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31 janvier 2014

Le Bélisaire de Xambeu.

Le Bélisaire de Xambeu.JPG

Alors que l'espèce est répandue en Amérique du Sud, - Colombie et Équateur -, le Bélisaire de Xambeu, ou l'escorpí cec, en catalan, - Belisarius xambeui de son nom savant, répertorié scientifiquement depuis 1879 par l'arachnologue parisien Eugène Simon et rattaché à la famille des Troglotayosicidae -, constitue une espèce endémique rare de Catalogne, - Pyrénées Orientales, en France -, qui s'est développée autour du Massif du Canigou, - Vallespir et Conflent -, et dans les régions du Ripollès et de la Garrotxa, notamment aux abords de Prats de Mollo et de la vallée de Camprodon. Cette zone d'implantation est exclusive en Europe.

Cet petit chactidae, de la famille troglotayosicidae, troglophile, de 25 à 37 millimètres de long, dépigmenté, de couleur ocre, pâle, se rencontre, dans les Pyrénées occidentales, entre 600/650 et 1.500 mètres d'altitude, et, doté d'yeux latéraux vestigiaux, réduits à l'état de taches oculaires,présente la particularité de ne pas posséder d’yeux médians, d’où son appellation de « scorpion aveugle ». Il tire son nom d’un général général byzantin, Bélisaire, un héros du règne de Justinien, qui, selon la légende, légende, sans fondement historique, aurait terminé sa vie aveugle et mendiant, et de Vincent Xambeu, un naturaliste catalan du XIX°Siècle, qui avait collecté, à Conat, les exemplaires étudiés par Eugène Simon.

A la différence des araignées troglobies, les Bélisaires de Xambeu sont beaucoup moins nombreux dans les cavités souterraines profondes. Ils vivent en altitude dans des habitats forestiers montagnards, soit en milieu cavernicole, soit en hypogé, en milieu très humide, sous les litières forestières au couvert de hêtres et de bouleaux avec sous-bois dense de petits buis, sous des pierres très enterrées, ou sous des éboulis calcaires recouverts d 'épaisses couches de mousse. En outre, ils n'ont été recensés, et seulement en petit nombre, que dans trois grottes, entre 630 et 1.250 mètres d'altitude, aux entours de Prats de Mollo, et huit sites de surface, en Pyrénées Orientales, et quinze localités souterraines et dix-huit de surface en Catalogne.

Anophtalmes, leurs yeux n'interviennent pas dans la capture des proies, car le repérage de celles-ci s'effectue par le truchement de soies sensorielles. Leur reproduction, à faible fécondité, 5 à 24 larves, se déroule toute l'année. Le Bélisaire de Xambeu, « scorpion aveugle » cavernicole de Catalogne, unique représentant d'un genre créé pour lui, est une espèce rare, en voie de disparition, n'est connu, en Pyrénées Orientales, que dans une quinzaine de localités, situées au Sud-Ouest de Perpignan, dans le Massif du Canigou, le Conflent et le Vallespir, et sa survie est tributaire de la protection des biotopes que sont les grottes et les cavernes souterraines.

© 2014 Raymond Matabosch

03 décembre 2010

Catllar, cité conflentoise. Des chemins et des hommes.

C'est dans la Catalogne de la Tramontane, au Nord-Ouest de la cuvette d'effondrement bas-conflentoise, ou cuvette de Prades, courant depuis Ria jusqu'aux gorges de la Guillera à Rodez, douillettement niché à flanc de montagne, sur la berge gauche du fleuve côtier, irrégulier et travailleur, aux « aiguats » redoutables et redoutés, - celui de 1940, l'un des derniers restant incrusté dans toutes les mémoires -, La Têt, que se situe Catllar et son terroir.

Son territoire communal, d'une superficie de 8,02 km2, se situe, presque dans sa globalité, excepté un petit secteur, les Mas Dalmé et Rouflé, sur la rive gauche de la Têt, à la confluence du fleuve avec son affluent la Castellane. Il est limitrophe, au levant, avec celui d'Eus, au midi, avec ceux de Prades et de Ria, au couchant, avec ceux de Campôme et de Molitg et, à septentrion, avec celui de Cômes, un hameau dépendance d'Eus.


Les chemins antiques.


