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12 janvier 2010

Le petit train jaune de Cerdagne : « Le canari. »

Cette ligne, électrifiée par un troisième rail, de 63km à voie métrique unique, est la plus haute d'Europe, 1532m à la gare de Bolquère.

Mise en service entre 1910 et 1928, elle a nécessité la construction de 650 ouvrages d'art, viaducs, ponts et tunnels.

« Le Train Jaune est un atout formidable pour le territoire » et contribue au développement touristique des terres de Conflent et de Cerdagne. Il constitue, en outre, un véritable patrimoine historique, culturel et technique des Pyrénées Catalanes.


Un train à voie métrique, le plus haut d'Europe.


Le Petit Train Jaune, à voie métrique, avait pour but de relier les hauts plateaux de Cerdagne au reste du département des Pyrénées Orientales

La ligne fut édifiée en plusieurs parties de 1910 à 1927.

Les travaux commencèrent en 1903

- 1910 - Villefranche-de-Conflent - Mont-Louis-la-Cabanasse - 28 kilomètres.

- 1911 - Mont-Louis - La-Cabanasse - Bourg-Madame - 27 kilomètres.

- 1927 - Bourg-Madame - La-Tour-Carol - 7 kilomètres.

A ses débuts, elle fut exploitée par la Compagnie du Midi puis en 1937, nationalisée, elle fut, lors, exploitée, tout comme une grande partie du réseau Français, par la SNCF. Et, depuis 2005, la ligne est exploitée conjointement par la SNCF et le Conseil Régional Languedoc-Roussillon.

La Ligne, d'un longueur totale de 63 km, commence a Villefranche-Vernet les Bains a 427 mètres d'altitude et se termine à la gare internationale de La Tour de Carol-Enveigt, implantée sur la commune d'Enveigt, à 1.231 mètres d'altitude

L'altitude maximum atteinte est 1.532 mètres, à la gare de Bolquère, ce qui en fait la ligne de chemin de fer la plus haute d'Europe.

L'ouverture de la ligne a nécessité la construction de 650 ouvrages d'art dont 19 tunnels et 2 viaducs, le Pont Séjourné et le pont Gisclard, et de 22 gares.


Dans un univers de charme et de merveilles naturelles.


La voie remonte les gorges de la Têt depuis Villefranche-de-Conflent jusqu'à Mont-Louis, puis elle franchit le col de la Perche pour rentrer en Cerdagne. Après avoir longé Font-Romeu, elle descend vers Estavar-Llivia, Saillagouse, Osséja, Bourg-Madame, Ur, et finit son parcours à la gare de Latour-de-Carol-Enveigt .

Son système de freinage est unique au monde; il est le premier à avoir utilisé l'électricité: freins « aéro-statiques », c'est un courant induit qui freine par électro-magnétisme les bobines, la chaleur est dissipée dans d'énormes résistances refroidies par l'air et situées sous la machine. Malgré les fortes et longues pentes, 60 m/km, soit 6% , il n'y a eu à déplorer aucun accident, sauf le jour de son inauguration en 1910.

Le voyage en Train Jaune ressemble à un film panoramique, rythmé par le balancement des voitures : à mi-hauteur des pentes escarpées de la vallée de la Têt, le train tutoie le vide puis traverse en douceur de grands espaces bucoliques, au pied des massifs du Canigou, du Cambre d'Aze, du Carlit et du Puigmal, avec au loin la silhouette de la Serra del Cadi.

Au détour d'un virage, on aperçoit un village ou une église romane, on devine l'entrée des vallées étroites du Haut-Conflent réservées aux seuls randonneurs, on découvre enfin les stations de ski accrochées aux pentes de Cerdagne.


Mais aussi, un univers de résistance...


Mais le Train Jaune, perché sur les hauts plateaux du pays catalan, n'est pas, seulement, celui des cartes postales aux couleurs saturées. Il n'est pas non plus unique attraction touristique, tortillard sympathique pris l'été en famille. Le Train Jaune est celui pour lequel il faut, les violents matins d'hiver, réchauffer au chalumeau les aiguillages grippés par le gel, briser à la barre à mine la glace accumulée dans les tunnels. L'été, il faut remplacer à la force des bras, les traverses fatiguées sur un ballast surchauffé, près du troisième rail électrifié, compagnon vital et sournois, sang de la machine et menace mortelle pour le cheminot s'il l'oublie.


Le Train Jaune a cent ans.


Né d'une volonté économique, il fut soixante-dix ans plus tard condamné par les nouveaux maîtres évoquant des motifs... économiques.

Et, par toutes les Pyrénées Orientales, pour sauver le « Canari », des femmes et des hommes se sont dressés, un jour, et crié leur refus de le voir disparaître.

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Raymond Matabosch

10 janvier 2010

La sardane, danse traditionnelle. Barretina, faixa et bigatanes.

La sardane, fille de la sardane courte, se danse en cercle fermé, alternant un homme et une femme, la femme à droite de son partenaire.

