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31 décembre 2010

Réal en Capcir, un village endormi en bord d'Aude.

Municipalité du Capcir, s'étendant en la partie basse de la vallée, depuis les versants sud-occidentaux du Massif de Madres et son Pic de l'Ós, - le Pic de l'Ours culminant à 2.341 mètres d'altitude -, au col de Censà, limite avec le Conflent, jusqu'aux rives du fleuve Aude, limite occidentale du territoire, qui en ce lieu donne vie au lac artificiel et au barrage de Puyvalador, le territoire communal de Réal, - ou Ral -, au milieu des herbages et des champs de céréales et de pommes de terre, est un espace de tranquillité à proximité de l’effervescence Capcinoise.


Les versants montagneux y sont boisés et la zone cultivée, essentiellement des près et des pâturages où paissent chevaux et bovins, est restreinte. Les activités touristiques ont peu impacté la localité qui subit, de la sorte, un fort pourcentage de dépeuplement. Le village, implanté à 1.509 mètres d'altitude, sur la berge droite de l'Aude, se dore au soleil face à la confluence avec la rivière Lladura, et son hameau, Odelló, du haut de son oppidum, veille sur les destinées de la retenue.


Topographie ancienne de Réal


En 1087, Guillaume, archidiacre, et Guillaume Udalgar font donation, à Guillaume, Comte de Cerdagne, de la villa de Réal qui est située en Comté de Cerdagne dans l'archevêché de Narbonne et dans la montagne qu'on appelle Capcir. A cette date, les délimitations en étaient : à l'Est, le col de Berga Stultos et de Campser, au Midi, Vila Nova, à l'Ouest Formiguera et, au Nord, Riutort et la barraque de Querramat. Querramat, le rocher en forme de branche qui n'a laissé qu'un lieu-dit rattaché, de nos jours, à Puyvalador, était dépendance, en 1011, du Vilar d'Odeillo lequel appartenait à l'Abbaye de Saint Michel de Cuxà.


Origine du toponyme Réal.


Le toponyme « Regaliis » apparaît, pour première mention, dans l'acte de concession, en l'an 893, du lieu que l'ont appelait « Mons Regaliis » situé dans la « villa mancipante de Sancti Romanii de Regaliis » fait à Guillaume Prat, par les frères Acfredo et Oliba II, Comtes du Carcassés-Razés.

Il se conçoit, pour ce toponyme, soit un substantif latin usité par Cicéron et Virgile, se traduisant, en français, par royal, de roi, pouvoir royal ou royauté, d'une part, et, d'autre part, d'après Cassiodorus, dans son « Historiae ecclesiastiae », signifiant résidence d'un roi ou palais : soit une altération de « Regales », concernant les membres d'une corporation de Formies, ville des Volques.

Antérieurement à la domination romaine en Capcir, vivait un peuple indo-européen, de souche Celte-Ibère. La région avait été, de plus, occupée par une peuplade la Narbonnaise, les Volques Arécomiques. De cette période subsistent les toponymes, La Lladura, - ou Rivière de Formiguères -, Sposolla, Formiguera, etc...

Aussi, « Mons Regaliis » étant mentionné dans un acte de 893, soit 300 ans avant que le Comte-Roi catalano-aragonais, Alphonse I, ne bâtit le château de Mont Royal, à Puig Balador, -Puyvalador -, il ne peut que s'admettre que « Regaliis » n'a pas la signification latine de royal, de roi, pouvoir royal ou royauté, et, qu'au demeurant, sa racine se rattache, plus sûrement, aux Celtes-Ibères ou aux Volques arécomiques.

En conclusion, il paraît plausible que Réal soit le lieu où s'installèrent des dignitaires ou des chefs Celtes-Ibères ou Volques arécomiques.


Réal, un village endormi en bord d'Aude.


Des ruelles, un nucléus..., le chaland, s'il ne pose son regard sur les marques d'architecture, ne s'arrêtera pas et passera son chemin. Mais c'est dans les pierres que l'histoire et la vie du village s'inscrit. Là, sur une butte, des substructions ruinées d'un château aujourd'hui disparu, plus loin, gravé dans des blocs de granit de remploi, à l'angle de portes cochères, une croix occitane et des signes distincts tels une colombe et un pentagramme d'une présence cathare, et les bribes d'un vieux « molí fariner », - moulin à farine -, aux maisons, les volets Vauban, une source d'eau minérale d'une fraîcheur exquise... et, pour l'œil averti, une kyrielle de petits détails architecturaux qui font le charme d'une visite approfondie...

Et, déçu de n'avoir rien vu, le dilettante blasé en oubliera, se dressant fièrement, à l'extérieur du village, au-dessus du plan d'eau, pourtant reconnaissable par son clocher-mur, à des lieues à la ronde, depuis tout le plateau du Capcir, l’église à nef unique couverte en berceau brisé, du XI° Siècle et remaniée au XVII°, en moellons de schiste non équarris, de Saint Romain et son cimetière attenant. L'édifice religieux garde, sur sa face Sud, les classiques arcatures et des lésènes lombardes, et une toute petite fenêtre absidale de la même époque. En son intérieur, des fresques datent du XVI° Siècle.

 

Il ne poussera pas le portail grinçant de la nécropole réalaise et n'y découvrira pas, en son centre, la croix en fer forgé qui y trône. Elle marque la dernière demeure d'un Maréchal d'Empire : Pierre Boucabeille. Étrange histoire que la sienne car elle a été ferronnée et gravée à son nom, l'année 1790, par le défunt lui-même, 12 ans avant son propre décès.

Il ne portera pas, non plus, ses pas sur la route panoramique qui se termine au hameau d’Odeillo de Réal, le dernier habitat du Capcinois à bénéficier du soleil le soir et il ne croisera pas la croix en fer forgée qui s'inscrit dans le cadre de la tradition et de la sorcellerie, en Capcir, au XV° Siècle. Ce petit oratoire était un lieu de recueillement et de dévotion où, avant chaque enterrement, les habitants s'y regroupaient pour chasser le démon qui hantait la dépouille roide du disparu.


Réal est ainsi, un village endormi en bord d'Aude, sans histoire et sans intérêt architectural.

 

 

 

Publié le 04 Décembre sur :

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09 décembre 2010

La Tour Cerdane. Un rôle stratégique essentiel.

La Tour Cerdane, - ou Castel de la Torra Cerdana ou encore Castel de Pimorent -, dont il est difficile, encore de nos jours, d'en déterminer son origine historique, est un élément d'un système de défense antérieur au Traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 sur l'île des Faisans, dans les Pyrénées-Atlantiques, au milieu du fleuve côtier Bidassoa qui marque la frontière entre les royaumes de France et d'Espagne et aux Conventions de Céret, Mai 1660, et de Llivia, 7 Novembre 1660.

Sa fonction militaire, au travers des textes anciens consultés, n'apparaît pas clairement d'autant que certains écrits, traduits succinctement, adaptés avec légèreté ou circonstanciels, sèment la confusion dans les esprits.


Implantation de la Tour Cerdane.


Implantée au Sud-Ouest de la commune de Porté Puymorens, sur le sommet arrondi d'un promontoire culminant à 1.675 mètres d'altitude, veillant sur les Vallées de Carol, de la Vignole et de Font Vive, la Tour Cerdane a défendu, jusqu'au XVII° Siècle où elle fut volontairement démolie au moyen de fourneaux de mine, après la Convention de Llivia, le passage du Col de Puymorens.

Assez difficilement accessible, cette construction, ou ce qu'il en subsiste, se compose essentiellement d'une enceinte grossièrement arrondie, ruinée, épousant la configuration du sol, de 23 à 26 mètres de diamètre, d'un ouvrage avancé de type barbacane et d'un fossé. Les parties de mur encore existantes ont une hauteur variant entre 6 et 8 mètres, et une épaisseur 'environ 1,40 mètres sur le front Sud, et 1,50 mètre sur le front Nord, construits en moellons de granit taillés, ou sommairement équarris, liés au mortier de chaux.

Involontairement, le visiteur se sent saisi de respect au milieu de ces ruines, derniers vestiges d'un passé glorieux. Impossible de s'avancer au cœur de la Cerdagne sans passer à droite ou à gauche du mamelon qui portait la gigantesque tour. Car gigantesque, elle devait l'être à en juger par les dimensions extraordinaires de sa base.


La Tour Cerdane, un château ruiné par décision royale.


