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08 août 2012

Le Merapi, volcan javanais...

Le Merapi, volcan javanais...

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ISBN : 9782332508577

Aux Editions Edilivre

 

Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord/Nord-Ouest, et qui regroupe le Gunung Ungaran, – ou Oengaran –, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo, – ou Telomojo –, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, – ou Merbaboe –, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le Kajor et le Kopeng; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko...


08 Août 2012 © Raymond Matabosch

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27 février 2012

Le Merapi, volcan javanais.

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  par Raymond Matabosch                                       

 

Le Gunung Merapi, la « montagne de feu », est un stratovolcan indonésien, situé sur l'île de Java. A moins de 30 kilomètres au Nord de la ville de Yogyakarta, il érige son cône presque parfait. Il culmine à 2.911 ou 2.968 mètres au-dessus des forêts, des rizières et des champs. Ses pentes abruptes, entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs Est et Nord, sont couronnées par un dôme de lave. Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord-Nord-Ouest qui regroupe le Gunung Ungaran et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le kajor et le Kopeng, et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko.

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28 juin 2011

Un fort séisme de magnitude 6.4 frappe la province indonésienne de Papua.

Un fort séisme de magnitude d'ondes de volume (mb) 6.4 pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen (CSEM), de magnitude Locale (ML) 6.4 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'United States Geological Survey, (USGS) et d'intensité VII au foyer sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik (échelle MSK ou MSK64), a frappé la frange côtière Nord-Ouest de la province indonésienne Papua le 26 Juin 2011 à 12 h 16 Temps Universel, 21 h 16 Heure Locale.

6.4 Papouasie.jpg

Son épicentre, latitude 2.391° Sud et longitude 136.663° Est, se localise à 10 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Wonti, à 15 kilomètres au Sud-Sud-Est de Wainoei, à 25 kilomètres au Sud-Sud-Est de Kampung Sanggei, à 35 kilomètres au Sud-Est de Waren, à 40 kilomètres au Sud-Ouest de Barapasi, à 150 kilomètres au Sud-Est de Biak, à 172 kilomètres au Nord d'Enarotali, à 331 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Manokwari et à 447 kilomètres à l'Ouest de Jaya Pura.

Son hypocentre est estimé à une profondeur de10 kilomètres pour le CSEM et de 20.6 kilomètres +/- 4.9 kilomètres

Aucune alerte tsunami n'a été lancée par le Pacific Tsunami Warning Center (PTWC), centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique. Pour les autorités locales indonésiennes toujours taisantes et peu enclines à « donner » des informations, aucun décès ne serait à déplorer et aucun rapport de dommages corporels et matériels n'a été dressé.

Au cours des premières 12 heures suivant le séisme, quatre puissantes répliques, de magnitude comprise entre 5.4 et 5.0, d'hypocentre se rapprochant progressivement de la surface (40 kilomètres, 29 kilomètres et les deux derniers 10 kilomètres) ont été enregistrés.

 

La Papouasie.

 

 

La Papouasie, en indonésien Papua, est une province d'Indonésie, située en Nouvelle-Guinée occidentale qu'elle partage avec la province de Papouasie Occidentale partie extrême-occidentale de la Nouvelle-Guinée (péninsule de Vogelkop, « tête d'oiseau. ») Ces deux provinces n'en formaient qu'une sous le nom d'Irian Jaya Barat jusqu'en 2003.

Elle est la province la moins peuplée d'Indonésie : 761.000 habitants enregistrés lors du recensement de 2010.

6.4 Papouasie, Intensité du séisme.jpg

Les habitations y sont entièrement constituées d’une charpente de poteaux et de traverses de bois maintenus par des liens végétaux, quels que soient les matériaux des parois et des couvertures. Elles sont sans fondation. Leurs toitures sont composées de perches (faîtage, sablières, voliges et chevrons) posées sur des piquets plantés dans le sol, qui forment autant de poteaux de fond. L'ensemble de troncs et de tiges d’arbres est solidement maintenu par des ligatures de lianes

De telles constructions ne sont pas adaptées aux risques séismes et il ne fait aucun doute que le séisme de forte magnitude 6.4 (destructeur causant des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones allant jusqu'à un rayon de 180 kilomètres autour du foyer) et d'intensité VII à l'épicentre, n'a pu être que destructeur et a dû causer de nombreuses victimes.

 

Tectonique de l'île de Nouvelle Guinée.

 

La Papouasie Nouvelle-Guinée et les territoires indonésiens de l’Iran Jaya Timur, de l’Iran Jaya Tengah et de l’Iran Jaya Barat, formant l’île de Nouvelle Guinée, et leurs îles et îlots attenants, ainsi que les îles Solomon, situés sur « la ceinture de feu » du Pacifique, à la jonction de plusieurs plaques tectoniques, sont régulièrement le théâtre de secousses sismiques.

En effet, le Pacifique Sud-Ouest est la région de contacts entre deux plaques tectoniques, la plaque Australienne et la plaque Pacifique. La plaque Pacifique passe sous la plaque Australienne, subduction, entre la Nouvelle-Zélande et les îles Samoa, le long de limites de plaques dénommées Tonga-Kermadec. La plaque Australienne passe en subduction sous l’Arc des Nouvelles Hébrides et des îles Salomons.

Au niveau de la Nouvelle-Guinée, avec la présence de nombreuses micro-plaques (les plaques Carolines, Bismarck Nord et Sud, Manus, Mer des Salomons, Woodmarck, Maoke, Birds Head, Mer de Banda, Timor, Mer des Molluques et Philippines, avec des directions de déplacement différentes) incises, comme des coins, entre les deux blocs (Plaques Pacifique et Australienne), les limites de plaques deviennent très complexes. Les vitesses de subduction dans cette partie du monde sont de l’ordre de 10 centimètres par an, avec un maximum de 24 centimètres par an au Nord des Tonga.

 

Séismicité de la Papouasie.

 

La Province de Papouasie se trouve sur le Pacifique « Ring of Fire», où la rencontre de plaques continentales provoque une forte activité sismique. Située le long de la fosse de subduction fossile de Manus, du système fosse active de Nouvelle Bretagne et suture plissée et chevauchante de Papouasie-Nouvelle Guinée et d'une ride volcanique tertiaire part de l'arc séparant les plaques Australie et Pacifique, démembré par l'ouverture du bassin de Manus depuis environ 4 millions d'années, elle est fréquemment frappée par des séismes et des tsunamis.

Raymond Matabosch.

Publié le 27 Juin 2011 sur :

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19 février 2011

Trois musulmans Ahmadis sauvagement assassinés en Indonésie

Trois musulmans Ahmadis ont été tués lors d'une attaque d'un barbarisme sans précédent suivie d'un lynchage d'une extrème violence, en Indonésie, le Dimanche 06 Février 2010, sous le regard impassible des policiers animés d'une étrange et inhumaine passivité.


 

La communauté ahmadie, prêchant un Islam non-violent et ouvert à l'interprétation, est un mouvement islamique considéré comme une secte par l’islam traditionnel et comme une hérésie abominable aux yeux des extrémistes musulmans.

Brandissant des machettes, des lances, des couteaux et autres armes, une foule composée de 700 à 1.000 personnes a pris d'assaut le centre local de la communauté musulmane Ahmadi, à Cikeusik, en Indonesie. Outre trois morts, cinq autres pratiquants de la religion musulmane Ahmadi ont été gravement blessés. Une maison, deux voitures et une moto appartenant à d'autres membres de la communauté Ahmadi ont été brûlées.

Bien qu'ayant été prévenue plusieurs jours avant l'événement, bien que présente sur les lieux des agressions sauvages et bien que le gouvernement indonésien et les autorités locales, indépendamment de la religion, aient pour mandat de protéger tous les citoyens, la police locale n'a pas empêché la foule de lyncher les musulmans Ahmédis qui s'étaient réunis dans la maison de leur imam. Jusqu'à présent, aucun des assaillants n'a été arrêté.


Les Ahmadis sont 20 millions dans le monde, plus de 4 millions au Pakistan et 200 000 en Indonésie. Ils prient dans des mosquées et les prêches de leurs imams s’appuient sur le Coran, mais les extrémistes islamistes et certains islamistes se disant modérés leur interdisent de se proclamer musulmans. Déjà, le 28 Mai 2010, à Lahore, dans l'est du Pakistan, un commando islamiste  avait pénétré dans la plus grande mosquée Ahmadie. Près d'une centaine de musulmans Ahmadis avaient payé, de leur vie, leur différence, et 125 avaient été gravement blessés et mutilés.


Ces « affaires » abjectes où, sous couvert de la religion détournée de son but premier, des hommes musulmans s'autorisent à assassiner d'autres hommes musulmans, me remémore un écrit de l'auteur Edouard Glissant « La Pensée Unique frappe partout où elle soupçonne de la diversité... »

En effet, dès l'instant où un groupe refuse de se soumettre à la Pensée Unique prônée par l'Islam, c'est un ennemi à abattre et qu'importe qu'elles en sont les raisons de cette différence... c'est la différence même qui est en cause.

En ces temps de crise, à cause de ce qu'il suppose être son malheur, l'homme et son esprit obtus, bien plus entraîné par les prêches subversifs des extrémistes, a tendance à chercher des boucs émissaires et c'est très logiquement qu'il s'en prend aux minorités. Il est effectivement bien plus facile de fédérer la haine autour de groupuscules ou de personnalités, soient-elles autocrates, qui énoncent d'autres idées et d'autres vérités, des vérités aussi vraies que celles prônées par la Pensée Unique, que de la fédérer contre ses semblables à qui l'on a promis le paradis s'ils meurent en martyrs.

Quel est le crime des victimes? Concernant les Ahmadis c'est de croire à une autre vérité, ailleurs ce sera d'être malade, infirme, homosexuel, adversaire politique, cadre, patron, athée, païen, de religion autre, etc... etc.. ou d'avoir une couleur de peau ou une gueule, etc... etc... qui ne reviennent pas à certains.

L'homme a beau avoir posé le pied sur la lune et être capable des plus belles prouesses techniques, son instinct naturel fait et fera, de lui, encore pour longtemps, le plus abject, le plus avili, le plus ignoble, le plus ignominieux, le plus infâme, le plus sordide, le plus ordurier, le plus vil, le plus couard... en fait le plus honteux, le plus idiot et, en langage châtié, le plus con et le plus merdeux des animaux.

14:46 Écrit par catalan66270 dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, ahmadi, extrémisme islamique, indonésie, pakistan, assassinats, lynchages, agressions barbares | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30 novembre 2010

Le volcan Merapi sur l'île de Java...

Code 0603-25

Localisation : Latitude 7.542° Sud et Longitude 110.442° Est,

Stratovolcan, altitude 2.968 mètres, Java, Indonésie.

 


Grande effervescence, mardi 26 Octobre 2010, dans toutes les rédactions, presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. Pour toutes, et hors toute réalité volcanologique, une constatation évidente et un amalgame de mauvais aloi : Faisant suite au séisme, magnitude 7.7, du lundi 25 qui avait frappé les îles des Mentawai et généré un tsunami au bilan humain significatif avec 413 morts et des centaines de disparus, « le volcan Merapi, l'un des plus actifs et dès plus dangereux au monde, situé à 26 kilomètres de la ville de Yogyakarta, dans le centre de l'île de Java, est entré en éruption, expulsant, à trois reprises, à plus de 1,5 kilomètres d'altitude, des matériaux incandescents, des nuages de gaz, des cendres et de fumées toxiques, des nuées ardentes et de la lave sous forme de coulées pyroclastiques(1), au lendemain de l'ordre d'évacuation édictée aux 19.000 habitants vivant sur ses flancs. »


 

Le volcan Merapi.

