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08 août 2012

Le Merapi, volcan javanais...

Le Merapi, volcan javanais...

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ISBN : 9782332508577

Aux Editions Edilivre

 

Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord/Nord-Ouest, et qui regroupe le Gunung Ungaran, – ou Oengaran –, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo, – ou Telomojo –, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, – ou Merbaboe –, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le Kajor et le Kopeng; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko...


08 Août 2012 © Raymond Matabosch

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30 novembre 2010

Le volcan Merapi sur l'île de Java...

Code 0603-25

Localisation : Latitude 7.542° Sud et Longitude 110.442° Est,

Stratovolcan, altitude 2.968 mètres, Java, Indonésie.

 


Grande effervescence, mardi 26 Octobre 2010, dans toutes les rédactions, presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. Pour toutes, et hors toute réalité volcanologique, une constatation évidente et un amalgame de mauvais aloi : Faisant suite au séisme, magnitude 7.7, du lundi 25 qui avait frappé les îles des Mentawai et généré un tsunami au bilan humain significatif avec 413 morts et des centaines de disparus, « le volcan Merapi, l'un des plus actifs et dès plus dangereux au monde, situé à 26 kilomètres de la ville de Yogyakarta, dans le centre de l'île de Java, est entré en éruption, expulsant, à trois reprises, à plus de 1,5 kilomètres d'altitude, des matériaux incandescents, des nuages de gaz, des cendres et de fumées toxiques, des nuées ardentes et de la lave sous forme de coulées pyroclastiques(1), au lendemain de l'ordre d'évacuation édictée aux 19.000 habitants vivant sur ses flancs. »


 

Le volcan Merapi.

 

Le Gunung Merapi, la « montagne de feu », est un stratovolcan indonésien, situé sur l'île de Java. A moins de 30 kilomètres au Nord de la ville de Yogyakarta, il érige, dominant une des régions le plus densément peuplées du monde, son cône presque parfait. Il culmine à 2.911 ou 2.968 mètres au-dessus des forêts, des rizières et des champs. Ses pentes abruptes, entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs Est et Nord, sont couronnées par un dôme de lave.


Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord-Nord-Ouest qui regroupe le Gunung Ungaran, - ou Oengaran -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo ; - ou Telomojo -, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, - ou Merbaboe -, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le kajor et le Kopeng ; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko.

 

Le volcan Old Merapi ou proto-Merapi.

 

Au cours du Pléistocène, - 2,5 Millions d'années à -11.000 ans -, très probablement dès le Pleistocène inférieur, - de -1.8 Millions d'années à -780.000 ans - le Old Merapi, - ou proto-Merapi -, a commencé à s'édifier et a perpétué son activité jusqu'au début du 2° Siècle après J.C. Durant l'Holocène, - de -11.000 à -1.800 ans -, et le premier millénaire de l'Antropocène, - de -1.800 ans à nos jours - de nombreuses éruptions explosives avec coulées pyroclastiques, déterminées comme émanant, majoritairement, du cratère central et, accessoirement, de cônes secondaires tels le Bakalan, le Ngrangkah ou le Tegalsruni, datées par la technique du radiocarbone, y sont attestées suite à des études réalisées sur les rares coulées basalto-andésitiques, les flux pyroclastiques et les dépôts de lahars attenants à cette période. Les manifestations les plus significatives se sont produites en -8780 ± 150 ans, -7310 ± 300 ans, -4690 ± 75 ans, -2910 ± 150 ans, -1890, -1770 ± 75 ans, -1410 ± 50 ans, -1180 ± 75 ans, -1010 ± 200 ans, -700 ± 150 ans, -340 ± 500 ans, 20 ± 300 ans et 120 ± 75 ans. Ainsi il peut s'en convenir que le Old Merapi était un édifice volcanique très actif.


Mais en l'an 120 ± 75 ans, une éruption explosive d'une extrême violence, déterminée dans le cratère central, d'indice d'explosivité volcanique 6-7(2), - VEI – de type au moins Plinien voire Plinien-Ultra-Plinien, déclenchant un flux pyroclastique composé, d'une part de gaz, de cendres et de débris de roches qui s'étaient élevés à plusieurs kilomètres d'altitude qui, en retombant, avait recouvert des centaines de kilomètres carrés, d'autre part, de nuées ardentes qui dévalèrent les pentes et détruisirent tout sur leur passage, et, enfin, les étendues d'ignimbrites. Concomitammant, son cône se désintégra, créant une caldeira monumentale, ce qui provoqua une avalanche de matériaux qui ensevelit toute la région sous de dizaines de mètres de débris.

 

Tout comme l'actuel Merapi, le Old Merapi était un volcan gris.

 

Un volcan gris se situe, généralement, à l'aplomb d'une zone de subduction ou de subduction-collision, telles celles qui existent tout autour de l'Océan Pacifique, - le Pacific Ring of fire ou Ceinture de Feu du Pacifique -, en Méditerranée, aux Antilles, etc... Ces édifices volcaniques sont de type explosif et émettent des laves visqueuses généralement basalto-andésitiques. Ces émissions laviques ne s'épanchent que très rarement en coulées, et s'il s'en produit celles-ci sont de faible longueur et de peu d'ampleur. Au différent, les laves s'accumulent au point de sortie et forment soit une aiguille soit un dôme de lave plus ou moins instable qui, sous le poids incommensurable de la masse amoncelée, s'effondre ou explose en partie, voire en totalité.


