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11 février 2012

10 et 11 Février 2012 : Série de trois séismes en Cerdagne.

Sur des terres de coeur, mon pays catalan, qui ont eu à subir, par le passé, des séismes meurtriers et destructeurs d'amplitude régionale...

Série des tremblements de terre en Cerdagne Espagnole, en parallèle à la faille du Sègre :

seismes-en-Cerdagne.jpg- 11 Février 2012, 01 h 20, latitude 42.39° Nord et longitude 1.69° Est, hypocentre 2 kilomètres de profondeur, épicentre localisé à 1 kilomètre au Nord-Ouest de Lles et à 18 kilomètres au Sud-Est de Les Escaldes, magnitude 2.9

- 10 Février 2012, 16 h 31, latitude 42.38° Nord et longitude 1.80° Est, hypocentre 11 kilomètres de profondeur, épicentre localisé à 6 kilomètres à l'Est de Prullans et 26 kilomètres au Sud-Est de Les Escaldes, magnitude 3.4 

- 10 Février 2012, 15 h 51, latitude 42.38° Nord et longitude 1.79° Est, hypocentre 10 kilomètres de profondeur, épicentre localisé à 5 kilomètres à l'Est de Prullans et 25 kilomètres au Sud-Est de Les Escaldes, magnitude 3.3

 

11 Février 2012 © Raymond Matabosch

09 décembre 2010

La Tour Cerdane. Un rôle stratégique essentiel.

La Tour Cerdane, - ou Castel de la Torra Cerdana ou encore Castel de Pimorent -, dont il est difficile, encore de nos jours, d'en déterminer son origine historique, est un élément d'un système de défense antérieur au Traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 sur l'île des Faisans, dans les Pyrénées-Atlantiques, au milieu du fleuve côtier Bidassoa qui marque la frontière entre les royaumes de France et d'Espagne et aux Conventions de Céret, Mai 1660, et de Llivia, 7 Novembre 1660.

Sa fonction militaire, au travers des textes anciens consultés, n'apparaît pas clairement d'autant que certains écrits, traduits succinctement, adaptés avec légèreté ou circonstanciels, sèment la confusion dans les esprits.


Implantation de la Tour Cerdane.


Implantée au Sud-Ouest de la commune de Porté Puymorens, sur le sommet arrondi d'un promontoire culminant à 1.675 mètres d'altitude, veillant sur les Vallées de Carol, de la Vignole et de Font Vive, la Tour Cerdane a défendu, jusqu'au XVII° Siècle où elle fut volontairement démolie au moyen de fourneaux de mine, après la Convention de Llivia, le passage du Col de Puymorens.

Assez difficilement accessible, cette construction, ou ce qu'il en subsiste, se compose essentiellement d'une enceinte grossièrement arrondie, ruinée, épousant la configuration du sol, de 23 à 26 mètres de diamètre, d'un ouvrage avancé de type barbacane et d'un fossé. Les parties de mur encore existantes ont une hauteur variant entre 6 et 8 mètres, et une épaisseur 'environ 1,40 mètres sur le front Sud, et 1,50 mètre sur le front Nord, construits en moellons de granit taillés, ou sommairement équarris, liés au mortier de chaux.

Involontairement, le visiteur se sent saisi de respect au milieu de ces ruines, derniers vestiges d'un passé glorieux. Impossible de s'avancer au cœur de la Cerdagne sans passer à droite ou à gauche du mamelon qui portait la gigantesque tour. Car gigantesque, elle devait l'être à en juger par les dimensions extraordinaires de sa base.


La Tour Cerdane, un château ruiné par décision royale.


Les murs extérieurs enfermaient une surface considérable. Ils ont une épaisseur respectable avec des rangées de crénelages sur lesquels il s'y remarque des merlons de 1,20 à 1,30 mètre de long sur 0,50 de large, avec un chemin de ronde de type primitif du IX° ou X° Siècle, certainement élargi par des constructions en bois posées sur des boulins et des corbeaux.

Les deux crénelages, encore décelables, ont été comblés et les murs rehaussés. Leur partie sommitale est trop ruinée pour pouvoir entrevoir la hauteur exacte de ces murs.

La muraille possédait trois portes. La première, murée, sur la partie Est de l'édifice, donnait sur le fossé. La deuxième; face à la vallée, au Sud de la forteresse, se situe à 2 mètres au-dessus du niveau du sol. La troisième est, ou paraît être, la plus moderne, mais effondrée, elle n'est qu'un grand trou béant. Et onze archères sont encore visibles.

