Population

VII

Dalbandin

15.000

V

Kharan

31.000

V

Alaqehdari Deh-e Shu

9.000

IV

Khuzdar

141.000

IV

Khash

70.000

IV

Mastung

29.000

IV

Nushki

28.000

IV

Kalat

27.000

III

Zabol

122.000

III

Chaman

89.000

III

Bela

20.000


 


La province du Baloutchistan, d'une population clairsemée, moins de 50 habitants au kilomètre carré, est située dans une zone sismique très active : Magnitude 6.4 le 03 Octobre 1975, Magnitude 6.0 le 03 Avril 1990, Magnitude 6.1 le 17 Août 1990, Magnitude 7.0 le 27 Février 1997 et Magnitude 7.6 le 8 octobre 2005 générant 73.000 morts et environ 3,5 millions de sans-logis, tous d'intensité au foyer égale ou supérieure à VII. Enfin, ce séisme fait suite aux pluies de mousson catastrophiques qui avaient balayé le Pays du Nord au Sud, en Juillet et en Août 2010 affectant 21 millions de personnes, ruinant des villages entiers, annihilant des milliers d'hectares de terres agricoles, détruisant les industries et faisant, de ces inondations, la plus importante catastrophe naturelle que le Pakistan ait connu dans les temps historiques.


Notes.


(1) Très peu développé économiquement, le Baloutchistan, bien que rattaché au régime fédéral d'Islamabad, vit toujours selon des loi féodales et sous le joug de quelques grands seigneurs, les « Mirs », à qui appartiennent les terres et les populations qui y vivent.

(2) Brique durcie au soleil, fabriquée à partir de terre essentiellement argileuse, délayée et mélangée à de la paille ou de l'herbe sèche hachée.


Publié le 19 Janvier 2011 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

12:34 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séisme, tremblement de terre, pakistan, baloutchistan, dalbandin, nuhli, merui, chacul | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25 décembre 2010

Séisme de magnitude 6.2 sur l'île Bougainville au pied du volcan bouclier pyroclastique Loloru...

Un puissant séisme de magnitude de 6.2 sur l'échelle ouverte de Richter a frappé l'Île de Bougainville, Papouasie Nouvelle Guinée, le 13 Décembre 2010 à 01 h 14 Temps Universel, 11 h 14 Heure Locale. Son épicentre, latitude 6.563° Sud et longitude 155.640° Est, se situe à 7 kilomètres au Nord-Ouest de Bogisage, à 10 kilomètres au Nord-Est d'Isinai, à 15 Kilomètres au Sud-Est de Taki, à 20 kilomètres au Nord d'Aku, à 20 kilomètres au Nord-Est de Boku, à 27 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Taruba, à 40 kilomètres au Sud-Sud-Est d'Arawa, pour une population de 40.266 habitants, à 105 kilomètres à l'Ouest de Chirovanga sur l'île de Choiseul, Archipel des Salomon, et à 990 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Port Moresby. Son hypocentre a été localisé à 146,9 kilomètres de profondeur, au pied même du volcan Loloru dont le cratère sommital se situe à 5 kilomètres au Nord-Nord-Ouest du foyer sismique.

Aucun dégât, ni blessé n’a été immédiatement signalé par les autorités locales mais les doutes subsistent étant donné l'ampleur de la magnitude et la proximité des villages avoisinants. Et aucune alerte au tsunami n’a été émise par le centre régional d’alerte aux tsunamis, le Pacific Tsunamis Warning Centre, - le P.T.W.C. -, basé à Pearl Harbour, Îles Hawaii.

Le 01 Septembre 2006, un séisme de magnitude 6.8, localisé latitude 6.822° Sud et longitude 155.535° Est, d'hypocentre 45,7 kilomètres de profondeur, avait déjà frappé la région. Les autorités locales avaient déclaré, malgré que le tremblement de terre aurait pu causer des dégâts à cause de son emplacement et de sa magnitude, « … que ni destructions, ni victimes n'avaient été recensées... »


L'Île de Bougainville.


Bougainville, l'une des plus grandes de l'Archipel des îles Salomon, dans le Sud-Ouest de l'océan Pacifique, est une île de Papouasie Nouvelle Guinée. Tectoniquement, elle se trouve prise dans l'étau de deux plateaux océaniques, deux deux rides et de deux fosses parallèles, sur son Nord et son Est, le plateau d'Ontong-Java, la ride Nord-est et la fosse de Nord Salomon, sur son Ouest et son Sud, le plateau d'Entrecasteaux, la Ride d'entrecasteaux et la fosse de Bougainville. En outre, elle est marquée par l'affrontement entre les grandes plaques Pacifique et Australienne dont la convergence se caractérise « par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1.000 kilomètres de largeur. » Celle-ci s'exprime « par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu. Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques. »


Le séisme du 13 Décembre 2010 et le volcan Loloru.


Code 0505-03

Localisation : Latitude 6.31° Sud à 6.52° Sud

et Longitude 155.37° Est à 155.62° Est,

Volcan bouclier pyroclastique, altitude 1.887 mètres.

Île Bougainville, Papouasie Nouvelle Guinée.

 

Le tremblement de terre, de magnitude 6,2, s'est produit sur le plan de Wadati-Benioff, subduction de la plaque Australienne, à une profondeur de 149 kilomètres, - un séisme dit intermédiaire -, à l'aplomb du volcan Loloru, un volcan situé sur l'arc des Salomon.

Ce volcan pyroclastique, de type bouclier, se situe au Sud-Est de l'Île de Bougainville. Il est à l'origine de la la large et épaisse chape d'ignimbrite qui recouvre, majoritairement la province méridionale de l'île. Son sommet se caractérise par la présence de deux caldeiras imbriquées, et d'un dôme de lave andésitique qui limite un lac en forme de croissant sis sur le bord oriental de la caldeira la plus jeune.

Tout comme le complexe volcanique Taroka et le volcan Takuan, tous deux implantés, le premier en son Nord-Ouest, le second sur son Nord, le Loloru s'est construit dans la caldeira Pléistocène, de dimensions imposantes, 10 kilomètres de large et 15 kilomètres de long, La plus récente des éruptions explosives majeures du Loloru, durant l'Holocène, s'est produite il y a environ 3.000 ans.

Suite au séisme du 16 Août 1995, de magnitude 7.8, foyer localisé à 200 km au Nord-Ouest, le 20 du même mois, des émissions de vapeur, faibles à modérées, blanches étaient observées dans le champ fumerolien principal, sur le flanc de Nord du dôme de lave sommital. Le lac, inclus dans la caldeira, aucune décoloration des eaux et aucune déformation de son niveau n'étant apparentes, paraissait « normal ». Mais depuis 1988, il est constaté une augmentation de chaleur au niveau des sources fumeroliennes et des solfatares, une température évoluant de 80° C, en 1984, 108° C en 1995, et bien supérieure depuis le séisme de magnitude 6.8 du 01 Septembre 2006.