 

Le Gunung Merapi, la « montagne de feu », est un stratovolcan indonésien, situé sur l'île de Java. A moins de 30 kilomètres au Nord de la ville de Yogyakarta, il érige, dominant une des régions le plus densément peuplées du monde, son cône presque parfait. Il culmine à 2.911 ou 2.968 mètres au-dessus des forêts, des rizières et des champs. Ses pentes abruptes, entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs Est et Nord, sont couronnées par un dôme de lave.


Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord-Nord-Ouest qui regroupe le Gunung Ungaran, - ou Oengaran -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo ; - ou Telomojo -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, - ou Merbaboe -, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le kajor et le Kopeng ; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko.

 

Le volcan Old Merapi ou proto-Merapi.

 

Au cours du Pléistocène, - 2,5 Millions d'années à -11.000 ans -, très probablement dès le Pleistocène inférieur, - de -1.8 Millions d'années à -780.000 ans - le Old Merapi, - ou proto-Merapi -, a commencé à s'édifier et a perpétué son activité jusqu'au début du 2° Siècle après J.C. Durant l'Holocène, - de -11.000 à -1.800 ans -, et le premier millénaire de l'Antropocène, - de -1.800 ans à nos jours - de nombreuses éruptions explosives avec coulées pyroclastiques, déterminées comme émanant, majoritairement, du cratère central et, accessoirement, de cônes secondaires tels le Bakalan, le Ngrangkah ou le Tegalsruni, datées par la technique du radiocarbone, y sont attestées suite à des études réalisées sur les rares coulées basalto-andésitiques, les flux pyroclastiques et les dépôts de lahars attenants à cette période. Les manifestations les plus significatives se sont produites en -8780 ± 150 ans, -7310 ± 300 ans, -4690 ± 75 ans, -2910 ± 150 ans, -1890, -1770 ± 75 ans, -1410 ± 50 ans, -1180 ± 75 ans, -1010 ± 200 ans, -700 ± 150 ans, -340 ± 500 ans, 20 ± 300 ans et 120 ± 75 ans. Ainsi il peut s'en convenir que le Old Merapi était un édifice volcanique très actif.


Mais en l'an 120 ± 75 ans, une éruption explosive d'une extrême violence, déterminée dans le cratère central, d'indice d'explosivité volcanique 6-7(2), - VEI – de type au moins Plinien voire Plinien-Ultra-Plinien, déclenchant un flux pyroclastique composé, d'une part de gaz, de cendres et de débris de roches qui s'étaient élevés à plusieurs kilomètres d'altitude qui, en retombant, avait recouvert des centaines de kilomètres carrés, d'autre part, de nuées ardentes qui dévalèrent les pentes et détruisirent tout sur leur passage, et, enfin, les étendues d'ignimbrites. Concomitammant, son cône se désintégra, créant une caldeira monumentale, ce qui provoqua une avalanche de matériaux qui ensevelit toute la région sous de dizaines de mètres de débris.

 

Tout comme l'actuel Merapi, le Old Merapi était un volcan gris.

 

Un volcan gris se situe, généralement, à l'aplomb d'une zone de subduction ou de subduction-collision, telles celles qui existent tout autour de l'Océan Pacifique, - le Pacific Ring of fire ou Ceinture de Feu du Pacifique -, en Méditerranée, aux Antilles, etc... Ces édifices volcaniques sont de type explosif et émettent des laves visqueuses généralement basalto-andésitiques. Ces émissions laviques ne s'épanchent que très rarement en coulées, et s'il s'en produit celles-ci sont de faible longueur et de peu d'ampleur. Au différent, les laves s'accumulent au point de sortie et forment soit une aiguille soit un dôme de lave plus ou moins instable qui, sous le poids incommensurable de la masse amoncelée, s'effondre ou explose en partie, voire en totalité.


Et c'est sur ce type de volcan que se génèrent, en terme d'Indice d'explosivité volcanique, les plus fortes éruptions. Au cours d'un événement paroxysmal, - VEI 5 -, ou colossal, - VEI 6 à 8 -, l'édifice, en son entier, peut être totalement néantisé, entraîner, violemment et rapidement, la dispersion de la partie supérieure de la chambre magmatique, et provoquer l'effondrement de la croûte terrestre, donnant, alors, naissance à une caldeira souvent gigantesque. Une telle explosion, il y a environ 73.000 ans, fut à l'origine de la formation du lac Toba, - 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large -, sur l'île de Sumatra, 2.800 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques éjectés. Plusieurs successives, vers -2.1 millions d'années, une caldeira de 95 kilomètres de long et 60 kilomètres de large, 2.500 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , vers -1.3 millions d'années et une caldeira de seize kilomètres de diamètre, 280 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques, et vers -640.000 ans, une caldeira de 85 kilomètres de long sur 45 kilomètres de large, 1.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , sont à l'origine de la super caldeira du « supervolcan endormi de Yellowstone », Wyoming, aux États-Unis. Et, plus proche de nous, le volcan Krakatoa, - ou Krakatau -, surtout connu pour son explosion du 27 août 1883, une des plus violentes de mémoire d'homme, qui tua plusieurs dizaines de milliers de personnes et engendra un tsunami dont les vagues furent alors perceptibles jusqu'en Europe, faisant suite à l'éruption explosive de 535, d'une puissance d’environ 400 mégatonnes de TNT - soit 2000 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima -, qui aurait laissé une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, l’actuel détroit séparant les deux îles de Java et Sumatra, et au coeur de laquelle est né, entre les anciens cônes du Krakatau, de Perboewatan et de Danan, en 1927, lors d'une éruption surtseyenne avec des propulsions de blocs à plus de 1.200 mètres d'altitude, l'Anak Krakatau.


Il ne faut pas en oublier, le Lac Taupo, sur Île du Nord, en Nouvelle-Zélande, et l'éruption d'Oruanui il y a 26.500 ans environ, 1.170 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques ; la Caldeira La Garita, Colorado, aux États-Unis, - 27,8 millions d'années, 5.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques - ; les Caldeira d'Aira et d'Aso, Kyūshū, au Japon ; la Caldeira du Duomo, le 24 Août79, à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, et le Champs Phlégréens, Campanie, en Italie, un zone toujours active avec un soulèvement du sol de 2 mètres depuis 1970 ; le Laacher See, Rhénanie-Palatinat, en Allemagne ; la Caldeira Kikai, îles Ryūkyū, au Japon ; la Caldeira de Long Valley, Californie, aux États-Unis qui, avec 30 kilomètres de long sur 18 kilomètres de large, est l'une des plus grandes et dont l'activité sismique, - séisme de magnitude 6 en 1998 -, volcanique, - dégazage de 133 tonnes de gaz carbonique par jour avec disparition de la végétation et déformation du sol de 10 centimètres par an -, et hydrothermale y est importante depuis 1980 ; la Caldeira de Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; la Valle Grande, Nouveau-Mexique, aux États-Unis.... et, en France métropolitaine, l'immense volcan du Cantal, implanté dans une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, qui s'est formé, -13 millions d'années, suite à une telle explosion...

 

Le volcan Young Merapi.

 

L'activité du Old Merapi s'est achevée, il y a environ 2.000 ans, vers l'an 120 ± 75 ans, avec l'explosion et l'effondrement de l'édifice majeur donnant forme à une caldeira sur le bord de laquelle se situait le volcan de Batulawang, un volcan plus ancien et fort érodé.

C'est au Sud-ouest de cette caldeira, morphologiquement une grande dépression en forme de fer à cheval, qu'entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, le Young Merapi, - ou Nouveau Merapi -, prenait naissance et, la comblant rapidement, asseyait la croissance de son cône aux pentes raides, abruptes et escarpées. En lui-même, le Mérapi est un volcan complexe. Stratovolcan aux colères meurtrières, aux catastrophiques avalanches gravitaires et aux terribles nuées ardentes, accompagnées de séismes caractéristiques et de déformations importantes au sommet, avec un rythme d'éruption tous les deux à quatre ans, tout un ensemble d'édifices éruptif le complète : cônes du stratovolcan Merapi Batuwalang culminant à 2.551 mètres, du Gunung Bibi, 2.025 mètres,du Gunung Plawangan, 1.275 mètres, et du Gunung Turgo, 1.250 mètres ; cratère fissural du Pasarbubar ; dôme Batang, 2.600 mètres ; et bouches fumerolliennes et thermales Kawah Gendal et Kawah Woro.

Depuis des décennies, voire depuis des millénaires, tout comme ce l'était pour son prédécesseur le Old Merapi, son cratère sommital est engorgé par un dôme de lave basalto-andésitique et andésitique à forte teneur teneur pondérale en silice, riche en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, - hornblende brune, pyroxènes... -, pâteuse et de couleur gris-noir à noir, un dôme qui, tout comme un sporophore, pousse sans relâche. Sous le poids de la masse créant des brèches impressionnantes dans l'édifice instable, régulièrement, le dôme branle, chancelle, bascule et culbute dans le vide générant des avalanches incandescentes spectaculaires et, parfois, de monstrueuses et redoutables nuées ardentes qui dévalent les pentes du Merapi et détruisent tout sur leur passage. Les plus de 400.000 habitants vivant sur les flancs de la Montagne de feu, et à ses pieds, en connaissent les risques et les acceptent. Cette épée de Damoclés, suspendue au-dessus de leur tête, est, en quelque sorte, leur prix à payer pour pouvoir profiter de la fertilité des sols nourris par les cendres volcaniques émises épisodiquement par le volcan considéré, par les javanais, comme un lieu sacré demeure des maîtres spirituels protégeant le royaume.

 

L'activité du Volcan Young Merapi.

 

Depuis le début de son édification, entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, et les temps présents, le Young Merapi a connu 87 éruptions explosives, toutes, exceptées celle de 410 ± 150 ans évent Plalangan, 940 ± 100 ans évent Selo, 1230 ± 200 ans évent Deles, 1380 ± 300 ans et 1480 ± 300 ans évent Sambisari, 2 Septembre 1846 sommet et flanc Sud-Est, 26 Janvier 1906 ± 5 jours sommet et flanc Est, 01 février 1909 Ouest du dôme de lave, et 12 Janvier 1967 brèche supérieure du dôme Batang, de type cratère central, dont 81 attestées scientifiquement, 5 incertaines et une, en 1006, bien que mentionnée au titre de « mahapralaya », - grande catastrophe -, sur la Pierre de Calcutta(3), discréditée et invalidée par les volcanologues.


Mais depuis le 8 Janvier 1548, première éruption explosive centrée sur la partie sommitale de l'édifice, avec coulées pyroclastiques, observée par des européens, 68 jaillissements volcaniques se sont produits dont 26 concernent le XX° Siècle et le début du XXI°.

Ces derniers se répartissent ainsi :

- 5 éruptions explosives du cratère sommital : le 19 Mai 2008, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Janvier 1971 au 26 Juillet 1971, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Septembre 1923 à Novembre 1923, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; en 1908, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; le 03 Février 1903, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 2 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques et extrusion du dôme de lave : le 10 Septembre 1924, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 28 Mars 1915 au 15 Mai 1915, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 9 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars : du 20 Janvier 1992 au 19 Octobre 2002, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes ; du 29 septembre 1948 à Décembre 1948, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1 million de mètres cubes ; 30 Mai 1942 à Mai 1945, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 million de mètres cubes ; du 13 Décembre 1939 à Septembre1940, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ; du 01 Octobre 1933 à Avril 1935, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ; en Novembre 1932, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 18 Février 1922 au 08 Août 1922, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1million de mètres cubes ; du 01 Février 1909 à Mai 1913, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 8 millions de mètres cubes ; de Janvier 1905 au 01 Juin 1905, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;


- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : de mars 2006 au 09 Août 2007, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ;

- 6 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 10 Octobre 1986 à Août 1990, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 6,8 millions de mètres cubes, 60 victimes recensées ; du 11 Avril 1961 au 28 Novembre 1961, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions mètres cubes ; du 3 Mars 1953 à Décembre 1958, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 9,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 15 millions de mètres cubes, 54 victimes recensées ; du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées ; du 25 Juillet 1920 à Février 1921, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de tephra supérieur à 900 mètres cubes ; de Décembre 1902 au 20 Juin 1904, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 million de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, avalanche de matériaux volcaniques, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 06 Octobre 1972 à Mars 1985, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 2,1 millions de mètres cubes, 26 victimes recensées ;

- 1 éruption explosive dans le cratère fissural du Batang, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 12 Janvier 1967 à 1970, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive au sommet et sur le flanc oriental, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 26 Janvier 1906 au 17 Février 1907, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2 , volume de lave supérieur à 10 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 5 millions de mètres cubes.

En cela le Young Merapi est considéré comme le volcan le plus actif et le plus meurtrier, au plan historique, d'Indonésie. Aussi est-il l'objet d'un contrôle continu et permanent par le Merapi Volcano Observatory, - le MVO ou Observatoire Volcanologique du Merapi -.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010 est-elle dépendante du séisme ayant frappé les Îles des Mentawaï ?

 

« Indonésie : Éruption du volcan Merapi après le séisme de Sumatra... Le volcan indonésien Merapi, situé sur l'île de Java, est entré en éruption mardi, quelques heures seulement après un séisme de magnitude 7,7 qui a déclenché un tsunami faisant au moins 413 morts et des centaines de disparus sur la côte de Sumatra... », ainsi s'exprimaient, en termes plus ou moins semblables, dès le 26 Octobre, tous les médias... et colportaient le fait controuvé que l'éruption volcanique était, tout comme pour le tsunami, la résultante du séisme...


Certes les Îles des Mentawaï se situent dans l'Océan Indien, au large des côtes Ouest de Sumatra, en Indonésie, et le séisme du 25 Octobre 2010, magnitude 7.7, se localise au Nord-Est de la Fosse de la Sunda, sur le Mentawaï Ridge, profondeur 20 Kilomètres s'incisant sur le plan de Wadati-Benioff(4) ; le volcan Merapi, se situe sur l'Île de Java, en Indonésie, à l'Est de la dite Fosse de la Sunda, à quelques 300 kilomètres de celle-ci, et, à ce niveau, la profondeur du Plan de Wadati-Benioff est estimée à 170 kilomètres. Mais le Merapi se circonscrit à plus de 1.000 kilomètres au Sud-Est des Îles des Mentawaï et de l'épicentre du séisme sus-cité.

Certes le Merapi fait partie intégrante de l'Arc volcanique de la Sunda, un arc s'étendant sur plus de 2.000 kilomètres, - les Îles de Sumatra, de Java, de Bali, Lombok, Sumbawa, Flores -, et, tout comme les Îles des Mentawaï, partie intégrante de l'avant-arc, - une chaîne de reliefs composée de 131 îles, îlots et rochers séparés de l'Île de Sumatra par le détroit de Mentawaï. Les principales îles en sont les Îles Simeulue, Nias, Batu et Mentawaï. Cette chaîne ressurgit plus à l'est pour former les chaînes montagneuses de Sumba et du Timor -, il se situe en surplomb de la convergence de deux plaques tectoniques, la plaque Indo-Australienne subductant sous celle de la Sunda qui porte le plateau continental englobant les Îles de Sumatra et de Java, et le plateau océanique de Nias supportant l'avant-arc. Mais, à la différence du plateau continental de la Sunda possédant toutes les propriétés d'un continent, - lithologie acide, forte épaisseur de la croûte continentale, histoire géologique -, le plateau océanique de Nias, quasi-inexistant à l'ouest de l'île de Sumatra, - dans la zone de subduction ou la plaque océanique plonge sous la croûte continentale - , est, de plus, en conflit avec le plateau asiatique sous lequel il s'enfonce à la vitesse de 5,2 centimètres par an. En outre, au différent de l'Île de Java, le plateau océanique de Nias est incluse dans un système orogénique.


Certes, les Îles des Mentawai et les Îles de Sumatra et de Java se situent dans une zone sismique et volcanique sensible où les subductions s'y succèdent depuis le Dévonien, - période dominée par la formation du super-continent Gondwana dans l'hémisphère Sud, l'ensemble des océans étant en phase de fermeture -, le Carbonifère et le Permien, - système géologique où toutes les masses de terre, à l'exception d'une portion de l'Asie du Sud-Est, se sont agglomérées en un seul super-continent appelé Pangée. - Mais si la convergence, au niveau des Îles des Mentawaï, à une vitesse de 5,9 centimètres par an, se réalise dans un axe Sud-Ouest/Nord-Est, celle-ci est quasi frontale, vitesse de 6,5 centimètres par an, au niveau de l'Île de Java.


 

Les prémices de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Dès le 22 septembre 2010, le Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - le C.V.G.H.M. -, et le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi, - le P.V.M.B.G. -, avertissent que la sismicité, autour et dans l'édifice du Young Merapi, décelée depuis le début du mois de Septembre, tant dans la fréquence des secousses que dans leur magnitude, est en constante progression. Des observateurs postés, certains à Babadan, 7 kilomètres à l'Ouest de l'édifice volcanique, d'autres à Kaliurang, 8 kilomètres au Sud, signalent, le 12 Septembre, avoir entendu le grondement sourd d'une avalanche de matériaux volcaniques dévaler les flancs du volcan. Mais difficile en est d'en déterminer l'origine : celle-ci avait-elle était provoquée par un séisme dont l'hypocentre se serait situé dans la corps du bâti vulcanien ? Ou par une poussée du magma andésitique engorgeant la sortie du cratère ? Des questions auxquelles il est inadéquat, les deux hypothèses pouvant s'avérer plausibles, d'y répondre.


En effet si la sismicité est croissante, l'inflation du dôme de lave, découverte dès le mois de Mars, est, parallèlement, en accroissement au niveau basal. Cette inflation varie entre 0,1 et 0,3 millimètres jours et, inéluctablement, presse sur le dôme en lui-même, fragilisant le haut de l'édifice, créant des fissures sur ses bords, le rendant, de fait, instable et branlant. Conséquence directe, laissant à penser à un éboulement sommital partiel, le 13 septembre 2010, des plumes, composées de gaz et de matériaux volatiles, de couleur, pâle sont aperçues s'élevant, en une colonne de 800 mètres de hauteur, au-dessus du cratère. Bien plus, le 16 Septembre, sous une grosse poussée magmatique, l'inflation croît, brutalement, de 11 millimètres.

A partir du 19 Septembre jusqu'à la fin du dit mois, et tout le long de celui d'Octobre, la fréquence des tremblements de terre, en alternance avec des plumes volcaniques qui s'échappent du sommet du cratère, un dégazage permanent et une inflation galopante, atteignant des niveaux de 8,5 centimètres jour, du dôme de lave, est en continuelle augmentation et les secousses, aux magnitudes variant entre 2.0 et 3.5, se centralisent, en essaims, au niveau basal du volcan. Le 20 septembre, le C.V.G.H.M., élève le niveau d'alerte volcan, - sur une échelle de 1 à 4 ou, suivant les pays, de 1 à 5 -, au niveau 2.

 

Aux veilles de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

D'après le « Djakarta Globe », le vendredi 22 Octobre 2010, 7 séismes profonds, 34 séismes volcaniques superficiels et 321 séismes volcaniques multiphases sont enregistrés, 93 épisodes émissifs de coulées laviques sont constatés et l'inflation du dôme de lave, de 8,5 centimètres, le mercredi 20 Octobre, croît à 16 centimètres. De fait, le C.V.G.H.M. relève le niveau d'alerte volcan de 2 à 3 sur une échelle de 4. Simultanément, les autorités locales prennent les dispositions drastiques qui s'imposent, interdisant toute circulation sur les routes menant au volcan, délimitant une zone d'interdiction de 8 kilomètres de rayon avec, pour centre, le cratère sommital et obligeant les habitants, vivant sur les flancs du Young Merapi, à déserter leurs villages, à se replier au-delà de cette limite, et, surtout, à s'écarter des couloirs de drainage des flux pyroclastiques.


Le volcan est célèbre pour les effondrements cataclysmiques de son dôme de lave qui génèrent des coulées pyroclastiques transitant sur des distances plus ou moins égales à 6,5 kilomètres, les touristes sont déclarés « persona no grata » dans la zone interdite et les mineurs de sable doivent cesser, impérativement, leurs activités. Parallèlement, les autorités envisagent l'évacuation de la zone et s'activent à préparer les routes en vue d'une telle alternative. Les volcanologues attachés au Merapi Volcano Observatory, - Observatoire Vulcanologique du Merapi -, redoutent, après celle de Mars 2006 au 09 Août 2007 ayant entraîné évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations, une nouvelle éruption engendrant des coulées de lave sur 24 kilomètres de longueur, et des coulées pyroclastiques conséquentes qui pourraient lécher les abords de la ville de Yogyakarta, au Sud du volcan, distante de plus ou moins 26 kilomètres.

Les 23 et 24 Octobre, les coulées de lave commencent à affluer dans la Vallée de la rivière Gandol, laissant présager la probabilité d'une éruption imminente. En corrélation avec l'éruption explosive de 2006, le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi constate que les distensions provoquées par l'inflation galopante du dôme de lave est plus rapide cette fois-ci et l'accumulation de gaz aérosols impliquent une pression plus importante pouvant aboutir à une éruption explosive de type de celle qui s'est produite du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 13 villages anéantis et un bilan catastrophique de 1.400 victimes recensées.


Concomitammant, au lieu des 321 séismes volcaniques multiphases mémorisés le vendredi 22 Octobre, le samedi 23, 525 sont enregistrés et le dimanche 24, ce nombre est de 672, et les jaillissements de lave augmentent, passant de 93 à 183, le samedi et, avec un taux d'inflation du dôme de lave de 42 centimètres, à 217 épisodes laviques le dimanche. Toutes les suppositions sur le type d'éruption sont émises : soit une une éruption Péléenne avec des coulées pyroclastiques et des ruisseaux de lave, soit une éruption Plinienne, - ou Vesuvienne -, beaucoup plus explosive, éjectant cendres, roches et matériaux volcaniques à plus de 25 kilomètres d'altitude, avec ou sans coulées pyroclastiques. Une seule certitude en est : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006, mais nul ne peut savoir, en date du 24 Octobre, malgré l'éminence de l'aléa volcanologique, quand le volcan entrera en éruption et combien de millions de mètres cubes de matériel volcanique il vomira. »

Le 25 octobre 2010, sur sollicitation du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - plus de 650 séismes multiphases le dimanche 24 Octobre et plus de 350, dont un de magnitude supérieure à 5,5 sur l'échelle ouverte de Richter, en moins de 12 heures le lundi, et une colonne de lave s'élevant à environ 1 kilomètre d'altitude au dessus du cratère sommital -, le gouvernement indonésien élève l'alerte au niveau 4 : éruption imminente. Les villageois, vivant dans un rayon de 10 kilomètres autour du volcan, environ 19.000 personnes, concernées dans un premier temps, sont sommées d'évacuer les régions menacées.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Contrairement à ce qui a pu être annoncé par les médias, ce n'est pas le mardi 26 Octobre 2010 mais la veille, le lundi 25, que le Young Merapi est rentré en éruption par le truchement de trois épisodes explosifs majeurs, à 07 h 04 Temps Universel, - 14 h 04 Heure locale -, 07 h 24 Temps Universel, - 14 h 24 Heure Locale -, et 08 h 15 Temps Universel, - 15 h 15 Heure locale -, avec épanchements de coulées laviques qui ont atteint les bases des flancs méridionaux et sud-orientaux. Ce même jour, 222 événements sismiques volcaniques superficiels et 454 événements sismiques multiphases déclenchant, pour certains, des avalanches de matériaux et des flux pyroclastiques sont enregistrés par le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation.


Pour seule information, déniant, de fait, les assertions des gazetiers affirmant le contraire, le séisme de magnitude du moment révisée de 7,5 à 7.7 ayant frappé au large des côtes Sud-Ouest du Pulau Sibarubaru, dans le Kepulauan Mentawai, en Indonésie, s'est produit, le même jour, à 14 h 42 Temps Universel, - 21 h 42 Heure Locale -, soit plus de 7 heures après la première éruption majeure ayant, elle, affecté le Young Merapi. Comme quoi, avant d'être véhiculées et jetées en pâture aux lecteurs majoritairement candides, les informations et les « scoops » médiatiques mériteraient d'être réellement vérifiés, contrôlés et corrigés. Une erreur parmi tant d'autres mais, en définitive, une somme d'erreurs commises journellement, sur nombre d'événements, s'accumulant et portant total discrédit à la caste journalistique.

 

Chronologie des événements éruptifs du mardi 26 octobre 2010.

 

Les éruptions, - de type plinien ? ou vulcanien ? -, débutent, le mardi 26 Octobre 2010, à 10 h 02 Temps Universel, - 17 h 02 Heure locale -, et plusieurs suivent à 10 h 18 Temps universel, - 17 h 18 Heure Locale -, 10 h 23 Temps Universel, - 17 h 23 Heure Locale -, 10 h 30 Temps Universel, - 17 h 30 Heure Locale -, d'une durée de 2 à 9 minutes, à 10 h 42 Temps Universel, - 17 h 42 heure Locale -, une crise plus importante d’une amplitude de 33 minutes Puis, un calme relatif s’installe jusqu’à 11 h 00 Temps Universel, - 18 h 00 Heure Locale -, lorsque d’importants grondements se font entendre, des grondements étagés à 11 h 10 Temps Universel, - 18 h 10 Heure locale -, 11 h 15 Temps Universel, - 18 h 15Heure Locale -, 11 h 25 Temps Universel, - 18 h 25 Heure Locale -, se poursuivant jusqu’à 11 h 45 Temps Universel, - 18 h 45 Heure Locale -. Elles se caractérisent par une succession de douze d'explosions de forte ampleur générant des coulées pyroclastiques et des nuées ardentes qui dévalent, à des vitesses voisines de 500 kilomètres/heures et à des températures oscillant entre 600 et 800° C., les versants Ouest-Sud-Ouest et Sud-Est de l'édifice volcanique.


Ces coulées pyroclastiques et ces nuées ardentes sont accompagnées de roulements sourds laissant présager des avalanches de matériaux vulcaniens consécutifs à des effondrements partiels du dôme de lave et du bâti sommital, et d'un panache de tephras, - majoritairement des cendres -, de gaz chauds et de fumées toxiques s'érigeant, en colonne, à environ 4.500 mètres d'altitude et, sur sa partie basse ayant corps de surge volcanique, déboulant le long des pentes qui sont densément peuplées car très fertiles. Et l'incandescence du cratère est nettement visible depuis le poste d'observation de Selo, sur le flanc Nord du volcan, et apercevable de Yogyakarta, en son Sud-Sud-Ouest, de Surakarta, en son l'Est, et de Semarang, à plus de 60 kilomètres, en son Nord.

Dans un communiqué du 26 Octobre, le Volcanic Ash Advisory Centres, - le V.A.A.C. -, de Darwin(5) précise, même, la présence de cendres à plus de 18 kilomètres d’altitude, au-dessus de l'édifice volcanique, des cendres dérivant vers le Sud et le Sud-Ouest en direction de l'Océan Indien, démontrant, s'il en doit être, la violence des explosions, d'une part, et, d'autres part, les effondrements qui peuvent se produire dans la partie sommitale du Young Merapi. En effet, dans son communiqué, le V.A.A.C de Darwin, annote ; « Altitude du Merapi : 2.947 mètres. », soit une diminution de son cône, s'en tenir compte de l'inflation qui s'est accumulée sur son dôme de lave depuis le mois de Mars, d'au moins 21 mètres, ce confirmant les prévisions émises dès le 24 Octobre : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, de type plinien ou vesuvien, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006... »


Outre les douze explosions, durant toute la journée du 26 octobre, le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation répertorie et enregistre 232 événements sismiques volcaniques superficiels et 269 événements sismiques multiphases déclenchant des avalanches de matériaux et des coulées pyroclastiques, particulièrement affectant le flanc Ouest du bâti vulcanien, 4 jaillissements de lave, 6 nuées ardentes et un panache de cendres, de gaz et de fumées toxiques.

 

Les conséquences de l'éruption du Young Merapi, les 25 et 26 Octobre 2010, sur les populations.

 

D'après la presse locale, tout particulièrement le « Djakarta Globe », même si plusieurs éruptions mineures se sont déjà produites les jours précédents, même si l'ordre d'évacuation a été promulgué par les autorités, environ 15.000 personnes n'auraient pas encore déserté les villages implantés sur les versants du volcan et les abords proches de celui-ci. En effet, si les femmes, les enfants et les personnes âgées ont accepté d’être déplacés vers des lieux plus sûrs, les hommes, eux, ont refusé abandonner leurs maisons pour s'occuper de leurs champs, de leurs cultures et leurs bétails.


Les nuées ardentes, les chutes de cendres et les gaz toxiques ont tué 36 personnes, toutes victimes de brûlures graves, dont une journaliste de Vivanews et Mbah Maridjan, le juru kunci du Merapi, - le gardien spirituel du volcan pour les habitants locaux -, blessant plus ou moins grièvement des milliers d'autres, et anéantissant des villages, tout particulièrement celui de Kinahrejo. Par ailleurs des chutes de cendres ont été recensées à Yogyakarta et à Cilacap, à plus de 120 kilomètres au Sud-Est de l’édifice.

 

Quels risques de destruction totale de son cône pour le Young Merapi ?

 

Au 26 Octobre 2010, au soir, nul ne peut douter que l'éruption du Young Merapi, présentant, dans ses premiers jours, des similitudes avec celle qui s'était produite le 25 Novembre 1930 et qui avait perduré jusqu'en Septembre 1931, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées -, puisse se résumer en une crise éruptive volcanique de seulement quelques jours, voire une ou deux semaines au plus. Certes, l'usage veut que de petites éruptions ont lieu tous les deux ou trois ans et de plus importantes tous les dix à quinze ans, que la précédente en date, de Mars 2006 au 09 Août 2007, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes -, se soit déroulée sur une durée supérieure à un an. Il n'en paraît pas être vrai, de l'adage, pour la présente car l'Indice d'Explosivité Volcanique, de niveau 1 ou 2 pour la journée du 25 Octobre, doit être, pour celle du 26, estimée à, au moins, 3, un fait laissant présager une crise importante, voire cataclysmique ou paroxysmale, se prolongeant sur les mois à venir.


Le Young Merapi se situe sur un arc volcanique, - l'arc volcanique de la Sonde -, s'étirant sur plus de 2.000 kilomètres, connu pour produire de grandes catastrophes telles, celles historiques, du Krakatoa, en 535, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, avec formation d'une caldeira de 50 kilomètres de diamètre ayant donné naissance au Détroit de la Sonde séparant Sumatra de Java ; du Tambora, en 1815, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 7 -, qui avait une altitude de 4.300 mètres perdant, en quelques heures, 1.500 mètres de hauteur, occasionnant la mort de 92.000 personnes et créant une caldeira de 6 kilomètres de diamètre, profonde de 600 mètres ; à nouveau du Krakatoa, les 26 et 27 Août 1883, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 6 -, les autorités hollandaises chiffrant le nombre total de victimes à 36.417 et laissant une caldeira de 7 kilomètres de diamètre ; le Mont Kelud, en 1586, meurtrier, avec environ 10.000 victimes, et, en 1919, tuant 5.115 habitants de l’est de Java, au Sud de la grande ville de Surbaya ; et le Mont Agung, sur l'Île de Bali, en 1963, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 5 -, entraînant dans la mort 1.553 personnes. Enfin, il ne se peut omettre l'éruption de Toba, sur l'Île de Sumatra, datée de -73.000 ± 4.000 ans, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, laissant une caldeira de 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large remplie par un lac, le lac Toba, Elle est considérée comme la plus récente éruption d'un « supervolcan. » Le total des matériaux éruptifs émis était d'environ 2.800 kilomètres cubes, dont 2.000 kilomètres cubes d'ignimbrite et 800 kilomètres cubes de téphras et de cendres.


En outre, et non des moindres, l'histoire du Merapi, depuis sa création, au cours du Pléistocène, très probablement dès le Pléistocène inférieur, est ponctuée par des effondrements de son bâti vulcanien : des échantillons ont été datés, sur le Gunung Bibi, un volcan inactif dans le complexe Merapi, de 670.000 ± 25.000 ans ; des dépôts basaltiques et des coulées pyroclastiques ont été relevés sur les pentes des cônes volcaniques du Plawangan et du Turgo, en périphérie de la cadeira laissée par le Od Merapi, estimés à 40.000 ± 15.000 ans ; vers - 2.000 ± 75 ans, marquée par des épisodes de grandes coulées andésitiques entrecoupées de nuées ardentes, surtout lors de la « série Batulawang » qui s’est achevée par un événement majeur de type Mont Saint-Helens qui a quasi arasé toute la partie Ouest du volcan, laissant, dans sa morphologie, une grande dépression en forme de fer à cheval ; et, enfin, depuis le cratère fissural de Pasarbubar qui, suite à une éruption ou plusieurs éruptions sub-pliniennes et phréato-sub-pliniennes, vers - 120 ± 75 ans, qui ont produit une série de déferlantes ensevelissant des temples éloignés et atteignant l’emplacement de l’actuelle ville de Yogyakarta.

Alors une question se pose : Le Merapi sera-t-il à nouveau, dans un temps plus ou moins bref, son activité étant cyclique, le siège d'un événement paroxysmal ou colossal comme il en a déjà commis, au moins 4 d'entre eux attestés scientifiquement et répertoriés, dans un passé historiquement récent et paléolithiquement lointain ?

 

Bener, le 27 Octobre 2010

Raymond Matabosch

 

Notes.

 

(1) Les coulées pyroclastiques sont des émissions violentes d'un mélange de gaz magmatiques, de laves, de cendres, de blocs et débris projetés latéralement sur les flancs du volcan sous l'effet de la détente de gaz sous pression. Ce mélange chaud, plusieurs centaines de degrés, pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres par heure, détruit tout sur son passage.

(2) L'indice d'explosivité volcanique, - ou échelle VEI, Volcanic Explosivity Index -, fut inventée par Chris Newhall de l'United States Geological Survey et Steve Self de l'Université d'Hawaii, en 1982, pour établir une mesure relative de l'explosivité des éruptions volcaniques. Cette indice s'établit sur 9 degrés : 0 ou Hawaïen non explosif : 1 Hawaïen-Strombolien modéré ; 2 Strombolien-Vulcanien explosif ; 3 Vulcanien sévère ; 4 Vulcanien-Plinien cataclysmique ; 5 Plinien paroxysmal ; 6 Plinien-Ultra-Plinien colossal ; 7 Ultra-Plinien colossal ; et 8 Ultra-Plinien.

(3) La pierre de Calcutta, trouvée à Java Est, en Indonésie, conservée au Musée Indien de Calcutta, porte une inscription et une date correspondant à 1041 après J.-C. L'inscription mentionne une mahapralaya qui serait survenue dans la région de Yogyakarta en l'an 928 de l'ère Saka, c'est-à-dire en 1006 de notre ère. Elle pourrait relater une éruption du Merapi.

(4) Le Plan de Wadati-Benioff est la surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction. Il se se définit en décrivant les effets du phénomène de subduction, plutôt que sa cause.

Le plan de Wadati-Benioff montre une disposition remarquable des foyers sismiques. Les séismes superficiels, dont la profondeur du foyer n'excède pas 100 kilomètres, sont les plus fréquents. Ils se localisent essentiellement entre la fosse et la zone volcanique. Les séismes plus profond ont une caractéristique remarquable : la profondeur de leurs foyers augmente lorsque l'on s'éloigne de l'arc magmatique.

(5) La région couverte par le Centre d'Annonce de Cendres Volcaniques de Darwin, - l'un des neuf V.A.A.C. créés pour aviser l'industrie aéronautique internationale de l'emplacement et du mouvement des nuages de cendres volcaniques -, inclut l'Australie, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et une partie des Philippines. Cette région a vu quelques-unes des éruptions les plus grandes connues à l'histoire.

 

Publié, du 07 au 11 Novembre 2010, sur :

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11:18 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : merapi, indonésie, Île de java, éruption volcanique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27 octobre 2010

Un séisme de magnitude 7.7 frappe les îles des Mentawai en Indonésie mais l'alerte au tsunami levée... En résultat, une catastrophe humaine

Un séisme de magnitude du moment révisée de 7,5 à 7.7 a frappé au large des côtes Sud-Ouest du Pulau Sibarubaru, dans le Kepulauan Mentawai, en Indonésie, le 25 Octobre à 14 h 42 Temps Universel, 21 h 42 Heure Locale.

Son épicentre, latitude 3.484° Sud et longitude 100.114° Est, se situe à 211 kilomètres au Sud-Ouest de Sungaipenuh dans la province de Jambi dans le sud de l'île de Sumatra, à 239 kilomètres à l'Ouest de Bengkulu sur la côte Sud-Ouest de l'île de Sumatra, à 280 kilomètres au Sud de Padang capitale de la province de Sumatra occidental, à 305 kilomètres à l'Ouest de Lubuklinggau dans l'extrême Ouest de la province de Sumatra du Sud, à 798 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Jakarta, île de Java, capitale de l'Indonésie.

Son hypocentre a été localisé à 20,6 kilomètres de profondeur, +/- 3.4 kilomètres, par l'United States Geological Survey, et à 10 kilomètres de profondeur par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen.

La secousse, d'une durée d'environ 3 minutes, a été ressentie jusqu'à Padang. Les habitants, paniqués, se sont préfugiés dans les collines. Rapidement, par l'intermédiaire de son porte parole, Priyadi Kardono. l'agence indonésienne pour les catastrophes naturelles a déclaré « qu'aucune victime, ni aucun dommage n'ont été signalés ». Parallèlement, le centre d'alerte pour le Pacifique, basé aux Etats-Unis, tout en soulignant qu'il n'y avait « pas de menace d'un important séisme destructeur », a diffusé une alerte au tsunami, alerte levée moins de deux heures après la secousse. Par le fait même, les habitants, des îles de l'archipel des Mentawai, ont réintégré leurs villages.


Mais la réalité en est tout autre.


L'archipel des Mentawai est un groupe composé de 4 îles principales, - Siberut, la plus grande de ces îles avec une superficie de 4.030 kilomètres carrés, Sipura, Pagai Utara ou Pagai du Nord, et Pagai Selatan, ou Pagai du Sud -, et d'un essaim d'îlots et de rochers, situé à quelque 150 kilomètres au large de la côte Ouest de l'île indonésienne de Sumatra.

Si les autorités, dans un premier temps, ont bien déclenché une alerte au tsunami, cette alerte ayant été vite levée, un tsunami significatif, provoqué par la violence du séisme, à généré des vagues d'au moins trois mètres de haut et ont frappé de plein fouet l'archipel des Mentawai. Alors que sur l'île de Pagaï Utara, l'eau a atteint les toits des maisons, sur celle de Pagai Selatan, elle a pénétré sur une distance de 600 mètres, à l'intérieur des terres, balayant tout sur son passage, causant de très importants dégâts sur le chapelet d'îles et îlots et entraînant un bilan toujours provisoire de dizaines de morts d'hommes, plus de 217 victimes déjà recensées, et plus de 500 disparus. Dans la réalité des faits, plus de 90% des habitations ont été endommagées dans les secteurs touchés.

Entre autres gros dégâts à déplorer, la secousse principale, suivie du tsunami, a détruit en quasi totalité le village côtier de Betu Monga et, aux heures présentes, seules 65 personnes sur les 200 qui habitent ce village ont été retrouvées. Les autres sont toujours portées disparues, principalement des femmes et des enfants. Et au moins quinze autres villages ont été balayés par la vague géante.

Malheureusement, les opérations de secours sont rendues difficiles par l'isolement de l'archipel des Mentawaï desservi par bateau depuis Padang, 12 heures de traversées, difficiles d'accès et privés de communications. En outre, les conditions météorologiques cataclysmiques, vents violents et trombes d'eau, retardent toutes approches des îles.

Le tsunami provoqué par la secousse sismique a également été ressenti à Singapour et à La Réunion. Seuls de faibles dégâts matériels y ont été constatés.


Les répliques du séisme.


La secousse principale a été suivie d'une kyrielle de répliques de magnitude comprise entre 4.4 et 6.2 sur l'échelle ouverte de Richter :

- le 25 Octobre : 5.0 à 15 heures 21 Temps universel ; 6.1 à 19 heures 37 Temps universel ; 4.9 à 22 heures 10 Temps universel ; et 6.2 à 22 heures 59 Temps universel ;

- le 26 Octobre : 4.9 à 03 heures 28 Temps universel ; 4.8 à 03 heures 50 Temps universel ; 4.9 à 08 heures 53 Temps universel ; 4.4 à 10 heures 00 Temps universel ; 5.3 à 10 heures 51 Temps universel ; 4.7 à 11 heures 05 Temps universel et à 11 heures 25 Temps Universel ; 5.3 à 11 heures 33 Temps universel ; 4.5 à 14 heures 35 Temps universel ; 4.7 à 14 heures 57 Temps universel ; 5.0 à 19 heures 40 Temps universel et à 23 heures 09 Temps Universel ; et 5.8 à 23 heures 45 Temps universel ;

- le 27 Octobre : 5.1 à 00 heures 04 Temps universel ; 5.0 à 00 heures 17 Temps universel ; et 5.2 à 04 heures 33 Temps universel.


Les séismes sur l'archipel des Mentawai.


La raison principale du tremblement de terre du 25 Octobres 2010 ayant frappé aux îles des Mentawai, sur la Ceinture de Feu du Pacifique, en incombe à la poussée qui se produit à la limite des interfaces des plaques tectoniques et, principalement à la subduction de la plaque australo-indienne, à la vitesse de 5,7 à 6,9 centimètres par an, sous celle de la Sunda.

Aux analyses des éléments en présence, ce tremblement de terre est contiguë à ceux, de magnitude du moment 8.5 et 7.9, qui s'étaient produits, le 12 Septembre 2007, et il apparaît très proche de dite zone de rupture.

Il paraît de toute évidence qu'il s'ajoute à une longue liste de séismes dont les plus marquant en sont ceux :

- du 26 Décembre 2004,, 0 h 58, Temps Universel, 7 h 58 m 53 s, heure locale, un séisme d'une magnitude de 9.3 au large, à 160 kilomètres à l'ouest de Sumatra, à une profondeur de 30 kilomètres, provoque un raz de marée qui touche les côtes d'une dizaine de pays d'Asie du Sud-Est: 220.000 morts, dont 168.000 en Indonésie. Ce séisme est du à la subduction de la plaque indienne sous la plaque Sunda, 6 centimètres/an en moyenne. De très nombreuses répliques dont plus de 500 dans les heures qui ont suivi, se sont produites sur une distance d'environ 1000 kilomètres allant de l'épicentre jusqu'aux îles indiennes d'Andaman et de Nicobar, au nord, le long de la ligne d'affrontement des deux plaques et ont été enregistrées pendant les mois qui ont suivi le paroxysme sismique. Une quarantaine de ces répliques a dépassé la magnitude 6. Parmi elles, deux séismes de magnitude supérieure à 7 se sont produits au large des Îles Nicobar. Le premier, le même jour que le séisme principal, de magnitude 7.3, a eu lieu à 4 h 21, temps Universel, 11 h 21, heure locale, le second, le 24 juillet 2005, à 2 h 12, Temps universel, 9 h 12, heure locale, épicentre situé à 420 kilomètres au sud de Port Blair, de magnitude 7.2.

La rupture, sur une longueur d'environ 1.200 kilomètres, de la faille chevauchante faiblement inclinée vers le nord-est et émergeant en surface au niveau de la fosse de subduction, ayant entraîné des déplacements ont atteint 15 à 20 mètres, en fait le cinquième séisme le plus important du XX° siècle : 4 Novembre 1952, péninsule de Kamchatka, Russie, magnitude 9.0 ; 9 Mars 1957, au sud des îles d'Andreanof, dans les îles Aléouèves , Alaska, magnitude 9.1 ; 22 Mai 1960, dans le sud du Chili, près de Valdivia, magnitude 9.5 ; 27 Mars 1964, Prince William Sound, Alaska, magnitude 9.2.


- du 25 Mars 2005, 16 h 09, Temps Universel, 23 h 09, heure locale, près de l'île de Nias, au large de la côte nord-ouest de Sumatra, un séisme d'une magnitude de 8.7, est localisé à 245 kilomètres au sud-ouest de la ville de Medan, Sumatra, 205 kilomètres de Sibolga, Sumatra, entre les îles de Nias et de Simeulue. Sa profondeur est estimée à environ 30 kilomètres et son épicentre se situe à environ 200 kilomètres au sud de celui du 26 décembre 2004. 2.000 morts et 6.000 blessés, sont à déplorer dans les îles de Nias, Simeulue et les îlots de Banyak. et 80 % des immeubles de la ville principale de l'île, Gunung Sitoli, sont détruits. Ce séisme se classifie parmi les 10 plus violentes secousses du XX° siècle.

Il est surprenant, car rarissime, que deux séismes majeurs surviennent, coup sur coup, dans une même zone : 26 Décembre 2004, magnitude 9.3 avec tsunami et 28 Mars 2005, magnitude 8.7, au large de la côte nord-ouest de Sumatra.


- Et du 30 septembre 2009, un séisme d'une magnitude de 7,6 magnitude a frappé la province de Sumatra occidental. À Padang, des centaines d'habitations se sont effondrées. Au 1er octobre, il se comptait 529 morts pour l'ensemble de la province: 375 à Padang, 75 à Pasaman, 62 à Padang Pariaman, 11 à Pariaman, 3 à Padang Panjang et 2 à Solok.


Le tremblement de terre du 25 Octobre 2010 s'est produit près du bord méridional de la rupture, magnitude estimée à 8.7/8.9 sur l'échelle ouverte de Richter, de 1797 ayant déclenché un tsunami dont la vague faisait entre 5 et 10 mètres. et dans la région de rupture d'un tremblement de terre, magnitude estimée à 8.9/9.1 sur l'échelle ouverte de Richter, en 1833.


En conclusion.


Se situant sur la Ceinture de Feu du Pacifique, dans sa partie la plus sismique, il est  probable, les continents étant rentrés dans la phase de réunification de terres pour une Pangée nouvelle, que la région de l'archipel des Mentawai subisse un mégathrust, dans un avenir plus ou moins proche, de type Big One(1).


Notes


(1) « Le prochain séisme de grande ampleur, un « Big One » dévastateur, où frappera-t-il ? ». Raymond Matabosch. En finalité de rédaction publication en 2011.

31 août 2010

Indonésie : Réveil du volcan Sinabung, ...des milliers d'évacuations.


Code 0601-08

Localisation : Latitude 3.17° Nord, Longitude 98.392° Est

Stratovolcan, altitude 2.460 mètres, Île de Sumatra, Indonésie.


« Alerte rouge déclenchée sur l'île indonésienne de Sumatra », telle est la nouvelle qui est tombée, le dimanche 29 Août 2010, sur les téléscripteurs des agences de presse. « Après.. », dit-on, « ...plus de quatre siècles de sommeil, le volcan Sinabung est brutalement rentré en éruption, projetant un nuage de fumée, noire et âcre, des pierres, du soufre et de cendres à 1.500 mètres d'altitude et provoquant l'évacuation de plus de 30.000 personnes. »

Le volcan Sinabung, - ou Mont Sinabung, en indonésien, le Gunung Sinabung, aussi dénommé Gunung Sinaboeng et Gunung Sinabun -, un strato-volcan culminant à une altitude de 2.460 mètres, est daté du Pléistocène. Il se situe à 27 kilomètres de la ville de Berastagi, au Nord de l'île de Sumatra, dans une zone principalement agricole. Il est circonvoisin d'un autre volcan, le Sibayak, C'est un complexe volcanique de forme allongée, de quatre cratères sommitaux, migrant dans un axe Nord-Sud, qui se chevauchent : le cratère 1, de 300 mètres de diamètre, le cratère 2, de 150 mètres de diamètre, le cratère 3, le Sigala Batu, de forme avale, 160 mètres sur 130 mètres, et le cratère 4, le plus jeune et le plus petit, de 60 mètres de diamètre. Une forte activité solfatarique y est présente, tout au long du XX° Siècle, sur les évents 2 et 3 contenant, tous deux, un lac de cratère.

Il est communément admis, par les sphères scientifiques, que la précédente éruption du Gunung Sinabung se serait produite en l'an 1600, mais il en est trop rapidement oublié, certes les autorités les classant « incertaines », l'éruption explosive de 1881 et la forte activité solfatarique, avec émission de vapeur, de gaz et de lave, de 1912.


Généralités sur le volcanisme indonésien.


Bien que les archives chinoises signalent une éruption du volcan Krakatau, au III° Siècle après J.C., ainsi que 17 éruptions, au XV° siècle, pour le Kelut et le Krakatau, la communauté scientifique émet des doutes sur nombre d'entre elles. Les premières, dès 1512, - Sangeang Api et Gunungapi Wetar -, documentées par des Européens, - le Portugal ayant pris le contrôle du commerce des clous de girofle des Moluques, la Compagnie des Indes Néerlandaises contrôlant les îles de 1602 à 1780, le gouvernement néerlandais suivant la Copagnie et la Grande-Bretagne prenant le contrôle temporaire des dites îles au début du XIX° Siècle -, sont considérées comme dignes d'intérêt.

L'arc de la Sonde, plus de 3.000 kilomètres de longueur, s'étirant depuis le Pulau Weh situé à l'extrémité Nord-Ouest de Sumatra, dans la mer d'Andaman, jusqu'au Pulau Sumba, au Nord-Ouest de la Mer de Banda, résulte de la subduction de la croûte océanique de l'océan Indien sous la plaque tectonique de Sunda. Cet arc comprend 76% des volcans indonésiens, mais les volcans d'Halmahera et des îles volcaniques voisines, et ceux de l'arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe sont tectoniquement plus complexes par le fait, d'une part, du centre d'expansion basaltique sis sous les îles Andaman-Nicobar, centres d'expansion, et, d'autre part, par la présence de multiples zones de subduction, principalement orientée Nord-Sud.


Généralités sur l'Indonésie.


L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie, - en indonésien Republik Indonesia -, capitale Djakarta, est un pays d' Asie du Sud-Est, en Insulinde. L'Indonésie compte 17.508 îles réparties sur une superficie océanique, tout en n'en faisant qu'un cinquième en superficie continentale, proche de celle des États-Unis. Avec une population d'environ 230 millions d'habitants, il est le quatrième pays le plus peuplé du monde et, en population de religion musulmane, le plus important au monde. Cet état partage des frontières terrestres avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, - île de Nouvelle Guinée -, le Timor oriental, - île de Timor - , et la Malaisie, - île de Bornéo -.

La géographie de l'Indonésie est dominée par les volcans formés par les zones de subduction entre les plaques Eurasienne et Indo-Australienne. Les volcans d'Indonésie font partie de la Ceinture de feu du Pacifique. L'Indonésie compte environ 2.500 volcans, - dont plus de 150 en activité -, se répartissant, géographiquement, en volcans de l'arc volcanique de la Sonde, d'Halmahera, incluant les îles volcaniques voisines, et de l' arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe qui se prolonge avec les volcans des Philippines.

Les volcans les plus actifs sont le Kelud et le Merapi sur l'île de Java, et sont responsables de milliers de morts dans la région. Depuis l'an 1.000, le Kelud est entré en éruption plus de 30 fois, la plus grande éruption atteignant l'indice d'explosivité volcanique VEI 5, tandis que le Merapi est entré en éruption plus de 80 fois


Généralités sur Sumatra.


La géographie de Sumatra est dominée par le Bukit Barisan, une chaîne de montagne s'étendant, du Nord au Sud de l'île, sur près de 1.700 kilomètres et formée par le mouvement subductif de la plaque Indo-Australienne qui se déplace à la vitesse de convergence de 5,5 centimètres par an, provoquant de nombreux tremblements de terre, - comme celui du 26 décembre 2004 -, et formant également des chambres magmatiques sous l'île.

Plus de 500 édifices volcaniques, dont 35 volcans actifs, tous situés sur l'île de Sumatra à l'exception de Weh, depuis le Pléistocène, au large de l'extrémité îlienne Nord-Ouest, se décomptent le long de la chaîne volcanique Bukit Barisan. Le plus grand volcan est celui du lac Toba créé, il y a 74.000 ans, lors de l'effondrement de sa caldeira et le point culminant de la chaîne en est, du haut de ses 3.800 mètres, le Kerinci.


Le Volcanisme sur Sumatra.


Le volcanisme, sur l'île de Sumatra est la conséquence de la subduction, vers le Nord-Est, avec une vergence positive de 7 centimètres par an, de la plaque océanique Indo-Australienne sous la plaque continentale de la Sonde. Tectoniquement, la région enregistrant des séismes intraplaque, de subduction et crustaux, de forte magnitude, - magnitude 9.0 révisé 9.3 du 26 décembre 2004, magnitude 8.4 du 28 Mars 2005, Padang Panjangf magnitude 6.4 et Singkarak magnitude 6.3 du 6 Mars 2007, magnitude 7.4 du 20 Février 2008, Sibolga magnitude 6.0 du 19 Mai 2008, magnitude 7.5 du 30 septembre 2009, Sungai Penuh magnitude 6.6 du 01 Octobre 2009,... et une kirielle de séismes de magnitude comprise entre 3.5 et 5.9 -, est, avec le Chili, le Mexique, le Japon,..., l'une des plus actives de toute la planète Terre.

La convergence entre les plaques Indo-Australiennne, de Birmanie et de la Sunda, au large de la côte Ouest de l'Île de Sumatra, est orientée Nord-Sud. Au niveau de la fosse de Sumatra-Java, - une marge active de profondeur maximum 7.400 mètres, en arc de cercle sur environ 5.700 kilomètres -, au large de l'île de Java, la subduction est « normale » alors qu’au large de l'île de Sumatra elle est à convergence oblique. Cette obliquité de la convergence crée des déformations dans une zone s’étendant de la mer d’Andaman au détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra. Cette zone correspond aux plaques de Birmanie et de la Sunda, aux bassins avant arc de Nicobar-Simeuleu, Nias et Mentawai, et à l'avant arc s'étirant depuis le Pulau kokos jusqu'au Pulau Enggano, une chaîne de reliefs séparée de Sumatra par le détroit de Mentawai. Cette chaîne, au vlcanisme naissant, sur la faille active de Mentawai, est formée des îles de Simeulue, de Nias, de Batu, - Pini, Tanah Masa, Tanah Bala... -, et de Mentawai, - Siberut, Sipora, North Pagai... -.

Les volcans les plus actifs de Sumatra sont le Marapi, le Karinci, le Talang et le Kawa.


En conclusion.


Avec ses 128 volcans actifs pour un total de 1171 éruptions dénombrées, historiquement, l'Arc volcanique de la Sonde est, avec le Japon, 1274 éruptions comptabilisées, leader mondial dans les statistiques afférentes au volcanisme. En ces deux régions conjointes s'y sont produits, annuellement, plus des deux cinquièmes des éruptions explosives recensées dans le Monde.

Mais si de nombreuses études ont été réalisées, au cours du XX° Siècle et en ces débuts du XXI°, sur les édifices volcaniques ayant connu une activité au cours de ces 110 dernières années, bien peu d'études stratigraphiques des dépôts volcaniques plus anciens ont été diligentées en Indonésie. Seulement 0,5% des éruptions anciennes, reconnues et référencées, ont été datées par d'autres techniques que celles dites historiques. Une telle lacune, en regard de la reprise d'activité, entre 1990 et 2010, d'un certain nombre de volcans considérés en sommeil depuis plusieurs siècles, nécessiterait une analyse plus approfondie du dossier Holocène, - préhistorique et historique -, afférent à cette région volcanique.

En effet, l'entrée en éruption du volcan Sinabung, après quatre siècle de semi sommeil, ne sera pas une exception, et d'autres, par la multiplication des séismes qui affectent l'archipel indonésien, - tels le Padang Panjangf, le Singkarak, le Sibolga, le Sungai Penuh... -, ne sauraient tarder à se réveiller.

19 juin 2010

Impressionnante activité vulcanienne et strombolienne pour le volcan Batu Tara.

Code : 0604-26

Localisation : Latitude 7.792° Sud et Longitude 123.579° Est.

Alerte aviation : Niveau d'alerte orange

Alerte volcan : Non définie mais probable niveau 2, voire 3.


Le stratovolcan Batu Tara, culminant à 748 mètres d'altitude, est une petite île-volcan déserte, - dénommée le Pulau Komba, îles de la Petite Sonde -, isolée en mer de Flores et située à 50 kilomètres au Nord de l'île de Lambeta, - autrefois appelée Lamblen -, dans la province indonésienne de l'East Nusa Tenggara, Timur Oriental. Elle est la partie émergée d'un imposant édifice posé, par 3.000 mètres de fond, sur la jeune et mince lithosphère océanique de la micro-plaque tectonique Timor, une plaque en convergence, sur toute sa façade Nord, avec la microplaque de la Mer de Banda, et en convergence se transformant en divergence, sur sa façade Sud, avec la plaque australienne, et sur l'arc insulaire Sunda-Banda, à la frontière de la zone de subduction de la plaque lithosphérique australienne, en déplacement Nord, s'enfonçant sous la plaque tectonique de Sunda.

Le Batu Tara est coiffé par un grand cratère central, de 900 mètres sur 700 de diamètre, entaillé, sur son côté Est, par une cicatrice d'effondrement, semblable à celle de la Sierra del Fueco, pour le Stromboli, qui canalise les coulées de lave lors des éruptions. Particularité propre à l'édifice, même s'il est en fréquente activité, - éruptions et panaches de cendres s'élevant seulement à quelques centaines de mètres, rarement à plus de 2 ou 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer -, la végétation couvre tous ses versants jusqu'à 50 mètres de son sommet.

La géologie du Pulau Tomba se compose de couches alternées de laves basanitiques et téphritiques durcies, de cendres solidifiées et des roches éjectées par les éruptions antérieures. Le Pulau est réputé pour ses leucites potassiques.

Jusqu'en 2006, la seule éruption historique connue et documentée, de type strombolien, indice d'explosivité volcanique VEI 2, du Batu Tara, se produit durant les années 1847 à 1852. Elle se caractérise par des explosions projetant des bombes volcaniques et par un écoulement de lave. Le 1er juillet 2006, après 200 ans de calme, une éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 1, généra un panache de cendre atteignant 2 kilomètres d'altitude. Depuis, le Batu Tara connaît de fréquentes périodes éruptives, plus ou moins longues, plus ou moins importantes de type strombolien ou vulcanien, ponctuées d'explosions produisant des panaches de cendre sélevant entre 1 et 2 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, une activité éruptive comparable à celle de l'Anak Krakatau.

Le Batu Tara, Août 2008.

Les 19 et 20 Mars 2007, le volcan se manifeste, d'abord, par une faible activité explosive déclenchant l'émission de panaches de vapeur et de cendres, mais vite suivi par une phase d'éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 2, plus forte, combinée à des panaches de plus en plus importants s'élevant au-dessus de l'édifice, provoquant, par crainte d'une éruption volcanique majeure, l'évacuation d'environ 1.500 personnes résidant sur l'île de Lembata toute proche.

Le Batu Tara est, depuis resté en activité constante avec des anomalies thermiques et la production fréquente de panaches de cendre dont nombre de bas niveau. Certes, entre les 24 novembre 2009 et 23 février 2010, le volcan a été quelque calme, avec expulsion occasionnelle de plumes de cendre, tels les panaches s'élevant à une altitude de 2,4 kilomètres et dérivant sur 90 kilomètres au Nord-Ouest du Pulau Tomba, le 24 Novembre 2009, de 1,5 kilomètre et dérivant sur 25 kilomètres à l'Est de l'île-volcan, de 2,1 à 2,4 kilomètres et dérivant entre 70 et 125 kilomètres d'Ouest en Nord les 8 et 9 Mars 2010...

Le Batu Tara, 10 Juin 2010.

Cette éruption est toujours en cours et une activité strombolienne et vulcanienne impressionnante continue sur le stratovolcan Batu Tara. Le 10 juin 2010, une explosion a produit un panache de cendre atteignant 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, Et l'activité s'intensifie à compter du 11 Juin 2010, le panache de cendre est ininterrompu, son élévation oscillant entre 2,4 et 3,5 kilomètres d'altitude et dérivant au delà des 35 à 65 kilomètres d'Ouest en Nord-Ouest du Pulau Tomba. Une coulée de lave, suivant certaines indiscrétions locales, se serait même produite sur le versant Est de l'édifice volcanique.

16 juin 2010

16 Juin 2010, un séisme meurtrier, magnitude 7.0, frappe en Nouvelle Guinée Orientale, Indonésie.

Le 16 Juin 2010, à 03 h 16 Temps Universel, 12 h 16 Heure Locale, un séisme sous marin, dans le Bassin Sarera, de magnitude 7.1 sur l'échelle ouverte de Richter, de magnitude du moment 7.0 et d'intensité VIII sur l'échelle MSK, a frappé la Nouvelle-Guinée occidentale, en Indonésie. Son épicentre, latitude 2.13° Sud et longitude 136.53° Est, se localise à 119 kilomètres au Sud-Est de Biak, à 195 kilomètres au Nord d'Enarotali, à 250 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Manokwari, et à 468 kilomètres de Jaya Pura. Son hypocentre se situe à 20 kilomètres de profondeur pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, et à 28.8 kilomètres de profondeur pour l'U.S. Geological Survey.

La secousse principale a été précédée par un séisme précurseur, à 03 h 06 Temps Universel, de magnitude 5.8 pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen et magnitude 6.4 pour l'U.S. Geological Survey, et d'hypocentre 10 kilomètres de profondeur ; et suivie de plusieurs répliques de magnitude 5.0, à 03 h 38 Temps Universel, de magnitude 6.2, à 03 h 58 Temps Universel. A partir de 05 h 31, Temps Universel, magnitude 4.6, 05 h 43 magnitude 4.6, 06 h 10 magnitude 5.1, et 06 h 20 magnitude 4.8, les épicentres des répliques se sont déplacées vers la région de Biak.

Suivant les autorités locales, le séisme aurait fait au moins deux victimes, sur le Pulau Japen et endommagé des habitations. Une alerte au tsunami a été lancée avant d'être levée une heure plus tard.

La secousse a provoqué des scènes de panique dans ces Pulau, notamment à Japen, où quelques 150 habitations ont été gravement endommagées et où une église s'est effondrée, alors qu'à Biak, les habitants sont précipitamment sortis dans la rue et nombre d'entre eux, par crainte d'un tsunami, se sont réfugiés dans les hauteurs.

La secousse a été ressentie également dans toute de Nouvelle Guinée, dans tous les pulau au large des côte Nord et Est de l'île, dans la Bassin Saneira, la Mer de Bismark, la Mer des Salomon et la Mer des Philippines, et jusqu'aux îles Salomon, Guam, Mariannes du Nord, Marshall et Nauru, et en Micronésie, et tout particulièrement à Manokwari, située à 250 kilomètres de l'épicentre, où tout a tremblé pendant environ 40 secondes.

L'île de Nouvelle Guinée, orientée Nord-Ouest/Sud-Est, mesure environ 2.400 kilomètres de long pour 700 kilomètres de large, du Nord au Sud. Une longue chaîne de montagnes, culminant à 4.884 mètres au Puncak Jaya, dans les monts Maoke, sépare l'île d'Est en Ouest en deux moitiés presque égales. Des glaciers recouvrent les plus hauts sommets. Les côtes sont marécageuses et une grande partie de l'intérieur des terres est recouverte de forêts humides et denses, composées d'une végétation tropicale où l'on trouve de l'ébène, du bois de santal, du cèdre et des camphriers. Les plaines sont fertiles, mais l'absence d'une infrastructure de transport a jusqu'ici empêché leur développement. Le sous-sol renferme des gisements d'or, d'argent, de platine et de cuivre, ainsi que des gisements de pétrole et de gaz naturel. De très nombreux archipels, Îles de l'Amirauté, Archipel Bismarck, Îles du Duc-d'York, Archipel d'Entrecasteaux, Îles Green, Louisiades, Îles Mussau, Îles Salomon et Îles Schouten, se situent au Nord et à l'est de l'île.

La Papouasie Nouvelle-Guinée et les territoires indonésiens de l'Iran Jaya Timur, de l'Iran jaya Tengah et de l'Iran Jaya Barat, formant l'île de Nouvelle Guinée, et leurs îles et îlots attenants, ainsi que les îles Solomon, situés sur « la ceinture de feu » du Pacifique, à la jonction de plusieurs plaques tectoniques, sont régulièrement le théâtre de secousses sismiques.

En effet, le Pacifique Sud-Ouest est la région de contacts entre deux plaques tectoniques, la plaque Australienne et la plaque Pacifique. La plaque Pacifique passe sous la plaque Australienne, subduction, entre la Nouvelle-Zélande et les îles Samoa, le long de limites de plaques dénommées Tonga-Kermadec. La plaque Australienne passe en subduction sous l'Arc des Nouvelles Hébrides et des îles Salomons. Au niveau de la Nouvelle-Guinée, les limites de plaques deviennent très complexes. Les vitesses de subduction dans cette partie du monde sont de l’ordre de 10 centimètres par an, avec un maximum de 24 centimètres par an au Nord des Tonga.

09 mai 2010

Le Nord de Sumatra encore frappé par un séisme de magnitude 7.4. Alerte au tsunami.

2010 à 05 h 59 Temps Universel,12 h 59 heure locale, un séisme de magnitude 7.4, localisé latitude 3.730° Nord et longitude 96.080° Ouest à frappé au large de l'Île de Sumatra, en sa région septentrionale, en Indonésie. Son épicentre se trouve à 52 kilomètres au Sud de Meulaboh et à 223 kilomètres au Sud de Banda Aceh, et son hypocentre se situe à 60 kilomètres de profondeur en milieu océanique.

Le séisme semble localisé dans la partie nord de la rupture du séisme de Nias, magnitude 8.6, le 28 Mars 2005. Ce séisme est pour l'instant le dernier d'une séquence de séismes qui s'est produit le long de la subduction de Sumatra : 2 de magnitude 7.4 sous Simeulue en 2002 et 2008, le méga-séisme de Sumatra en 2004 de magnitude 9.4, le séisme de Padang en 2009 de magnitude 7.5 et le séisme de Bengkulu en 2007 de magnitude 8.4.

D'après les informations rapides de mécanisme au foyer, faille inverse, de localisation géographique et en profondeur et les leçons du passé sismique de la région, il semble que ce tremblement de terre se soit produit sur l'interface de subduction.

Aux premières informations, il n'y aurait pas de dommages majeurs recensés et peu de personnes seraient blessées.

Une alerte tsunami a été déclenchée dans certaines régions du Sud-Est asiatique.

10:01 Écrit par catalan66270 dans Sciences : Tectonique des plaques. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séisme, tremblement de terre, sumatra, tsunami, indonésie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25 mars 2010

Séisme de magnitude 5.0 et probable tsunami en Mer des Molluques. Si la recherche pétrolière intensive en était responsable ?

Ce jeudi 25 Mars 2010, un séisme, à 17 h 53 Temps Universel, Vendredi 26 Mars 2010 2 h 53 Heure locale, à frappé, dans la Mer des Molluques, à environ 50 kilomètres au large des palu Hiri, Ternate, Tidore, Mare, Tafaga, Makian, Siko, Gunange, Lalouin, Kajoa et Muari. Son épicentre, latitude 0.559° Nord, Longitude 26.988° Est se trouve à 40 kilomètres à l'Ouest de Tidore, à 50 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest de Ternate, dans l'archipel de Molluques et à 260 kilomètres à l'Est-Sud-Esrt de Manado, sur l'île des Célèbes, Son hypocentre se situe à 39 kilomètres de profondeur, en surplomb du Canyon Tenate Trough.

Des destructions sont à craindre dans les bâtis traditionnels ainsi qu'un tsunami au plan local sur tout le pourtour de la Mer des Molluques.

La cuvette océanique, ou Through, de Timor est une cuvette océanique faisant suite à la fosse de Sunda qui marque la limite entre le plateau continental de la plaque Indo-Australienne et le la plaque de Timor au Nord. Elle est séparée de la fosse de Java par un fléchissement près de l'île de Sumba, sur le plateau continental de Scott et du bassin océanique australien du nord,. A l'opposé, au sud-est, elle prend nom de cuvette océanique de Tanimbar, près des îles de même nom. Elle se continue par la cuvette d'Aur sises à l'est des îles de Kai près de la péninsule principale de Bird's en Nouvelle-Guinée.

Sur toute la partie Nord de la cuvette océanique se succèdent, formant un arc, une kyrielles d'îles et d'îlot dont Timor est la plus grande, et à l'ouest se trouvent le bassin océaniques de Weber et la fosse de Banda.

Le pétrole et le gaz naturel ont été trouvés, à profusion, dans la partie sud de la cuvette. Avec les nouvelles méthodes employées pour la recherche intensive des hydrocarbures, recherches par résonances, ultra sons et pseudos-micro-explosions, la région géologiquement en activité naturelle, en résultante des intrusions explosives de nature humaine, est continuellement frappée par de nombreux tremblements de terre générant tout autant de tsunamis généralement destructeurs...


Sismicité locale des deux dernières années....


11 Novembre 2008 magnitude 6.5

26 Octobre 2008 magnitude 5.5

11 Décembre 2008 magnitude 5.9

31 Décembre 2008 magnitude 5.4

17 Novembre 2009 magnitude 7.1

11 Février 2009 magnitude 5.9

12 Février 2009 magnitude 5.5

12 Février 2009 magnitude 6.0

12 Févirier 2009 magnitude 5.6

12 Février 2009 magnitude 5.8

12 Février 2009 magnitude 6.2

12 Février 2009 magnitude 5.5

13 Février 2009 magnitude 5.3

13 Février 2009 magnitude 5.2

22 Février 2009 magnitude 5.8

23 Février 2009 magnitude 5.2

16 Mars 2009 magnitude 6.1

16 Mars 2009 magnitude 6.0

18 Mars 2009 magnitude 5.5

31 Mars 2009 magnitude 5.3

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09 janvier 2010

Mosaïque de peuples et d’ethnies, domaine réservé des volcans, l’Indonésie.

Bye bye l'Europe, bonjour l'Asie du Sud-Est...

Depuis 15 jours, et pour au moins 6 à 12 mois, je suis engagé dans un nouveau voyage d'étude, le quatrième en 20 ans, au cœur des terres indonésiennes.

Bye bye l'Eurasie, - ou continent euro-asiatique -, bonjour la Lémurie, - ou continent Indo-australien -, devrais-je plutôt écrire... Mais vous allez vous récrier et clamer que l'Inde, l'Indonésie... sont partie intégrante du continent asiatique... Mais là n'est pas l'objet de mon propos car la distribution des continents, des plaques tectoniques principales, secondaires ou disparues, et des multiples terranes qui s'emboitent les unes dans les autres pour former l'écorce terrestre de la planète Terre font l'objet de polémiques controversées, voire parfois violentes, dans le microcosme scientifique majoritairement tenu par une caste d'universitaires. Et je me refuse à ouvrir une telle polémique stérile sur le Post.fr, un site d'information populaire et grand-public.

Alors, pour une première, je vous entretiendrai de généralités pour vous présenter le plus vaste archipel du monde, l'Indonésie. Avec ses 2,028 Millions de Kilomètres carrés, presque 4 fois l'étendue de la France, pour une population de 245,5 Millions d'habitants. Avec ses 5.160 kilomètres d’Est en Ouest et 1.760 du Nord au Sud, il se compose de 17.502 îles, dont à peine le tiers sont habitées, égrenées, en deux arcs volcaniques, sur la bordure Nord de l’Océan Indien aux eaux capricieuses. Les plus grandes sont Bornéo, Sumatra, Les Célèbes, - Sulawesi, pays Toraja - , Java et la partie occidentale de la Papouasie-Nouvelle Guinée, et les plus touristiques en sont Bali, - Île des Dieux -, Lombok... Nusa Tenggara et Sulawesi sont, quant à elles, des îles hors norme se protégeant, férocement, des cultures étrangères.

L'Indonésie, une langue officielle, «  le bahasa indonesia », et une pluralité de langues locales et dialectes, - 742 bahasa daerah recensées -, est une mosaïque de peuples et d’ethnies, - plus de 350 -, où se côtoient musulmans, - environ 200 millions de croyants, 87 % de la population -, protestants, chrétiens, bouddhistes, hindouistes, confucianistes et animistes. Chacun y vit à son rythme, du plus traditionnel au plus frénétique, dans un climat de grande tolérance. La nature y garde aussi toute sa place et  dans les jungles de Sumatra les tigres, les éléphants, les serpents et les orangs-outans qui ne se retrouvent nulle part ailleurs, avec quelques  200 genres de mammifères, y vivent dans une flore unique au monde. La plus grande fleur terrestre pouvant atteindre 1 mètre de diamètre, la rafflesia, y fleurit chaque année. A Komodo, Rinca et Florés, évolue une espèce de varan carnivore de 2 à 3 mètres de long, le dragon  de Komodo, et, à Java, les édifices volcaniques rivalisent en d'extraordinaires paysages.

"Ses populations sont, pour la plupart, d’origine indo-malaise et deutéro-malaise. A Sumatra, quatre groupes ethniques, constitués de quinze peuples différents, se partagent l’île : les Atchinais, les Garos, les Bataks et les Minangkabaus. À Java, les Javanais proprement dits occupent le centre de l’île, tandis que les Sundanais peuplent le pays de Sunda ; les Madurais sont représentés à Java et à Madura ; les Balinais occupent une place à part d’un point de vue religieux, l’hindouisme étant la religion dominante de l’île de Bali. Bornéo est peuplée par les Dayaks et Les Célèbes par des peuples proto-malais, les Alfours, les Toradjas, les Manadais, les Bugis et les Macassars. Les Moluques sont habitées par les Alfours et les Amboinais et L’Irian Jaya étant le domaine des Papous. Plusieurs millions de Chinois vivent aussi en Indonésie." (1)

Avec plus de 9 millions d'habitants, 12 millions s'il s'agit de la conurbation de Djabotabek, - le grand Djakarta -, Djakarta en est la capitale. Les autres grandes villes en sont Surabaya, Babdung, Samarang et Yogyakarta, - Java -, Medan et palembang, - Sumatra -, Ujung Pandang et Macassar, - Sulawesi ou Les Célèbes -, Banjarmasin, - Kalimantan -, Denpasar, - Bali -...

Une chaîne de montagnes, d'origine volcanisme de points chauds, s’éleve à plus de 3.600 mètres, de Sumatra à Timor, zèbrant l'archipel d'Est en Ouest. Le Kerinci, dans les monts Barisan, sur l'île de Sumatra, atteint les 3.805 mètres et le Semeru, avec ses 3.676 mètres, domine Java. Le Puncak Jaya, - ou pyramide Carstensz -, 4.884 mètres, sur la chaîne du Sudirman, en partie occidentale de la Papouasie-Nouvelle Guinée, - Irian Jaya -, est le point culminant de l'Indonésie. Quant aux îles de Bornéo, Bangka et Belitung, elles sont l’extrémité méridionale du vieux bouclier de la plate-forme de la Sonde.

Les plaines les plus importantes se trouvent à Sumatra, Java, Bornéo et en Irian Jaya. Depuis des siècles, les coulées volcaniques, les cendres et les lapil-li fertilisent les sols des basses terres, notamment à Java et Bali, permettant 3 à 4 récoltes de riz par an...

Situé à la connexion de trois plaques tectonique, - les plaques australienne, philippine et eurasienne -, de multiples failles actives et des principales fosses océaniques de la planète, l’archipel indonésien connaît une forte activité volcanique et sismique. On y recense 150 volcans en activité comme le Tambora, un stratovolcan, qui forme la péninsule de Sanggar de l'île de Sumbawa, et le Krakatau, îlot volcanique situé entre Java et Sumatra, dont l’explosion en 1883 avait entraîné un gigantesque raz de marée et un rabaissement des températures terrestres de 0,5° C pendant un mois et 0,25° C au cours des douze mois suivant l'explosion, ou encore le Bromo, le Mérapi... L’une des secousses sismiques les plus récentes a frappé, en 1992, l’île de Florès, faisant 2.000 victimes ; un autre tremblement de terre a secoué Sumatra, en février1994, tuant 180 personnes. Le pays a également du faire face au tsunami de 2004 faisant 167.736 victimes à Sumatra, le tremblement de terre de Yogyakarta de 2004.... Et le dernier en date, Septembre 2009, près de 2.000 morts à Sumatra...

Je terminerai par le parc national d'Ujung Kulon abritant 50 ou 60 rhinocéros de Java, Borobudur montagne de pierres vieille de plus de 1.200 ans perdue dans une nature sauvage et luxuriante, Prambanan ou Candi Lara Jonggrang qui est un ensemble de 240 temples shivaites, construits au IXe siècle, et le site des premiers hommes de Sangiran, à Java, et les forêts tropicales ombrophiles de Sumatra qui sont des sites classés, grâce à l'Unesco, au patrimoine mondial de l'humanité.

Malang, le 23 Décembre 2009, 20 h.


Préface de "Etudes sismo-vulcanologiques en terres indonésiennes". 2009/2010

En cours de rédaction.

Auteur : Raymond Matabosch.

15:27 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Indonésiennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : asie du sud-est, insulinde, indonésie, Îles de la sonde, java, sumatra, bali | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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