Les murs extérieurs enfermaient une surface considérable. Ils ont une épaisseur respectable avec des rangées de crénelages sur lesquels il s'y remarque des merlons de 1,20 à 1,30 mètre de long sur 0,50 de large, avec un chemin de ronde de type primitif du IX° ou X° Siècle, certainement élargi par des constructions en bois posées sur des boulins et des corbeaux.

Les deux crénelages, encore décelables, ont été comblés et les murs rehaussés. Leur partie sommitale est trop ruinée pour pouvoir entrevoir la hauteur exacte de ces murs.

La muraille possédait trois portes. La première, murée, sur la partie Est de l'édifice, donnait sur le fossé. La deuxième; face à la vallée, au Sud de la forteresse, se situe à 2 mètres au-dessus du niveau du sol. La troisième est, ou paraît être, la plus moderne, mais effondrée, elle n'est qu'un grand trou béant. Et onze archères sont encore visibles.

L'intérieur de la tour est encombré par des éboulis, en forme de cône dont la hauteur sommitale doit se situer à à 3 ou 4 mètres au-dessus du sol d'origine. Il se compose d'une terre blanche et de moellons. Ces éboulis coulent, au Nord, par une large brèche dans la muraille, en pente douce jusqu'au bord du ravin, s'étalant de part et d'autre des vestiges des murs Est et Nord, sur une épaisseur, au contact des appareils en place, comprise entre 1,50 mètre et 2 mètres, et, au Sud, par ce qui devait être la porte, jusqu'au niveau de la carrière, enterrant, sur une hauteur de 1 mètre à 1,50 mètre, les soubassements de la barbacane ruinée.

Au cœur de la tour, au milieu des éboulis, accolé sur le mur Nord, des murs orthogonaux, en pierre sèche, délimitent un petit enclos. Emmanuel Brousse, dans son livre « La Cerdagne Française », nous signale que « au centre de la tour un jardin a été planté... », information qui nous permettrait de considérer ces murs orthogonaux, élevés avec des moellons ayant appartenu à la forteresse, comme ceux du petit jardin, des murs dont la construction peut être estimée du XIX° Siècle.


La Tour Cerdane, un château-forteresse à part entière.


Avec légèreté, certains se sont crus autorisés à estimer que les ruines actuelles seraient les vestiges d'un unique élément fortifié bâti sur ce site. Au demeurant, la topographie, la conjoncture au sol et la cartographie cadastrale plaident pour un ensemble plus élaboré que peut l'être une tour de défense de passage ou une tour-poste isolée.

Tout laisse à penser que la Tour Cerdane aurait pu être une tour-château flanquée d'une chemise, d'une ou deux barbacanes et d'un ensemble fortifié accolé permettant d'accueillir les habitants de Porta, de Portéa Tholosa, de Bau, d'Abiells et de Pedreguet(1). En effet, cet édifice, de forme approximativement circulaire, peut être comparé à d'autres châteaux tels ceux de Lladore, dans le Pallars Sobirà, de Saint Sauveur en Puisaye, en Bourgogne, et de Restormel, dans le Comté de Corwall.


Raymond Matabosch


Notes :


(1) Portéa Tholosa ou Porté Puymorens; Bau, Abiells et Pedreguet étant des villages qui n'existent plus.

 

Publié le 04 Novembre 2010 sur :

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08 décembre 2010

Le Capcir... « Petit Canada » ou « Petite Sibérie » ?

Le Capcir est une contrée des Comtats, - la Catalogne Nord pour les catalanistes-, et une région historique et géographique des Pyrénées-Orientales, en terres de Roussillon et Formiguères, sa capitale historique, en est la ville principale. Il se situe au Nord-Est de la subcontrée de la Haute-Cerdagne et au Nord-Ouest du Conflent. En son Nord, il incarne la frontière avec l'Occitanie et, en son Nord-Ouest, celle avec le Comté de Foix.

 

Géographie des milieux capcinois : Brèves notions.


Tout son territoire, une haute plaine, sise entre 1.500 et 1.700 mètres d'altitude, entourée de montagnes, s'articule, véritable colonne vertébrale, le long de la rivière Aude qui le draine de Sud en Nord. Trait d'union entre la Vallée de l'Aude et la Cerdagne, il correspond à un nucléus résiduel de la pénéplaine post-hercynienne. Son socle schisteux, basculé par les mouvements tectoniques générés par la poussée pyrénéenne, s'est surélevé dès l'Éocène et, durant le Pléistocène, période couvrant la plupart des glaciations récentes, il s'est revêtu d'une épaisse couche de sédiments morainiques.

Le bord Ouest de la cuvette capcinoise s'élève, progressivement, en marches et paliers glaciaires jusqu'au contreforts septentrionaux du Massif du Carlit, - Pic Carlit 2.921 mètres, sommet granitique des Pyrénées françaises, point culminant du département des Pyrénées-Orientales et de la région Languedoc-Roussillon -, alors que son levant est brutalement interrompu par l'escarpement faillé qui culmine à 2.471 mètres au Roc de Madrés. Encaissée entre ces deux versants, les gorges de l'Aude l'ouvrent, en son septentrion, sur la Vallée audoise et la plaine languedocienne. Enfin, au Sud, porte historique du Capcir, s'ouvre, au grand large, à 1.741 mètres, permettant d'accéder au replat du Jardò(1), au Haut Conflent et à la Cerdagne, le col de la Quillane.


Le climat du Capcir.


Battu par les vents froids d'Ouest et de Nord, - le Carcanet -, le Capcir subit un climat subalpin particulier et rigoureux. Avec une pluviosité relativement peu importante, en moyenne 800 millimètres de pluie par an, des chaleurs maximales en été avoisinant les 25 à 30 ° C, d'autant que durant 8 mois, elle n'excède pas les 2° C, la température moyenne annuelle, à Matemale, flirte avec les 6° C. En 1962, le dit village avait même connu des températures extrêmes de -23°C, celui des Angles -27° C, le maximum de froid ayant touché les hameaux de Riutort et d'Espousouilles, avec des températures supérieures à -30° C.

Donnant une idée au climat qui sévit, en hiver, dans le Capcir, deux surnoms lui sont attachés, le « Petit Canada » et la « Petite Sibérie ». Celui de Petite Sibérie lui sied tout particulièrement car la région est l'un des derniers refuges, en Europe occidentale, d'une plante de Boreo-Arctique, la ligulaire de Sibérie(2), – la Ligularia sibirica -, une asteracée relictuelle de la dernière période glaciaire, protégée en Europe, inscrite à l'annexe II de la Directive Habitats ainsi qu'à l'annexe I de la convention de Berne pour la protection de la vie sauvage.


Les ressources propres au Capcir.


L'agriculture, qui a subi de lourdes désaffections, s'est spécialisée dans le fourrage et dans l'élevage de bovins et d'ovins. Bien que l'Aude, une petite rivière tumultueuse et torrentielle, sillonne le haut canton, sans s'y pérenniser, elle a permis la construction de barrages, celui de Matamale, 20 millions de mètres cubes, et de Puigvalador, 10 millions de mètres cubes, qui alimentent, en eau, des centrales hydroélectriques situées en terres occitanes.

Entre les prairies, la culture du seigle sur les terres froides et pauvres et les champs de pomme de terre, des grandes forêts de pins rouges et de hêtres, - Forêt de la Mata sur les territoires de Matemale, Les Angles et Formiguères -, emplissent le paysage. Au-dessus, entre 1.600 et 2.300 mètres d'altitude, les pins noirs prennent le relais, exploités au bénéfice d'un chevelu de pistes forestières qui, les désenclavant, les parcourent.

Mais, malgré cela, l'économie agricole du Capcir est centrée, depuis 1948, sur l'industrie laitière et dépend, exclusivement, de la coopérative laitière de la Cabanasse, sise en Cerdagne. Et, zone de passage, entre le Languedoc et le Roussillon, d'une part, et, d'autre part, la Cerdagne, cette terre est économiquement liée aux marchés de Mont Louis, en Haut Conflent et de Prades, en Bas Conflent.


Le tourisme et les sports d'hiver en Capcir.


En 2004, la population du Capcir, avec une densité de 10 résidents au kilomètres carré, n'excédait pas les 1.776 habitants. Les communes de Formiguères, son petit marché et son hameau Villeneuve, centre religieux et sanctuaire dédié à Marie, - 445 habitants -, les Angles, - 596 habitants -, Matamale, - 244 habitants -, et Puigvalador et son hameau Rieutort, - 101 habitants -, dépassent la centaine d'habitants et concentrent 93% de la population. Fontrabiouse et son hameau Espousouilles et Réal et son hameau Odeillo, ne retiennent que les 7% de la population restante.

