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04 septembre 2011

Randonnées en Terres d'Oc

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ISBN : 9782332455499

Aux Editions : Edilivre

A l'époque des troubadours, les terres d'Oc, plus exactement les terres où la langue d'Oc était la langue littéraire, se partageaient politiquement entre quatre obédiences :

- Le royaume d'Aragon, d'abord, avec ses trois capitales, Saragosse, la politique, Barcelone, la commerciale, Montpellier l'intellectuelle ;

- Le duché d'Aquitaine, l'État politique le plus puissant à l'intérieur de ce qui devait devenir la France, qui étendait sa puissance au Limousin et à une partie de l'Auvergne ;

- Les états des comtes de Toulouse ;

- Les terres de la rive gauche du Rhône et de l'Italie du Nord qui dépendaient de la souveraineté du Saint Empire germanique...

L'auteur vous invite à voyager sur les Terres d'Oc languedociennes : Aude, Hérault, Gard et Lozère...

 

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14 décembre 2010

Fontfroide, abbaye cistercienne. La renaissance d'une abbaye.

Le choix du site de Fontfroide n'est pas le fruit du hasard. Les moines, fondateurs de tels édifices, ont toujours privilégié les lieux calmes et isolés. C'est donc, dans un vallon sauvage du massif calcaire des Corbières, à proximité d'un torrent, qu'un groupe de religieux jette son dévolu à la fin du XI° siècle.

Elle doit son nom à cette « fons frigida », source d'eau fraîche. Les armes parlantes de l'abbaye représentent, d'ailleurs, une fontaine.


Le rayonnement de l'abbaye de Fonfroide.


Fondée, en 1093, sur des terres données par Aymeric II, vicomte de Narbonne, Fontfroide est rattachée, en 1144, à l'abbaye bénédictine de Grandselve. En 1146, Fontfroide est affiliée à l'abbaye de Cîteaux, dans la filiation de Claivaux.

Dès lors la liste de ses bienfaiteurs va s'étoffer. Le Comte deToulouse, le Vicomte de Béziers, Guillaume de Montpellier, Alphonse d'Aragon et Guillaume de Roussillon vont être à l'origine d'une des plus rapides ascensions matérielles et spirituelles qu'un édifice religieux ait connu à cette époque.

Les dotations des nobles languedociens, toulousains et catalans permettent, aux moines, d'élargir leur territoire foncier jusqu'au Roussillon et à la Catalogne.

Prospère, elle essaime alors et le monastère de Poblet en Catalogne, en 1149, celui de Valbonne, dans les montagnes d'Argelés, en 1242, entre autres, se trouvent dans sa filiation. Cent ans après sa fondation, à son apogée, Fontfroide est mère de cinq abbayes d'hommes et de trois abbayes de moniales, et possède 24 granges et 30 000 hectares de terres.


Fontfroide fer de lance de l'orthodoxie catholique.


Digne représentante de l'église catholique, elle incarne, à l'aube du XIII° siècle, l'orthodoxie face à « l'hérésie cathare. » Deux de ses moines, frère Raoul et Pierre de Castelnau, deviennent légats du pape, en 1203, pour combattre, par la parole, le catharisme.

En cette période de troubles, l'assassinat, d'un de ses moines, déclenche l'invasion du Languedoc et, sous le commandement de Simon de Montfort, la Croisade des Albigeois.
Fonfroide sort renforcé de ces épisodes tragiques et connaît même la gloire au début du XIV° siècle, deux de ses pères abbés occupant les sommets de la hiérarchie catholique. Arnault de Novell, ancien moine et légat du pape au procès des Templiers, devient cardinal en 1312. Son neveu, Jacques Fournier, est élu pape, en 1314, sous le nom de Benoît XII. On lui doit la construction du Palais des papes à Avignon.


Après l'apogée, le début du déclin.


L'apogée marque souvent le début du déclin et c'est le cas pour l'Abbaye de Fonfroide. Trop bien née et trop puissante, sa richesse, inexorablement, dans le macrocosme monacal, finit par faire des envieux. Fontfroide cristallise les mécontentements et les jalousies, et symbolise, trop ouvertement, la réussite et la prépondérance de Cîteaux. Parallèlement, la discipline, observée par les moines, se relâche et se dégrade

Lors du grand schisme d'Occident, de 1378, l'abbaye recon­naît l'anti-pape Clément VII et s'attire l'ire de Benoît XIII, autre anti-pape. Le choix stratégique des moines s'avère catastrophique et aboutit à la mise sous séquestre des biens de la communauté

 

Sous le régime de la Commende Fonfroide perd, partiellement, son autonomie.


Au milieu du XVe siècle, un autre scandale éclate au sein de l'abbaye. L'abbé Pierre Ferrer est expulsé par le chapitre général, mais, se refusant à la sanction édictée, celui-ci reprend possession, par les armes, de son bien. Jusqu'à sa mort, en 1454, cloîtré dans son monastère, il résiste à toutes les sommations


Les conditions de vie des moines continuant à se dégrader, en 1476, l'abbaye passe sous le régime de la commende et son abbé est choisi, par le Pape, parmi les membres du clergé séculier. L'abbé ainsi nommé perçoit les revenus de l'abbaye et s'occupe de sa gestion tandis que le pouvoir spirituel est remis aux prieurs. Le passage à ce régime marque, l'abbé ne se souciant que de son propre profit, le début d'une décadence des mœurs.

Bien que les prieurs conventuels fassent, au début du XVIII° Siècle de nombreux aménagements, le nombre de religieux chute. En 1764, Fontfroide perd son titre d'abbaye et les revenus qui y étaient attachés, et devient dépendance de l'évêché d'Elne-Perpignan. En 1791, le monastère est mis en abjudication, mais n'est pas détruit


La renaissance d'une abbaye.


Ses bâtiments, relativement préservés lors de la Révolution, ont été rachetés et, après y avoir effectué des travaux de restauration, réoccupés par des cisterciens de l’Immaculée Conception, de Sénanque, sous la direction du Père Jean, de 1858 à 1901


Deux nouveaux acquéreurs, Gustave Fayet et Madeleine d'Andoque de Sariège, en 1908, profitent de la loi sur les congrégations de 1901 pour faire, de Fontfroide, après quelques restaurations, un lieu culturel prisé.

