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02 janvier 2014

La Venus Hottentote. (Renga de katauka liés en stances)

La Venus Hottentote.

- Renga de katauta liés en stances -

Le katauta est une poésie japonaise, 3 vers en 5/7/7. Dans ce texte, La Venus Hottentote, par suites de 3 katauta liés sous forme de stances de 9 vers, forment, ce que l'on dénomme, en japonais une suite ou renga composé non par plusieurs auteurs, comme habituellement conçu, mais par un seul....

La Venus Hottentote.jpg

Les siens massacrés

par des hollandais chassant,

pour s'amuser, les sauvages,

les exterminant,

ensuite, sans compassion,

vendant les têtes coupées,

elle, un fermier boer(1),

l'arrachant à ses racines,

vaine esclave est devenue.

 

A tous les excès,

à toutes les suffisances,

à tous les emportements

et aux perversions

de son maître intransigeant

ne pouvant que se soumettre,

cent fois violentée

elle n'a pu qu'accepter

pour enfin être vendue.

 

D'Afrique du Sud

en sol anglais transportée,

d'esclave en bête de cirque,

ainsi transmuée,

au cœur d'un zoo humain,

et d'erreurs de la nature

difformes, tenues

en cages, pour maigres gages

sa vie en a basculé.

 

Sous un ciel de lune,

aux portes d'un autre monde,

drapée de voiles de brume,

Swatche Baartman,

stéatopyge, macronymphe,

et phénomène de foire,

aux regards curieux

d'européens immoraux,

est exposée sans vergogne.

 

Vénus hottentote,

de Londres à Amsterdam,

d'Amsterdam à Paris,

de foirails en cirques

de music-halls en salons

et en nom de la science,

femme mutilée

dévoilant son tablier(2),

est exhibée en public.

 

Déshumanisée,

sa place au jardin des plantes,

Paris devient son tombeau.

Moulée, disséquée,

par l'imminent chirurgien

de Napoléon, en singe,

en orang-outang,

l'insigne homme de science

s'est fourvoyé sans égard.

 

Qu'en chaque siècle homme

policé est exécrable !

Et qu'homme est méprisable

dans sa turpitude

à se vouloir supérieur !

Décrétée de race moindre,

Vénus Hottentote,

par des mains blanches souillée,

en a subi les courroux.

© 2014 Raymond Matabosch

Extrait du recueil  : "Les Oies sauvages",

Naga-uta, Haïbun et Katauka.

 

Notes :

(1) Le Boer, signifiant « paysan »,du néerlandais « boer », se prononçant « bu:r », est le nom donné aux pionniers blancs, d'Afrique du Sud, originaires des régions néerlandophones d'Europe, tant des provinces indépendantes du Nord alors appelées « Provinces Unies », actuels Pays-Bas, que des provinces du Sud sous domination espagnole dénommées Pays-Bas espagnols, mais venant aussi d'Allemagne et de France.

(2) Le tablier hottentot est la déformation volontaire du sexe féminin qui était pratiquée sur les jeunes filles dès leurs premières règles. Des petits cailloux, de plus en plus lourd ensuite, étaient insérés, par deux incisions de chaque côté des petites lèvres de la vulve pour les étirer. Un long processus s’accomplissait jusqu’à l'obtention d'un organe surdimensionné.

23:21 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : katauka, poésie japonaise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 août 2010

Le Pays des Campements de nuit.


Le Pays des Campements de nuit.
- Recueil de haïku et de Tanka -


Préface :

 

La Tunisie, Villes et villages.


Entre éternel recommencement et or du sable du Grand Erg, voici la Tunisie, fille du soleil et du vent… De Tabarka la riante aux palmiers de Tozeur, des vertes collines du Cap Bon aux gorges arides de la Selja, des steppes de Fériana aux oliveraies de Sfax, voici la Tunisie aux mille visages, dont les racines plongent aux tréfonds de l’Histoire, et dont chaque ville, chaque montagne, chaque paysage sont autant de pages du recueil de Tanka et de Renga, « Le pays des campements de nuit, Al Jumhuriyah at Tunusiyah » que Raymond Matabosch vous invite à découvrir…

