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16 décembre 2010

Activité volcanique en Équateur : Le stratovolcan Tunguruhua. Risque d'éruption paroxismale.

Le jeudi 12 Août 2010, à 11 h 54, Temps Universel, 06 h 54 Heure Locale, un séisme de Magnitude du Moment 7.1 avait frappé au cœur de la jungle amazonienne et avait secoué, durant environ 40 secondes, l’Équateur et le Pérou. Son hypocentre avait été déterminé à 200 kilomètres de profondeur par le Centre sismologique Euro-Méditerranéen et à 211 kilomètres de profondeur par l'U.S. Geological Survey.


Le 14 août 2010, publiant un article relatant ce tremblement de terre, », « Un séisme 7.1 de magnitude dans la Cordillère Royale Andine, le 12 Août 2010 : Recrudescence prévisible du volcanisme en Équateur dès la Mi-Novembre », en explicitant les raisons plausibles, j'avais ainsi conclu : « Au plan sismique, se produisant dans les entrailles profondes des arcs et des cordillères volcaniques, ils agissent tels des moteurs enclenchant, dans les 3 à 6 mois, suivant la secousse, soit une recrudescence dans l'activité d'un volcan, soit une reprise d'activité dans les édifices en repos ou en sommeil. Aussi est-il à penser que des cônes volcaniques, tels le Sangay, le Tunguruhua, l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou le Reventador, voire autres moins connus, dans la Cordillère Royale Andine, ne connaissent des regains d'activé ou ne rentrent en éruption après de longs mois ou de longues années de mise en sommeil, à partir de la mi-Novembre 2010. »


Le volcanisme en Equateur d'Août 2010 à Octobre : État des lieux.


Si dès le 30 Août, le VAAC de Washington signalait qu'une plume de cendre était observée, par un pilote, près du stratovolcan Reventador, il n'en paraissait pas en advenir que cette reprise d'activité du volcan puisse être consécutive à l'éruption volcanique. Deux raisons à cela : Pour la première, le 27 Juillet 2010, le volcan était entré en éruption, une succession d'explosions éruptives, de type « stromboliennes » sous forme de fontaines de lave, avec nuages de cendre, téphras et lahars, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 2, et, après une petite période de calme relatif, en Juin et Juillet, son activité se ré-intensifiait ; et, pour la seconde, dans l'arc volcanique andin péruvien, la montée du magma s'effectuant à une vitesse d'environ 2,3 kilomètres par jour, la profondeur de l'hypocentre voisinant les 200 à 210 kilomètres, l'arrivée de la lave, dans le cratère sommital, se calcule dans une durée d'une centaine de jours, soit plus ou moins 3 mois... il ne peut que s'admettre que le séisme du 12 Août ait commis quelques remous mineurs dans la colonne lavique du Reventador qui avait repris un peu de vigueur éruptive, avec présence de nuages de cendres, dès le 30 Août.



Le même constat peut être dressé pour le stratovolcan Sangay en éruption permanente, entrecoupée de quelques brèves pauses de deux à trois mois au plus, depuis le 08 Août 1934, se caractérisant pas une succession d'éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, dans le cratère central et évents latéraux, des éruptions consécutives à une large fissure radiale, des coulées de lave, et, générant des écoulements pyroclastiques, des extrusions vulcaniennes de petits dômes de lave, dans le cratère, ayant provoqué des évacuations et morts d'hommes, scientifiques et autres, comme en Août 1976, qui s'étaient aventurés dans l'ascension du volcan.


Le volcanisme en Equateur en Novembre 2010 : État des lieux.


Si l'activité du stratovolcan Reventador monte en puissance depuis le courant du mois d'Octobre, avec des présences de plus en plus conséquentes de nuages de cendre s'élevant à une altitude d'au moins 4,6 kilomètres, et de coulées de laves épisodiques ;


Si l'activité du stratovolcan Sangay est tout autant en recrudescence avec la constatation d'anomalies thermiques et de nuages de vapeur, de gaz et de cendres, répétitifs ;

Un troisième édifice volcanique, le stratovolcan Tungurahua, d'après un rapport dressé par l'Air Force Weather Agency, - AFWA -, suivant une observations de l'un de ses pilotes, et d'après des analyses d'images satellite effectuées par le VAAC de Washington, est entré en éruption le 22 Novembre. Un nuage de cendre s'est élevé à une altitude de 7,6 kilomètres, s'est déporté, dans une direction Sud-Ouest, sur une distance initiale de 37 kilomètres et a dérivé, dans un azimut Sud-Ouest du volcan, à plus de 230 Kilomètres. De nouvelles émissions de cendres ont été émises le 23 Novembre et ont atteint une altitude de 7,0 kilomètres. Les images satellite ont montré que la plume de cendre, s'est déportée plein Sud, à plus de 150 kilomètres du bâti vulcanien. Tout laisse à penser qu'une ou plusieurs explosions volcaniques se sont produites.