Fontfroide s'impose, aujourd'hui, comme l'étape indispensable au départ des circuits des Corbières et des Châteaux cathares.


Plus de vie monastique mais des bâtiments magnifiquement conservés.


Un élégant portail d'entrée, construit à la veille de la révolution Française, accueille le visiteur et le guide jusqu'à la cour d'honneur.

La salle capitulaire et ses neufs voûtes romanes, disposées sur des croisées d'ogive, est considérée comme un pur chef d'œuvre de l'art roman. L'église, avec sa grande nef culminant à vingt mètres de hauteur, a retrouvé ses vitraux lumineux.

Des statues et des bas reliefs ornent les murs et les jardins. Depuis 1990, ces jardins sont agrémentés d'une grande roseraie composée de 3.000 rosiers rassemblés en onze massifs de couleurs différentes.

L'austérité n'est plus de mise et plus de neuf siècles après sa fondation, Fonfroide a adopté un style confortable et plus convivial.

Raymond Matabosch

Publié le 11 Novembre 2010 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

07:50 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fonfroide, abbaye, narbonne, aude, languedoc-roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12 décembre 2010

Carte postale de Saint Polycarpe en Razès.

Saint Polycarpe, - Sant Policarpi en occitan -, implanté à 227 mètres d'altitude, est une commune audoise, canton de Saint-Hilaire, arrondissement de Limoux qui, baignée par la rivière éponyme et le ruisseau Rieugrand, s'étend sur une superficie de 13,8 kilomètres carrés. Le village et ses hameaux et lieux-dits, Arce, Fondondy et Theulières, au recensement de 2007, subissant une désaffection de près de 4% de sa population depuis 1999, comptait 178 habitants. Les communes de Villar Saint Anselme, de Nord en Est, de Belcastel et Buc, de Sud-Est en Sud, de Cournanel, de Sud-Ouest en Ouest, et de Limoux sur son Nord-Ouest, le ceinturent.

Niché dans le pays audois de la haute Vallée de l'Aude, terre cathare de défilés, de gorges et de plateaux, dans le Corbières vertes offrant la fraîcheur des luxurieuses sapinières, Saint Polycarpe est une terre agricole, principalement viticole qui, avec Saint Hilaire est le berceau de la célèbre Blanquette de Limoux, un vin effervescent, considéré avec le « Gaillac mousseux » et la « Clairette de Die » comme le plus vieux brut du monde dont s'était inspiré Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, pour appliquer la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.

Que le visiteur accède à Saint Polycarpe par la route de Limoux, de Villar Saint Anselme... ou par celle de Belcastel et Buc, il ne peut faire face qu'à une rencontre inattendue : devant lui se dresse, ou ce qu'il en reste, une église fortifiée, l'église paroissiale dédiée à la Vierge dont les ruines se découvrent au Nord de l’église actuelle qui fut, elle, église abbatiale. Et poussant plus loin ses investigations, allant de surprise en surprise, il accède à l'ancienne Abbaye des Bénédictins, connue sous le vocable de Saint-Polycarpe, fondée vers l'an 780 par Àtal, successivement soumise aux Abbayes d'Alet, de La Grasse et d’Alet avant de recouvrer son autonomie, en 1170, de passer, en 1532, sous le régime de la commende et d'être totalement fermée, sous ordre du Roi, en 1771 Cet édifice religieux est flanqué d'un cloitre et d'un aqueduc du XII° Siècle admirablement conservé.

Que dire autre que « ce sont ces bâtiments qui donnent, au village, une expression de grandeur passée » et qui en rehaussent son image de carte postale. Mais, en cela, il serait délicat d'omettre que le sol de son territoire conserve un grand nombre d'objets, - haches en silex, pointes de javelot en silex corné ou en feuille de laurier, tombelles, menhirs, dolmens, peulvans, peyro dreito, peyro ficado, peyro levado. cistes, celles...-, des traces indéfectibles datant de l'époque néolithique, et nombre plus récentes des périodes celtibère et gallo-romaine.

Au Sud du village, le hameau d’Arce recelle, dans les pierres et les ruines d'un vieux château et d'un donjon attenant qui furent démentelés par les troupes de Simon de Montfort lors de la Croisade des Albigeois, des souvenirs chargés d'histoire, de rébellion, de catharisme, de sang, de larmes et de mort.

 

Raymond Matabosch

Publié le 06 Novembre 2010 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

11 novembre 2010

L'Abbaye de Saint Hilaire : Berceau de la Blanquette.

Quinze siècles d'histoire, à quelques lieux de la cité médiévale de Carcassonne, au cœur du Razés, dans un paysage de vignobles, l'Abbaye de Saint Hilaire est la sépulture du première évêque de Carcassonne, Saint Hilaire…

Fondée au VIII° siècle, sous le règne de Charlemagne, elle connut, après une période de fastes et de richesses, le déclin dès les prémices du XIV° siècle et ferma, définitivement ses portes conventuelles, peu avant la Révolution Française, au XVIII° siècle.


Bref historique.


Au VIe siècle, Saint Hilaire, le premier évêque de Carcassonne, enfant du pays nostalgique de ses terres, en visite pastorale, demande, aux habitants des lieux, la construction, sur un éperon rocheux dominant le Lauquet, d'une chapelle qui devient, par la suite, sa sépulture.

Au VII° siècle, l'abbaye qui la remplaça, fut d'abord consacrée au célèbre Saint-Saturnin ou Sernin, évêque-martyr de Toulouse, puis, lorsqu'on y découvrit ses restes, placée sous le patronage d'Hilaire.

Autour de l'an Mil, un nouvel élan de réforme monastique se double d'une révolution technique et stylistique. C'est aussi le temps des premières audaces architecturales qui permettent d'élargir la nef des églises et d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux, venus vénérer les saintes reliques comme le morceau de la Vrai Croix à Sainte Marie d'Alet, ou le corps de l'évêque Hilaire de Carcassonne à Saint-Hilaire…

Sous la protection des comtes de Carcassés-Razés désireux d'honorer l'un des leurs, l'établissement monastique eut, jusqu'au XIII° siècle, un rayonnement considérable dans la région.