L'intérieur de la tour est encombré par des éboulis, en forme de cône dont la hauteur sommitale doit se situer à à 3 ou 4 mètres au-dessus du sol d'origine. Il se compose d'une terre blanche et de moellons. Ces éboulis coulent, au Nord, par une large brèche dans la muraille, en pente douce jusqu'au bord du ravin, s'étalant de part et d'autre des vestiges des murs Est et Nord, sur une épaisseur, au contact des appareils en place, comprise entre 1,50 mètre et 2 mètres, et, au Sud, par ce qui devait être la porte, jusqu'au niveau de la carrière, enterrant, sur une hauteur de 1 mètre à 1,50 mètre, les soubassements de la barbacane ruinée.

Au cœur de la tour, au milieu des éboulis, accolé sur le mur Nord, des murs orthogonaux, en pierre sèche, délimitent un petit enclos. Emmanuel Brousse, dans son livre « La Cerdagne Française », nous signale que « au centre de la tour un jardin a été planté... », information qui nous permettrait de considérer ces murs orthogonaux, élevés avec des moellons ayant appartenu à la forteresse, comme ceux du petit jardin, des murs dont la construction peut être estimée du XIX° Siècle.


La Tour Cerdane, un château-forteresse à part entière.


Avec légèreté, certains se sont crus autorisés à estimer que les ruines actuelles seraient les vestiges d'un unique élément fortifié bâti sur ce site. Au demeurant, la topographie, la conjoncture au sol et la cartographie cadastrale plaident pour un ensemble plus élaboré que peut l'être une tour de défense de passage ou une tour-poste isolée.

Tout laisse à penser que la Tour Cerdane aurait pu être une tour-château flanquée d'une chemise, d'une ou deux barbacanes et d'un ensemble fortifié accolé permettant d'accueillir les habitants de Porta, de Portéa Tholosa, de Bau, d'Abiells et de Pedreguet(1). En effet, cet édifice, de forme approximativement circulaire, peut être comparé à d'autres châteaux tels ceux de Lladore, dans le Pallars Sobirà, de Saint Sauveur en Puisaye, en Bourgogne, et de Restormel, dans le Comté de Corwall.


Raymond Matabosch


Notes :


(1) Portéa Tholosa ou Porté Puymorens; Bau, Abiells et Pedreguet étant des villages qui n'existent plus.

 

Publié le 04 Novembre 2010 sur :

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09 août 2010

Cerdagne en Pyrénées catalanes : Mi-Française, mi-Espagnole.

Située dans les Pyrénées axiales, la Haute Cerdagne, géogra­phiquement et historiquement, est un élément fondamental de la Cerdagne, région physique, historique, humaine et naturelle des Comtats et de la Catalogne, partagée entre l'Espagne et la France.

Géographiquement, la Cerdagne est un fossé tectonique de 40 kilomètres de long et de 5 à 9 kilomètres de large, drainé par le Sègre et ses affluents et corseté par une barrière annulaire de massifs montagneux d'élévation supérieure à 2.500 mètres.

La haute plaine cerdane, de 800 à 1.300 mètres d'altitude, cernée au sud par le re­bord septentrional du massif du Puigmal, à l'ouest et au nord par les massifs du Carlit et du Campcardos, et à l'est par la massif morai­nique du Pico Vell, se détermine au centre de la dépression.


« Meitat de França, meitat d'Espanya(1) », il n'y a point d'autre terre comme la Cerdagne.


L'entité Haute Cerdagne, ou Cerdagne française, a été engen­drée le 7 Novembre 1659 par la signature du Traité des Pyrénées, sur l'île des Faisans(2). Ce traité, formalisant la paix conclue entre le royaume d'Espagne et celui de France, a mis fin à la guerre franco-espagnole commencée en 1635. Par la Convention de Llivia du 12 Novembre 1960, le terroir cerdan a été divisé entre les deux états. Trente trois villages, implantés au nord des Pyrénées, excepté Llivia considéré comme ville, sont passés, ainsi, sous souveraineté française, les autres continuant à faire part intégrante de l'état espa­gnol.

Son territoire est le plus occidental mais aussi le plus élevé des six comarques(3) découpant, physiquement et géographiquement, la circonscription de la Catalogne française. Il est situé à l'extrémité ouest des Pyrénées Orientales, aux seuils de l'Andorre et de l'Es­pagne. Blotti au cœur de la montagne catalane, il s'ouvre, à l'est, à 1.579 mètres, au col de la Perche, véritable portail faisant communi­quer les bassins de la Têt et du Sègre, sur le Conflent et le Capcir. Par la Vallée glaciaire du Carol, au nord-ouest, après être parti à l'as­saut des 1.920 mètres de l'impressionnant Col de Puymorens, doublé par un tunnel routier, il débouche sur l'Ariège.


