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12 juillet 2015

Les volcans du Kamchatka. Tome I : L'Univers Kamchatdale

Les volcans du Kamchatka. Tome I : L'Univers Kamchatdale

de Raymond Matabosch

volcans du Kamchatka.jpg

Les volcans du Kamchatka Tome I L'Univers Kamchatdale

ISBN : 9781326351236 

Langue : Français

Pages : 110

Reliure : Couverture souple en dos carré collé

Impression intérieure : Noir & blanc

S'avançant dans l'Océan Pacifique, la péninsule du Kamchatka, dans l'Extême Orient russe, de 1.250 kilomètres de long du Nord-Est au Sud-Ouest, large de 450 kilomètres à la latitude du Cap Konotsky, et d'une superficie de 472.300 kilomètres carrés, est une terre de feu et de glace d'exception. Elle se localise sur la plaque tectonique d'Okhotsk, entre l'Océan Pacifique et la Mer de Béring, - les îles Aléoutiennes faisant office de séparateur -, à l'Est, la Mer d'Okhotsk, à l'Ouest, - notamment le golfe de Chelikov, au Nord-Ouest -. Au Nord, elle est bordée par le district autonome de Koriakie dont elle en est séparée par l'isthme d'Anapka, un isthme de 93 kilomètres de large, de 426 kilomètres de long et de 200 mètres de hauteur maximale, avec laquelle il a fait fusion, le 1er Juillet 2007, fusion approuvée par un référendum organisé le 23 Octobre 2005, auprès des populations concernées, pour former,  y adjoint les îles du Commandeur et l’Ile Karanguinski, le Kraï du Kamchatka. Au sud, le Cap Lopatka et les récifs Lopatka et Kurbatovskaïa, par delà le Détroit de Chumushu, s'ouvrant sur l'île Choumchou et l'archipel des Kouriles, en sont les points le plus méridionaux.

Région au volcanisme actif, - l'une des régions volcaniques les plus exceptionnelles du monde, avec une forte densité de volcans et une grande variété de types et de caractéristiques volcaniques  y attachées -, associé à des zones de failles profondes, drainant ses satellites naturels, - fumeroles, bouches de soufre, lacs acides, volcans de boue, sources chaudes, geysers... -, cette jeune terre, en regard des  roches apparentes, de moins d’un million d’années, mais en référence à son étude physique, de douze à dix-sept millions d'années, est un paradis sauvage, un paradis de toute évidence difficile à parcourir dans de bonnes conditions et rares sont ceux qui le connaissent vraiment. Qui plus, les hélicoptères de la péninsule ne sont pas, en raison d’une météo instable et de « passe-droits » locaux souvent incompréhensibles,  d’une fiabilité totale.

C’est en 1995, - la péninsule du Kamchatka ayant été déclarée, après la Seconde Guerre Mondiale, zone militaire et, de fait, insterdite aux Russes, jusqu'en 1990, et aux étrangers, jusqu'en 1992 -, que j'ai découvert cette terre du bout du monde, cette terre de glace,  de feu et de volcans, aux richesses naturelles intactes, - phoques, oiseaux, ours pêcheurs, mais aussi volcans, paysages de sources chaudes, grands marais côtiers et glaciers -, conquise, au XVIIe siècle, par les cosaques des tsars, qui y ont chassé les peuples autochtones et à l'instar des cow-boys et des tuniques bleues en Amérique, qui y ont établi forts et villes de commerce pour exploiter l'opulence de l'Océan Pacifique.

J'avais participé, avec une équipe de douze volcanologues de plusieurs nationalités européennes et américaines, sur une durée de huit mois, à une expédition d'étude sur la Vallée Centrale et sur les volcans de la Chaîne Volcanique Centrale. Et j'y étais revenu, en 1997, pour décrypter la Chaîne Volcanique Orientale  jusqu'au Cap Lopatica et les Îles Kouriles septentrionales, - de l'île Shumushu à l'île Uruppu -, puis en 1998, afin de perlustrer l'énigme posée par la continuité apparente qui est sous-jacente à la Chaîne Volcanique Occidentale, à la Côte Kamchatkienne Sud-Ouest, à la Mer d'Okhosh et à l'île de Sakhaline.

22 juin 2010

Au Kamchatka, l'activité du volcan Sheveluch va croissant.

Code : 1000-27

Localisation : Latitude 56.391° Nord et Longitude 161.213° Est

Stratovolcan, altitude 3.283 mètres, Kamchatka, Russie

Alerte aviation : Alerte orange.

