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14 juin 2013

Popocarepelt : Vers une explosion du dôme de lave ? une éruption phréatomagmatique ? ou une éruption phréatique ?

Depuis le début Mai 2013, l'activité du volcan mexicain, le Popocatepelt, est en recrudescence

Vers un changement dans le processus éruptif du Popocatepelt ?

Popocatelt : Vers un épisode phréato-magmatique ?

Eruptions à faible profondeur, les éruptions phréatomagmatiques surviennent lors de la rencontre entre le magma ascendant et un milieu hydraté. Une succession d’explosions très violentes découpe des cratères circulaires à l’emporte-pièce appelés maars, du nom qui a été donné à ces morphologies en Allemagne. Les projections s’accumulent à la périphérie du cratère, en général sous forme d’un croissant ou anneau pyroclastique.

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Il arrive qu’une élévation locale de température, par exemple parce qu’un réservoir magmatique est proche, provoque la vaporisation d’eau contenue dans le sous-sol. Si la pression excède la résistance des roches, des explosions violentes se produisent, sans intervention directe du magma. Ces éruptions gazeuses sont dites « phréatiques ». Un cratère semblable au maar est créé. Caractéristique des produits formés est l’absence de matériaux volcaniques frais : les brèches sont constituées exclusivement de roches anciennes pulvérisées par les explosions.

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Alors se pose la question : phréatomagmatique ou phréatique ?

Cela est si vrai, même si le CENAPRED dans son rapport quotidien, en date du 13 Juin 2013, signale, simplement : « Au cours des dernières 24 heures, le système de monitoring du volcan a enregistré 24 exhalaisons de basse intensité accompagnées par une émission de vapeur d'eau, de gaz et, occasionnellement, de petites quantités de cendre. En outre des segments de tremor harmonique et spasmodique de haute fréquence, ont accumulé un total temps de 45 minutes. » Malgré une nébulosité importante, il est à constater qu'un dense panache continu de vapeur d'eau quasi exclusivement composé, avec, lors de chaque explosion, un panache de cendre, s'élève de plus en plus haut au-dessus du cratère du Popocatepelt et atteint des altitude égales et supérieures à 4/5 kilomètres...

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Dans le rapport quotidien émis par le CENAPRED, le 14 Juin : « Au cours des dernières 24 heures, le système de monitoring du volcan a enregistré 44 exhalaisons de basse intensité accompagnées par une émission de vapeur d'eau, de gaz et, occasionnellement, de petites quantités de cendre. Les plus importantes, concomitantes à des explosions, sont survenues le13 Juin à 15 h 36 et à 18 h 36, et le 14 Juin à 05 h 41 et 10 h 34, produisant de dense et épais panaches de cendres qui ont atteint des altitudes de 2 à 4 kilomètres au-dessus du cratère sommital et qui ont dérivé, poussés par les vents dominants, vers le Sud-Est, l'Est et le Nord-Est. Des chutes de cendres ont été constatées dans les villages circonvoisins des flancs Est et Nord-Est du volcan En outre des segments de tremor harmonique et spasmodique de haute fréquence, ont accumulé un total temps de 1 h 25 minutes. Enfin, le 14 Juin, un séisme tectonico-volcanique, de magnitude 2.1, a été enregistré à 03 h 06. » tout comme pour les jours précédents, malgré une nébulosité importante, un épais panache de vapeur d'eau quasi exclusivement composé, forme une colonne dense impactant toute la circonférence du cratère qui tranche dans le couvert nuageux, qui s'élève de plus en plus haut au-dessus du Popocatepelt et qui atteint des altitude égales et supérieures à 4/5 kilomètres...

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Allons-nous vers une éruption phréatomagmatique ou une éruption phréatique si un tel processus se pérennise ? C'est une hypothèse qui peut être évoquée car il est à craindre, la hauteur et la présence constante d'une colonne, dense et épaisse, de vapeur d'eau pourrait indiquer que le magma, ou la lave, remontant dans la cheminée de l'édifice volcanique est rentré en contact avec un milieu hydraté... ou que la chaleur du magma remontant provoque la vaporisation de l'eau contenue dans le sol. Dans les deux hypothèses, la pression augmente dans la cheminée et elle augmente d'autant plus que la composition de la lave, à viscosité élevée, empêche tout écoulement lavique sur les flancs d'un volcan Popocatelpelt, obstruant ainsi le point de sortie, générant un dôme et pouvant se traduire par des séismes volcano-tectoniques in situ dans le conduit éruptif de l'édifice volcanique. Une troisième hypothèse, avec la présence d'un dôme de lave occupant plus de la moitié de la surface basale du cratère sommital, la surpression qui se produit dans la conduit éruptif, pouvant faire exploser le dit dôme et causer des dommages collatéraux à l'édifice volcanique, voire un effondrement partiel de l'un de flancs du bâti ou pire, est tout autant envisageable.

14 Juin 2013 © Raymond Matabosch

19:26 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, éruption, mexique, phréayomagmatique, phréatique, dôme de lave | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16 mars 2013

Un dôme de lave : Vers une explosion plinienne au Popocatepelt ?