Avec l'ouverture, en fin du XIX° Siècle, de la route qui rejoint, par Axat, Carcassonne, désenclavant le Capcir, s'initie, lors, un courant touristique. Et, avec l'engouement pour les sports d'hiver, les stations hivernales de Formiguères, des Angles et de Puigvalador-Riutort se sont développées au cours des dernières décennies, entraînant des flux de skieurs. Enfin, le barrage de Matamale, bénéficiant des périodes estivales et surfant sur la vague du besoin d’air et de fraîcheur, permet la pratique d'activités nautiques, - la voile, la planche à voile, le ski nautique, le wakeboard... -

Ainsi, tout concourant à proposer des activités nouvelles, tourisme et sports d'hiver favorisent les créations d'emplois et contribuent à la croissance socio-économique du Capcir.


Notes :


(1) Le replat du Jardò : Le Col de la Perxa ou Col de la Perche.

(2) La ligulaire de Sibérie : C'est une plante eurosibérienne subarctique d'origine asiatique, surtout présente en Sibérie et en Europe Centrale, - Autriche, Roumanie, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne, Russie -. Les populations françaises sont très relictuelles, et essentiellement réparties dans le Massif Central, le Cézallier, les Monts du Cantal, l'Aubrac, le Vivarais, le Capcir et en Bourgogne.

 

Publié le 04 Novembre 2010 sur

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03 décembre 2010

Catllar, cité conflentoise. Des chemins et des hommes.

C'est dans la Catalogne de la Tramontane, au Nord-Ouest de la cuvette d'effondrement bas-conflentoise, ou cuvette de Prades, courant depuis Ria jusqu'aux gorges de la Guillera à Rodez, douillettement niché à flanc de montagne, sur la berge gauche du fleuve côtier, irrégulier et travailleur, aux « aiguats » redoutables et redoutés, - celui de 1940, l'un des derniers restant incrusté dans toutes les mémoires -, La Têt, que se situe Catllar et son terroir.

Son territoire communal, d'une superficie de 8,02 km2, se situe, presque dans sa globalité, excepté un petit secteur, les Mas Dalmé et Rouflé, sur la rive gauche de la Têt, à la confluence du fleuve avec son affluent la Castellane. Il est limitrophe, au levant, avec celui d'Eus, au midi, avec ceux de Prades et de Ria, au couchant, avec ceux de Campôme et de Molitg et, à septentrion, avec celui de Cômes, un hameau dépendance d'Eus.


Les chemins antiques.


Depuis l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge, en référence au plan cadastral ancien, - Plan dit Napoléon -, dressé par Monsieur Boudet géomètre de 1° classe et terminé le 18 Juillet 1810, outre les nombreux chemins d'exploitations pour accéder aux vignes, - Camí del Vinyadal, Camí de las Vinyes... -, aux prés et prairies, aux stations pastorales, - deux Camins ramaders ou chemins de transhumance -, et aux terres réservées aux cultures vivandières et arboricoles, - Camí de las Hortes... -, six chemins, les entours même de l'église paroissiale Sant Andreu, cœur de la cité, pour origine, sillonnaient le territoire communal de Catllar et desservaient les communautés voisines de Prades et Ria, de Conat et Urbanya, de Molitg, d'Eus et de Cômes, Campoussy et Sournia.

De ces six chemins antiques, seul un, asphalté, autorise et permet toujours la circulation de véhicules, le « Camí d'Eus à Catllar » dont le Chemin Départemental D 24 reprend , excepté dans la traversée du village, le tracé initial, et le tronçon terminal, toujours conservé, bitumé, transformé en chemin d'exploitation, de Camiols au ravin de las Illes. Les autres, les Camins de Ria à Catllar, d'Urbanya - ou de Campigna - à Catllar, de Molitg à Catllar », de Prades à Catllar et de Catllar au Languedoc, souffrant d'abandon, se sont dégradés, ravinés,... Concomitamment avec la désaffection des terres agricoles, de nos jours, définitivement ruinés faute d'entretien, ils ont disparu dans la végétation ou dans les zones urbanisées de la commune,mais de rares vestiges, sur de courtes distances, sur leur assiette, s'y déterminent encore.


Les voies romaines.


Quatre d'entre eux, le « Camí de Prades à Catllar », à « la Terme », curieux mégalithe fiché en terre à la croisée des chemins au lieu-dit Montcamill, son diverticule dextre prenant nom de « Camí de Catllar à Ria », le « Camí de Catllar à Eus » et le « Camí de Catllar au Languedoc », avaient été voies romaines. La première de ces Via, l'une des trois composantes de la « Via Confluentana1 », par Baixas, Ria, Flassa et Canaveilles, reliait Salsulæ, - Salses -, à Julia Libycæ, - Llivia -. Sur la territoire de la communal de Catllar, elle empruntait le tracé du « Camí d'Eus à Catllar » et ceux de « Catllar à Prades » et de « Catllar à Ria » Beaucoup plus qu'une voie de circulation civile et militaire, elle était surtout une voie de charroi principalement utilisée pour le transport de blocs de marbre, marbre blanc de Baixas et marbre rose de Ria, des marbres que Rome, pour ériger ses monuments, ses édifices publics et ses maisons de maîtres, prisait tout autant que celui extrait des carrières de Carrare; la seconde, le « Camí de Prades , ou de Catllar, - suivant les documents anciens -, au Languedoc », était une voie transversale joignant, depuis Codalet jusqu'à Fosse, par Prades, Catllar, Sournia, Prats de Sournia et Le Vivier, la Vallée de la Têt, et ses « Viæ Confluentanum », à la Vallée de l'Agly, et sa « Via Fenicularia. »


Les voies de communication modernes.


Deux seules voies de communication le desservent, l'une, au départ de Prades, s'indexant sur la Route Nationale 116, dite de Perpignan à Bourg-Madame, un ruban d'asphalte, moyennement entretenu par les services autorisés, avec grandiloquence et hypocrisie, affublé d'un flagorneur Route Départementale N° 619, zigzaguant à flanc de montagne, sautant des ravins pernicieux et longeant des aplombs menaçants; un serpent goudronné non sécurisé menant, apodictiques kilomètres, par temps de pluie, de brouillard et de neige, interminables et cauchemardesques, permet de rallier, via Sournia, Pézilla de Conflent et Ansignan, Saint Paul de Fenouillet, et, s'y greffant, au Nord-Ouest de la commune, au Salt del Gall, la Route Départementale 14, via les Bains de Molitg, Mosset et le Col de Jau, consentant l'accès au Département de l'Aude, lors pouvoir rejoindre Axat; l'autre, plus modeste, une chaussée étroite, toute en circonvolution, le chemin départemental N° 24, se dirige sur la Ville Veille de Sant Vicens d'Eus, Eus, Marquixanes, Arboussols et Tarérach, qui ne peuvent-être atteints qu'en se raccrochant au chemin Départemental N° 35, dit de Prades à Arboussols.


Publié le 28 Octobre 2010 sur


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02 décembre 2010

El Voló, le Boulou, au carrefour des civilisations.

Le territoire municipal de Le Boulou, 14,42 kilomètres carrés de superficie, se situe dans la basse vallée du Tech, dans la zone de contact entre la Plaine roussillonnaise, le Moyen Vallespir et les Albères. Il est limitrophe avec Passa au nord-ouest, Tresserre au Nord-Est, Montesquieu de l'Albère à l'Est, Maureillas au Sud-Ouest, Les Cluses au Sud et Saint Jean Pla-de-Cors, - ou Saint Jean de Pagès -, à l'ouest.

 

Le territoire comprend quatre espaces paysagers.


Au midi, le secteur des Monts de l'Albère encadré, à tramontane, par la rivière de la Rome, et, au levant, par celle de Vallmorena, toutes deux affluents du Tech. Il s'étend depuis la faille Nord-est/sud-ouest de Vivés dont il en constitue le bord externe jusqu'au Pic d'Estelle, 377 mètres, borne naturelle avec Maureillas, les Cluses et Montesquieu. Sur ces hauteurs s'y localisent les ruines de l'ancien vilar de Molars et le Mas encore flanqué de son antique église paroissiale dédicacée à Sainte Marguerite, du VIII°/IX° siècle. Mais, dénaturant le site, tout en étant un habitat de qualité mais épars, s'expurge des lieux une conquête glorieuse de l'urbanisation non maîtrisée et irraisonnée, les verrues immobilières du lotissement des Chartreuses. Et c'est le long de cette faille que sourdent les sources thermales des Bains du Boulou connues depuis le IX° siècle.

