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30 novembre 2010

Le département de l'Hérault, un pays de volcans.

Du milieu du Miocène, - 23 millions d'années -, jusqu'au début du Pléistocène moyen, - 560.000 ans -. le Département de l'Hérault a été siège d'une importante activité volcanique. Celle-ci, se trouvant à l'extrémité d'une série vulcanienne disposée selon un axe Nord-Sud depuis le Cézallier, le Cantal, l'Aubrac et les Causses, a la particularité d'être de plus en plus récente en se rapprochant de sa façade méditerranéenne : Massif de l'Escandorge, Lodève, Salagou, Valros, Saint Thibéry, Agde, Grabels, Montferrier, Maguelone...

 

Le département de l'Hérault n'a pas toujours été marqué par la multiplicité de ses paysages, s'étageant depuis les contreforts Sud du Massif central jusqu'à la mer Méditerranée en passant par des étages de garrigues, de basses plaines viticoles et arboricoles, et d'étendues lacustres et marécageuses qui lui est propre. Il n'a pas toujours été, non plus, cette terre de soleil et de calme géologique qui la caractérise en ces temps holocènes...

Hier encore, en regard des temps géologiques, il y a de cela à peine 560.000 ans, les territoires de Vias, d'Agde, de Saint Tibéry et de Valros, et leurs proches banlieues résonnaient de grondements sourds, s'empanachaient de nuages de gaz, de cendres et de téphras, s'enflammaient sous les nuées ardentes et la lave jaillissait des gueules stromboliennes de Roque-Haute, - la plus récente 560.000 ans -, des Monts Saint Loup, Saint Martin et Petit Pioch et des Monts Ramus.

La chaîne volcanique héraultaise.


Se pencher sur la carte géologique de l'Hérault et du Bas Languedoc génère la surprise par la présence et l'abondance d'édifices volcaniques dits « récents » qui s'égrainent le long d'une chaîne vulcanienne, longue de plus de 150 kilomètres et large de 25 kilomètres, courant depuis le Nord de Millau, passant par Lodève où elle s'y sépare en deux branches, jusqu'au Cap d'Agde, - se poursuivant plus ou moins sur 30 kilomètres au large -, au Sud, d'une part, et, d'autre part, dans le lunellois, au Nord et au Sud de Montpellier.

En regard de la configuration de la dite chaîne, les bâtis volcaniques s'y trouvant dispersés, les laves étant toutes de composition basaltique, de structure modeste et d'intérêt pétrographique(1) et stratigraphique négligeable, il ne peut pas être établi de comparaison notable et fiable avec les alignements compacts de la Chaîne des Puys ou de celle des Monts du Forez, ni quelconque similitude avec les complexes volcaniques du Plomb du Cantal, du Mont Dore ou du Cézalier où s'y dénombrent des laves de toute nature.


Antériorité volcanique dans l'Hérault et le Bas Languedoc.


Les plus anciennes manifestations volcaniques référencées, dans le département de l'Hérault et le Bas Languedoc, ont leur fondement dès les prémices du Paléozithique, - 543 à 250 Millions d'années -, tout particulièrement au Cambrien, - 542 à 488 Millions d'années -, et à l'Ordovicien, - 488 à 435 Millions d'années -. Des braviérites, - roches volcanodétritiques d'aspect gneissique de couleur verdâtre typique -, des Tufs compactés, - ignimbtites -, et des coulées rhyolitiques, témoins d'une activité volcanique acide, en deux épisodes séparés par un épisode de sédimentation détritique fine, en partie aérienne et sous faible tranche d'eau, sont répertoriés. Ces dépôt volcanosédimentaires interstratifiés avec des couches grésopélitiques et carbonatées recoupées par des granodiorites, des granites et des pegmatites, semblent indiquer la montée et l'arrivée, avec épanchement en surface, de matériel magmatique qui, en cristallisant en profondeur, a donné naissance au massif plutonique du Mendic.

Au Carbonifère, - 359 à 299 Millions d’années -, il y a 330 millions d'années environ, l'orogenèse hercynienne provoque, accompagnées de recristallisations, des déformations importantes et les terrains marins, ainsi réhaussés, sont traversés par des filons de roches volcaniques de couleur sombre de type porphyrites, lamprophyres et andésites.

Enfin, datés du Permien, - 299 à 251 Millions d'années -, déterminés au travers de multiles coupes de terrain réalisées lors du traçage des routes, des lits de cendres volcaniques sont intercalés dans les couches continentales. Existait-il des volcans in-situ ou ces cendres et ces téphras résultent-ils d'éruptions volcaniques cataclysmiques s'étant produites à grandes distances dans les ultimes phases de la formation de la Pangée?