Et c'est sur ce type de volcan que se génèrent, en terme d'Indice d'explosivité volcanique, les plus fortes éruptions. Au cours d'un événement paroxysmal, - VEI 5 -, ou colossal, - VEI 6 à 8 -, l'édifice, en son entier, peut être totalement néantisé, entraîner, violemment et rapidement, la dispersion de la partie supérieure de la chambre magmatique, et provoquer l'effondrement de la croûte terrestre, donnant, alors, naissance à une caldeira souvent gigantesque. Une telle explosion, il y a environ 73.000 ans, fut à l'origine de la formation du lac Toba, - 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large -, sur l'île de Sumatra, 2.800 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques éjectés. Plusieurs successives, vers -2.1 millions d'années, une caldeira de 95 kilomètres de long et 60 kilomètres de large, 2.500 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , vers -1.3 millions d'années et une caldeira de seize kilomètres de diamètre, 280 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques, et vers -640.000 ans, une caldeira de 85 kilomètres de long sur 45 kilomètres de large, 1.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques , sont à l'origine de la super caldeira du « supervolcan endormi de Yellowstone », Wyoming, aux États-Unis. Et, plus proche de nous, le volcan Krakatoa, - ou Krakatau -, surtout connu pour son explosion du 27 août 1883, une des plus violentes de mémoire d'homme, qui tua plusieurs dizaines de milliers de personnes et engendra un tsunami dont les vagues furent alors perceptibles jusqu'en Europe, faisant suite à l'éruption explosive de 535, d'une puissance d’environ 400 mégatonnes de TNT - soit 2000 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima -, qui aurait laissé une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, l’actuel détroit séparant les deux îles de Java et Sumatra, et au coeur de laquelle est né, entre les anciens cônes du Krakatau, de Perboewatan et de Danan, en 1927, lors d'une éruption surtseyenne avec des propulsions de blocs à plus de 1.200 mètres d'altitude, l'Anak Krakatau.


Il ne faut pas en oublier, le Lac Taupo, sur Île du Nord, en Nouvelle-Zélande, et l'éruption d'Oruanui il y a 26.500 ans environ, 1.170 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques ; la Caldeira La Garita, Colorado, aux États-Unis, - 27,8 millions d'années, 5.000 kilomètres cubes de débris et de matériaux volcaniques - ; les Caldeira d'Aira et d'Aso, Kyūshū, au Japon ; la Caldeira du Duomo, le 24 Août79, à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, et le Champs Phlégréens, Campanie, en Italie, un zone toujours active avec un soulèvement du sol de 2 mètres depuis 1970 ; le Laacher See, Rhénanie-Palatinat, en Allemagne ; la Caldeira Kikai, îles Ryūkyū, au Japon ; la Caldeira de Long Valley, Californie, aux États-Unis qui, avec 30 kilomètres de long sur 18 kilomètres de large, est l'une des plus grandes et dont l'activité sismique, - séisme de magnitude 6 en 1998 -, volcanique, - dégazage de 133 tonnes de gaz carbonique par jour avec disparition de la végétation et déformation du sol de 10 centimètres par an -, et hydrothermale y est importante depuis 1980 ; la Caldeira de Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; la Valle Grande, Nouveau-Mexique, aux États-Unis.... et, en France métropolitaine, l'immense volcan du Cantal, implanté dans une caldeira de 50 kilomètres de diamètre, qui s'est formé, -13 millions d'années, suite à une telle explosion...

 

Le volcan Young Merapi.

 

L'activité du Old Merapi s'est achevée, il y a environ 2.000 ans, vers l'an 120 ± 75 ans, avec l'explosion et l'effondrement de l'édifice majeur donnant forme à une caldeira sur le bord de laquelle se situait le volcan de Batulawang, un volcan plus ancien et fort érodé.

C'est au Sud-ouest de cette caldeira, morphologiquement une grande dépression en forme de fer à cheval, qu'entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, le Young Merapi, - ou Nouveau Merapi -, prenait naissance et, la comblant rapidement, asseyait la croissance de son cône aux pentes raides, abruptes et escarpées. En lui-même, le Mérapi est un volcan complexe. Stratovolcan aux colères meurtrières, aux catastrophiques avalanches gravitaires et aux terribles nuées ardentes, accompagnées de séismes caractéristiques et de déformations importantes au sommet, avec un rythme d'éruption tous les deux à quatre ans, tout un ensemble d'édifices éruptif le complète : cônes du stratovolcan Merapi Batuwalang culminant à 2.551 mètres, du Gunung Bibi, 2.025 mètres,du Gunung Plawangan, 1.275 mètres, et du Gunung Turgo, 1.250 mètres ; cratère fissural du Pasarbubar ; dôme Batang, 2.600 mètres ; et bouches fumerolliennes et thermales Kawah Gendal et Kawah Woro.

Depuis des décennies, voire depuis des millénaires, tout comme ce l'était pour son prédécesseur le Old Merapi, son cratère sommital est engorgé par un dôme de lave basalto-andésitique et andésitique à forte teneur teneur pondérale en silice, riche en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, - hornblende brune, pyroxènes... -, pâteuse et de couleur gris-noir à noir, un dôme qui, tout comme un sporophore, pousse sans relâche. Sous le poids de la masse créant des brèches impressionnantes dans l'édifice instable, régulièrement, le dôme branle, chancelle, bascule et culbute dans le vide générant des avalanches incandescentes spectaculaires et, parfois, de monstrueuses et redoutables nuées ardentes qui dévalent les pentes du Merapi et détruisent tout sur leur passage. Les plus de 400.000 habitants vivant sur les flancs de la Montagne de feu, et à ses pieds, en connaissent les risques et les acceptent. Cette épée de Damoclés, suspendue au-dessus de leur tête, est, en quelque sorte, leur prix à payer pour pouvoir profiter de la fertilité des sols nourris par les cendres volcaniques émises épisodiquement par le volcan considéré, par les javanais, comme un lieu sacré demeure des maîtres spirituels protégeant le royaume.

 

L'activité du Volcan Young Merapi.

