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04 septembre 2011

Randonnées en Terres d'Oc

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ISBN : 9782332455499

Aux Editions : Edilivre

A l'époque des troubadours, les terres d'Oc, plus exactement les terres où la langue d'Oc était la langue littéraire, se partageaient politiquement entre quatre obédiences :

- Le royaume d'Aragon, d'abord, avec ses trois capitales, Saragosse, la politique, Barcelone, la commerciale, Montpellier l'intellectuelle ;

- Le duché d'Aquitaine, l'État politique le plus puissant à l'intérieur de ce qui devait devenir la France, qui étendait sa puissance au Limousin et à une partie de l'Auvergne ;

- Les états des comtes de Toulouse ;

- Les terres de la rive gauche du Rhône et de l'Italie du Nord qui dépendaient de la souveraineté du Saint Empire germanique...

L'auteur vous invite à voyager sur les Terres d'Oc languedociennes : Aude, Hérault, Gard et Lozère...

 

08:03 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aude, hérault, gard, lozère, terres d'oc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25 décembre 2010

Carte postale du Pont du Saint Esprit, dans le Gard provençal.

Une transition hasardeuse d'une longueur de 919 mètres formant coude, l'une des plus remarquables de tous les ponts subsistant du moyen-âge, 25 arches, en pierres de taille, lancées sur le Rhône et édifiées entre 1265 et 1309 par la corporation religieuse et laborieuse des Pontifices, - ou Frères pontifes des hospitaliers -, placée sous le signe du Saint Esprit, avec le concours d'une confrérie de femmes, et financé avec les « Petit-Blanc », - passage du sel remontant le Rhône -, et les « traites étrangères », - quelques deniers par minot -, un peu en amont du confluent avec l'Ardèche, a favorisé l'éclosion de cette petite cité négociante, qui a conservé quelques belles demeures anciennes et sa vocation de marché.

 

Le Pont fantastique du Saint Esprit 1265 -1309 : Sa construction.

 

En 1214, l’évêque d’Uzès, pour faciliter les mouvements des populations liées aux croisades, pèlerinages et au commerce rhodanien voulut faire construire un pont à Saint-Saturnin du port. Le projet fut bloqué par le prieur du monastère Saint-Pierre de l’ordre de Cluny car les terres, sur les deux berges du Rhône, appartenaient, depuis l'an 948, - legs de Géraud d'Uzès, archevêque d'Aix -, à l'abbaye clunisienne. Mais, en 1265, conscient de l'enjeu stratégique que représenterait l'érection d'un tel ouvrage d'art, le prieur de Saint Pierre, seigneur des lieux, en favorisa la construction.

Sous l'égide du comte de Poitiers et de Toulouse, Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, la première pierre de l'édifice majestueux qui franchit le Fleuve-Dieu du félibre Mistral, et Fleuve-Roi du romancierBernard Clavel, le « Rhône », fut posée, en rive droite, le 12 Septembre de la même année, par Dom Jean de Tensanges, aussi dénommé de Thianges -, prieur de Saint-Saturnin du Port. Mais la construction de l'ouvrage nécessitant d'énormes investissements financiers que ne pouvait supporter le prieuré, en 1280, une confrérie de frères et de sœurs pontifes fut crée pour aider l’œuvre d'édification du pont.

Moines-soldats et bâtisseurs émérites, les frères pontifes organisèrent des quêtes et des collectes et participèrent, activement, aux travaux de maçonnerie et à la taille des moellons, et les sœurs apportèrent, elles, assistance et soutien aux ouvriers et soignèrent les malades dans une bâtisse située aux abords du chantier.

Après la mort du Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, en 1271, les régions « Partes Occitaniae Linguae » furent divisées en trois sénéchaussées, Saint-Saturnin du Port se trouva inclus, de fait, dans celle de Beaucaire en opposition directe avec le Comté de Provence. Aussi, vers 1295, il fut décider de fortifier la construction, au fur et à mesure de son avancement, par des tours.

En 1307, l'ouvrage était quasi terminé et une seule arche restait à édifier. Pour pérenniser l'œuvre et anticiper les mouvements de population, à des lieues à la ronde, le pont devant être le seul qui pourrait être opérationnel, en 1308, le prieuré de Saint Pierre bâtit, à la limite de son établissement conventuel, un hôpital. Quelques mois plus tard, 44 ans après sa mise en chantier, en 1309, le pont fut ouvert à la circulation. Un bac transportant les marchandises, les chariots n'y circulèrent qu'à vide.