Le terroir de la vallée du Tech se caractérise en une terrasse Miocène et Pliocène, - un plat pays portant loin sur l'horizon -, re­présentative du comblement de l'ancien golfe de Bouleternère, - dit aussi de Roussillon -. Sur son flanc méridional s'y sont implantées les infrastructures de la station thermale, - depuis le XVIII° siècle -, d'une usine d'embouteillage des eaux naturelles très minéralisées servant essentiellement à des usages médicaux, d'un casino et d'un hôtel.

À son septentrion - le bourg et les installations auto-portuaires s'y nichant -, le bassin bolonencq s'ouvre sur la riche plaine arboricole et viticole illiberrienne. En ces lieux dominés par les collines du Pla del Rey rendu célèbre par une bataille, en 1794, soldée par une victoire française sur l'armée espagnole, un glacis donne, lors, passage sur des replats datés du pliocène tailladés et lacérés, en bandes de terres étroites, par les torrents, tel le torrent du Renard. Très viticole, ces terres offrent des vins de très haute qualité labellisés « A.O.C. Côtes du Roussillon. »

En son milieu s'étend le large lit majeur du Tech, de plus d'un kilomètre, et le fleuve impétueux, lors des crues, se prélasse en de grands méandres. Quelques arpents de basses terres, - les Hortes del Bosc, les Parets, el Molí Nou -, morcelés en jardins sont vulnérable aux trombes d'eau qui déferlent lors des aïguats dont celui de 1940, le plus mémorable et toujours ancré dans la mémoire des anciens...


Le Boulou, antique et présent, un nœud routier.


La territoire municipal s'ordonnance autour du bourg de Le Boulou et s'enorgueillit de son nucléus thermal et touristique des Bains, son ancien vilar de Molars et son église et, complémentaires à sa fonction antique de nœud de communications, son centre douanier, son péage autoroutier et son autoport.

Antiquement situé en bordure de l'ancienne Via Domitia ve­nant, par Villeneuve de la Raho, Bages, Banyuls dels Aspres, de Ruscino et se dirigeant sur le col de Panissars et l'Espagne, tout proche du lieu dit Les Trompettes, non loin d'Ad Centuriones, où croisaient les voies intérieures de la Vallespiriana et la Via menant à Illiberris, - Elne -, à Caucho liberi, - Collioure -, et à Portus Veneris, -Port Vendres -. Présentement, Le Boulou est traversé par la route Nationale 9 menant, depuis Narbonne et Perpignan, à Barcelone, par le Col du Perthus, et il est longé par l'autoroute A9 « La Catalana » ouvrant, par un péage, sur l'autoport.


Le Boulou, carrefour au cœur des Abères-Vallespir.


Nœud routier à ses origines, le Boulou en conserve son fidèle schéma. Remontant l'axe du Tech rive droite, filant sur l'ouest, la Départementale 115 permet d'accèder, par Amélie les Bains, Céret et Arles Sur Tech à Prats de Mollo et le col d'Ares. Et toutes voiles claquant sous la tramontane, elle redescend, rive gauche, le fleuve pour aller s'enivrer, doublant Saint Genis des Fontaines, Sorède et Argelés, des senteurs iodées de la Côte Vermeille. En oublierait-on le cheval de fer ? Que nenni ! Une voie de chemin de fer, Perpignan-Elne-Céret, uniquement pour le fret marchandise, - la ligne voyageur étant fermée depuis des décennies -, dessert l'autoport de le Boulou.

 

Publié le 28 Octobre 2010 sur :

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30 novembre 2010

L’homme de Tautavel... I.

La Caune de l'Arago, à Tautavel, est souvent comparée à un grand livre d'histoire, un livre d'humanité, de l'humanité à ses racines, où les pages s'effeuillent, une à une, et s'effacent, irrémédiablement, lors de chaque fouille programmée.

« Le front bas, le menton effacé, le regard abrité sous des arcades proéminentes, la démarche balourde malgré une taille qui approchait 1 mètre 60... il n’aurait pas déparé parmi les figurants de La planète des singes »(1), telle est l'une des descriptions réductrice, parmi tant d'autres publiées sur sa personne simiesque, - ou voulue telle -, de celui qui fut, durant 23 ans, considéré comme le plus vieil européen, âgé de 450.000 ans, l'homo érectus tautavelensis exhumé de la Caune de l'Arago, Pyrénées Orientales, le 21 Juillet 1971. Il n'a été détrôné de cet honneur, qu'en l'an 1994, par l'Homo antecessor, une espèce définie à partir de 86 fragments osseux correspondant au moins à six individus, dont le maxillaire et le frontal d’un enfant âgé d'environ 10 ans, - 780.000 ans -, découverts en Espagne, à Atapuerca(2), dans le gisement de la Gran Dolina. Et, en l'an 2000, un Homo ergaster-erectus georgicus, - l’homme qui travaille droit -, découvert sur le site de Dmanisi, en Géorgie, et daté de 1,8 million d'années, posant la question idoine de la présence d'humanoïdes autochtones, en contradiction avec la thèse émise d'une colonisation pré-humaine de l'Europe par des hominidés venus d'Afrique en transitant par l'Asie, les a supplanté dans l'antériorité.

L’homme de Tautavel : hominidé anténéanderthalien ou Homo Heidelbergensis ?


Les restes, plus de 120 fragments mis à jour, de cet hominien tautavellois font toujours l'objet, - polémique stérile, sans nul doute, entre scientifiques impudents, infatués et arrogants, assoiffés jusqu'à l'ivresse de notoriété, de succès dans leur travail et de reconnaissance par la société - de deux interprétations différentes assises, l'une et l'autre, sur le système de classification des êtres vivants essentiellement basé sur les rapports de proximité évolutive entre espèces, la phylogénétique. Pour le préhistorien Henry de Lumley et son équipe, il correspond à une forme européenne d'Homo erectus, la raison pour laquelle le nom d'Homo erectus tautavelensis a été suggéré(3). En cela, pour ses inventeurs, il s'agirait d'un hominidé anténéanderthalien, devancier, sur le sol européen, bien que n'ayant pas nécessairement de lien de parenté avec lui, de l'Homme de Néanderthal. Pour les opposants à cet appellatif binominal d'espèce, il circonviendrait de le classifier dans le genre pré-Néanderthalien ancien, ancêtre direct d’Homo neanderthalensis. Ainsi, tout comme la mandibule de Mauer, - 600.000 ans - , découverte en Allemagne, en 1907, dans une sablière près de Heidelberg, ou le crâne de Petralona, du Mindélien supérieur, - 650.000 à 450.000 ans -, mais étonnamment daté de 200.000 ans, exhumé en 1982 en Grèce, le crâne Arago XXI, devrait alors être considéré comme un représentant de la très controversée espèce, l'Homo Heidelbergensis.

En toute certitude, sur le plan paléontologique, la grotte de l’Homme de Tautavel est, avec le gisement de Sima de los Huesos, - la grotte des os à Atapuerca en Espagne -, sans conteste aucune pour les sommités scientifiques, l'un des plus importants gisements préhistoriques du monde.


La Caune de l'Arago.


Située en surplomb des gorges de Gouleyrous, la Caune de l'Arago, l’une des plus grandes cavités karstiques du Sud des Corbières, véritable nid d'aigle, domine, d’une centaine de mètres, les vallées de Tautavel-Vingrau et de l'Agly, et offre une vue imprenable sur le Rivesaltais, la Salanque et la plaine du Roussillon. Pour les chasseurs de la préhistoire, c'était un poste d'observation idéal, privilégié et stratégique qui leur permettait de surveiller, en toute sécurité, les déplacements du gibier et des troupeaux aussi loin que pouvait porter leur vue sur les landes et le piémont pyrénéen à l'horizon. En outre, le Verdouble, coulant en contrebas, le point d'eau attirait les animaux qui venaient s'y abreuver apportant profit aux hommes. Ceux-ci ne devaient point se priver d'une telle manne en nourriture, - des herbivores : Bouquetin, Cerf, Mouflon, Thar, Daim, Bœuf musqué, Bison, Cerf, Renne, Éléphant, Cheval et Rhinocéros ; mais aussi des carnivores : Ours, Loup... -, tenue à portée immédiate de leurs armes de chasse précaires.