 

Depuis le début de son édification, entre 120 ± 75 ans et 190 ± 200 ans, et les temps présents, le Young Merapi a connu 87 éruptions explosives, toutes, exceptées celle de 410 ± 150 ans évent Plalangan, 940 ± 100 ans évent Selo, 1230 ± 200 ans évent Deles, 1380 ± 300 ans et 1480 ± 300 ans évent Sambisari, 2 Septembre 1846 sommet et flanc Sud-Est, 26 Janvier 1906 ± 5 jours sommet et flanc Est, 01 février 1909 Ouest du dôme de lave, et 12 Janvier 1967 brèche supérieure du dôme Batang, de type cratère central, dont 81 attestées scientifiquement, 5 incertaines et une, en 1006, bien que mentionnée au titre de « mahapralaya », - grande catastrophe -, sur la Pierre de Calcutta(3), discréditée et invalidée par les volcanologues.


Mais depuis le 8 Janvier 1548, première éruption explosive centrée sur la partie sommitale de l'édifice, avec coulées pyroclastiques, observée par des européens, 68 jaillissements volcaniques se sont produits dont 26 concernent le XX° Siècle et le début du XXI°.

Ces derniers se répartissent ainsi :

- 5 éruptions explosives du cratère sommital : le 19 Mai 2008, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Janvier 1971 au 26 Juillet 1971, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; de Septembre 1923 à Novembre 1923, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; en 1908, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; Janvier 1918, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; le 03 Février 1903, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 2 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques et extrusion du dôme de lave : le 10 Septembre 1924, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 28 Mars 1915 au 15 Mai 1915, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ;

- 9 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars : du 20 Janvier 1992 au 19 Octobre 2002, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes ; du 29 septembre 1948 à Décembre 1948, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1 million de mètres cubes ; 30 Mai 1942 à Mai 1945, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 million de mètres cubes ; du 13 Décembre 1939 à Septembre1940, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ; du 01 Octobre 1933 à Avril 1935, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ; en Novembre 1932, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1 ; du 18 Février 1922 au 08 Août 1922, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 1million de mètres cubes ; du 01 Février 1909 à Mai 1913, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 8 millions de mètres cubes ; de Janvier 1905 au 01 Juin 1905, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;


- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : de mars 2006 au 09 Août 2007, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4millions de mètres cubes ;

- 6 éruptions explosives du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 10 Octobre 1986 à Août 1990, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 6,8 millions de mètres cubes, 60 victimes recensées ; du 11 Avril 1961 au 28 Novembre 1961, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions mètres cubes ; du 3 Mars 1953 à Décembre 1958, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 9,5 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 15 millions de mètres cubes, 54 victimes recensées ; du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées ; du 25 Juillet 1920 à Février 1921, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de tephra supérieur à 900 mètres cubes ; de Décembre 1902 au 20 Juin 1904, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 2,5 million de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 3,3 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive du cratère sommital, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, avalanche de matériaux volcaniques, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 06 Octobre 1972 à Mars 1985, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 3 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 2,1 millions de mètres cubes, 26 victimes recensées ;

- 1 éruption explosive dans le cratère fissural du Batang, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 12 Janvier 1967 à 1970, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2, volume de lave supérieur à 11 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 13 millions de mètres cubes ;

- 1 éruption explosive au sommet et sur le flanc oriental, avec coulées pyroclastiques, coulées de lave, extrusion du dôme de lave, lahars, évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations : du 26 Janvier 1906 au 17 Février 1907, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 2 , volume de lave supérieur à 10 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 5 millions de mètres cubes.

En cela le Young Merapi est considéré comme le volcan le plus actif et le plus meurtrier, au plan historique, d'Indonésie. Aussi est-il l'objet d'un contrôle continu et permanent par le Merapi Volcano Observatory, - le MVO ou Observatoire Volcanologique du Merapi -.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010 est-elle dépendante du séisme ayant frappé les Îles des Mentawaï ?

 

« Indonésie : Éruption du volcan Merapi après le séisme de Sumatra... Le volcan indonésien Merapi, situé sur l'île de Java, est entré en éruption mardi, quelques heures seulement après un séisme de magnitude 7,7 qui a déclenché un tsunami faisant au moins 413 morts et des centaines de disparus sur la côte de Sumatra... », ainsi s'exprimaient, en termes plus ou moins semblables, dès le 26 Octobre, tous les médias... et colportaient le fait controuvé que l'éruption volcanique était, tout comme pour le tsunami, la résultante du séisme...


Certes les Îles des Mentawaï se situent dans l'Océan Indien, au large des côtes Ouest de Sumatra, en Indonésie, et le séisme du 25 Octobre 2010, magnitude 7.7, se localise au Nord-Est de la Fosse de la Sunda, sur le Mentawaï Ridge, profondeur 20 Kilomètres s'incisant sur le plan de Wadati-Benioff(4) ; le volcan Merapi, se situe sur l'Île de Java, en Indonésie, à l'Est de la dite Fosse de la Sunda, à quelques 300 kilomètres de celle-ci, et, à ce niveau, la profondeur du Plan de Wadati-Benioff est estimée à 170 kilomètres. Mais le Merapi se circonscrit à plus de 1.000 kilomètres au Sud-Est des Îles des Mentawaï et de l'épicentre du séisme sus-cité.

Certes le Merapi fait partie intégrante de l'Arc volcanique de la Sunda, un arc s'étendant sur plus de 2.000 kilomètres, - les Îles de Sumatra, de Java, de Bali, Lombok, Sumbawa, Flores -, et, tout comme les Îles des Mentawaï, partie intégrante de l'avant-arc, - une chaîne de reliefs composée de 131 îles, îlots et rochers séparés de l'Île de Sumatra par le détroit de Mentawaï. Les principales îles en sont les Îles Simeulue, Nias, Batu et Mentawaï. Cette chaîne ressurgit plus à l'est pour former les chaînes montagneuses de Sumba et du Timor -, il se situe en surplomb de la convergence de deux plaques tectoniques, la plaque Indo-Australienne subductant sous celle de la Sunda qui porte le plateau continental englobant les Îles de Sumatra et de Java, et le plateau océanique de Nias supportant l'avant-arc. Mais, à la différence du plateau continental de la Sunda possédant toutes les propriétés d'un continent, - lithologie acide, forte épaisseur de la croûte continentale, histoire géologique -, le plateau océanique de Nias, quasi-inexistant à l'ouest de l'île de Sumatra, - dans la zone de subduction ou la plaque océanique plonge sous la croûte continentale - , est, de plus, en conflit avec le plateau asiatique sous lequel il s'enfonce à la vitesse de 5,2 centimètres par an. En outre, au différent de l'Île de Java, le plateau océanique de Nias est incluse dans un système orogénique.


