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19 juin 2010

Impressionnante activité vulcanienne et strombolienne pour le volcan Batu Tara.

Code : 0604-26

Localisation : Latitude 7.792° Sud et Longitude 123.579° Est.

Alerte aviation : Niveau d'alerte orange

Alerte volcan : Non définie mais probable niveau 2, voire 3.


Le stratovolcan Batu Tara, culminant à 748 mètres d'altitude, est une petite île-volcan déserte, - dénommée le Pulau Komba, îles de la Petite Sonde -, isolée en mer de Flores et située à 50 kilomètres au Nord de l'île de Lambeta, - autrefois appelée Lamblen -, dans la province indonésienne de l'East Nusa Tenggara, Timur Oriental. Elle est la partie émergée d'un imposant édifice posé, par 3.000 mètres de fond, sur la jeune et mince lithosphère océanique de la micro-plaque tectonique Timor, une plaque en convergence, sur toute sa façade Nord, avec la microplaque de la Mer de Banda, et en convergence se transformant en divergence, sur sa façade Sud, avec la plaque australienne, et sur l'arc insulaire Sunda-Banda, à la frontière de la zone de subduction de la plaque lithosphérique australienne, en déplacement Nord, s'enfonçant sous la plaque tectonique de Sunda.

Le Batu Tara est coiffé par un grand cratère central, de 900 mètres sur 700 de diamètre, entaillé, sur son côté Est, par une cicatrice d'effondrement, semblable à celle de la Sierra del Fueco, pour le Stromboli, qui canalise les coulées de lave lors des éruptions. Particularité propre à l'édifice, même s'il est en fréquente activité, - éruptions et panaches de cendres s'élevant seulement à quelques centaines de mètres, rarement à plus de 2 ou 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer -, la végétation couvre tous ses versants jusqu'à 50 mètres de son sommet.

La géologie du Pulau Tomba se compose de couches alternées de laves basanitiques et téphritiques durcies, de cendres solidifiées et des roches éjectées par les éruptions antérieures. Le Pulau est réputé pour ses leucites potassiques.

Jusqu'en 2006, la seule éruption historique connue et documentée, de type strombolien, indice d'explosivité volcanique VEI 2, du Batu Tara, se produit durant les années 1847 à 1852. Elle se caractérise par des explosions projetant des bombes volcaniques et par un écoulement de lave. Le 1er juillet 2006, après 200 ans de calme, une éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 1, généra un panache de cendre atteignant 2 kilomètres d'altitude. Depuis, le Batu Tara connaît de fréquentes périodes éruptives, plus ou moins longues, plus ou moins importantes de type strombolien ou vulcanien, ponctuées d'explosions produisant des panaches de cendre sélevant entre 1 et 2 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, une activité éruptive comparable à celle de l'Anak Krakatau.

Le Batu Tara, Août 2008.

Les 19 et 20 Mars 2007, le volcan se manifeste, d'abord, par une faible activité explosive déclenchant l'émission de panaches de vapeur et de cendres, mais vite suivi par une phase d'éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 2, plus forte, combinée à des panaches de plus en plus importants s'élevant au-dessus de l'édifice, provoquant, par crainte d'une éruption volcanique majeure, l'évacuation d'environ 1.500 personnes résidant sur l'île de Lembata toute proche.

Le Batu Tara est, depuis resté en activité constante avec des anomalies thermiques et la production fréquente de panaches de cendre dont nombre de bas niveau. Certes, entre les 24 novembre 2009 et 23 février 2010, le volcan a été quelque calme, avec expulsion occasionnelle de plumes de cendre, tels les panaches s'élevant à une altitude de 2,4 kilomètres et dérivant sur 90 kilomètres au Nord-Ouest du Pulau Tomba, le 24 Novembre 2009, de 1,5 kilomètre et dérivant sur 25 kilomètres à l'Est de l'île-volcan, de 2,1 à 2,4 kilomètres et dérivant entre 70 et 125 kilomètres d'Ouest en Nord les 8 et 9 Mars 2010...

Le Batu Tara, 10 Juin 2010.