Au différent des précédents tremblements de terre qui s'étaient produits dans un rayon compris entre 100 et 200 kilomètres, des séismes qui n'avaient pas intercédé sur l'activité volcanique apparente du Loloru, le présent séisme a frappé à l'aplomb même du dôme de lave sommital et de la chambre magmatique. Il peut donc être à prévoir, le magma s'élevant, dans l'arc des Salomon à la vitesse de 1,3 kilomètres par jour, une reprise d'activité du volcan Loloru, avec une ou plusieurs éruptions explosives propres aux volcans boucliers pyroclastiques, et, parallèlement, fonctionnant de conserve, des probables manifestations volcaniques pourraient affecter le complexe volcanique Taroka et le volcan Takuan, sous quelques 15 à 20 jours maximum.


Raymond Matabosch.

 

 

Publié le 14 Décembre sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

21 décembre 2010

Ces tremblements de terre qui nous interpellent. Pamphlet.

Le tremblement de terre le plus important depuis ceux qui ont frappé Valdivia, - Chili, 22 Mai 1960, magnitude 9.5, épicentre près de Valdivia à environ 700 kilomètres au Sud de Santiago , et Prince William Sound, région d’Anchorage, - Alaska, États Unis, 27 Mars 1964, magnitude 9.2, épicentre situé à environ 90km à l'Ouest de Valdez et 120 à l'Est d'Anchorage et à une profondeur de 25 km, d'une durée de 4 minutes -, est survenu le dimanche 26 Décembre 2004 à 00 h 59, Temps Universel, 07 h 59, heure locale, au Sud-Ouest de Sumatra, - magnitude de 9.3, hypocentre localisé à 160 kilomètres à l'ouest de Sumatra et à environ 250 km au Sud-Sud-Est de Banda Aceh, à une profondeur de 30 kilomètres, 270.000 morts ou disparus. la Thaïlande, le Sri-lanka, l'Inde, la Malaisie, les îles Maldives, le Bangladesh, Singapour, La Somalie, l'île de la Réunion, l'Île Maurice -. Il s’agit du cinquième séisme le plus violent depuis 1900. Le tsunami, provoqué par cet aléa séismique, a touché les côtes de plusieurs pays, - -, et s’est avéré plus meurtrier que les vibrations induites directement par le séisme.

Et, depuis, comme une longue litanie, s'égrainent les séismes de forte intensité, magnitude supérieure à 7 sur l'échelle ouverte de Richter : 28 Mars 2005, Sumatra en Indonésie, magnitude 8.7, 905 morts ; 13 Juin 2005, Chili, magnitude 7.9, 11 morts ; 25 Septembre 2005, Pérou, magnitude 7.5, 5 morts : 8 Octobre 2005, à la frontière entre l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan, de magnitude 7,6, 75.638 morts et 71.690 blessés ; 23 Février 2006, Mozambique, magnitude 7.5, 2 morts : 3 Mai 2006, Iles Tonga, magnitude 8.1 ; 17 Juillet 2006, Île de java, magnitude 7.7, 983 morts et 978 blessés ; 2 Avril 2007, Iles Salomon, magnitude 7.7, 52 morts : 15 Août 2007, Pérou, magnitude 7.7, 913 morts ; 12 Septembre 2007, Sumatra, magnitude 8.4, 23 morts et 88 blessés ; 14 Novembre 2007, Chili, magnitude 7.7, 2 morts ; 29 Novembre 2007, Martinique, magnitude 7.4 ; 14 Février 2008, Indonésie, magnitude 7.4, 3 morts; 12 Mai 2008, Sichuan, Chine, magnitude 7.9, 87.587 morts et 374.177 blessés ; 15 Juin 2008, Japon, magnitude 7.2, 22 morts ; 16 Novembre 2008, Sulawesi, Indonésie, magnitude 7.5, 2 morts et 40 blessés ; 3 Janvier 2009, Papouasie, Indonésie, magnitude 7.6, 5 mort ; 28 Mai 2009, Honduras, magnitude 7.1, 7morts ; 15 Juillet 2009, Nouvelle-Zélande, magnitude 7.8 ; 2 Septembre 2009, Île de Java, magnitude 7.0, 42 morts et 300 blessés ; 30 Septembre 2009, Padang, Indonésie, magnitude 7.6, au moins 5.000 victimes ; 12 Janvier 2010, Haïti, magnitude 7.0, plus de 200.000 morts et 300.000 blessés recensés au 4 Février 2010 ; le 27 Février 2010, au large des côtes chiliennes, magnitude 8.8, 521 morts... etc... etc...

Ainsi pourrait-on décliner tous les tremblements de terre, année par année, le répertoire de tous les séismes, de magnitude supérieure à 3, qui se produisent sur la planète. Le listing en serait interminable avec plus de 174.000 de moyenne annuelle dans le monde dont 88 pour le territoire métropolitain français. Mais, faisant suite au séisme qui avait frappé, le 12 Mai 2008, Sichuan, Chine, magnitude 7.9, recensant 87.587 morts et 374.177 blessés, le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, laissant dans son sillage un terrible bilan humain, a d'autant plus surpris la population mondiale. Et les interrogations vont bon train. Certes une majorité d'entre elle est convaincue de la réalité intrinsèque des catastrophes naturelles, mais une minorité pernicieuse en appelle, elle, à la perversité humaine en accusant le réchauffement climatique, le culpabilisant des mille maux et l'intronisant « ennemi numéro 1. » Et pires encore sont les fanatiques extrémistes irréductibles du « Complot Mondial » et de la « Pensée Unique » qui désignent ouvertement, dressant accusation irréfutable à l'encontre des nations russes, américaines, etc..., de posséder des armes sismiques de type PAMIR et SURA, - URSS et Russie -, PAMIR 3 et HAARP, - États Unis -, SEAL, - Royaume Uni et Nouvelle Zélande -, etc..., et d'en user expérimentalement tant au plan militaire que civil.