Mais, les troubles engendrés par la Guerre de Cent Ans, obligeant les abbés à entretenir les fortifications villageoises précipitent son déclin.

 

Le cloître et les bâtiments conventuels.


Le cloître, édifié au XIV° siècle, est toujours intact Constitué de quatre galeries composées d'arcades ogivales reposant sur des colonnes géminées et moulurées, aux chapiteaux très abîmés, il est en forme de trapèze irrégulier avec des côtés de douze baies archées à l'est et à l'ouest, quatorze au nord et seize au sud.

Décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux, les chapiteaux sont taillés dans un seul bloc de grès provenant des carrières in situ du Razès.

Les galeries du cloître, couvertes d'un toit de tuiles, sont ni voûtées, ni encorbellées.

Un puits et un bassin à quatre lobes, support d'une vasque, du XVI° siècle, occupent le cœur du cloître.

Les galeries du cloître sont couvertes d'un toit mais ne sont pas voûtées. Dans la galerie orientale, sous la quatrième arcade en partant de la galerie sud, on trouve les restes d'un échiquier sculpté. Celui-ci n'est pas daté.

Soit il s'agit d'un échiquier médiéval utilisé par les moines pour faire des comptes, et non pour jouer, soit il a été taillé par les habitants au XVIII° siècle, lorsque le monastère a été abandonné.

Le logis abbatial a été restaurée au XIX° siècle. Il s'agit d'une petite pièce cossue, bien plus tardive que le reste des bâtiments. Son plafond à caissons, offre un répertoire floral et animal, ainsi que et différentes scènes  Il date du XVI° siècle.

Le réfectoire est presque entièrement détruit. Seul subsiste quelques pans de mur. L'un d'eux abrite encore la chaire de lecture, du XIV° siècle, unique en France, et l'ouverture qui y menait. Cette chaire, voûtée d’une croisée d’ogives à la clé de voûte circulaire, ouvrait sur deux salles, l’une destinée aux moines, récemment restaurée, l’autre aux pèlerins et hôtes de l’Abbaye, toujours en ruines.

La galerie ouest abritait les caves, les greniers et les celliers de l’abbaye. Enfin, un peu à l'extérieur de l'enceinte, en empruntant un escalier on peut accéder à ces caves, taillées à même la roche, dans le grès et le poudingue, qui servaient de celliers.

C’est dans ces caves que les moines découvrirent l'élevage, la vinification et la transformation du vin blanc en vin effervescent.


La tradition voudrait...


La tradition veut que l’abbaye de saint Hilaire soit le berceau de la Blanquette de Limoux qui est considérée comme le vin mousseux le plus ancien au monde.

Dès 1531, des écrits en attestant la fabrication, les moines élaboraient un vin pétillant qui, sans le savoir, allait connaître une renommée mondiale.

L'histoire rapporte, même, que, vers la fin du XVIe siècle, Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint Hilaire, y découvre la méthode de vinification des vins effervescents. Et, de retour dans son Abbaye d'Hautvillers, il en expérimente la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.


Trésors romans.


L'église abbatiale romane, du XII° siècle, remaniée au cours des siècles, et sa nef, depuis 1257, voûtée d'ogives à la mode gothique, se définit en trois travées de chapiteaux retombant sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines.

Les bras du faux transept sont ordonnancés en berceau brisé ou, seule, y subsiste l'absidiole sud dépositaire d'un sarcophage sculpté au XII° siècle, en marbre blanc des Pyrénées, œuvre du mystérieux maître de Cabestany.

Véritable et exceptionnelle, cette cuve, d’inspiration antique, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres. Elle est dédiée à Saint Sernin, sert de support à l’autel de l’absidiole sud et évoque l’arrestation, le martyre et l’ensevelissement de Saint Sernin, premier évêque de Toulouse.


Le Maître de Cabestany.


Ce mystérieux sculpteur du XII° siècle, - était-il catalan, languedocien ou italien ? -, doit son nom à à un fabuleux tympan de l'assomption, seul vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany.

Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.

Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre des personnages aux corps trapus, aux mains immenses, aux yeux proéminents, avec « une puissance et une sauvagerie », un fabuleux tempérament, qui ne peuvent être confondues avec nul autre.

10:08 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint hilaire, abbaye, aude, razès, la, guedoc-roussillon, blanquette de limoux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

05 novembre 2010

Dans l’Aude, le Village et l’Abbaye de Saint Polycarpe.

Saint Polycarpe est un village audois, situé sur la D129, à 8 km de Limoux, dans un vallon, au bord de la rivière éponyme qui prend sa source à proximité du château de Belcastel.

En se promenant sur les vertes pentes des Corbières toutes proches, la rencontre inattendue, d’une église fortifiée, surprend le voyageur qui n’est pas averti. Cette église est devenue l’église paroissiale mais elle faisait, autrefois, partie d’une abbaye.

Ce sont ces bâtiments qui donnent, au village de Saint Polycarpe, cette expression de grandeur passée.


L’Abbaye de Saint-Polycarpe.


L’abbaye a été fondée en 783, à l’époque carolingienne, dans l’élan des créations monastiques de la région comme celles d’ Alet, de Lagrasse, de Rieunette, ou de Saint Hilaire. Attala, riche seigneur ibérique, fuyant l’invasion sarrasine, se réfugie en limouxin, défriche la région et jette les fondements de l’église et du monastère pour en devenir le premier abbé.

Pourtant les origines de cette abbaye restent confuses et les archives qui la concernent, sont peu nombreuses. Fondée au début du IX° siècle, elle fut soumise, au Moyen Age, à des monastères plus puissants. L’apparition de la commende et les troubles civils et religieux du XVI° siècle marquèrent le morcellement et la diminution de son patrimoine foncier. Relevée au XVIII° siècle dans le cadre d’une réforme austère marquée de jansénisme, elle est définitivement supprimée en 1771 suite au désaveu des autorités ecclésiastiques.

De moindre importance que ses voisines, elle passa tantôt sous la dépendance tantôt de l’abbaye de Lagrasse, tantôt sous celle d’Alet.. Elle retrouva son autonomie au XII° siècle. Les vestiges des bâtiments claustraux appartiennent aux XVII° et XVIII° siècles. Un aqueduc, toujours visible, alimentait les bassins de cette abbaye.