Le stratovolcan équatorien Tungurahua, haut de 5.029 mètres, situé à 135 kilomètres au sud de la capitale Quito est coutumier des éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 3 ou 4, émanant de son cratère central, avec des coulées pyroclastiques, des coulées de lave, des lahars causant de gros dégâts dans les propriétés, morts d'hommes et entraînant généralement des évacuations. Sa précédente crise volcanique s'est déroulée du 05 Octobre 1999 au 08 Juillet 2009 et est resté, excepté une saute d'humeur le 29 mai 2010, - une grande explosion due à une accumulation de gaz et provoquant des projections de lave et de cendres dépassant les 10.000 mètres d'altitude -, dans un calme très relatif depuis.

Avec la rentrée en éruption du Tungurahua, se pose la question de savoir si d'autres édifices vulcaniens de l'arc volcanique équatorien, dans la Cordillère Royale Andine, tels l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou autres moins connus, conséquemment au séisme du 12 Août 2010, « se réveilleront » dans les jours ou semaines à venir.


Le stratovolcan Tunguruhua. Son contexte.


 

Code 1502-08

Localisation : Latitude 1.467° Sud à 1.281° Sud,

et Longitude 78.442° Ouest à 78.263° Ouest,

Stratovolcan, altitude 5.023 mètres,

Cordillère Royale Andine, Équateur.


Le Tungurahua, - Tunguruhua ou Tunguragua, de Tunguri, gorge, et rahua, feu, « Gorge de Feu » -, culminant à une altitude de 5.023 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un stratovolcan andesitico-dacitique actif, un cône très pentu, - pentes à 30 et 35° -, de 14 kilomètres de diamètre basal, dominant de plus de 3.000 mètres la vallée à ses pieds septentrionaux, se situant dans le Cordillère Royale Andine, en Équateur, à 140 kilomètres au Sud de la capitale Quito. Des sommets notables, comme le Chimborazo, 6.267 mètres et l'Altar, 5.319 mètres, l'encadrent L'édifice volcanique se dresse au-dessus de la petite cité thermale de Baños de Benasque, 20.000 habitants, implantée sur son flanc Nord, à 5 kilomètres, dans le cadre exceptionnel d'un cirque montagneux, en bordure du fleuve Pastaza. D'autres villes, plus importantes, sont proches : San Juan de Ambato connu comme « Ville des Fleurs et des Fruits », « Cuña de les Tres Juanes », « Ville Cosmopolite » et « Jardin du l'Équateur », 225.000 habitants, 30 kilomètres au Nord-Ouest, et Riobamba, 135.000 habitants, 30 kilomètres au Sud-Ouest.

Du haut de ses 5.023 mètres, le cratère sommital du Tungurahua dépasse, environ 4.900 mètres à cette latitude 1.4° Sud et 1.2° Sud, l'altitude des neiges éternelles. Son sommet est donc recouvert d'un manteau neigeux et, de surcroît, il est l'hôte d'un petit glacier qui souffre de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999.


Culture et légende autour du Tungurahua.


Au Pérou, les autochtones, de culture kichwa(1), surnomment, affectueusement et religieusement, le volcan « Mama Tungurahua », - la Mère Tungurahua -, et tiennent la même considération pour son congénère voisin, le Chimborazo, adulé comme le père, le « Taita Chimborazo ».

Selon une légende inca, « le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la belle Tungurahua. Le Cotopaxi, très belliqueux, cherchait sans cesse querelle au Chimborazo qui, un jour, s'étant mis en colère, provoqua en duel son rival. Il sortit vainqueur du combat et obtint le cœur de la belle Tungurahua. Ils eurent, ensemble, le Guagua Pichincha, le bébé Pichincha qui hérita de la vaillance et de la puissance de son père, démontra sa force et provoqua l'ire de sa mère. La belle Tungurahua devint une furie incontrôlable, le restant toujours ».


Contexte géodynamique du volcanisme quaternaire équatorien.


