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16 mars 2012

Terre de feu & de lave. Tome III

Terre-de-feu-et-de-lave.jpg

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par Raymond Matabosch

ISBN : 9782332484987

 

26 décembre 2004 en Indonésie : un séisme, de magnitude 9.0 sur l’échelle de Richter, libère, en trois minutes, une quantité d’énergie équivalente à 23.000 bombes atomiques similaires à celle d’Hiroshima. Les conséquences sont catastrophiques : dégâts considérables causés par une vague géante dans la région de Sumatra et 350.000 tués ou disparus.

Toussaint en 1755 au Portugal : un séisme de grande ampleur, suivi d’un tsunami puis d’incendies détruisent Lisbonne : 60 000 morts dénombrés.

Une litanie de lieux, de victimes, de dégâts dus aux séismes, peut être dressée. Ces manifestations brutales, dramatiques mettent en évidence l’activité interne, – d’aucuns disent les « colères » –, de la Terre. Un séisme correspond à un mouvement bref du sol engendré par l’arrivée en surface d’ondes se propageant depuis un point de rupture.

04 octobre 2011

El Hierro, Îles Canaries : Le processus éruptif est engagé

Séismicité à El Hierro : Distribution spatiale des séismes au cours des dernières 48 heures.

Données généralistes.

Les données de réfaction sismique et les anomalies magnétiques suggèrent que toutes les îles qui composent l'archipel canarien, sont implantées sur la croûte océanique. Leur limite se situe entre Lanzarote-Fuerteventura et les côtes Nord-Ouest de l'Afrique. Le « hotspot », matérialié par une anomalie magnétique au niveau de la croûte océanique, se localise, actuellement, sous les îles La Palma, - 1,77 millions d'années -, et El Hierro, - 1,12 millions d'années -, les deux îles les plus récentes et les plus à l'Ouest de l'archipel canarien. En outre, une « slope anomalie », - une « anomalie pente » -, a également été identifiée entre les îles orientales et le continent africain. La limite continent-océan est caractérisée par la présence d'une couche de 10 kilomètres d'épaisseur de sédiments. Enfin, sous les îles Canaries, d'une part, un certain nombre de discontinuités déterminent la présence de fractures, - ou rifts -, certaines d'entre elles étant sismiquement actives, dans le sous-sol, et, d'autre part, la discontinuité de Mohorovičić se localise à une profondeur plus ou moins égale à 13 kilomètres.

Fuerteventura, pointe Sud © Nadine

Le magmatisme sous-marin, aux îles Canaries, a débuté avec le volcanisme Crétacé et, sub-aérien, durant le Miocène. Tout autant, les scientifiques s'opposent sur certaines datations. Ainsi, certains préconisent, concernant par exemple la formation de l'assise sous-marine de l'ile Fuerteventura, qu'elle a trouvé sa source autour de 35 à 30 millions d'années et d'autres suggèrent que l'activité magmatique sous-marine a commencé dans le Sénonien, 80 à 70 millions d'années. Ces dates contrastent avec l'âge du stade sous-marin de la partie occidentale de l'archipel, qui a débuté, pour La Palma, entre 4 et 3 millions d'années, et pour El Hierro, entre 3,5 et 2,5 millions d'années.Au différent, le volcanisme sub-aérien de Fuerteventura, le plus ancien de tout l'archipel, est estimé à 20,6 millions d'années alors que celui de El Hierro, le plus récent, n'a que 1,12 million d'années d'âge.

Pour que le tableau généraliste soit complet, il est à préciser que toutes les îles, excepté La Gomera, ont connu un volcanisme actif durant le dernier million d'années et que quatre d'entre elles, Lanzarote, Tenerife, La Palma et El Hierro, ont subi les affres d'éruptions volcaniques au cours des derniers 500 ans.

 

Teide

XVe Siècle

Montaña de las Arenas

1705

Tinguatón

1824

Taoro

1430 ?

Fasnia

1705

Nuevo

1824

Tacande

1480 ?

Montaña Negra

1706

Tao

1824

Tahuya

1585

El Charco

1712

Chinyero

1909

Martín

1646

Timanfaya

1730

San Juan

1929

San Antonio

1677

Lomo Negro

1793 ?

Teneguía

1971

Siete Fuentes

1704

Chahorra

1798

-

-

La conjoncture sismique actuelle sur l'île El Hierro.

Depuis le 19 juillet 2011, des petits séismes à répétition, de magnitude locale, - ML- de 2.0 ± 0.5 sur l'échelle de Richter, exclusivement centrés sous les anciens volcans El Golfo et las Montañas de Julan, sont enregistrés dans la région Nord-Ouest de l'île de El Hierro, île la plus occidentale et la plus méridionale de l'archipel volcanique des Canaries. Malgré une diminution significative du nombre d'évènements journaliers, au début septembre, l'activité sismique s'est poursuivie, la localisation des essaims montrant un recentrage des séismes sous las Montañas de Julan et dans la baie hierrenne occidentale comprise entre les Puntas de Orchilla et de Rastinga. Les hypocentres de ces tremblements de terre se sont situés entre 9 et 12 kilomètres de profondeur.

Le Golfe de Julan sur la côte Ouest.

Le stade de pré-alerte, niveau « jaune » a été déclenché, le 23 septembre, en raison de la durée de la série de séismes, de l'augmentation de leur nombre et de leur intensité, d'une inflation de 2 à 3 centimètres générant une extension de l'île en son septentrion et en son midi d'environ 4 pouces, - 10/11 centimètres -, de l'augmentation du taux de dioxyde de carbone et de quelques dixièmes de degré de l'eau, indiquant un possible état pré-éruptif. Parallèlement la profondeur des hypocentres, s'étalonnant entre 12 et 24 kilomètres, a augmenté. Cette conjoncture a laissé à prévoir une migration du magma en direction d'une probable chambre magmatique se localisant au niveau de la baie de Julan et au large de la Punta de Restinga sous un « seamount » en forme de pain allongé dans un axe Est/Ouest, de 16 à 20 kilomètres de long et de 6 à 12 kilomètres de large, culminant, à environ 2/3 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de la Restinga, à -370 mètres d'altitude.

Évolution de la conjoncture séismique et volcanique à El Hierro : éruption imminente... sous 2 à 5 jours.

Entre les 25 et 30 Septembre, le nombre de séismes s'est stabilisé autour de 150 à 200 aléas de magnitude comprise entre 1.6 et 3.5 avec, parfois, un pic à 3.7/3.8, mais des hypocentres au delà de 15 kilomètres de profondeur.

La Rastinga.

Depuis le 30 Septembre et le tremblement de terre de magnitude 2,5 qui s'est produit à 20 h 14 Temps Universel, 21 h 14 heure locale, parallèlement à l'amplification de la magnitude et de l'intensité, magnitude majoritairement comprise entre 3.2 et 3.9, la profondeur des hypocentres s'est réduite et les essaims séismiques se concentrent entre 7/8 et 13/14 kilomètres de profondeur en périphérie septentrionale du « séamount », et se localisent, de fait, au-dessus du moho laissant présager la montée brutale du magma, son ascension à travers la croûte terrestre, la formation et l'élargissement d'une fissure et, d'autant que l'inflation du sol, les traces de dioxyde de carbone résultant du dégazage et la température de l'eau sont en constante augmentation, la probable éruption sous-marine, dans la mer de las Calmas, au cours des 2 aux 5 prochains jours.

Notes.

(1) La discontinuité de Mohorovičić, abrégée Moho, est la limite entre la croûte terrestre et le manteau supérieur de la Terre. Entre la croûte continentale, ayant une épaisseur moyenne de 35 kilomètres, - allant jusqu'à 75 kilomètres sous les chaînes montagneuses récentes -, et la croûte océanique d'une épaisseur moyenne de 6 kilomètres, le Moho est en moyenne situé à 43 kilomètres de profondeur, avec d'importantes variations.

 

Sur le même sujet,

articles suivants :

L'île volcan El Hierro, îles Canaries : Une éruption volcanique sous-marine annoncée. 

L'île volcan El Hierro : Considérations sur l’éruption sous-marine et nouveaux évents probables.

L'île volcan El Hierro : Naissance imminente d'une île surtseyenne.

 

 

articles précédents :

El Hierro, Îles Canaries : Intense activité séismo-volcanique.

El Hierro, Îles Canaries : Risque imminent d'éruption volcanique ?

El Hierro, Îles Canaries : Le volcanisme intra-plaque aux Iles Canaries.

 

Publié le 01 Octobre 2011 sur :

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30 novembre 2010

Le volcan Merapi sur l'île de Java...

Code 0603-25

Localisation : Latitude 7.542° Sud et Longitude 110.442° Est,

Stratovolcan, altitude 2.968 mètres, Java, Indonésie.

 


Grande effervescence, mardi 26 Octobre 2010, dans toutes les rédactions, presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. Pour toutes, et hors toute réalité volcanologique, une constatation évidente et un amalgame de mauvais aloi : Faisant suite au séisme, magnitude 7.7, du lundi 25 qui avait frappé les îles des Mentawai et généré un tsunami au bilan humain significatif avec 413 morts et des centaines de disparus, « le volcan Merapi, l'un des plus actifs et dès plus dangereux au monde, situé à 26 kilomètres de la ville de Yogyakarta, dans le centre de l'île de Java, est entré en éruption, expulsant, à trois reprises, à plus de 1,5 kilomètres d'altitude, des matériaux incandescents, des nuages de gaz, des cendres et de fumées toxiques, des nuées ardentes et de la lave sous forme de coulées pyroclastiques(1), au lendemain de l'ordre d'évacuation édictée aux 19.000 habitants vivant sur ses flancs. »


 

Le volcan Merapi.

 

Le Gunung Merapi, la « montagne de feu », est un stratovolcan indonésien, situé sur l'île de Java. A moins de 30 kilomètres au Nord de la ville de Yogyakarta, il érige, dominant une des régions le plus densément peuplées du monde, son cône presque parfait. Il culmine à 2.911 ou 2.968 mètres au-dessus des forêts, des rizières et des champs. Ses pentes abruptes, entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs Est et Nord, sont couronnées par un dôme de lave.


Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord-Nord-Ouest qui regroupe le Gunung Ungaran, - ou Oengaran -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo ; - ou Telomojo -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, - ou Merbaboe -, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le kajor et le Kopeng ; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko.

 

Le volcan Old Merapi ou proto-Merapi.

 

Au cours du Pléistocène, - 2,5 Millions d'années à -11.000 ans -, très probablement dès le Pleistocène inférieur, - de -1.8 Millions d'années à -780.000 ans - le Old Merapi, - ou proto-Merapi -, a commencé à s'édifier et a perpétué son activité jusqu'au début du 2° Siècle après J.C. Durant l'Holocène, - de -11.000 à -1.800 ans -, et le premier millénaire de l'Antropocène, - de -1.800 ans à nos jours - de nombreuses éruptions explosives avec coulées pyroclastiques, déterminées comme émanant, majoritairement, du cratère central et, accessoirement, de cônes secondaires tels le Bakalan, le Ngrangkah ou le Tegalsruni, datées par la technique du radiocarbone, y sont attestées suite à des études réalisées sur les rares coulées basalto-andésitiques, les flux pyroclastiques et les dépôts de lahars attenants à cette période. Les manifestations les plus significatives se sont produites en -8780 ± 150 ans, -7310 ± 300 ans, -4690 ± 75 ans, -2910 ± 150 ans, -1890, -1770 ± 75 ans, -1410 ± 50 ans, -1180 ± 75 ans, -1010 ± 200 ans, -700 ± 150 ans, -340 ± 500 ans, 20 ± 300 ans et 120 ± 75 ans. Ainsi il peut s'en convenir que le Old Merapi était un édifice volcanique très actif.


Mais en l'an 120 ± 75 ans, une éruption explosive d'une extrême violence, déterminée dans le cratère central, d'indice d'explosivité volcanique 6-7(2), - VEI – de type au moins Plinien voire Plinien-Ultra-Plinien, déclenchant un flux pyroclastique composé, d'une part de gaz, de cendres et de débris de roches qui s'étaient élevés à plusieurs kilomètres d'altitude qui, en retombant, avait recouvert des centaines de kilomètres carrés, d'autre part, de nuées ardentes qui dévalèrent les pentes et détruisirent tout sur leur passage, et, enfin, les étendues d'ignimbrites. Concomitammant, son cône se désintégra, créant une caldeira monumentale, ce qui provoqua une avalanche de matériaux qui ensevelit toute la région sous de dizaines de mètres de débris.

 

Tout comme l'actuel Merapi, le Old Merapi était un volcan gris.

 

Un volcan gris se situe, généralement, à l'aplomb d'une zone de subduction ou de subduction-collision, telles celles qui existent tout autour de l'Océan Pacifique, - le Pacific Ring of fire ou Ceinture de Feu du Pacifique -, en Méditerranée, aux Antilles, etc... Ces édifices volcaniques sont de type explosif et émettent des laves visqueuses généralement basalto-andésitiques. Ces émissions laviques ne s'épanchent que très rarement en coulées, et s'il s'en produit celles-ci sont de faible longueur et de peu d'ampleur. Au différent, les laves s'accumulent au point de sortie et forment soit une aiguille soit un dôme de lave plus ou moins instable qui, sous le poids incommensurable de la masse amoncelée, s'effondre ou explose en partie, voire en totalité.


Et c'est sur ce type de volcan que se génèrent, en terme d'Indice d'explosivité volcanique, les plus fortes éruptions. Au cours d'un événement paroxysmal, - VEI 5 -, ou colossal, - VEI 6 à 8 -, l'édifice, en son entier, peut être totalement néantisé, entraîner, violemment et rapidement, la dispersion de la partie supérieure de la chambre magmatique, et provoquer l'effondrement de la croûte terrestre, donnant, alors, naissance à une caldeira souvent gigantesque. Une telle explosion, il y a environ 73.000 ans, fut à l'origine de la formation du lac Toba, - 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large -, sur l'île de Sumatra, 2.800 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques éjectés. Plusieurs successives, vers -2.1 millions d'années, une caldeira de 95 kilomètres de long et 60 kilomètres de large, 2.500 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , vers -1.3 millions d'années et une caldeira de seize kilomètres de diamètre, 280 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques, et vers -640.000 ans, une caldeira de 85 kilomètres de long sur 45 kilomètres de large, 1.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , sont à l'origine de la super caldeira du « supervolcan endormi de Yellowstone », Wyoming, aux États-Unis. Et, plus proche de nous, le volcan Krakatoa, - ou Krakatau -, surtout connu pour son explosion du 27 août 1883, une des plus violentes de mémoire d'homme, qui tua plusieurs dizaines de milliers de personnes et engendra un tsunami dont les vagues furent alors perceptibles jusqu'en Europe, faisant suite à l'éruption explosive de 535, d'une puissance d’environ 400 mégatonnes de TNT - soit 2000 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima -, qui aurait laissé une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, l’actuel détroit séparant les deux îles de Java et Sumatra, et au coeur de laquelle est né, entre les anciens cônes du Krakatau, de Perboewatan et de Danan, en 1927, lors d'une éruption surtseyenne avec des propulsions de blocs à plus de 1.200 mètres d'altitude, l'Anak Krakatau.


Il ne faut pas en oublier, le Lac Taupo, sur Île du Nord, en Nouvelle-Zélande, et l'éruption d'Oruanui il y a 26.500 ans environ, 1.170 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques ; la Caldeira La Garita, Colorado, aux États-Unis, - 27,8 millions d'années, 5.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques - ; les Caldeira d'Aira et d'Aso, Kyūshū, au Japon ; la Caldeira du Duomo, le 24 Août79, à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, et le Champs Phlégréens, Campanie, en Italie, un zone toujours active avec un soulèvement du sol de 2 mètres depuis 1970 ; le Laacher See, Rhénanie-Palatinat, en Allemagne ; la Caldeira Kikai, îles Ryūkyū, au Japon ; la Caldeira de Long Valley, Californie, aux États-Unis qui, avec 30 kilomètres de long sur 18 kilomètres de large, est l'une des plus grandes et dont l'activité sismique, - séisme de magnitude 6 en 1998 -, volcanique, - dégazage de 133 tonnes de gaz carbonique par jour avec disparition de la végétation et déformation du sol de 10 centimètres par an -, et hydrothermale y est importante depuis 1980 ; la Caldeira de Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; la Valle Grande, Nouveau-Mexique, aux États-Unis.... et, en France métropolitaine, l'immense volcan du Cantal, implanté dans une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, qui s'est formé, -13 millions d'années, suite à une telle explosion...