Les piles côté Est furent construites sur la terre ferme, celles du côté opposé, en rive droite, bâties sur le rocher même et les autres, dans le courant du fleuve, protégées par des becs triangulaires brisant la force des eaux, sur pilotis. Chaque pile formant culée, les arches, au nombre de vingt cinq, composées de quatre arceaux juxtaposés, purent être lancées l'une après l'autre.

En voyant le pont, le Roi Philippe IV de France, -Philippe le Bel -, se rendant à Carpentras, en Comtat Venaissin, où le Pape Clément V qu'il avait fait élire le 5 Juin1305, avait établi sa curie, se serait écrié : « On dirait que cette œuvre merveilleuse est issue des mains de Dieu ! » Alors, bien vite, les bruits coururent que le Saint Esprit, en personne, avait travaillé à l'ouvrage et un oratoire fut érigé à proximité et dédié à l'Esprit de Dieu, - la troisième personne de la Trinité, aussi appelé l'Amour du Père et du Fils. - Le nom de Pont du Saint Esprit, - Pont Saint Esprit -, s'imposa et la légende circula partout en Europe.

 

La légende du pont volé de Saint-Saturnin du Port.

 

Quand Saint Saturnin du Port n'était qu'un simple bourg de pécheurs, de la dépendance de l'archevêché d'Aix, un service de bac et deux ponts, permettaient de traverser le Rhône. L'un, entre la bourgade et celui, sur la rive Est, de Lamotte, n'était qu'une passerelle faite de plusieurs épaisseurs de troncs d'arbres et de cordes de chanvre. Trop léger de structure et trop étroit, les marchandises étant transportées par bac, il ne permettait que le passage d'un chariot à vide, à la fois. Le second, sur l'antique voie Domitia, de bois taillé en larges poutres et doté d'une toiture, nécessitait un long détour par Beaucaire.

Le pont de Saint Saturnin du Port était très ancien. Les colporteurs disaient qu'Hannon, fils de Momilcar et lieutenant d'Hannibal, versla fin du mois d’août de l’an 218 avant Christ, dans le plus grand secret pour tourner l'ennemi hostile, posté sur l'autre rive etprêt aux combat, l'avait fait construire en un jour et une nuit. Il avait fait abattre des arbres et construire des radeaux qu'il avait joint pour facilité le transport des hommes, des chevaux, des éléphants et des bagages.

Mais à chaque crue du fleuve impétueux et à chaque grand vent, les vagues emballées venaient se fracasser sur la passerelle. A chaque fois, il fallait sonner le gros bourdon et les hommes encordés tentaient vainement de faire passer, sous l'ouvrage fragile, les arbres noyés qui formaient barrage ce qui n'empêchait pas le pont de se rompre trois à quatre fois par an.

Il fallait, en attendant de le rebâtir et de l'assurer à grand frais, faire un grand détour par l'unique pont de Beaucaire qui restait, pour aller au marché de Saint-André de Senemagos, à Abolenno ou à Carpentras et les charretiers se plaignaient des journées inutilement perdues, des dépenses d'octroi exorbitantes que percevaient les seigneurs sur leurs routes et de la fatigue qu'accumulaient leurs attelages.

Les prieurs de Saint Pierre, nouveaux seigneurs du lieu, et les desservants de Saint-Saturnin reconnurent la nécessité de construire un grand pont de pierre. Les dépenses engagées pouvant mettre à mal les finances de leur prieuré de celles de la petite bourgade bien pauvre, pour que la réalisation puisse voir jour, ils argumentèrent que chacun devrait trouver sa part au fond de son escarcelle.

C'est alors qu'arriva, à Saint Saturnin du Port, un bien curieux maître d'œuvre, un si curieux maître d'œuvre que les ecclésiastiques et le menu peuple, en y regardant de près, auraient pu voir qu'il avait, sous ses hardes délavées, un beau pourpoint de soie. Et, s'ils avaient prêté plus d'attention au nouveau venu, ils se seraient aperçus que l'intriguant personnage fuyait l'église et les oratoires, et ne faisait jamais le signe de croix.

Trop impatients que leur pont fut construit, ni les uns ni les autres ne regardaient le maître d'œuvre. Ils discutaient, seulement, de la condition qu'il avait posée: « Je vous bâtirai un pont de pierre, large pour permettre le passage de nombreux attelages et le croisement de deux convois de chariots, sans aucune gène pour les gens marchant à pied... un pont comme personne n'en a encore vu dans toute la région... mais, en échange, je veux, contre mon pont, tout ce qui fait la joie de vivre du premier qui y passera dessus... », ajoutant, à ses exigences, « ...Le premier passant devra être, obligatoirement, un homme, non une bête, sinon, parole du fils second de Dieu le Père, le malheur s'abattra sur votre communauté. » Croyant en la Sainte Trinité, le maître d'œuvre, faisant injonction au fils second de Dieu le Père, ainsi ne pouvant être que l'incarnation du Saint Esprit, les prieurs de Saint Pierre et les desservants de saint Saturnin acceptèrent le marché sans autre condition.