L'arc volcanique équatorien est partie intégrante de la Zone Volcanique Nord des Andes qui s'étend depuis la latitude 5° Nord, - Volcan Cerro Bravo, en Colombie -, .jusqu'à la latitude 2° Sud, - Volcan Sangay, en Équateur -. Au Sud de cette latitude, le volcanisme actif, ne reprenant que dans la Région d'Arequipa, au Pérou, y est totalement absent. C'est arc volcanique est le résultat de la subduction de la Plaque océanique Nazca sous la Plaque continentale Amérique du Sud-Américaine et les microplaques Altiplano et Andes du Nord.

La croûte océanique de la Plaque Nazca subductante, depuis 12 à 20 Millions d'années, est porteuse de la Cordillère sous-marine de Carnegie constituée des produits volcaniques de l'activité du point chaud des Galápagos sur la plaque Nazca et subductant, depuis au moins 6 Millions d'années, sous la Plaque tectonique Sud-américaine.

L'arc volcanique équatorien se développe, dans sa majeure partie, face à la dite Cordillère, sur une largeur supérieure en sa zone septentrionale, - 100 à120 kilomètres -, alors que dans la zone colombienne, la dite Cordillère n'existant pas, cette largeur n'est que de 30 à 50 kilomètres. Ainsi, alors qu'en Colombie l'arc volcanique n'est constitué que d'un seul alignement de volcans, au niveau de l'Équateur, et particulièrement face à la Cordillère de Carnegie, quatre alignements d'édifices volcaniques, parallèles, s'inscrivent dans les structures du soubassement andin : la Cordillère Occidentale, la Vallée Inter-andine, la Cordillère Royale, - hôte des stratovolcans Tungurahua et Sangay -, et la zone Sub-andine Orientale, - portant le stratovolcan Reventador -, parallèle à la faille de chevauchement.


La Cordillère Royale Andine, hôte du stratovolcan Tungurahua.


À l'Est de la dépression Inter-andine et tout du long de la Cordillère Royale, se situe le troisième alignement de stratovolcans. À la différence de la Cordillère Occidentale où les volcans s'y définissent par la rectitude de leurs centres d'émission et par leur espacement régulier, les édifices volcaniques, dans la Cordillère Royale, sont, sans aucune organisation, dispersés sur une distance de 350 kilomètres et une amplitude d'environ 50 kilomètres. Leur direction est sub-parallèle à ceux implantés sur l'alignement volcanique de la Cordillère Occidentale. Les principaux volcans caractéristiques de cette chaîne sont, du Nord au Sud, Le Soche, le Cayambe, le Pambamarca, la Caldeira de Chacana, l'Antisana, le Sincholagua, le Cotopaxi, le complexe Chaloupes-Sincholagua, le Tungurahua, l'Altar et le Sangay. Le Reventador, bien que d'appartenance inclusive à la zone sub-andine, par sa pétrographie et sa géochimie, est généralement associé au volcanisme de la Cordillère Royale.

La pétrographie des laves, andésites basiques calco-alcalines, andésites riches en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, et minoritairement dacitiques, exclusivement d'âge final du Pléistocène Supérieur et Holocène, de ces stratovolcans, est assez uniforme. Les laves récentes, majoritairement dacítiques, des volcans Cayambe et Soche, constituent une exception. En outre, le Cayambe présente une évolution similaire à celle des volcans de la Cordillère Occidentale, originellement andesitico-expansif avec le Proto-Cayambe, se transformant, caractéristique de la croissance et de la destruction des dômes, en écoulements dacítiques. Enfin, l'existence de deux grands systèmes magmatiques, les caldeiras du complexe Chacana-Chaloupes, caractérisés par une importante activité riolítique mérite une attention spéciale, une évolution pouvant s'avérer indicatrice d'une mutation notoire dans le volcanisme de la Cordillère Royale.

L'érection des édifices volcaniques de cette cordillère s'est produite au cours du Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, voire vers fin du Pléistocène inférieur, au moment de la glaciation de Gunz, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, le Nebraskéen dans les régions du Middle West. Au cours des temps, tous ont souffert d'effondrements répétés et d'étapes d'érosion intense qui ont causé de la destruction totale ou partielle des cônes. Subséquemment, la reprise d'activité volcanique a réédifié de nouveaux bâtis. Dans cette chaîne volcanique, le Cotopaxi, le Tungurahua, l'Antisana, le Sangay et vraisemblablement le Cayambe ont une activité s'inscrivant dans les temps dits historiques, - de l'Antiquité à nos jours -, et, tout particulièrement depuis 1532. D'autre part, les datations au radiocarbone permettent d'établir que les cônes « jeunes » du Cotopaxi, du Tungurahua, du Cayambe, du Sangay et, probablement, de l'Antisana ont tous été construits durant l'Holocène.