Mais que savons nous, présentement, outre les bruits nauséeux qui courent, sur l'arme sismique(1) ? Si l'on en croit Thierry Meyssan(2), analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace : « Durant la Seconde Guerre mondiale des chercheurs néo-zélandais tentèrent d’élaborer une machine à provoquer des tsunamis qui pût être utilisée contre le Japon. Les travaux furent dirigés par l’Australien Thomas Leech de l’université d’Auckland, sous le nom de code « Projet Seal ». Plusieurs expériences à petite échelle furent réalisées, en 1944-1945, à Whangaparaoa. Elles furent, toutes, couronnées de succès. Les États-Unis considéraient ce programme comme aussi prometteur que le projet de fabrication d’une bombe atomique, le « projet Manhattan ». Ils désignèrent le docteur Karl T. Compton pour faire la liaison entre les deux unités de recherche. Compton était le président du MIT. Il avait déjà recruté de nombreux savants pour l’effort de guerre et il était l’une des huit personnes chargées de conseiller de président Truman sur l’usage de la bombe atomique. Il pensait que celle-ci pouvait fournir l’énergie nécessaire à l’équipe de Leech pour provoquer de plus vastes tsunamis. Les travaux de Thomas Leech furent poursuivis durant la Guerre froide. En 1947, George VI éleva le savant à la dignité de Chevalier de l’Empire britannique pour le récompenser d’avoir élaboré une arme nouvelle. Le Projet Seal étant toujours un secret militaire, il ne fut pas révélé à l’époque qu’il était honoré pour la bombe à tsunami. Par la suite, les services US se sont appliqués à faire croire que ces recherches n’avaient jamais existé et que tout cela n’était qu’un leurre pour impressionner les Soviétiques. Cependant, l’authenticité des essais de Leech a été établie, en 1999, lorsque une partie de la documentation a été déclassifiée par le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères. Officiellement les études ont repris aujourd’hui à l’université de Waikato(3). On ignore si les recherches anglo-saxonnes ont été poursuivies durant les années 60, mais elles ont repris par la force des choses lorsqu’il fut décidé de procéder à l’abandon des tests nucléaires dans l’atmosphère au profit de tests sous-marins. Les Etats-Unis craignaient de provoquer involontairement des tremblements de terre et des tsunamis. Ils voulaient donc savoir le faire volontairement. Officiellement, à la fin de la guerre du Vietnam, les Etats-Unis et l’Union soviétique ont renoncé aux guerres environnementales, - tremblements de terre, tsunamis, bouleversement de l’équilibre écologique d’une région, modifications des conditions atmosphériques, « nuages, précipitations, cyclones et tornades », modification des conditions climatiques, des courants océaniques, de l’état de la couche d’ozone ou de l’ionosphère -, en signant, en 1975, la « Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles. » Toutefois, à partir de 1975, l’URSS a ouvert de nouvelles recherches de Magnétohydrodynamique. Il s’agissait d’étudier la croute terrestre et de prévoir les séismes. Les Soviétiques étudièrent la possibilité de provoquer de petits séismes pour en éviter un grand. Ces recherches furent bientôt militarisées. Elles aboutirent à la construction de Pamir, la machine à tremblement de terre. Lors du démantèlement de l’URSS, des responsables de ce programme décidèrent par appât du gain de passer aux Etats-Unis, mais leur recherche étant inachevée le Pentagone refusa de payer. En 1995, alors que la Russie était gouvernée par Boris Eltsine et l’oligarque Viktor Tchernomyrdine, l’US Air Force recruta les chercheurs et leur laboratoire à Nijni Novgorod. Ils y construisirent une machine beaucoup plus puissante, Pamir 3, qui fut testée avec succès. Le Pentagone achèta alors les hommes et le matériel et les transporta aux USA, où ils furent intégrés au programme HAARP. De possibles usages de l’arme sismique ont été évoqués au cours des dernières années, notamment en Algérie et en Turquie. Toutefois, le cas le plus discuté est celui du séisme du Sichuan, - Chine -, le 12 Mai 2008. Durant les 30 minutes précédant le tremblement de terre, les habitants de la région ont observé d’inhabituelles couleurs dans le ciel. Si certains voient dans ces événements des signes du Ciel retirant sa confiance au Parti communiste, d’autres les interprètent de manière plus rationnelle. L’énergie utilisée pour provoquer le séisme aurait également provoqué des perturbations de l’ionosphère. Dans les mois qui suivent, le web et les médias chinois diffusent et discutent cette hypothèse aujourd’hui considérée comme certaine par l’opinion publique chinoise. Rien ne distingue un séisme provoqué d’un séisme naturel, cependant on ne sait provoquer que des séismes superficiels, comme celui d’Haïti. Ce qui suscite le trouble, c’est que la réaction des États-Unis. Alors que les médias atlantistes se contentent de relayer la polémique sur les violations de la souveraineté haïtienne, les médias latinos-américains s’interrogent sur la rapidité du déploiement des GI’s : dès le premier jour, plus de 10.000 soldats et contractants sont arrivés à Haïti. Cet exploit logistique s’explique simplement. Ces hommes étaient déjà pré-positionnés dans le cadre d’un entraînement militaire. Sous l’autorité du commandant en second du SouthCom, le général P. K. Keen, ils participaient à la simulation d’une opération humanitaire, à Haïti, après un ouragan. Keen et son équipe étaient arrivés quelques jours auparavant. Au moment précis du tremblement de terre, ils se trouvaient tous à l’abri, à l’ambassade US qui est construite selon les normes anti-sismiques, à l’exception de deux hommes qui se trouvaient à l’hôtel Montana et qui auraient été blessés. Le général Keen a donné de nombreuses interviews à la presse états-unienne, qui a multiplié les reportages et émissions à propos des opérations de secours. Il a souvent fait mention de sa présence à Port-au-Prince durant le séisme, mais jamais des motifs de cette présence. Parmi les objectifs de l’exercice militaire figurait le test d’un nouveau logiciel permettant de coordonner les efforts humanitaires des Organisations Non Gouvernementales, - les ONG -, et des armées. Dans les minutes qui ont suivi la catastrophe, ce logiciel a été mis en ligne et 280 ONG s’y sont inscrites. Il est légitime de se demander si ces coïncidences sont ou non l’effet du hasard. »

Mais laissons là les supputations, frisant l'irrationnel et l'inhumanité dont font preuve les âmes haut-pensantes scientifiques, militaires et politiques de certaines nations dites civilisées, sur la probabilité d'existence de séismes provoqués même si de troublantes et dérangeantes coïncidences interpellent. Si tel en a été, en est et en sera dans la réalité, il est à concevoir que la folie anthropomorphique géopoliticienne n'a pas de limites quant il s'agit de fabriquer des espaces économiques, militaires, religieux, etc... par la puissance et par l'usage de la violence sur les autres États dans un cadre impérialiste ou par toute autre forme de domination inter-étatique, ou de fabriquer des espaces, au travers de normes, de lois, de pseudo-harmonisation, etc... par le dépassement de la puissance. A trop vouloir régner en maîtres absolus sur l'univers terrestre, et au-delà sur la galaxie, en arriveront-ils, jouant aux apprentis sorciers, à déclencher un véritable « Big-One » destructeur d'un continent en son entier, et, par cela, rendre véritable fait historique antédiluvien la si décriée légende de l'Atlantide ? N'est-il pas écrit, dans le Timée de Platon : « Dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre effroyables et des cataclysmes... » et, s'enchaînant, « Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre et, de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. » ? A méditer...

Sans qu'il ne soit fait appel à l'aliénation mentale destructrice et criminelle de maints scientistes extrémistes, il n'est qu'à se rappeler qu'il existe pourtant de vastes régions qui présentent une activité sismique non négligeable, certaines en permanence sous les feux de l'actualité, - Faille de San Andréas, Faille Liquiñe-Ofqui, Faille de Sumatra, Faille Nord-Anatolienne... -, et d'autres, quasi inconnues et rarement évoquées, - Faille New-Madrid, Rift d'Olot... -. Par la présente étude, tous les sites que les géologues classent parmi les régions qui pourraient être le théâtre d'un séisme de forte intensité et d'une catastrophe à la grandeur d'un pays, voire d'un continent, seront, les uns après les autres, particularisés, disséqués, analysés et classifiés suivant l'importance et l'ampleur des risques encourus dans le cadre d'un aléa séismique pouvant se traduire ou non par un « Big-One. » « The Big-One », marque déposée à en croire, est le nom revendiqué, par les californiens, pour un tremblement de terre cataclysmique et exterminateur qui devrait survenir, un jour, sur la côte Ouest des États-Unis. Le dernier grand séisme s'étant produit en ces terres, en 1906, avait été provoqué par la rupture d'un segment de la faille de San Andréas concomitante à l'écartement, de quelques 6 mètres, de deux plaques tectoniques, les plaques Nord-Américaine et Nord-Pacifique. A en croire des géologues spécialistes des prévisions séismiques généralistes, sans datation affinée ni de point épicentrique défini, le phénomène se reproduirait périodiquement, tous les 100 ans...