Au différent, aucune manifestation volcanique, alors que des coulées basaltiques se déversent, au Jurassique, - 199 à 145 Millions d'années -, dans les fonds sous marins d'une mer secondaire qu'occupe le « Grand Causse » de nos jours, n'est connue, au Mésozoïque, - 251 à 65,5 Millions d'années -, dans l'Hérault.

Mais pourquoi le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc dès le Miocène?


Les géologues considèrent que le Département de l'Hérault et le Bas Languedoc sont partie intégrante du Massif Central français par le fait qu'ils le bornent aux limites des terrains tertiaires du Carcassés au Sud, du Biterrois au Sud-Est, du Castrais au Nord-Ouest et du bassin permien de Saint-Affrique au Nord-Est. Ils étendent son territoire à un vaste ensemble hercynien, tel qu'il se présente à l'holocène, recouvrant 80.000 kilomètres carrés, environ 1/7° de la France.

Et comme ils admettent que des études géochimiques des laves basaltiques du Massif Central pourraient mettre en évidence des caractères classiquement identifiés au sein du volcanisme de « point chaud », ils en affirment que le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc est de même nature.

Mais il en est vite oublié que le sol français est, d'une part, une unification de plusieurs terranes, et, d'autre part, un « raccrochement », par son Sud-Ouest, - Bassin Aquitain -, son Sud, - Languedoc-Roussillon -, et son Sud-Est, - Provence et Côte d'Azur -, la chaîne Pyrénéo-provençale(2) en faisant l'union, entre deux continents.

Aussi, il se peut penser, quand la plaque tectonique Ibérique est rentrée, dans un mouvement dextre, en approche de la plaque Eurasienne, qu'il s'est produit un volcanisme de subduction, celui-ci s'étant ensuite mué en volcanisme fissural et, aux environs d'Agde, en volcanisme surtseyen...

Raymond Matabosch


Notes.

(1) La pétrographie est la science ayant pour objet la description des roches et l'analyse de leurs caractères structuraux, minéralogiques et chimiques.

(2) Les Pyrénées énigmatiques : Un enseignement dispensé suranné. Raymond Matabosch. 2008


 

Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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17 février 2010

Les volcans du Massif Central. Éteints ou en sommeil ?

L'Islande, la Norvège, la Grande Bretagne, l’Espagne, l'Italie, la France, l’Allemagne et la Grèce possèdent, chacune, des zones volcaniques extraordinaires, faisant, de l’Europe, l'un des plus beaux musées vulcanologiques du monde.

Si l'Italie est, après l'Islande, île de glace et de feu, la principale terre volcanique active en Europe, la Grèce et son île de Sartorin, dans l'archipel des Cyclades, témoignent du mythe de l'Atlantide. En France, le Parc des volcans d'Auvergne couvre l'ensemble volcanique le plus vaste et le plus complet d'Europe. Il en est, même, l'un de ses plus beaux fleurons.


Le contexte du volcanisme du Massif Central.


Similairement au volcanisme alcalin tertiaire péri-alpin des Massifs Rhénan et Bohémien situés sur des horsts bordés par des grabens, celui du Massif central se localise sur des soulèvements du socle cristallin associés à des fossés tectoniques d'effondrement.

Le Massif central, géologiquement essentiellement composé de roches granitiques et métamorphiques, est un massif montagneux daté de l'époque orogénique hercynienne. Sa surrection a débuté au Dévonien inférieur, 400 millions d'années, et s'est achevée avec le Guadalupien, 260 millions d'années.

 

L'orogenèse alpine.

 

Alors que le massif hercynien ne se retrouve plus qu'en l'état de pénéplaine, deux collisions majeures, quasi simultanées, vont entraîner l'orogenèse alpine. Tout d'abord, au Coniacien, 90 millions d'années, la plaque tectonique Atlantido-ibérique vient percuter, par le sud, le continent eurasien, entraînant la surrection du complexe pyrénéo-provençalo-apennien. Ensuite, au Paléocène, 65 millions d'années, c'est la plaque Lémuro-indienne, à l'Est, qui rentre en collision avec l'Eurasie et déclenche l'érection de la chaîne himalayenne.

Sous la violence du choc, le planché cristallin s'effondre, scindant en deux le massif pyrénéen, provoquant l'affaissement, au néogène, 40 millions d'années, des bassins méditerranéen, rhodanien, rhénan et pannonien, et occasionnant la surrection de la chaîne alpestre.

Par contre coup, ce soulèvement du socle cristallin, rajeunissant le Massif Central victime de l'érosion, ne s'est pas fait sans heurt. De multiples cassures se sont produites engendrant de très nombreux phénomènes volcaniques qui se sont prolongés jusqu'à nos jours.