Étant considérée la fréquence de leurs épisodes éruptifs,- 31 pour le Tungurahua, 78 pour le Cotopaxi en sommeil depuis le 19 Février 1942 et 22 pour le Cayambe en sommeil depuis Mars 1786, lors de quatre derniers millénaires ; 3 pour l'Antisana en sommeil depuis Mai 1802 ; et 3, dont le dernier du 08 Août 1934 et toujours en cours en Novembre 2010, pour le Sangay depuis 1628 -, la hauteur des stratovolcans et la présence d'une calotte glaciaire, les édifices volcaniques inclusifs dans cette cordillère présentent de conséquents dangers lors de futures éruptions si celles-ci consistaient en des coulées de lave, des coulées pyroclastiques, des chutes de cendre, de catastrophiques lahars et vraisemblablement, en cas d'extrusion des dômes ou d'une partie ou de la totalité de leurs cônes, des avalanches de matériaux volcaniques


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Proto-Tungurahua.


Au cours de son évolution géologique, depuis le Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, ou fin du Pléistocène inférieur, au Nebraskéen pour les Amériques ou Glaciation de Gunz pour les Alpes, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, aux jours présents, le Tungurahua, posé sur une assise de roches métamorphiques, a connu, de façon séquentielle, au moins trois phases d'édification, présentement les seules déterminées, interrompues, pour les deux premières par des effondrements majeurs,

Ce fut, dans un premier temps, entre 1 Million d'années et 750.000 ans, l'érection du Proto-Tungurahua, référencé, par les scientifiques, Tungurahua I. Les diverse études programmées, et les résultats obtenus, n'en permettent pas encore d'en connaître ni son historique ni ses activités. Les seuls points connus sont que cet édifice s'est érigé sur les soubassements métamorphiques de la Cordillère Royale Andine et ne transparait qu'au travers des grandes surfaces inclinées, en son Nord, que sont le Runtún et le Pandoa, et des coulées de laves qui se déterminent sur les flancs, en sa partie orientale, de l'actuel édifice. Les épandages du Runtún et du Pondoa sont entaillés par de larges et profondes vallées, - les Vallées de Vazcún et d'UIba -, et, par les stratigraphies réalisées sur les aplombs qui corsètent ces cours d'eau, il s'y constate un empilement de coulées de laves andésitique basique à andésitique d'une épaisseur approximative de 400 mètres.

Le Proto-Tungurahua, ou Tungurahua I était un stratovolcan andésítique de 14 kilomètres de diamètre, lors d'au moins une explosion paroxysmale, voire colossale, qui avait déclenché au minimum un effondrement sectoriel, donnant naissance à une caldeira, et des avalanches de matériaux volcanique. L'édifice fut plus ou moins détruit et acheva son activité suite à un important épisode volcanique plus siliceux, responsable de l'émission de laves dacítiques toujours présentes sur les versants pentues du Runtún et du Minsa. D'après deux datations radiométriques réalisées par Barberi, en 1988, il peut être estimé que cet édifice, bâtit par accumulation de matériaux volcaniques au cours d'éruptions successives, a été actif de 770.000 à 350.000 ans avant l'ère chrétienne. Mais il est aussi plausible que plusieurs épisodes paroxysmaux ou colossaux se soient déroulés durant ses 350.000 ans d'existence.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua II.


Après une longue période de repos et une intense érosion, l'édifice volcanique érigeant un cône intermédiaire, le Tungurahua II, s'est réactivé vers 10.000 à 12.000 ans avant J.C. En regard des investigations récentes, ses ruines n'apparaissent, uniquement, qu'au travers d'une série de coulées de lave situées dans la partie supérieure du f1anc Sud, zone de l'évent Tiacos, du complexe Tungurahua. Cette unité constitue une séquence, d'environ 100 mètres d'épaisseur, de laves andésítiques recouvrant des coulées laviques du Proto-Tungurahua. Géomorphologiquement, cette période d'activité vulcanienne peut être antérieure à 11 ou 12.000 ans avant l'ère chrétienne car les écoulements de lave du Tungurahua II emplissent les paléo-vallées formées durant la dernière glaciation, glaciation Würn IV dans les Alpes, Wisconsin III aux Amériques, entre 31.000 et 12.000 ans ± 1.000 ans avant J.C.