 

Le volcan Young Merapi.

 

L'activité du Old Merapi s'est achevée, il y a environ 2.000 ans, vers l'an 120 ± 75 ans, avec l'explosion et l'effondrement de l'édifice majeur donnant forme à une caldeira sur le bord de laquelle se situait le volcan de Batulawang, un volcan plus ancien et fort érodé.

C'est au Sud-ouest de cette caldeira, morphologiquement une grande dépression en forme de fer à cheval, qu'entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, le Young Merapi, - ou Nouveau Merapi -, prenait naissance et, la comblant rapidement, asseyait la croissance de son cône aux pentes raides, abruptes et escarpées. En lui-même, le Mérapi est un volcan complexe. Stratovolcan aux colères meurtrières, aux catastrophiques avalanches gravitaires et aux terribles nuées ardentes, accompagnées de séismes caractéristiques et de déformations importantes au sommet, avec un rythme d'éruption tous les deux à quatre ans, tout un ensemble d'édifices éruptif le complète : cônes du stratovolcan Merapi Batuwalang culminant à 2.551 mètres, du Gunung Bibi, 2.025 mètres,du Gunung Plawangan, 1.275 mètres, et du Gunung Turgo, 1.250 mètres ; cratère fissural du Pasarbubar ; dôme Batang, 2.600 mètres ; et bouches fumerolliennes et thermales Kawah Gendal et Kawah Woro.

Depuis des décennies, voire depuis des millénaires, tout comme ce l'était pour son prédécesseur le Old Merapi, son cratère sommital est engorgé par un dôme de lave basalto-andésitique et andésitique à forte teneur teneur pondérale en silice, riche en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, - hornblende brune, pyroxènes... -, pâteuse et de couleur gris-noir à noir, un dôme qui, tout comme un sporophore, pousse sans relâche. Sous le poids de la masse créant des brèches impressionnantes dans l'édifice instable, régulièrement, le dôme branle, chancelle, bascule et culbute dans le vide générant des avalanches incandescentes spectaculaires et, parfois, de monstrueuses et redoutables nuées ardentes qui dévalent les pentes du Merapi et détruisent tout sur leur passage. Les plus de 400.000 habitants vivant sur les flancs de la Montagne de feu, et à ses pieds, en connaissent les risques et les acceptent. Cette épée de Damoclés, suspendue au-dessus de leur tête, est, en quelque sorte, leur prix à payer pour pouvoir profiter de la fertilité des sols nourris par les cendres volcaniques émises épisodiquement par le volcan considéré, par les javanais, comme un lieu sacré demeure des maîtres spirituels protégeant le royaume.

 

L'activité du Volcan Young Merapi.

 

Depuis le début de son édification, entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, et les temps présents, le Young Merapi a connu 87 éruptions explosives, toutes, exceptées celle de 410 ± 150 ans évent Plalangan, 940 ± 100 ans évent Selo, 1230 ± 200 ans évent Deles, 1380 ± 300 ans et 1480 ± 300 ans évent Sambisari, 2 Septembre 1846 sommet et flanc Sud-Est, 26 Janvier 1906 ± 5 jours sommet et flanc Est, 01 février 1909 Ouest du dôme de lave, et 12 Janvier 1967 brèche supérieure du dôme Batang, de type cratère central, dont 81 attestées scientifiquement, 5 incertaines et une, en 1006, bien que mentionnée au titre de « mahapralaya », - grande catastrophe -, sur la Pierre de Calcutta(3), discréditée et invalidée par les volcanologues.


Mais depuis le 8 Janvier 1548, première éruption explosive centrée sur la partie sommitale de l'édifice, avec coulées pyroclastiques, observée par des européens, 68 jaillissements volcaniques se sont produits dont 26 concernent le XX° Siècle et le début du XXI°.

Ces derniers se répartissent ainsi :

- 5 éruptions explosives du cratère sommital : le 19 Mai 2008, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Janvier 1971 au 26 Juillet 1971, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Septembre 1923 à Novembre 1923, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; en 1908, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; le 03 Février 1903, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 2 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques et extrusion du dôme de lave : le 10 Septembre 1924, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 28 Mars 1915 au 15 Mai 1915, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 9 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars : du 20 Janvier 1992 au 19 Octobre 2002, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes ; du 29 septembre 1948 à Décembre 1948, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1 million de mètres cubes ; 30 Mai 1942 à Mai 1945, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 million de mètres cubes ; du 13 Décembre 1939 à Septembre1940, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ; du 01 Octobre 1933 à Avril 1935, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ; en Novembre 1932, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 18 Février 1922 au 08 Août 1922, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1million de mètres cubes ; du 01 Février 1909 à Mai 1913, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 8 millions de mètres cubes ; de Janvier 1905 au 01 Juin 1905, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;


- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : de mars 2006 au 09 Août 2007, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ;

- 6 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 10 Octobre 1986 à Août 1990, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 6,8 millions de mètres cubes, 60 victimes recensées ; du 11 Avril 1961 au 28 Novembre 1961, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions mètres cubes ; du 3 Mars 1953 à Décembre 1958, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 9,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 15 millions de mètres cubes, 54 victimes recensées ; du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées ; du 25 Juillet 1920 à Février 1921, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de tephra supérieur à 900 mètres cubes ; de Décembre 1902 au 20 Juin 1904, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 million de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, avalanche de matériaux volcaniques, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 06 Octobre 1972 à Mars 1985, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 2,1 millions de mètres cubes, 26 victimes recensées ;

- 1 éruption explosive dans le cratère fissural du Batang, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 12 Janvier 1967 à 1970, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive au sommet et sur le flanc oriental, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 26 Janvier 1906 au 17 Février 1907, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2 , volume de lave supérieur à 10 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 5 millions de mètres cubes.

En cela le Young Merapi est considéré comme le volcan le plus actif et le plus meurtrier, au plan historique, d'Indonésie. Aussi est-il l'objet d'un contrôle continu et permanent par le Merapi Volcano Observatory, - le MVO ou Observatoire Volcanologique du Merapi -.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010 est-elle dépendante du séisme ayant frappé les Îles des Mentawaï ?

 

« Indonésie : Éruption du volcan Merapi après le séisme de Sumatra... Le volcan indonésien Merapi, situé sur l'île de Java, est entré en éruption mardi, quelques heures seulement après un séisme de magnitude 7,7 qui a déclenché un tsunami faisant au moins 413 morts et des centaines de disparus sur la côte de Sumatra... », ainsi s'exprimaient, en termes plus ou moins semblables, dès le 26 Octobre, tous les médias... et colportaient le fait controuvé que l'éruption volcanique était, tout comme pour le tsunami, la résultante du séisme...


Certes les Îles des Mentawaï se situent dans l'Océan Indien, au large des côtes Ouest de Sumatra, en Indonésie, et le séisme du 25 Octobre 2010, magnitude 7.7, se localise au Nord-Est de la Fosse de la Sunda, sur le Mentawaï Ridge, profondeur 20 Kilomètres s'incisant sur le plan de Wadati-Benioff(4) ; le volcan Merapi, se situe sur l'Île de Java, en Indonésie, à l'Est de la dite Fosse de la Sunda, à quelques 300 kilomètres de celle-ci, et, à ce niveau, la profondeur du Plan de Wadati-Benioff est estimée à 170 kilomètres. Mais le Merapi se circonscrit à plus de 1.000 kilomètres au Sud-Est des Îles des Mentawaï et de l'épicentre du séisme sus-cité.

Certes le Merapi fait partie intégrante de l'Arc volcanique de la Sunda, un arc s'étendant sur plus de 2.000 kilomètres, - les Îles de Sumatra, de Java, de Bali, Lombok, Sumbawa, Flores -, et, tout comme les Îles des Mentawaï, partie intégrante de l'avant-arc, - une chaîne de reliefs composée de 131 îles, îlots et rochers séparés de l'Île de Sumatra par le détroit de Mentawaï. Les principales îles en sont les Îles Simeulue, Nias, Batu et Mentawaï. Cette chaîne ressurgit plus à l'est pour former les chaînes montagneuses de Sumba et du Timor -, il se situe en surplomb de la convergence de deux plaques tectoniques, la plaque Indo-Australienne subductant sous celle de la Sunda qui porte le plateau continental englobant les Îles de Sumatra et de Java, et le plateau océanique de Nias supportant l'avant-arc. Mais, à la différence du plateau continental de la Sunda possédant toutes les propriétés d'un continent, - lithologie acide, forte épaisseur de la croûte continentale, histoire géologique -, le plateau océanique de Nias, quasi-inexistant à l'ouest de l'île de Sumatra, - dans la zone de subduction ou la plaque océanique plonge sous la croûte continentale - , est, de plus, en conflit avec le plateau asiatique sous lequel il s'enfonce à la vitesse de 5,2 centimètres par an. En outre, au différent de l'Île de Java, le plateau océanique de Nias est incluse dans un système orogénique.


Certes, les Îles des Mentawai et les Îles de Sumatra et de Java se situent dans une zone sismique et volcanique sensible où les subductions s'y succèdent depuis le Dévonien, - période dominée par la formation du super-continent Gondwana dans l'hémisphère Sud, l'ensemble des océans étant en phase de fermeture -, le Carbonifère et le Permien, - système géologique où toutes les masses de terre, à l'exception d'une portion de l'Asie du Sud-Est, se sont agglomérées en un seul super-continent appelé Pangée. - Mais si la convergence, au niveau des Îles des Mentawaï, à une vitesse de 5,9 centimètres par an, se réalise dans un axe Sud-Ouest/Nord-Est, celle-ci est quasi frontale, vitesse de 6,5 centimètres par an, au niveau de l'Île de Java.


 

Les prémices de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Dès le 22 septembre 2010, le Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - le C.V.G.H.M. -, et le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi, - le P.V.M.B.G. -, avertissent que la sismicité, autour et dans l'édifice du Young Merapi, décelée depuis le début du mois de Septembre, tant dans la fréquence des secousses que dans leur magnitude, est en constante progression. Des observateurs postés, certains à Babadan, 7 kilomètres à l'Ouest de l'édifice volcanique, d'autres à Kaliurang, 8 kilomètres au Sud, signalent, le 12 Septembre, avoir entendu le grondement sourd d'une avalanche de matériaux volcaniques dévaler les flancs du volcan. Mais difficile en est d'en déterminer l'origine : celle-ci avait-elle était provoquée par un séisme dont l'hypocentre se serait situé dans la corps du bâti vulcanien ? Ou par une poussée du magma andésitique engorgeant la sortie du cratère ? Des questions auxquelles il est inadéquat, les deux hypothèses pouvant s'avérer plausibles, d'y répondre.


En effet si la sismicité est croissante, l'inflation du dôme de lave, découverte dès le mois de Mars, est, parallèlement, en accroissement au niveau basal. Cette inflation varie entre 0,1 et 0,3 millimètres jours et, inéluctablement, presse sur le dôme en lui-même, fragilisant le haut de l'édifice, créant des fissures sur ses bords, le rendant, de fait, instable et branlant. Conséquence directe, laissant à penser à un éboulement sommital partiel, le 13 septembre 2010, des plumes, composées de gaz et de matériaux volatiles, de couleur, pâle sont aperçues s'élevant, en une colonne de 800 mètres de hauteur, au-dessus du cratère. Bien plus, le 16 Septembre, sous une grosse poussée magmatique, l'inflation croît, brutalement, de 11 millimètres.

A partir du 19 Septembre jusqu'à la fin du dit mois, et tout le long de celui d'Octobre, la fréquence des tremblements de terre, en alternance avec des plumes volcaniques qui s'échappent du sommet du cratère, un dégazage permanent et une inflation galopante, atteignant des niveaux de 8,5 centimètres jour, du dôme de lave, est en continuelle augmentation et les secousses, aux magnitudes variant entre 2.0 et 3.5, se centralisent, en essaims, au niveau basal du volcan. Le 20 septembre, le C.V.G.H.M., élève le niveau d'alerte volcan, - sur une échelle de 1 à 4 ou, suivant les pays, de 1 à 5 -, au niveau 2.

 

Aux veilles de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

D'après le « Djakarta Globe », le vendredi 22 Octobre 2010, 7 séismes profonds, 34 séismes volcaniques superficiels et 321 séismes volcaniques multiphases sont enregistrés, 93 épisodes émissifs de coulées laviques sont constatés et l'inflation du dôme de lave, de 8,5 centimètres, le mercredi 20 Octobre, croît à 16 centimètres. De fait, le C.V.G.H.M. relève le niveau d'alerte volcan de 2 à 3 sur une échelle de 4. Simultanément, les autorités locales prennent les dispositions drastiques qui s'imposent, interdisant toute circulation sur les routes menant au volcan, délimitant une zone d'interdiction de 8 kilomètres de rayon avec, pour centre, le cratère sommital et obligeant les habitants, vivant sur les flancs du Young Merapi, à déserter leurs villages, à se replier au-delà de cette limite, et, surtout, à s'écarter des couloirs de drainage des flux pyroclastiques.


Le volcan est célèbre pour les effondrements cataclysmiques de son dôme de lave qui génèrent des coulées pyroclastiques transitant sur des distances plus ou moins égales à 6,5 kilomètres, les touristes sont déclarés « persona no grata » dans la zone interdite et les mineurs de sable doivent cesser, impérativement, leurs activités. Parallèlement, les autorités envisagent l'évacuation de la zone et s'activent à préparer les routes en vue d'une telle alternative. Les volcanologues attachés au Merapi Volcano Observatory, - Observatoire Vulcanologique du Merapi -, redoutent, après celle de Mars 2006 au 09 Août 2007 ayant entraîné évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations, une nouvelle éruption engendrant des coulées de lave sur 24 kilomètres de longueur, et des coulées pyroclastiques conséquentes qui pourraient lécher les abords de la ville de Yogyakarta, au Sud du volcan, distante de plus ou moins 26 kilomètres.

Les 23 et 24 Octobre, les coulées de lave commencent à affluer dans la Vallée de la rivière Gandol, laissant présager la probabilité d'une éruption imminente. En corrélation avec l'éruption explosive de 2006, le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi constate que les distensions provoquées par l'inflation galopante du dôme de lave est plus rapide cette fois-ci et l'accumulation de gaz aérosols impliquent une pression plus importante pouvant aboutir à une éruption explosive de type de celle qui s'est produite du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 13 villages anéantis et un bilan catastrophique de 1.400 victimes recensées.