 

Les principaux ensembles volcaniques du Massif central.


Le point névralgique des volcans du Massif Central, plus de mille cônes référencés sur l'ensemble de l'espace vulcanien, est concentré sur les Monts du Cantal qui, malgré une altitude modeste, 1855 mètres au Plomb du Cantal, est le massif volcanique plus étendu d’Europe avec un diamètre de 70 Kilomètres et une superficie de 2.500 kilomètres carrés.

Trois axes en divergent. Le premier pousse vers le nord, englobant le Massif du Cézalier culminant à 1551 mètres au Signal du Luguet, les Monts Dore formés par un stratovolcan double en forme d’ellipse allongée nord-sud et la Chaîne des Puys caractérisée par l’alignement de 80 volcans aux formes diverses..

Le second axe est de plus modeste importance. S'alignant sur le sud-est se succèdent les volcans du Devès avec plus de 150 cônes volcaniques essentiellement effusifs, du Velay oriental comportant de multiples coulées de basalte, de dômes et de nombreuses protusions appelées sucs, et du Vivarais, l'une des zones volcaniques récentes du massif Central français., constituée d'une quinzaine d’appareils éruptifs.

Enfin le troisième axe file vers le sud. Il concerne le volcanisme précurseur de l'Aubrac, vaste plateau basaltique allongé sur 450 kilomètres carrés où les pyroclastites, - projections scoriacées, brèches polylithologiques d’origine phréatomagmatique, tufs hyaloclastiques, tufs basaltiques indifférenciés -, sont abondants.

 

Les principaux ensembles volcaniques du Languedoc.


Souvent rattachés au troisième axe volcanique, les volcans des Causses, de l'Escandorgue et du Bas Languedoc, suivant les directions ouest-est. et surtout nord-sud, se composent de plusieurs centaines de petits édifices volcaniques à faciès basaltique.

Ils se prolongent, par Valros et Saint Tibéry, jusqu'à Agde et au large du Cap d'Agde, le cône volcanique le plus septentrional se situant à plus de 30 kilomètres des côtes. Ce sont des volcans de type explosif, Pour que ce tableau du volcanisme soit complet, il ne faut pas passer sous silence les volcans du lunellois concentrés, tout particulièrement, autour de Montpellier.

Contrairement aux apparences, les ensembles vulcaniens du Languedoc ne peuvent pas être rattachés à l'espace volcanique du Massif central. Situés sur la plaque tectonique atlantido-ibérique, ils sont partie intégrante de l'ancienne chaîne montagneuse pyrénéo-provençalo-apennine, donc plus proche de la zone volcanique des Garrotxes, à Olot.

 

Classification des volcans du Massif Central.


Tous les types de volcans sont représentés dans le Massif central : hawaïen, péléen, vulcanien, strombolien et surtseyen.

Comme ceux des Monts du Cantal ou du Mont Dore et Puy de Sancy, ils peuvent s'étendre sur de grandes surfaces et être géologiquement complexes et de type stratovolcan. Au contraire, posés sur le socle cristallin, ils peuvent former des reliefs isolés tels les volcans de la chaîne des Puys, du Velay ou du Devès.

Plus près de la Mer Méditerranée, - Valros, Saint Tibéry, Agde, Maguelone... -, les éruptions phréato-magmatiques, sous-marines ou sous-lacustres, proches de la surface, ont mis en cause de grandes quantités d'eau.

On peut aussi trouver, - Aubrac, Cézallier -, de grands plateaux basaltiques qui sont la conséquence d'un volcanisme plutôt de type hawaïen avec une lave fluide s'étendant sur de grandes surfaces.

 

Demain, le réveil du volcanisme en France ?


Si l'on prend pour référence, le lac Pavin dont la dernière éruption remonte à 6.000 ans, l'âge est faible comparé à la durée d'un système volcanique, le piton de la Fournaise et l'Etna ayant plus de 500.000 ans, le Vésuve et la montagne Pelée 300 000 ans.

Plus près de nous, le réveil du volcan Chaiten, au Chili, en 2008, endormi depuis 9000 ans, n’a pas été prévu et les signes précurseurs de l’éruption ne se sont manifestés que quelques heures avant son démarrage !

 

Et le risque est bien présent car la réserve de magma, située entre 30 et 80 kilomètres de profondeur, est susceptible d'arriver en surface dans 1 an, 10 ans, 100 ans ou 1.000 ans par de nouveaux volcans d'autant que le rift des Garrotxes, - Volcans d'Olot -, et la faille de Mantet, - dans les Pyrénées Orientales -, se sont écartés de plus de 30 centimètres et se sont creusés d'une quizaine de centimètres en moins de 30 ans.


Raymond Matabosch

 
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