Ici, la fière et terrible Carthage qui, dit-on, dévorait ses enfants, mais dont les éléphants du Chef Borgne firent trembler Rome; Carthage qui abrita les tragiques amours de la Belle Salammbô et du rebelle Mâtho… Carthage dont les Romains firent, après l’avoir rasée, l’une des plus belle cités d’Afrique…

Là, la riante vallée de la Medjerda et ses vertes collines, regorgeant de fruits et de fleurs, parsemée de ruines antiques dont les noms enchanteurs résonnent encore aux chants des muses: Dougga, Musti, Bulla Régia, Thuburbo…

Voici la superbe Côte Nord que tant de marins, coursier et corsaires ont sillonné, prises, perdue et reconquise: Tabarka la belle, Bizerte la fière, Sidi Bou Saïd la lumineuse qui veilla, dit-on, les amours du roi de France Louis, Neuvième du nom, et d’une belle berbère…

Là encore l’opulent Cap Bon, véritable pays de cocagne où coulent le vin et le miel, ou chante l’orange et bruisse l’olivier, sous le regard perçant du faucon des falaises d’El Haouaria…

Ici Kélibia et son imposante forteresse, là Hammamet et son golfe aux plages mordorées…

Voici la steppe, et surgi des sables, Kairouan la Sainte et sa sainte mosquée, merveille née d’un coup de lance du grand Oqba, le conquérant du Prophète… Voici Sousse et sa Médina, voici les remparts de Monastir, voici Mahdia la Rebelle… Voici la mystérieuse Djerba, l’île des Lotophages, qui déjà enchantait les rêves d’Ulysse de ses mirages dorés…

Voici enfin le Grand Sud et la fascination du désert… Matmata, ses ghorfas et ses villages accrochés au roc, les pistes désertiques ralliant les ksars orgueilleux et solitaires, les dunes de Douz où les oasis se battent jour après jour avec le sable, Tozeur, la ville sainte, peuplée des rêves et des esprit des sages marabouts, Nefta la Belle, assoupie entre mirages et contemplation, Chebika la fière, dominant les gorges profondes où coule l’oued paisible…

Tout cela, c’est la Tunisie, riche, variée, secrète, sauvage et amie, lointaine et si proche…

Mais c’est aussi bien plus: les sourires accueillants, les souks de Tunis flamboyant de couleurs, de vie et d’arômes fleurant le lointain Orient, la bruyante animation du Café des Nattes de Sidi Bou, les superbes mosaïques du Bardo; les barques des pêcheurs au lamparo de Sidi Daoud, les marchands de tapis de Kairouan, l’exubérance du chauffeur de taxi sur la route d’Hammamet, l’accueil fabuleux du restaurateur de la médina de Sousse, le radieux sourire de la fillette des Matmata dans le chatoiement des étoffes colorées claquant au vent, le regard profond de l’homme que l’infini du désert à rendu sage…

C’est tout cela, la Tunisie de toujours, que, Raymond Matabosch, dans son recueil de Tanka et de Renga, « Le pays des campements de nuit, Al Jumhuriyah at Tunusiyah » vous invitent à visiter.


Fawzi Garmadi


Le livre Le pays des campements de nuit

10:55 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie, haîku, tanka, poésie japonaise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25 janvier 2010

Perle de Cristal



Illustrations: Béatrice-Anne de La Mare © Copyrigth 2007.




Acheter Perles de cristal. Haïku et Renga.

Illustrations : Béatrice-Anne de La Mare . ©

Préface : Claudéa Vossbeck-L'hoëst




Perles de cristal,

perles couleur des saisons d’une vie.

Enchaînements d’associations déchaînées

 

Est-ce d’avoir lu la nouvelle de John Steinbeckn The Pearl, ou La Perle, qui entraîne, à la lecture des Perles de Cristal de Raymond Matabosch, autant d’émotions que d’associations mettant en parallèle la noyade de l’individu dans la corruption de masse?

Les associations en effet s’imposent d’elles-mêmes: les aspirations au bonheur de l’homme dans la contemplation des limites de sa condition. La révolte de l’homme face au choc de sa confrontation avec des motivations contradictoires. La solitude du chercheur qui se trouve rejeté par son entourage qui le jalouse. Tout ceci cristallisé en un seul objet: une perle.