A Pâques, à Pentecôte et chaque fois qu'appelle, au plus profond des êtres, l'attachement des catalans à leur terre natale, la sardane fraternelle réunit des centaines de participants. C'est une danse d'union, d'amour, de liberté et de paix, symbole d'allégresse et de joie, empreinte d'un pays, d'un peuple et d'une nation, une danse et des rondes aériennes, les mains fermement liées, voltant, en « aplecs », - réunions de sardanistes -, sur les places des villes et des villages, les parvis des églises et des cathédrales, et au pied des sanctuaires.


Origines obscures de la Sardane.


A l'origine, s'accordent à dire les folkloristes, elle serait Crètoise, XV° siècle av. J.-C., puis Étrusque et enfin Hellène, les participants pratiquant un rituel, en ronde avec les bras levés, pour remercier la déesse Cérès de ses bienfaits pour leurs moissons. Mais, dès le I° siècle, le géographe grec, Strabon, ne citait-il pas une danse en rond en tant que danse d'offrande à la Lune pratiquée par les Sordons, - Plaine du Roussillon -, les Kerrètes, - Cerdagne, Ripolles et Garrotxes -, et les Bébryces, - Vallespir et Alt Empordà -, peuplades indo-européennes, qui occupaient les terres des Pyrénées méditerranéennes ?

Les deux hypothèses ne paraissent pas incompatibles. Il est aisé d'imaginer, les grecs s'étant installés, au IV° siècle avant J.C., sur les terres Nord et Sud catalanes, à Empurias, Cotlliure, Salses, Bracchyle..., que les Kerres, les Sordes et les Bébryces leur aient emprunté cette danse en rond pour remercier un de leurs Dieux à la fin des moissons...

Et puis, n'existe-t-il pas un poème épique, en douze chants, le « Sacræ Mysthicus ac Legendarii Litterae Universalis Canignensis » et une « Epistulae ad tribus Canisgonis ex Genus mortales », - rouleaux de parchemins conservés dans une collection particulière Ripollencque -, œuvres d’un auteur anonyme kerrétan du I° siècle de notre ère chrétienne, font état de tribus de « Canisgonis », du Pays de « Canisgonensis », et là y découvrir son essence antique ?


Le contrepas.


Les « Pas brisés » et les « pas suivis » les uns et les autres rappelant les « pas courts »et les « pas longs » de le sardane actuelle, ne serait-ce pas le contrapàs, le contrepas, aussi appelé « contrapàs cerdà » ou « contrapàs sardà » déjà dansé au XVI° siècle dans les hautes terres de Cerdagne ?

L'origine religieuse du contrepas est avérée. Cette danse, accompagnée de chants célébrant la passion du Christ, était pratiquée pendant la semaine sainte et exécutée sur les parvis et dans l'enceinte même des églises. A ses débuts uniquement réservé aux hommes, petit à petit, les femmes entrèrent dans la danse, et le seul lieu où l'interdiction subsista était Prats-de-Mollo où il était encore dansé sur la Place d'Armes, au début du 20ème siècle.

En saura-t-on, un jour, ses vraies origines ?


Dans l'Empordà, naissance de la sardane moderne.


Solaire par sa forme, méditerranéenne par sa mesure, la sardane est la danse populaire catalane par excellence, celle qui, parmi toutes les autres, des plaines du Roussillon et de l'Empordà, - l'Empordà le berceau de la sardane moderne née, au milieu du XIX°siècle, sous l'impulsion d'un musicien, de Figuères, nommé Pep Ventura -, jusqu'au delà de l'estuaire de l'Ebre, symbolise le mieux la Catalogne et les Comtats.

Si, vers 1850, sous l'impulsion de Ramon Grès et de Miquel Pardàs, les catalans l’appelaient « sardana llarga », sardane longue, c’était pour la différencier de l’antique « sardana curta », la sardane courte, qu’elle a fini par supplanter et, depuis, le nom de sardane seul évoque la danse actuelle.


La sardane, danse populaire.


La « cobla », un ensemble orchestral et musical de 11 musiciens et douze instruments, composée de deux « tibles » et de deux « tenores », de deux trompettes, d'un ophicléide ou d'un trombone à piston, de deux « fiscorns » et d'une contrebasse à trois cordes, l'accompagne.

Aux premières notes aigües et vives du « flaviol » et du « tambori » joués par un même musicien, les cercles, imprégnés de son accent, de sa couleur et de son rythme, se forment.

La mélodie enfle son thème et les hautbois, aux chants austères et profonds, célèbrent l'amour et la félicité, la douleur et la mort, avec une grande joie saupoudrée d'une part de mélancolie, de rêverie et de sollicitude, éclatant au dehors, et une détresse intérieure s'illuminant de rais de bonheur, d'événements prospères et de hasards favorables.


Notes.

 

La « baretina », le bonnet rouge.

La « faixa », la ceinture de tissu.

Les « bigatanes », les espadrilles.

Le « Flaviol » et le « tambori », le chalumeau et le tambourin.

Le « tible » et la « tenore », instruments à vent de la même famille que le hautbois.

Le « fiscorn », instrument semblable au saxophone.

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Raymond Matabosch

 
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