Large, haut, solide, long de cent perches..., en une nuit, le pont fut construit.

Et, au petit matin, il y avait foule pour admirer la belle ouvrage. Et, parmi les plus poltrons, emportant tout à son passage, la rumeur courrait que le maître d'œuvre était l'incarnation du diable. Et, bien vite, chacun voulut s'enquérir des conditions acceptées par les hommes de Dieu pour qu'un tel pont puisse être bâti. La rumeur s'enflammant, les cris et les harangues fusèrent de toutes parts : « Notre pont doit être payé par la fortune du plus riche. A toi, prieur, traverse. Tu nous dois cela pour le mâlin ! » Mais le prieur interpellé avait disparu... Ainsi il en fut pour tous les moines de Saint Pierre et pour tous les desservants de Saint Saturnin, et pour tous les syndics et tous les consuls, et le prévôt... et bien d'autres avec eux...


La foule s'amenuisait petit à petit. En finalité, il ne restait plus que les petites gens et la mauvaise humeur montait et enflait démesurément :

« Ils n'ont pas su nous faire un pont, c'est aux maçons à trouver l'homme... .

- C'est aux charpentiers, affirmèrent les maçons...

- C'est aux marchands qui vont vendre les produits de la pêche et des champs et des vignes, ce sont eux qui l'emprunteront, alléguèrent les charpentiers... »

Mais nul ne voulait se dévouer. Même les manants... Enfin, un homme, arrivant de nulle part, sans âge et sans famille, jouant des coudes, fendit la masse agglutinée des petites gens et des rustres aux visages empourprés par la colère et prompts à en découdre, et dit:

« Si ce n'est que cela..., je me dévoue. Ce sera moi qui emprunterait le pont le premier... »

Sur l'autre rive, spectateur du spectacle désopilant offert par les religieux, les notables et les petites gens de Saint Saturnin du Port, le maître d'œuvre attendait, patiemment, le règlement de son dû. Il avait jeté, au diable vauvert, ses hardes. Tous crurent reconnaître, vêtu de riche soie rouge et noire, Belzébuth en personne
L'homme, d'un pas assuré, s'engagea sur le pont, s'arrêta, au milieu, pour regarder le Rhône et continua sa marche. Parvenu sur l'autre berge, le Diablotin, avec bonhommie et large sourire, lui serra la main.

« Pourquoi es-tu venu, Homme... ?

- Parce quelqu'un devait se dévouer pour concrétiser l'acceptation du contrat et la finalisation de celui-ci, une fois les travaux achevés... Et je suis là pour cela...

- Voilà la parole d'un homme de bien, sensé dans ses propos... », reprit le Diable. « Ce village étant en peine, j'avais décidé de tester son bon sens et le bien fondé de leurs prières... Mais tous ne sont que des pleutres sans foi et sans âme, même mes bergers m'ont trahi... Je ne puis l'accepter et, en punition, leur punition, je reprends mon pont.

Et comme il aurait tiré sur une corde, la belle ouvrage s'effilocha dans la brume et disparut à la vue de tous. Le beau pont de pierre ne resta plus qu'une illusion. il fallut plus de deux siècles avant que le Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, et le prieur de Saint Pierre, Dom Jean de Tensanges, ne lancent la construction d'un autre.

 

Le Pont du Saint Esprit au fil des temps.

 

En pleine guerre de Cent ans, en 1358, le pape Innocent VI, fit construire les remparts d'Avignon et, en même temps, autorisa, pour le Pont du Saint Esprit, la construction de bastilles crénelées aux deux accès ainsi que sur la pile « Saint-Nicolas. »

A l'Ouest, sur la deuxième pile, au XV° Siècle, furent érigées « la Tour du Roy » et une seconde qui servit de logement aux gardes du pont. Parallèlement, sur le coude du pont, à la demande expresse des prieurs de Saint Pierre, une tour fut aménagée et transformée pour abriter, d'une part, en son niveau supérieur, la chapelle Saint Nicolas et, d'autre part, en-dessous, au raz des flots tumultueux du Rhône, une prison. En son Est, un pont-levis fut adjoint à la tour appelée « devers l'Empire. »