Le Tungurahua II, a été partiellement détruit lors du dernier effondrement sectoriel provoqué par l'instabilité de son dôme de lave, l'intrusion d'une conséquente arrivée de magma dacítique dans l'édifice volcanique et une éruption explosive cataclysmique ou paroxysmale, vers 2995 ± 90 ans avant J.C, Cet épisode destructeur a produit, laissant une imposante caldeira, en forme de grand amphithéâtre facilement reconnaissable de nos jours, tout particulièrement sur le flanc Sud, un effondrement de matériaux volcaniques d'un volume approximatif de 8 kilomètres cube. L'avalanche, combinée à des lahars, a heurté les reliefs situés immédiatement à l'Ouest du cône et s'est étalée, couvrant une distance d'au moins 15 kilomètres et constituant les plaines de Cotaló et de Pillate, vers le Nord-Ouest, vallée de la rivières Patate, et le Sud-Ouest, vallée du Chambo. Cette vallée fut même obturée par un imposant dépôt de matériaux et entraînant la formation d'un lac de quelques 10 kilomètres de longueur. La rupture du barrage, des décennies après, a généré une nouvelle catastrophe dans un déferlement de boues emportant tout, à son passage, sur des centaines de kilomètres en aval.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua III.


Après l'effondrement du Tungurahua II, dans la caldeira en forme de fer à cheval ouvrant sur l'Ouest de l'édifice volcanique chapeauté d'un glacier, le stratovolcan Tungurahua III, sans atteindre encore la taille du Tungurahua II à la fin de sa croissance, se développe progressivement. Son activité éruptive émanant, exclusivement, de son cratère sommital, reconstruisant le cône, lui a permis de retrouver une taille au moins égale à 50% de celle du Tungurahua II, avant son effondrement. Cette activité s'accompagne de fortes explosions et de panaches et nuages de gaz, de cendres et de téphras s'élevant à hautes et très hautes altitudes dans la stratosphère et dérivant sur de longues distances.

Ces éruptions explosives provoquent, quelquefois, des coulées pyroclastiques et des coulées de laves andésitiques basiques qui atteignent les régions peuplées implantées à la base du volcan. La dernière crise éruptive importante, commençant le 06 Octobre 1999 et s'achevant le 08 Juillet 2009, Indice d'explosivité VEI 3, avait entraîné l'évacuation temporaire de la ville Thermale de Baños de Benasque située, sur le flanc Nord, à moins de 7 kilomètres du cratère sommital. La dernière éruption majeure, Indice d'explosivité VEI 4, s'était déroulée du 03 Mars 1916 à courant 1918, se prolongeant avec une activité mineure ait continué jusqu'au 01 Décembre 1925.

Deux périodes de construction sont référencées dans l'histoire du Tungurahua III. De vers 2995 ± 90 ans avant J.C, - certains spécialistes supputant même 1400 avant J.C -, jusque vers l'an 700, tel en est pour la première, d'importantes extrusions de laves et de nombreuses coulées pyroclastiques se sont succédées. Durant cette période, restant essentiellement andésitique basique la composition du magma n'a pas évolué significativement. La seconde concerne les 1.300 dernières années passées. Les épisodes éruptifs majeurs se sont succédés à la fréquence d'un par siècle. Généralement, ces éruptions explosives, de type strombolien, génèrent des chutes de cendres et de lapillis, une forte activité pyroclastique et, en phase terminale, des coulées de lave, de composition hétérogène, -andésite et dacite -. Des bouchons laviques andésitiques basiques obstruent la colonne volcanique mettant un point final à la crise éruptive. Ce schéma cyclique a été observé lors des trois plus catastrophiques éruptions historiques, dans les années 1773, 1886 et 1916-1918.


Le 05 Octobre 1999, après une longue période de repos, le volcan a repris une procédure éruptive qui s'est achevée le 02 Août 2010. Elle a été ponctuée d'éruptions explosives majeures les 16 août 2006, 06 février 2008 et 28 mai 2010. La pause éruptive a été de courte durée, le stratovolcan Tungurahua III se réactivant le 22 Novembre en émettant, après une série de fortes explosions, des plumes roses qui se sont élevées à 7,6 kilomètres d'altitude.

Tous ces points référencés et explicités, en regard de son âge, - entre 2.300 et 3.400 ans d'activité -, et des considérations volumétriques attachées à l'édifice, il peut s'admettre que le taux de croissance annuel, du Tungurahua III, est d'environ 0,15 kilomètres cubes.


Le stratovolcan Tungurahua et le risque d'une éruption explosive paroxysmale, voire colossale.