Alerte volcan : fort risque d'explosion du dôme ?


Le Sheveluch, - aussi appelée Shiveluch ou Chiveloutch -, d'environ 500 kilomètres de diamètre et couvrant une superficie globale d'environ 1.300 kilomètres carrés, se situe à la triple jonction de la fosse Kouriles-Kamchatka, de la faille Ulakhan et de la fosse marginale des Aléoutes, à une distance de 50 kilomètres de Klyuchi et de 450 kilomètres de Petropavlovsk-Kamchatsky. Il est l'un des plus imposants édifices volcaniques du Kamtchatka. Ce volcan actif le plus septentrional de la péninsule, de structure complexe, inclut trois unités principales : le stratovolcan Stary Shevelush du pléistocène moyen, sa formation remontant à 60.000 ou 70.000 ans, flanqué, sur son versant oriental, d'un gisement de lave Holocène, le Baidarny ridge ; la caldeira, en forme de fer à cheval, de 9 kilomètres de diamètre à l'extérieur, 3 kilomètres à l'intérieur et ouverte en sa partie Sud ; et le Young Shiveluch, - ou Molodoy Shevelush -, situé dans la partie Nord-Ouest de la caldeira. Plusieurs dômes, extrusions holocènes, ont été également mis en place sur le versant occidental du Stary Shevelush.

Le Stary Sheveluch, son sommet principal appelé Glavnaya culminant à 3.283 mètres, est un strato-volcan polygénique. Son socle est formé de dépôts clastiques, de type andésitique, d'une épaisseur atteignant 1.500 mètres, et les strates, s'entassant sur une épaisseur totale de plus de 2.000 mètres, dans sa partie basale sont essentiellement d'origine pyroclastique et évoluent, en se rapprochant de sa partie sommitale, en des dépôts de plus en plus effusifs. Ses versants, excepté son versant Sud, lors d'une éruption paroxysmale, éventré par une impressionnante caldeira aux escarpements latéraux de quelques centaines de mètres à 1600 mètres de hauteur, sont dotés de nombreux dômes andésitiques, le Karan, le Sherokhovataya... et le Krasnaya.

Dans cette caldeira s'est implanté, occupant une superficie d'environ 70 kilomètres carrés, la partie active du Sheveluch, le Molodoy Sheveluch, qui se composait, à son origine, de plusieurs dômes, le Tsentralny et le Suelich étant les plus connus. Lors de l'éruption de 1967 tous ces dômes ont été détruits et remplacés par deux cratères jumeaux, - 1.8 kilomètre de diamètre pour l'un et 2 kilomètres de diamètre pour le second -, éventrés sur le Sud-Ouest, occupant son sommet. Ce type de structure, en référence au Mont Somma, un ancien volcan, en lieu et place de l'actuel Vésuve, dont les vestiges encerclant le cône actuel au Nord-Ouest et témoignant d'une formation bien plus élevée, est connue sous le terme de « volcan Summa »

En outre, le Sheveluch est un volcan unique par la présence de roches magmatiques peu communes proches des adakites qui sont des cas particuliers de roches de contexte de subduction se trouvant dans la ceinture volcanique péri-Pacifique préférentiellement au voisinage, ou à l'aplomb, de dorsales océaniques, des zones où la croûte océanique subductée est la plus jeune. Certes, la péninsule du Kamchatka se situe bien sur le bord nordique de la plaque Pacifique qui s'enfonce sous la microplaque d'Okhotsh, mais elle se trouve fort loin de toute dorsale ce qui indique, probablement, que cette zone de subduction pourrait être un site de remontées mantelliques plus chaudes qui provoqueraient la fusion de la plaque Pacifique. De cette conjoncture, il en devient aisé de comprendre que la « déversement » annuel de magma et/ou de téphras, de l'ordre de 36 millions de tonnes par an, un ordre de grandeur colossal en regard de celui usuel pour les volcans d'arcs insulaires, que le stratovolcan Shevelush est l'un des centres explosifs les plus prolifiques.