Le volcan Popocatepetl, situé à la frontière des États mexicains de Morelos, Puebla et Mexico a enregistré, durant la journées du 04 Mars 2013, 20 exhalaisons, d'intensité modérée, émissives de vapeur l'eau, de gaz et de petites quantités de cendres. Le rapport, publié, en date du 05 Mars 2013, par le Centre National pour la Prévention des Catastrophes, - CENAPRED-, maintient le niveau d'alerte volcanique au noveau « Jaune Phase 2. »

Sur les 20 exhalaisons, les plus importantes se sont produites le 04 Mars, entre 12 h 00, heure locale, et 21 h 17, le 04 Mars et entre 00 h 00 et 03 h 10, le 05 Mars., toutes ponctuées par des émissions de vapeur et de cendre, et d'explosions sporadiques avec expulsion de fragments incandescents à proximité du cratère. En outre, des luminescences sommitales ont été observées durant la nuit du 04 au 05 Mars. Mais, le plus inquiétant est qu'au cours d'un vol de reconnaissance du 04 Mars, il a été constaté la croissance d'un dôme de lave, d'une couleur plus foncée, avec un dégazage constant, à l'intérieur du cratère sommital.

Un dôme de lave est le résultat d'une lente extrusion de roche en fusion visqueuse, riche en silice de nature basaltique à rhyolitique, souvent riche en gaz, qui ne parvient pas à s'écouler ou de manière insuffisante .La lave s'accumule alors au sommet de la cheminée volcanique. Cet amas de lave ne suffit généralement pas à faire baisser la pression dans la chambre magmatique, aussi peut-il exploser lorsque la pression devient trop forte. Il s'ensuit une éruption explosive, du type péléen, plinien, ou vulcanien, qui libère les gaz et la vapeur d’eau sous très forte pression. Des cendres et des blocs de lave sont projetés à des altitudes considérables. Des nuées ardentes peuvent déferler, sur des distances plus ou moins conséquentes, sur les pentes de l'édifice volcanique et, y anéantissant toute vie, atteindre les vallées.

Comme le Popocatepelt est coutumier d'explosions et d'éruptions pliniennes, certaines détruisant tout, temps de récurrence 4 à 5.000 ans, ou partie de l'édifice, le CENAPRED a demandé, aux autorités locales, de maintenir une surveillance dans un rayon de 12 kilomètres autour du volcan pour éviter la présence de personnes dans la région et de maintenir la circulation contrôlée entre Santiago et San Pedro Nexapa Xalitzintla via Paso de Cortés.

Le 09 Mars, le CENAPRED a enregistré 59 exhalaisons, les plus importantes enregistrées à 12 h 38, 16 h 44 et 19 h 11, d'intensité faible ou modéré, accompagnées d'émissions de vapeur d'eau, de gaz et de petites quantités de cendres s'élevant à une hauteur d'environ 150 mètres au-dessus du « Don Goyo », et une explosion à 19 h 33 heures avec expulsion de fragments incandescents, à une hauteur de 100 mètres au-dessus du cratère, qui sont retombés, versant Nord, sur une distance d'environ 400 mètres.

Le 13 Mars, le CENAPRED a enregistré 28 exhalaisons isolées d'intensité faible à modérée et deux tremblements de terre volcanicotectoniques, - 20 h 13, magnitude 1,7, et 20 h 30, magnitude 2.0 -, d'hypocentres localisés au niveau basal de l'édifice volcanique, situés sur le flanc Sud du volcan, suivis d'un troisième le 14 Mars, d'épicentre circonvoisin, à 05 h 02, magnitude 1,5, et, a partir de 08 h 08, d'un train d'exhalaisons avec répétition des signaux inférieure à la minute, d'intensité modérée à élevée, combiné avec un tremor harmonique.

Pendant la nuit du 13 au 14 Mars, un panache de vapeur d'eau et de gaz, en continu, avec, augmentant au cours de la survenance de certaines exhalaisons, une forte incandescence sur les 150 premiers mètres, s'est élevé au-dessus du cratère et a atteint une altitude d'environ un kilomètre. Le panache de vapeur d'eau et de gaz est restée constant et intense durant les premières heures de la matinée du 14 Mars et s'est intensifié, accompagné d'expulsions plus denses en cendres au début du train d'exhalaisons. Et à partir de 11 h 00, le panache de vapeur et de gaz, avec teneur en cendres de légère à modérée, se déplaçant vers le Nord, a atteint une hauteur de 1,5 km au-dessus du cratère, mais aucun rapport de chute de cendres, dans le secteur Nord du volcan, n'a été signalé.

Le train d'exhalaisons combiné avec un tremor harmonique a perduré jusqu'à la mi-journée du 15 Mars, le CENEPRED enregistrant, dès lors, 19 exhalaisons isolées, faibles à modérées.

Parmi tous les scénarios possibles, le CENEPRED privilégie la probabilité d'occurrence d'exhalaisons modérées, quelques émissions de cendres et, sporadiquement, leur luminescence étant plutôt observable durant la nuit, des émissions, faibles à modérées, de fragments incandescents, à proximité du cratère. De fait, il maintient le niveau d'alerte volcanique au niveau « jaune Phase 2 », agrémenté d'une surveillance dans un rayon de 12 kilomètres autour du volcan pour éviter la présence de personnes dans la région, du contrôle de la circulation entre Santiago et San Pedro Nexapa Xalitzintla via Paso de Cortés et des procédures préventives en fonction des plans opérationnels mis en place par les autorités locales.

Mais certains vulcanologues, présents sur site, craignent une explosion et une éruption plinienne qui pourrait s'avérer être de grande envergure du type de celle qui s'est produite en 3700 ± 300 ans avant JC, Indice d'explosivité volcanique VEI 5, évent central du volcan El Fraile, ponctuée par l'extrusion d'un dôme de lave générant des coulées pyroclastiques et des lahars...

 

16 Mars 2013 © Raymond Matabosch


Suite : Pour le Popocatepelt, les périodes de rémanence en fin de cycle : Un danger imminent ?

09:40 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : popocateplt, mexique, explosion plinienne, dôme de lave | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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