Les bâtiments monastiques restants sont en ruines.


Les bâtiments sont composés de quatre corps répartis en carré qui forment le cloître du monastère. L’hostellerie était destinée aux étrangers à l’abbaye afin d’assurer le devoir d’accueil et de charité de la règle de Saint Benoît.

Les remaniements architecturaux montrent que des modifications ont été apportés au fil du temps pour en améliorer la fonctionnalité mais aussi la protection.


L’église abbatiale.


L’église abbatiale fortifiée Notre-Dame, exemple représentatif du premier art roman méridional méditerranéen avec les murs épais percés de 3 fenêtres romanes, l’escalier à donner le tournis, les voûtes et l’abside, fut construite à la fin du XI° siècle. Elle comporte à l’ouest un clocher-porche donnant accès à une nef unique, de trois travées, chacune est surmontée d’une voûte d’arêtes domicale. Elle n’était utilisée que par les moines de l’abbaye, la maison cultuelle fréquentée par les villageois étant contiguë.

Cette nef est terminée par une abside semi-circulaire, voûtée en cul-de four. Voûtes et murs étaient couverts de peintures et fresques, datant du XII° siècle représentant l’apocalypse de Saint Jean et la nativité, dont il ne reste quelques scènes. Des remplois de chancels carolingiens sculptés en méplat d’entrelacs, d’oiseaux et de demi-coquilles ornent les autels romans latéraux.

Du XVII° siècle on peut y admirer, également, deux tableaux du peintre Mauriac.

À l’extérieur, le chevet de l’église s’orne d’arcatures lombardes. Le trésor est exposé en permanence, il s’agit des chefs reliquaires de Saint Benoît et de Saint Polycarpe, et d’un monstrance reliquaire porté par deux anges, tous datés du XIV° siècle .


Le village de Saint Polycarpe.


Au nord des édifices religieux, les maisons sont organisées, un peu, sur le modèle d’une bastide avec des rues à angles droits. En parcourant les plus anciennes, quelques maisons à colombage révèlent l’ancienneté de l’habitat de certains quartiers.

Un aqueduc, du Moyen-Âge, traverse la rivière pour alimenter, en eau, l’abbaye et le bourg. Une crue a certainement du en emporter une partie car il est à remarquer que les arceaux datent de deux époques distinctes


Saint Polycarpe.

 

Saint-Polycarpe était, en ses débuts, un monastère bénédictin entouré de quelques maisons et vignobles. Polycarpe était un Évêque d’Ismir, en Turquie.

Étymologiquement, son nom signifie « qui donne beaucoup de fruits. » Les moines du village le priaient pour guérir de la folie alors que, dans son pays d’origine, on l’invoquait pour améliorer les récoltes.

12:07 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint polycarpe, abbaye, razès, aude, languedoc roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 août 2010

L'Abbaye de Saint Hilaire : Berceau de la Blanquette.

Quinze siècles d'histoire, à quelques lieux de la cité médié­vale de Carcassonne, au cœur du Razés, dans un paysage de vi­gnobles, l'Abbaye de Saint Hilaire est la sépulture du première évêque de Carcassonne, Saint Hilaire…

Fondée au VIII° siècle, sous le règne de Charlemagne, elle connut, après une période de fastes et de richesses, le déclin dès les prémices du XIV° siècle et ferma, définitivement ses portes conven­tuelles, peu avant la Révolution Française, au XVIII° siècle.


Bref historique.


Au VIe siècle, Saint Hilaire, le premier évêque de Carcas­sonne, enfant du pays nostalgique de ses terres, en visite pastorale, demande, aux habitants des lieux, la construction, sur un éperon ro­cheux dominant le Lauquet, d'une chapelle qui devient, par la suite, sa sépulture.

Au VII° siècle, l'abbaye qui la remplaça, fut d'abord consa­crée au célèbre Saint-Saturnin ou Sernin, évêque-martyr de Tou­louse, puis, lorsqu'on y découvrit ses restes, placée sous le patronage d'Hilaire.

Autour de l'an Mil, un nouvel élan de réforme monastique se double d'une révolution technique et stylistique. C'est aussi le temps des premières audaces architecturales qui permettent d'élargir la nef des églises et d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux, ve­nus vénérer les saintes reliques comme le morceau de la Vrai Croix à Sainte Marie d'Alet, ou le corps de l'évêque Hilaire de Carcas­sonne à Saint-Hilaire…

Sous la protection des comtes de Carcassés-Razés désireux d'honorer l'un des leurs, l'établissement monastique eut, jusqu'au XIII° siècle, un rayonnement considérable dans la région.

Mais, les troubles engendrés par la Guerre de Cent Ans, obli­geant les abbés à entretenir les fortifications villageoises précipitent son déclin.


Le cloître et les bâtiments conventuels.


Le cloître, édifié au XIV° siècle, est toujours intact Constitué de quatre galeries composées d'arcades ogivales reposant sur des co­lonnes géminées et moulurées, aux chapiteaux très abîmés, il est en forme de trapèze irrégulier avec des côtés de douze baies archées à l'est et à l'ouest, quatorze au nord et seize au sud.

Décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux, les chapiteaux sont taillés dans un seul bloc de grès provenant des car­rières in situ du Razès.

Les galeries du cloître, couvertes d'un toit de tuiles, sont ni voûtées, ni encorbellées..

Un puits et un bassin à quatre lobes, support d'une vasque, du XVI° siècle, occupent le cœur du cloître.

Les galeries du cloître sont couvertes d'un toit mais ne sont pas voûtées. Dans la galerie orientale, sous la quatrième arcade en partant de la galerie sud, on trouve les restes d'un échiquier sculpté. Celui-ci n'est pas daté.

Soit il s'agit d'un échiquier médiéval utilisé par les moines pour faire des comptes, et non pour jouer, soit il a été taillé par les habitants au XVIII° siècle, lorsque le monastère a été abandonné.

Le logis abbatial a été restaurée au XIX° siècle. Il s'agit d'une petite pièce cossue, bien plus tardive que le reste des bâtiments. Son plafond à caissons, offre un répertoire floral et animal, ainsi que et différentes scènes . Il date du XVI° siècle.