Notes.


(1) « Les Etats Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haiti ? », Réseau Voltaire, 22 Janvier 2010.

Selon « Russia Today », - chaîne de télévision d'information continue et site Internet d'information continue russe -, le président du Venezuela, Hugo Chávez Frías, a évoqué la possibilité que les États-Unis aient provoqué la série de tremblement de terre de la semaine dernière aux Caraïbes, dont celui qui a dévasté Haïti. Selon « VivéTv », - chaîne de télévision informative, culturelle et éducative vénézuélienne -, ce sont les armées russes qui ont évoqué cette éventualité. Quoi qu’il en soit, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ont demandé la convocation en urgence du Conseil de sécurité. Celui-ci devrait examiner ces imputations et l’invasion « humanitaire » d’Haïti par les troupes des États Unis.

« Un rapport de la flotte russe du Nord indiquerait que le séisme qui a dévasté Haïti est clairement « le résultat d’un essai par l’US Navy de son arme sismique. La Flotte du Nord observe les mouvements et activités navales états-uniennes dans les Caraïbes depuis 2008, lorsque les Etats-Unis annoncèrent leur intention de reconstituer la Quatrième flotte dissoute en 1950. La Russie y avait répondu un an plus tard en reprenant dans cette région les exercices de sa flotte constituée autour du croiseur atomique lance-missiles Pierre le Grand, interrompus depuis la fin de la Guerre froide. Depuis la fin des années 70, les États-Unis ont considérablement avancé leurs recherches sur les armes sismiques.

Selon ce rapport, ils utilisent désormais des générateurs impulsionnels, à plasma et à résonance combinés à des bombes à onde de choc. Le rapport compare deux expériences conduites par la marine des États Unis, la semaine dernière : un tremblement de terre de magnitude 6,5 alentour de la ville d’Eureka en Californie, qui n’a pas fait de victimes, et celui des Caraïbes qui a fait au moins 140.000 morts.

Ainsi que l’indique le rapport, il est plus que probable que l’US Navy avait une pleine connaissance des dommages que cette expérience était susceptible de causer à Haïti. C’est pourquoi, la Navy avait positionné à l’avance sur l’île le général P. K. Keen, commandant en second du SouthCom, - Commandement du Sud -, pour superviser les opérations de secours prévisibles(4).

Concernant l’objectif final de ces expérimentations, indique le rapport, il s’agit de la planification de la destruction de l’Iran par une série de tremblement de terre afin de neutraliser l’actuel gouvernement islamique.

Selon le rapport, le système expérimental des Etats-Unis, - High frequency active auroral research program, dit « HAARP » -, permet également de créer des anomalies climatiques afin de provoquer des inondations, des sécheresses et des ouragans(5). Selon un rapport précédent, les données disponibles coïncident avec celles du tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter survenu au Sichuan (Chine), le 12 mai 2008, également causé par des ondes électro-magnétiques HAARP.

On observe une corrélation entre les activités sismiques et la ionosphère, caractéristique de HAARP :

« 1. Les tremblements de terre dans lesquels la profondeur est linéairement identique dans la même faille, sont provoqués par une projection linéaire de fréquences induites.

« 2. Des satellites coordonnés permettent d’engendrer des projections concentrées de fréquences dans des points déterminés ou Hippocampes.

« 3. Un diagramme montre que des tremblements de terre considérés comme artificiels se propagent linéairement à la même profondeur.

 

Localisation

Date

Profondeur

Venezuela


08.Janvier.2010

18.Janvier.2010

10 km

10 km

Honduras

11.Janvier.2010

10 km

Haïti

12.Janvier.2010

nombreuses répliques

20.Janvier.2010

nombreuses répliques

26.Janvier.2010

10 km

10 km

10 km

10 km

10 km

 

 

« Les répliques ont également été observées aux environ de 10 km de profondeur. Après le tremblement de terre, le Pentagone a annoncé que le navire hôpital USNS Comfort, qui se trouvait ancré à Baltimore, a rappelé son équipage et fait cap vers Haïti, bien qu’il puisse s’écouler quelques jours jusqu’à l’arrivée du bateau. L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major interarmes, a déclaré que les Forces armées des États-Unis préparaient une réponse d’urgence au désastre.

Le général Douglas Fraser, commandant en chef du SouthCom, a indiqué que des bâtiments des Gardes-côtes et de la Navy ont été dépêchés sur place, bien qu’ils aient du matériel et des hélicoptères en nombre limité.

Le porte-avions polyvalent USS Carl Vinson a été envoyé de Norfolk, État de Virginie, avec une dotation complète d’avions et d’hélicoptères. Il est arrivé à Haïti le 14 janvier après-midi, a ajouté Fraser. Des groupes additionnels d’hélicoptères se joindront au Carl Vinson, a t-il poursuivi. L’Agence des États-Unis pour le Développement International, - USAID -, intervenait déjà à Haïti avant le séisme.

Le président Obama a été informé du tremblement de terre à 17 h 52, le 12 janvier, et a ordonné le secours au personnel de son ambassade et l’aide humanitaire nécessaire à la population.

Conformément au rapport russe, le département d’État, l’USAID et le SouthCom ont débuté l’invasion humanitaire en déployant 10 000 soldats et contractants, à la place de l’ONU, pour contrôler le territoire haïtien après le « tremblement de terre dévastateur expérimental. »

Sources : ViveTv, Venezuela.

 

(2) « Haïti et l’arme sismique ? », Réseau Voltaire, 25 Janvier 2010. Thierry Meyssan, Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace

(3) « Tsunami bomb NZ’s devastating war secret » et « Devastating tsunami bomb viable, say experts », par Eugene Bingham, New Zealand Herald, 25 et 28 septembre 1999. « Experimental bomb to create huge tidal wave was tested in 1944 » par Kathy Marks, The Independent, 27 septembre 1999.

(4) Officiellement, les forces US étaient prépositionnées autour d’Haïti dans le cadre d’un exercice militaire simulant… une intervention humanitaire en Haïti. Cf. « Defense launches online system to coordinate Haiti relief efforts », par Bob Brewin, Govexec.com, 15 janvier 2010.

(5) « Le Programme HAARP : science ou désastre ? », par Luc Mampaey, Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité. Bruxelles, 1998.

 

Raymond Matabosch

 

Publié le 25 Novembre sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

10:59 Écrit par catalan66270 dans Coups de gueule, Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : séismes, tremblements de terre, haarp, saura | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16 décembre 2010

Activité volcanique en Équateur : Le stratovolcan Tunguruhua. Risque d'éruption paroxismale.

