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07 mars 2012

Du Mont Aigoual à Agde : l'Hérault.

A 1.288 mètres d'altitude, l'Hérault prend sa source dans les tourbières du Mont Aigoual au cœur des Cévennes. Jeune torrent impétueux courant sur les granites et les schistes, entre hêtres et résineux, et, sur ses premiers dix kilomètres, dévalant, plus de 1.000 mètres de dénivelé, il dégringole en de magnifiques cascades, voilées de blanc, au milieu des à pics.

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Il ne calme ses pulsions torrentueuses qu'en pénétrant dans une profonde vallée, à Valleraugues. Quittant les terres cévenoles, il creuse les massifs calcaires où se développe et s'épanouit une végétation méditerranéenne, mais il ne s'assagit pas pour autant. Sur plus de 40 kilomètres, entaillant le Massif de la Séranne, il se faufile rapidement au milieu de gorges encaissées et impressionnantes, somptueuses et sauvages, qui, encore assez larges jusqu'à Saint Guilhem le Désert, se rétrécissent progressivement jusqu'au Pont du Diable.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-7.jpgTout au long de sa progression, son cours s’échelonnant sur 150 kilomètres, l'Hérault rencontre des châtaigniers et des cerisiers, des pêchers et des abricotiers, des chênes et des oliviers, traverse les Garrigues et parcours le département du Gard puis, du Nord au Sud, le département de l'Hérault auquel il donne son nom.

Progressivement, après le Pont du Diable, le relief devient moins accidenté, la plaine déroule son tapis de verdure et de cultures horticoles et viticoles et le climat Méditerranéen s'installe. Bordé de sa forêt riveraine, il coule paisiblement entre prairies, vergers, vignobles et maraichages jusqu'à Agde, où, canalisé sur cinq kilomètres, il rejoint son embouchure et, au Grau d'Agde et àLa Tamarissière, se jette dans la Mer Méditerranée.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-10.jpgSes crues soudaines et mémorables, souvent liées aux précipitations d'automne, - violence de certains épisodes cévenols-, et de printemps, dévalant du Massif de l'Aigoual, sont redoutables et meurtrières. Dans la vallée, les dégâts tant humains que matériels, - immeubles inondés, maisons sinistrées, digues submergées, arbres et ceps de vignes déracinés, récoltes détruites, infrastructures agricoles ruinées, bicyclettes, voitures et animaux emportés par la violence des eaux... - , ne sont plus chiffrables. Même la forêt domaniale de l'Aigoual en garde les cicatrices : sols lessivés, pentes ravinées, arbres emportés...

Sacralisant l'antédiluvien et le passé historique, matérialisant le présent et conjecturant l’avenir d'un département si ce n'est celui d'une région, le fleuve Hérault aux mille visages, tout comme le sont la Têt des catalans, l'Aude des cathares et le Gard des némausiens et des cévenols, est bien plus qu’un simple cours d’eau : c'est l'âme des umbranicis. Ses berges, ses méandres et ses plans d'eau, tour à tour sites historiques, curiosités naturelles, bases de plein air et de loisirs nautiques, et d'ouvrageshydrauliques offrent de riches rendez-vous pour les passionnés du patrimoine archéologique et historique et les amoureux de la nature, de la pêche, de l'orpaillage et du tourisme nautique.

 

Le Mont Aigoual, château d'eau cévenol.

 

Imposante masse granitique, roche magmatique plutonique leucocrate d'âge paléozoïque, - environ 330 millions d'années-, intrusive dans les roches encaissantes métamorphiques, schistes des Cévennes, le Massif de l'Aigoual, le mont éponyme étant le toit du pluton granitique où affleurent desmicaschistes, royaume des ouragans, du brouillard, de la neige et des précipitations violentes d'origine méditerranéenne, engendre ruisseaux et rivières qui, torrentueux, entaillent les versants.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-18.jpgBastion Sud-Est du Massif Central situé sur les communes gardoise deValleraugue et lozérienne de Bassurels et ponctué par trois sommets, le pic de la Fageolle ou pic Ferrège, - 1.555 mètres-, dominant le versant Sud-Est, le signal de l'Hort de Dieu ou Tourette de Cassini, - 1.565 mètres-, situé dans le Gard, point culminant, et le signal de l'Aigoual, - 1.564 mètres-, situé en Lozère, le Mont Aigoual est remarquable par son panorama, son climat et son observatoire météorologique.

L'Hérault, un fleuve côtier méditerranéen 13Depuis l’Antiquité, les pentes du Mont Aigoual sont de formidables réserves minérales, végétales et animalières attirant botanistes, explorateurs et visiteurs. Château d’eau naturel, l’Aigoual partage ses eaux entre le Languedoc et le Rouergue. Entre Grands Causses et vallées cévenoles, parcouru de drailles et de sentiers qui accueillent, chaque année, les bergers transhumants et leurs troupeaux, il s'impose comme une montagne, parée de couleurs chatoyantes au gré des saisons modelée par des millénaires d’activités humaines.

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Sur ses contreforts, le Tarnon, le Trévezel, la Dourbie, la Jonte et l’Hérault, viennent prendre leur source et creusent des canyons et des gorges spectaculaires. Sur ses pentes, au milieu des fôrets de hêtres, de sapins, d'épicéas, de mélèzes, des chênes à feuillage caduc et des châtaigniers, s'accrochent les hameaux dispersés et les terrasses bâties pour les cultures : mûrierspour la sériciculture, oignons doux des Cévenneset vergersen fonds de vallées. Et, au pied de l'imposante barrière, dans un écrin de verdure strié par les torrents, s'inscrit Valleraugue, un village au douze ponts s'ouvrant sur la « Vallis Erauguia » , - la vallée de l'Hérault-,

 

Le Massif de la Séranne et l'étroit et le vertigineux canyon de l'Hérault.