Certes, les Îles des Mentawai et les Îles de Sumatra et de Java se situent dans une zone sismique et volcanique sensible où les subductions s'y succèdent depuis le Dévonien, - période dominée par la formation du super-continent Gondwana dans l'hémisphère Sud, l'ensemble des océans étant en phase de fermeture -, le Carbonifère et le Permien, - système géologique où toutes les masses de terre, à l'exception d'une portion de l'Asie du Sud-Est, se sont agglomérées en un seul super-continent appelé Pangée. - Mais si la convergence, au niveau des Îles des Mentawaï, à une vitesse de 5,9 centimètres par an, se réalise dans un axe Sud-Ouest/Nord-Est, celle-ci est quasi frontale, vitesse de 6,5 centimètres par an, au niveau de l'Île de Java.


 

Les prémices de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Dès le 22 septembre 2010, le Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - le C.V.G.H.M. -, et le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi, - le P.V.M.B.G. -, avertissent que la sismicité, autour et dans l'édifice du Young Merapi, décelée depuis le début du mois de Septembre, tant dans la fréquence des secousses que dans leur magnitude, est en constante progression. Des observateurs postés, certains à Babadan, 7 kilomètres à l'Ouest de l'édifice volcanique, d'autres à Kaliurang, 8 kilomètres au Sud, signalent, le 12 Septembre, avoir entendu le grondement sourd d'une avalanche de matériaux volcaniques dévaler les flancs du volcan. Mais difficile en est d'en déterminer l'origine : celle-ci avait-elle était provoquée par un séisme dont l'hypocentre se serait situé dans la corps du bâti vulcanien ? Ou par une poussée du magma andésitique engorgeant la sortie du cratère ? Des questions auxquelles il est inadéquat, les deux hypothèses pouvant s'avérer plausibles, d'y répondre.


En effet si la sismicité est croissante, l'inflation du dôme de lave, découverte dès le mois de Mars, est, parallèlement, en accroissement au niveau basal. Cette inflation varie entre 0,1 et 0,3 millimètres jours et, inéluctablement, presse sur le dôme en lui-même, fragilisant le haut de l'édifice, créant des fissures sur ses bords, le rendant, de fait, instable et branlant. Conséquence directe, laissant à penser à un éboulement sommital partiel, le 13 septembre 2010, des plumes, composées de gaz et de matériaux volatiles, de couleur, pâle sont aperçues s'élevant, en une colonne de 800 mètres de hauteur, au-dessus du cratère. Bien plus, le 16 Septembre, sous une grosse poussée magmatique, l'inflation croît, brutalement, de 11 millimètres.

A partir du 19 Septembre jusqu'à la fin du dit mois, et tout le long de celui d'Octobre, la fréquence des tremblements de terre, en alternance avec des plumes volcaniques qui s'échappent du sommet du cratère, un dégazage permanent et une inflation galopante, atteignant des niveaux de 8,5 centimètres jour, du dôme de lave, est en continuelle augmentation et les secousses, aux magnitudes variant entre 2.0 et 3.5, se centralisent, en essaims, au niveau basal du volcan. Le 20 septembre, le C.V.G.H.M., élève le niveau d'alerte volcan, - sur une échelle de 1 à 4 ou, suivant les pays, de 1 à 5 -, au niveau 2.

 

Aux veilles de l'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

D'après le « Djakarta Globe », le vendredi 22 Octobre 2010, 7 séismes profonds, 34 séismes volcaniques superficiels et 321 séismes volcaniques multiphases sont enregistrés, 93 épisodes émissifs de coulées laviques sont constatés et l'inflation du dôme de lave, de 8,5 centimètres, le mercredi 20 Octobre, croît à 16 centimètres. De fait, le C.V.G.H.M. relève le niveau d'alerte volcan de 2 à 3 sur une échelle de 4. Simultanément, les autorités locales prennent les dispositions drastiques qui s'imposent, interdisant toute circulation sur les routes menant au volcan, délimitant une zone d'interdiction de 8 kilomètres de rayon avec, pour centre, le cratère sommital et obligeant les habitants, vivant sur les flancs du Young Merapi, à déserter leurs villages, à se replier au-delà de cette limite, et, surtout, à s'écarter des couloirs de drainage des flux pyroclastiques.


Le volcan est célèbre pour les effondrements cataclysmiques de son dôme de lave qui génèrent des coulées pyroclastiques transitant sur des distances plus ou moins égales à 6,5 kilomètres, les touristes sont déclarés « persona no grata » dans la zone interdite et les mineurs de sable doivent cesser, impérativement, leurs activités. Parallèlement, les autorités envisagent l'évacuation de la zone et s'activent à préparer les routes en vue d'une telle alternative. Les volcanologues attachés au Merapi Volcano Observatory, - Observatoire Vulcanologique du Merapi -, redoutent, après celle de Mars 2006 au 09 Août 2007 ayant entraîné évacuation des habitants, mort d'hommes et dégâts importants aux propriétés terriennes et aux habitations, une nouvelle éruption engendrant des coulées de lave sur 24 kilomètres de longueur, et des coulées pyroclastiques conséquentes qui pourraient lécher les abords de la ville de Yogyakarta, au Sud du volcan, distante de plus ou moins 26 kilomètres.