Les rapport concernant l'activité du Shiveluch, le premier datant de 1739, font état de deux grandes éruptions pliniennes, particulièrement violentes d'indice explosivité volcanique VEI 3 à 4, en 1854 et en 1964, et de plus de 10 événements, d'ampleur modérée, associés à la croissance du dôme, produisant des panaches et des pluies de cendre et des écoulements pyroclastiques, l'un des derniers de ce genre, le 19 Mai 2001, indice explosivité volcanique VEI 2, causant de longs lahars de 30 kilomètres. À cause de ses éruptions explosives fréquentes, le volcan constitue un risque non seulement aux villes de Klyuchi, Ust'-Kamchatsk et Ust'-Khairyuzovo, respectivement situées à 45, 85 et 280 kilomètres du Molodoy Sheveluch, mais aussi aux lignes aériennes internationales et locales, ses nuages éruptifs s'élevant à des altitudes comprises entre 3 et 20 kilomètres, au-dessus du niveau de la mer, et s'étirant sur des centaines de kilomètres au-delà de l'édifice volcanique.


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 9 Mai 2004, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team.


En regard des sources proposées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - le KVERT -, faisant suite à des épisodes d'éruptions explosives paroxysmales reliées à la croissance du dôme de lave des 9 Mai 2004, indice explosivité volcanique VEI 2, 28 Février 2005, indice explosivité volcanique VEI 3 et 22 Septembre 2005, indice explosivité volcanique VEI 2, l'activité volcanique toujours en cours, en 2010, pour le Sheveluch, a repris le 29 Mars 2007.

Afin de suivre l'évolution de l'activité volcanique, deux sites internet rapportent, hebdomadairement, les dépêches publiées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team :

- Le premier, le site internet du KVERT, en langue russe, Камчатский Научный Центр , et en langue anglaise, KVERT Information Releases ;

- Le second, le Global Volcanism Program, - GVP - , un programme du département des sciences minérales du Musée National d'histoire naturelle du Smithsonian Institution, basé à Washington, qui diffuse les rapports d'éruption émis par les observateurs locaux : « Shivelush »


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 04 Décembre 2007, suivant la presse russe.


En regard de la presse russe, et tout particulièrement du RiaNovosti, l'activité du dit volcan est bien plus intense que ce que laissent entendre les dépêches publiées par le Kvert. En effet, on peut y décrypter, en autres articles sur le sujet, que le Sheveluch, après près de neuf mois « de pause », s'est réveillé le 04 décembre 2007. Certains jours, les panaches de gaz et de cendres s'élèvent jusqu'à 8 kilomètres d'altitude et s'étirent sur des centaines de kilomètres depuis son dôme sommital. Mais, j'en conçois, dresser la chronologie complète des éruptions successives qui se succèdent, depuis, serait trop fastidieux pour soutenir l'attention des lecteurs, aussi n'évoquerais-je que les seuls événements marquants qui ponctuent l'activité vulcanienne de ce « volcan summo. »

Les 13 et 14 Mai 2008, une éruption, d'indice explosivité volcanique VEI 2, s'est produite et les cendres se sont élevées, malgré le vent, à plus de 2 kilomètres d'altitude. « Le vent a provoqué l'extension du nuage, et de fortes pluies de cendres se sont abattues au Sud-Est du volcan. Ce phénomène extraordinaire s'est ajouté à la fonte des glaces. L'eau est montée jusqu'au niveau du pont sur la rivière Bekecha qui relie la ville d'Oust-Kamtchatsk, un chef-lieu de district, au reste de la région », précise Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences.

Jusqu'à la fin Mai 2008, les éruptions explosives et de même intensité, associés à la croissance du dôme, se répètent. Sur des kilomètres autour du Sheveluch, les cendres noircissent les sols enneigés et accélèrent, par contact des débris de magma incandescents, la fonte des neiges, générant des coulées de boue.

Au mois de Juillet 2008, les contours du dôme actif du Molodoy Sheveluch apparaissent modifiés. Ses pentes sont désormais abruptes, et sa base, son diamètre s'étant allongé d'au moins 40%, prend de plus en plus d'emprise dans la caldeira car rares sont les semaines qui ne sont pas ponctuées par des éruptions explosives avec rejets de cendres et/ou coulées de laves.

L'activité éruptive du Molodoy Sheveluch s'intensifie à partir du mois de Mai 2009. D'énormes panaches de gaz et de cendres, atteignant des altitudes variant entre 3 et 9 kilomètres d'altitude, s'élèvent régulièrement au-dessus de son cratère. Des essaims sismiques sont enregistrés, à nombreuses reprises, dans le corps même de l'édifice volcanique, et de multiples anomalies thermiques sont constatées dans le dôme grandissant.