Concomitammant, au lieu des 321 séismes volcaniques multiphases mémorisés le vendredi 22 Octobre, le samedi 23, 525 sont enregistrés et le dimanche 24, ce nombre est de 672, et les jaillissements de lave augmentent, passant de 93 à 183, le samedi et, avec un taux d'inflation du dôme de lave de 42 centimètres, à 217 épisodes laviques le dimanche. Toutes les suppositions sur le type d'éruption sont émises : soit une une éruption Péléenne avec des coulées pyroclastiques et des ruisseaux de lave, soit une éruption Plinienne, - ou Vesuvienne -, beaucoup plus explosive, éjectant cendres, roches et matériaux volcaniques à plus de 25 kilomètres d'altitude, avec ou sans coulées pyroclastiques. Une seule certitude en est : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006, mais nul ne peut savoir, en date du 24 Octobre, malgré l'éminence de l'aléa volcanologique, quand le volcan entrera en éruption et combien de millions de mètres cubes de matériel volcanique il vomira. »

Le 25 octobre 2010, sur sollicitation du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - plus de 650 séismes multiphases le dimanche 24 Octobre et plus de 350, dont un de magnitude supérieure à 5,5 sur l'échelle ouverte de Richter, en moins de 12 heures le lundi, et une colonne de lave s'élevant à environ 1 kilomètre d'altitude au dessus du cratère sommital -, le gouvernement indonésien élève l'alerte au niveau 4 : éruption imminente. Les villageois, vivant dans un rayon de 10 kilomètres autour du volcan, environ 19.000 personnes, concernées dans un premier temps, sont sommées d'évacuer les régions menacées.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Contrairement à ce qui a pu être annoncé par les médias, ce n'est pas le mardi 26 Octobre 2010 mais la veille, le lundi 25, que le Young Merapi est rentré en éruption par le truchement de trois épisodes explosifs majeurs, à 07 h 04 Temps Universel, - 14 h 04 Heure locale -, 07 h 24 Temps Universel, - 14 h 24 Heure Locale -, et 08 h 15 Temps Universel, - 15 h 15 Heure locale -, avec épanchements de coulées laviques qui ont atteint les bases des flancs méridionaux et sud-orientaux. Ce même jour, 222 événements sismiques volcaniques superficiels et 454 événements sismiques multiphases déclenchant, pour certains, des avalanches de matériaux et des flux pyroclastiques sont enregistrés par le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation.


Pour seule information, déniant, de fait, les assertions des gazetiers affirmant le contraire, le séisme de magnitude du moment révisée de 7,5 à 7.7 ayant frappé au large des côtes Sud-Ouest du Pulau Sibarubaru, dans le Kepulauan Mentawai, en Indonésie, s'est produit, le même jour, à 14 h 42 Temps Universel, - 21 h 42 Heure Locale -, soit plus de 7 heures après la première éruption majeure ayant, elle, affecté le Young Merapi. Comme quoi, avant d'être véhiculées et jetées en pâture aux lecteurs majoritairement candides, les informations et les « scoops » médiatiques mériteraient d'être réellement vérifiés, contrôlés et corrigés. Une erreur parmi tant d'autres mais, en définitive, une somme d'erreurs commises journellement, sur nombre d'événements, s'accumulant et portant total discrédit à la caste journalistique.

 

Chronologie des événements éruptifs du mardi 26 octobre 2010.

 

Les éruptions, - de type plinien ? ou vulcanien ? -, débutent, le mardi 26 Octobre 2010, à 10 h 02 Temps Universel, - 17 h 02 Heure locale -, et plusieurs suivent à 10 h 18 Temps universel, - 17 h 18 Heure Locale -, 10 h 23 Temps Universel, - 17 h 23 Heure Locale -, 10 h 30 Temps Universel, - 17 h 30 Heure Locale -, d'une durée de 2 à 9 minutes, à 10 h 42 Temps Universel, - 17 h 42 heure Locale -, une crise plus importante d’une amplitude de 33 minutes Puis, un calme relatif s’installe jusqu’à 11 h 00 Temps Universel, - 18 h 00 Heure Locale -, lorsque d’importants grondements se font entendre, des grondements étagés à 11 h 10 Temps Universel, - 18 h 10 Heure locale -, 11 h 15 Temps Universel, - 18 h 15Heure Locale -, 11 h 25 Temps Universel, - 18 h 25 Heure Locale -, se poursuivant jusqu’à 11 h 45 Temps Universel, - 18 h 45 Heure Locale -. Elles se caractérisent par une succession de douze d'explosions de forte ampleur générant des coulées pyroclastiques et des nuées ardentes qui dévalent, à des vitesses voisines de 500 kilomètres/heures et à des températures oscillant entre 600 et 800° C., les versants Ouest-Sud-Ouest et Sud-Est de l'édifice volcanique.


Ces coulées pyroclastiques et ces nuées ardentes sont accompagnées de roulements sourds laissant présager des avalanches de matériaux vulcaniens consécutifs à des effondrements partiels du dôme de lave et du bâti sommital, et d'un panache de tephras, - majoritairement des cendres -, de gaz chauds et de fumées toxiques s'érigeant, en colonne, à environ 4.500 mètres d'altitude et, sur sa partie basse ayant corps de surge volcanique, déboulant le long des pentes qui sont densément peuplées car très fertiles. Et l'incandescence du cratère est nettement visible depuis le poste d'observation de Selo, sur le flanc Nord du volcan, et apercevable de Yogyakarta, en son Sud-Sud-Ouest, de Surakarta, en son l'Est, et de Semarang, à plus de 60 kilomètres, en son Nord.

Dans un communiqué du 26 Octobre, le Volcanic Ash Advisory Centres, - le V.A.A.C. -, de Darwin(5) précise, même, la présence de cendres à plus de 18 kilomètres d’altitude, au-dessus de l'édifice volcanique, des cendres dérivant vers le Sud et le Sud-Ouest en direction de l'Océan Indien, démontrant, s'il en doit être, la violence des explosions, d'une part, et, d'autres part, les effondrements qui peuvent se produire dans la partie sommitale du Young Merapi. En effet, dans son communiqué, le V.A.A.C de Darwin, annote ; « Altitude du Merapi : 2.947 mètres. », soit une diminution de son cône, s'en tenir compte de l'inflation qui s'est accumulée sur son dôme de lave depuis le mois de Mars, d'au moins 21 mètres, ce confirmant les prévisions émises dès le 24 Octobre : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, de type plinien ou vesuvien, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006... »


Outre les douze explosions, durant toute la journée du 26 octobre, le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation répertorie et enregistre 232 événements sismiques volcaniques superficiels et 269 événements sismiques multiphases déclenchant des avalanches de matériaux et des coulées pyroclastiques, particulièrement affectant le flanc Ouest du bâti vulcanien, 4 jaillissements de lave, 6 nuées ardentes et un panache de cendres, de gaz et de fumées toxiques.

 

Les conséquences de l'éruption du Young Merapi, les 25 et 26 Octobre 2010, sur les populations.

 

D'après la presse locale, tout particulièrement le « Djakarta Globe », même si plusieurs éruptions mineures se sont déjà produites les jours précédents, même si l'ordre d'évacuation a été promulgué par les autorités, environ 15.000 personnes n'auraient pas encore déserté les villages implantés sur les versants du volcan et les abords proches de celui-ci. En effet, si les femmes, les enfants et les personnes âgées ont accepté d’être déplacés vers des lieux plus sûrs, les hommes, eux, ont refusé abandonner leurs maisons pour s'occuper de leurs champs, de leurs cultures et leurs bétails.


Les nuées ardentes, les chutes de cendres et les gaz toxiques ont tué 36 personnes, toutes victimes de brûlures graves, dont une journaliste de Vivanews et Mbah Maridjan, le juru kunci du Merapi, - le gardien spirituel du volcan pour les habitants locaux -, blessant plus ou moins grièvement des milliers d'autres, et anéantissant des villages, tout particulièrement celui de Kinahrejo. Par ailleurs des chutes de cendres ont été recensées à Yogyakarta et à Cilacap, à plus de 120 kilomètres au Sud-Est de l’édifice.

 

Quels risques de destruction totale de son cône pour le Young Merapi ?

 

Au 26 Octobre 2010, au soir, nul ne peut douter que l'éruption du Young Merapi, présentant, dans ses premiers jours, des similitudes avec celle qui s'était produite le 25 Novembre 1930 et qui avait perduré jusqu'en Septembre 1931, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées -, puisse se résumer en une crise éruptive volcanique de seulement quelques jours, voire une ou deux semaines au plus. Certes, l'usage veut que de petites éruptions ont lieu tous les deux ou trois ans et de plus importantes tous les dix à quinze ans, que la précédente en date, de Mars 2006 au 09 Août 2007, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes -, se soit déroulée sur une durée supérieure à un an. Il n'en paraît pas être vrai, de l'adage, pour la présente car l'Indice d'Explosivité Volcanique, de niveau 1 ou 2 pour la journée du 25 Octobre, doit être, pour celle du 26, estimée à, au moins, 3, un fait laissant présager une crise importante, voire cataclysmique ou paroxysmale, se prolongeant sur les mois à venir.


Le Young Merapi se situe sur un arc volcanique, - l'arc volcanique de la Sonde -, s'étirant sur plus de 2.000 kilomètres, connu pour produire de grandes catastrophes telles, celles historiques, du Krakatoa, en 535, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, avec formation d'une caldeira de 50 kilomètres de diamètre ayant donné naissance au Détroit de la Sonde séparant Sumatra de Java ; du Tambora, en 1815, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 7 -, qui avait une altitude de 4.300 mètres perdant, en quelques heures, 1.500 mètres de hauteur, occasionnant la mort de 92.000 personnes et créant une caldeira de 6 kilomètres de diamètre, profonde de 600 mètres ; à nouveau du Krakatoa, les 26 et 27 Août 1883, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 6 -, les autorités hollandaises chiffrant le nombre total de victimes à 36.417 et laissant une caldeira de 7 kilomètres de diamètre ; le Mont Kelud, en 1586, meurtrier, avec environ 10.000 victimes, et, en 1919, tuant 5.115 habitants de l’est de Java, au Sud de la grande ville de Surbaya ; et le Mont Agung, sur l'Île de Bali, en 1963, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 5 -, entraînant dans la mort 1.553 personnes. Enfin, il ne se peut omettre l'éruption de Toba, sur l'Île de Sumatra, datée de -73.000 ± 4.000 ans, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, laissant une caldeira de 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large remplie par un lac, le lac Toba, Elle est considérée comme la plus récente éruption d'un « supervolcan. » Le total des matériaux éruptifs émis était d'environ 2.800 kilomètres cubes, dont 2.000 kilomètres cubes d'ignimbrite et 800 kilomètres cubes de téphras et de cendres.


En outre, et non des moindres, l'histoire du Merapi, depuis sa création, au cours du Pléistocène, très probablement dès le Pléistocène inférieur, est ponctuée par des effondrements de son bâti vulcanien : des échantillons ont été datés, sur le Gunung Bibi, un volcan inactif dans le complexe Merapi, de 670.000 ± 25.000 ans ; des dépôts basaltiques et des coulées pyroclastiques ont été relevés sur les pentes des cônes volcaniques du Plawangan et du Turgo, en périphérie de la cadeira laissée par le Od Merapi, estimés à 40.000 ± 15.000 ans ; vers - 2.000 ± 75 ans, marquée par des épisodes de grandes coulées andésitiques entrecoupées de nuées ardentes, surtout lors de la « série Batulawang » qui s’est achevée par un événement majeur de type Mont Saint-Helens qui a quasi arasé toute la partie Ouest du volcan, laissant, dans sa morphologie, une grande dépression en forme de fer à cheval ; et, enfin, depuis le cratère fissural de Pasarbubar qui, suite à une éruption ou plusieurs éruptions sub-pliniennes et phréato-sub-pliniennes, vers - 120 ± 75 ans, qui ont produit une série de déferlantes ensevelissant des temples éloignés et atteignant l’emplacement de l’actuelle ville de Yogyakarta.

Alors une question se pose : Le Merapi sera-t-il à nouveau, dans un temps plus ou moins bref, son activité étant cyclique, le siège d'un événement paroxysmal ou colossal comme il en a déjà commis, au moins 4 d'entre eux attestés scientifiquement et répertoriés, dans un passé historiquement récent et paléolithiquement lointain ?

 

Bener, le 27 Octobre 2010

Raymond Matabosch

 

Notes.

 

(1) Les coulées pyroclastiques sont des émissions violentes d'un mélange de gaz magmatiques, de laves, de cendres, de blocs et débris projetés latéralement sur les flancs du volcan sous l'effet de la détente de gaz sous pression. Ce mélange chaud, plusieurs centaines de degrés, pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres par heure, détruit tout sur son passage.

(2) L'indice d'explosivité volcanique, - ou échelle VEI, Volcanic Explosivity Index -, fut inventée par Chris Newhall de l'United States Geological Survey et Steve Self de l'Université d'Hawaii, en 1982, pour établir une mesure relative de l'explosivité des éruptions volcaniques. Cette indice s'établit sur 9 degrés : 0 ou Hawaïen non explosif : 1 Hawaïen-Strombolien modéré ; 2 Strombolien-Vulcanien explosif ; 3 Vulcanien sévère ; 4 Vulcanien-Plinien cataclysmique ; 5 Plinien paroxysmal ; 6 Plinien-Ultra-Plinien colossal ; 7 Ultra-Plinien colossal ; et 8 Ultra-Plinien.

(3) La pierre de Calcutta, trouvée à Java Est, en Indonésie, conservée au Musée Indien de Calcutta, porte une inscription et une date correspondant à 1041 après J.-C. L'inscription mentionne une mahapralaya qui serait survenue dans la région de Yogyakarta en l'an 928 de l'ère Saka, c'est-à-dire en 1006 de notre ère. Elle pourrait relater une éruption du Merapi.

(4) Le Plan de Wadati-Benioff est la surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction. Il se se définit en décrivant les effets du phénomène de subduction, plutôt que sa cause.

Le plan de Wadati-Benioff montre une disposition remarquable des foyers sismiques. Les séismes superficiels, dont la profondeur du foyer n'excède pas 100 kilomètres, sont les plus fréquents. Ils se localisent essentiellement entre la fosse et la zone volcanique. Les séismes plus profond ont une caractéristique remarquable : la profondeur de leurs foyers augmente lorsque l'on s'éloigne de l'arc magmatique.

(5) La région couverte par le Centre d'Annonce de Cendres Volcaniques de Darwin, - l'un des neuf V.A.A.C. créés pour aviser l'industrie aéronautique internationale de l'emplacement et du mouvement des nuages de cendres volcaniques -, inclut l'Australie, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et une partie des Philippines. Cette région a vu quelques-unes des éruptions les plus grandes connues à l'histoire.

 

Publié, du 07 au 11 Novembre 2010, sur :

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11:18 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : merapi, indonésie, Île de java, éruption volcanique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

03 septembre 2010

Sur l'île de Sumatra, Le Seulawah Agam sous haute surveillance.

 

Code 0601-02

Localisation : Latitude 5.448° Nord et Longitude 95.658° Est,

Stratovolcan, altitude 1.726 mètres, Sumatra, Indonésie.


Le niveau d'alerte du volcan Seulawah Agam, à compter du 01 Septembre 2010, à 16 h 00, de « Normal », Niveau I, vient d'être relevé « Alerte », Niveau II, « prudence recommandée », par le « Center for volcanology and disaster mitigation », suite l'augmentation notoire de la sismicité basale au cœur de l'édifice volcanique. Bien qu'il n'y ait point appel à évacuation de décrété par les autorités, des recommandations au calme, à la vigilance et au respect des instructions « Satlak PB » ont été imposées à la population, et une zone d'exclusion, dans un rayon de 3 kilomètres du cratère actif, a été prescrite.

Le Seulawah Agam, - aussi dénommé Selawajan, Selawadjanten, Selawajanten, Seulawaih Agam, Seulawain Agam, Silawaih Agam, Solawaik Agam, Solawa Agam, Goudberg et Goldberg -, est un stratovolcan situé à 40 kilomètres au Sud-Est de Banda Aceh, à la pointe Nord-Ouest de l'île de Sumatra, dans le sous-district administratif de Seulimeum, district d'Aceh Besar, province de Nanggroe Aceh Darussalam. Il s'est construit, du Pléistocène supérieur à l'Holocène, - 130.000 ans aux 10.000 dernières années -, dans la zone Sud-Est de l'ancienne caldeira, active au cours du Gélasien, - 2.588 Millions d'années à 1.806 Millions d'années -, et du Pléistocène inférieur, - 1.806 Millions d'années à 780.000 ans -, « Teuba Lam », partie sommitale du dense massif forestier de Seulawah, qui s'étend sur son Nord-Ouest, sur 15 kilomètres de large et 122 kilomètres de long, et à l'intérieur d'une, plus petite, de 6 kilomètres de large sur 8 kilomètres de long, du pléistocène Moyen, - 780.000 ans à 130.000 ans -, contenue dans la dite imposante caldeira.