Depuis l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge, en référence au plan cadastral ancien, - Plan dit Napoléon -, dressé par Monsieur Boudet géomètre de 1° classe et terminé le 18 Juillet 1810, outre les nombreux chemins d'exploitations pour accéder aux vignes, - Camí del Vinyadal, Camí de las Vinyes... -, aux prés et prairies, aux stations pastorales, - deux Camins ramaders ou chemins de transhumance -, et aux terres réservées aux cultures vivandières et arboricoles, - Camí de las Hortes... -, six chemins, les entours même de l'église paroissiale Sant Andreu, cœur de la cité, pour origine, sillonnaient le territoire communal de Catllar et desservaient les communautés voisines de Prades et Ria, de Conat et Urbanya, de Molitg, d'Eus et de Cômes, Campoussy et Sournia.

De ces six chemins antiques, seul un, asphalté, autorise et permet toujours la circulation de véhicules, le « Camí d'Eus à Catllar » dont le Chemin Départemental D 24 reprend , excepté dans la traversée du village, le tracé initial, et le tronçon terminal, toujours conservé, bitumé, transformé en chemin d'exploitation, de Camiols au ravin de las Illes. Les autres, les Camins de Ria à Catllar, d'Urbanya - ou de Campigna - à Catllar, de Molitg à Catllar », de Prades à Catllar et de Catllar au Languedoc, souffrant d'abandon, se sont dégradés, ravinés,... Concomitamment avec la désaffection des terres agricoles, de nos jours, définitivement ruinés faute d'entretien, ils ont disparu dans la végétation ou dans les zones urbanisées de la commune,mais de rares vestiges, sur de courtes distances, sur leur assiette, s'y déterminent encore.


Les voies romaines.


Quatre d'entre eux, le « Camí de Prades à Catllar », à « la Terme », curieux mégalithe fiché en terre à la croisée des chemins au lieu-dit Montcamill, son diverticule dextre prenant nom de « Camí de Catllar à Ria », le « Camí de Catllar à Eus » et le « Camí de Catllar au Languedoc », avaient été voies romaines. La première de ces Via, l'une des trois composantes de la « Via Confluentana1 », par Baixas, Ria, Flassa et Canaveilles, reliait Salsulæ, - Salses -, à Julia Libycæ, - Llivia -. Sur la territoire de la communal de Catllar, elle empruntait le tracé du « Camí d'Eus à Catllar » et ceux de « Catllar à Prades » et de « Catllar à Ria » Beaucoup plus qu'une voie de circulation civile et militaire, elle était surtout une voie de charroi principalement utilisée pour le transport de blocs de marbre, marbre blanc de Baixas et marbre rose de Ria, des marbres que Rome, pour ériger ses monuments, ses édifices publics et ses maisons de maîtres, prisait tout autant que celui extrait des carrières de Carrare; la seconde, le « Camí de Prades , ou de Catllar, - suivant les documents anciens -, au Languedoc », était une voie transversale joignant, depuis Codalet jusqu'à Fosse, par Prades, Catllar, Sournia, Prats de Sournia et Le Vivier, la Vallée de la Têt, et ses « Viæ Confluentanum », à la Vallée de l'Agly, et sa « Via Fenicularia. »


Les voies de communication modernes.


Deux seules voies de communication le desservent, l'une, au départ de Prades, s'indexant sur la Route Nationale 116, dite de Perpignan à Bourg-Madame, un ruban d'asphalte, moyennement entretenu par les services autorisés, avec grandiloquence et hypocrisie, affublé d'un flagorneur Route Départementale N° 619, zigzaguant à flanc de montagne, sautant des ravins pernicieux et longeant des aplombs menaçants; un serpent goudronné non sécurisé menant, apodictiques kilomètres, par temps de pluie, de brouillard et de neige, interminables et cauchemardesques, permet de rallier, via Sournia, Pézilla de Conflent et Ansignan, Saint Paul de Fenouillet, et, s'y greffant, au Nord-Ouest de la commune, au Salt del Gall, la Route Départementale 14, via les Bains de Molitg, Mosset et le Col de Jau, consentant l'accès au Département de l'Aude, lors pouvoir rejoindre Axat; l'autre, plus modeste, une chaussée étroite, toute en circonvolution, le chemin départemental N° 24, se dirige sur la Ville Veille de Sant Vicens d'Eus, Eus, Marquixanes, Arboussols et Tarérach, qui ne peuvent-être atteints qu'en se raccrochant au chemin Départemental N° 35, dit de Prades à Arboussols.


Publié le 28 Octobre 2010 sur


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