Perle. Mot riche en connotations et associations. Se développant à l’abri des regards, au profond de l’eau, de la mer, berceau de nos inconscients, au coeur d’une coquille protectrice, une perle est réaction, absorption, cicatrisation d’une blessure, refoulement de l’agression dans un processus de sublimation. Sa rondeur a su absorber la blessure et en constitue la mémoire. La poésie serait-elle, telle une perle, la sublimation de souffrances à quelque niveau que ce soit, au profond de la sensibilité du poète?

Perles. Mot qui fait jaillir les images de bijoux, de belles femmes, et l’idée du dur labeur des pêcheurs de perles. Mot qui entraîne les qualificatifs de précieuses, naturelles, brutes ou raffinées. Il y en a de toutes sortes. Elles peuvent être sélectionnées pour une parure homogène, ou combinées plus librement, plus naturelle-ment, dans toute leur variété vive d’expression.

Tel est l’enchaînement de haïkus, alignements de formes métriques, rondes en elles mêmes du fait de l’image ou d’un ressenti, enrobées dans une ronde régularité de rythmes et de règles.

Telle une parure de perles naturelles, irrégulières, on ne saurait ici parler de simple agrément des sens: toute la richesse d’ex-pression réside dans sa variété, tant au niveau de l’incident qui provoque la réaction, qu’au niveau de la forme et de l’aspect que revêt cette dernière.

Les plus belles parures sont celles qui savent associer le régulier à la variation, l’élément attendu à celui qui surprend, marier les opposés, la matière dite noble, miroir des aspirations, à celle rugueuse exprimant les racines de l’être, les bases de la vie, les lois de la nature.

Pour ce recueil, Raymond Matabosch, poète au cuir tanné, a su séduire avec sa plume d’une rugosité raffinée le regard coloré de la jeune artiste peintre Béatrice Anne. Avec ses peintures qui parsèment le recueil, de petites fenêtres d’espoir d’un monde meilleur peut-être, ouvert à l’expression du ressenti surement, s’ouvrent partout dans les pages du poète et apportent une interprétation par ici, une variation par là, et si souvent une modulation du thème avec changement du mode mineur en mode majeur.

Dans leur Déclaration, lancée au Sénat de la République le 21 septembre 2007, les poètes réunis lors du 1er Festival International de la poésie, à Paris, ont souligné que, selon leur vision, la parole poétique « s’oppose aux injustices sociales et aux diverses formes d’exclusion », qu’elle est « engagée… se lève contre la dégradation de l’environnement, de la biodiversité, et les menaces qui pèsent sur les différents écosystèmes qui constituent un bien commun de l’humanité ». Comparés à ces résolutions, les écrite de Raymond Matabosch se révèlent ultramodernes dans leur engagement qui prend racine dans un mode d’expression qui a une tradition millénaire

La poésie de Raymond Matabosch n’est pas toujours mélodieuse à lire, pas toujours agréable à intégrer, pas toujours coulante à déguster, mais toujours engagée. A ce titre, maniant l’art d’une expression poétique millénaire, il s’intègre dans un développement artistique résolument contemporain assumant le grand écart entre richesse de contenu et simplicité du contenant, richesse du ressenti et précision concise de l’énoncé, expression claire et association ambiguë, forme polie et idées tranchantes.

Perles de cristal… La grande perle de Steinbeck… Le cristal…

La plus grande perle de cristal, n’est-ce pas une boule de cristal? Matière noble de par sa grande pureté, qui sait capter lumières, reflets et ombres et leur donner forme selon ses facettes. La boule en est le symbole le plus profond car sa surface sans facettes produit des reflets venant de sa profondeur. Si cette immense perle de cristal est synonyme d’expression de l’inconscient, les perles de cristal qu’offre Raymond Matabosch, seraient-elles autant de regards sur le monde, sur les émotions, sur l’homme, sur les événements, sur l’histoire, en connaissance inspirée?

 

Claudéa Vossbeck-L'hoëst




Le livre Perles de cristal. Haïku et Renga.

