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10 juin 2010

Au Chili, si, après le Chaiten, en 2008, le Melimoyu se réveillait aussi ?

Code 1508-052

Localisation : Latitude 44.08° Sud, Longitude: 72.88° Ouest.

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Alerte préventive de Niveau 1.


Situé dans la Région peu peuplée des Lacs, Province de Palena, au Nord de la Patagonie chilienne et localisé à 10 kilomètres au Nord-Est de la ville de Chaitén sur le Golfe de Corcovado, l’édifice volcanique est un cône culminant à 1.122 mètres d’altitude coiffé par une caldeira elliptique de 2.5 x 4 kilomètres orientée sur son flanc Sud. Deux petits lacs, l'un à l'Ouest et l'autre au Nord d'un dôme de rhyolite obsidienne dont la formation semble être proche de 100.000 ans, occupent le plancher de la caldeira. Ce contexte lavique, rhyolite obsidienne, très riche en silice, l’effet de « trempe » sur la lave ne lui ayant pas permis de cristalliser et lui ayant confèré un aspect vitreux, ne peut être explicable que par un refroidissement brutal du magma granitique produit de la fusion de la croûte continentale, très épaisse sous les Andes.

Le 2 Mai 2008, bien que considéré comme endormi depuis 9.400 ans, le stratovolcan Chaitén, projetant cinquante millions de tonnes de cendres, entre en éruption.

 

Le stratovolcan Melimoyu :


Tout comme le Chaitén, Le Melimoyu, également appelé Melimoto ou encore Melimoya, est un volcan patagonien, Cordillère des Andes, dans la région Aisén del General Carlos Ibáñez del Campo, localisé à environ 40 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Puerto Puyuhuapi. Ce stratovolcan, de forme ovalienne, s'étirant sur 10 kilomètres dans le sens Est-Ouest, construit par des laves basaltiques et andésitiques, culmine à 2.400 mètres d'altitude. Un cratère de 1 kilomètre de diamètre en inclusion dans une caldeira de 8 kilomètres de diamètre, le couronne. La caldeira est dotée d'une brèche, en son Nord-Est, d'où s'échappe un glacier qui recouvre le sommet du volcan. Deux strates de téphras datées de l'Holocène tardif et de nombreux cônes de cendres sont bien documentés sur les flancs de l'édifice volcanique dont deux seules éruptions, toutes deux de caractère explosif, sont connues, l'une en 850 av. J.-C. et la dernière en l'an 200.

Le Melimoyu se situe aux abords de l'entrée Nord du canal Moraleda, une étendue d'eau séparant l'archipel de Chonos de la partie continentale du Chili. Le canal longe l'importante faille géologique, à forte sismicité, Liquiñe-Ofqui, d'une longueur d'environ 1.000 km et d'axe Nord-Sud. Son nom vient de sa source, dans les Hot Springs Liquiñe, près de la ville éponyme, dans la région de Los Ríos, et de l'isthme Ofqui, dans la région de Aisen où se situe la jonction triple des plaques tectoniques Amérique du Sud, Antarctique et Nazca. Près de la faille, une grande partie longeant le canal Moraleda, se trouvent plusieurs volcans actifs comme le Mocho-Choshuenco, le Corcovado , le Macá, le Puyehue ou l'Hudson, ce dernier dont l'éruption, en 1991, est considérée comme l'une des plus violentes de l'histoire volcanique du Chili.

La faille Liquiñe-Ofqui est une zone de compression cisaillée, au niveau du volcan Quetrupillán par la faille Gastre et peut être déterminée comme un intra-arc dextre et une faille transpressive-transformante. Ainsi, l'éruption du volcan Cordón Caulle, le 24 Mai 1960, deux jours après le grand tremblement de terre de Valdivia, a été déclenchée par des mouvements dans la faille, le même contexte sismo-volcanologique se reproduisant lors du séisme d'Aysén, 21 avril 2007, déclenchant des glissements de terrains massifs, et éruption, le 2 Mai 2008, du volcan Chaitén.

Certes, après le tremblement de terre meurtrier de Cauquènes, de magnitude 8.8, du 27 Février 2010, il se peut attendre un éruption volcanique de l'un des volcans chiliens des Andes, mais s'il s'en produit une, elle ne pourra se générer que dans les régions Libertador General Bernardo O'Higgins, Maule ou Bío-Bío, l'une des trois régions les plus affectées par le tremblement de terre mais, l'hypocentre localisé en milieu marin à 35 kilomètres de profondeur, a été situé hors toute zone volcanique et hors toute connexion avec la faille Liquiñe-Ofqui.

 

Vers une éruption du Melimoyu ?


Au différent, la région d'Aysén, le 17 Mars 2010, sous le volcan Melimoyu, a montré une certaine activité sismique. Trois séismes, deux de magnitude 3,3 et un de magnitude 5.0, ont été enregistrés et ressentis par la population. Le 18 Mars, la sismicité a été, de même, avec une fréquence de 8 séismes par heure. Les hypocentres ont, eux, été localisés à des profondeurs variant entre 3 et 22 kilomètres. Il est à en convenir que la prise en compte de la seule sismicité n'est pas suffisante, d'autres paramètres , - inclinométrie, température, composition des gaz... -, ne devant pas être négligés, pour faire un pronostic éruptif. Mais... car il y a un mais..., la secousse de magnitude 5.0, s'est produite au cœur même de la faille, en lisière du magma, à l'aplomb exact de la cheminée du Melimoyu, à 22 kilomètres de profondeur. Par divers calculs qui seraient trop longs à expliciter dans le cadre de cet article, il s'avère que la vitesse de l'élévation du magma, suites aux mouvements sismiques animant la faille Liquiñe-Ofqui, lors de chaque éruption andine dans cette zone spécifique, est de 0,200 à 0,250 kilomètre par jour. Et le 28 Mai deux essaims sismiques sont localisés, entre 2 et 12 à 15 kilomètres de profondeur, tant à l'aplomb du sommet qu'au sud de l'édifice, démontrant que la circulation des fluides magmatiques sont en cours. Cela laisse entendre qu'une prochaine éruption, entre les 14 juin et 06 Juillet, pourrait affecter le stratovolcan Melimoyu.

Depuis le 02 juin, la sismicité est en augmentation sur le Melimoyu et, de fait, le magma devant être très proche du bouchon lavique obturant le cône sommital, les autorités ont passé le massif et les provinces alentours, - provinces d'Aysén et de Coyhaique -,en alerte préventive de niveau 1. En outre, les communes concernées, - Melimoyu, Seno Gala, Puerto Gala, Puerto Raúl Marín Balmaceda, Caleta Valdiviana, Santo Domingo, Puerto Gaviota, La Junta y Puyuhuapi, Amenhual, Villa La Tapera y Alto Río Cisnes -, par une éventuelle éruption explosive, doivent mettre en place un système d'observation visuel en complément de la surveillance instrumentale in situ.

sources partielles : http://www.activolcans.info

 
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