En références aux outils lithiques découverts sur le site, - racloirs, grattoirs, pointes, choppers, chopping-tools et quelques bifaces -, peuvent laisser à penser que l'Homo tautavellensis était un hominidé peu évolué, l'homme moderne se trompe peut être sur les capacités réelles qui animaient ces hommes antédiluviens. N'a-r-il point été découvert, taillé de main d'homme, proche de l'entrée de la grotte, un passage en degrés qui permet d'accéder facilement sur le plateau situé au dessus de la grotte ? Qu'en serait-il réellement ? Ne serions-nous pas dans l'erreur ? Et ne dévaloriserions-nous pas nos antécesseurs par nos clichés proformatés ?


La découverte de la Caune de l'Arago.


Cette grotte a été connue de tous temps mais elle n'a pas été, après la Paléolithique(5), située trop haut dans la falaise et n'ayant, de ce fait, pas pu servir d'abri aux bergers ni de lieu de surveillance aux militaires, tout particulièrement habitée. Au différent, depuis le XIX° siècle elle a acquis un intérêt paléontologique. Dès 1828, elle a été étudiée par Pierre Marcel Toussaint de Serres, géologue et naturaliste montpelliérain, qui y avait découvert des ossements d'animaux qu'il qualifiait « d'antédiluviens. » En 1948, Jean Abelanet, archéologue catalan, y entreprend des recherches qui lui ont permis de mettre à jour des industries lithiques datées du Paléolithique moyen. Et, à partir de 1964, sous la direction d'Henry de Lumley, elle fait l'objet de fouilles systématiques et méthodiques qui mènent, en 1971, à la mise à jour des restes, datés de 450 000 ans, de l'un des plus anciens européens


Raymond Matabosch.


Notes :


(1) Jean-Philippe Mestri : « L’homme de Tautavel rajeuni », Le Progrès, Vendredi 31 août 2001.
(2) Atapuerca est une petite commune de 200 habitants située au nord de l’Espagne, dans la province de Burgos
(3) Marie-Antoinette de Lumley, 1982. « L'homme de Tautavel. Critères morphologiques et stade évolutif », dans « Datations absolues et analyses isotopiques en préhistoire, méthodes et limites. »

Henry de Lumley et Jacques Labeyrie, Colloque international du CNRS, Tautavel, 22-29 juin 1981, pp. 259-264

Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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05 octobre 2010

Villefranche de Conflent. Cité médiévale fortifiée.

Au cœur des Pyrénées Orientales, au pied du Canigou, cité médiévale créée en 1095 par Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne et, au XVII° siècle, fortifiée par Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, Villefranche de Conflent est classé dans la prestigieuse liste des plus Beaux Villages de France. Depuis le 7 juillet 2008, la ville est inscrite, grâce au génie du maréchal de Vauban et au travail important produit et à la détermination de la municipalité pour l'ob­tenir, au Patrimoine Mondial de l'Humanité pour son grandiose en­semble fortifié, comprenant l'enceinte, la citadelle du Fort Liberia et la grotte préhistorique de Cova Bastera.

« Nous pensons que ce sera un vecteur économique intéres­sant car nous ne voulons pas transformer notre ville en musée, nous voulons conserver une vie réelle. C'est pour cela que nous travaillons sur un nouveau plan de gestion. Nous voulons nous proje­ter dans le futur », avait déclaré Rose Marie Soria, son maire, en apprenant que sa commune et celle, proche, de Mont-Louis devenaient les premières communes du département des Pyrénées-Orien­tales à obtenir l'insigne honneur de la reconnaissance internationale de leur patrimoine.

 

Situation géographique.

 

Villefranche de Conflent est une petite commune, d'environ 450 hectares, située en Conflent, délimitée, à l'Est, par le confluent de la Têt et du Cadi et, à l'Ouest, par celui de la Têt et de la Rotja qui, insolite, ne se situe pas sur le territoire communal.

En effet, ce territoire, bizarreries historiques, est composé de deux parties non contiguës :l'une, la ville fortifiée, enclavée entre les communes de Fuilla et de Corneilla-de-Conflent ; l'autre un terri­toire vaste et accidenté, au nord, comprenant le fort Libéria et l'an­cienne église de Saint-Étienne de Campelles et s'élevant jusqu'au village ruiné de Belloc, acheté, au XVII° siècle, pour renforcer les fortifications.

Et, de ce fait, ni la gare, ni le hameau du Faubourg, ni l'église de Nôtre Dame de Vie, ni les grottes des Canalettes, ni les carrières de marbre rose ne font pas partie du territoire de Villefranche, ces sites se trouvant soit sur le territoire de Fuilla, soit sur celui de Corneilla-de-Conflent, soit, même, sur les terres de Ria.

Villefranche de Conflent est desservie par la route nationale 116 la reliant à Prades, - 6 kilomètres -, et à Perpignan, - 51 kilomètres -, à l'Est, et à la Cerdagne et Andorre, à l'ouest, et par un axe ferroviaire en deux tronçons, l'un à voie normale, Perpignan-Villefranche, l'autre à voie métrique, Villefranche-Latour de Carol-Enveigt ou « Train de Cer­dagne ».

 

La gare, constituant, aussi, un point de départ pour des ex­cursions touristiques vers le Pic du Canigou ou l'Abbaye de Saint Martin, s'appelle, en réalité, « Villefranche-Vernet-les-Bains », Ver­net les Bains, une station thermale à 6 kilomètres.

 

Sur un site d'exception.

 

Dans un site architectural d’exception, la cité médiévale se pelotonne derrière une puissante enceinte fortifiée qui, comme un corset de pierre trop étroit, l'enserre et semble l'étouffer.

 

Au XI° siècle, le puissant Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne, opposé au comte de Roussillon, trouve que le confluent de la Têt et du Cadi, profondément encaissé entre des massifs cal­caires abrupts, est un site stratégique.

Par la volonté comtale, Villefranche de Conflent nait dès lors, vers 1090, et cinq premières familles, au bénéfice de qui est ré­digé l'acte de donation, s'y installent. cinq premiers familles, au bénéfice desquelles est rédigé l'acte de donation La ville se construit rapidement et se fortifie en parallèle, la forteresse devant être un verrou sur la route du Roussillon à la Cerdagne.

D'où l'intérêt d'y attirer rapidement une importante popula­tion grâce à la multiplication des franchises : exemption de servitude et création d'une foire dès 1090 ; des droits de « foriscapi », ou droits de lods et de vente, et plus généralement de ce qu'on appelait les « mals usos », les mauvais usages, au XIII° siècle; etc...

Aussitôt fortifié, Villefranche de Conflent commence à jouer son rôle défensif et conserve longtemps cette vocation car, en ajoutant aux remparts médiévaux, son système de fortification, Vauban renforce au XVII° siècle son rôle de capitale militaire d'une région resté longtemps frontalière. Et, pour en améliorer la défense et l'invulnérabilité, il fait construire le fort Libéria et utilise la Cova Bastera pour renforcer le système défensif.

 

Villefranche de Conflent parmi plus beaux villages de France.

 

Aujourd'hui, le village apparaît comme un ensemble monu­mental bâti dans le marbre rose. Sur la place principale, l'église St Jacques est réputée pour son magnifique portail roman du XII° siècle en marbre local. Le village est dotée d'une curiosité à ne pas rater : l'accès au fort Libéria se fait par un étonnant escalier souter­rain dit des « mille marches », construit sous Napoléon III.

Et c'est un réel ravissement de déambuler, d'un pas noncha­lant, dans ses vieilles ruelles bordées de maisons anciennes et de boutiques artisanales , - savons naturels, jouets et objets en bois, sor­cières, bijoux artisanaux, poteries, tapisseries d'art, etc... -

Aux alentours de Villefranche de Conflent se trouvent de merveilleuses grottes., telles les « Grandes Canalettes », avec sa salle Blanche, son lac aux Atolls ou, encore, son Temple d'Angkor ; « les Petites Canalettes » avec ses cristaux de calcites aux formes surprenantes ou « sa Table », une formation unique au monde ; la « Grotte d'Engorner ».... Quant à la « Préhisto-Grotte », la première grotte aménagée en France, par Vauban, en 1707, mais à des fins mi­litaires, l'éveil humain plonge dans l'histoire passionnante des dino­saures, de l'ours des Pyrénées... pour un merveilleux voyage dans le rêve, l'imaginaire et la réalité.