Le stratovolcan Seulawah Agam, par lui-même, est un complexe volcanique regroupant une pénéplaine, des collines les unes sédimentaires, les autres basaltiques et andésitiques issues des coulées de Paléocènes du « Teuba Lam » et du « paléo-Seulawah Agam », et un cône volcanique, « Agam », formé de lave et de coulées pyroclastiques, et doté de trois cratères dont, seul, le « Cempago Tanah », cratère sommital de 600 mètres de diamètre, est facilement reconnaissable tandis que les deux autres sont entièrement recouverts d'une épaisse végétation compacte.

 

Des trois chaudrons volcaniques, le Van Heutsz, localisé à 650 mètres sur le flanc Nord-Nord-Est du volcan, possédant des champs fumerolliens, est le plus actif. Et, sur une superficie de 50 kilomètres carrés, « Tanah Simpaga », « Kuali » et « Ie Joh » sont des zones géothermiques


Raisons des séismes et du volcanisme sur l'île de Sumatra.


La plaque Indo-Australienne plonge par, subduction, sous les plaques Birmane et Sunda dites « Sundaland », considérées comme des promontoires de l'Eurasie, à une vitesse de l'ordre de 5,5 à 7,2 centimètres par an avec une direction Nord-Nord-Est. La Fosse de subduction de Java, - dénommée aussi Fosse Sunda -, à environ 150–200 kilomètres au large, longeant les côtes Ouest de Sumatra, entre la Mer d'Andaman et le Détroit de la Sonde, indiquant une convergence oblique et non perpendiculaire, est orientée Nord-Ouest.

Le glissement étant infléchi par rapport à la position de la fosse, il se produit un compartimentage du mouvement subductif. Dans un premier temps, le raccourcissement est absorbé au niveau de la fosse soumet l'île à un mouvement latéral, générant le volcanisme, qui la fracture dans toute sa longueur et, dans un second temps, le glissement est accommodé au niveau de la faille de Mentawai qui cisaille le bassin d'avant-arc « Sumatra fore arc basin », et de la grande faille de Sumatra, longeant approximativement l'arc volcanique, qui traverse l'île de Sumatra dans toute sa longueur et qui relie le bassin de la Mer d'Andaman au Détroit de la Sonde, deux domaines en expansion.

En période « normale », la fosse et les failles en arrière sont bloquées. Les plaques supérieures, Birmane et Sunda, se compriment et accumulent la déformation élastique jusqu'au jour où la déformation, devenue plus forte que la friction, une faille cède brutalement et relâche la déformation accumulée durant plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d'années.



La faille de Sumatra.


La faille de Sumatra, parallèle à la Fosse de Sunda, longue de 1.650 Kilomètres, orientée Nord-Ouest/Sud-Est, à mouvement latéral, est une faille décrochante. Son taux de décrochement varie de 2,7 à 3,2 centimètres par an, au Nord de l'île, à 0,8 à 1,4 centimètres par an en son Sud. Cette diminution de la vitesse de déplacement peut s'expliquer par la diminution de l'obliquité de la convergence.

Depuis le séisme du 26 décembre 2004, de magnitude de 9.0, révisé 9.3, sur l'échelle de Richter, le plancher marin de l'océan Indien a été ébranlé à 250 kilomètres au Sud-Ouest de Banda Aceh, modifiant les grands équilibres tectoniques de la partie occidentale du « Ring of fire », - la « Ceinture de feu » du Pacifique -, créant, en cela, des conditions favorables pour que se déclenchent, sur l'île de Sumatra, de futurs cataclysmes. Des conséquences indirectes de la rupture sous-marine de la Fosse de Sunda, à terme, doivent entraîner une réactivation de la faille de Sumatra d'autant que, d'une part, il n’y a pas eu de gros séisme sur la faille de Sumatra au Sud de Banda Aceh depuis au moins deux siècles, et que, d'autre part, les édifices volcaniques qui s'égrainent le long de cette faille, dans les provinces de Nanggroe Aceh Darussalam et de Sumatera Utara, - Sumatra du Nord -, sont en dits en sommeil ou en semi-sommeil depuis au moins 2 siècles. Et c'est sur ces terres que les autorités scientifiques attendaient, avant le 26 Décembre 2004 soit un gros séisme, soit, les caldeira de « Teuba Lam », 122 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large, explosion datée du Pléistocène Inférieur ou Moyen, - entre 1.806 Millions d'années et 130.000 ans -, et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, - indice d'explosivité volcanique -, et de « Toba », 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large, explosion datée de 73.000 ± 4.000 ans et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, étant les exemples types des super-volcans.

Dans le cadre des séismes, les contraintes accumulées au cours des décennies voire des siècles le long de la portion de faille qu'ils réactivent, sont libérées instantanément, dans toutes les directions. Celles-ci se transmettent, s’accumulent dans les failles environnantes d'autant plus si ces dernières sont proches, tout comme le sont les failles de Mantawai et de Sumatra, et les rechargent brutalement, laissant, lors, précipiter l’occurrence soit d’un futur séisme majeur sur cette faille, soit celle d'une éruption volcanique cataclysmale de type « Teuba Lam », « Toba », ou dans un passé récent, de type « Krakatau », un super volcan situé, entre les îles de Sumatra et de Java, dans le Détroit de la Sonde, explosion datée de 416 et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, et explosion datée de 1883 et estimée de magnitude 6, sur l'échelle VEI.


Le Seulawah Agam.


Le Seulawah Agam, dans cette région du Nord de l'île de Sumatra, dans un long chapelet d'édifices volcaniques s'égrainant le long de la faille de Sumatra : le Pulau Weh, un stratovolcan du Pléistocène, fumerollien ; le Peuet Sague, complexe volcanique d'âge Holocène, dernière éruption explosive les 25 et 26 Décembre 2000 ; le Geureudong, stratovolcan du Pléistocène, fumerollien ; le Bur ni Telong, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive en 1937 ; le Kembar Shield, volcan du Pléistocène, fumerollien ; le Sibayak, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive en 1881 ; le Sinabung, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive du 25 au 31 Août 2010, et en alerte volcan « Niveau 5 » ; et le Toba, caldeira et lac de caldeira, d'âge Holocène, dernière éruption explosive 73.000 ± 4.000 ans...

L'activité historique du Seulawah Agam est peu connue. Ses dernières manifestations éruptives se sont produites, en 1510 ± 10ans, une éruption explosive, phréato-magmatique ou hydrothermale, sur son versant Nord-Nord-Est, probablement le cratère Van Heutsz, estimée de magnitude 2, sur l'échelle VEI, et une éruption du cratère van Heutsz en 1839, qui serait de nature explosive et phréatique, selon le « Volcanological survey of Indonesia. » Sa plus courte pause est de 136 ans, sa plus longue de 239 ans, et la dernière éruption s'est produite en date des 12 et 13 Janvier 1839.

Ce stratovolcan est implanté non sur la faille de Sumatra mais sur une émanation de celle-ci, la faille de Lam-Bora Teuba qui connaît, depuis Avril 2010, une sismicité accrue :

- Avril 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam », et ± 66 micro-séismes ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, au nombre de ± 70 par jour. En outre 4 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 137 autres de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Mai 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 55 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 121 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 13 par jour. En outre 137 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Juin 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 53 micro-séismes ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 83 par jour. En outre 30 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 164 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Juillet 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 46 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 76 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 72 par jour. En outre 16 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 101 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Août 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 80 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 85 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 99 par jour. En outre 7 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 40 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

De Janvier à fin Août 2010, le stratovolcan a fait l'objet d'une observation visuelle et d'une surveillance intensive qui n'ont pas décelé de changements d'importance dans les phénomènes de surface. Mais le Gunung Agam Seulawah a souvent été enveloppé dans le brouillard, et, les rares moments où la montagne s'est trouvée dégagée et visible, il n'a pas été observé de fumée s'échappant du cratère sommital.

31 août 2010

Indonésie : Réveil du volcan Sinabung, ...des milliers d'évacuations.


Code 0601-08

Localisation : Latitude 3.17° Nord, Longitude 98.392° Est

Stratovolcan, altitude 2.460 mètres, Île de Sumatra, Indonésie.


« Alerte rouge déclenchée sur l'île indonésienne de Sumatra », telle est la nouvelle qui est tombée, le dimanche 29 Août 2010, sur les téléscripteurs des agences de presse. « Après.. », dit-on, « ...plus de quatre siècles de sommeil, le volcan Sinabung est brutalement rentré en éruption, projetant un nuage de fumée, noire et âcre, des pierres, du soufre et de cendres à 1.500 mètres d'altitude et provoquant l'évacuation de plus de 30.000 personnes. »

Le volcan Sinabung, - ou Mont Sinabung, en indonésien, le Gunung Sinabung, aussi dénommé Gunung Sinaboeng et Gunung Sinabun -, un strato-volcan culminant à une altitude de 2.460 mètres, est daté du Pléistocène. Il se situe à 27 kilomètres de la ville de Berastagi, au Nord de l'île de Sumatra, dans une zone principalement agricole. Il est circonvoisin d'un autre volcan, le Sibayak, C'est un complexe volcanique de forme allongée, de quatre cratères sommitaux, migrant dans un axe Nord-Sud, qui se chevauchent : le cratère 1, de 300 mètres de diamètre, le cratère 2, de 150 mètres de diamètre, le cratère 3, le Sigala Batu, de forme avale, 160 mètres sur 130 mètres, et le cratère 4, le plus jeune et le plus petit, de 60 mètres de diamètre. Une forte activité solfatarique y est présente, tout au long du XX° Siècle, sur les évents 2 et 3 contenant, tous deux, un lac de cratère.

Il est communément admis, par les sphères scientifiques, que la précédente éruption du Gunung Sinabung se serait produite en l'an 1600, mais il en est trop rapidement oublié, certes les autorités les classant « incertaines », l'éruption explosive de 1881 et la forte activité solfatarique, avec émission de vapeur, de gaz et de lave, de 1912.


Généralités sur le volcanisme indonésien.


Bien que les archives chinoises signalent une éruption du volcan Krakatau, au III° Siècle après J.C., ainsi que 17 éruptions, au XV° siècle, pour le Kelut et le Krakatau, la communauté scientifique émet des doutes sur nombre d'entre elles. Les premières, dès 1512, - Sangeang Api et Gunungapi Wetar -, documentées par des Européens, - le Portugal ayant pris le contrôle du commerce des clous de girofle des Moluques, la Compagnie des Indes Néerlandaises contrôlant les îles de 1602 à 1780, le gouvernement néerlandais suivant la Copagnie et la Grande-Bretagne prenant le contrôle temporaire des dites îles au début du XIX° Siècle -, sont considérées comme dignes d'intérêt.

L'arc de la Sonde, plus de 3.000 kilomètres de longueur, s'étirant depuis le Pulau Weh situé à l'extrémité Nord-Ouest de Sumatra, dans la mer d'Andaman, jusqu'au Pulau Sumba, au Nord-Ouest de la Mer de Banda, résulte de la subduction de la croûte océanique de l'océan Indien sous la plaque tectonique de Sunda. Cet arc comprend 76% des volcans indonésiens, mais les volcans d'Halmahera et des îles volcaniques voisines, et ceux de l'arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe sont tectoniquement plus complexes par le fait, d'une part, du centre d'expansion basaltique sis sous les îles Andaman-Nicobar, centres d'expansion, et, d'autre part, par la présence de multiples zones de subduction, principalement orientée Nord-Sud.


Généralités sur l'Indonésie.


L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie, - en indonésien Republik Indonesia -, capitale Djakarta, est un pays d' Asie du Sud-Est, en Insulinde. L'Indonésie compte 17.508 îles réparties sur une superficie océanique, tout en n'en faisant qu'un cinquième en superficie continentale, proche de celle des États-Unis. Avec une population d'environ 230 millions d'habitants, il est le quatrième pays le plus peuplé du monde et, en population de religion musulmane, le plus important au monde. Cet état partage des frontières terrestres avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, - île de Nouvelle Guinée -, le Timor oriental, - île de Timor - , et la Malaisie, - île de Bornéo -.

La géographie de l'Indonésie est dominée par les volcans formés par les zones de subduction entre les plaques Eurasienne et Indo-Australienne. Les volcans d'Indonésie font partie de la Ceinture de feu du Pacifique. L'Indonésie compte environ 2.500 volcans, - dont plus de 150 en activité -, se répartissant, géographiquement, en volcans de l'arc volcanique de la Sonde, d'Halmahera, incluant les îles volcaniques voisines, et de l' arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe qui se prolonge avec les volcans des Philippines.

Les volcans les plus actifs sont le Kelud et le Merapi sur l'île de Java, et sont responsables de milliers de morts dans la région. Depuis l'an 1.000, le Kelud est entré en éruption plus de 30 fois, la plus grande éruption atteignant l'indice d'explosivité volcanique VEI 5, tandis que le Merapi est entré en éruption plus de 80 fois


Généralités sur Sumatra.


La géographie de Sumatra est dominée par le Bukit Barisan, une chaîne de montagne s'étendant, du Nord au Sud de l'île, sur près de 1.700 kilomètres et formée par le mouvement subductif de la plaque Indo-Australienne qui se déplace à la vitesse de convergence de 5,5 centimètres par an, provoquant de nombreux tremblements de terre, - comme celui du 26 décembre 2004 -, et formant également des chambres magmatiques sous l'île.

Plus de 500 édifices volcaniques, dont 35 volcans actifs, tous situés sur l'île de Sumatra à l'exception de Weh, depuis le Pléistocène, au large de l'extrémité îlienne Nord-Ouest, se décomptent le long de la chaîne volcanique Bukit Barisan. Le plus grand volcan est celui du lac Toba créé, il y a 74.000 ans, lors de l'effondrement de sa caldeira et le point culminant de la chaîne en est, du haut de ses 3.800 mètres, le Kerinci.


Le Volcanisme sur Sumatra.


Le volcanisme, sur l'île de Sumatra est la conséquence de la subduction, vers le Nord-Est, avec une vergence positive de 7 centimètres par an, de la plaque océanique Indo-Australienne sous la plaque continentale de la Sonde. Tectoniquement, la région enregistrant des séismes intraplaque, de subduction et crustaux, de forte magnitude, - magnitude 9.0 révisé 9.3 du 26 décembre 2004, magnitude 8.4 du 28 Mars 2005, Padang Panjangf magnitude 6.4 et Singkarak magnitude 6.3 du 6 Mars 2007, magnitude 7.4 du 20 Février 2008, Sibolga magnitude 6.0 du 19 Mai 2008, magnitude 7.5 du 30 septembre 2009, Sungai Penuh magnitude 6.6 du 01 Octobre 2009,... et une kirielle de séismes de magnitude comprise entre 3.5 et 5.9 -, est, avec le Chili, le Mexique, le Japon,..., l'une des plus actives de toute la planète Terre.

La convergence entre les plaques Indo-Australiennne, de Birmanie et de la Sunda, au large de la côte Ouest de l'Île de Sumatra, est orientée Nord-Sud. Au niveau de la fosse de Sumatra-Java, - une marge active de profondeur maximum 7.400 mètres, en arc de cercle sur environ 5.700 kilomètres -, au large de l'île de Java, la subduction est « normale » alors qu’au large de l'île de Sumatra elle est à convergence oblique. Cette obliquité de la convergence crée des déformations dans une zone s’étendant de la mer d’Andaman au détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra. Cette zone correspond aux plaques de Birmanie et de la Sunda, aux bassins avant arc de Nicobar-Simeuleu, Nias et Mentawai, et à l'avant arc s'étirant depuis le Pulau kokos jusqu'au Pulau Enggano, une chaîne de reliefs séparée de Sumatra par le détroit de Mentawai. Cette chaîne, au vlcanisme naissant, sur la faille active de Mentawai, est formée des îles de Simeulue, de Nias, de Batu, - Pini, Tanah Masa, Tanah Bala... -, et de Mentawai, - Siberut, Sipora, North Pagai... -.