Le réfectoire est presque entièrement détruit. Seul subsiste quelques pans de mur. L'un d'eux abrite encore la chaire de lecture, du XIV° siècle, unique en France, et l'ouverture qui y menait. Cette chaire, voûtée d’une croisée d’ogives à la clé de voûte circulaire, ou­vrait sur deux salles, l’une destinée aux moines, récemment restau­rée, l’autre aux pèlerins et hôtes de l’Abbaye, toujours en ruines.

La galerie ouest abritait les caves, les greniers et les celliers de l’abbaye. Enfin, un peu à l'extérieur de l'enceinte, en empruntant un escalier on peut accéder à ces caves, taillées à même la roche, dans le grès et le poudingue, qui servaient de celliers.

C’est dans ces caves que les moines découvrirent la l'éle­vage, la vinification et la transformation du vin blanc en vin effer­vescent.


La tradition voudrait...


La tradition veut que l’abbaye de saint Hilaire soit le berceau de la Blanquette de Limoux qui est considérée comme le vin mousseux le plus ancien au monde.

Dès 1531, des écrits en attestant la fabrication, les moines élaboraient un vin pétillant qui, sans le savoir, allait connaître une renommée mondiale.

L'histoire rapporte, même, que, vers la fin du XVIe siècle, Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint Hilaire, y découvre la méthode de vinification des vins effervescents. Et, de retour dans son Abbaye d'Hautvillers, il en expérimente la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.


Trésors romans.


L'église abbatiale romane, du XII° siècle, remaniée au cours des siècles, et sa nef, depuis 1257, voûtée d'ogives à la mode go­thique, se définit en trois travées de chapiteaux retombant sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines.

Les bras du faux transept sont ordonnancés en berceau brisé ou, seule, y subsiste l'absidiole sud dépositaire d'un sarcophage sculpté au XII° siècle, en marbre blanc des Pyrénées, œuvre du mys­térieux maître de Cabestany.

Véritable et exceptionnelle, cette cuve, d’inspiration antique, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres. Elle est dédiée à Saint Sernin, sert de support à l’autel de l’absidiole sud et évoque l’arrestation, le martyre et l’ensevelisse­ment de Saint Sernin, premier évêque de Toulouse.


Le Maître de Cabestany.


Ce mystérieux sculpteur du XII° siècle, - était-il catalan, languedocien ou italien ? -, doit son nom à à un fabuleux tympan de l'assomption, seul vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany...

Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.

Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre des personnages aux corps trapus, aux mains im­menses, aux yeux proéminents, avec « une puissance et une sauva­gerie », un fabuleux tempérament, qui ne peuvent être confondues avec nul autre.

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07 août 2010

La Clape, univers insulaire. Senteurs de la Méditerranée.


Entre Narbonne, Armissan, Vinassan, Fleury d'Aude, Gruis­san et la mer Méditerranée, le karst de la Clape est une ancienne île rattachée au continent, vers le XIV° siècle, consécutivement à l'ac­cumulation des dépôts alluvionnaires de l'Aude au cours de la pé­riode Quaternaire. Ses roches sont essentiellement sédimentaires : calcaires urgoniens du Crétacé inférieur et marnes. Long de 17 km et large de 8 km environ, le massif couvre 13.500 ha dont 7.500 sont protégés et 600 classés par le Conservatoire du Littoral.

A l'image de son point culminant, le Pech Redon, 214 mètres, ses sommets, très érodés, mêlent plateaux de garrigue, ver­sants boisés de pins d’Alep, falaises abruptes, éboulis et cavités ac­cueillant une flore et une faune remarquables. Au différent, ses combes et ses vallons, aux sols de terre rouge, se parent d'un man­teau de vignes souligné par des liserets de murets en pierres sèches et ponctués de quelques domaines viticoles .


Le Massif de la Clape, un site protégé et classé.


Île au temps où l'étang de Bages-Sigean n'était qu'une baie marine, le Massif karstique de la Clape est réputé pour la qualité de ses paysages. Ses falaises et ses espaces boisés, hébergeant une flore, et une faune particulièrement riches et originales, en font un point fort du littoral.

Les sauterelles « Magicienne dentelée », les libellules « Cordulie à corps fin », les papillons « Diane » et « Proser­pine », les renards, les lièvres, les blaireaux, les sangliers... mais aussi les aigles, les cigognes, les Grands Ducs et les Faucons « cré­cerelle » y côtoient l’endémique Centaurée Corymbosa, le myrte, le « sourire de Venus » des achillées mille-feuilles, l'orchis mâle et autre fumeterre...

3.000 heures d'ensoleillement, une température moyenne an­nuelle de 14° C. et des pluies faibles, irrégulières et brutales cadencent la valse des saisons agricoles intimement liées à la viticulture. Et, même si les touristes s'en plaignent, pas les vignerons, le massif de la Clape est battu, en alternance, par le Cers(1), vent du nord-ouest, violent, très sec et chaud, et par la Marinade(2), vent de sud apportant un ciel gris chargé d'embruns salés. L'un purifie l'atmosphère, le second favorise la maturation des raisins, surtout la nuit. Ainsi soumis aux vicissitudes d'un microclimat exigeant qui en fait toute son originalité et sa richesse, son milieu reste pourtant fragile et, en 1973, il a nécessité protection et classement.

 

Le Massif de la Clape, un site étrange et envoûtant.


Parfums sucrés d'une flore méditerranéenne aux douces et suaves senteurs, odyssée dans les couleurs, lumières vives et chants cymbaliens reposant des cigales, au fil des millénaires, le Massif de la Clape garde son insularité antique. Pénétrer son espace alogique et obnubilant, ses lieux étranges et envoûtants où l'homme moderne retrouve, à chacun de ses pas, la trace de ses lointains ancêtres, c'est aborder un univers particulier et subliminal.

Terre d'asile, de refuge ou d'élection, antre des aigrefins, re­paire des corsaires et des forbans, et vigie incontournable pour les marins phéniciens, mycéniens et grecs, le Massif la Clape fut habité dès le début de la Préhistoire. Des grottes-ossuraires y témoignent d’une occupation humaine du paléolithique moyen au néolithique final et des vestiges de villages néolithiques se dissimulent, entre bos­quets et arbustes, dans sa garrigue.