Les 23 et 24 Octobre, les coulées de lave commencent à affluer dans la Vallée de la rivière Gandol, laissant présager la probabilité d'une éruption imminente. En corrélation avec l'éruption explosive de 2006, le Pusat Vulkanologi & Mitigasi Bencana Geologi, Badan Geologi constate que les distensions provoquées par l'inflation galopante du dôme de lave est plus rapide cette fois-ci et l'accumulation de gaz aérosols impliquent une pression plus importante pouvant aboutir à une éruption explosive de type de celle qui s'est produite du 25 Novembre 1930 à Septembre 1931, Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 13 villages anéantis et un bilan catastrophique de 1.400 victimes recensées.


Concomitammant, au lieu des 321 séismes volcaniques multiphases mémorisés le vendredi 22 Octobre, le samedi 23, 525 sont enregistrés et le dimanche 24, ce nombre est de 672, et les jaillissements de lave augmentent, passant de 93 à 183, le samedi et, avec un taux d'inflation du dôme de lave de 42 centimètres, à 217 épisodes laviques le dimanche. Toutes les suppositions sur le type d'éruption sont émises : soit une une éruption Péléenne avec des coulées pyroclastiques et des ruisseaux de lave, soit une éruption Plinienne, - ou Vesuvienne -, beaucoup plus explosive, éjectant cendres, roches et matériaux volcaniques à plus de 25 kilomètres d'altitude, avec ou sans coulées pyroclastiques. Une seule certitude en est : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006, mais nul ne peut savoir, en date du 24 Octobre, malgré l'éminence de l'aléa volcanologique, quand le volcan entrera en éruption et combien de millions de mètres cubes de matériel volcanique il vomira. »

Le 25 octobre 2010, sur sollicitation du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation, - plus de 650 séismes multiphases le dimanche 24 Octobre et plus de 350, dont un de magnitude supérieure à 5,5 sur l'échelle ouverte de Richter, en moins de 12 heures le lundi, et une colonne de lave s'élevant à environ 1 kilomètre d'altitude au dessus du cratère sommital -, le gouvernement indonésien élève l'alerte au niveau 4 : éruption imminente. Les villageois, vivant dans un rayon de 10 kilomètres autour du volcan, environ 19.000 personnes, concernées dans un premier temps, sont sommées d'évacuer les régions menacées.

 

L'éruption explosive, du Young Merapi, du 26 octobre 2010.

 

Contrairement à ce qui a pu être annoncé par les médias, ce n'est pas le mardi 26 Octobre 2010 mais la veille, le lundi 25, que le Young Merapi est rentré en éruption par le truchement de trois épisodes explosifs majeurs, à 07 h 04 Temps Universel, - 14 h 04 Heure locale -, 07 h 24 Temps Universel, - 14 h 24 Heure Locale -, et 08 h 15 Temps Universel, - 15 h 15 Heure locale -, avec épanchements de coulées laviques qui ont atteint les bases des flancs méridionaux et sud-orientaux. Ce même jour, 222 événements sismiques volcaniques superficiels et 454 événements sismiques multiphases déclenchant, pour certains, des avalanches de matériaux et des flux pyroclastiques sont enregistrés par le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation.


Pour seule information, déniant, de fait, les assertions des gazetiers affirmant le contraire, le séisme de magnitude du moment révisée de 7,5 à 7.7 ayant frappé au large des côtes Sud-Ouest du Pulau Sibarubaru, dans le Kepulauan Mentawai, en Indonésie, s'est produit, le même jour, à 14 h 42 Temps Universel, - 21 h 42 Heure Locale -, soit plus de 7 heures après la première éruption majeure ayant, elle, affecté le Young Merapi. Comme quoi, avant d'être véhiculées et jetées en pâture aux lecteurs majoritairement candides, les informations et les « scoops » médiatiques mériteraient d'être réellement vérifiés, contrôlés et corrigés. Une erreur parmi tant d'autres mais, en définitive, une somme d'erreurs commises journellement, sur nombre d'événements, s'accumulant et portant total discrédit à la caste journalistique.

 

Chronologie des événements éruptifs du mardi 26 octobre 2010.

 

Les éruptions, - de type plinien ? ou vulcanien ? -, débutent, le mardi 26 Octobre 2010, à 10 h 02 Temps Universel, - 17 h 02 Heure locale -, et plusieurs suivent à 10 h 18 Temps universel, - 17 h 18 Heure Locale -, 10 h 23 Temps Universel, - 17 h 23 Heure Locale -, 10 h 30 Temps Universel, - 17 h 30 Heure Locale -, d'une durée de 2 à 9 minutes, à 10 h 42 Temps Universel, - 17 h 42 heure Locale -, une crise plus importante d’une amplitude de 33 minutes Puis, un calme relatif s’installe jusqu’à 11 h 00 Temps Universel, - 18 h 00 Heure Locale -, lorsque d’importants grondements se font entendre, des grondements étagés à 11 h 10 Temps Universel, - 18 h 10 Heure locale -, 11 h 15 Temps Universel, - 18 h 15Heure Locale -, 11 h 25 Temps Universel, - 18 h 25 Heure Locale -, se poursuivant jusqu’à 11 h 45 Temps Universel, - 18 h 45 Heure Locale -. Elles se caractérisent par une succession de douze d'explosions de forte ampleur générant des coulées pyroclastiques et des nuées ardentes qui dévalent, à des vitesses voisines de 500 kilomètres/heures et à des températures oscillant entre 600 et 800° C., les versants Ouest-Sud-Ouest et Sud-Est de l'édifice volcanique.