Le jeudi 12 Août 2010, à 11 h 54, Temps Universel, 06 h 54 Heure Locale, un séisme de Magnitude du Moment 7.1 avait frappé au cœur de la jungle amazonienne et avait secoué, durant environ 40 secondes, l’Équateur et le Pérou. Son hypocentre avait été déterminé à 200 kilomètres de profondeur par le Centre sismologique Euro-Méditerranéen et à 211 kilomètres de profondeur par l'U.S. Geological Survey.


Le 14 août 2010, publiant un article relatant ce tremblement de terre, », « Un séisme 7.1 de magnitude dans la Cordillère Royale Andine, le 12 Août 2010 : Recrudescence prévisible du volcanisme en Équateur dès la Mi-Novembre », en explicitant les raisons plausibles, j'avais ainsi conclu : « Au plan sismique, se produisant dans les entrailles profondes des arcs et des cordillères volcaniques, ils agissent tels des moteurs enclenchant, dans les 3 à 6 mois, suivant la secousse, soit une recrudescence dans l'activité d'un volcan, soit une reprise d'activité dans les édifices en repos ou en sommeil. Aussi est-il à penser que des cônes volcaniques, tels le Sangay, le Tunguruhua, l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou le Reventador, voire autres moins connus, dans la Cordillère Royale Andine, ne connaissent des regains d'activé ou ne rentrent en éruption après de longs mois ou de longues années de mise en sommeil, à partir de la mi-Novembre 2010. »


Le volcanisme en Equateur d'Août 2010 à Octobre : État des lieux.


Si dès le 30 Août, le VAAC de Washington signalait qu'une plume de cendre était observée, par un pilote, près du stratovolcan Reventador, il n'en paraissait pas en advenir que cette reprise d'activité du volcan puisse être consécutive à l'éruption volcanique. Deux raisons à cela : Pour la première, le 27 Juillet 2010, le volcan était entré en éruption, une succession d'explosions éruptives, de type « stromboliennes » sous forme de fontaines de lave, avec nuages de cendre, téphras et lahars, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 2, et, après une petite période de calme relatif, en Juin et Juillet, son activité se ré-intensifiait ; et, pour la seconde, dans l'arc volcanique andin péruvien, la montée du magma s'effectuant à une vitesse d'environ 2,3 kilomètres par jour, la profondeur de l'hypocentre voisinant les 200 à 210 kilomètres, l'arrivée de la lave, dans le cratère sommital, se calcule dans une durée d'une centaine de jours, soit plus ou moins 3 mois... il ne peut que s'admettre que le séisme du 12 Août ait commis quelques remous mineurs dans la colonne lavique du Reventador qui avait repris un peu de vigueur éruptive, avec présence de nuages de cendres, dès le 30 Août.



Le même constat peut être dressé pour le stratovolcan Sangay en éruption permanente, entrecoupée de quelques brèves pauses de deux à trois mois au plus, depuis le 08 Août 1934, se caractérisant pas une succession d'éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, dans le cratère central et évents latéraux, des éruptions consécutives à une large fissure radiale, des coulées de lave, et, générant des écoulements pyroclastiques, des extrusions vulcaniennes de petits dômes de lave, dans le cratère, ayant provoqué des évacuations et morts d'hommes, scientifiques et autres, comme en Août 1976, qui s'étaient aventurés dans l'ascension du volcan.


Le volcanisme en Equateur en Novembre 2010 : État des lieux.


Si l'activité du stratovolcan Reventador monte en puissance depuis le courant du mois d'Octobre, avec des présences de plus en plus conséquentes de nuages de cendre s'élevant à une altitude d'au moins 4,6 kilomètres, et de coulées de laves épisodiques ;


Si l'activité du stratovolcan Sangay est tout autant en recrudescence avec la constatation d'anomalies thermiques et de nuages de vapeur, de gaz et de cendres, répétitifs ;

Un troisième édifice volcanique, le stratovolcan Tungurahua, d'après un rapport dressé par l'Air Force Weather Agency, - AFWA -, suivant une observations de l'un de ses pilotes, et d'après des analyses d'images satellite effectuées par le VAAC de Washington, est entré en éruption le 22 Novembre. Un nuage de cendre s'est élevé à une altitude de 7,6 kilomètres, s'est déporté, dans une direction Sud-Ouest, sur une distance initiale de 37 kilomètres et a dérivé, dans un azimut Sud-Ouest du volcan, à plus de 230 Kilomètres. De nouvelles émissions de cendres ont été émises le 23 Novembre et ont atteint une altitude de 7,0 kilomètres. Les images satellite ont montré que la plume de cendre, s'est déportée plein Sud, à plus de 150 kilomètres du bâti vulcanien. Tout laisse à penser qu'une ou plusieurs explosions volcaniques se sont produites.


Le stratovolcan équatorien Tungurahua, haut de 5.029 mètres, situé à 135 kilomètres au sud de la capitale Quito est coutumier des éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 3 ou 4, émanant de son cratère central, avec des coulées pyroclastiques, des coulées de lave, des lahars causant de gros dégâts dans les propriétés, morts d'hommes et entraînant généralement des évacuations. Sa précédente crise volcanique s'est déroulée du 05 Octobre 1999 au 08 Juillet 2009 et est resté, excepté une saute d'humeur le 29 mai 2010, - une grande explosion due à une accumulation de gaz et provoquant des projections de lave et de cendres dépassant les 10.000 mètres d'altitude -, dans un calme très relatif depuis.

Avec la rentrée en éruption du Tungurahua, se pose la question de savoir si d'autres édifices vulcaniens de l'arc volcanique équatorien, dans la Cordillère Royale Andine, tels l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou autres moins connus, conséquemment au séisme du 12 Août 2010, « se réveilleront » dans les jours ou semaines à venir.


Le stratovolcan Tunguruhua. Son contexte.


 

Code 1502-08

Localisation : Latitude 1.467° Sud à 1.281° Sud,

et Longitude 78.442° Ouest à 78.263° Ouest,

Stratovolcan, altitude 5.023 mètres,

Cordillère Royale Andine, Équateur.


Le Tungurahua, - Tunguruhua ou Tunguragua, de Tunguri, gorge, et rahua, feu, « Gorge de Feu » -, culminant à une altitude de 5.023 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un stratovolcan andesitico-dacitique actif, un cône très pentu, - pentes à 30 et 35° -, de 14 kilomètres de diamètre basal, dominant de plus de 3.000 mètres la vallée à ses pieds septentrionaux, se situant dans le Cordillère Royale Andine, en Équateur, à 140 kilomètres au Sud de la capitale Quito. Des sommets notables, comme le Chimborazo, 6.267 mètres et l'Altar, 5.319 mètres, l'encadrent L'édifice volcanique se dresse au-dessus de la petite cité thermale de Baños de Benasque, 20.000 habitants, implantée sur son flanc Nord, à 5 kilomètres, dans le cadre exceptionnel d'un cirque montagneux, en bordure du fleuve Pastaza. D'autres villes, plus importantes, sont proches : San Juan de Ambato connu comme « Ville des Fleurs et des Fruits », « Cuña de les Tres Juanes », « Ville Cosmopolite » et « Jardin du l'Équateur », 225.000 habitants, 30 kilomètres au Nord-Ouest, et Riobamba, 135.000 habitants, 30 kilomètres au Sud-Ouest.