Sous les coups de butoirs répétés, lors des grandes crues, dès le XVI° Siècle, l'arche orientale, détruite, fut remplacée par trois petites arches, et, au XVII° Siècle, des travaux de restauration s'imposant, des avant et des arrière-becs triangulaires furent construits. A cette époque, seuls subsistaient encore, du XIII° Siècle, les becs triangulaires originels qui protégeaient les piles « Saint Nicolas » et « Terre. »

Au XIX° Siècle, ouvert à la libre circulation, le pont fut réaménagé et, en 1861, doublant les piles, les becs étant refaits, ainsi son tablier élargi de deux mètres, les chariots purent se croiser aisément. En outre, avec l'apparition des bateaux à vapeur qui remontaient le Rhône, l'ouverture des arches s'avéra trop étroite. Alors, les autorités politiques et fluviales, d'un commun accord, l'importance du commerce et les bénéfices qui en résulteraient, décidèrent de « faire sauter », en rive droite, la première pile, et offrirent un passage de 58 mètres de largeur aux mariniers. Les travaux de transformation furent placés sous la haute autorité d'un certain Aymard, ingénieur ordinaire du département du Gard et les voussoirs en fonte, de l'arche du pont furent coulés sous « l'habile direction d'Emile Martin », un homme de bon sens et un industriel avisé dans la sidérurgie et le fonctionnement des hauts fourneaux, qui avait amélioré, les fours à réverbère inventés, par Carl Wilhelm Siemens.

Lors de la deuxième Guerre Mondiale, en Août 1944, les bombardements américains, par le fait du hasard ou par chance inouïe, - ne dit-on pas le Pont du Saint Esprit -, avaient relativement épargné ce superbe ouvrage. Seule l'arche en fonte ayant été détruite, celle-ci fut provisoirement remplacée par un pont suspendu léger. Dès 1954, une nouvelle arche, d'une portée de 53,70 mètres, et d'une largeur de 7,50 mètres, en béton armé à deux articulations plus en accord avec le monument en pierres maçonnées, coulée sur un cintre constitué de profilés métalliques, fut réalisée.


Raymond Matabosch.

 

 

Publié le 04 Décembre sur :

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19 décembre 2010

Abbaye de Saint Gilles, haut lieu de pèlerinage.

L'histoire, ou plutôt la légende, de la création de l'Abbaye de Saint Gilles trouve ses racines dans le choix de Saint Gilles qui avait fait vœu de se retirer sur le plateau occupé dès la plus haute antiquité, des découvertes archéologiques de latifundia(1) en attestant, et, vraisemblablement, à la préhistoire, afin d'y pratiquer l'érémitisme. Le mythe précise que le saint fut blessé par une flèche tirée par le roi Wisigoth Wamba(2) lors d'une partie de chasse. Comme compensation au désagrément causé par l'incident, le monarque lui avait concédé quelques arpents de terre avec finalité d'y fonder une abbaye.

Il est plus crédible de situer la fondation de l'établissement monastique, originellement dédicacé à Saint Pierre et à Saint Paul, au VII° Siècle. Vers l'an 850, le vocable en était changé au profit du patronage de Saint Gilles qui avait été enterré dans l'église attenante à l'édifice conventuel. Ce substitution d'invocation avait provoqué l'afflux majeur de fervents fidèles du saint et, probablement, généré, l'essence même de la chronique qui lui était dédiée.

Profitant de cet engouement pour l'un des leurs béatifié, la communauté avait obtenu, du Saint-Siège le privilège de l'exemption, et dépendait directement de la souveraineté des papes. Malgré cet avantage conséquent, l'abbaye ne put jamais s'arracher à la médiocrité dans laquelle elle vivait.


L'abbaye de Saint Gilles sous dépendance de Cluny.


En 1066, pour donner donner plus d'or à son blason abbatial, les autorités papales tentèrent de l'attacher au Monastère bénédictin de Cluny mais, en vain, les moines de Saint Gilles s'y opposant farouchement. Ce ne fut qu'en 1077 que le pape Grégoire VII, sous condition que l'établissement monial conserva le privilège de choisir leurs abbés, en avait approuvé l'union.

L'affluence constante de pèlerins, le lien avec l'Abbaye de Cluny et les donations de nobles seigneurs permirent la mise en chantier d'une nouvelle abbatiale. Le pape Urbain II, en personne, en 1096, vint même y consacrer un autel alors que l'église était encore en construction.