18 septembre 2010

Collioure et le fauvisme. Été 1905, le magnétisme fauve.

A Collioure, depuis le début du XX° siècle, rien n'a changé ou presque. Le charme magnétique des couleurs opère toujours. En ces lieux, Henri Matisse a créé l'un des plus importants monuments picturaux de l'art moderne...

Le 16 mai 1905, en gare de Collioure, le train de Toulouse dépose Henri Matisse, ses valises, ses cartons, ses toiles, ses cou­leurs...


Collioure, décor de carte postale.


Pure comme un cristal de roche, la matinée s'annonce pro­metteuse. D'un large regard circulaire, l'artiste s'imprègne du spec­tacle unique du petit port catalan. La montagne, recouverte d'un vi­gnoble sculpté en terrasses, éclate d'un vert lumineux et se jette, en contrebas, dans une mer violette.

A ce décor, Collioure ajoute les tons chauds de ses maisons de pêcheurs, le schiste gris de son château royal, le jaune de ses plages et l'ocre des rochers qui affleurent à la surface de la Méditer­ranée.

Tout au long de cette journée, l'artiste contemple, avec fasci­nation, les changements de nuances. Au soleil de midi, la gamme des couleurs s'exacerbe pour s'apaiser, progressivement, le soir venu. Le charme est total.


La fascination d'un site et la naissance d'un courant pic­tural.


Henri Matisse sent-il qu'il y a, à Collioure, ce qui peut faire exploser tout ce qui est en gestation dans sa quête picturale ? Pressent-il la potentialité de ce que le critique Jean Leymarie appelle « l’accord entre un site et les préoccupations artistiques d’artistes venus y mûrir leur vision... ? »

Henri Matisse insiste auprès de son ami et complice André Derain à venir le rejoindre. Ensemble, et jusqu'à la fin de l'été 1905, ils vont peindre jusqu'à l'épuisement. Les deux artistes travaillent avec frénésie, passant par des périodes de doutes et d’exaltation, mettant en couleurs le profil du village, le clocher, le château, les fi­lets qui sèchent sur la plage, les barques qui partent, les femmes qui ravaudent…

L'un et l'autre pressentent une nouvelle manière de travailler et rompent avec l'impressionnisme et le pointillisme divisionnisme cher à Seurat et à Signac.


La plage rouge...


Matisse peint la plage de Collioure en rouge et tente de s'en expliquer : « Vous vous étonnez, sans doute de voir une plage de cette couleur ? En réalité, elle était de sable jaune. Je me rendis compte que je l'avais peinte avec du rouge... Le lendemain, j'es­sayais avec du jaune? Çà n'allait pas du tout, c'est pourquoi j'ai re­mis du rouge... »

Derain panique un instant et craint l'égarement, voire la folie. « Cette couleur m'a foutu dedans... », déclare-t-il, « Après, je me suis laissé allé à la couleur pour la couleur. J'ai perdu mes an­ciennes qualités... »

Pour les deux artistes, il n'est plus question de faire marche arrière. L'émotion dicte leurs recherches. Et la lumière ordonne leurs tableaux. « Une lumière blonde, dorée qui... », selon Derain, « sup­prime les ombres... C'est un travail affolant. »


Une collaboration féconde en utilisant « les couleurs qui sortent du tube ».


Matisse et Derain multiplient les balades. Les ruelles fraîches du quartier des pêcheurs surplombent le village et offrent de merveilleux points de vue sur le clocher de l'église Notre Dame des Anges. La jetée du faubourg aligne les couleurs chatoyantes des élé­gantes barques catalanes. La promenade, le long du château royal, permet d'observer le ballet incessant des bateaux de pêche qui rentrent au port lourdement chargés d'anchois. Sur la plage de Bora­mar, les embarcations sont hissées au moyen d'un cabestan...

Les deux artistes étudient cette activité incessante avec atten­tion : les voiles qui sèchent sur la plage, les files que les femmes raccommodent, les visages des marins qui ne comprennent rien à leur peinture et qui se permettent, même, quelques moqueries...


« Cautio liberi », le statut de l'homme libre.


 

Malgré la perplexité ambiante, Matisse entrevoit l'aboutisse­ment de leurs recherches : « Je ne cherche plus qu'à faire chanter les couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdic­tions... », avoue-t-il même, « ….Je compose, dès lors, avec mon des­sin, de façon à entrer directement dans l'arabesque et la couleur... »

Imperceptiblement, un mouvement pictural prend naissance.


Au Salon d'Automne 1905, le basculement de l'art pictu­ral vers le modernisme.


Au Salon d'Automne de 1905, dans la salle VII, placée par Plumet au cœur de l'exposition, Matisse et Derain présentent le fruit de leur travail, c'est le scandale...!

Parmi les huiles aux couleurs violentes, - un « pot de pein­ture jeté à la face du public », écrit Camille Mauclair -, trônent, dans un style très traditionnel, au milieu de la pièce, deux bustes d'Albert Marquet. La présence de ces sculptures provoquent le com­mentaire ironique de Louis Vauxcelles, critique d'art au journal Gil Blas ; « ...La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des tons purs : Donatello chez les fauves... »

Le terme fauvisme voit ainsi le jour pour la première fois.


Le chemin du fauvisme.


Que reste-t-il aujourd'hui de toute cette aventure ? Sur le plan pictural, l'œuvre est immense puisque Braque, Marquet, Dufy effectueront également le voyage de Collioure. Ils marqueront, à ja­mais, la peinture de leurs couleurs pures, violentes et lumineuses. Ces teintes n'ont évidemment pas changé et elles continuent d'inon­der Collioure de leur éclat.

Pour évoquer ces « années fauves », un « chemin du fau­visme » a été élaboré dans le village sur les traces de Matisse et de Derain. Dans les rues, au château, sur le port, des reproductions de tableaux sont exposées à l'endroit même où les peintres posèrent leur chevalet.

A travers cet itinéraire, véritable musée imaginaire, Collioure apparaît en pleine lumière. En ces débuts du XXI° siècle, la palette des couleurs est toujours ben réelle et le fauvisme encore bien per­ceptible.

 

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

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09 août 2010

Fenouillèdes et Vallée de l'Agly : Mystères, contrastes et légendes.

Le Fenouillèdes, une région naturelle, à la beauté sauvage faite de collines calcaires peu escarpées mais très segmentées et de moyennes montagnes, se situe au nord-nord-ouest du département des Pyrénées Orientales. Comme toutes les régions estampillées « naturelles », ou pays traditionnels, ses frontières sont estompées, nébuleuses et incertaines.

Il est d'étendue limitée et possède des caractères géomorphologiques, géologiques, climatiques, hydrologiques..., faunistiques et floristiques homogènes. Par la perception et la gestion de ses terroirs spécifiques, le développement de ses paysages et son identité culturelle propre, s'associant à son particularisme physique, il s'enorgueillit d'une occupation humaine cohérente, rationnelle et, égale­ment, homogène.


Les racines historiques du Pays de Fenouillèdes.


Ce pays institutionnel a été reconnu et inventé par les géo­graphes antiques grecs et les instances consulaires romaines. En ef­fet, lorsque, sous Auguste, la Narbonnaise fut restructurée, et les contours de la Provincia Romana et, en son intérieur, celles des cités la composant furent redéfinies par le cadastre d'Orange, en 77 après J.-C. sur l'ordre de l'empereur Vespasien, apparut pour la première fois le « Pagus Fenioletensis.(1) »

Il prend également racine dans la longue histoire d'un fief féodal pérennisé par les érudits locaux et par les anciennes popula­tions rurales. Pierre, seigneur de Fenouillet, était le premier Vicomte connu de Fenouillèdes, sous domination catalano-aragonaise, pour être cité, en 1017, dans l’acte de fondation de l'évêché de Besalù(2). Auparavant, en 1011, un bulle du Pape Serge IV indique « qu’un monastère, consacré à Saint Pierre, sera établi dans le comté du Fenouillèdes, à l’intérieur du château vicomtal. »


Les racines politiques du Pays de Fenouillèdes.