Du haut de ses 5.023 mètres, le cratère sommital du Tungurahua dépasse, environ 4.900 mètres à cette latitude 1.4° Sud et 1.2° Sud, l'altitude des neiges éternelles. Son sommet est donc recouvert d'un manteau neigeux et, de surcroît, il est l'hôte d'un petit glacier qui souffre de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999.


Culture et légende autour du Tungurahua.


Au Pérou, les autochtones, de culture kichwa(1), surnomment, affectueusement et religieusement, le volcan « Mama Tungurahua », - la Mère Tungurahua -, et tiennent la même considération pour son congénère voisin, le Chimborazo, adulé comme le père, le « Taita Chimborazo ».

Selon une légende inca, « le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la belle Tungurahua. Le Cotopaxi, très belliqueux, cherchait sans cesse querelle au Chimborazo qui, un jour, s'étant mis en colère, provoqua en duel son rival. Il sortit vainqueur du combat et obtint le cœur de la belle Tungurahua. Ils eurent, ensemble, le Guagua Pichincha, le bébé Pichincha qui hérita de la vaillance et de la puissance de son père, démontra sa force et provoqua l'ire de sa mère. La belle Tungurahua devint une furie incontrôlable, le restant toujours ».


Contexte géodynamique du volcanisme quaternaire équatorien.


L'arc volcanique équatorien est partie intégrante de la Zone Volcanique Nord des Andes qui s'étend depuis la latitude 5° Nord, - Volcan Cerro Bravo, en Colombie -, .jusqu'à la latitude 2° Sud, - Volcan Sangay, en Équateur -. Au Sud de cette latitude, le volcanisme actif, ne reprenant que dans la Région d'Arequipa, au Pérou, y est totalement absent. C'est arc volcanique est le résultat de la subduction de la Plaque océanique Nazca sous la Plaque continentale Amérique du Sud-Américaine et les microplaques Altiplano et Andes du Nord.

La croûte océanique de la Plaque Nazca subductante, depuis 12 à 20 Millions d'années, est porteuse de la Cordillère sous-marine de Carnegie constituée des produits volcaniques de l'activité du point chaud des Galápagos sur la plaque Nazca et subductant, depuis au moins 6 Millions d'années, sous la Plaque tectonique Sud-américaine.

L'arc volcanique équatorien se développe, dans sa majeure partie, face à la dite Cordillère, sur une largeur supérieure en sa zone septentrionale, - 100 à120 kilomètres -, alors que dans la zone colombienne, la dite Cordillère n'existant pas, cette largeur n'est que de 30 à 50 kilomètres. Ainsi, alors qu'en Colombie l'arc volcanique n'est constitué que d'un seul alignement de volcans, au niveau de l'Équateur, et particulièrement face à la Cordillère de Carnegie, quatre alignements d'édifices volcaniques, parallèles, s'inscrivent dans les structures du soubassement andin : la Cordillère Occidentale, la Vallée Inter-andine, la Cordillère Royale, - hôte des stratovolcans Tungurahua et Sangay -, et la zone Sub-andine Orientale, - portant le stratovolcan Reventador -, parallèle à la faille de chevauchement.


La Cordillère Royale Andine, hôte du stratovolcan Tungurahua.


À l'Est de la dépression Inter-andine et tout du long de la Cordillère Royale, se situe le troisième alignement de stratovolcans. À la différence de la Cordillère Occidentale où les volcans s'y définissent par la rectitude de leurs centres d'émission et par leur espacement régulier, les édifices volcaniques, dans la Cordillère Royale, sont, sans aucune organisation, dispersés sur une distance de 350 kilomètres et une amplitude d'environ 50 kilomètres. Leur direction est sub-parallèle à ceux implantés sur l'alignement volcanique de la Cordillère Occidentale. Les principaux volcans caractéristiques de cette chaîne sont, du Nord au Sud, Le Soche, le Cayambe, le Pambamarca, la Caldeira de Chacana, l'Antisana, le Sincholagua, le Cotopaxi, le complexe Chaloupes-Sincholagua, le Tungurahua, l'Altar et le Sangay. Le Reventador, bien que d'appartenance inclusive à la zone sub-andine, par sa pétrographie et sa géochimie, est généralement associé au volcanisme de la Cordillère Royale.

La pétrographie des laves, andésites basiques calco-alcalines, andésites riches en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, et minoritairement dacitiques, exclusivement d'âge final du Pléistocène Supérieur et Holocène, de ces stratovolcans, est assez uniforme. Les laves récentes, majoritairement dacítiques, des volcans Cayambe et Soche, constituent une exception. En outre, le Cayambe présente une évolution similaire à celle des volcans de la Cordillère Occidentale, originellement andesitico-expansif avec le Proto-Cayambe, se transformant, caractéristique de la croissance et de la destruction des dômes, en écoulements dacítiques. Enfin, l'existence de deux grands systèmes magmatiques, les caldeiras du complexe Chacana-Chaloupes, caractérisés par une importante activité riolítique mérite une attention spéciale, une évolution pouvant s'avérer indicatrice d'une mutation notoire dans le volcanisme de la Cordillère Royale.

L'érection des édifices volcaniques de cette cordillère s'est produite au cours du Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, voire vers fin du Pléistocène inférieur, au moment de la glaciation de Gunz, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, le Nebraskéen dans les régions du Middle West. Au cours des temps, tous ont souffert d'effondrements répétés et d'étapes d'érosion intense qui ont causé de la destruction totale ou partielle des cônes. Subséquemment, la reprise d'activité volcanique a réédifié de nouveaux bâtis. Dans cette chaîne volcanique, le Cotopaxi, le Tungurahua, l'Antisana, le Sangay et vraisemblablement le Cayambe ont une activité s'inscrivant dans les temps dits historiques, - de l'Antiquité à nos jours -, et, tout particulièrement depuis 1532. D'autre part, les datations au radiocarbone permettent d'établir que les cônes « jeunes » du Cotopaxi, du Tungurahua, du Cayambe, du Sangay et, probablement, de l'Antisana ont tous été construits durant l'Holocène.

Étant considérée la fréquence de leurs épisodes éruptifs,- 31 pour le Tungurahua, 78 pour le Cotopaxi en sommeil depuis le 19 Février 1942 et 22 pour le Cayambe en sommeil depuis Mars 1786, lors de quatre derniers millénaires ; 3 pour l'Antisana en sommeil depuis Mai 1802 ; et 3, dont le dernier du 08 Août 1934 et toujours en cours en Novembre 2010, pour le Sangay depuis 1628 -, la hauteur des stratovolcans et la présence d'une calotte glaciaire, les édifices volcaniques inclusifs dans cette cordillère présentent de conséquents dangers lors de futures éruptions si celles-ci consistaient en des coulées de lave, des coulées pyroclastiques, des chutes de cendre, de catastrophiques lahars et vraisemblablement, en cas d'extrusion des dômes ou d'une partie ou de la totalité de leurs cônes, des avalanches de matériaux volcaniques


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Proto-Tungurahua.