2.000 ans de savoir faire : Le Massif de la Clape conserve l'éclatante typicité de ses terroirs et de l'étonnante qualité de ses vins.


Il y a 2,000ans, les Romains choisirent la Massif de la Clape, site privilégié et sain en bord de mer, pour s'installer dans de somptueuses villas et y cultiver la vigne et l'olivier, ce furent les Phéniciens, les Mycéniens, les Hellènes et les Grecs, peuples de marins et de commerçants, qui, les premiers, lui octroyèrent ses lettres de noblesse. En effet, les premiers vignobles y sont attestés depuis le I° millénaire avant J.C. Et les Élysides, peuplade autochtone du Nar­bonnais négociaient leur production de vins, au VI° siècle avant J.C, avec les bateaux grecs accostant dans les criques de la « Lykia(3) ».

Sur ces mêmes emplacements se dressent, de nos jours, les seules habitations du massif, les propriétés viticoles érigées en châ­teaux, en domaines et même en abbayes. Elles perpétuent la tradi­tion et, en référence aux seuls romains, plus de 2.000 ans de savoir faire, les vignerons de la Clape, au I° siècle avant J.C., ayant bénéfi­cié les premiers du privilège de plantation que le Sénat réserva aux citoyens romains de Narbonne. Son nectar légendaire bénéficiait déjà d'une grande notoriété et s'exportait dans tout l'empire.


Des sites naturels remarquables font le renom du Massif de la Clape.


Vignes et oliveraies, plateaux de garrigue et vallées boisées, pechs et combes, intimement mêlés dans un relief tourmenté, fa­laises et éboulis, avens et grottes, ruines romaines, monuments cultuels et sites naturels remarquables font le renom de cette an­cienne île.

 

Une majorité de guides de voyage, dans un style littéraire té­légraphique qui leur est propre, évoque le Massif de la Clape comme très intéressant au point de vue de la faune, de la flore et de ses vignobles. Ils énumèrent, pour Gruissan, les lieux à ne pas man­quer : « Sur les rochers de la Clape, pittoresquement déchiquetés, le point culminant, le Coffre du Pech Redon, 214 mètres, belle vue. Ci­metière marin de Notre Dame des Ausils où l'on se rend en proces­sion le jour de Pentecôte. Grotte de la Crousade où on été décou­verts des silex taillés et des ossements des âges préhistoriques... »

Le chemin pentu qui mène à la chapelle Notre Dame des Au­zils, édifiée en 1634, est bordé de cénotaphes érigés en 1860 à la mémoire des marins gruissanais morts en mer. Chaque lundi de Pâques, les pèlerins gravissent l'allée des naufragés et déposent un brin de laurier au pied des stèles avant d'aller se recueillir dans la petite chapelle. Le gouffre de l’Œil Doux fait, lui, partie de ces lieux magiques et inattendus sis au beau milieu du massif de la clape, en pleine garrigue, ou rien ne laisse présager de trouver un endroit pa­reil. Un site bien particulier, si vous écoutez la population locale, c’est un endroit plein de mystère entouré d’histoires énigmatiques.

 

 


Notes.


(1) Le Cers : La tramontane locale en narbonnais, ici on dit aussi « le nord », vent d'ouest ou nord-ouest, souffle environ 200 jours par an à plus de 20 noeuds. Froid et porteur de pluie en hiver, chaud et sec en été, il dégage généralement bien le ciel du littoral au printemps.

(2) La Marinade : ou vent Marin, de secteur sud, sud-est à sud-ouest, souffle sur le golfe du Lion et la Provence. Humide et doux, il est accompagné de pluies et lève une mer forte. Le marin est associé à l'arrivée du front chaud d'une dépression sur la région.

(3) Lykia : la Lycie, pour les navigateurs phéniciens, l’Insula Laci des Romains, l'île d’Ellec au Moyen-Âge, le Massif de la Clape.

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07:41 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aude, la clape, narbonne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29 janvier 2010

Caunes Minervois, cité fortifiée. Capitale du marbre incarnat.

Situé à 20 km au nord-est de Carcassonne, en pays d'Aude, Caunes-Minervois est installé, au contact de la plaine viticole du Minervois qu'il surplombe du haut de ses 503 mètres, sur le versant méridional de la Montagne Noire. Proche de la Méditerranée, environné de vignobles et de garrigues que traversent les drailles empruntées, autrefois, par les troupeaux transhumants, son micro-climat est propice à l'élaboration de ses fameux vins A.O.C. « Minervois. »



Surtout connu pour son abbaye bénédictine Saint-Pierre et Saint-Paul, son abbatiale, son cloître et sa crypte, ses ruelles étroites et ses maisons médiévales et Renaissance, le village est aussi célèbre pour ses carrières de marbre qui ont servi à la construction du château de Versailles, du Trianon, de l'Opéra de Paris... Son toponyme, « Caunes », en occitan « cauna » signifiant creux, cavité, grotte, aven..., est lié à la présence de nombreuses grottes dans les falaises un peu au Nord du Village.

 

Le Village de Caunes-Minervois est construit autour de son Abbaye.

 

La cité de Caunes-Minervois est née autour de son monastère, sur la rive gauche de l'Argent Double, à la sortie des gorges de ce petit affluent de l'Aude. L’Abbaye bénédictine et ses deux clo­ chers fut fondée, en 780, par l’abbé Anian, ami de Saint-Benoît d’Aniane, sur un ancien domaine agricole gallo-romain , la « villae Bufintis. » La construction de l'abbatiale, consacrée en 791, et des premiers bâtiments conventuels s'étira sur une vingtaine d'années.

 

 

Emplacée loin de la vie des hommes, les ouvriers bâtisseurs, majoritairement itinérants, avaient construit des maisons paysannes en bois et à colombages autour du chantier en érection. A la fin des travaux bon nombre d'entre eux se sédentarisèrent, créant la première alvéole du bourg actuel. En 982, de nombreux pèlerins vinrent faire, à Caunes Minervois, des offrandes aux Saints martyrs Amand, Luce, Alexandre et Audalde, dont les des ossements de l’époque romaine avaient été découverts dans un champ hors de l’enceinte du village, près de la rivière et du pont. Ils y célébrèrent leur culte qui demeure toujours intact, et s'installèrent dans le village.