Les volcans les plus actifs de Sumatra sont le Marapi, le Karinci, le Talang et le Kawa.


En conclusion.


Avec ses 128 volcans actifs pour un total de 1171 éruptions dénombrées, historiquement, l'Arc volcanique de la Sonde est, avec le Japon, 1274 éruptions comptabilisées, leader mondial dans les statistiques afférentes au volcanisme. En ces deux régions conjointes s'y sont produits, annuellement, plus des deux cinquièmes des éruptions explosives recensées dans le Monde.

Mais si de nombreuses études ont été réalisées, au cours du XX° Siècle et en ces débuts du XXI°, sur les édifices volcaniques ayant connu une activité au cours de ces 110 dernières années, bien peu d'études stratigraphiques des dépôts volcaniques plus anciens ont été diligentées en Indonésie. Seulement 0,5% des éruptions anciennes, reconnues et référencées, ont été datées par d'autres techniques que celles dites historiques. Une telle lacune, en regard de la reprise d'activité, entre 1990 et 2010, d'un certain nombre de volcans considérés en sommeil depuis plusieurs siècles, nécessiterait une analyse plus approfondie du dossier Holocène, - préhistorique et historique -, afférent à cette région volcanique.

En effet, l'entrée en éruption du volcan Sinabung, après quatre siècle de semi sommeil, ne sera pas une exception, et d'autres, par la multiplication des séismes qui affectent l'archipel indonésien, - tels le Padang Panjangf, le Singkarak, le Sibolga, le Sungai Penuh... -, ne sauraient tarder à se réveiller.

07 juillet 2010

Le volcan Garet, sur l'île de Gaua, à « très haut niveau d’activité », en phase éruptive.

 

Code 0507-02

Localisation : Latitude 14.27° Sud et Longitude 167.50° Est

Stratovolcan, altitude 797 mètres, Île Santa Maria, Vanuatu.


Connue aussi sous le nom de Santa Maria, l'île de Gaua, rattachée à l'archipel Torres-Banks, - province de Torba, Vanuatu -, possède l'édifice volcanique le plus menaçant de cette région. C'est un stratovolcan basaltico-andésitique, aux pentes douces, en partie sous-marin, coiffé d'une caldeira sommitale ovale, de 6 x 9 kilomètres de diamètre, occupée par le lac Létas entourant le Mont Garet, - Mont Garat ou Mont Garhat -, un cône de cendres culminant à 801 mètres d'altitude. Ce lac à fond plat, d'une superficie de 19,7 kilomètres carrés, a une profondeur maximale d'environ 119 mètres. Son volume est estimé à 800 millions de mètres cubes. Quel qu'en soit le taux pluviométrique, le déversoir, situé à l’est du chaudron ovoïde, semble assurer un niveau sensiblement constant à l'étendue d'eau.

La forme grossièrement circulaire de l'île de Gaua, 20 kilomètres de diamètre environ et d'une superficie de 320 kilomètres carrés, est la partie émergeante d'un bâti vulcanien de 40 kilomètres de diamètre et, depuis son niveau basal océanique, de près de 3.000 mètres de hauteur totale. En règle générale, liés à la géodynamique du Pacifique Sud-Ouest, à la fosse du Vitiaz, au bassin Nord-Fidjien et à la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Australienne au sens inversé après la collision, entre le plateau d'Ontong-Java et l'arc du Vitiaz, qui a provoqué la dérive vers l'Ouest des arcs insulaires Salomons, Banks et Vanuatu, l'ouverture du bassin Nord-Fidjien et la genèse de la zone de subduction actuelle matérialisée par les fosses des Salomons et du Vanuatu, au moins quatre stades de formation de l'édifice peuvent se différencier. Le quatrième et dernier de ces stades, résultant d'éruptions volcaniques qui remonteraient à plusieurs milliers d'années, est l'élaboration de cônes de laves basaltico-andésitiques très bulleuses et pauvres en olivine, de scories, de cendres et de tufs lités.

L'aspect physique de l'île-volcan Gaua s'ordonnance autour d'une caldeira centrale accaparée par un lac en forme de croissant de lune enserrant, en son quart Sud-Ouest, un cône vulcanien symétrique à sommet plat, l'actif Mont Garet et son cratère de 700 mètres de profondeur abritant trois petits cratères. Tout autour de la caldeira, un cercle de collines, petites bouches parasites d'âge Pléistocène ayant déversé des coulées de lave qui ont atteint la côte en nombreux points de l'île, ont modelé les flancs de l'ancien volcan recouverts, en surface, sur plusieurs mètres d'épaisseur, par des produits fins, scories et cendres. Une large plaine littorale périphérique, un milieu eutrophe limono-argileux riche en allophanes encerclé par un récif corallien frangeant surélevé, s'élève, de 3 à 5 mètres, au-dessus du niveau de la mer.

L'ile de Gaua se situe, d'autre part, à l'Est du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui s’étend, depuis l'archipel Santa Cruz, jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter, revendiquées par la France, sur 1.500 kilomètres, et qui se caractérise par une fosse profonde, - 6.000 à 8800 mètres -, une plate-forme sous marine, - 1200 à 1800 mètres de profondeur - d'où émergent quelques îles basses à substratum volcanique, - les îles Santa Cruz, les îles Torrès et les îles Banks -, l'absence de volcans aériens actifs sauf aux extrémités Nord, -Tinakula -, et Sud, - Vanua Lava, Gaua et Merig -, et des fossés arrière-arc évasés vers le Nord ; d'autre part, au Nord du bassin d'Ambaé-Nord et de la faille bordière de Santa Maria, une faille perpendiculaire à la fosse de Santa-Cruz-Torres aussi dénommé des Nouvelles Hébrides-Nord ; et, enfin, à l'Ouest des fossés du Jean-Charcot qui ont été le siège de mouvements extensifs à l'origine de horsts et de grabens discontinus.

L'activité volcanique, pour le bâti sous marin, coïncidant avec l'ouverture du bassin Nord-fidjien, a débuté au Serravallien, Miocène moyen, - 13,65 à 11,6 Millions d'années -, s'est poursuivie durant tout le Miocène supérieur, au Tortonien, - 11,6 à 7,25 Millions d'années -, et au Messinien, - 7,25 à 5,33 Millions d'années -, et a précédé le développement de la chaîne centrale de l'arc volcanique sur lequel se situent les îles Banks et l'île Santa Maria. Vers 5,5 à 5,1 Millions d'années, celle-ci devient, essentiellement, de type orogénique. L'île actuelle de Gaua a émergé au Pléistocène, - 1,8 Million d'années à 11.430 ans avant J.C. -, période où de nombreux cônes se sont édifiés sur ses flancs et ont produit de nombreuses coulées de lave. La formation de la caldeira, quant à elle, peut être datée de la période Holocène, - les derniers 10.000 ans -, et, accompagnée d'une colonne de cendre s'élevant à plusieurs milliers de mètres, elle a découlé d'une forte éruption de type explosif qui disperse violemment la partie supérieure de la chambre magmatique provoquant l'effondrement total ou partiel de l'édifice vulcanien y incluant le cône volcanique préexistant quand celui-ci subsiste.

Mais quand cette caldeira s'est-elle formée ? Quand le cône de cendre du Garet s'est-il arraché et érigé sur la lèvre Sud-Ouest de ce chaudron ? Y a-t-il 100 ans ? 1.000 ans ? 5.000 ans ? Bien difficile est d'y répondre. En effet, la première éruption décrite et référencée, à partir d'un évent sur le flanc Sud-Est du Mont Garat, comme nombre de scientifiques et de pseudo-scientistes s'en gaussent, « après une longue période de dormance. » ne remonte qu'en l'an 1962. Avant... Seul le « no man’s land... » Enfin, en regard au récif corallien frangeant surélevé, en périphérie de l'île Santa Maria, une troisième question se pose : Ce récif corallien n'est-il pas implanté sur les lèvres d'une structure qui ressemblerait à une caldeira sous-marine datant du pléistocène final ? Comme pour le Sartorin en Grèce vers 1550 avant J.C., le Krakatoa en Indonésie en 1883,... et le Kuwai, au Vanuatu vers 1420-1430, le Gaua n'aurait-il pas explosé emportant la majorité de l'île et créant, en lieu et place, une caldeira sous-marine ? Et, comme pour le Kuwai et sa kyrielle de volcans sous-marins actifs à l'origine de la création d'îles temporaires de faible altitude, - telles les éruptions de 1897 et 1901 créant une île de 1 kilomètre de long et 15 mètres d'altitude -, vite érodées par l'océan, l'île de Gaua n'est-elle pas renée de ses cendres plusieurs siècles ou millénaires après une éruption cataclysmique ?

A cette interrogation, une explication peut en être donnée par la particularité géologique attachée à l'arc insulaire des Nouvelles Hébrides qui s’étend depuis l'archipel Santa Cruz jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter. Le mouvement subductif est régulier et uniforme, et le pendage subducté continuel et constant, sur toute la longueur du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui est siège d'une importante sismicité tant superficielle, - 0 à 60 kilomètres de profondeur -, traduisant le glissement des plaques Pacifique et australienne et une déformation à l'intérieur de ces dites plaques, qu'intermédiaire, - 60 à 300 kilomètres de profondeur -. Dans cette région, l'angle de « plongement » de la plaque australienne sous la plaque Pacifique, plus particulièrement sous la zone orogène du plateau Nord-Fidjien, matérialisée par la microplaque des Nouvelles Hébrides, les récifs Balmoral et Conway et les terranes Torres-Santa Cruz-Banks et Anuta, passe de 60°, vers 100 kilomètres de profondeur, à 80° vers 290-300 kilomètres de profondeur, en faisant le pendage le plus incliné, 70% d’inclinaison au lieu des 30 à 50% coutumiers, de tout le « Pacific ring of fire », ou « Cercle de feu du Pacifique. » Cette position quasi sub-verticale de la lithosphère océanique australienne, dans la fosse de Torrés, résultant des courants de convection mantellique très puissants circulant, d'Est en Ouest, sous la plaque Pacifique, entraîne une anomalie conjoncturelle anormale. Par comparaison à l’ensemble des arcs insulaires où les volcans se situent à plus ou moins 110 kilomètres à l’aplomb du plan de Benioff, les volcans actifs de l'arc insulaire Nord, - Tinakula, Motlav, Suretamatai, Gaua et Mere Lava -, central, - Aoba et Ambryum -, et Sud Vanuatu, - Lopevi, Epi, Kuwae, North Vate, Traitor's Head, Yasur, Gemini Est, Matthew et Hunter -, se localisent, eux, à 200 à 250 km à l’aplomb de la dite surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction.


L'activité sur le Mont Garet et l'île de Gaua au cours du dernier millénaire.


En toute réalité, au cours du dernier ou des deux derniers millénaires, - des travaux et des analyses effectués sur des cendres révèleraient qu'au moins un ou deux aléas volcaniques se seraient produits au cours du XIX° siècle -, les éruptions qui se sont succédées, de toute évidence essentiellement intra-caldeiriques, ont formé, d'une part, le cône volcanique du Mont Garbat qui borde le quart Sud-Ouest du Lac Létas et les trois bouches parasites qui s'abritent au fond de son cratère de 700 mètres de profondeur, et, d'autre part, plusieurs cônes, tout autant parasites, qui sommeillent dans les profondeurs du lac de caldeira. Certes les versants du Mont Garet, au XX° siècle, étaient très boisés, mais l'édifice volcanique était dans une phase intermédiaire solfatarique et fumerollienne faible à modérée.

Depuis que le Mont Garat est sorti de sa « pseudo dormance », en Juillet 1962, entrant dans une phase d'activité à moyen terme, une éruption explosive sommitale d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une éruption suivie, du 15 Septembre au 09 Novembre 1963, par l’ouverture d’un nouveau cratère sur le flanc Sud-Est du cône, et une nouvelle éruption explosive d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une douzaine d'éruptions, toutes d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, en alternance entre la partie sommitale du cône et le cratère ouvert sur le flanc Sud-Est, accompagnées d'explosions phréatiques, - 09 Juillet 1981 et 18 Avril 1982 -, et de panaches cendreux, - le 15 Décembre 1973 l'évacuation des 525 habitants de l'île de Gaua s'était révélée nécessaire -, se sont déroulées.

Depuis Avril 1991, un signe évident que le magma n’est pas loin sous la surface, le cratère Sud-Est dégaze fortement et en continu, et les produits de dégazage du magma se répandent, principalement, dans la zone Nord-Ouest de l’île où l’impact du panache blanc dense dégageant une une forte odeur de anhydride sulfurique, associé aux pluies acides et aux vents dominants, brûle la végétation et dénude, en grande partie, le versant Nord-Ouest de la caldeira. Des fumerolles sous lacustre, aux températures variant entre 30 et 70° C., s'élèvent au dessus de la surface du lac Létas et de nombreuses zones fumerollienes recouvrent les parois intérieures du cratère du Mont Gharat de dépôts de soufre.

Le Mont Garat a montré des signes d'agitation à partir de la mi-Septembre et est rentré, en éruption sommitale, le 27 Septembre 2009. Dès le 03 Octobre, le volcan émet, journellement, des panaches de gaz volcanique, dont 3.000 tonnes de dioxyde de soufre, et de cendres, une augmentation de l'activité volcanique forçant les autorités locales, le 26 Novembre, à l'évacuation de trois villages, implantés sur la côté Ouest de l'île de Gaua et à déplacer les 300 habitants concernés, souffrant de graves problèmes respiratoires, vers les villages de la côte Est.

Au fil des jours et des semaines, les éruptions volcaniques de type strombolien et les émissions de gaz et de cendres, les panaches atteignant des hauteurs égales ou supérieures à 3.000 mètres, augmentent de façon significative depuis le 16 Janvier. Des explosions sont entendues dans tous les villages de la côte Est de Gaua et jusqu'aux îles voisines de Mota, de Vanua Lava, et jusqu'à Naoné sur Maéwo et Port Olry sur Espiritu Santo. Suivant les informations glanées près les services vulcanologiques du Vanuatu, entre les 22 et 29 Janvier 2010, « le niveau d'eau, dans le lac Letas, a augmenté de 30 centimètres », d'une part, et, d'autre part, suivant les mesures G.P.S., le cône sommital, du Mont Garet, se serait surélevé d'au moins 10 à 20 centimètres.

Devant la menace que laisse peser, sur les habitants, les 800 millions de mètres cubes du lac de caldeira, leur probable déversement au cas où la structure de l'édifice volcanique se déstabilise, engendrant le contact de l’eau du lac du cratère avec le magma qui pourrait, lors, devenir explosif, le 18 Avril 2010, le Département des Affaires internes du gouvernement du Vanuatu ont déclaré le volcan à « très haut niveau d’activité » et mis en place « une logistique pour l'évacuation des 3000 habitants de l'île de Gaua : Une partie d'entre eux seront acheminés sur l'île de Sola où l'Eglise Anglicane les accueillera, et l'autre partie sur l'île de Torba. »

Tout au longs des mois de Mai et de Juin, l'activité explosive se poursuit et est en permanente recrudescence. Les panaches de cendres et de gaz s'intensifient et s'élèvent à des altitudes égales ou supérieures à 3.000 mètres et dérivent, au grès des vents dominants, sur des dizaines de kilomètres tel le19 Juin où le panache a dérivé sur plus de 90 kilomètres vers l'Ouest. Un porte-parole du Vanuatu, chargé de la gestion des catastrophes précise que « de gigantesque panaches sombres » sortent du cratère sommital du Mont Garet et de celui de son évent sur le flanc Sud-Est. Des pluies de cendres s'abattent sur les villages causant des dommages à la végétation, autour du cratère et dans les zones Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest de l'île. Générés par les pluies, des Lahars, - des coulées boueuses d’origine volcanique principalement formée d’eau, de cendres volcaniques et de tephras -, souvent brûlants lorsque les dépôts volcaniques ont été récents et chauds, ont été emportés par les cours d'eau, les 7, 16 et 19 Juin, et les ont fait déborder.