En Novembre 2009, des coulées sont observées sur les versants Sud-Ouest en particulier, surtout de nuit car les flots de lave, à des températures de 800 à 1.000° C., sont, lors, les plus visibles.

Le 21 Décembre 2009 quelques 130 séismes locaux sont enregistrés, sur 24 heures, par les stations d'observation et selon l'imagerie satellite, d'importantes anomalies thermiques sont observées, quotidiennement, autour du dôme actif. Un article du « RiaNovosti », daté « Petropavlovsk-Kamtchatski, 23 Décembre 2009 », précise même que « Les photos satellite indiquent que la température autour du dôme actif est anormalement élevée : +10° C., alors que sur le reste de la péninsule il fait -23° C. » Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, souligne, quant à lui, que « L'observation vidéo du volcan est gênée par la forte nébulosité, mais les données des stations sismiques permettent de supposer que le Sheveluch a effectué au moins deux rejets de cendres à 4 kilomètres d'altitude ».

La coupole du volcan, avec l'intensification des éruptions explosives extrusives, s'est fendue en deux et, par le truchement d'une large et profonde fissure, des rejets de cendres et de gaz s'échappent et s'élèvent à des altitudes avoisinant les huit kilomètres. Les 15 et 16 Janvier 2010, des coulées de lave incandescente dévalent les pentes. Des chercheurs à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « n'excluent pas une nouvelle explosion du dôme du Molodoy Sheveluch, le bouchon de lave ayant atteint une masse critique durant ces dernières décennies, et ils estiment qu'une explosion, dans le cratère, est inévitable », formule, dans un article du 17 Janvier 2010, le « RiaNovosti. »

Le mercredi 7 Avril 2010, un représentant de la section du Kamtchatka du Service géophysique de l'Académie des sciences de Russie, - RAN -, annonce, dans les colonnes du dit périodique d'information que « le Sheveluch a émis une colonne de cendre mêlée de gaz à 6,5 kilomètres d'altitude », rajoutant : « En 24 heures, 63 événements séismiques ont été enregistrés dans le bâtiment du volcan, en plus, une anomalie thermique a été constatée dans le dôme grandissant. » Le scientifique y déclare, en outre, que « le Sheveluch constitue un danger pour la navigation aérienne dans cette zone. Des parcelles de cendres peuvent pénétrer dans le mécanisme des avions de ligne survolant cette zone et provoquer une catastrophe aérienne. »

A compter du 19 Mai 2010, l'éruption du volcan le plus septentrional de la presqu'île du Kamtchatka, en Extrême-Orient russe, s'intensifie et malgré les conditions météorologiques qui gênent l'observation du volcan, les données sismiques laissent supposer que les rejets de cendres atteignent une altitude de 4 à 5 kilomètres. Jusqu'à 55 séismes locaux sont enregistrés tous les jours à proximité du cône. Nombre d'entre eux, à en juger par leur force et leur durée, s'accompagnent de puissants rejets de cendres et de gaz.

D'après un chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « l'activité du volcan va croissant. Des pluies de cendres affectent les localités les plus proches. Les cendres volcaniques et des particules de magma, atteignant 2 millimètres de diamètre, sont en mesure, en raison de leur composition chimique complexe, de provoquer des intoxications chez les hommes et les animaux et de mettre en danger la navigation aérienne. »


Chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch à compter du 15 Mai 2010, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team et le Global Volcanism Program.


Dépêche du 24 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 5,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, du 15 au 17 Mai, une activité fumerollienne modérée a été observée. Les nuages ont obscurci le volcan les autres jours de la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Sud-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 40 kilomètres, le 15 Mai, et sur environ 40 kilomètres, à son Nord-Est, le 18 Mai.

Dépêche du 27 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,7 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, et une activité fumerollienne modérée a été observée durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 10 kilomètres, le 23 Mai.

Dépêche du 04 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 6,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Un nuage de cendre, de 20 kilomètres de long sur 6 kilomètres de large a été détecté, au Nord du dôme de lave, à une distance de plus ou moins 15 kilomètres, le 31 Mai, et des plumes de vapeur et de gaz ont été observées, à l'Ouest du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 30 kilomètres, le 29 Mai.

Dépêche du 10 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,1 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, les 04, 06 et 09 Juin, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 100 kilomètres, le 04 Juin.

Dépêche du 18 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,9 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, du 13 au 17 Juin, une activité fumerollienne forte ainsi que des avalanches de débris magmatiques ont été observés durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Et une petite anomalie thermique a été relevée, le 15 Juin, près du dôme de lave, très probablement à cause des dépôts importants de débris magmatiques accumulés.