Fenouillet, ayant donné nom au Fenouillèdes, était très faci­lement défendable. Deux lignes de murailles protégeaient le village surmonté du château vicomtal Saint Pierre. Le tout était renforcé par deux châteaux secondaires : Sabarda et Castel Fizel. Jusqu'à la fin du XII° siècle, Arnaud étant le dernier vicomte en ligne directe, la Vicomté de Fenouillèdes était dépendance du Comté de Besalù.

A sa mort, sa fille épousa Pierre de Saissac fils cadet d'une puissante famille de la Montagne Noire. Par jeu des alliances, le château et la vicomté entrèrent dans la mouvance des vicomtes de Narbonne. Les Saissac étant liés à la religion cathare, la vicomté étant largement ouverte à la dissidence religieuse, le catharisme atteignit, lors, le Fenouillèdes. Pour son soutien à l'hérésie, Pierre de Fenouillet fut dépossédé de ses biens au profit du Comte de Roussillon, des biens retournant, ainsi, à la couronne catalano-aragonèse.


Dès le XIII° siècle, le Pays de Fenouillèdes, terre de France.


Mais au traité de Corbeil, 11 mai 1258, le Roi de France, Louis IX se démit de ses prétentions sur la Catalogne. Parallèle­ment, le Comte-Roi de Catalogne-Aragon, Jacques I° d'Aragon, re­nonçà à certaines de ses revendications territoriales, excepté Montpellier et autres possessions d'appartenance à son épouse Marie, dans le Languedoc. La Vicomté de Fenouillèdes devint terre de France et fit sienne la langue d'Oc et, par elle, l'occitan.

Le département des Pyrénées Orientales fut créé, à la Révo­lution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 dé­cembre 1789. Il regroupa la province du Roussillon devenue fran­çaise par le traité des Pyrénées(3), 7 Novembre 1659, et une petite région du Languedoc, le Fenouillèdes.


Le Fenouillèdes, une région naturelle marquée par ses cours d'eau.


A l'est, le Fenouillèdes est délimité par la plaine du Rous­sillon et les Corbières catalanes, au nord par les Corbières audoises, à l'ouest, par le Pays de Sault et, au sud, par le Conflent. Près de Ra­bouillet et de la forêt de Boucheville, le « pays » culmine à 1356 mètres au Roc des Quarante Croix.

Terre de contrastes surprenants, il s'organise autour d'une kyrielle de micro-régions naturelles, aux paysages et aux climats va­riés. L'Agly et ses affluents ont charpenté un relief montueux et accidenté déroutant, particularisé par un enchaînement de dépressions et de grabens, de plateaux et de horsts, et de barres rocheuses verti­gineuses.


Atlas des paysages du Fenouillèdes.


Le Haut-Fenouillèdes, dont l'altitude est comprise entre 300 et 1.356 mètres, à l'ouest, est constitué de vallées peu habitées et de massifs montagneux boisés Il associe rudesse et beauté dans ses paysages. Il est délimité, au nord, par le synclinal du Fenouillèdes, à l'est, par la vallée de l'Agly et le plateau de Roupidère et, au sud, par la vallée de la Castellane. Comme en témoignent les nombreux vestiges d'architecture militaire, il est riche d'un passé tumultueux. Quelques routes sinueuses desservent les quelques villages qui se nichent soit dans les vallées : Sournia, Rabouillet, Pézilla-de-Conflent, Le Vivier, Fenouillet..., soit sur les versants : Prats-de-Sournia, Campousssy...

Le Bas-Fenouillèdes, dont l'altitude est comprise entre 60 et 800 mètres, humant les parfums de la garrigue et la fraîcheur des fo­rêts, les ravins escarpés en larges plateaux, est terre de vigne. Il est connu pour ses vins doux du terroir Maury.. Mais ici, la rocaille est toujours prête à reprendre, à l'homme, l'espace difficilement conquis aux rudes massifs quasi-désertiques. Quelques dix villages campent sur ce territoire et chacun n'excède pas aujourd'hui les 200 habitants.

S'étirant entre les gorges de l'Aude à l'ouest et la vallée du Verdouble à l'est, là est l'étonnant synclinal du Fenouillèdes. Il s'allonge sur une trentaine de kilomètres pour environ quatre kilomètres de large entre les deux échines de calcaires qui l'encadrent. Une route départementale et une ancienne voie ferrée desservent les trois villages qui l'occupent : Maury, Saint-Paul-de-Fenouillet et Caudiès-de-Fenouillet. Dans sa partie est, coule le Verdouble qui arrose une vallée, mondialement reconnue pour avoir abritée, il y a 450 000 ans, « l'homme de Tautavel ».


Notes.


(1) Pagus Fenioletensis, de « pagus », bourg, bourgade ou village, district rural ou canton, et de « feneus », de foin, le pays des foins, ou de « fenicularius », de fenouil, le pays du fenouil d'où décline le Fenouillèdes et Fenouillet.

(2) Marca hispanica sive limes hispanicus, hoc est, Geographica & historica descriptio Cataloniae, Ruscinonis, & circum jacentium po­pulorum, Pierre de Marca. - Paris 1668.

(3) Le traité des Pyrénées formalise une paix conclue entre le royaume d'Espagne et celui de France à l'issue de la guerre de Trente Ans. La France annexe, articles 42 à 60, le comté de Rous­sillon, les pays de Vallespir, de Conflent et de Capcir et 33 bourgs et villages de l'est du comté de Cerdagne.


"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

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08 juillet 2010

Montagnes et vallées comtales. Patrimoine et traditions.

Entre les plages aux sables blonds et les côtes de schistes noirs des rives méditerranéennes et les pics acérés des Pyrénées, trois vallées, terres de contrastes, de révolte et de résistance entre tradition et modernité, au sortir du bassin roussillonnais, se partagent le territoire des Pyrénées Orientales.

A quelques lieues de Perpignan, en pentes régulières bien qu'imperceptibles, inéluctablement la plaine s'effiloche et s'éloigne. La terre commence à prendre de la personnalité, de la rigueur et du relief. Engrossant les vignes offertes aux rayons du soleil, l'Agly et le Fenouillèdes, les courbes, aux teintes calcaires, se vêtent de rocailles et d'aridité. A peine un peu plus loin, grès, schistes et granites la parant, s'habillant de vert intense et se rafraîchissant aux berges de petits ruisseaux serpentant le long des chemins pour arroser les champs de pêchers, d'abricotiers et de pommiers, le Conflent, elle se métamorphose. Plus loin encore, le Vallespir, elle est feuillue et mystérieuse, drapée de cerisiers, de chênes lièges et d'histoires étranges...

Alors, le regard, avide d'apprendre et de connaître, peut embrasser les cimes montagneuses des Puigmal, du Carlit, des Madres, du Bugarach, de la Roca Colom, du Roc de Frausa et de l'emblématique Canigou.


La vallée de l'Agly.


Avant que la forêt profonde n'annonce la montagne, l'Agly Fenouillèdes fait étalage de son charme un peu sauvage et, au détour du vallon, la garrigue aux essences méditerranéennes et la fleur de rocaille cèdent leur place à la vigne offerte au soleil et à la Tramontane.

Aux portes de Tautavel, dans la Caune de l'Arago datée de 450 à 700.000 ans, l'homme, « Homo érectus tautavellensis », a laissé son empreinte.

Frontière naturelle avec l'Aude voisine, les Corbières, fières et arides, dressent, sur leurs pitons rocheux, les arrogantes citadelles du vertige telle celle de Quéribus. De son sommet, le château de Peyrepertuse et les forteresses d'Aguilar et de Puilaurens qui furent le théatre de résistance, de sièges, d'assauts et de massacres, se profilent à l'horizon.

Que quelques pas en quittant Saint-Paul-de-Fenouillet et la formidable faille des gorges de Galamus garde, jalousement en son sein, l'ermitage Saint-Antoine fréquenté depuis le VII° siècle.

Rivesaltes, Maury, Rasiguères, Caramany..., des noms chantant le plaisir des papilles et accompagnant les grillades des soirs d'été, ici, les vignobles produisent des vins ensoleillés et gouleyants.


Le Conflent.


De Rodés aux portes de la Cerdagne et du Capcir, des derniers vergers aux premières cimes acérées des montagnes, le Con-flent suit la vallée de la Têt et celles de ses affluents.

Eus, érigé en pyramide sur son promontoire tapissé d'oliviers, tout comme Evol, patrie de Ludovic Massé, et Mosset, est l'un des « plus beaux villages de France. » Lors vient Prades et son église Saint-Pierre, de facture baroque, du XVII° siècle, abritant un merveilleux retable de Joseph Sunyer. Non loin se profile l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuixà qui exerça, longtemps, une influence religieuse et culturelle bien au-delà de la Catalogne.