Ces coulées pyroclastiques et ces nuées ardentes sont accompagnées de roulements sourds laissant présager des avalanches de matériaux vulcaniens consécutifs à des effondrements partiels du dôme de lave et du bâti sommital, et d'un panache de tephras, - majoritairement des cendres -, de gaz chauds et de fumées toxiques s'érigeant, en colonne, à environ 4.500 mètres d'altitude et, sur sa partie basse ayant corps de surge volcanique, déboulant le long des pentes qui sont densément peuplées car très fertiles. Et l'incandescence du cratère est nettement visible depuis le poste d'observation de Selo, sur le flanc Nord du volcan, et apercevable de Yogyakarta, en son Sud-Sud-Ouest, de Surakarta, en son l'Est, et de Semarang, à plus de 60 kilomètres, en son Nord.

Dans un communiqué du 26 Octobre, le Volcanic Ash Advisory Centres, - le V.A.A.C. -, de Darwin(5) précise, même, la présence de cendres à plus de 18 kilomètres d’altitude, au-dessus de l'édifice volcanique, des cendres dérivant vers le Sud et le Sud-Ouest en direction de l'Océan Indien, démontrant, s'il en doit être, la violence des explosions, d'une part, et, d'autres part, les effondrements qui peuvent se produire dans la partie sommitale du Young Merapi. En effet, dans son communiqué, le V.A.A.C de Darwin, annote ; « Altitude du Merapi : 2.947 mètres. », soit une diminution de son cône, s'en tenir compte de l'inflation qui s'est accumulée sur son dôme de lave depuis le mois de Mars, d'au moins 21 mètres, ce confirmant les prévisions émises dès le 24 Octobre : « Le Young Merapi connaîtra une éruption explosive, de type plinien ou vesuvien, comme en 1930 et ne vomira pas seulement du gaz comme en 2006... »


Outre les douze explosions, durant toute la journée du 26 octobre, le personnel du Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation répertorie et enregistre 232 événements sismiques volcaniques superficiels et 269 événements sismiques multiphases déclenchant des avalanches de matériaux et des coulées pyroclastiques, particulièrement affectant le flanc Ouest du bâti vulcanien, 4 jaillissements de lave, 6 nuées ardentes et un panache de cendres, de gaz et de fumées toxiques.

 

Les conséquences de l'éruption du Young Merapi, les 25 et 26 Octobre 2010, sur les populations.

 

D'après la presse locale, tout particulièrement le « Djakarta Globe », même si plusieurs éruptions mineures se sont déjà produites les jours précédents, même si l'ordre d'évacuation a été promulgué par les autorités, environ 15.000 personnes n'auraient pas encore déserté les villages implantés sur les versants du volcan et les abords proches de celui-ci. En effet, si les femmes, les enfants et les personnes âgées ont accepté d’être déplacés vers des lieux plus sûrs, les hommes, eux, ont refusé abandonner leurs maisons pour s'occuper de leurs champs, de leurs cultures et leurs bétails.


Les nuées ardentes, les chutes de cendres et les gaz toxiques ont tué 36 personnes, toutes victimes de brûlures graves, dont une journaliste de Vivanews et Mbah Maridjan, le juru kunci du Merapi, - le gardien spirituel du volcan pour les habitants locaux -, blessant plus ou moins grièvement des milliers d'autres, et anéantissant des villages, tout particulièrement celui de Kinahrejo. Par ailleurs des chutes de cendres ont été recensées à Yogyakarta et à Cilacap, à plus de 120 kilomètres au Sud-Est de l’édifice.

 

Quels risques de destruction totale de son cône pour le Young Merapi ?

 

Au 26 Octobre 2010, au soir, nul ne peut douter que l'éruption du Young Merapi, présentant, dans ses premiers jours, des similitudes avec celle qui s'était produite le 25 Novembre 1930 et qui avait perduré jusqu'en Septembre 1931, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 3, volume de lave supérieur à 26 millions de mètres cubes, volume de tephra supérieur à 1,7 millions de mètres cubes, 1.400 victimes recensées -, puisse se résumer en une crise éruptive volcanique de seulement quelques jours, voire une ou deux semaines au plus. Certes, l'usage veut que de petites éruptions ont lieu tous les deux ou trois ans et de plus importantes tous les dix à quinze ans, que la précédente en date, de Mars 2006 au 09 Août 2007, - Indice d'Explosivité Volcanique (VEI) 1, volume de lave supérieur à 4 millions de mètres cubes -, se soit déroulée sur une durée supérieure à un an. Il n'en paraît pas être vrai, de l'adage, pour la présente car l'Indice d'Explosivité Volcanique, de niveau 1 ou 2 pour la journée du 25 Octobre, doit être, pour celle du 26, estimée à, au moins, 3, un fait laissant présager une crise importante, voire cataclysmique ou paroxysmale, se prolongeant sur les mois à venir.


Le Young Merapi se situe sur un arc volcanique, - l'arc volcanique de la Sonde -, s'étirant sur plus de 2.000 kilomètres, connu pour produire de grandes catastrophes telles, celles historiques, du Krakatoa, en 535, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, avec formation d'une caldeira de 50 kilomètres de diamètre ayant donné naissance au Détroit de la Sonde séparant Sumatra de Java ; du Tambora, en 1815, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 7 -, qui avait une altitude de 4.300 mètres perdant, en quelques heures, 1.500 mètres de hauteur, occasionnant la mort de 92.000 personnes et créant une caldeira de 6 kilomètres de diamètre, profonde de 600 mètres ; à nouveau du Krakatoa, les 26 et 27 Août 1883, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 6 -, les autorités hollandaises chiffrant le nombre total de victimes à 36.417 et laissant une caldeira de 7 kilomètres de diamètre ; le Mont Kelud, en 1586, meurtrier, avec environ 10.000 victimes, et, en 1919, tuant 5.115 habitants de l’est de Java, au Sud de la grande ville de Surbaya ; et le Mont Agung, sur l'Île de Bali, en 1963, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 5 -, entraînant dans la mort 1.553 personnes. Enfin, il ne se peut omettre l'éruption de Toba, sur l'Île de Sumatra, datée de -73.000 ± 4.000 ans, - Indice d'Explosivité Volcanique estimée à 8 -, laissant une caldeira de 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large remplie par un lac, le lac Toba, Elle est considérée comme la plus récente éruption d'un « supervolcan. » Le total des matériaux éruptifs émis était d'environ 2.800 kilomètres cubes, dont 2.000 kilomètres cubes d'ignimbrite et 800 kilomètres cubes de téphras et de cendres.