L'effondrement sectoriel du bâti Tungurahua II et l'avalanche de matériaux volcaniques, les coulées pyroclastiques et les lahars qui en ont découlé, datés de vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., par comptage du carbone 14 résiduel, - autrement dit datation par le radiocarbone ou datation par le carbone 14 -, ont laissé d'importants dépôts qui affleurent sur les flancs et le pourtour de l'édifice volcanique. De toute évidence, cet épisode paroxysmal a été provoqué par une éruption explosive, de type plinienne, ou sub-plinienne, d'une grande intensité, Indice d'Explosivité Volcanique VEI 5, et a produit des accumulations conséquentes de matières minérales vulcaniennes de deux types bien distincts.

Le premier type de dépôts correspond à des couches cendres, stratifiées et non stratifiées, croisées et lenticulaires, laissées par une nuée ardente, extrêmement véloce et mobile, composée d'une coulée pyroclastique à sa base et de gaz, de cendres et de blocs de taille variable qui dévalèrent les pentes d'un volcan et s'étendirent sur une superficie d'environ 600 kilomètres carrés pour une volume global supérieur à 0,95 kilomètres cubes.

Le deuxième type est une accumulation de strates découlant d'empilements de fragments de pierre ponce et scories émanant du nuage volcanique, tombés en pluies intermittentes, depuis la stratosphère, sur une longue durée. L'épaisseur des diverses couches, la superficie recouverte et la taille maximum des téphras, des fragments de pierre ponce et des scories mesurés et calculés, il est permis d'évaluer le volume global des produits émis et rejetés et la puissance de la phase éruptive. Ainsi, il est aisé de constater que le volume de la couche déposée représente plus de 0,55 kilomètres cube et que la durée de la phase éruptive peut être évaluée à plus ou moins une heure et la colonne de cendre a pu atteindre une altitude estimée à environ 25 kilomètres avant de se disperser vers le Nord.

Sans compter le volume du dépôt avalancheux de matériaux volcaniques associé à l'explosion sectorielle, le volume des deux types d'accumulations concrétisent un dépôt global de plus de 1,5 kilomètres cubes de roches dites « molles. »

Les multiples découvertes archéologiques, dans le périmètre régional s'étendant dans le pentagone irrégulier Tena-Puyo-Riobamba-Guaranda-Ambato-Tena et Puyo, de substructions de villes, de pots en céramique, de l’or, du cuivre et du bronze ouvragés, des canaux d’irrigation, des terrasses de culture et d'ossements humains, laissent supposer que la région était densément peuplée aux temps archaïques amérindiens de la culture Chavín(2), période dite « horizon de formation », entre 2.700 et 200 avant l'ère chrétienne.

Il est quasi certitude que l'éruption explosive colossale qui s'est produite vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., a eu, pour graves conséquences, de grands dommages tant sur les habitations que sur les personnes et a dû entraîner dans la mort des centaines, voire des milliers de personnes.

En conclusion, il peut être admis que ces considérations, sur le bâti holocène du Tungurahua, tendent à établir, si besoin en était d'en apporter preuve supplémentaire, le caractère excessivement explosif de l'édifice volcanique dans un temps géologique très récent, d'une part, et, d'autre part, l'étendue considérable des zones dévastées par ce type d'effondrement sectoriel dont le Tungurahua II s'est commis. Il n'est point à en douter, aussi, que cet événement s'est, au moins, produit une seconde fois, - probablement un certain nombre d'autres -, entre 770.000 et 350.000 ans avant J.C., avec le Proto-Tungurahua.

Et, se penchant sur la démographie régionale, plus de 400.000 personnes, dont 65.000 dans la zone dévastée vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., vivent, en ce début du XXI° siècle, dans un rayon de 50 kilomètres autour du stratovolcan.

Même si les analyses de stabilité suggèrent que le Tungurahua actuel est un cône « jeune », relativement stable et, donc, sans risque excessif d'effondrement sectoriel ou total, dans son ensemble, les travaux géologiques effectués sur le bâti référencent que plusieurs petits effondrements et de légers enfoncements, les uns et les autres modestes en regard de celui s'étant produit vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., se sont développés lors des plus récentes éruptions émanant toutes du cratère sommital.

D’après les faits historiques, le Tungurahua réintégrant son processus éruptif, en moyenne, tous les 100 ans, un processus pouvant durer de quelques mois à une dizaine d’années, l'épisode critique et redouté, d'un nouvel événement catastrophique, étant en attente depuis 1999, plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent sous la menace permanente d'une éruption explosive, cataclysmique à colossale, du Tungurahua III. Et ce risque serait d'autant plus amplifié si, associée à une intense activité sismique, une intrusion de magma à force concentration dacitique, venait à arriver à l'intérieur de la volcanique.

Raymond Matabosch


Notes.