En conclusion.


Si l'on en croit les scientifiques qui se sont exprimés dans les colonnes du périodique d'information russe, le « RiaNovosti », on ne peut qu'admettre que l'activité du Sheveluch s'intensifie et, son cratère crachant des gaz, des cendres et des blocs de lave visqueuse qui provoquent des avalanches de débris magmatiques visibles surtout la nuit et atteignant des températures de 800 à 1.000° C., qu'elle va croissante. En outre des essaims de séismes locaux se concentrent dans l'appareil vulcanien et proches du dôme sommital. Ils s'accompagnent d'émissions de gaz et de cendres qui s'élèvent à plus ou moins 4 kilomètres d'altitude

En conséquence, le Sheveluch pourrait connaître prochainement une éruption puissante au moins semblable à celle du 27 Février 2005 qui avait éventré la partie occidentale du dôme sommital, la hauteur du volcan ayant diminué de plus de 200 mètres, et une coulée de lave d'un kilomètre de large s'était étendue jusqu'à 25 kilomètres du cratère, au pire approchante ou similaire à celle du 12 Novembre 1964 qui résulta d'une courte, quelques heures, mais très puissante, éruption explosive qui éjecta 1,5 kilomètres cubes de matériel arraché à la moitié sud du dôme volcanique, le projetant dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'édifice, heureusement une zone inhabitée qui se retrouva recouverte d'une dense et compacte couche de blocs de pierre et de cendres incandescentes de 10 à 50 mètres d'épaisseur, suivant les lieux.

16:41 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, kamchatka, sheveluch, éruption volcanique, russie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18 juin 2010

Les îles Kouriles frappées par un séisme de magnitude 5.9, le 18 Juin 2010.

Le 18 Juin 2010, à 02 h 23 Temps Universel, 14 h 23 Heure locale, un séisme sous-marin, de magnitude 5.9, à frappé au large de la côte Sud de l'île volcanique Iturup/Etoruf, en surplomb de la fosse Kouriles-Kamchatka. Son épicentre, localisé latitude 44.533° Nord et longitude 148.634° Est, à la côte -523 mètres, se trouve à 79 kilomètres au Sud de Sentyabrskiy, à 100 kilomètres au Sud-Est de Kuril'sk, à 284 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Nemuro, à 385 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Kushiro, et à 475 kilomètres à l'Est-Nord-Est d'Obihiro. Son hypocentre se localise à 48,1 kilomètres de profondeur.

La secousse principale a été suivie, 8 minutes plus tard, d'une réplique de magnitude 4.0, d'hypocentre similaire, 50 kilomètres de profondeur, et son épicentre a été localisé, dans le même secteur marin, latitude 44.38° Nord et longitude 148.71° Est.

Une alerte tsunami a été lancée mais elle a été vite suspendue.

Les îles Kouriles, rattachées à l'oblast de Sakhaline, administrées par la Russie mais dont les Kouriles Méridionales sont revendiquées par le Japon sous le nom de Territoire du Nord, sont un archipel d'îles volcaniques s'étendant, sur environ 1.300 kilomètres, de l'extrême Nord-Est d'Hokkaido, Japon, à la pointe Sud de la péninsule du Kamchatka, Russie. Elles séparent la mer d'Okhotsk, à l'Ouest, de l'Océan Pacifique, à l'Est. La chaîne se compose de 22 îles principales, la plupart ayant une activité volcanique, de 36 petits îlots et d'une kyrielle de petits rochers, pour une superficie totale de 15.600 kilomètres carrés.

Ces îles font partie de l'arc volcanique Kouriles-Kamchatka et sont implantées sur l'anneau tectonico-vulcanien cerclant l'Océan Pacifique, le « Ring of Fire » ou « Cercle de Feu du Pacifique. » Elles sont les parties sommitales émergées de strato-volcans sous marins résultant de la subduction de la plaque Nord-Pacifique sous celle d'Okhotsk, une subduction formant la fosse Kouriles-Kamchatka se situant à quelques 200 kilomètres à l'Est de la chaîne îléenne qui compte environ 100 volcans, dont 40 sont actifs, de nombreuses sources chaudes et des sites fumerolliens.

L'activité sismique, de forte intensité et de magnitude majeure, y est fréquente. En 1963, un séisme de magnitude 8.5 et le 15 Novembre 2006, un de magnitude 8.3, y sont enregistrés, l'un et l'autre entraînant des tsunami avec des vagues de plus de 1;5 mètre de haut qui ont atteint les côtes de la Californie.