18:48 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : publication, poésie japonaise, haïku, tanka | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12 janvier 2010

Voilages et macramé

 



Acheter Voilages et macramé

Illustrations: Raymond MATABOSCH


Préface.

 

Au creux de mes doigts, un trésor unique et rare, un recueil de haïkus, « clichés d'instants fugaces retranscrits avec les mots des yeux et le ressenti du cœur... ». Des kyrielles de tableaux s'ouvrent sur des horizons infinis: paysages uniques et colorés, mondes étranges, senteurs exotiques, sons nouveaux, saveurs épicées..., l’auteur transportant ses lecteurs dans un univers subtil de poésie, le sien... envoûtant.

 

« Eaux vert émeraude,

ombres bleu et indigo,

la Mer d'Andaman. »

 

Regards interrogateurs, avides de découvertes, à travers des tercets, rythmés en 17 ou 18 syllabes, expressifs, d’une grande sonorité..., la plume emporte vers des rives où nul lecteur n’a encore été se poser. La magie opère... Ouvrir les pages une à une, suivre le tracé des lignes, et se laisser guider pas à pas... La lumière vient et explose. Soleil d’été, soleil brûlant, réchauffant les mots, et soleil habillé d’Or, pour nous éblouir.. dans le jour naissant, déroulant sa cape de soie... Et les haïkus jouent, dansent, virevoltent, ballet vertigineux, mystérieux…

Le vent, ami du poète, chante, transcende... Le souffle est tantôt doux et parfumé tantôt puissant, cherchant toujours des dunes à caresser. La plume est si légère que les haïkus ressemblent à ces jeunes cygnes blancs en parade sur les eaux des lacs bleus. Ils sont des notes, des dièses, des sons étranges, enivrants et langoureux Quelques octaves s’éternisent... et les mots s’envolent comme des oiseaux en liberté.

 

« Couchers de soleil

rosissant, Mer d'Andaman -

Rochers de Prompthep. »

 

Les haïkus n’ont pas de secret pour Raymond Matabosch. Il les apprivoise, il les caresse, puis les libère pour mieux nous charmer. Le poète est musicien, chanteur, écrivain. Il pianote sur toutes les gammes, il tire des sons poétiques, d’une nouvelle dimension et les Haiku et les tanka, aux mots travaillés avec élégance, deviennent autres dans leurs habits de gala. Tout y est fleur laissant le lecteur en extase! Et les pages s'ouvrent délicatement pour nous révéler la beauté d'une gemme rare, de joyaux.

 

« Gelées matinales,

des stalactites aux fenêtres.

Sapin de Noël.

 

Un élan meurt au matin,

la neige est rouge sang. »

 

Ce style d’écriture ne peut être que personnel, le poète sachant lui donner le meilleur de lui: Comme une essence précieuse, sa plume devient l’opium d’une rêverie! Parfois le Haïku est un phare sur la mer, un laser qui irise l'onde bleue. Il est aussi un oiseau migrateur aux ailes ouvertes sur l’infini.

 

« Au soleil levant,

toute la vallée du Nil,

dans le brouillard, baigne.

 

Une mer blanche immobile

dans l'éternité des temps. »

 

En vérité, le poète est un pèlerin, en route sur tous les continents, peignant tous ses ressentis avec des teintes multicolores. Sous son pinceau, les haïkus se métamorphosent en tableaux de la nature, magnifiant les océans, les paysages, les volcans, les terres et les îles. Il déverse les couleurs et les saveurs. A toute chose, il met en relief les sentiments, les émotions sans contrainte de rimes. Il s’étire comme un tussor sur l’horizon rougi par le soleil couchant, il tremble quand la plume hésite et vacille.

 

« Le désert derrière,

avec ses dunes de sable

et ses pyramides.

 

Un océan violet sombre

aux vagues pétrifiées. »

 

Dans le sablier, grain après grain, s'écoule le temps précieux. Le vent a façonné des dunes d'or où les Haïku y sont des roses des sables. Prenons le temps de trouver l'oasis poétique et de savourer ensemble ces dattes sucrées en tournant les pages de « Voilages et macramés... » de Raymond Matabosch.

MaryJo CLAUS.




Le livre Voilages et macramé

12:00 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : publication, poésie japonaise, haïku, tanka | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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