Même si depuis le 22 Juin, aucune dépêche ne semble plus faire état de l'activité en cours des volcans du Vanuatu, - le Mont Garet sur Gaua, le Mont Bembow sur Ambrym , le Yasur sur Tanna, le Mont Manaro sur Ambaé..., tous classés en catégorie « très haut niveau d'activité » -, celle du Mont Garet est toujours croissante et génère, accompagné d'explosions quotidiennes et de brêves éruptions de type strombolien, des panaches de cendres et de gaz majoritairement sulfureux atteignant les 3.000 mètres d'altitude.

Cette situation laisse à penser à l'éruption significative, en novembre 2005 du Mont Manaro, situé à l'île d'Ambae. Ce volcan, tout comme l'île -volcan de Gaua est coiffé d’un lac de caldeira, le Vui. Celle-ci, non cataclysmique, n'ayant pas destabilisé la structure de l'édifice volcanique, avait donné naissance à une nouvelle île mesurant 500 mètres de diamètre et culminant à une cinquantaine de mètres au-dessus du lac acide dont le niveau, sous le coup de l’évaporation et d'un léger débordement ayant provoqué des lahars, avait baissé de plusieurs mètres.


En conclusion.


Même si les conduits magmatiques qui alimentent le cratère du Mont Garet paraissent « suffisament isolés des eaux du lac Létas acide », ce qui reste à démontrer, le cône volcanique étant né dans la partie Sud-Ouest de la caldeira, le risque qu'il se produise une éruption phréatomagmatique explosive, pouvant se transformer en éruption cataclysmique, est bien présent. En effet, une possible déstabilisation de la structure du volcan, en raison de l'importante fièvre sismique dans la proche région, une pléiade de séismes de magnitude oscillant entre 4,5 et 6,5, se produisant à fréquence répétée, entre 2 et 5 hebdomadairement, dans un rayon de 10 à 15 kilomètres autour du bâti volcanique, est à craindre.

Une éruption lavique et une éventuelle et possible entrée en contact du magma avec l'eau du lac Létas, un lac constituant, de fait, le chapeau de l'ancien cratère Holocène, un lac contenant 800 millions de mètres cubes d'eau acide, avec la chambre magmatique située juste en-dessous, est potentiellement envisageable à plus ou moins court terme.

En outre, cette menace est aussi potentielle en regard des cinq cratères, le cratère sommital et les quatre évents Nord, Est, Sud-Est et Ouest, car trois des cratères sont siège de lacs, l'évent Nord et le cratère central et leurs lacs acides aux eaux vertes, et l'évent Ouest et son lac limoneux aux eaux brunes.

Sources pour la chronologie éruptive après 1962 : Gaua, Global Volcanism Program

22 juin 2010

Au Kamchatka, l'activité du volcan Sheveluch va croissant.

Code : 1000-27

Localisation : Latitude 56.391° Nord et Longitude 161.213° Est

Stratovolcan, altitude 3.283 mètres, Kamchatka, Russie

Alerte aviation : Alerte orange.

Alerte volcan : fort risque d'explosion du dôme ?


Le Sheveluch, - aussi appelée Shiveluch ou Chiveloutch -, d'environ 500 kilomètres de diamètre et couvrant une superficie globale d'environ 1.300 kilomètres carrés, se situe à la triple jonction de la fosse Kouriles-Kamchatka, de la faille Ulakhan et de la fosse marginale des Aléoutes, à une distance de 50 kilomètres de Klyuchi et de 450 kilomètres de Petropavlovsk-Kamchatsky. Il est l'un des plus imposants édifices volcaniques du Kamtchatka. Ce volcan actif le plus septentrional de la péninsule, de structure complexe, inclut trois unités principales : le stratovolcan Stary Shevelush du pléistocène moyen, sa formation remontant à 60.000 ou 70.000 ans, flanqué, sur son versant oriental, d'un gisement de lave Holocène, le Baidarny ridge ; la caldeira, en forme de fer à cheval, de 9 kilomètres de diamètre à l'extérieur, 3 kilomètres à l'intérieur et ouverte en sa partie Sud ; et le Young Shiveluch, - ou Molodoy Shevelush -, situé dans la partie Nord-Ouest de la caldeira. Plusieurs dômes, extrusions holocènes, ont été également mis en place sur le versant occidental du Stary Shevelush.

Le Stary Sheveluch, son sommet principal appelé Glavnaya culminant à 3.283 mètres, est un strato-volcan polygénique. Son socle est formé de dépôts clastiques, de type andésitique, d'une épaisseur atteignant 1.500 mètres, et les strates, s'entassant sur une épaisseur totale de plus de 2.000 mètres, dans sa partie basale sont essentiellement d'origine pyroclastique et évoluent, en se rapprochant de sa partie sommitale, en des dépôts de plus en plus effusifs. Ses versants, excepté son versant Sud, lors d'une éruption paroxysmale, éventré par une impressionnante caldeira aux escarpements latéraux de quelques centaines de mètres à 1600 mètres de hauteur, sont dotés de nombreux dômes andésitiques, le Karan, le Sherokhovataya... et le Krasnaya.

Dans cette caldeira s'est implanté, occupant une superficie d'environ 70 kilomètres carrés, la partie active du Sheveluch, le Molodoy Sheveluch, qui se composait, à son origine, de plusieurs dômes, le Tsentralny et le Suelich étant les plus connus. Lors de l'éruption de 1967 tous ces dômes ont été détruits et remplacés par deux cratères jumeaux, - 1.8 kilomètre de diamètre pour l'un et 2 kilomètres de diamètre pour le second -, éventrés sur le Sud-Ouest, occupant son sommet. Ce type de structure, en référence au Mont Somma, un ancien volcan, en lieu et place de l'actuel Vésuve, dont les vestiges encerclant le cône actuel au Nord-Ouest et témoignant d'une formation bien plus élevée, est connue sous le terme de « volcan Summa »

En outre, le Sheveluch est un volcan unique par la présence de roches magmatiques peu communes proches des adakites qui sont des cas particuliers de roches de contexte de subduction se trouvant dans la ceinture volcanique péri-Pacifique préférentiellement au voisinage, ou à l'aplomb, de dorsales océaniques, des zones où la croûte océanique subductée est la plus jeune. Certes, la péninsule du Kamchatka se situe bien sur le bord nordique de la plaque Pacifique qui s'enfonce sous la microplaque d'Okhotsh, mais elle se trouve fort loin de toute dorsale ce qui indique, probablement, que cette zone de subduction pourrait être un site de remontées mantelliques plus chaudes qui provoqueraient la fusion de la plaque Pacifique. De cette conjoncture, il en devient aisé de comprendre que la « déversement » annuel de magma et/ou de téphras, de l'ordre de 36 millions de tonnes par an, un ordre de grandeur colossal en regard de celui usuel pour les volcans d'arcs insulaires, que le stratovolcan Shevelush est l'un des centres explosifs les plus prolifiques.

Les rapport concernant l'activité du Shiveluch, le premier datant de 1739, font état de deux grandes éruptions pliniennes, particulièrement violentes d'indice explosivité volcanique VEI 3 à 4, en 1854 et en 1964, et de plus de 10 événements, d'ampleur modérée, associés à la croissance du dôme, produisant des panaches et des pluies de cendre et des écoulements pyroclastiques, l'un des derniers de ce genre, le 19 Mai 2001, indice explosivité volcanique VEI 2, causant de longs lahars de 30 kilomètres. À cause de ses éruptions explosives fréquentes, le volcan constitue un risque non seulement aux villes de Klyuchi, Ust'-Kamchatsk et Ust'-Khairyuzovo, respectivement situées à 45, 85 et 280 kilomètres du Molodoy Sheveluch, mais aussi aux lignes aériennes internationales et locales, ses nuages éruptifs s'élevant à des altitudes comprises entre 3 et 20 kilomètres, au-dessus du niveau de la mer, et s'étirant sur des centaines de kilomètres au-delà de l'édifice volcanique.


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 9 Mai 2004, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team.


En regard des sources proposées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - le KVERT -, faisant suite à des épisodes d'éruptions explosives paroxysmales reliées à la croissance du dôme de lave des 9 Mai 2004, indice explosivité volcanique VEI 2, 28 Février 2005, indice explosivité volcanique VEI 3 et 22 Septembre 2005, indice explosivité volcanique VEI 2, l'activité volcanique toujours en cours, en 2010, pour le Sheveluch, a repris le 29 Mars 2007.

Afin de suivre l'évolution de l'activité volcanique, deux sites internet rapportent, hebdomadairement, les dépêches publiées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team :

- Le premier, le site internet du KVERT, en langue russe, Камчатский Научный Центр , et en langue anglaise, KVERT Information Releases ;

- Le second, le Global Volcanism Program, - GVP - , un programme du département des sciences minérales du Musée National d'histoire naturelle du Smithsonian Institution, basé à Washington, qui diffuse les rapports d'éruption émis par les observateurs locaux : « Shivelush »


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 04 Décembre 2007, suivant la presse russe.


En regard de la presse russe, et tout particulièrement du RiaNovosti, l'activité du dit volcan est bien plus intense que ce que laissent entendre les dépêches publiées par le Kvert. En effet, on peut y décrypter, en autres articles sur le sujet, que le Sheveluch, après près de neuf mois « de pause », s'est réveillé le 04 décembre 2007. Certains jours, les panaches de gaz et de cendres s'élèvent jusqu'à 8 kilomètres d'altitude et s'étirent sur des centaines de kilomètres depuis son dôme sommital. Mais, j'en conçois, dresser la chronologie complète des éruptions successives qui se succèdent, depuis, serait trop fastidieux pour soutenir l'attention des lecteurs, aussi n'évoquerais-je que les seuls événements marquants qui ponctuent l'activité vulcanienne de ce « volcan summo. »

Les 13 et 14 Mai 2008, une éruption, d'indice explosivité volcanique VEI 2, s'est produite et les cendres se sont élevées, malgré le vent, à plus de 2 kilomètres d'altitude. « Le vent a provoqué l'extension du nuage, et de fortes pluies de cendres se sont abattues au Sud-Est du volcan. Ce phénomène extraordinaire s'est ajouté à la fonte des glaces. L'eau est montée jusqu'au niveau du pont sur la rivière Bekecha qui relie la ville d'Oust-Kamtchatsk, un chef-lieu de district, au reste de la région », précise Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences.

Jusqu'à la fin Mai 2008, les éruptions explosives et de même intensité, associés à la croissance du dôme, se répètent. Sur des kilomètres autour du Sheveluch, les cendres noircissent les sols enneigés et accélèrent, par contact des débris de magma incandescents, la fonte des neiges, générant des coulées de boue.

Au mois de Juillet 2008, les contours du dôme actif du Molodoy Sheveluch apparaissent modifiés. Ses pentes sont désormais abruptes, et sa base, son diamètre s'étant allongé d'au moins 40%, prend de plus en plus d'emprise dans la caldeira car rares sont les semaines qui ne sont pas ponctuées par des éruptions explosives avec rejets de cendres et/ou coulées de laves.

L'activité éruptive du Molodoy Sheveluch s'intensifie à partir du mois de Mai 2009. D'énormes panaches de gaz et de cendres, atteignant des altitudes variant entre 3 et 9 kilomètres d'altitude, s'élèvent régulièrement au-dessus de son cratère. Des essaims sismiques sont enregistrés, à nombreuses reprises, dans le corps même de l'édifice volcanique, et de multiples anomalies thermiques sont constatées dans le dôme grandissant.

En Novembre 2009, des coulées sont observées sur les versants Sud-Ouest en particulier, surtout de nuit car les flots de lave, à des températures de 800 à 1.000° C., sont, lors, les plus visibles.

Le 21 Décembre 2009 quelques 130 séismes locaux sont enregistrés, sur 24 heures, par les stations d'observation et selon l'imagerie satellite, d'importantes anomalies thermiques sont observées, quotidiennement, autour du dôme actif. Un article du « RiaNovosti », daté « Petropavlovsk-Kamtchatski, 23 Décembre 2009 », précise même que « Les photos satellite indiquent que la température autour du dôme actif est anormalement élevée : +10° C., alors que sur le reste de la péninsule il fait -23° C. » Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, souligne, quant à lui, que « L'observation vidéo du volcan est gênée par la forte nébulosité, mais les données des stations sismiques permettent de supposer que le Sheveluch a effectué au moins deux rejets de cendres à 4 kilomètres d'altitude ».

La coupole du volcan, avec l'intensification des éruptions explosives extrusives, s'est fendue en deux et, par le truchement d'une large et profonde fissure, des rejets de cendres et de gaz s'échappent et s'élèvent à des altitudes avoisinant les huit kilomètres. Les 15 et 16 Janvier 2010, des coulées de lave incandescente dévalent les pentes. Des chercheurs à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « n'excluent pas une nouvelle explosion du dôme du Molodoy Sheveluch, le bouchon de lave ayant atteint une masse critique durant ces dernières décennies, et ils estiment qu'une explosion, dans le cratère, est inévitable », formule, dans un article du 17 Janvier 2010, le « RiaNovosti. »

Le mercredi 7 Avril 2010, un représentant de la section du Kamtchatka du Service géophysique de l'Académie des sciences de Russie, - RAN -, annonce, dans les colonnes du dit périodique d'information que « le Sheveluch a émis une colonne de cendre mêlée de gaz à 6,5 kilomètres d'altitude », rajoutant : « En 24 heures, 63 événements séismiques ont été enregistrés dans le bâtiment du volcan, en plus, une anomalie thermique a été constatée dans le dôme grandissant. » Le scientifique y déclare, en outre, que « le Sheveluch constitue un danger pour la navigation aérienne dans cette zone. Des parcelles de cendres peuvent pénétrer dans le mécanisme des avions de ligne survolant cette zone et provoquer une catastrophe aérienne. »

A compter du 19 Mai 2010, l'éruption du volcan le plus septentrional de la presqu'île du Kamtchatka, en Extrême-Orient russe, s'intensifie et malgré les conditions météorologiques qui gênent l'observation du volcan, les données sismiques laissent supposer que les rejets de cendres atteignent une altitude de 4 à 5 kilomètres. Jusqu'à 55 séismes locaux sont enregistrés tous les jours à proximité du cône. Nombre d'entre eux, à en juger par leur force et leur durée, s'accompagnent de puissants rejets de cendres et de gaz.

D'après un chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « l'activité du volcan va croissant. Des pluies de cendres affectent les localités les plus proches. Les cendres volcaniques et des particules de magma, atteignant 2 millimètres de diamètre, sont en mesure, en raison de leur composition chimique complexe, de provoquer des intoxications chez les hommes et les animaux et de mettre en danger la navigation aérienne. »


Chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch à compter du 15 Mai 2010, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team et le Global Volcanism Program.


Dépêche du 24 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 5,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, du 15 au 17 Mai, une activité fumerollienne modérée a été observée. Les nuages ont obscurci le volcan les autres jours de la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Sud-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 40 kilomètres, le 15 Mai, et sur environ 40 kilomètres, à son Nord-Est, le 18 Mai.

Dépêche du 27 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,7 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, et une activité fumerollienne modérée a été observée durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 10 kilomètres, le 23 Mai.

Dépêche du 04 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 6,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Un nuage de cendre, de 20 kilomètres de long sur 6 kilomètres de large a été détecté, au Nord du dôme de lave, à une distance de plus ou moins 15 kilomètres, le 31 Mai, et des plumes de vapeur et de gaz ont été observées, à l'Ouest du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 30 kilomètres, le 29 Mai.

Dépêche du 10 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,1 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, les 04, 06 et 09 Juin, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 100 kilomètres, le 04 Juin.