(1) Le quechua est une famille de langues parlée au Pérou, où il a le statut, ainsi que dans d'autres régions des Andes, du sud de la Colombie au nord de l'Argentine, de langue officielle depuis 1975, Sa variante équatorienne est appelée kichwa, ou quichua. Il se subdivise en de nombreuses variétés. La plus répandue, Sud du Pérou et Bolivie, est le quechua dit « cuzquénien », qui possède une tradition écrite ancienne remontant à l'époque coloniale, - XVI° Siècle -.

Le quechua était la « lingua franca », - non sa langue officielle qui était l'aymara -, de la civilisation inca. L'extension territoriale actuelle du quechua est due au fait qu'il a été promu au rang de « lengua general » par le colonisateur espagnol.

(2) La culture de Chavin est une civilisation précolombienne. Elle doit son nom au village de Chavin de Huantar, au Pérou, où les ruines les plus significatives ont été retrouvées. C'est la culture mère de toutes les civilisations andines. Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du Jaguar ou du puma. Elle a émergé vers 1200/1300 avant l'ère chrétienne et a vu son apogée, avant de disparaître, vers 800-200 avant J.C. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique et dans la Cordillère Andine colombienne, péruvienne et équatorienne.

La civilisation de Chavin a introduit le travail du cuivre, du bronze et de l'or en Amérique du Sud. Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture.


Publié le 29 Novembre 2010 sur

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18 juin 2010

Les îles Kouriles frappées par un séisme de magnitude 5.9, le 18 Juin 2010.

Le 18 Juin 2010, à 02 h 23 Temps Universel, 14 h 23 Heure locale, un séisme sous-marin, de magnitude 5.9, à frappé au large de la côte Sud de l'île volcanique Iturup/Etoruf, en surplomb de la fosse Kouriles-Kamchatka. Son épicentre, localisé latitude 44.533° Nord et longitude 148.634° Est, à la côte -523 mètres, se trouve à 79 kilomètres au Sud de Sentyabrskiy, à 100 kilomètres au Sud-Est de Kuril'sk, à 284 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Nemuro, à 385 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Kushiro, et à 475 kilomètres à l'Est-Nord-Est d'Obihiro. Son hypocentre se localise à 48,1 kilomètres de profondeur.

La secousse principale a été suivie, 8 minutes plus tard, d'une réplique de magnitude 4.0, d'hypocentre similaire, 50 kilomètres de profondeur, et son épicentre a été localisé, dans le même secteur marin, latitude 44.38° Nord et longitude 148.71° Est.

Une alerte tsunami a été lancée mais elle a été vite suspendue.

Les îles Kouriles, rattachées à l'oblast de Sakhaline, administrées par la Russie mais dont les Kouriles Méridionales sont revendiquées par le Japon sous le nom de Territoire du Nord, sont un archipel d'îles volcaniques s'étendant, sur environ 1.300 kilomètres, de l'extrême Nord-Est d'Hokkaido, Japon, à la pointe Sud de la péninsule du Kamchatka, Russie. Elles séparent la mer d'Okhotsk, à l'Ouest, de l'Océan Pacifique, à l'Est. La chaîne se compose de 22 îles principales, la plupart ayant une activité volcanique, de 36 petits îlots et d'une kyrielle de petits rochers, pour une superficie totale de 15.600 kilomètres carrés.

Ces îles font partie de l'arc volcanique Kouriles-Kamchatka et sont implantées sur l'anneau tectonico-vulcanien cerclant l'Océan Pacifique, le « Ring of Fire » ou « Cercle de Feu du Pacifique. » Elles sont les parties sommitales émergées de strato-volcans sous marins résultant de la subduction de la plaque Nord-Pacifique sous celle d'Okhotsk, une subduction formant la fosse Kouriles-Kamchatka se situant à quelques 200 kilomètres à l'Est de la chaîne îléenne qui compte environ 100 volcans, dont 40 sont actifs, de nombreuses sources chaudes et des sites fumerolliens.

L'activité sismique, de forte intensité et de magnitude majeure, y est fréquente. En 1963, un séisme de magnitude 8.5 et le 15 Novembre 2006, un de magnitude 8.3, y sont enregistrés, l'un et l'autre entraînant des tsunami avec des vagues de plus de 1;5 mètre de haut qui ont atteint les côtes de la Californie.