En outre, et non des moindres, l'histoire du Merapi, depuis sa création, au cours du Pléistocène, très probablement dès le Pléistocène inférieur, est ponctuée par des effondrements de son bâti vulcanien : des échantillons ont été datés, sur le Gunung Bibi, un volcan inactif dans le complexe Merapi, de 670.000 ± 25.000 ans ; des dépôts basaltiques et des coulées pyroclastiques ont été relevés sur les pentes des cônes volcaniques du Plawangan et du Turgo, en périphérie de la cadeira laissée par le Od Merapi, estimés à 40.000 ± 15.000 ans ; vers - 2.000 ± 75 ans, marquée par des épisodes de grandes coulées andésitiques entrecoupées de nuées ardentes, surtout lors de la « série Batulawang » qui s’est achevée par un événement majeur de type Mont Saint-Helens qui a quasi arasé toute la partie Ouest du volcan, laissant, dans sa morphologie, une grande dépression en forme de fer à cheval ; et, enfin, depuis le cratère fissural de Pasarbubar qui, suite à une éruption ou plusieurs éruptions sub-pliniennes et phréato-sub-pliniennes, vers - 120 ± 75 ans, qui ont produit une série de déferlantes ensevelissant des temples éloignés et atteignant l’emplacement de l’actuelle ville de Yogyakarta.

Alors une question se pose : Le Merapi sera-t-il à nouveau, dans un temps plus ou moins bref, son activité étant cyclique, le siège d'un événement paroxysmal ou colossal comme il en a déjà commis, au moins 4 d'entre eux attestés scientifiquement et répertoriés, dans un passé historiquement récent et paléolithiquement lointain ?

 

Bener, le 27 Octobre 2010

Raymond Matabosch

 

Notes.

 

(1) Les coulées pyroclastiques sont des émissions violentes d'un mélange de gaz magmatiques, de laves, de cendres, de blocs et débris projetés latéralement sur les flancs du volcan sous l'effet de la détente de gaz sous pression. Ce mélange chaud, plusieurs centaines de degrés, pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres par heure, détruit tout sur son passage.

(2) L'indice d'explosivité volcanique, - ou échelle VEI, Volcanic Explosivity Index -, fut inventée par Chris Newhall de l'United States Geological Survey et Steve Self de l'Université d'Hawaii, en 1982, pour établir une mesure relative de l'explosivité des éruptions volcaniques. Cette indice s'établit sur 9 degrés : 0 ou Hawaïen non explosif : 1 Hawaïen-Strombolien modéré ; 2 Strombolien-Vulcanien explosif ; 3 Vulcanien sévère ; 4 Vulcanien-Plinien cataclysmique ; 5 Plinien paroxysmal ; 6 Plinien-Ultra-Plinien colossal ; 7 Ultra-Plinien colossal ; et 8 Ultra-Plinien.

(3) La pierre de Calcutta, trouvée à Java Est, en Indonésie, conservée au Musée Indien de Calcutta, porte une inscription et une date correspondant à 1041 après J.-C. L'inscription mentionne une mahapralaya qui serait survenue dans la région de Yogyakarta en l'an 928 de l'ère Saka, c'est-à-dire en 1006 de notre ère. Elle pourrait relater une éruption du Merapi.

(4) Le Plan de Wadati-Benioff est la surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction. Il se se définit en décrivant les effets du phénomène de subduction, plutôt que sa cause.

Le plan de Wadati-Benioff montre une disposition remarquable des foyers sismiques. Les séismes superficiels, dont la profondeur du foyer n'excède pas 100 kilomètres, sont les plus fréquents. Ils se localisent essentiellement entre la fosse et la zone volcanique. Les séismes plus profond ont une caractéristique remarquable : la profondeur de leurs foyers augmente lorsque l'on s'éloigne de l'arc magmatique.

(5) La région couverte par le Centre d'Annonce de Cendres Volcaniques de Darwin, - l'un des neuf V.A.A.C. créés pour aviser l'industrie aéronautique internationale de l'emplacement et du mouvement des nuages de cendres volcaniques -, inclut l'Australie, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et une partie des Philippines. Cette région a vu quelques-unes des éruptions les plus grandes connues à l'histoire.

 

Publié, du 07 au 11 Novembre 2010, sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

11:18 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : merapi, indonésie, Île de java, éruption volcanique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 novembre 2010

Les ires de la Terre. Terre de feu et de lave. Tome II.

Les ires de la Terre.

Terre de feu et de lave. Tome II.

Raymond Matabosch.


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En guise de Préface.


 

Des volcans par milliers, actifs, en sommeil ou considérés éteints...


 

Expression de l’antique ire des Dieux, des Déités et des Démiurges, les volcans, monstres géologiques prenant naissance dans les entrailles de la Terre, terrorisent les hommes depuis l'aube de l'humanité. Vomissant ou crachant des gaz volcaniques, des torrents de laves incandescentes, des pyrotechnies de téphras et de pyroclastes ou des panaches de nuées ardentes, ils semblent sortir de leur sommeil pour inonder la Terre de leur sève destructrice et assassine. Manifestations en surface du régime thermique régissant l’intérieur du globe terrestre, ils sont la résultante d'un ensemble des processus et des phénomènes par lesquels des matériaux rocheux fondus, ou magmas, s’élèvent depuis les profondeurs de la Terre jusqu’à la surface, ou vers la surface, et par lesquels les gaz associés sont libérés dans l’atmosphère.