Dépêche du 18 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,9 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, du 13 au 17 Juin, une activité fumerollienne forte ainsi que des avalanches de débris magmatiques ont été observés durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Et une petite anomalie thermique a été relevée, le 15 Juin, près du dôme de lave, très probablement à cause des dépôts importants de débris magmatiques accumulés.


En conclusion.


Si l'on en croit les scientifiques qui se sont exprimés dans les colonnes du périodique d'information russe, le « RiaNovosti », on ne peut qu'admettre que l'activité du Sheveluch s'intensifie et, son cratère crachant des gaz, des cendres et des blocs de lave visqueuse qui provoquent des avalanches de débris magmatiques visibles surtout la nuit et atteignant des températures de 800 à 1.000° C., qu'elle va croissante. En outre des essaims de séismes locaux se concentrent dans l'appareil vulcanien et proches du dôme sommital. Ils s'accompagnent d'émissions de gaz et de cendres qui s'élèvent à plus ou moins 4 kilomètres d'altitude

En conséquence, le Sheveluch pourrait connaître prochainement une éruption puissante au moins semblable à celle du 27 Février 2005 qui avait éventré la partie occidentale du dôme sommital, la hauteur du volcan ayant diminué de plus de 200 mètres, et une coulée de lave d'un kilomètre de large s'était étendue jusqu'à 25 kilomètres du cratère, au pire approchante ou similaire à celle du 12 Novembre 1964 qui résulta d'une courte, quelques heures, mais très puissante, éruption explosive qui éjecta 1,5 kilomètres cubes de matériel arraché à la moitié sud du dôme volcanique, le projetant dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'édifice, heureusement une zone inhabitée qui se retrouva recouverte d'une dense et compacte couche de blocs de pierre et de cendres incandescentes de 10 à 50 mètres d'épaisseur, suivant les lieux.

16:41 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, kamchatka, sheveluch, éruption volcanique, russie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19 juin 2010

Impressionnante activité vulcanienne et strombolienne pour le volcan Batu Tara.

Code : 0604-26

Localisation : Latitude 7.792° Sud et Longitude 123.579° Est.

Alerte aviation : Niveau d'alerte orange

Alerte volcan : Non définie mais probable niveau 2, voire 3.


Le stratovolcan Batu Tara, culminant à 748 mètres d'altitude, est une petite île-volcan déserte, - dénommée le Pulau Komba, îles de la Petite Sonde -, isolée en mer de Flores et située à 50 kilomètres au Nord de l'île de Lambeta, - autrefois appelée Lamblen -, dans la province indonésienne de l'East Nusa Tenggara, Timur Oriental. Elle est la partie émergée d'un imposant édifice posé, par 3.000 mètres de fond, sur la jeune et mince lithosphère océanique de la micro-plaque tectonique Timor, une plaque en convergence, sur toute sa façade Nord, avec la microplaque de la Mer de Banda, et en convergence se transformant en divergence, sur sa façade Sud, avec la plaque australienne, et sur l'arc insulaire Sunda-Banda, à la frontière de la zone de subduction de la plaque lithosphérique australienne, en déplacement Nord, s'enfonçant sous la plaque tectonique de Sunda.

Le Batu Tara est coiffé par un grand cratère central, de 900 mètres sur 700 de diamètre, entaillé, sur son côté Est, par une cicatrice d'effondrement, semblable à celle de la Sierra del Fueco, pour le Stromboli, qui canalise les coulées de lave lors des éruptions. Particularité propre à l'édifice, même s'il est en fréquente activité, - éruptions et panaches de cendres s'élevant seulement à quelques centaines de mètres, rarement à plus de 2 ou 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer -, la végétation couvre tous ses versants jusqu'à 50 mètres de son sommet.

La géologie du Pulau Tomba se compose de couches alternées de laves basanitiques et téphritiques durcies, de cendres solidifiées et des roches éjectées par les éruptions antérieures. Le Pulau est réputé pour ses leucites potassiques.

Jusqu'en 2006, la seule éruption historique connue et documentée, de type strombolien, indice d'explosivité volcanique VEI 2, du Batu Tara, se produit durant les années 1847 à 1852. Elle se caractérise par des explosions projetant des bombes volcaniques et par un écoulement de lave. Le 1er juillet 2006, après 200 ans de calme, une éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 1, généra un panache de cendre atteignant 2 kilomètres d'altitude. Depuis, le Batu Tara connaît de fréquentes périodes éruptives, plus ou moins longues, plus ou moins importantes de type strombolien ou vulcanien, ponctuées d'explosions produisant des panaches de cendre sélevant entre 1 et 2 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, une activité éruptive comparable à celle de l'Anak Krakatau.

Le Batu Tara, Août 2008.

Les 19 et 20 Mars 2007, le volcan se manifeste, d'abord, par une faible activité explosive déclenchant l'émission de panaches de vapeur et de cendres, mais vite suivi par une phase d'éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 2, plus forte, combinée à des panaches de plus en plus importants s'élevant au-dessus de l'édifice, provoquant, par crainte d'une éruption volcanique majeure, l'évacuation d'environ 1.500 personnes résidant sur l'île de Lembata toute proche.

Le Batu Tara est, depuis resté en activité constante avec des anomalies thermiques et la production fréquente de panaches de cendre dont nombre de bas niveau. Certes, entre les 24 novembre 2009 et 23 février 2010, le volcan a été quelque calme, avec expulsion occasionnelle de plumes de cendre, tels les panaches s'élevant à une altitude de 2,4 kilomètres et dérivant sur 90 kilomètres au Nord-Ouest du Pulau Tomba, le 24 Novembre 2009, de 1,5 kilomètre et dérivant sur 25 kilomètres à l'Est de l'île-volcan, de 2,1 à 2,4 kilomètres et dérivant entre 70 et 125 kilomètres d'Ouest en Nord les 8 et 9 Mars 2010...

Le Batu Tara, 10 Juin 2010.

Cette éruption est toujours en cours et une activité strombolienne et vulcanienne impressionnante continue sur le stratovolcan Batu Tara. Le 10 juin 2010, une explosion a produit un panache de cendre atteignant 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, Et l'activité s'intensifie à compter du 11 Juin 2010, le panache de cendre est ininterrompu, son élévation oscillant entre 2,4 et 3,5 kilomètres d'altitude et dérivant au delà des 35 à 65 kilomètres d'Ouest en Nord-Ouest du Pulau Tomba. Une coulée de lave, suivant certaines indiscrétions locales, se serait même produite sur le versant Est de l'édifice volcanique.

16 juin 2010

Depuis le 15 Juin 2010, alerte orange pour le volcan Nevado del Huila, Colombie.

Code 1501-05

Localisation : Latitude 2.93° Nord, Longitude 76.03° Ouest

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Niveau 2.
Alerte aviation, Niveau actuel : Orange.

 

Le Nevado del Huila est un stratovolcan colombien situé au Sud-Ouest de la Colombie, à l'Ouest du département de Huila, - municipalités de Tervel, d'Iquira, de Palerme et de Neiva -, à l'Est du département de Cauca, - municipalités de Paez, de Toribio et de Corinthe -, et, au Nord, de celui de Tolima, - municipalités d'Ataco et de Rioblanco -, dans la Cordillère Centrale des Andes, dans le parc national qui porte son nom.

Le volcan se présente sous la forme d'un alignement orienté Nord-Sud de quatre cônes volcaniques nommés, du Nord au Sud, le Pico Norte, La Cresta, le Pico Central, avec une altitude variant, suivant les sources géographiques, entre 5.364 mètres et 5.750 mètres constituant le plus haut sommet de Colombie, et le Pico Sur, avec une base elliptique de seize kilomètres de long pour onze kilomètres de large couvrant une superficie de 170 kilomètres carrés. Il est, de surcroît, le volcan actif le plus haut du Cundinamarca, - Nouvelle Grenade jusqu'en 1866, République de Colombie depuis -.

Cet imposant stratovolcan, recouvert par une calotte glaciaire, ainsi que les trois autres cônes volcaniques et deux dômes de lave, se sont édifiés dans un caldeira, d'âge indéterminé, de 10 kilomètres de diamètre. Il est, en fait, constitué par le chevauchement, et leur superposition, de deux volcans, le Pré-Huila et le Huila, le Huila ayant connu deux phases éruptives majeures, le Huila ancien et le Huila actuel. Bien que la genèse du Huila actuel fut essentiellement effusive, elle est devenue, dans les périodes plus récentes, beaucoup plus explosive, produisant notamment des coulées pyroclastiques liées à des effondrements de dômes, d'où son altitude fluctuant entre 5.364 mètres et 5.750 mètres.

La première éruption connue, du Nevado del Huila, date du milieu du XVI° Siècle, vers 1555, et fut explosive. Le volcan connait ensuite une période de repos de près de 500 ans, avec une une activité solfatarienne permanente dont « le son ressemble, dans le silence des nuits d'altitude », comme l'écrivent Garcés et De la Zerda, auteurs d'un guide sur les parcs nationaux de Colombie, 1994, « à la respiration tranquille d'un géant qui dort » qui se termine par l'éruption du 19 Février au 28 Mai 2007, une éruption de type fissure radiale et explosive, indice d'explosivité volcanique, - VEI -, niveau 3 , se produisant dans la partie sommitale du volcan, la chaleur dégagée par la lave émise faisant fondre la calotte glaciaire recouvrant le volcan et entrainant la formation de lahars qui obligent les populations menacées en contrebas d'évacuer temporairement leur lieu de vie qui subiront des dommages.

Après des mois de regain d'activité fumerollienne au sommet du volcan, une nouvelle éruption explosive, indice d'explosivité volcanique 2, débute le 02 Janvier 2008 pour s'achever en Avril 2008, suivie d'une seconde éruption explosive avec extrusion du dôme de lave, indice d'explosivité volcanique 3, de type fissure radiale, le 26 Octobre 2008 qui se poursuit. Les zones les plus exposées sont immédiatement évacuées et 12.000 personnes à quittent leur foyer. Malheureusement le 23 Novembre 2008, des avalanches de débris dévalent les pentes du volcan causant des dégâts dans les villes de Paicol, La Plata et Belalcázar et dans la vallée de la rivière Paez, et provoquant la mort de dix personnes.

Depuis le 15 Juin 2010, les autorités ont déclenché le plan prévention des catastrophes et activé les plans d'urgence dans les environs du volcan Nevado del Huila, qui a enregistré une activité en croissance, plus de 1096 secousses sismiques hybrides, - dont la source est à la fois une fracturation des roches et des mouvements de fluides -, entre le 9 et le 15 juin 2010, et qui est le siège d'un important dégazage, libérant, entre autres, de grandes quantités de dioxyde de soufre.

Le niveau d'alerte aviation est ainsi passé du jaune à l'orange et le niveau alerte volcan est lui, au Niveau 2. signifiant une « éruption probable comptée en jours voire sous une ou deux semaines. »

En outre, les autorités locales, comme cela s'était produit en Juin 1994, entraînant la mort de 1.100 personnes principalement des Indiens, redoutent qu'une avalanche puisse être provoquée par la réactivation du sommet volcanique.

sources partielles : http://www.activolcans.info

10 juin 2010

Au Chili, si, après le Chaiten, en 2008, le Melimoyu se réveillait aussi ?

Code 1508-052

Localisation : Latitude 44.08° Sud, Longitude: 72.88° Ouest.

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Alerte préventive de Niveau 1.


Situé dans la Région peu peuplée des Lacs, Province de Palena, au Nord de la Patagonie chilienne et localisé à 10 kilomètres au Nord-Est de la ville de Chaitén sur le Golfe de Corcovado, l’édifice volcanique est un cône culminant à 1.122 mètres d’altitude coiffé par une caldeira elliptique de 2.5 x 4 kilomètres orientée sur son flanc Sud. Deux petits lacs, l'un à l'Ouest et l'autre au Nord d'un dôme de rhyolite obsidienne dont la formation semble être proche de 100.000 ans, occupent le plancher de la caldeira. Ce contexte lavique, rhyolite obsidienne, très riche en silice, l’effet de « trempe » sur la lave ne lui ayant pas permis de cristalliser et lui ayant confèré un aspect vitreux, ne peut être explicable que par un refroidissement brutal du magma granitique produit de la fusion de la croûte continentale, très épaisse sous les Andes.

Le 2 Mai 2008, bien que considéré comme endormi depuis 9.400 ans, le stratovolcan Chaitén, projetant cinquante millions de tonnes de cendres, entre en éruption.

 

Le stratovolcan Melimoyu :


Tout comme le Chaitén, Le Melimoyu, également appelé Melimoto ou encore Melimoya, est un volcan patagonien, Cordillère des Andes, dans la région Aisén del General Carlos Ibáñez del Campo, localisé à environ 40 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Puerto Puyuhuapi. Ce stratovolcan, de forme ovalienne, s'étirant sur 10 kilomètres dans le sens Est-Ouest, construit par des laves basaltiques et andésitiques, culmine à 2.400 mètres d'altitude. Un cratère de 1 kilomètre de diamètre en inclusion dans une caldeira de 8 kilomètres de diamètre, le couronne. La caldeira est dotée d'une brèche, en son Nord-Est, d'où s'échappe un glacier qui recouvre le sommet du volcan. Deux strates de téphras datées de l'Holocène tardif et de nombreux cônes de cendres sont bien documentés sur les flancs de l'édifice volcanique dont deux seules éruptions, toutes deux de caractère explosif, sont connues, l'une en 850 av. J.-C. et la dernière en l'an 200.

Le Melimoyu se situe aux abords de l'entrée Nord du canal Moraleda, une étendue d'eau séparant l'archipel de Chonos de la partie continentale du Chili. Le canal longe l'importante faille géologique, à forte sismicité, Liquiñe-Ofqui, d'une longueur d'environ 1.000 km et d'axe Nord-Sud. Son nom vient de sa source, dans les Hot Springs Liquiñe, près de la ville éponyme, dans la région de Los Ríos, et de l'isthme Ofqui, dans la région de Aisen où se situe la jonction triple des plaques tectoniques Amérique du Sud, Antarctique et Nazca. Près de la faille, une grande partie longeant le canal Moraleda, se trouvent plusieurs volcans actifs comme le Mocho-Choshuenco, le Corcovado , le Macá, le Puyehue ou l'Hudson, ce dernier dont l'éruption, en 1991, est considérée comme l'une des plus violentes de l'histoire volcanique du Chili.

La faille Liquiñe-Ofqui est une zone de compression cisaillée, au niveau du volcan Quetrupillán par la faille Gastre et peut être déterminée comme un intra-arc dextre et une faille transpressive-transformante. Ainsi, l'éruption du volcan Cordón Caulle, le 24 Mai 1960, deux jours après le grand tremblement de terre de Valdivia, a été déclenchée par des mouvements dans la faille, le même contexte sismo-volcanologique se reproduisant lors du séisme d'Aysén, 21 avril 2007, déclenchant des glissements de terrains massifs, et éruption, le 2 Mai 2008, du volcan Chaitén.

Certes, après le tremblement de terre meurtrier de Cauquènes, de magnitude 8.8, du 27 Février 2010, il se peut attendre un éruption volcanique de l'un des volcans chiliens des Andes, mais s'il s'en produit une, elle ne pourra se générer que dans les régions Libertador General Bernardo O'Higgins, Maule ou Bío-Bío, l'une des trois régions les plus affectées par le tremblement de terre mais, l'hypocentre localisé en milieu marin à 35 kilomètres de profondeur, a été situé hors toute zone volcanique et hors toute connexion avec la faille Liquiñe-Ofqui.

 

Vers une éruption du Melimoyu ?