L'île Iturup-Etorofu-to, situé près de l'extrémité Sud de la chaîne Chishima, entre l'île Kunashiri, à 19 kilomètres au Sud-Ouest, et l'île Urup, à 37 km au Nord-Est, est la plus grande des îles des Kouriles Méridionales et elle est, aussi, la plus septentrionale de ces îles. D'une longueur de 200 kilomètres pour une largeur de 27,07 kilomètres, elle couvre un espace de 3.139 kilomètres carrés. Massif volcanique, une série d'une douzaine de volcans actifs, sur un axe Nord-Est/Sud-Ouest forment son épine dorsale de l'île, le Stokap , le plus élevé d'entre eux, dans la partie centrale, culminant à 1.634 mètres.

Le Kurils-Kamchatka-Trench, la fosse Kouriles-Kamchatka, une fosse océanique, de 10.542 mètres de profondeur maximum, s'étend depuis la triple jonction, fosse Kouriles-Kamchatka, faille Ulakhan et fosse des Aléoutiennes, au Nord, jusqu'à la Fosse du Japon au Sud. Parallèlement, à la formation de la zone de subduction qui a créé l'arc insulaire volcanique des îles Kouriles ainsi que celui du Kamchatka, la fosse a pris naissance à la fin du Crétacé. De nos jours, la plaque du Pacifique est en cours de subduction sous la plaque d'Okhotsk, lithosphère continentale et océanique, le long de la tranchée, à la vitesse de 9,5 centimètres par an, ce qui entraîne un volcanisme maximal, violent et paroxysmique et une intense sismicité.

15 juin 2010

Craintes d'une éruption vulcanienne pour le volcan Fuego, Guatemala

 

Code 1402-09

Localisation : Latitude 14.5° Nord, Longitude 90.9° Ouest.

Activité volcan : Sous surveillance.


Le volcan Fuego, 3.763 mètres d'altitude, l'un des volcans les plus actifs d'Amérique centrale, est l'un des trois grands stratovolcans surplombant Antigua, ancienne capitale du Guatemala. Bien que ses éruptions laviques soient rares, il est célèbre pour émettre, quotidiennement, des panaches de fumée et posséder une activité fumerollienne en son cratère sommital. Sa dernière éruption, crachant lave, pierre et cendres et obligeant les autorités locales à l'évacuation de sept familles vivant à proximité du volcan, remonte au 9 août 2007.

Le volcan Fuego et son frère jumeau, l'Acatenango, formant le complexe volcanique connu sous le nom de La Horqueta, sont la renaissance d'un ancien volcan, la Meseta, qui s'était effondré, voilà 8,500 ans et avait explosé projetant des avalanches de débris, sur plus de 50 kilomètres, sur la plaine côtière du Pacifique.

Contrairement aux coulées andésitiques caractérisant le volcan Acaténango, celles du Fuego sont devenues mafiques avec le temps et générent des roches basaltiques.

Le volcan Fuego est rentré en éruption, des éruptions violentes de type vulcanien, de quelques heures à plusieurs jours de durée, produisant des panaches s'élevant à plus de 7 kilomètres d'altitude à plus de 60 kilomètres/heure et entraînant des effets atmosphériques et climatiques durant de nombreux mois suivant l'éruption, des pluies de cendres, des coulées pyroclastiques et des coulées de lave, plus de 60 fois depuis 1524, ce qui en fait, pour l'Amérique Centrale, historiquement, le plus actif des volcans. Trois de ces éruptions furent meurtrières.

Depuis le début Juin, l'activité du Fuego est en constante augmentation. Elle se manifeste par des pulses, - émissions brutales -, de gaz et un dégazage plus régulier, un son de locomotive à vapeur entendu jusqu'à 5 kilomètres de distance, monte en puissance. Parallèlement l'activité éruptive et explosive, environ 15 explosions par jour, reste relativement stable mais la vigilance et la surveillance de l'édifice volcanique s'imposent, les éruptions vulcaniennes dont le Fuego est coutumier, s'accompagnent de violentes explosions projetant des cendres, des scories, des bombes à plusieurs kilomètres de hauteur et des nuées ardentes.

En outre, le Guatemala est régulièrement victime d'abondantes précipitations dues aux tempêtes tropicales, produisant, lors d'éruptions volcaniques, des lahars, des coulées boueuses formées d'eau, de tephras en majorité de cendres volcaniques froides ou brûlantes, très denses et lourdes et charriant quantité de débris tels des blocs rocheux, des troncs d'arbres, des restes de bâtiments, etc... Les lahars se forment lorsque des pluies importantes, survenant lors de cyclones ou des pluies prolongées, s'abattent sur des cendres volcaniques. Ils peuvent survenir des années après une éruption volcanique tant que des cendres peuvent être entraînées.

sources partielles : http://www.activolcans.info

12:00 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, guatemala, fuego, arc volcanique, antigua, guatemala city | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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