Au cours de son évolution géologique, depuis le Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, ou fin du Pléistocène inférieur, au Nebraskéen pour les Amériques ou Glaciation de Gunz pour les Alpes, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, aux jours présents, le Tungurahua, posé sur une assise de roches métamorphiques, a connu, de façon séquentielle, au moins trois phases d'édification, présentement les seules déterminées, interrompues, pour les deux premières par des effondrements majeurs,

Ce fut, dans un premier temps, entre 1 Million d'années et 750.000 ans, l'érection du Proto-Tungurahua, référencé, par les scientifiques, Tungurahua I. Les diverse études programmées, et les résultats obtenus, n'en permettent pas encore d'en connaître ni son historique ni ses activités. Les seuls points connus sont que cet édifice s'est érigé sur les soubassements métamorphiques de la Cordillère Royale Andine et ne transparait qu'au travers des grandes surfaces inclinées, en son Nord, que sont le Runtún et le Pandoa, et des coulées de laves qui se déterminent sur les flancs, en sa partie orientale, de l'actuel édifice. Les épandages du Runtún et du Pondoa sont entaillés par de larges et profondes vallées, - les Vallées de Vazcún et d'UIba -, et, par les stratigraphies réalisées sur les aplombs qui corsètent ces cours d'eau, il s'y constate un empilement de coulées de laves andésitique basique à andésitique d'une épaisseur approximative de 400 mètres.

Le Proto-Tungurahua, ou Tungurahua I était un stratovolcan andésítique de 14 kilomètres de diamètre, lors d'au moins une explosion paroxysmale, voire colossale, qui avait déclenché au minimum un effondrement sectoriel, donnant naissance à une caldeira, et des avalanches de matériaux volcanique. L'édifice fut plus ou moins détruit et acheva son activité suite à un important épisode volcanique plus siliceux, responsable de l'émission de laves dacítiques toujours présentes sur les versants pentues du Runtún et du Minsa. D'après deux datations radiométriques réalisées par Barberi, en 1988, il peut être estimé que cet édifice, bâtit par accumulation de matériaux volcaniques au cours d'éruptions successives, a été actif de 770.000 à 350.000 ans avant l'ère chrétienne. Mais il est aussi plausible que plusieurs épisodes paroxysmaux ou colossaux se soient déroulés durant ses 350.000 ans d'existence.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua II.


Après une longue période de repos et une intense érosion, l'édifice volcanique érigeant un cône intermédiaire, le Tungurahua II, s'est réactivé vers 10.000 à 12.000 ans avant J.C. En regard des investigations récentes, ses ruines n'apparaissent, uniquement, qu'au travers d'une série de coulées de lave situées dans la partie supérieure du f1anc Sud, zone de l'évent Tiacos, du complexe Tungurahua. Cette unité constitue une séquence, d'environ 100 mètres d'épaisseur, de laves andésítiques recouvrant des coulées laviques du Proto-Tungurahua. Géomorphologiquement, cette période d'activité vulcanienne peut être antérieure à 11 ou 12.000 ans avant l'ère chrétienne car les écoulements de lave du Tungurahua II emplissent les paléo-vallées formées durant la dernière glaciation, glaciation Würn IV dans les Alpes, Wisconsin III aux Amériques, entre 31.000 et 12.000 ans ± 1.000 ans avant J.C.

Le Tungurahua II, a été partiellement détruit lors du dernier effondrement sectoriel provoqué par l'instabilité de son dôme de lave, l'intrusion d'une conséquente arrivée de magma dacítique dans l'édifice volcanique et une éruption explosive cataclysmique ou paroxysmale, vers 2995 ± 90 ans avant J.C, Cet épisode destructeur a produit, laissant une imposante caldeira, en forme de grand amphithéâtre facilement reconnaissable de nos jours, tout particulièrement sur le flanc Sud, un effondrement de matériaux volcaniques d'un volume approximatif de 8 kilomètres cube. L'avalanche, combinée à des lahars, a heurté les reliefs situés immédiatement à l'Ouest du cône et s'est étalée, couvrant une distance d'au moins 15 kilomètres et constituant les plaines de Cotaló et de Pillate, vers le Nord-Ouest, vallée de la rivières Patate, et le Sud-Ouest, vallée du Chambo. Cette vallée fut même obturée par un imposant dépôt de matériaux et entraînant la formation d'un lac de quelques 10 kilomètres de longueur. La rupture du barrage, des décennies après, a généré une nouvelle catastrophe dans un déferlement de boues emportant tout, à son passage, sur des centaines de kilomètres en aval.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua III.


Après l'effondrement du Tungurahua II, dans la caldeira en forme de fer à cheval ouvrant sur l'Ouest de l'édifice volcanique chapeauté d'un glacier, le stratovolcan Tungurahua III, sans atteindre encore la taille du Tungurahua II à la fin de sa croissance, se développe progressivement. Son activité éruptive émanant, exclusivement, de son cratère sommital, reconstruisant le cône, lui a permis de retrouver une taille au moins égale à 50% de celle du Tungurahua II, avant son effondrement. Cette activité s'accompagne de fortes explosions et de panaches et nuages de gaz, de cendres et de téphras s'élevant à hautes et très hautes altitudes dans la stratosphère et dérivant sur de longues distances.

Ces éruptions explosives provoquent, quelquefois, des coulées pyroclastiques et des coulées de laves andésitiques basiques qui atteignent les régions peuplées implantées à la base du volcan. La dernière crise éruptive importante, commençant le 06 Octobre 1999 et s'achevant le 08 Juillet 2009, Indice d'explosivité VEI 3, avait entraîné l'évacuation temporaire de la ville Thermale de Baños de Benasque située, sur le flanc Nord, à moins de 7 kilomètres du cratère sommital. La dernière éruption majeure, Indice d'explosivité VEI 4, s'était déroulée du 03 Mars 1916 à courant 1918, se prolongeant avec une activité mineure ait continué jusqu'au 01 Décembre 1925.

Deux périodes de construction sont référencées dans l'histoire du Tungurahua III. De vers 2995 ± 90 ans avant J.C, - certains spécialistes supputant même 1400 avant J.C -, jusque vers l'an 700, tel en est pour la première, d'importantes extrusions de laves et de nombreuses coulées pyroclastiques se sont succédées. Durant cette période, restant essentiellement andésitique basique la composition du magma n'a pas évolué significativement. La seconde concerne les 1.300 dernières années passées. Les épisodes éruptifs majeurs se sont succédés à la fréquence d'un par siècle. Généralement, ces éruptions explosives, de type strombolien, génèrent des chutes de cendres et de lapillis, une forte activité pyroclastique et, en phase terminale, des coulées de lave, de composition hétérogène, -andésite et dacite -. Des bouchons laviques andésitiques basiques obstruent la colonne volcanique mettant un point final à la crise éruptive. Ce schéma cyclique a été observé lors des trois plus catastrophiques éruptions historiques, dans les années 1773, 1886 et 1916-1918.