L'île Iturup-Etorofu-to, situé près de l'extrémité Sud de la chaîne Chishima, entre l'île Kunashiri, à 19 kilomètres au Sud-Ouest, et l'île Urup, à 37 km au Nord-Est, est la plus grande des îles des Kouriles Méridionales et elle est, aussi, la plus septentrionale de ces îles. D'une longueur de 200 kilomètres pour une largeur de 27,07 kilomètres, elle couvre un espace de 3.139 kilomètres carrés. Massif volcanique, une série d'une douzaine de volcans actifs, sur un axe Nord-Est/Sud-Ouest forment son épine dorsale de l'île, le Stokap , le plus élevé d'entre eux, dans la partie centrale, culminant à 1.634 mètres.

Le Kurils-Kamchatka-Trench, la fosse Kouriles-Kamchatka, une fosse océanique, de 10.542 mètres de profondeur maximum, s'étend depuis la triple jonction, fosse Kouriles-Kamchatka, faille Ulakhan et fosse des Aléoutiennes, au Nord, jusqu'à la Fosse du Japon au Sud. Parallèlement, à la formation de la zone de subduction qui a créé l'arc insulaire volcanique des îles Kouriles ainsi que celui du Kamchatka, la fosse a pris naissance à la fin du Crétacé. De nos jours, la plaque du Pacifique est en cours de subduction sous la plaque d'Okhotsk, lithosphère continentale et océanique, le long de la tranchée, à la vitesse de 9,5 centimètres par an, ce qui entraîne un volcanisme maximal, violent et paroxysmique et une intense sismicité.

17 juin 2010

Péninsule du Kamtchatka, probable éruption du strato-volcan Gorely.

Code 1000-07

Localisation : Latitude 52.558° Nord, Longitude 158.03° Est

Alerte aviation : Alerte Niveau Orange

Alerte volcan : Niveau Alerte inconnu


Alors qu'au 10 juin 2010, l'alerte aviation, pour les volcans Sheveluch, Klyuchevskoy, Karymsky, était Alerte Niveau Orange, pour le Bezymianny, Alerte Niveau jaune, et pour le Tolbachik Polsky, le Koryaksky, l'Avachinsky, le Mutnovsky, le Kizimen et le Gorely, Alerte Niveau vert dans la péninsule du Kamtchatka, l'Alerte aviation, pour le Gorely, les médias russes, « Voice of Russia », dans un bref article de presse mentionnant que le volcan a produit un panache de cendres s'étendant sur une centaine de kilomètres, interrompant des vols dans l'espace aérien Kamtchatkais et menaçant une centrale géothermique, serait passée Alerte Niveau Orange.

Jusqu'à preuve du contraire, l'omertà semble de mise de la part du Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - KVERT -, qui n'a émis aucun commentaire, ni la moindre dépêche à ce sujet, une éruption, plus ou moins importante, serait en cours sur le Gorely. Seul le MODVOLC, un algorithme non-interactif développé par l'Institut de géophysique d'Hawaï Planétologie, - HIGP -, et utilisant une faible résolution spatiale infrarouge des données satellitaires acquises par le spectroradiomètre-imageur à résolution moyenne, - le MODIS -, a détecté et enregistré des anomalies thermiques sur le volcan Gorely et autour de l'édifice volcanique.

Si l'on s'en réfère au site anglophone, « Eruptions », , relayé par le site francophone, « Activolcans », Dépêche n°3951 du 17 Juin 2010, « Le Gorely a produit, il y a déjà quelques jours, - 11 ou 12 juin -, un panache de cendres qui a localement perturbé le trafic aérien mais n'a posé aucun problèmes aux habitants de la région, si ce n'est à une centrale géothermique installée à proximité. Aucune information n'a, pour le moment, été fournie par le KVERT et le VAAC de Tokyo n'a pas du tout réagit à la présence du panache de cendres. L'édifice est pourtant bien dans une phase d'activité un peu plus intense que la normale en ce moment car le MODVOLC commence à enregistrer des anomalies thermiques sur l'édifice. »

Dégazage particulièrement intense du volcan Gorely. Vue prise, le 12 Juin 2010, depuis Petropavlovsk-Kamchatsky. Source KVERT © I. Dubrovskaya.