Depuis des millénaires, ils fascinent l’homme par leur puissance faramineuse et les manifestations redoutables de leur activité. Croyances, divinités, idoles, démiurges, logos et autres dragons en sont nés. Aujourd’hui, paraît-il démystifiés pour les civilisations policées, leur attraction est toujours aussi grande, en raison, surtout, des images spectaculaires et des paysages hors du commun qu'ils offrent. Mais l'attraction n'est-ce pas l'expression du mysticisme ? Et le mysticisme ne désigne-t-il pas le fait de la pratique mystique en induisant, parfois, l'idée d'une formalisation ou une systématisation du comportement mystique. Et le concept de « mystique » n'exprime-t-il pas ce qui est relatif à une croyance, au surnaturel ou au divin qui serait, par nature incommunicable, et où l'âme humaine accèderait à une rencontre directe, par translation attractive, avec le volcan-déité ?

Depuis une vingtaine d’années, pour tous ceux qui s'intéressent aux activités volcaniques dans le monde, il apparaîtrait que le nombre de volcans actifs soient en augmentation. Serait-ce une recrudescence du volcanisme qui affecterait la planète Terre ? Ainsi les scientifiques ne devraient pas être obligés de jouer aux apprentis sorciers en créant des volcans artificiels, pour combattre le réchauffement planétaire, ou en déclenchant, quitte à provoquer des temps apocalyptiques pour les humains, les animaux et la nature, des éruptions dans des volcans en sommeil. Cette pseudo-augmentation traduit, simplement, l'intéressement accru de l’homme pour les phénomènes volcaniques. Les observateurs sont plus nombreux et les transports plus aisés. En outre, l’information volcanologique est plus largement diffusée par l’entremise des médias, - presse écrite, parlée ou télévisuelle -, de l'interconnexion des réseaux informatiques et des publications croissantes de revues spécialisées.

Tous les ans, 60 volcans environ, entrent en éruption. Est-ce si cataclysmique que cela ? En regard au nombre démesuré de volcans érigés sur toute la planète et susceptibles de sortir de leur torpeur, la Terre en est-elle au point de non retour et aux portes de l'explosion généralisée ? Le chiffre de 60 est la marque d'une activité volcanique normalisée et nul risque de destruction totale ne peut être envisagée et envisageable. La planète est vivante et elle s'exprime avec la sauvagerie de ses forces internes incommensurables. Si la première étude connue sur ces montres volcaniques est l'œuvre de Pline le jeune faisant la description, au travers de deux lettres, de l'éruption du Vésuve, en l'an 79, des naturalistes et des savants ont tenté de dresser, dès le XVII° siècle, un inventaire des volcans actifs de par le monde.

Athanasius Kircher, en français Athanase Kircher, est un jésuite allemand, graphologue, orientaliste, esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque. Par son ouvrage « Mundus Subterraneus », il établit le premier inventaire, en 1665, y dénombrant 36 édifices volcaniques. Au XIX° siècle, le géographe, naturaliste et explorateur allemand Alexander Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, procède à des études sur les volcans des Andes et d'Amérique centrale. Il est le premier à gravir de nombreux volcans comme, en 1802, l’ascension du Chimborazo, 6.268 mètres, considéré comme le sommet du monde à l’époque. le Cotopaxi, 5.897 mètres ou le Guagua Pichincha, 4.507 mètres. Dans son livre Cosmos, essai d'une description physique du monde, publié en 1846, il en dénombre 407.

En absolu, le nombre de volcans, existant sur la planète Terre, dépendent de leur statut : actif, dormant ou considéré éteint ? Si le microcosme scientiste, en faire valoir, décide d'en adopter une définition, nul de ses membres le composant n'aura vraiment compté tous les volcans terrestres et, tout particulièrement, les centaines de milliers qui sourdent dans le fond sous-marin. Pour preuve, suivant l'estimation avancée dans le livre de la Smithsonian Institution intitulé « Volcanoes of the World, Second Edition », compilé par Tom Simkin et Lee Siebert, la meilleure supputation, à l'heure actuelle, serait que 1.511 volcans, d'autres avançant le chiffre de 1.521, ont eu des éruptions au cours de ces dix derniers millénaires. Néanmoins le nombre de volcans sous-marins, alignés le long des dorsales, des rifts, des failles transversales et des points chauds ou noyés en limite des plaques lithosphériques, excéderait le million d'édifices.

Quant aux volcans en sommeil ou considérés éteints, aucun de ces scientistes gravitant dans leur microcosme et dans leur bulle, bon nombre reconnus mondialement, n'en fait état, certainement par le fait qu'il en serait trop fastidieux et guère revalorisant, notoriété étant, d'en dresser quelconque inventaire. Mais, pourtant, ces secteurs volcaniques oubliés peuvent connaître de nouvelles manifestations éruptives et, en cela, poser risques à une population ignorante de ce plausible danger mortel probablement imminent soit dans le présent immédiat à 100 ou 1.000 ans, soit dans un futur présent à 10.000 ou 100.000 ans, soit dans un temps indéterminable mais fort lointain et au-delà d'un million d'années. « Là où la terre a tremblé, elle re-tremblera... », dit le dicton... Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les volcans ?

Notes

(1) Éjectas ou téphras et pyroclastes : pyroclastes, - du grec πυρóκλαστος, pyro, feu, et klastos, fragment -, désigne, en géologie, les fragments de roche solide expulsés dans l’air pendant l’éruption d’un volcan. Les pyroclastes sont des fragments de roche magma­tique solidifiés à un moment de l’éruption, ou plus fréquemment pendant son parcours aérien, ou arrachés à l’état solide par érosion des structures géologiques existant le long des conduites éruptives. Le terme téphras, - du grec τέφρα, cendres -, est utilisé comme sy­nonyme d'éjectas, généralement utilisé pour les cendres.


Le livre Les ires de la terre. Tome II.

18:14 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcans, volcanisme, publications, éruptions, merapi, sinanbung | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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