Un conflit naquit, lors, opposant l'Abbaye de Saint Gilles aux Comtes de Toulouse désireux d'asseoir leur pouvoir sur le monastère et interrompit les travaux qui ne furent repris qu'en 1116. La conception originelle de l'église en fut modifiée. Les murs déjà érigés et la grande crypte souterraine, longue de 50 mètres et large de 25, furent conservés mais des agrandissements conséquents en advinrent, le corps du bâti atteignant 98 mètres de longueur en 1132, date coïncidant avec une époque d'apogée due à un afflux permanent de pèlerins toujours plus nombreux et à une conséquente puissance économique dont bénéficiait l'établissement monacal. L'abbaye fut même la scène de la mort de l'hérétique Pierre de Bruys brûlé devant l'église en 1136. Enfin, en 1154 le pape accorda des indulgences aux visiteurs, ce qui augmenta, plus encore, l'affluence des dévots.

Après une nouvelle interruption motivée par l'instabilité politique et religieuse, une troisième période constructive s'échelonna entre 1185 et 1209. Le bâtiment resta, cependant, inachevé. En 1226 l'établissement religieux, restant soumis à la monarchie, Saint Louis le visita, lors de ses venues en Aigues Mortes, en deux occasions. Le pape Clément IV, originaire de Saint Gilles, accorda des donations en faveur de la continuation de l'église mais, des difficultés économiques résultant de l’assassinat du légat du pape, Pierre de Castelnau, et de la « pénitence » du comte Raymond VI de Toulouse qui déclenchèrent la Croisade des Albigeois menée contre des Cathares ne permirent pas d'en achever la construction. Ce ne fut qu'au XIV° Siècle que l'abbatiale fut finalisée.


La Collégiale de l'Abbaye de Saint Gilles.


En 1538 l'abbaye restait sécularisée et avait dotée d'une collégiale. Au XVI° Siècle les protestants l'incendièrent et les bâtiments conventuels demeurèrent en état ruineux de longues décennies. L'église fut, elle, transformée en forteresse jusqu'à ce qu'en 1622 sa totale destruction fut ordonnée. Heureusement, le funeste destin édicté à l'encontre de l'abbatiale ne put s'accomplir, l'intervention des troupes en arrêtant la destruction. Bien que le chevet et une bonne partie des nefs furent déjà détruits, sur des bases plus restreintes, leur reconstruction commença. La crypte fut conservée et la nef fut raccourcie en son antique chevet dont les restes furent définitivement démolis pendant la Révolution. La façade romane fut entièrement restaurée.

Épuisés et ruinés par les Guerres de Religion puis par la Révolution, l'Abbaye de Saint Gilles, tout comme le village qui s'était bâti en ses abords, s’engloutirent peu à peu dans l'anonymat.

Aujourd’hui, ses ruines attirent de nombreux visiteurs qui découvrent la richesse iconographique de la façade médiévale de l'église abbatiale, la pureté architectonique de son escalier en vis, la beauté recueillie de son immense crypte.

 

Raymond Matabosch

 

Notes.


(1) Les latifundia étaient des grandes propriétés foncières, à l'époque romaine, spécialisées dans l'agriculture destinée à l'exportation, - grain, huile olive ou vin-, une agriculture industrialisée dont l'économie dépendait uniquement de l'exploitation des esclaves.

(2) À la mort du roi Recceswinth, malgré son âge déjà avancé, Wamba, - alors qu'il ne souhaitait pas devenir monarque -, fut élu roi le 21 septembre 672 par une partie de la noblesse wisigothique réunie dans la région de Valladolid.

 

Publié le 20 Novembre 2010 sur

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13 décembre 2010

L'Abîme de Bramabiau. Grotte et rivière souterraine.

« Bramabiau, une de ces œuvres grandioses et bizarres que la nature exécute à coups de siècles et qui confondent l'esprit humain. », ainsi s'était exprimé Édouard-Alfred Martel au lendemain de sa première traversée, les 27 et 28 juin 1888, des grottes et de la rivière souterraine de l'abîme de Bramabiau. Et comme l'homme, en extase face à l'opulence spéléologique de cette découverte fabuleuse, n'était pas avare de qualificatifs, il rajouta : « ...Caprice de la nature tel qu'on en connait pas de semblable... »,et surencherit : « ...Site étrange et singulier, c'est certainement à Bramabiau que les amateurs de grottes risquent le moins d'éprouver une impression de déjà vu... »


La rivière le Bonheur.


A la limite des Cévennes et des Causses, sur le versant océanique du Mont Aigoual, au Nord-Est de Saint-Sauveur Camprieu, - Cam del Rieu, plateau entre deux rivières, ou champs du Prieuré -, à environ deux kilomètres l'une de l'autre, deux petites rivières, le Trévezel et le Bonheur, près du col de la Serreyrède, à l'Espérou, prennent leur source sourdant des spongieux tapis d'herbes qui recouvrent un sol de granit. Ayant creusé leur lit dans les calcaires du petit Causse de Cambrieu enveloppé de sombres et belles forêts, chacune d'elle, au gré de ses humeurs et de la qualité de son sous-sol, façonne sa vallée de façon cavalière.