 

Imposant massif calcaire à l’extrême Sud du Massif central formé sur une barrière de corail il y a 150 millions d’années, son échine s'étirant longitudinalement, selon un axe Nord-Nord-Est/Sud Sud-Ouest, sur plus de 40 kilomètres et lui conférant l'allure d'un gigantesque cétacé échoué, d'altitude variant de 700 à 940 mètres, marque, de son auguste silhouette, le paysage de l’Est héraultais.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-20.jpgFrontière naturelle entre la plaine du Languedoc et les Causses du Larzac et de Blandas, l'écrasant belvédère calcaire, aux formes hardies contrastant nettement avec les paysages tabulaires et plissés des causses et des garrigues environnants, culmine à 942 mètres au Roc Blanc érigé majestueusement entre les vallées de la Vis et de la Buèges et à 848 mètres au Mont Saint-Baudille ressemblant un peu à la proue d'un navire qui avance sur une mer calme.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-22.jpgL’Hérault pénètre dans le département héraultais et dans le Massif de la Séranne en amont de l’agglomération de Ganges à 62 kilomètres de sa source. Le Rieutord et l'Hérault qui arrosent Ganges rassemblent leurs eaux. C'est le début des Gorges de l'Hérault, qui ne prendront définitivement fin que 40 kilomètres plus au Sud, après Saint Guilhem le Désert, au Pont du Diable.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-21.jpgDe Ganges à Brissac, la vallée est étroite et ponctuée par le défilé de Laroque à Saint Bauzille de Putois. Son environnement est agricole et boisé majoritairement de chênes verts. La ripisylve est généralement étriquée, quasi inexistante sur la portion du défilé et particulièrement développée sur certains autres secteurs. De Brissac à Saint Jean de Fos, les gorges profondes, marquées par les retenues de Moulin Bertrand et de Belbezet, sont caractérisées par des écoulements torrentueux. Leur milieu agreste est empreint d’un caractère singulièrement sauvage.De fait, les gorges de l'Hérault présentent un paysage tourmenté dans lequel les eaux vertes bouillonnent aux creux de marmites de géant et forment de petits rapides

 

Les plaines, alluviale de Gignac et viticole du bitterois, et le repos du guerrier.

 

A la sortie des gorges, au « gourg noir », - le « gouffre noir » -, qu'enjambe le Pont du Diable, plus vieux pont de France et chef d’œuvre de l'art roman, solidement ancré sur le roc constitué de bancs calcaires jurassiques très compacts, le fleuve Hérault débouche sur la plaine alluviale de Gignac qu'elle arrose, avant de s'engager dans celle, viticole, du biterrois.

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Ces deux plaines se sont façonnées tout au long du Quaternaire suivant les grandes alternances entre les périodes froides et chaudes et l'ultime glaciation de Würm a configuré la vallée de l'Hérault par étagement successif des différentes terrasses alluviales, vestiges de l'ancien dynamisme du cours d'eau.

L'Hérault s'incise dans sa plaine alluviale de façon linéaire et uniforme et le côté chaotique des gorges est délaissé au profit d'un hydrodynamisme moins tumultueux. Son lit mineur est large, bordé de talus et de plages de galets et son lit majeur, s'élargissant, concentre les activités humaines, majoritairement la production agricole et, localement, l'extraction de matériaux.

De Saint Thibéry à Agde, la plaine alluviale est très vaste et la proximité de l’exutoire et les faibles pentes favorisent la mise en place d’une vallée en toit, à partir de Florensac. Et de Agde jusqu’à l’embouchure, l'Hérault s'étale en un vaste delta dominé par l’ancien volcan s'étendant sur environ 15 kilomètres carrés et comprenant trois cônes stromboliens dont les restes en sont le Mont Saint-Loup, 112 mètres d'altitude, le Petit Pioch, 35 mètres, - mais au sommet a été décapé en grande partie par une carrière d'exploitation de la pouzzolane actuellement transformée en décharge de déchets-, et le Mont Saint-Martin, 55 mètres.

01 mars 2012

L'Hérault... Plus qu'un fleuve, une âme.

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L'Hérault, est un fleuve côtier long de 160 kilomètres. Il prend sa source sur le versant sud des Cévennes, sous le Mont Aigoual, à 1.288 mètres d’altitude au Plat Peyrot. Il parcourt le département du Gard puis traverse, du nord au sud, le département de l'Hérault auquel il donne son nom. Il termine son périple fluvial à Agde, illustre cité grecque, plus précisément au Grau d'Agde et à La Tamarissière où il se jette dans la Méditerranée.


L'Hérault reçoit de nombreux affluents dont l'Arre, la Vis, le Rieutord, la Buèges, le Lamalou, la Lergue, la Boyne, la Peyne, et la Thongue venant grossir ses eaux calmes. Son bassin versant s'étend, en comptant les bassins des affluents, sur 2.900 kilomètres carrés.

04 septembre 2011

Randonnées en Terres d'Oc

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ISBN : 9782332455499

Aux Editions : Edilivre

A l'époque des troubadours, les terres d'Oc, plus exactement les terres où la langue d'Oc était la langue littéraire, se partageaient politiquement entre quatre obédiences :

- Le royaume d'Aragon, d'abord, avec ses trois capitales, Saragosse, la politique, Barcelone, la commerciale, Montpellier l'intellectuelle ;

- Le duché d'Aquitaine, l'État politique le plus puissant à l'intérieur de ce qui devait devenir la France, qui étendait sa puissance au Limousin et à une partie de l'Auvergne ;

- Les états des comtes de Toulouse ;

- Les terres de la rive gauche du Rhône et de l'Italie du Nord qui dépendaient de la souveraineté du Saint Empire germanique...

L'auteur vous invite à voyager sur les Terres d'Oc languedociennes : Aude, Hérault, Gard et Lozère...

 

08:03 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aude, hérault, gard, lozère, terres d'oc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17 décembre 2010

La Grotte-mine de Gériols : Quand les hommes redécouvrent le passé.


La Grotte de Gériols, creusée dans les calcaires dévoniens veinés de plomb argentifère des contreforts du Causse du Larzac et du plateau de l'Escandorgue, se niche, dans une reculée façonnée par l'Izarn, à 2 kilomètres à l'Est de la ville de Lodève. Entre margotins de cistes pourpres ou blancs des garrigues et immenses étendues sauvages du causse, elle gîte, au pied des pentes du plateau du Grézac, dans le vallon de Soulondres, où l’eau cristalline du cours d'eau anime le paysage idéaliste du domaine de Monplaisir serti d'un château, d'une manufacture de drap de laine, de ponts, de canaux, de fontaines et d'allées, et bouqueté de bosquets et de bois.

La grotte de Gériols, trésor secret des initiés.

En ces terres, l'eau a raviné les rebords en contrebas des corniches et a creusé des sillons profonds et étroits. L'érosion, favorisant les karsts, y est d'autant plus active que des bancs marneux s'intercalent dans les bancs carbonatés. Et la vallée-corridor de l'Isarn, comme celles de ses congénères venant de l'Escandorgue, au Nord-Est, le Laurounet et la Soulondre, ou celles de la Brèze, la Primelle et la Paumèle et le Soubrebe dévalant du Larzac, au Nord-Ouest, toutes gonflant de leurs flots la Lergue, recollent de merveilles karstiques gardées au secret par un groupuscule d'initiés qui se refusent, égoïstement, à en dévoiler leur beauté.
Autres que par les spéléologues du cru, de rares historiens locaux émérites ou de singuliers autochtones en mal de sensations fortes qui, un jour, ont eu l'audace d'escalader un éboulis qui obstrue une sorte d'entonnoir largement ouvert ; et autres que par d'antiques légendes qui étaient lues publiquement dans les monastères, pendant les repas et dans les églises, pour l’édification des fidèles et qui, depuis des décennies, croupissent dans les caves humides des archives épiscopales et départementales héraultaises et qui se transforment en gargantuesques repas pour les poissons d'argents, les vers des livres, les psoques, les dermestidés...; qui en ont révélé son existence et son riche passé historique, la grotte est totalement inconnue du grand public.


La grotte de Gériols redécouverte 20 siècles après sa dernière mise en exploitation.

Les époux Vallot, spéléologues lodévois, entre les années 1900 et 1904, en foulèrent les premiers ses sols, en explorèrent ses boyaux et en dressèrent le plan et la description. Et quelle n'avait pas été leur surprise en découvrant que la main de l'homme, ayant creusé des galeries de mine et d'assainissement, et agrandi, pour améliorer les commodités d'accès, plusieurs passages, dans les temps immémoriaux, les avaient devancés en ces lieux !
La tradition populaire très présente encore dans la transmission des connaissances, de génération en génération, qui s'est perpétrée jusqu'en première moitié du XX° Siècle, malheureusement par le truchement de l'évolution inverse des humains trop imbus de leur personnalité seulement des bribes informes en restant en ce début du XXI° Siècle, fait remonter une exploitation minière du site à l'époque romaine.

La grotte de Gériols, sanctuaire Paléolithique.

Dès au moins l'antiquité, des hommes œuvraient dans ses entrailles et y exploitaient les filons de plomb argentifère qui veinaient ses parois mais, ce qui ne filtre point, une omerta intransigeante faisant loi, il est d'évidence que la cavité était déjà connue, visitée et squattée au Paléolithique Supérieur, - entre 35 000 et 10 000 ans -. L'imagerie populaire, bien aidé en cela par les représentations scientifiques, même si les spécialistes en la matières donnent l'impression surannée d'en nuancer le cliché concessif et réductif, et, parfois, de le contredire, perçoit l'Homme préhistorique comme un simiiforme bestial et acrimonieux, stupide et agressif, « à forte pilosité, vêtu de peaux de bête, maîtrisant difficilement le feu, s'exprimant par grognements dénués de sens, chassant le mammouth à la lance, subissant un environnement hostile et s'appropriant une femme en l'assommant puis en la traînant par les cheveux.(2) »
D'après la parole de certains « anciens » attachés à la glèbe de leur terroir, la grotte de Gériols n'aurait pas été un lieu d'habitat, permanent ou temporaire, pour l'homo sapiens sapiens mais, de toute évidence et bien qu'elle ait subi un pillage en règle en des temps indéterminés, un lieu cultuel pour les hommes du Mésolithique et du Néolithique, voire du Chalcolithique. Pour d'autres, à la fin du Moyen Âge, la caverne servit de refuge à deux femmes de « Luteva » qui avaient été accusées de faire commerce avec le Diable et de sorcellerie. Enfin, il se laisse aussi entendre dire que des Cathares du Bittérois s'y seraient réfugiés pour y fuir les exactions commises par les troupes, de Simon de Montfort, subjuguées par la foi qui les transportaient durant la Croisade des Albigeois.


La grotte de Gériols.

 

Passée l'entrée, en forme de goule, obstruée par un éboulement et fermée par une grille qui empêche toute intrusion intempestive d'indésirables et de voyeurs, dans la sanctuaire, - comme si une caste se réservait le droit de « profiter » tout son saoul des lieux -, une galerie étroite, en pente très prononcée, encombrée de pierres éboulées rendant la progression malaisée, s'enfonce dans les entrailles du plateau du Grézac. Elle permet d'accéder à une première salle frappée du sceau de l'originalité. La « Salle de la double voûte », ainsi s'en est-elle trouvée baptisée par les époux Vallot, ses deux « re-inventeurs » se décompose en deux séries de galeries superposées, sans attrait particulier, qui cheminent dessous et dessus la salle principale. Il est certain que son charme en serait tout autre et qu'elle en apparaîtrait, de fait, moins insignifiante si la cavité était aménagée et éclairée. Mais voilà, les subtilités de la roche, à la seule lumière blanche d'une lampe torche, ne peuvent ainsi ni se lire, ni se découvrir dans leurs points les plus remarquables.

Sans transition, après un bref et pénible goulet, s'ouvre une salle aménagée d'un escalier grossièrement taillé, de main d'homme, dans la paroi, permettant d'atteindre des boyaux et des corridors supérieurs, La bien nommée « Salle de l'escalier » était une pièce essentielle, à l'époque romaine ou pré-romaine, dans l'organisation et l'exploitation des filons de plomb argentifère. Outre celles supérieures, aux marques d'extractions indubitables, une ancienne galerie de mine s'enfonce profondément et les champs de taille, ne laissant aucun doute sur sa dévolution, y transparaissent,

Les miroirs d'eau de la grotte de Gériols.

Plus avant, « ...une grande salle dont la voûte possède 45 mètres de portée... », ainsi la présente joseph Vallot dans la rédaction de l'acte en signifiant la découverte, « ...elle est divisée en deux parties par un rocher occupant la partie basse, surmontée d'un pont naturel, montant à mi-hauteur de la voûte ; la première partie, ou « Salle du petit lac », parait assez étroite, mais sa largeur est doublée dans la partie supérieure par une sorte de tribune à pic se prolongeant jusqu'au grand lac. » Une étroite langue pétrée, aménagée par l'homme dans les temps anciens, d'une longueur de trente mètres, séparant les deux étendues d'eaux souterraines, permet, depuis le petit lac aux eaux vert-sinople, d'approcher et de pénétrer dans la « Salle Grand-Lac ».

D'une trentaine de mètres de longueur sur une douzaine de large, d'une profondeur de 6 à 9 mètres et d'une température constante de 14°5 identique à celle qui règne dans la cavité, le grand lac est un écrin bleu-vert essaimé d'étoiles qui scintillent depuis les 24 à 30 mètres de haut de la voûte. Du plafond pendent fistules et stalactites aux couleurs irisées et aux parois se tendent des draperies, les une et les autres se reflétant, à la lumière d'une lampe torche, sur la patine du miroir aquifère. Au-delà, fermant la grotte, gours, cascades pétrées et un bloc calcique aux formes étranges et cachectiques, « le squelette », en tirent la toile de fond.

 

Les autres salles et points remarquables de la grotte de Gériols.

 

Des galeries de mine de faible longueur, mais partiellement immergées, pour les unes, totalement immergées, pour les autres, en leur partie terminale se situent au Sud du grand lac et se concentrent tout particulièrement aux abords d'un puits d'extraction de minerai de plomb argentifère à demi comblé, « le puits romain ». Il devait mener vers un réseau inférieur et, apparemment, son fond semble, lui aussi, noyé. Ces structures, réalisées de main d'homme, laissent supposer qu'elles ont été creusées à un moment où les eaux étaient plus basses dans ce lac, mais, pouvant y porter démenti, un couloir extérieur à la grotte, ensablé, aurait servir à vider le lac et permettent, ainsi, aux mineurs de travailler.

La « Salle des gours », toute proche, adjacente par son Ouest au puits romain, est toute luminescence avec sa panoplie variée de concrétions polymorphiques qui règnent sur les dépôts endogènes, - éboulements des parois et des plafonds -, causés par les longues périodes de dégel qui ont succédé aux phases périglaciaires et glaciaires. Elles enregistrent, lenteur de la création, les caractéristiques de l'écoulement d'eau qui les a édifiées.

La visite de la grotte de Gériols ne se résume pas, seulement, à ces quatre salles et à ses lacs, d'autres points d'intérêt n'en doivent point être oubliés d'autant que le réseau est loin d'être découvert dans sa globalité. Et si tel est, les galeries et les voûtes basses, d'accès ardu ou impraticable, aboutissant à la « Salle de la double voûte », à la « Grande salle » et à la « Salle des gours », laissent à croire que de nombreuses ramifications restent inexplorées dans la couche karstique afférente aux galeries sèches. Tel est si réel qu'un accès aboutissant à la galerie supérieure de la « Salle de la double voûte » conduit à un petit lac, une sorte de puits, de profondeur insondée et aux bords tapissés de calcite.


Mystère hydrologique autour de la grotte de Gériols.


Par la présence des lacs et des mares et en absence de toute apparence de cours d'eau souterrain, le site est étrange d'autant plus qu'aucun exutoire connu, ni nul émissaire visible, ne se distinguent aux environs de l'entrée de la grotte et sur une longue distance. D'où peut donc provenir cette eau ? Par où peut-elle s'évacuer ? N'existe-t-il pas un système annexe dans la grotte de Gériols ?

Pour accéder au fond de la grotte, - gours, cascades pétrées et bloc calcique au nom prédestiné de « squelette » -, faute d'aménagements adéquats, la grotte de Gériols n'étant pas ouverte au public, il est nécessité de traverser le lac à la nage, - les époux Vallot, les « re-découvreurs » du site karstique, avaient, eux, utilisant avec un bateau de type Osgood, navigué sur le plan d'eau -, et, en son milieu, un courant se dirige vers le Sud.
En outre, par gros temps et lors des « fortes eaux », le niveau s'élève jusqu'à plus de 1,50 mètre au-dessus de son plan coutumier, autorisant à penser que le lac est en relation avec une rivière souterraine. Aux temps romains, des galeries artificielles avaient été creusées. Celles-ci devaient permettre, aux mineurs, de travailler à pied sec. Mais, encombrées par du sable, elles sont toutes obstruées et elles interdisent toute action de vidage et d'assainissement.
A la fin de la visite exploratoire, deux questions se posent : « Des recherches hydrologiques seront-elles, un jour engagées et autoriseront-elles un acquis des connaissances sur l'origine de ces eaux ? » et « La grotte-mine de Gériols, une quelconque cathédrale de pierre riche en histoire, sera-t-elle ouverte, dans un avenir plus ou moins lointain, à des hordes « gourmandisées » par le voyeurisme à défaut d'en autoriser l'accès à un public de connaisseur ? » Et réponses y seront-elles données ?


Raymond Matabosch


Notes.


(1) Simiiforme : Les Simiiformes, ou anthropoïdés, - Anthropoidea -, sont un groupe de primates, plus précisément le groupe des singes et des humains qui admet, pour groupe frère, les tarsiformes.

(2) Catalans illustres. L'Homme de Tautavel. 2007. Raymond Matabosch.


Publié le 15 Novembre 2010 sur

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14:05 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Héraultaises | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lodève, lodévois, grotte de gériols, hérault, izarn, languedoc-roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30 novembre 2010

Le département de l'Hérault, un pays de volcans.

Du milieu du Miocène, - 23 millions d'années -, jusqu'au début du Pléistocène moyen, - 560.000 ans -. le Département de l'Hérault a été siège d'une importante activité volcanique. Celle-ci, se trouvant à l'extrémité d'une série vulcanienne disposée selon un axe Nord-Sud depuis le Cézallier, le Cantal, l'Aubrac et les Causses, a la particularité d'être de plus en plus récente en se rapprochant de sa façade méditerranéenne : Massif de l'Escandorge, Lodève, Salagou, Valros, Saint Thibéry, Agde, Grabels, Montferrier, Maguelone...

 

Le département de l'Hérault n'a pas toujours été marqué par la multiplicité de ses paysages, s'étageant depuis les contreforts Sud du Massif central jusqu'à la mer Méditerranée en passant par des étages de garrigues, de basses plaines viticoles et arboricoles, et d'étendues lacustres et marécageuses qui lui est propre. Il n'a pas toujours été, non plus, cette terre de soleil et de calme géologique qui la caractérise en ces temps holocènes...

Hier encore, en regard des temps géologiques, il y a de cela à peine 560.000 ans, les territoires de Vias, d'Agde, de Saint Tibéry et de Valros, et leurs proches banlieues résonnaient de grondements sourds, s'empanachaient de nuages de gaz, de cendres et de téphras, s'enflammaient sous les nuées ardentes et la lave jaillissait des gueules stromboliennes de Roque-Haute, - la plus récente 560.000 ans -, des Monts Saint Loup, Saint Martin et Petit Pioch et des Monts Ramus.

La chaîne volcanique héraultaise.


Se pencher sur la carte géologique de l'Hérault et du Bas Languedoc génère la surprise par la présence et l'abondance d'édifices volcaniques dits « récents » qui s'égrainent le long d'une chaîne vulcanienne, longue de plus de 150 kilomètres et large de 25 kilomètres, courant depuis le Nord de Millau, passant par Lodève où elle s'y sépare en deux branches, jusqu'au Cap d'Agde, - se poursuivant plus ou moins sur 30 kilomètres au large -, au Sud, d'une part, et, d'autre part, dans le lunellois, au Nord et au Sud de Montpellier.

En regard de la configuration de la dite chaîne, les bâtis volcaniques s'y trouvant dispersés, les laves étant toutes de composition basaltique, de structure modeste et d'intérêt pétrographique(1) et stratigraphique négligeable, il ne peut pas être établi de comparaison notable et fiable avec les alignements compacts de la Chaîne des Puys ou de celle des Monts du Forez, ni quelconque similitude avec les complexes volcaniques du Plomb du Cantal, du Mont Dore ou du Cézalier où s'y dénombrent des laves de toute nature.


Antériorité volcanique dans l'Hérault et le Bas Languedoc.


Les plus anciennes manifestations volcaniques référencées, dans le département de l'Hérault et le Bas Languedoc, ont leur fondement dès les prémices du Paléozithique, - 543 à 250 Millions d'années -, tout particulièrement au Cambrien, - 542 à 488 Millions d'années -, et à l'Ordovicien, - 488 à 435 Millions d'années -. Des braviérites, - roches volcanodétritiques d'aspect gneissique de couleur verdâtre typique -, des Tufs compactés, - ignimbtites -, et des coulées rhyolitiques, témoins d'une activité volcanique acide, en deux épisodes séparés par un épisode de sédimentation détritique fine, en partie aérienne et sous faible tranche d'eau, sont répertoriés. Ces dépôt volcanosédimentaires interstratifiés avec des couches grésopélitiques et carbonatées recoupées par des granodiorites, des granites et des pegmatites, semblent indiquer la montée et l'arrivée, avec épanchement en surface, de matériel magmatique qui, en cristallisant en profondeur, a donné naissance au massif plutonique du Mendic.

Au Carbonifère, - 359 à 299 Millions d’années -, il y a 330 millions d'années environ, l'orogenèse hercynienne provoque, accompagnées de recristallisations, des déformations importantes et les terrains marins, ainsi réhaussés, sont traversés par des filons de roches volcaniques de couleur sombre de type porphyrites, lamprophyres et andésites.

Enfin, datés du Permien, - 299 à 251 Millions d'années -, déterminés au travers de multiles coupes de terrain réalisées lors du traçage des routes, des lits de cendres volcaniques sont intercalés dans les couches continentales. Existait-il des volcans in-situ ou ces cendres et ces téphras résultent-ils d'éruptions volcaniques cataclysmiques s'étant produites à grandes distances dans les ultimes phases de la formation de la Pangée?

Au différent, aucune manifestation volcanique, alors que des coulées basaltiques se déversent, au Jurassique, - 199 à 145 Millions d'années -, dans les fonds sous marins d'une mer secondaire qu'occupe le « Grand Causse » de nos jours, n'est connue, au Mésozoïque, - 251 à 65,5 Millions d'années -, dans l'Hérault.

Mais pourquoi le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc dès le Miocène?


Les géologues considèrent que le Département de l'Hérault et le Bas Languedoc sont partie intégrante du Massif Central français par le fait qu'ils le bornent aux limites des terrains tertiaires du Carcassés au Sud, du Biterrois au Sud-Est, du Castrais au Nord-Ouest et du bassin permien de Saint-Affrique au Nord-Est. Ils étendent son territoire à un vaste ensemble hercynien, tel qu'il se présente à l'holocène, recouvrant 80.000 kilomètres carrés, environ 1/7° de la France.

Et comme ils admettent que des études géochimiques des laves basaltiques du Massif Central pourraient mettre en évidence des caractères classiquement identifiés au sein du volcanisme de « point chaud », ils en affirment que le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc est de même nature.

Mais il en est vite oublié que le sol français est, d'une part, une unification de plusieurs terranes, et, d'autre part, un « raccrochement », par son Sud-Ouest, - Bassin Aquitain -, son Sud, - Languedoc-Roussillon -, et son Sud-Est, - Provence et Côte d'Azur -, la chaîne Pyrénéo-provençale(2) en faisant l'union, entre deux continents.

Aussi, il se peut penser, quand la plaque tectonique Ibérique est rentrée, dans un mouvement dextre, en approche de la plaque Eurasienne, qu'il s'est produit un volcanisme de subduction, celui-ci s'étant ensuite mué en volcanisme fissural et, aux environs d'Agde, en volcanisme surtseyen...

Raymond Matabosch


Notes.

(1) La pétrographie est la science ayant pour objet la description des roches et l'analyse de leurs caractères structuraux, minéralogiques et chimiques.

(2) Les Pyrénées énigmatiques : Un enseignement dispensé suranné. Raymond Matabosch. 2008


 

Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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29 novembre 2010

Étang de Thau, monde d'absolu. Monde à part sur une terre à part.

A hauteur de Sète, il est difficile de résister au chant des sirènes et de ne pas succomber à l'appel de « l'ile singulière(1). » Ville natale de Georges Brassens, de Jean Vilar, de Paul Valéry..., la cité sétoise est un site touristique avec des quartiers pittoresques traversés par des canaux où se reflètent les façades colorées.

Mais la découverte du monde très particulier qui la côtoie est encore plus excitante. Le Bassin de Thau, là où les eaux douces rejoignent la lagune d'eau salée dans un mouvement créateur de richesse, est un monde à part dans un univers à part. Séparé de la Mer Méditerranée par la « baleine », le Mont Saint Clair, et un cordon littoral de sables fins et blonds, il s'enorgueillit d'un patrimoine écologique remarquable


Le Bassin de Thau, le plus grand étang du Languedoc-Roussillon.


L'étang de Thau, ou bassin de Thau, d'une superficie avoisinant les 7.500 hectares, est le plus grand étang de la région Languedoc-Roussillon. Ses eaux d'un bleu intense, véritable « mer intérieure », s'étendent, sur 20 kilomètres de long, depuis Balaruc le vieux jusqu'à la Pointe des Onglous à Marseillan, et 4 à 6 kilomètres de large. La largeur minimale, entre les pointes de Balaruc et du Barrou, est de 1.400 mètres. Mais, derrière son caractère tranquille, l'étang s'emporte, parfois, dans de brutales et violentes tempêtes, toujours extraordinaires.

Avec une profondeur moyenne de 5 mètres, il est aussi le plus profond des étangs languedociens qui n'excèdent pas les 3 mètres. Au large de Balaruc-les-Bains, le gouffre de la Bise, un entonnoir de plus de 100 mètres de diamètre, atteint une profondeur de 32 mètres. C'est une résurgence d'eau douce d'une température constante de 21° C. Elle draine une partie des eaux souterraines issues des collines calcaires de la Montagne de la Moure et du Causse d'Aumelas. Et certaines zones, situées à plus de 7 mètres de profondeur, sont parcourues par d'étranges séries de « cadoules(3) » dont l'origine reste encore inconnue.


L'étang de Thau est un étang tectonique, lieu de confrontation des eaux douces du bassin versant et des apports d’eaux marines.


Sa grandeur et ses profondeurs s'expliquent par la géomorphologie du secteur. Étant le synclinal d'un plissement dont l'anticlinal est la montagne de la Gardiole au nord-est, le réseau hydrographique se compose d’une dizaine de petits cours d’eau drainant le versant sud des massifs et des plateaux environnants et la plaine agricole avant de trouver leur exutoire dans l’Étang de Thau. L’essentiel de ce réseau possède un caractère non pérenne durant toute la période sèche.

En outre, c'est un étang tectonique avec une grande profondeur moyenne, de première ligne, en relation directe et permanente avec la mer par des graus à Marseillan, le Pisse Saume, et à Sète. Il ressort un volume d’échange d’eau important entre les deux milieux, avec théoriquement une salinité de type polyhalin en hiver et hyperhalin en été.


L'Étang des Eaux Blanches et son comblement à cause de la bêtise humaine.


Il se prolonge à l'est, près de Sète et Balaruc-les-Bains, sur 600 hectares, par l'étang des Eaux-Blanches, aujourd'hui partiellement comblé. Les raisons en sont simples, la main de l'homme ! Les eaux résiduaires urbaines et des boues des communes de Balaruc le Vieux, de Balaruc les Bains, de Frontignan la Peyrade et de Sète étant traitées à la station de traitement située dans la zone industrielle des Eaux Blanches à Sète, depuis 1972. Celles de la commune de Mireval sont, de même, traitées à la station de traitement située au lieu dit « Maupas » depuis 2001. Toutes ces eaux, plus ou moins dépolluées de leurs effluents organiques et chimiques, sont déversées dans cette partie d'étang favorisant son comblement.

En outre, le canal du Midi prolongé par le canal du Rhône à Sète, avec leurs apports alluvionnaires, au lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, débouchent dans l'étang de Thau. Une ceinture de végétation plus ou moins développée s'implante.et se développe et présente des « bandage » végétaux depuis le large vers les berges : les herbiers immergés, la végétation flottante et les « roselières » composées de roseaux, de scirpes lacustres, et de massettes. Les herbiers immergés sont dominés par les characées à l'origine de matelas denses et rêches. Les secteurs abrités hébergent, eux, une forte diversité floristique de potamots, d'élodées, de myriophylles …


Le Grand Étang, un site protégé au détriment de l'Étang des Eaux Blanches.


Dans sa partie centrale est le Grand Étang, d'une superficie de 6.900 hectares, propriétés du Conservatoire du littoral et réserve ornithologique protégée. C'est un écosystème complexe et précieux à préserver. L'étang joue un rôle régulateur vis-à-vis des crues des rivières, des inondations et des intrusions marines et il assure un rôle épurateur grâce à une importante activité biologique. Sa lagune et ses berges possèdent une remarquable capacité d'accueil d'oiseaux. Près de de 250 espèces y sont recensées.

 

Elles viennent y nidifier, s'y alimenter ou s'y reposer par milliers au cours de leurs migrations annuelles, avec des espèces rares comme le balbuzard pêcheur et la cigogne noire. Les flamants roses, les hirondelles, les avocettes ou les aigrettes « garzette » fréquentent le Grand Étang. L'hiver, des rassemblements de canards, de sarcelles, de milouins, de colverts ou de souchets s'y produisent. Des espèces remarquables y nichent comme l'échasse blanche et le gravelot à collier interrompu, l'alouette « calandrelle » ou le butor étoilé. Enfin, la diversité des milieux est favorable à la présence de nombreuses espèces de plantes, parfois rares et menacées.


Le Bassin de Thau et ses atouts touristiques et économiques.


Taquiné par les vents sous l'œil protecteur de sa majesté le Mont Saint Clair, l'étang de Thau s'est organisé une vie bien à lui dans l'intimité d'une vocation conchylicole héritée des romains qui consommaient les huitres en grande quantité et qui en faisaient commerce.

 

Ici, le soleil trempe ses rayons dans les eaux lagunaires et décline la palette des bleu-verts. Si la route ménage de belles perspectives sur les allées géométriques des parcs à huitres, elle révèle, aussi, un patrimoine à la richesse insoupçonnable.


Notes :


(1) « L'ile singulière », expression due à Paul Valéry, appelée aussi « l'île bleue », Sète est une ville à part, possédant une identité culturelle forte, avec ses traditions, sa cuisine, son jargon. Ville d'artistes, elle oscille inlassablement entre tradition et avant-garde.

(2) La « baleine », cetus en latin, la forme du Mont Saint Clair, vue de la mer, évoque, aux yeux des marins celle du cétacé.

(3) Les cadoules sont des buttes, de type tumulus, noyées sous l'étang de Thau.


Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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29 janvier 2010

L'Hérault, un fleuve fougueux. Plus qu'un fleuve, une âme.

 

L'Hérault, est un fleuve côtier long de 160 kilomètres. Il prend sa source sur le versant sud des Cévennes, sous le Mont Aigoual, à 1.288 mètres d’altitude au Plat Peyrot. Il parcourt le département du Gard puis traverse, du nord au sud, le département de l'Hérault auquel il donne son nom. Il termine son périple fluvial à Agde, illustre cité grecque, plus précisément au Grau d'Agde et à La Tamarissière où il se jette dans la Méditerranée.

L'Hérault reçoit de nombreux affluents dont l'Arre, la Vis, le Rieutord, la Buèges, le Lamalou, la Lergue, la Boyne, la Peyne, et la Thongue venant grossir ses eaux calmes. Son bassin versant s'étend, en comptant les bassins des affluents, sur 2.900 kilomètres carrés.

 

L'Hérault, un fleuve côtier méditerranéen.

 

Le torrent impétueux, sautant de cascade en cascade, dévale plus de 1.000 mètres de dénivelé sur ses dix premiers kilomètres. A Valleraugue, entrant dans une profonde vallée, le fleuve perd de sa fougue et de sa pétulance. Au fur et à mesure de sa progression, dans les garrigues calcaires, le relief devient moins accidenté et le climat Méditerranéen s’installe. Il coule ensuite lentement, déroulant ses méandres, et, à Agde, approchant de son embouchure, il devient en­core plus calme...

Comme tous les cours d'eau soumis aux irrégularités du cli­mat méditerranéen, l'Hérault est un fleuve capricieux. Il est coutu­mier des brusques augmentations de débit et des crues soudaines, souvent liées aux précipitations printanières et automnales dévalant du massif de l'Aigoual. Pour réguler ces débits monstrueux, souvent meurtriers, liés aux phénomènes pluviaux cévenols, pouvant dépasser 1.500 mètres cubes par seconde, des barrages écrêteurs ont été construits : l'un à Clermont-l'Hérault, sur le Salagou, l'autre à Vailhan, sur la Peyne.

 

Les gorges de l'Hérault, un lieu préservé et particulière­ment sauvage.

 

Après avoir dévalé les pentes granitiques raides et très escar­pées du Mont Aigoual, et pénétré dans le département de l'Hérault, près de Ganges, le fleuve et ses crues érodent les calcaires des Causses, creusant ainsi des gorges impressionnantes au fil des millé­naires. Véritable canyon, d’une profondeur variable de 200 à 300 mètres, incisé au cœur des garrigues, c'est à Saint Guilhem le Dé­sert qu'elles sont les plus étroites, les plus vertigineuses et les plus spectaculaires.

Dans un décor splendide, la saignée serpente depuis le Pont du Diable jusqu’aux abords de l'abbaye de Gellone. Les roches y paraissent avoir été déchirées, lacérées, taillées et sculptées par les burins d'un artiste fou adorateur de paysages sauvages. Et, jalonnées de marmites de géants et de gouffres impressionnants, les gorges, calmes ou colériques, offrent un spectacle fascinant.

 

Les paysages karstiques de la vallée de l'Hérault.

 

Le creusement du défilé de l’Hérault, au pied du Causse du Larzac, est un facteur déterminant de la formation de nombreuses cavités souterraines dans le karst dolomitique. En effet, les régions karstiques comportent des formes de relief, inter-dépendantes les unes des autres, bien particulières. De véritables paysages sont façonnés dans les roches solubles carbonatées : dolines et ouvalas, poljés et ponors, canyons, défilés et gorges, lapiés, crevasses et leisines, avens et gouffres, cavités et grottes, vallées sèches ou encore pertes et résurgences.

Des dizaines de kilomètres de réseaux se sont formés grâce à l'action de l'eau s'infiltrant dans les fractures de la roche, circulant dans les fissures et usant chimiquement, par l'effet de corrosion, ces anfractuosités. Témoignage du temps, les grottes de la Clamouse et des Demoiselles en sont les cathédrales.

 

Le fleuve Hérault, source de vie.

 

Une ceinture de grands arbres à feuilles caduques, certes étroite mais humide et fraîche, implantée tout le long du fleuve, en précise ses contours. Les frênes, les aulnes, les peupliers..., voire les platanes, par mimétisme avec les plantes des garrigues et les figuiers, s'y développent sans devoir s’adapter aux contraintes du climat méditerranéen.

Royaume de la truite fario, du vairon et du chabot, il est aus­si celui de la vipère aspic et du plus grand serpent européen, la cou­leuvre de Montpellier, et, sur les étangs de la Tamarissière, le do­maine privilégié des flamands roses ...

Ce qui est moins connu c'est que l'on trouve aussi de l'or dans le fleuve Hérault! Son nom, Auroris, au I° siècle avant Jésus-Christ, Aréror au Moyen Age, puis Hérault depuis 1790, en découle.

 

De tous temps, le fleuve Hérault a été un obstacle pour les hommes.

 

Cependant, de mémoire d'homme orale ou écrite, le fleuve, source de vie, a toujours représenté un obstacle. Pour le franchir, les hommes ont utilisé des gués, des bacs et... des ponts.

Le plus antique de ces ouvrages d'art connus est le Pont d'architecture romaine de Saint-Thibéry, avec ses 9 arches, le pont le plus long de tout le tracé de la Via Domitia. Il permettait le franchissement l'Hérault pour rejoindre l'antique Cessero. Le pont a été rui­né, en 1963, par une crue du fleuve.

Construit sous l'égide de deux abbayes, Anianes et Gellone, le Pont du Diable, sur la commune de Saint-Jean-de-Fos, marque l'entrée des Gorges de l’Hérault. Il est vieux de plus de mille ans et attire chaque année, en été, de nombreux touristes.

De nos jours plus de 50 ouvrages d'art enjambent le fleuve et, parmi les plus dignes d'intérêt architectural, ceux de Gignac, de Florensac, de Ganges, de Cazilhac, de Saint-Etienne-d’Issensac...

 

Les usages anciens du fleuve.

 

Tout au long des siècles, l’homme a utilisé l’eau du fleuve pour irriguer les terres, alimenter en énergie la minoterie et l’indus­trie textile, produire de l’électricité ou extraire des sables et granu­lats...

 

Dès le Moyen-âge, moteurs essentiels de la vie villageoise, une trentaine de moulins, fariners ou bladiers, à blé ou à huile, utili­sant la force motrice de l’eau, sont construits. Ils représentent le symbole de la puissance des seigneurs et ils attirent la population paysanne qui vient y moudre son grain contre redevance.

Dès le XIII° siècle, les trahandiers, tireurs de soie, s'ins­tallent dans d’anciens moulins, l’eau étant nécessaire au processus de transformation de la soie. La force motrice de la roue hydrau­lique, étant un facteur déterminant, ils pérennisent, ainsi, les fila­tures.

 

Le fleuve Hérault, un univers en dehors des temps.

 

La vallée de l’Hérault, bien plus qu’un simple cours d’eau, est une formidable curiosité naturelle. Le long de ses berges s’égrènent des sites historiques et d'intérêt culturel, - tels Anianes, Saint-Guilhem-le-Désert... -, et des monuments remarquables, des barrages hydrauliques et des bases nautiques...

Un petit patrimoine, témoin séculaire d’un territoire voué à la culture de la vigne et de l’olivier, - près de 3000 exploitations agricoles -, retrace le passé, représente le présent et préfigure l’ave­nir de toute une région aux mille visages.

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13:24 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Héraultaises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : languedoc-roussillon, hérault, fleuve | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

La vallée de la Buèges. Oasis au pied de la Séranne.

Paigairolles de Buèges, Saint André de Buèges et Saint Jean de Buèges, trois villages héraultais pleins de charme et imprégnés d'histoire...

Au pied de la Séranne, rempart naturel haut de 700 à 900 mètres derrière lequel s'étend le causse du Larzac, entourés de garrigues parfumées, trois villages, pleins de charme et imprégnés d'histoire, invitent à de belles et longues randonnées journalières.

Les vestiges du passé attestent d'une longue occupation de la vallée. Dolmens et menhirs, cercles de mégalithes mystérieux, vestiges de tombes de l'âge de pierre renvoient à la riche période préhistorique des causses que les vents jamais n'abandonnent. Les moines bénédictins des abbayes d'Aniane et de Gellone, - Saint Guillem le désert -, y fondèrent prieurés et églises romanes dès le Haut Moyen-Âge. Les nombreuses terrasses, puits et capitelles témoignent du labeur des paysans bouillonnants et pugnaces qui ont trouvé, au cours des siècles, dans la culture de la vigne et de l'olivier, l'essentiel de leurs ressources.

Dès la fin du XVIII° siècle, se développent la production de verre, la briquèterie, les fours à chaux et l'élevage du vers à soie.

 

La montagne de la Séranne

 

Longue de près de 25km, l'imposante barrière calcaire qui s'est formée sur une barrière de corail, domine, au Roc Blanc, à 942m d'altitude toute la région. Le Pic Saint Baudille, 842 mètres, surmonté d'un pylône-antenne assurant la télédiffusion pour une vaste partie de l'Hérault, en marque son extrémité Sud.

Paradis des amoureux de la nature et des grands espaces, les sentiers de randonnées, la sillonnant, sont nombreux et les balades de toute beauté. Le long des crêtes, la vue s'étend des salins d'Aïgues Mortes aux étangs littoraux, au Mont Aigoual et aux grands causses, au Nord, annonciateurs des premiers contreforts du Massif Central. Par temps clair, il n'est pas rare d'apercevoir le Mont Ventoux, le Canigou et les Albères.

 

Les sources de la Buègues.

 

La source de la Buèges qui a donné son nom à la vallée, est à l'écart du monde. Site rafraîchissant, et apaisant, un havre de paix et un petit coin de paradis à deux lieux du pittoresque village de Pégai­rolles de Buèges et de son hameau de Méjanel, le promeneur en jouit comme d'une vue de carte postale.

Résultat de la filtration que subit l’eau au coeur du massif de la Séranne, ses eaux sont turquoises et limpides. Point de départ et d’arrivée de nombreuses randonnées au coeur de la Séranne, la source de la Buèges est un site idéal pour goûter à la fraicheur d'une oasis de verdure détonnant avec le jaune des causses brûlés par le soleil.

 

La rivière Buèges.

 

La Buèges, étirée au coeur d'une profonde dépression, est une petite rivière issue des tréfonds des calcaires, prend sa source à partir d'une grande résurgence karstique. Cette eau de source est pure et fraîche toute l'année.

La Buèges, dont les rives renforcées par d'anciens endiguements délimitant les jardins, est traversée par d'anciens passages à gué autrefois indispensables. Plus loin sur le cours d'eau, s'échelonnent d'innombrables cascatelles de tuf qui, çà et là de par leur disposition et leur agencement harmonieux, créent une multi-tude de petits bassins, sorte de « gours » invitant à la baignade.

Comme nombres de rivières karstiques, la Buèges disparaît après quelques kilomètres en s'infiltrant à nouveau dans la roche calcaire poreuse, pour ne réapparaitre qu'en bordure de l'Hérault. Dans un repli discret et à la base d’une retombée du plateau du causse de la Celle entaillée par de vastes ravins, une dizaine de petites sources, les « Cents Fontaines » naissent, éparpillées sur plusieurs centaines de mètres.

 

Pégairolles de Buèges.

 

Fièrement campé sur un piton rocheux, le village médiéval est dominé par les vestiges de son château du XII° siècle dont il ne reste que la tour donjon. Véritable nid d'aigle, il contrôlait l'entrée de la vallée et représentait un poste de surveillance installé à la limite de trois comtés et de trois diocèses.

Son église paroissiale, ancienne chapelle castrale est un petit édifice à nef unique, sans chapelle Elle est encastrée dans le roc alors que son abside semi-circulaire domine le sol extérieur de plusieurs mètres. Elle constituait, de ce fait, une sorte de tour participant à la défense de l'enceinte extérieure du château.

Les ruelles caladées s'enroulent et se déroulent en épousant les formes des rochers. Elles sont bordées de maisons traditionnelles sachant garder leurs secrets.

 

Saint André de Buèges.

 

A Saint André de Buèges, l'habitat est dispersé dans des mas dont certains sont d'origine antique tel le mas Bombequiols, une bastide médiévale du XI° siècle.

Son église, témoin remarquable du premier art roman languedocien, est mentionnée dès l'an 804. Néanmoins, construit par les moines bénédictins de l’abbaye d’Aniane, lors de leurs entreprises de défrichement et d’évangélisation de la vallée, l’édifice primitif qui était situé au cœur d’une villa, a disparu au profit de l’actuel.

L'église Saint André, remarquable d'élégance, possède une nef de trois travées terminée par une abside en cul-de-four. Elle se caractérise par un portail, des arcatures, des dents d'engrenage et une corniche moulurée d'un listel et d'un cavet, témoins des lignes pures originelles de l'architecture lombarde.

 

Saint Jean de Buèges.

 

La vallée toute entière se découvre avec émerveillement.

Au pied du Roc Tras Castel, le village, en étroites ruelles sinueuses, grimpe à l'assaut de la pente, protégé par son château féodal, du XII° au XIV° siècles, orné d'un donjon carré, de belles tours et d'un corps de logis à baies à meneau.

Plus bas, l'église à nef romane à trois travées et une travée de chœur, joue de la pierre froide, gris bleuté, éclatée au pic, et de la chaleur du tuf. Deux clochers surmontent l’édifice cultuel : l’un, massif et agrémenté d’un campanile, l'autre coiffé d’une flèche, dit clocher des pénitents.

Le sol et le climat propice, alliés au savoir-faire ancestral offrent des vins aux bouquets subtils, des olives et une viande qui laissent, sur le palais, les agréables sensations d'un soleil parfumé aux senteurs du Midi..

 

Raymond Matabosch

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