Ce volcan se situe dans une zone volcanique, la péninsule du Kamtchatka, comprenant plus de 300 volcans dont plus d'une trentaine sont actifs ou considérés actifs mais, la région Kamtchatkaise étant quasi désertique, excepté la capitale régionale comptant 350.000 habitants, le reste du territoire ne comptant que 0,3 habitant au kilomètre carré, les autorités civiles, depuis que la région n'est plus zone militaire hautement stratégique, semblent s'en désintéresser car il n'existerait, pour assurer tous les enregistrement sismiques et sismo-volcaniques, qu'un seul sismomètre de surveillance.

De mémoire, il n'y aurait plus eu d'éruption connue, donc déclarée par les autorités civiles et le KVERT, depuis 1986. Pourtant, avec ses cinq cônes chevauchant une caldeira elliptique de 10 kilomètres sur 13, et une forte activité, avec la production de fréquentes éruptions, indices d'explosivité volcanique majoritairement de Niveau 2 et 3, au cours du XX° siècle, ce calme relatif prête à caution. Certes, des sources autorisées laissent entendre que le volcan aurait explosé, et certains jaillissements auraient même dégénéré durant la dernière décennie, mais faute de preuves tangibles, il est difficile de se prononcer. Enfin, l'éruption explosive qui est à l'origine de la caldeira, il y a 40 à 38.000 ans, avec éjection de plus de 100 kilomètres cubes de téphras, démontre que ce volcan est susceptible de produire des événements vulcaniens ou phréato-magmatiques de grande ampleur.

La péninsule du Kamtchatka, s’étirant entre la mer d’Okhotsk, à l'Ouest, la mer de Béring et l’océan Pacifique à l'Est, sur 1.500 kilomètres du Nord au Sud et 470 kilomètres dans sa plus grande largeur entre les latitudes 50.51° Nord et 64.50° Nord, d'une superficie de 472.500 kilomètres carrés, 4/5° de la superficie de la France, est située à l’extrême frontière orientale de la Fédération de Russie, au nord du Japon et au Sud-Ouest de l’Alaska. Sa population, 450.000 habitants, se trouve en majorité dans la capitale Petropavlovsk-Kamtchatsky, 350.000 âmes. En dehors de la capitale, la densité de la population n’est que de 0,3 habitant au kilomètre carré.

Cette terre déserte, de par sa situation géographique, - une zone de subduction des plus actives matérialisée par une fosse océanique, la fosse des Kouriles parfois appelée fosse Kouriles-Kamtchatka, de 10.542 mètres de profondeur maximum, des séismes et des volcans -, la plaque Pacifique-Ouest s'enfonçant sous la plaque d'Okhotsk à la vitesse de 10 centimètres par an, possède quelques uns des édifices volcaniques les plus virulents de la planète Terre et elle est, régulièrement, soumise à leurs colères.

Située sur la Ceinture de Feu du Pacifique, la péninsule du Kamtchatka, région du monde où s'y concentre le plus grand nombre, est, avec plus de 300 cônes volcaniques alignés en deux arcs parallèles, et culminant entre 1.500 et 4.750 mètres, par excellence, le pays des volcans. Ceux de la chaîne Ouest, quasi inactifs excepté l'Ickinsky, 1578 mètres, qui continue à émettre des fumerolles, sont d'âges Holocène, Pléistocène et, pour certains, Pliocène. Au différent, la chaîne Est est jalonnée par une trentaine d'édifices volcaniques géologiquement très jeunes, potentiellement actifs, dont dix-neuf d’entre eux, en activité quasi permanente, d'une grande variété de types de vulcaniens ainsi qu'une grande diversité de caractéristiques volcaniques associées, crachent ou vomissent, chaque année, environ 16 à 18% des matières éruptives du globe. Ils sont répartis en trois groupes : le groupe Nord avec le Shiveluch, 3.823 mètres, le Klyuchevskoy, 4.750 mètres, - âgé d’environ 8 à 9.000 ans, le plus haut volcan eurasien en activité éruptive presque constante émettant plus de la moitié du volume total des lave émis par tous les volcans de l'arc volcanique Kuril-Kamtchatka et un des volcans basaltiques les plus actifs du monde -, le Bezymyanny, 2.882 mètres, le Ushkovsky, 3.943 mètres, le Zimina, 3.081 mètres, et le Plosky Tolbachik, 3.085 mètres ; le groupe Centre avec le Maly Semyachik, 1.560 mètres, le Kronotsky, 3.528 mètres, le Komarov, 2.070 mètres, le Taunshits, 2.353 mètres, le Gamchen, 2.576 mètres, le Kikhpinych, 1.552 mètres, et le Karymsky, 1.536 mètres ; et le groupe Sud avec l'Opala, 2.475 mètres, le Gorely, 1.829 mètres, le Mutnovsky, 2.323 mètres, le Zheltovsky, 1.953 mètres, le Ksudach, 1.079 mètres et le Koshelevsky, 1.812 mètres; et, surplombant la capitale Petropavlovsk-Kamtchatsky, l'Avachinsky, 2.751 mètres, et le Koryaksky, 3.456 mètres.