Tout comme la cité fortifiée de Mont-Louis, bastionnée par Vauban, classée en 2008 au Patrimoine Mondial de l'Unesco, Villefranche de Conflent, est une place forte fondée en 1090. Au-dessus de la ville, le Fort Libéria veille sur l'emblématique Petit Train Jaune, gaillard malgré les années, qui assure la liaison ferroviaire avec Latour-de-Carol.

Réserve naturelle de Nyer... bains d'eaux chaudes, en pleine nature, d'Olette, de Canaveilles, de Prats Balaguer... grottes mystérieuses des Canalettes et d'En Gorner...C'est aussi tout cela, le Conflent !


Le Vallespir.


Au différent de ses deux sœurs fluviales, le Vallespir est bien mystérieux...

La légende du pont du Diable, à Céret... La Sainte-Tombe, dans l'abbatiale Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech, se remplissant « d'eau miraculeuse » de façon inexpliquée... Et la fête de l'ours qui met en scène dans les rues de Prats de Mollo et de Saint laurent de Cerdan un homme-animal traqué par des « chasseurs-barbiers »... Et les cerises qui sont, dès la fin du mois d'Avril, les premières de France, le chêne-liège les tissages catalans et les espadrilles aux longs lacets, amies de la Sardane, fabriquées à Lamanère... Pour ces énigmatiques terres verdoyantes, adossées aux Albères, Picasso, Matisse, Chagall, Soutine, Pierre Brune... en tombant sous le charme de leur lumière et de leurs couleurs, n'hésitèrent pas à investir Céret...


Pyrénées Orientales, terre mythique et mystique.


Entre terre, mer, soleil et montagne, sous l'aile protectrice du géant catalan, fascinante montagne, citadelle avancée des Pyrénées et vieux berger des ans encapuchonné d'ouates hiémales, le Massif du Canigou, il y a aussi les hommes, leur savoir-faire, leur patrimoine, leur terroir… qu'ils savent offrir en partage.


"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

25 janvier 2010

Terre des hommes. Tome II.

Terre des Hommes. Tome II

-  Deux études géologiques. -


Acheter Terre des hommes. Tome II.

Extraits de préface.

Sismologie

et volcanologie

en Roussillon.



........ (extraits)

... Agir ainsi est une erreur gravissime car, masquant la vérité, probablement dans un but mercantile d'urbanisation à outrance, -"qu'adviendrait-il si un tremblement de terre se produisait dans l'Océan Indien, à Sumatra, en Thaïlande, en Inde..., ou en Mer Méditerranée, déclanchant un tsunami? Je ne voudrais pas faire de catastrophisme mais, suivant les constatations que j'ai pu faire, nous sommes réellement aux portes d'une telle éventualité. En effet, des signes évidents d'un futur séisme à grande échelle, sous 8 jours, 15 jours, 1 mois au plus, apparaissent tant en Méditerranée qu'en Océan Indien et les autorités doivent en prendre conscience et prendre toutes les précautions qui s'en imposent tant il est imminent. Et je tiens tous mes relevés à votre disposition, ainsi que mes conclusions, si vous êtes désireux de les consulter"-, par celà multipliant les profits, une urbanisation à outrance qui alourdit la charge et pèse, par ses millions de tonnes de béton, de macadam, etc..., sur la croûte terrestre dure, certes, mais très fragile...

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... Le pechblende est un minerai d'uranium et, dans d'infimes proportions, du radium et des acténides, -actinium, thorium...- La présence de granite, près d'une souche ou d'un filon de pechblende, provoque la scission des atomes, -réaction nucléaire-, et, à partir de la 6° scission, il se produit l'émission d'un gaz, le radon, qui s'accumule dans les failles souterraines et, par diverses mutations naturelles, pouvant produire des gaz radioactifs, le radon 222, le radon 220 ou thoron, le radon 219 ou actinon., etc... De même, par les effets pervers du granite au contact du pechblende, l'uranium y contenu peut se transformer en fluor U.F., produit de base pour obtenir de l'uranium 235 et de l'uranium 238, et, par une série de transmutations minérales, du plomb 206, tous produits radioactif à haute nocivité. Suite à de nombreuses prises de mesures, en zones granitiques, sur le pourcentage de radioactivité naturelle, "l'on" constate que ce taux est en constante évolution, certains terrains contenant des doses excessives, proches, égales ou supérieurs à 2.000 becquerels faisant que certaines terres habitables ou habitées sont pratiquement assises sur de véritables "piles nucléaires", l'irradiation y étant forte et démesurée en regard des normes requises.

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... Perpignan le 15 Décembre 2004...
... Raymond MATABOSCH




Les argiles gonflantes.

III. De la climatologie.



........ (extraits)

... « Pas plus que je ne vous assommerai avec les saisons solaires, des saisons cosmologiques, -glaciation, chaud-humide, sécheresse-désertification et froid-humide-, qui, ne vous en déplaise, ne se calculent plus en trimestres, -ou à plus ou moins 90 jours-, mais qui s'étagent tous les 10/11.000 ans environ, elles mêmes affectées au niveau d'un super, puis d'un hyper système solaire...et enfin du système galactique, conséquence d'un triple effet de rotation animant tous les éléments qui composent l'univers. En effet, chaque planète, chaque satellite et chaque astre, pivot de chaque système, tournent sur eux-mêmes, dans un plan horizontal, -détermination des jours-, et dans un plan vertical, -déplacement et renversement des pôles-, et autour d'un régulateur central, -détermination des saisons et des années-, à des vitesses différentes. Il en est ainsi, dans notre système solaire, pour la Lune, satellite naturel de la Terre; pour Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptuné, et tous leurs satellites ou Lunes; pour Pluton, Cérés, Eris..., planètes naines; et pour le Soleil, une étoile parmi des milliards et des milliards qui peuplent l'univers, lui même satellite naturel d'un super soleil, pivot central d'un super système solaire, lui-même satellite d'un hyper pivot, etc..., dans notre Galaxie qui comprend quelques 200 milliards d'étoiles, -donc quelques 200 milliards de systèmes solaires- et, au moins, 1.000 milliards de planètes.

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... « Nous sommes rentrés depuis environ 9 à 10.000 ans, dans la saison du système solaire "chaud-humide", semblable, en quelque sorte au printemps terrestre, avec les conséquences qui en découlent:
« 1°. Inondations, des exemples nous en sont fournis un peu partout en France, en Europe et dans le monde, bien évidemment en Laguedoc-Roussillon, région dans laquelle nous sommes. Au cours des quatre dernières années, Estagel, la Salanque,... dans les Pyrénées Orientales, l'Aude, l'Hérault, le Gard, la Lozère, et, à nouveau, l'Hérault et le Gard, et encore le Gard, etc...
« 2° Tempêtes, cyclones, ouragans, tornades, etc..., avec des vitesses venteuses sans commune connaissance avec celles qui sévissent, présentement, sur le territoire national, voire européen, avec des vents tournoyants, tourbillonnants, violents, soufflant à des vitesses excessives, souvent supérieures à 200/250 kilomètres/heure, tant bien même égales ou supérieures à 300/350 Kilomètres/heure.
« 3°. Multiplication des phènomènes du type "El Niňo."
« 4° etc... etc... »

... toutes choses annonciatrices de la saison solaire "sécheresse-désertification"... déja engagée... et, par pitié, qu'on ne nous parle pas que la pollution, elle n'étant qu'un accélérateur ténu, -100 ans maximum sur environ 10/11.000 ans que dure une saison solaire-, soit cause du réchauffement planétaire...

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... En fait, nous arrivons au terme du printemps solaire, avec ses températures clémentes mais estivales si nous les comparons aux étés terrestres, et nous nous approchons, à grands pas, de l'été solaire. Un seul mot pour en dire qu'elles en sont ses conséquences pour une bonne partie du territoire français: ni plus ni moins que le désert saharien, -à plus ou moins brève échéance, environ mille ans-, ce tel qu'il en a pû en être, entre autres terres celles du Roussillon et des Pyrénées Orientales, il y a environ 30 à 32 mille ans...

... Le SOLER le 27 Octobre 2004...
... Raymond MATABOSCH


Le livre Terre des hommes. Tome II.

18:55 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géologie, volcanisme, sismologie, pyrénées orientales, catalogne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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