Cette éruption est toujours en cours et une activité strombolienne et vulcanienne impressionnante continue sur le stratovolcan Batu Tara. Le 10 juin 2010, une explosion a produit un panache de cendre atteignant 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, Et l'activité s'intensifie à compter du 11 Juin 2010, le panache de cendre est ininterrompu, son élévation oscillant entre 2,4 et 3,5 kilomètres d'altitude et dérivant au delà des 35 à 65 kilomètres d'Ouest en Nord-Ouest du Pulau Tomba. Une coulée de lave, suivant certaines indiscrétions locales, se serait même produite sur le versant Est de l'édifice volcanique.

09 janvier 2010

Mosaïque de peuples et d’ethnies, domaine réservé des volcans, l’Indonésie.

Bye bye l'Europe, bonjour l'Asie du Sud-Est...

Depuis 15 jours, et pour au moins 6 à 12 mois, je suis engagé dans un nouveau voyage d'étude, le quatrième en 20 ans, au cœur des terres indonésiennes.

Bye bye l'Eurasie, - ou continent euro-asiatique -, bonjour la Lémurie, - ou continent Indo-australien -, devrais-je plutôt écrire... Mais vous allez vous récrier et clamer que l'Inde, l'Indonésie... sont partie intégrante du continent asiatique... Mais là n'est pas l'objet de mon propos car la distribution des continents, des plaques tectoniques principales, secondaires ou disparues, et des multiples terranes qui s'emboitent les unes dans les autres pour former l'écorce terrestre de la planète Terre font l'objet de polémiques controversées, voire parfois violentes, dans le microcosme scientifique majoritairement tenu par une caste d'universitaires. Et je me refuse à ouvrir une telle polémique stérile sur le Post.fr, un site d'information populaire et grand-public.

Alors, pour une première, je vous entretiendrai de généralités pour vous présenter le plus vaste archipel du monde, l'Indonésie. Avec ses 2,028 Millions de Kilomètres carrés, presque 4 fois l'étendue de la France, pour une population de 245,5 Millions d'habitants. Avec ses 5.160 kilomètres d’Est en Ouest et 1.760 du Nord au Sud, il se compose de 17.502 îles, dont à peine le tiers sont habitées, égrenées, en deux arcs volcaniques, sur la bordure Nord de l’Océan Indien aux eaux capricieuses. Les plus grandes sont Bornéo, Sumatra, Les Célèbes, - Sulawesi, pays Toraja - , Java et la partie occidentale de la Papouasie-Nouvelle Guinée, et les plus touristiques en sont Bali, - Île des Dieux -, Lombok... Nusa Tenggara et Sulawesi sont, quant à elles, des îles hors norme se protégeant, férocement, des cultures étrangères.

L'Indonésie, une langue officielle, «  le bahasa indonesia », et une pluralité de langues locales et dialectes, - 742 bahasa daerah recensées -, est une mosaïque de peuples et d’ethnies, - plus de 350 -, où se côtoient musulmans, - environ 200 millions de croyants, 87 % de la population -, protestants, chrétiens, bouddhistes, hindouistes, confucianistes et animistes. Chacun y vit à son rythme, du plus traditionnel au plus frénétique, dans un climat de grande tolérance. La nature y garde aussi toute sa place et  dans les jungles de Sumatra les tigres, les éléphants, les serpents et les orangs-outans qui ne se retrouvent nulle part ailleurs, avec quelques  200 genres de mammifères, y vivent dans une flore unique au monde. La plus grande fleur terrestre pouvant atteindre 1 mètre de diamètre, la rafflesia, y fleurit chaque année. A Komodo, Rinca et Florés, évolue une espèce de varan carnivore de 2 à 3 mètres de long, le dragon  de Komodo, et, à Java, les édifices volcaniques rivalisent en d'extraordinaires paysages.