Alors que le Trévezel entre prairies, pinèdes, chênaies et sous bois de buis, baigne les hameaux de La Fargue, des Monts, de Ribauriès et de Malbosc et s'engage dans des gorges étroites, aux falaises abruptes et vertigineuses, le Bonheur, lui, facétieusement, coule au fond d'une petite vallée longue de quelque cinq kilomètres, s'endort un instant dans un lac aménagé de main d'homme à l'entrée du village, en arrose ses abords septentrionaux, humidifie parcimonieusement des empreintes de dinosaures et, malicieux et cabochard, s'engloutit, en de multiples pertes, dans le Causse de Camprieu.


Le labyrinthe de rivières souterraines du Bonheur.


Les pertes du Bonheur se situent, à quelques pas au Sud-Sud-Ouest deSaint-Sauveur Camprieu, après l'aven éboulé du Balset, sous une kyrielle d'interstices et de fissures et principalement sous une grande dalle calcaire partiellement effondrée laissant apparaître, au fond d'un gouffre d'une dizaine de mètres de profondeur, la rivière qui, creusant un gigantesque tunnel d'une trentaine de mètres de large sur plus de 250 de long, s'enfonce au cœur des calcaires liasiques.

Pénétrant dans la falaise karstique, un chevelu de ruisseaux souterrains taraude l'élément minéral et trace un véritable dédale de boyaux de plusieurs kilomètres avant de réunifier ses bras tentaculaires, de reparaître, à l'air libre, par une haute et étroite diaclase de 70 mètres déchirant, plein centre, la paroi abrupte, et de jaillir, en une fantastique cascade, dans le cirque rocheux de l'Alcôve. Alors que les rhapsodes le versifient et le sacralisent en « Bout du Monde », les géologues, en termes académiques, appellent le demi-crique, aux parois verticales, escarpées, de 80 à 110 mètres de surplomb, dans lequel naît ou resurgit une source, une « reculée karstique. »

Tel un porte-voix monumental, de l'ample et sombre crevasse qui décarne la falaise, rejaillit, dans un bouquet spumeux, la rivière du Bonheur. Par gros temps et fortes eaux, le bruit produit, par la chute majestueuse, rappelle le meuglement du bœuf, le « brama-biâou » en patois local, d'où le « bramabiau ou Cri du boeuf » toponyme qui a été affecté, depuis des temps immémoriaux, à cette cavité d'exception dont l'exploration, par Édouard-Alfred Martel, en 1888, porta la spéléologie sur les fonts baptismaux.


L'abîme de Bramabiau.


Outre son entrée majestueuse, le site de l'Abîme de Bramabiau est, avant tout, un immense réseau souterrain d'environ 11 kilomètres de galeries explorées, gruyèrant, sur près de 2 kilomètres carrés, le Causse de Camprieu. Depuis la zone des pertes jusqu’à la résurgence, - le ruisseau du Bonheur changeant de nom pour devenir le Bramabiau qui conflue, quelques 5 kilomètres plus loin, en dessous des mines de plomb argentifère et de zinc de Vallemagne, avec le Trévezel -, il permet de suivre les caprices créateurs de l’eau, et son extrême patiente à sculpter les éléments minérals.

Dans cet univers de pierre, tout y est spectacle subliminal dans une symphonie de couleurs, de sons et de silences, beauté pontifiante et farouche aux multiples facettes, architecture monumentale élaborée avec une habileté et une dextérité inimitable dont seule la nature artiste en possède le don, un art inimitable qui continue de faire son œuvre et à la pérenniser, Au plan géologique, la structure complexe du Bramabiau est un modèle parfait pour expliquer la formation des boyaux caverneux en milieu karstique. Enfin, paléontologiquement, l'Abîme est un sanctuaire préhistorique à tel point que les oryctologues et les paléoanthropologues conçoivent qu'il a pu être, au Paléolithique et au Néolithique, un temple dédié à une divinité.
Si Edouard Alfred Martel accompagné de Marcel et Gabriel Gaupillat, Philippe Cheilley, Émile Foulquier, Hippolyte Causse, Louis Armand, Claude Blanc et Émile Michel, en a effectué la première traversée les 27 et 28 juin 1888, découvrant 1,700 mètres de galeries, le
15 septembre 1890, un jeune instituteur Félix Mazauric, en compagnie de son compère et ami Randon, dans une série de 11 explorations au cours de la même année, en a porté, établissant sa topographie, le développement à 6.350 mètres. En 1924, Henri de Lapierre est à l'origine de la découverte d'un entrelacement de nouveaux conduits labyrinthiques que Pierre Maréchal, à partir de 1951, a complété, sans relâche, l'exploration du « labyrinthe Lapierre ». Les dernières découvertes, sur le site de Bramabiau, datent, pour le complétif du « réseau Mazauric », de 1982, portant le réseau dédaléen à 10.720 mètres dont seulement 1.000 mètres sont livrés au public.

Nul doute que de somptueuses trouvailles sont encore à identifier et à éventer...


Raymond Matabosch


Publié le 06 Novembre 2010 sur

 

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26 novembre 2010

L'aqueduc romain de Nîmes. Défi et prouesse technique.

L'aqueduc amenait les eaux captées aux fontaines d'Eure, au pied d'Uzès, jusqu'au Castellum divisorum, bassin de répartition, qui les dirigeaient vers les différents quartiers, thermes et fontaines de la ville de Nîmes. Il fût construit au I° siècle pendant la période d’expansion de la ville de Nîmes. Sa mise en œuvre avait débuté entre 41 à 54 après J.-C, sous le principat de l'empereur Claude à qui l'on devait l’édification de deux des plus grands aqueducs de Rome, « l'Aqua Novus » et « l'Aqua Claudia. » Sa construction avait dû s'étendre sur une quinze ou vingt ans.

La partie la plus célèbre en est le Pont du Gard, le plus haut pont à trois niveaux des aqueducs romains. Certes, il traverse la vallée du Gardon, - ou Gard qui a donné son nom au département -, en un site particulièrement étroit, mais sa hauteur, de 48,77 mètres au-dessus du lit majeur de la rivière, lui octroie, néanmoins, une longueur actuelle, au troisième étage, de 275 mètres. Son extrémité, côté rive gauche, ayant été tronquée de plus ou moins 100 mètres, originellement il avoisinait les 380 mètres de long.

 

La choix de la fontaine d'Ura

 

A l'origine Nîmes était alimentée par la fontaine sacrée Némausa, coeur de la cité où aboutissaient les voies. Avec l'arrivée massive des vétérans d'Égypte, sa population avoisinant les 20.000 habitants aux temps de sa splendeur, la ville dût rechercher d'autres approvisionnements en eau. La source devait être située plus haut que le réservoir d'arrivée. L'eau devait y être très pure, en quantité suffisante et peu éloignée de la ville.

L'eau de la Fontaine d'Eure présentait toutes les caractéris­tiques requises pour répondre aux besoins en eau potable de la cité némausienne. Elle s'avérait propre à la consommation et son écoule­ment était conséquent. Son débit moyen s'étalonnait à 430 litres/se­conde. La source se situait à une altitude de 76 mètres alors que le réservoir terminal plafonnait à 59 mètres. En outre, de toutes les sources pouvant répondre aux critères, elle était la plus proche. A vol d'oiseau, elle se trouvait à 20 kilomètres de son lieu de destina­tion.

 

La fontaine d'Eure, lieu de culte des romains.

 

C'est au bord de l'Alzon, autour de la source d'Eure, que l'on découvre les premières traces d'une construction romaine à Uzès. Ils y avaient fait ériger un hôtel votif en l'honneur de Cybèle, déesse de la fécondité, de la nature, des fontaines et des sources, pour y vénérer le culte de l'eau.

« AVGVST LARIBVS CVLTORES*VRAE FRONTIS.(1) » Cette dédicace, localisée sur le mur antérieur du laraire, justifie l'exaltation des romains pour les fontaines de l'Eure. Et le choix de cette résurgence, pour le captage de ses eaux et leur transport par aqueduc, ne pouvait donc qu'apporter la protection de la déesse dans les foyers de la colonie romaine.

 

Les contraintes opposées aux constructeurs de l'aqueduc.

 

Du fait d’une topographie escarpée, même si, à vol d'oiseau, la distance n'est que de 20 kilomètres, les Romains ont dû rallonger l’aqueduc à environ 50 kilomètres. La dénivellation entre les sources de l’Eure, 71,13 mètres au départ de la canalisation, et le réservoir d’eau de Nîmes, 58,95 mètres, est seulement de 12,18 mètres, une pente moyenne de 0,25 mètre/kilomètre, ayant nécessité une très grande précision dans sa construction.

L'itinéraire, de même, dénote de la parfaite connaissance du terrain et profite de ses caractéristiques. L'aqueduc chemine enterré dans les sols meubles et à ras de terre ou en hauteur sur les sols rocheux. La conduite, de 1 mètre 30 à 2 mètres de large, à hauteur d'homme, est entièrement maçonnée, étanchée par un enduit en mortier de tuileaux(2) et voûtée en plein cintre. Des ouvertures y sont aménagées pour aérer l'eau ou pour assurer les vidanges, le nettoyage et les réparations.

 

Entre la fontaine d'Eure et Vers, un défi à la géométrie, au relief et à la topographie.

 

Partant de la Fontaine d'Eure, à Uzès, où plusieurs captages y sont réalisés, et son bassin de régulation à martilières(3), l'aqueduc chemine sur la rive gauche de l'Alzon. Il est, sur premiers hecto­mètres, faiblement enterré. Il réapparaît, servant de mur-bahut(4), le long du château Bérard, pour disparaître à nouveau et suivre les contreforts de la garrigue d'Uzès.

La plupart du temps édifié en tranchée enterrée, resurgissant quelquefois, il passe devant Saint Maximin et se dirige vers Argilliers. Le robuste Pont de Bornègre, en gros appareillage, à trois arches de 17 mètres de long sur 2,70 de large, était conçu pour enjamber et affronter les flots tumultueux du torrent du gouffre de Bornègre Après l'ouvrage d'art, l'aqueduc redevient souterrain pour réapparaître, sur plusieurs centaines de mètres, près du village de Vers.

 

Du village de Vers à Remoulins, une succession d'ouvrages d'art envoûtants.

 

A la sortie de Vers, l'aqueduc plonge vers le sud, et franchit le pont de la Lône de 300 mètres de long et d'une hauteur de 7 mètres 50. Il chemine, ensuite, surélevé par un mur-bahut, vers une superbe envolée de trois séries d'arches. Sur près de deux kilomètres, c'est une des parties les plus impressionnantes de l'aqueduc.

A cet endroit-là, s'enchainent le site de Font Ménestière où s’élevait un pont à deux rangs d’arcades, 200 mètres de long et 20 mètres de haut, le Pont Roupt et le Pont de Valive.

Le tracé de l'aqueduc se poursuit, en enterré, dans la garrigue, pour déboucher, sur les rives du Gardon, dans un bassin régulateur à la tête de la culée amont du monumental Pont du Gard qui enjambe magnifiquement, à près de 50 mètres de hauteur, le cours d'eau imprévisible et tumultueux en périodes de crues. Après le passage de cet obstacle impressionnant, il longe, à fleur de terre et à flancs de garrigue les bois de Remoulins et franchit sept combes sur des ouvrages plus petits dont, malheureusement, le plus grand a disparu.

 

De Remoulins à Nîmes, la génialité de la conception d'un tronçon d'aqueduc fleuron de l’ingénierie hydraulique romaine.

 

Après Saint Bonnet du Gard, en conduite enterrée, l'aqueduc se dirige vers Sernhac. Par deux remarquables tunnels creusés dans le rocher, il évite les carrières qui avait été exploitées, à flancs de garrigue, pour ériger, en 15 avant J.C., les remparts augustéens de 6 mètres 50 pour 6 kilomètres autour de la ville de Nîmes. Et, suivant la vallée de la Vistre, par Bezouce, Saint Gervasy et Marguerittes, vallée de la Vistre, après avoir résolu le problème posé par le franchissement de l’étang de Clausonne, il se dirige vers Nîmes.

L'aqueduc réapparaît à l'entrée de Nîmes, sur quelques hectomètres et rejoint, en tunnel, le Castellum Divisorium après avoir parcouru 50 kilomètres de méandres à travers la garrigue avec une pente maximale de 0,45 mètre/kilomètre et une pente minimale de 0,07 mètre/kilomètre. L'aqueduc termine sa course au Castellum divisiorum, l'eau étant dispensée dans la ville grâce à une série de cinq aqueducs secondaires.

 

Raymond Matabosch

 

Notes

 

(1) « Aux Lares augustes, les adorateurs de la fontaine d'Ura »

(2) Le mortier de tuileaux était un mélange très fin de chaux grasse, de calcaire blanc et pur de carrière et de petits morceaux de tuiles ou de poteries concassées

(3) Un jeu de planches en bois permettait au préposé au bassin de régulation de diriger l'eau en crue vers l'Alzon afin d'éviter une surpression dans le canal qui aurait pu le détériorer.

(4) Mur-bahut, mur de soutènement.

 

Publié 26 Octobre 2010 sur :

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14:47 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Gardoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gard, nîmes, uzés, fontaine eure, aqueduc, languedoc-roussillon, romains | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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