Le 05 Octobre 1999, après une longue période de repos, le volcan a repris une procédure éruptive qui s'est achevée le 02 Août 2010. Elle a été ponctuée d'éruptions explosives majeures les 16 août 2006, 06 février 2008 et 28 mai 2010. La pause éruptive a été de courte durée, le stratovolcan Tungurahua III se réactivant le 22 Novembre en émettant, après une série de fortes explosions, des plumes roses qui se sont élevées à 7,6 kilomètres d'altitude.

Tous ces points référencés et explicités, en regard de son âge, - entre 2.300 et 3.400 ans d'activité -, et des considérations volumétriques attachées à l'édifice, il peut s'admettre que le taux de croissance annuel, du Tungurahua III, est d'environ 0,15 kilomètres cubes.


Le stratovolcan Tungurahua et le risque d'une éruption explosive paroxysmale, voire colossale.


L'effondrement sectoriel du bâti Tungurahua II et l'avalanche de matériaux volcaniques, les coulées pyroclastiques et les lahars qui en ont découlé, datés de vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., par comptage du carbone 14 résiduel, - autrement dit datation par le radiocarbone ou datation par le carbone 14 -, ont laissé d'importants dépôts qui affleurent sur les flancs et le pourtour de l'édifice volcanique. De toute évidence, cet épisode paroxysmal a été provoqué par une éruption explosive, de type plinienne, ou sub-plinienne, d'une grande intensité, Indice d'Explosivité Volcanique VEI 5, et a produit des accumulations conséquentes de matières minérales vulcaniennes de deux types bien distincts.

Le premier type de dépôts correspond à des couches cendres, stratifiées et non stratifiées, croisées et lenticulaires, laissées par une nuée ardente, extrêmement véloce et mobile, composée d'une coulée pyroclastique à sa base et de gaz, de cendres et de blocs de taille variable qui dévalèrent les pentes d'un volcan et s'étendirent sur une superficie d'environ 600 kilomètres carrés pour une volume global supérieur à 0,95 kilomètres cubes.

Le deuxième type est une accumulation de strates découlant d'empilements de fragments de pierre ponce et scories émanant du nuage volcanique, tombés en pluies intermittentes, depuis la stratosphère, sur une longue durée. L'épaisseur des diverses couches, la superficie recouverte et la taille maximum des téphras, des fragments de pierre ponce et des scories mesurés et calculés, il est permis d'évaluer le volume global des produits émis et rejetés et la puissance de la phase éruptive. Ainsi, il est aisé de constater que le volume de la couche déposée représente plus de 0,55 kilomètres cube et que la durée de la phase éruptive peut être évaluée à plus ou moins une heure et la colonne de cendre a pu atteindre une altitude estimée à environ 25 kilomètres avant de se disperser vers le Nord.

Sans compter le volume du dépôt avalancheux de matériaux volcaniques associé à l'explosion sectorielle, le volume des deux types d'accumulations concrétisent un dépôt global de plus de 1,5 kilomètres cubes de roches dites « molles. »

Les multiples découvertes archéologiques, dans le périmètre régional s'étendant dans le pentagone irrégulier Tena-Puyo-Riobamba-Guaranda-Ambato-Tena et Puyo, de substructions de villes, de pots en céramique, de l’or, du cuivre et du bronze ouvragés, des canaux d’irrigation, des terrasses de culture et d'ossements humains, laissent supposer que la région était densément peuplée aux temps archaïques amérindiens de la culture Chavín(2), période dite « horizon de formation », entre 2.700 et 200 avant l'ère chrétienne.

Il est quasi certitude que l'éruption explosive colossale qui s'est produite vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., a eu, pour graves conséquences, de grands dommages tant sur les habitations que sur les personnes et a dû entraîner dans la mort des centaines, voire des milliers de personnes.

En conclusion, il peut être admis que ces considérations, sur le bâti holocène du Tungurahua, tendent à établir, si besoin en était d'en apporter preuve supplémentaire, le caractère excessivement explosif de l'édifice volcanique dans un temps géologique très récent, d'une part, et, d'autre part, l'étendue considérable des zones dévastées par ce type d'effondrement sectoriel dont le Tungurahua II s'est commis. Il n'est point à en douter, aussi, que cet événement s'est, au moins, produit une seconde fois, - probablement un certain nombre d'autres -, entre 770.000 et 350.000 ans avant J.C., avec le Proto-Tungurahua.

Et, se penchant sur la démographie régionale, plus de 400.000 personnes, dont 65.000 dans la zone dévastée vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., vivent, en ce début du XXI° siècle, dans un rayon de 50 kilomètres autour du stratovolcan.

Même si les analyses de stabilité suggèrent que le Tungurahua actuel est un cône « jeune », relativement stable et, donc, sans risque excessif d'effondrement sectoriel ou total, dans son ensemble, les travaux géologiques effectués sur le bâti référencent que plusieurs petits effondrements et de légers enfoncements, les uns et les autres modestes en regard de celui s'étant produit vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., se sont développés lors des plus récentes éruptions émanant toutes du cratère sommital.

D’après les faits historiques, le Tungurahua réintégrant son processus éruptif, en moyenne, tous les 100 ans, un processus pouvant durer de quelques mois à une dizaine d’années, l'épisode critique et redouté, d'un nouvel événement catastrophique, étant en attente depuis 1999, plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent sous la menace permanente d'une éruption explosive, cataclysmique à colossale, du Tungurahua III. Et ce risque serait d'autant plus amplifié si, associée à une intense activité sismique, une intrusion de magma à force concentration dacitique, venait à arriver à l'intérieur de la volcanique.

Raymond Matabosch


Notes.


(1) Le quechua est une famille de langues parlée au Pérou, où il a le statut, ainsi que dans d'autres régions des Andes, du sud de la Colombie au nord de l'Argentine, de langue officielle depuis 1975, Sa variante équatorienne est appelée kichwa, ou quichua. Il se subdivise en de nombreuses variétés. La plus répandue, Sud du Pérou et Bolivie, est le quechua dit « cuzquénien », qui possède une tradition écrite ancienne remontant à l'époque coloniale, - XVI° Siècle -.

Le quechua était la « lingua franca », - non sa langue officielle qui était l'aymara -, de la civilisation inca. L'extension territoriale actuelle du quechua est due au fait qu'il a été promu au rang de « lengua general » par le colonisateur espagnol.

(2) La culture de Chavin est une civilisation précolombienne. Elle doit son nom au village de Chavin de Huantar, au Pérou, où les ruines les plus significatives ont été retrouvées. C'est la culture mère de toutes les civilisations andines. Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du Jaguar ou du puma. Elle a émergé vers 1200/1300 avant l'ère chrétienne et a vu son apogée, avant de disparaître, vers 800-200 avant J.C. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique et dans la Cordillère Andine colombienne, péruvienne et équatorienne.

La civilisation de Chavin a introduit le travail du cuivre, du bronze et de l'or en Amérique du Sud. Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture.


Publié le 29 Novembre 2010 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu