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12 décembre 2010

Carte postale de Saint Polycarpe en Razès.

Saint Polycarpe, - Sant Policarpi en occitan -, implanté à 227 mètres d'altitude, est une commune audoise, canton de Saint-Hilaire, arrondissement de Limoux qui, baignée par la rivière éponyme et le ruisseau Rieugrand, s'étend sur une superficie de 13,8 kilomètres carrés. Le village et ses hameaux et lieux-dits, Arce, Fondondy et Theulières, au recensement de 2007, subissant une désaffection de près de 4% de sa population depuis 1999, comptait 178 habitants. Les communes de Villar Saint Anselme, de Nord en Est, de Belcastel et Buc, de Sud-Est en Sud, de Cournanel, de Sud-Ouest en Ouest, et de Limoux sur son Nord-Ouest, le ceinturent.

Niché dans le pays audois de la haute Vallée de l'Aude, terre cathare de défilés, de gorges et de plateaux, dans le Corbières vertes offrant la fraîcheur des luxurieuses sapinières, Saint Polycarpe est une terre agricole, principalement viticole qui, avec Saint Hilaire est le berceau de la célèbre Blanquette de Limoux, un vin effervescent, considéré avec le « Gaillac mousseux » et la « Clairette de Die » comme le plus vieux brut du monde dont s'était inspiré Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, pour appliquer la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.

Que le visiteur accède à Saint Polycarpe par la route de Limoux, de Villar Saint Anselme... ou par celle de Belcastel et Buc, il ne peut faire face qu'à une rencontre inattendue : devant lui se dresse, ou ce qu'il en reste, une église fortifiée, l'église paroissiale dédiée à la Vierge dont les ruines se découvrent au Nord de l’église actuelle qui fut, elle, église abbatiale. Et poussant plus loin ses investigations, allant de surprise en surprise, il accède à l'ancienne Abbaye des Bénédictins, connue sous le vocable de Saint-Polycarpe, fondée vers l'an 780 par Àtal, successivement soumise aux Abbayes d'Alet, de La Grasse et d’Alet avant de recouvrer son autonomie, en 1170, de passer, en 1532, sous le régime de la commende et d'être totalement fermée, sous ordre du Roi, en 1771 Cet édifice religieux est flanqué d'un cloitre et d'un aqueduc du XII° Siècle admirablement conservé.

Que dire autre que « ce sont ces bâtiments qui donnent, au village, une expression de grandeur passée » et qui en rehaussent son image de carte postale. Mais, en cela, il serait délicat d'omettre que le sol de son territoire conserve un grand nombre d'objets, - haches en silex, pointes de javelot en silex corné ou en feuille de laurier, tombelles, menhirs, dolmens, peulvans, peyro dreito, peyro ficado, peyro levado. cistes, celles...-, des traces indéfectibles datant de l'époque néolithique, et nombre plus récentes des périodes celtibère et gallo-romaine.

Au Sud du village, le hameau d’Arce recelle, dans les pierres et les ruines d'un vieux château et d'un donjon attenant qui furent démentelés par les troupes de Simon de Montfort lors de la Croisade des Albigeois, des souvenirs chargés d'histoire, de rébellion, de catharisme, de sang, de larmes et de mort.

 

Raymond Matabosch

Publié le 06 Novembre 2010 sur

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29 novembre 2010

Étang de Thau, monde d'absolu. Monde à part sur une terre à part.

A hauteur de Sète, il est difficile de résister au chant des sirènes et de ne pas succomber à l'appel de « l'ile singulière(1). » Ville natale de Georges Brassens, de Jean Vilar, de Paul Valéry..., la cité sétoise est un site touristique avec des quartiers pittoresques traversés par des canaux où se reflètent les façades colorées.

Mais la découverte du monde très particulier qui la côtoie est encore plus excitante. Le Bassin de Thau, là où les eaux douces rejoignent la lagune d'eau salée dans un mouvement créateur de richesse, est un monde à part dans un univers à part. Séparé de la Mer Méditerranée par la « baleine », le Mont Saint Clair, et un cordon littoral de sables fins et blonds, il s'enorgueillit d'un patrimoine écologique remarquable


Le Bassin de Thau, le plus grand étang du Languedoc-Roussillon.


L'étang de Thau, ou bassin de Thau, d'une superficie avoisinant les 7.500 hectares, est le plus grand étang de la région Languedoc-Roussillon. Ses eaux d'un bleu intense, véritable « mer intérieure », s'étendent, sur 20 kilomètres de long, depuis Balaruc le vieux jusqu'à la Pointe des Onglous à Marseillan, et 4 à 6 kilomètres de large. La largeur minimale, entre les pointes de Balaruc et du Barrou, est de 1.400 mètres. Mais, derrière son caractère tranquille, l'étang s'emporte, parfois, dans de brutales et violentes tempêtes, toujours extraordinaires.

Avec une profondeur moyenne de 5 mètres, il est aussi le plus profond des étangs languedociens qui n'excèdent pas les 3 mètres. Au large de Balaruc-les-Bains, le gouffre de la Bise, un entonnoir de plus de 100 mètres de diamètre, atteint une profondeur de 32 mètres. C'est une résurgence d'eau douce d'une température constante de 21° C. Elle draine une partie des eaux souterraines issues des collines calcaires de la Montagne de la Moure et du Causse d'Aumelas. Et certaines zones, situées à plus de 7 mètres de profondeur, sont parcourues par d'étranges séries de « cadoules(3) » dont l'origine reste encore inconnue.


L'étang de Thau est un étang tectonique, lieu de confrontation des eaux douces du bassin versant et des apports d’eaux marines.


Sa grandeur et ses profondeurs s'expliquent par la géomorphologie du secteur. Étant le synclinal d'un plissement dont l'anticlinal est la montagne de la Gardiole au nord-est, le réseau hydrographique se compose d’une dizaine de petits cours d’eau drainant le versant sud des massifs et des plateaux environnants et la plaine agricole avant de trouver leur exutoire dans l’Étang de Thau. L’essentiel de ce réseau possède un caractère non pérenne durant toute la période sèche.

En outre, c'est un étang tectonique avec une grande profondeur moyenne, de première ligne, en relation directe et permanente avec la mer par des graus à Marseillan, le Pisse Saume, et à Sète. Il ressort un volume d’échange d’eau important entre les deux milieux, avec théoriquement une salinité de type polyhalin en hiver et hyperhalin en été.


L'Étang des Eaux Blanches et son comblement à cause de la bêtise humaine.


Il se prolonge à l'est, près de Sète et Balaruc-les-Bains, sur 600 hectares, par l'étang des Eaux-Blanches, aujourd'hui partiellement comblé. Les raisons en sont simples, la main de l'homme ! Les eaux résiduaires urbaines et des boues des communes de Balaruc le Vieux, de Balaruc les Bains, de Frontignan la Peyrade et de Sète étant traitées à la station de traitement située dans la zone industrielle des Eaux Blanches à Sète, depuis 1972. Celles de la commune de Mireval sont, de même, traitées à la station de traitement située au lieu dit « Maupas » depuis 2001. Toutes ces eaux, plus ou moins dépolluées de leurs effluents organiques et chimiques, sont déversées dans cette partie d'étang favorisant son comblement.

En outre, le canal du Midi prolongé par le canal du Rhône à Sète, avec leurs apports alluvionnaires, au lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, débouchent dans l'étang de Thau. Une ceinture de végétation plus ou moins développée s'implante.et se développe et présente des « bandage » végétaux depuis le large vers les berges : les herbiers immergés, la végétation flottante et les « roselières » composées de roseaux, de scirpes lacustres, et de massettes. Les herbiers immergés sont dominés par les characées à l'origine de matelas denses et rêches. Les secteurs abrités hébergent, eux, une forte diversité floristique de potamots, d'élodées, de myriophylles …


Le Grand Étang, un site protégé au détriment de l'Étang des Eaux Blanches.


Dans sa partie centrale est le Grand Étang, d'une superficie de 6.900 hectares, propriétés du Conservatoire du littoral et réserve ornithologique protégée. C'est un écosystème complexe et précieux à préserver. L'étang joue un rôle régulateur vis-à-vis des crues des rivières, des inondations et des intrusions marines et il assure un rôle épurateur grâce à une importante activité biologique. Sa lagune et ses berges possèdent une remarquable capacité d'accueil d'oiseaux. Près de de 250 espèces y sont recensées.

 

Elles viennent y nidifier, s'y alimenter ou s'y reposer par milliers au cours de leurs migrations annuelles, avec des espèces rares comme le balbuzard pêcheur et la cigogne noire. Les flamants roses, les hirondelles, les avocettes ou les aigrettes « garzette » fréquentent le Grand Étang. L'hiver, des rassemblements de canards, de sarcelles, de milouins, de colverts ou de souchets s'y produisent. Des espèces remarquables y nichent comme l'échasse blanche et le gravelot à collier interrompu, l'alouette « calandrelle » ou le butor étoilé. Enfin, la diversité des milieux est favorable à la présence de nombreuses espèces de plantes, parfois rares et menacées.


Le Bassin de Thau et ses atouts touristiques et économiques.


Taquiné par les vents sous l'œil protecteur de sa majesté le Mont Saint Clair, l'étang de Thau s'est organisé une vie bien à lui dans l'intimité d'une vocation conchylicole héritée des romains qui consommaient les huitres en grande quantité et qui en faisaient commerce.

 

Ici, le soleil trempe ses rayons dans les eaux lagunaires et décline la palette des bleu-verts. Si la route ménage de belles perspectives sur les allées géométriques des parcs à huitres, elle révèle, aussi, un patrimoine à la richesse insoupçonnable.


Notes :


(1) « L'ile singulière », expression due à Paul Valéry, appelée aussi « l'île bleue », Sète est une ville à part, possédant une identité culturelle forte, avec ses traditions, sa cuisine, son jargon. Ville d'artistes, elle oscille inlassablement entre tradition et avant-garde.

(2) La « baleine », cetus en latin, la forme du Mont Saint Clair, vue de la mer, évoque, aux yeux des marins celle du cétacé.

(3) Les cadoules sont des buttes, de type tumulus, noyées sous l'étang de Thau.


Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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05 novembre 2010

Dans l’Aude, le Village et l’Abbaye de Saint Polycarpe.

Saint Polycarpe est un village audois, situé sur la D129, à 8 km de Limoux, dans un vallon, au bord de la rivière éponyme qui prend sa source à proximité du château de Belcastel.

En se promenant sur les vertes pentes des Corbières toutes proches, la rencontre inattendue, d’une église fortifiée, surprend le voyageur qui n’est pas averti. Cette église est devenue l’église paroissiale mais elle faisait, autrefois, partie d’une abbaye.

Ce sont ces bâtiments qui donnent, au village de Saint Polycarpe, cette expression de grandeur passée.


L’Abbaye de Saint-Polycarpe.


L’abbaye a été fondée en 783, à l’époque carolingienne, dans l’élan des créations monastiques de la région comme celles d’ Alet, de Lagrasse, de Rieunette, ou de Saint Hilaire. Attala, riche seigneur ibérique, fuyant l’invasion sarrasine, se réfugie en limouxin, défriche la région et jette les fondements de l’église et du monastère pour en devenir le premier abbé.

Pourtant les origines de cette abbaye restent confuses et les archives qui la concernent, sont peu nombreuses. Fondée au début du IX° siècle, elle fut soumise, au Moyen Age, à des monastères plus puissants. L’apparition de la commende et les troubles civils et religieux du XVI° siècle marquèrent le morcellement et la diminution de son patrimoine foncier. Relevée au XVIII° siècle dans le cadre d’une réforme austère marquée de jansénisme, elle est définitivement supprimée en 1771 suite au désaveu des autorités ecclésiastiques.

De moindre importance que ses voisines, elle passa tantôt sous la dépendance tantôt de l’abbaye de Lagrasse, tantôt sous celle d’Alet.. Elle retrouva son autonomie au XII° siècle. Les vestiges des bâtiments claustraux appartiennent aux XVII° et XVIII° siècles. Un aqueduc, toujours visible, alimentait les bassins de cette abbaye.


Les bâtiments monastiques restants sont en ruines.


Les bâtiments sont composés de quatre corps répartis en carré qui forment le cloître du monastère. L’hostellerie était destinée aux étrangers à l’abbaye afin d’assurer le devoir d’accueil et de charité de la règle de Saint Benoît.

Les remaniements architecturaux montrent que des modifications ont été apportés au fil du temps pour en améliorer la fonctionnalité mais aussi la protection.


L’église abbatiale.


L’église abbatiale fortifiée Notre-Dame, exemple représentatif du premier art roman méridional méditerranéen avec les murs épais percés de 3 fenêtres romanes, l’escalier à donner le tournis, les voûtes et l’abside, fut construite à la fin du XI° siècle. Elle comporte à l’ouest un clocher-porche donnant accès à une nef unique, de trois travées, chacune est surmontée d’une voûte d’arêtes domicale. Elle n’était utilisée que par les moines de l’abbaye, la maison cultuelle fréquentée par les villageois étant contiguë.

Cette nef est terminée par une abside semi-circulaire, voûtée en cul-de four. Voûtes et murs étaient couverts de peintures et fresques, datant du XII° siècle représentant l’apocalypse de Saint Jean et la nativité, dont il ne reste quelques scènes. Des remplois de chancels carolingiens sculptés en méplat d’entrelacs, d’oiseaux et de demi-coquilles ornent les autels romans latéraux.

Du XVII° siècle on peut y admirer, également, deux tableaux du peintre Mauriac.

À l’extérieur, le chevet de l’église s’orne d’arcatures lombardes. Le trésor est exposé en permanence, il s’agit des chefs reliquaires de Saint Benoît et de Saint Polycarpe, et d’un monstrance reliquaire porté par deux anges, tous datés du XIV° siècle .


Le village de Saint Polycarpe.


Au nord des édifices religieux, les maisons sont organisées, un peu, sur le modèle d’une bastide avec des rues à angles droits. En parcourant les plus anciennes, quelques maisons à colombage révèlent l’ancienneté de l’habitat de certains quartiers.

Un aqueduc, du Moyen-Âge, traverse la rivière pour alimenter, en eau, l’abbaye et le bourg. Une crue a certainement du en emporter une partie car il est à remarquer que les arceaux datent de deux époques distinctes


Saint Polycarpe.

 

Saint-Polycarpe était, en ses débuts, un monastère bénédictin entouré de quelques maisons et vignobles. Polycarpe était un Évêque d’Ismir, en Turquie.

Étymologiquement, son nom signifie « qui donne beaucoup de fruits. » Les moines du village le priaient pour guérir de la folie alors que, dans son pays d’origine, on l’invoquait pour améliorer les récoltes.

12:07 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint polycarpe, abbaye, razès, aude, languedoc roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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