La Cerdagne capitale mondiale de la recherche solaire et mégapole spécialisée dans les traitements des maladies respira­toires.


Faille comblée par les dépôts continentaux oligocènes et miocènes arrachés aux montagnes, 34 à 5 millions d'années, et par les moraines glaciaires et les alluvions du Pliocène et du Pléisto­cène, 5 millions d'années à 13.000 ans, l'altiplano de Cerdagne est orienté est-ouest. Cette orientation, commune à toutes les vallées pé­rennes des Pyrénées Orientales, est en antagonisme avec celles des vallées majeures de la chaîne pyrénéenne, principalement orientées sud-est/nord-ouest.

Même si son climat est subordonné à la haute altitude et, de fait, classifié de type continental, par sa particularité géologique et l'influence méditerranéenne intercédant, la Cerdagne jouit d'un ré­gime d'exception. Peu ventée, tempéré à chaud en été, froid et sec en hiver, bénéficiant de 300 jours d'ensoleillement annuel et d'un air particulièrement pur, elle est une terre providentielle et bénie des Dieux pour les établissements médicaux spécialisés dans les mala­dies pulmonaires infantiles. En outre, c'est un site de tout premier plan pour l'implantation d'unités de recherche solaire : Fours solaires de Mont Louis et d'Odeillo et centrale à tour « Thémis » à Targa­sonne.


Le cadre agricole et naturel de la Cerdagne, un échiquier géant, rare et précieux.


Le plateau d'altitude cerdan s'étend en une dépression se pro­longeant en Espagne, par la Vallée du Sègre, et s'ordonnance en une vaste plaine encadrée par les versants abrupts et rocailleux, d'aspect sauvage, des massifs du Carlit, du Campcardos et des Puigmal. Les villages et les hameaux, entre les versants boisés et les espaces cultivés, sont historiquement implantés sur les cassures et les ruptures de pentes, rarement en bord de cours d'eau.

Sur le haut plateau cerdan, l'agriculture contribue à dessiner un étonnant échiquier agricole, rare et original, composé de pay­sages de collines, de vallons, de près et de vergers sillonnés de ruis­seaux. Ces espaces agricoles, assurant la production de fourrage, ressource indispensable à l'élevage, s’avèrent particulièrement pré­cieux. Les prairies de fauches, et les prairies irriguées, permettent de nourrir les troupeaux qui assurent l'entretien du milieu montagnard.


Le tourisme hivernal et la plaine de la Cerdagne boca­gère mitée par l'urbanisation à outrance.


Si les versants du Massif du Carlit et du Campcardos concentrent une kyrielle de paysages boisés, de reliefs agrestes et ro­cailleux et de lacs dans un espace peu accessible, les espaces ou­verts, alpins et subalpins du massif des Puigmal, sont utilisés par les éleveurs comme estives pour leurs troupeaux de chevaux, de bovins et d'ovins. Et, en hiver, cinq domaines skiables, Porte Puymorens, Font Romeu, Bolquère, Eyne et Err, font vivre les pentes enneigées et garantissent des sensations fortes.

 

Mais l'attractivité de la Cerdagne liée au tourisme de la neige a son revers de médaille à cause l'urbanisation, à outrance, grande dévoreuse des espaces agricoles. Et cette urbanisation massive a al­téré la silhouette des villages et des hameaux ainsi que les grands paysages.


Notes.


(1) Meitat de França, meitat d'Espanya : Moitié de France, moitié d'Espagne

(2) L'île des Faisans : L'île des Faisans ou île de la Conférence est une petite île, 6.820 m2, au milieu du fleuve côtier, la Bidassoa, qui forme, en ce point, la limite de la France et de l'Espagne. C'est sans doute le plus petit condominium, territoire sur lequel plusieurs puissances, généralement deux États, exercent une souveraineté conjointe, du monde.

(3) Les six comarques : Le département des Pyrénées Orientales regroupe l'ancienne province du Roussillon, (le Roussillon, la haute Cerdagne, le Conflent, le Vallespir et le Capcir originellement catalanophones), et le territoire des Fenouillèdes, seul territoire du département de culture languedocienne et de langue occitane.

 

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

08:29 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Catalanes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cerdagne, catalogne, les comtats, roussillon, font romeu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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