 

Le village de Caunes-Minervois, cité fortifiée.

 

 

Aux portes des gorges de l'Argent Double, réminiscences d'un passé moyenâgeux tumultueux ponctué par les invasions normandes, les troubles de la sanglante croisade des Albigeois et les incursions ravageuses du Duc de Joyeuse, Caunes-Minervois est un village fortifié. L'abbaye était délimitée, au sud et à l'ouest, par un fossé et des remparts, ponctués de portes, qui entouraient toute la cité. Une puissante muraille, dont certains tronçons sont encore visibles, la protégeait à l'est et au Nord.

 

 

Caunes Minervois, village au riche patrimoine historique, architectural et culturel, a conservé une splendeur d'un autre temps. Son église paroissiale, ancienne abbatiale, est classée monument historique depuis 1916 et les bâtiments monastiques le sont depuis 1948. Ses ruelles anciennes recellent mille trésors et la nature qui l'entoure, vignes, garrigues, forêts..., pérennisée, a conquis toutes ses valeurs floristiques et faunistiques.

 

Le monument conventuel et l'abbatiale de Caunes Minervois.


 

Présentant toutes les formes d'architecture, là résidant son originalité, l’abbaye de Caunes-Minervois est la seule abbaye du Pays Cathare à posséder une crypte, vestiges de la première église carolingienne, ouverte au public. Les galeries de son cloître, érigé, au XVII°siècle, sur les souches d’un cloître médiéval, se caractérisent par une grande sobriété. Les bâtiments conventuels, cuisine et réfectoire au rez-de-chaussée et cellules monacales réparties sur les niveaux supérieurs, abritent trois expositions permanentes et des salles d’expositions temporaires.

 

 

 

L'abbatiale est réputée pour son chevet, fleuron d'art roman méridional, et pour son marbre rose provenant des carrières du Roy exploitées depuis l'époque romaine. Reconstruite au XIV° siècle et voûtée en briques, en 1770, comprend sept travées flanquée de chapelles latérales. De grandes baies gothiques,au sud, et des vitraux ornant son abside, l'éclairent de mille feux. Et son portail sculpté, du début du XIII° siècle, comporte des chapiteaux historiés

 

Le village de Caunes Minervois, véritable joyau d'architecture en Languedoc.

 

 

Caunes Minervois est un dédale de ruelles nimbées par une kyrielle de tours, de terrasses, de fontaines... et de façades ornées de nombreux éléments architecturaux datant du XV° au XVIII° siècle. Son patrimoine historique, sculptural et plastique est hors du commun synthétisé par les façades et les pignons et toitures sur rue de la maison Etienne Vidal du XIV°. Des monuments plus récents témoignent d’un savoir faire ancestral et de traditions en voie de disparition, tels la chapelle du crucifix, les vieux lavoirs, le béal...

L’hôtel d’Alibert, de style Renaissance, s’optimise autour d’une cour parée, en son centre, d'un puits à baldaquin de trois colonnettes, de deux tourelles abritant chacune un escalier à vis. Son alter égo, l’hôtel Sicard est, lui, regorgeant de fenêtres à meneaux simples et croisées, d’ouvertures en plein cintre et de fenêtres d’angle.

 

Chemin de fer et tramway, notoriété reconnue de Caunes Minervois.


 

De 1887 à 1969, date de sa fermeture, Caunes Minervois étant le terminus, a été desservi par une ligne de chemin de fer le reliant à Moux où elle se greffait à la ligne Toulouse-Carcassonne-Narbonne. La ligne, surnommée la « ligne des cigales », servait au transport des voyageurs et du marbre extrait dans les carrières caunoises.

Les Tramways à vapeur de l'Aude, par une ligne à écartement métrique, ont assuré une liaison Carcassonne-Caunes de 1901 à 1932 prolongée jusqu'à Lézignan en 1910. Bizarreries des administrations, les deux gares, simplement séparées par une rue, se faisaient face.

 

Autres points d'intérêt sur le territoire communal de Caunes Minervois.

 

Sur les hauteurs de Caunes, la chapelle Notre Dame du Cros, d'origine romane, fondée en l'an 900, se terre dans un décor grandiose d'escarpements et de barres calcaires arborées. Sous le porche, juste au dessus de la tombe de l'ermite Joseph Chiron, une statue de la Vierge à l'enfant accueille les visiteurs. Le sanctuaire fait l’objet d’une procession annuelle le 8 septembre.

La Carrière du Roy est l’ancienne carrière de marbre incarnat rouge et blanc, déjà exploitée à l'époque romaine, qui a fait la renommée du village de Caunes à Versailles. Elle se trouve en surplomb au-dessus de la vallée du Cros, une vallée encaissée, bordée de hautes ravines karstiques et drapée d’une riche forêt de pins.

 

 

 

Au Nord de Caunes-Minervois, sur les flancs des falaises calcaires creusées par l’Argent Double, se nichent des grottes, qui ont fait office d’habitat au Néolithique et lors de la Croisade des Albigeois. Un pont réputé romain, certainement médiéval, traverse la rivière en ce lieu.

11:15 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : languedoc-roussillon, aude, caunes minervois | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

Énigme à Saint-Salvayre. Escale sur le chemin des menhirs.

Dans la vallée de l'Aude, sur le chemin de Vendémies, le village pastoral de Saint Salvayre domine, du haut de ses 750 mètres, la station thermale d'Alet les Bains. Lié à l'histoire monastique de cette ville, l'ancien grenier à blé de l'abbaye bénédictine Sainte Marie d'Aleth, recèle, en ses murs, un singulier sanctuaire médiéval.



Suivant la tradition et la légende, cette église aurait été construite avec des pierres provenant de l'église abbatiale aletoise pillée et détruite par les Huguenots à nombreuses reprises entre 1573 et 1577. De nombreux arcanes cabalistiques et mystiques entourent cette chapelle et ses environs. Est-ce le fait du passage, en ces lieux de l'abbé Saunière ? Pour certains érudits mi-mathématiciens, mi-ésotériques, l’ostentatoire simplicité de l'édifice cultuel cache, même, un de ces bâtiments ambigus et équivoques dont les compagnons bâtisseurs, du Moyen-Âge avaient le secret.