"Ses populations sont, pour la plupart, d’origine indo-malaise et deutéro-malaise. A Sumatra, quatre groupes ethniques, constitués de quinze peuples différents, se partagent l’île : les Atchinais, les Garos, les Bataks et les Minangkabaus. À Java, les Javanais proprement dits occupent le centre de l’île, tandis que les Sundanais peuplent le pays de Sunda ; les Madurais sont représentés à Java et à Madura ; les Balinais occupent une place à part d’un point de vue religieux, l’hindouisme étant la religion dominante de l’île de Bali. Bornéo est peuplée par les Dayaks et Les Célèbes par des peuples proto-malais, les Alfours, les Toradjas, les Manadais, les Bugis et les Macassars. Les Moluques sont habitées par les Alfours et les Amboinais et L’Irian Jaya étant le domaine des Papous. Plusieurs millions de Chinois vivent aussi en Indonésie." (1)

Avec plus de 9 millions d'habitants, 12 millions s'il s'agit de la conurbation de Djabotabek, - le grand Djakarta -, Djakarta en est la capitale. Les autres grandes villes en sont Surabaya, Babdung, Samarang et Yogyakarta, - Java -, Medan et palembang, - Sumatra -, Ujung Pandang et Macassar, - Sulawesi ou Les Célèbes -, Banjarmasin, - Kalimantan -, Denpasar, - Bali -...

Une chaîne de montagnes, d'origine volcanisme de points chauds, s’éleve à plus de 3.600 mètres, de Sumatra à Timor, zèbrant l'archipel d'Est en Ouest. Le Kerinci, dans les monts Barisan, sur l'île de Sumatra, atteint les 3.805 mètres et le Semeru, avec ses 3.676 mètres, domine Java. Le Puncak Jaya, - ou pyramide Carstensz -, 4.884 mètres, sur la chaîne du Sudirman, en partie occidentale de la Papouasie-Nouvelle Guinée, - Irian Jaya -, est le point culminant de l'Indonésie. Quant aux îles de Bornéo, Bangka et Belitung, elles sont l’extrémité méridionale du vieux bouclier de la plate-forme de la Sonde.

Les plaines les plus importantes se trouvent à Sumatra, Java, Bornéo et en Irian Jaya. Depuis des siècles, les coulées volcaniques, les cendres et les lapil-li fertilisent les sols des basses terres, notamment à Java et Bali, permettant 3 à 4 récoltes de riz par an...

Situé à la connexion de trois plaques tectonique, - les plaques australienne, philippine et eurasienne -, de multiples failles actives et des principales fosses océaniques de la planète, l’archipel indonésien connaît une forte activité volcanique et sismique. On y recense 150 volcans en activité comme le Tambora, un stratovolcan, qui forme la péninsule de Sanggar de l'île de Sumbawa, et le Krakatau, îlot volcanique situé entre Java et Sumatra, dont l’explosion en 1883 avait entraîné un gigantesque raz de marée et un rabaissement des températures terrestres de 0,5° C pendant un mois et 0,25° C au cours des douze mois suivant l'explosion, ou encore le Bromo, le Mérapi... L’une des secousses sismiques les plus récentes a frappé, en 1992, l’île de Florès, faisant 2.000 victimes ; un autre tremblement de terre a secoué Sumatra, en février1994, tuant 180 personnes. Le pays a également du faire face au tsunami de 2004 faisant 167.736 victimes à Sumatra, le tremblement de terre de Yogyakarta de 2004.... Et le dernier en date, Septembre 2009, près de 2.000 morts à Sumatra...

Je terminerai par le parc national d'Ujung Kulon abritant 50 ou 60 rhinocéros de Java, Borobudur montagne de pierres vieille de plus de 1.200 ans perdue dans une nature sauvage et luxuriante, Prambanan ou Candi Lara Jonggrang qui est un ensemble de 240 temples shivaites, construits au IXe siècle, et le site des premiers hommes de Sangiran, à Java, et les forêts tropicales ombrophiles de Sumatra qui sont des sites classés, grâce à l'Unesco, au patrimoine mondial de l'humanité.

Malang, le 23 Décembre 2009, 20 h.


Préface de "Etudes sismo-vulcanologiques en terres indonésiennes". 2009/2010

En cours de rédaction.

Auteur : Raymond Matabosch.

15:27 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Indonésiennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : asie du sud-est, insulinde, indonésie, Îles de la sonde, java, sumatra, bali | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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