Au différent, la région d'Aysén, le 17 Mars 2010, sous le volcan Melimoyu, a montré une certaine activité sismique. Trois séismes, deux de magnitude 3,3 et un de magnitude 5.0, ont été enregistrés et ressentis par la population. Le 18 Mars, la sismicité a été, de même, avec une fréquence de 8 séismes par heure. Les hypocentres ont, eux, été localisés à des profondeurs variant entre 3 et 22 kilomètres. Il est à en convenir que la prise en compte de la seule sismicité n'est pas suffisante, d'autres paramètres , - inclinométrie, température, composition des gaz... -, ne devant pas être négligés, pour faire un pronostic éruptif. Mais... car il y a un mais..., la secousse de magnitude 5.0, s'est produite au cœur même de la faille, en lisière du magma, à l'aplomb exact de la cheminée du Melimoyu, à 22 kilomètres de profondeur. Par divers calculs qui seraient trop longs à expliciter dans le cadre de cet article, il s'avère que la vitesse de l'élévation du magma, suites aux mouvements sismiques animant la faille Liquiñe-Ofqui, lors de chaque éruption andine dans cette zone spécifique, est de 0,200 à 0,250 kilomètre par jour. Et le 28 Mai deux essaims sismiques sont localisés, entre 2 et 12 à 15 kilomètres de profondeur, tant à l'aplomb du sommet qu'au sud de l'édifice, démontrant que la circulation des fluides magmatiques sont en cours. Cela laisse entendre qu'une prochaine éruption, entre les 14 juin et 06 Juillet, pourrait affecter le stratovolcan Melimoyu.

Depuis le 02 juin, la sismicité est en augmentation sur le Melimoyu et, de fait, le magma devant être très proche du bouchon lavique obturant le cône sommital, les autorités ont passé le massif et les provinces alentours, - provinces d'Aysén et de Coyhaique -,en alerte préventive de niveau 1. En outre, les communes concernées, - Melimoyu, Seno Gala, Puerto Gala, Puerto Raúl Marín Balmaceda, Caleta Valdiviana, Santo Domingo, Puerto Gaviota, La Junta y Puyuhuapi, Amenhual, Villa La Tapera y Alto Río Cisnes -, par une éventuelle éruption explosive, doivent mettre en place un système d'observation visuel en complément de la surveillance instrumentale in situ.

sources partielles : http://www.activolcans.info

14 avril 2010

Nouvelles évacuations d'au moins 800 personnes en Islande, un second volcan en éruption.

Terre de glace, l’Islande, située sur la dorsale médio-atlantique, entre le Groenland et l’Écosse, au Nord-Ouest des îles Féroé, est un État insulaire de l’océan Atlantique Nord. Terre de glace s'y dénombrant plus de 130 volcans actifs, elle est aussi terre de feu comme l'a rappelé, peu avant minuit, le 20 Mars 2010, l’éruption fissurale de l’Eyjafjöll, à proximité du glacier Eyjafjallajökull. Bien que jugée, dans un premier temps, mineure, cette éruption est pourtant inquiètante car elle laisse craindre, les deux édifices volcaniques étant liés, celle du volcan Katla, bien plus redoutable.


L'Eyjafjallajökull et l’Eyjafjöll.


Pour une oreille francophone, le nom original de ce glacier sonne bizarrement. Trois mots, en réalité, composent ce toponyme : Eyja, - île -, fjalla, - montagne -, et jökull, - glacier -, Eyjafjallajökull... signifiant, donc, le « glacier sur la montagne île. » L'Eyjafjallajökull est une calotte glaciaire, d'une superficie d'environ 78 kilomètres carrés, au Sud de l'Islande. Sur les quatorze calottes glaciaires que compte l'Islande, les cinq plus importants étant le Vatnajökull avec ses 8.300 kilomètres carrés, le Suður Vatnajökull et ses 3.700 kilomètres carrés, le Langjökull couvrant 995 kilomètres carrés, le Hofsjökull et ses 880 kilomètres carrés et le Mýrdalsjökull avec ses 607 kilomètres carrés, il est le septième plus grand glacier du pays. Ce glacier recouvre un volcan, l'Eyjafjöll.

L’Eyjafjöll, ou Eyafjalla, est un stratovolcan actif d’Islande. La dernière éruption connue s'était déroulée du 19 décembre 1821 au 1er janvier 1823. Depuis le début du mois de Mars 2010, une augmentation de l’activité sismique dans la région qui l'entoure, au voisinage du glacier Eyjafjallajökull, présageait une possible éruption, éruption devenue effective le 20 mars 2010.

Sur près d’un demi-kilomètre, des fontaines de laves s’élevant à plus de 200 mètres de hauteur accompagnent une activité effusive avec des laves chaudes aux températures atteignant 1.000° C., voire plus.


Nouvelle faille à Fimmvörðuháls.


La faille éruptive de l’Eyjafjöll, depuis le 30 mars, a une voisine. Une nouvelle faille de 300 mètres de long est apparue prenant tout le monde par surprise.

Quelques 700 à 800 personnes ont été évacuées de leurs habitations, ce mercredi 14 Avril au matin, en raison d'une nouvelle crise sismique sur toute la région orientale de l'Islande pouvant générer, le long de la nouvelle faille, un risque important d'éruption sous l'Eyjafjallajokull, de même que les risques d'une brutale explosion du Katla, un des volcans les plus actifs et des plus destructeurs, à l'origine de plusieurs jökulhlaups ou ou débâcle glaciaire et boueuse de type de crue brutale particulièrement puissante et dévastatrice, - quelque fois désignés lahars ou coulées boueuses formées d’eau, de cendres volcaniques et de tephras -, sous le Mýrdalsjökull, les signes étant trop évidents, est à craindre...

Toutes les routes sont fermées et les civils évacués ont été dirigés vers des centres de la Croix-Rouge. A cause de l'activité volcanique accrue, le long de la faille Eldgja, sous l'Eyjafjallajokull et, à un degré moindre sous le Mýrdalsjökull, toute la zone est surveillée par hélicoptère afin de prévenir de l'ampleur de l'éruption qui semble avoir commencée vers les 01 h 00 du matin, heure locale, l’Eyjafjöll se situant à 125 kilomètres à l'est de Reykjavik et le Katla à moins de 160 Kilomètres de la capitale.

24 mars 2010

Après une crise sismique, le volcan islandais Eyjafjöll rentre en éruption le 21 Mars 2010

Situé au Sud de l'Islande, sur la dorsale océanique et culminant à 1.666 mètres d'altitude, L'Eyjafjöll, également nommé Eyafjalla, est un volcan d'Islande recouvert par l'Eyjafjallajökull, une petite calotte glaciaire de 78 kilomètres carrés de superficie. Par métonymie, Eyjafjallajökull désigne tout aussi bien le volcan que le glacier qui le recouvre. Son dynamisme éruptif est effusif à strombolien, et fissural.


L'Islande, interaction point chaud et dorsale.


L'Islande représente une émersion de la dorsale médio-atlantique longue de 15 000 kilomètres et d’une altitude moyenne de 1500 m, reposant sur des fonds de -4000 mètres,normalement sous-marine, dont l'axe est matérialisé par le rift islandais. Un récent épisode d’activité de ce rift s’est produit entre 1975 et 1984 dans la région de Krafla, avec la mise en place de coulées basaltiques et une extension mesurée de 9 mètres. Cette partie émergée est l'apex d'une vaste anomalie topographique de la lithosphère car la ride de Reykjanes remonte de -3000 mètres jusqu'au rift islandais.

Cette anomalie topographique est l'expression en surface d'une anomalie de vitesse identifiée jusqu'à 2.800 kilomètres de profondeur. Cette anomalie de vitesse est interprétée comme la remontée d'un panache, à l’état solide plus chaud de quelques centaines de degrés Celsius que le manteau environnant, de manteau profond à l’origine du point chaud islandais, ce panache provoquant le bombement de la lithosphère, en surface, sur plus de 1000 kilomètres de diamètre.


Les rift de Reykjanes et d’Islande du Nord.


La partie nord de la dorsale atlantique marque la limite où s’écartent les plaques tectoniques Eurasie et Amérique du Nord, environ 2,5 centimètres par an, dans la direction Est-Ouest. Située au niveau de la dorsale, l’Islande permet donc d’en observer les caractéristiques morphologiques et géologiques « à l’air libre », notamment des fissures en écartement et un volcanisme important. À l’axe de la dorsale émergée, l’écartement crée une zone d’effondrement qualifiée de rift.

Cette zone, communément dénommée zone néo-volcanique ou axiale, couvre environ 26 000 kilomètres carrés, soit un quart de la superficie de l’île. Elle se trouve à la jonction entre la ride de Reykjanes au sud-ouest de l’île et celle de Kolbeinsey au Nord-Ouest.

La zone active du rift n’est donc pas linéaire, et elle se dédouble en deux branches au centre de l’île : la zone du rift de Reykjanes vers le Sud-Ouest, et la zone du rift d’Islande du Nord vers le Nord-Ouest. Sa largeur varie de 120 à 250 kilomètres du Nord au Sud.

S'éloignant de l'axe central de la dorsale, tant vers l’Est que vers l’Ouest, les formations volcaniques en sont de plus en plus anciennes. Ainsi, comme de part et d’autre des dorsales sous-marines, il se retrouve une répartition des âges en bandes parallèles à la zone axiale.

Le mouvement d’écartement des plaques contribue à la formation graduelle de longues fissures, - les grabens -, bordées de failles normales parallèles et d’éruptions magmatiques fissurales, accompagnées de séismes. Depuis l'an 900, 130 éruptions ont été décrites, soit une éruption tous les 4 à 6 ans.

La zone de rift de Reykjanes a connu, au cours de la dernière décennie, plusieurs épisodes de rifting accompagnés de nombreux séismes, les plus violents remontant à 1789, mais pas d’épisode éruptif. La zone de Thingvellir montre un long graben, - fossé d’effondrement -, de direction Nord-Est/Sud-Ouest, bordé par un réseau de failles normales. Le taux d’ouverture y est faible, environ 3 millimètres par an, comparé au taux de 21 millimètres par an mesuré, plus au Sud, dans la péninsule de Reykjanes.

Quelques kilomètres plus au Nord, la zone géothermique de Geysir, présente de remarquables manifestations hydrothermales : sources chaudes, évents de vapeur et surtout des geysers, - « jaillir » en islandais -, qui ont donné son nom à cette région.

La zone de rift d’Islande du Nord est actuellement plus active. La région du Krafla a connu une longue période d’éruption de 1975 à 1984 alors qu’elle n’avait plus connu d’activité sismique et éruptive depuis 250 ans. Au cours de cette période se sont formés d’importants ensembles de failles et de fissures ouvertes, parfois accompagnées de volcanisme fissural. Entre 1975 à 1984, l’écartement cumulé fut de l’ordre de 8 mètres.


Le volcan Eyjafjöll.


L'Eyjafjöll est un stratovolcan localisé au sud de l'Islande, à environ 130 kilomètres au sud-est de la capitale Reykyavik, et juste à l'ouest du glacier Mýrdalsjökull. Il s'agit d'un stratovolcan dont la composition des roches va des basaltes aux andésites. Coiffé d'une caldeira de 2500 mètres de large, les volcanologues le considèrent comme l'un des volcans les moins actifs de l'est de l'Islande. Seules trois éruptions historiques ont été rapportées,en 550, en 1612 et 1821-1823. Sa forme,fortement allongée selon un axe est-ouest, pourrait être être liée à sa proximité immédiate avec la « South Iceland Sismic Zone », zone de fracturation majeure en Islande qui connecte les deux rifts principaux, - Rift Ouest et Rift Est -, qui découpent l'île. Le volcan se trouve, en effet, à l'aplomb où le Rift Est Islandais croise la « South Icelanc Sismic Zone ». Du fait de la présence d'un glacier sur le sommet de l'édifice, l'Eyjafjallajökull, est l'un des risques majeurs que fait courir ce volcan.

Seules trois éruptions de l'Eyjafjöll sont connues. La première aurait eu lieu, suivant la technique de datation « Tephrochronologie », vers l'an 550, mais les caractéristiques éruptives en restent toujours inconnues. La seconde, explosive et d'index volcanique d'explosivité 2, se déroula en 1612. Elle émit, en volume estimé, un million de mètres cubes de tephras. Bien que les documents archives renseignent surtout sur son voisin, les indices recueillis permettent de croire qu'elle fut commune avec l'éruption de Katla tout proche. La troisième, quant à elle, fissurale, sous-glaciaire et explosive, d'index volcanique d'explosivité 2, se produisit du 19 décembre 1821 au 1er janvier 1823. L'émission des quatre millions de mètres cubes de tephras eu lieu au sommet du volcan, sous la calotte glaciaire, au cours d'explosions d'indice d'explosivité volcanique de 2. L'éruption de l'Eyjafjöll cessa lorsque le volcan Katla rentra, à son tour, en éruption.

La plupart des éruptions de l'Eyjafjöll sont de type fissurales et se produisent préférentiellement sur ses flancs Est et Ouest du volcan, notamment aux bouches éruptives de Hamragardahraun, Hofdahraun, Irahraun, Midskalarheidahraun, Raudahraun et Skerjahraun.

Le sandur de l'Eyjafjöll, une plaine s'étendant à ses pieds jusqu'à l'océan Atlantique, s'est construit par le dépôt successif de matériaux, notamment de hyaloclastites, charriés par des inondations provoquées par les différentes éruptions sous-glaciaires de l'Eyjafjöll et du Katla.


Le volcan Katla


Le volcan Katla, 1.450 mètres d'altitude, a la réputation d'être un des volcans les plus dangereux d'Islande. La montagne est cachée sous le glacier Myrdalsjökull dans le Sud de l'île.

Les éruptions de ce volcan central ont lieu tous les 40 à 80 ans. Elles sont difficiles à prévoir. La dernière éruption date de l'année 1918. Les cratères de Laki et la gorge Eldgjá appartiennent au même système volcanique. De fait, il s'agit là d'un des volcans les plus puissants du monde.

Avant la construction du Hringvegur, - la Route Nationale N° 1 -, nulle âme humaine, ayant déjà fait souvent l'expérience des jökulhlaup, des inondations catastrophiques par des grandes masses d'eau se précipitant en direction de la mer. n'aimait à traverser les plaines noires s'étirant au pied du volcan.


L'éruption du volcan Eyjafjöll du Mars 2010


Entre le 3 et le 5 Mars 2010, une véritable crise sismique déclenche de puissants séismes et des grondements sourds. Environ 3.000 tremblements de terre sont enregistrés à l'aplomb du volcan l'Eyjafjöll.

L'éruption débute le 20 mars peu avant minuit. L'état d'urgence est, lors, déclaré dans le Sud de l'Islande et les habitants du village de Fljótshlíð sont évacués en raison du risque d'inondation. Après des projections de cendres, le panache étant visible jusqu'aux îles Vestmann, la lave, s'échappant d'une fissure d'un kilomètre de longueur environ, fait son apparition à Fimmvörðuháls, entre l'Eyjafjallajökull et le Mýrdalsjökull.

Le volcan est recouvert par la calotte glaciaire Eyjafjallajökull, il s'agit d'une éruption fissurale de type sous-glaciaire. Dans ces conditions, si une importante masse de glace fond, l'eau accumulée sous le glacier menace d'être violemment libérée à la surface et de provoquer un jökulhlaup, - des inondations et des coulées de boues – car l''Eyjafjöll est situé dans le sud de l'Islande, encadré au sud par l'océan Atlantique, au nord par la vallée de Þórsmörk et à l'est par la calotte glaciaire de Mýrdalsjökull recouvrant plusieurs autres volcans dont le Katla

Par ailleurs, cette éruption de l'Eyjafjöll fait craindre une reprise de l'activité éruptive du Katla, volcan voisin de l'Eyjafjöll réputé comme « dangereux », les deux volcans étant considérés comme liés. « C'est une éruption plutôt petite et calme, mais nous craignons qu'elle ne déclenche l'éruption du volcan voisin, le Katla, […] un volcan vicieux qui pourrait provoquer des dégâts locaux et mondiaux », a ainsi expliqué Páll Einarsson, géophysicien à l'Université d'Islande.

 
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