 

La chapelle de Saint-Salvayre : une escale sur le chemin de l'étrange.



Le visiteur ne peut que remarquer, à son arrivée dans le hameau, les sculptures anthropomorphiques, lycanthropiques et zoomorphiques qui rehaussent la partie sommitale de chacun des angles de la chapelle. Elles sont au nombre de huit et sont classées aux Monuments historiques.

Leurs regards patibulaires, bouffons, farceurs et suppôts à la fois, semblent rester posés, en permanence, sur lui, le scrutant et le surveillant tout le temps de ses déplacements autour de l'édifice.

 

La symbolisation des guides et des gardiens spirituels.



Dans la croyance populaire, les guides spirituels accompagnent les hommes et les gouvernent tout au long de leur vie et même après. Il n'est donc pas rare que les sanctuaires soient souvent gardés par un ou plusieurs guides que l’imagerie moyenâgeuse désignait comme étant des « gardiens du seuil. »

Le site de Saint Salvayre s'inscrivant sur le lieu-dit « l’Hommé mort », un lieu situé au-delà dans la symbolique, il peut-être admis que ces fameux gardiens soient représentés par les huit têtes sculptées. Il existait une neuvième tête, « la tête du Sauveur », qui était l'objet d'une procession annuelle pour les habitants d'Alet. L'un justifierait-il l'autre ?

 

L’église en forme de croix symétrique inscrite dans un rectangle.



Bâtie sur la forme d'une croix aux quatre bras symétriques, son plan architectural est de conception assez simpliste. Son appareillage, en moellons non équarris de pierres du pays, est assez rustique. Au différent, les angles et les encadrements des ouvertures sont en pierre de taille.

Des spéculateurs érudits d'ésotérisme et de symbolisme voyant que la nef et le transept forment une crux quadrata, ont énoncé le postulat d'une construction de l'édifice à partir d’un « rectangle résultant de l'assemblage de cinq carrés congruents » et en ont attribué la conception à l'ethnie des Cagots(1).

 

La sobriété : caractère dominant de l'église de Saint-Salvayre.



Ses murs intérieurs sont appareillés, de même que le sont ses façades extérieures, en gros moellons, équarris grossièrement, et son plafond est en arc ogival. Les voûtes et leurs arrêtes sont, par contre, en belle pierre de taille de toute évidence de remploi.

Le mobilier, en nombre restreint, qui se trouve dans l'église n'a que peu de valeur. Ce dénuement, volontaire ou conséquence de vols et de pillages, souligne une impression de pureté et de mortification de ce lieu cultuel.

 

Les modillons sculptés remarquables par la créativité des imagiers et la richesse des thèmes.



Aux huit angles de la croix grecque, formés par la couverture du toit en tuiles romaines, de magnifiques corbeaux sculptés sont scellés dans la maçonnerie. L'un représente une tête d'animal avec un groin plus qu'un museau et des cornes, lui donnant identification de bovidé. Un second, au travail sculptural plus soigné, matérialise une tête d'homme moustachu diffusant une étonnante sensation de vérité et de naturel... Et, alternance de zoomorphes, d'anthropomorphes et de lycanthropes, les uns les autres révélant un monde d'une extraordinaire diversité, où le fantastique se mêle au quotidien, et où l'imaginaire médiéval des imagiers se déploie en toute fantaisie, ainsi jusqu'au huitième...

et dernier... Le modillon reprend le symbolisme de la face d'une manticore(2), créature fantastique à visage humain, à crinière de lion et aux oreilles d'animal, qui surgit menaçante et scrutatrice, prête à bondir sur les intrus.

 

Ces pierres sculptées sont-elles des pierres de remploi ?



 

Deux thèses s'affrontent. La première est émise par le Docteur Boyer, membre de la société d'études scientifiques de l'Aude, qui s'appuie sur l'existence, près des grottes de Lavalette, de « ruines de la Vieille-Église du IX° siècle, pouvant livrer le secret de l’origine des sculptures romanes de l’église de Saint Salvayre » (Compte rendu d’une excursion à Saint Salvayre. - 1941 -)

La seconde émane des Monuments Historiques. Ces pierres sculptées proviendraient de l'Abbaye bénédictine Sainte Marie d'Aleth malmenée par les sarrasins, ravagée par le comte de Carcassonne, remaniée à l'époque gothique et ruinée par les Huguenots lors des Guerres de Religion...

Le seul point positif que l'on puisse retenir est que les sculptures zoomorphiques, lycanthropiques et anthropomorphiques sont datée de la période pré-romane.

 

Autres curiosité autour de l'église de Saint Salvayre.



Sur l'emprise territoriale du hameau, trois mégalithes, dont l'un situé à côté de l'Église, se dressent en bordure du plateau qui domine le ravin d’Arce. C'est une étrange pierre prismatique quadrangulaire légèrement penchée vers le Nord-Est comportant, à son sommet, le trou de scellement, pour certains, d’une croix qui le surmontait autrefois, pour d'autres, le socle de la personnification sculpturale de la « tête du Sauveur ».

A quelque distance en contre-bas des menhirs, sont les ruines de la tour d’Arce et, sur les pentes du ravin de Lavalette, deux grottes, dont l’une présente des traces de fortifications. Ces grottes ont été occupées par intermittence, au néolithique et ont servi d'abri, aux habitants d'Alet, lors des périodes troublées du Moyen-âge et durant les guerres de Religion.

 

Notes.


(1) Les Cagots constituaient ce que l'on a considéré longtemps comme une ethnie, vivant presque uniquement dans les Pyrénées. Tout comme les membres d'autres ethnies minoritaires, ils se virent dotés de traits physiques distinctifs, de véritables inscriptions iden­titaires...

(2) La manticore est une créature fantastique ayant le corps d'un lion, la tête d'un humain et une queue de scorpion ou de dragon, parfois dotée d'ailes de chauve-souris, capable de lancer des dards venimeux pour immobiliser sa proie. Son venin peut servir à diffé­rentes fins, telles endormir, rendre malade, contrôler, maudire... ou même tuer.

10:16 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : languedoc-roussillon, aude, alet les bains, saint salvayre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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