D'après le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - KVERT -, de nombreuses éruptions majeures ont affecté, à l'Holocène, la péninsule du Kamtchatka, telles celles de l' Ilinsky, en 7618 avant J.C., expulsant 140 à 170 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Ksudach, en 1806 avant J.C., expulsant 18 à 19 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Khangar, en 6872 avant J.C., expulsant 14 à 16 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Karymsky, en 7889 avant J.C., expulsant 13 à 16 kilomètres cubes de téphras et laves ; de l' Opala, en 1478 avant J.C., expulsant 9 à 10 kilomètres cubes de téphras et laves ; de l'Avachinsky,7151 avant J.C., expulsant 8 à 10 kilomètres cubes de téphras et /ou laves ; du Ksudach, 6007 avant J.C., expulsant 7 à 8 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Kizimen, 7351 avant J.C., expulsant 4 à 5 kilomètres cubes de téphras ; de l'Avachinsky, 3512 avant J.C., expulsant 4 kilomètres cubes de téphras ; et du Shiveluch, en 965 après J.C., expulsant 2 kilomètres cubes de téphras. Plus récemment, des éruptions majeures se sont produites, en 1907, au Ksudach, avec expulsion de 1,5 à 2 kilomètres cubes de téphras, en 1956, au Bezymyanny, avec expulsion de 1,2 à 1,3 kilomètre cube de téphras, et, en 1854 en en 1964, au Shiveluch, avec expulsion de 1 kilomètre cube de téphras, et, en 1975-1976, au Plosky Tolbachik, avec expulsion de 1,18 kilomètre cube de téphras et laves.

Dans cet univers volcanique, de nombreux autres exutoires existent dans les zones thermales et les bains d'eaux chaudes, à Esso, à Malky et au sud d'Avacha, les fumerolles et les solfarates, les geysers, tout particulièrement ceux de la Vallée des geysers dont la découverte, en 1941, fut réalisée par la géologue-hydrologue Tatyana Ustinova, et les marmites de boue.

Dans la Vallée des Geysers, dans la réserve de Kronotsky, certains entonnoirs portant des noms évocateurs tels le Giant, le Géant, le great Triple, le Grand Triple ou le Firstling, le premier, des fontaines d'eau chaude et de vapeur jaillissent avec une périodicité stricte. Ce sont pas moins de 20 grands geysers et des dizaines de petits qui se comptabilisent le long d'une section de 6 kilomètres dans la vallée de la rivière Geysernaya dont les eaux ne descendent pas en-dessous de 19° C, même pendant la rigoureuse saison hivernale, et peuvent, même, par endroit, atteindre 26° C. Les plus grands geysers sont le Velikan, - un jet de 25 mètres de haut toutes les 6 heures -, le Zhemchuzhny, le Sakharny, le Troynoy, le Konus, le Fontan, le Maly, - 8 mètres de haut toutes les 35 minutes -, le Bolshoy, - 10 mètres toutes les 10 minutes -, et le Shchel. Au coeur de cette réserve se situe l'ancienne caldeira du volcan Uzon, découverte en 1854, qui est une vaste cuvette volcanique elliptique de 9 kilomètres sur 12 de diamètre avec des remparts de 200 à 800 mètres de haut, dans lequelle se concentrent de nombreux volcans de boue et des lacs thermiques.

Le volcan Gorely qui porte aussi les noms de Gorelaya sopka, de Pravaya Mutnosvskaya sopka, de Vtoraya Mutnovskaya, et d'Asacha, se situe au Sud de la péninsule du Kamchatka, à 75 kilomètres au Sud-Ouest de Petropavlovsk-Kamchatsky, la capitale du Kamtchatka. Il est implanté sur un plateau basaltique et basalto-andésitique daté du Pléistocène, étage Calambrien ou Ionien. Bien que de type bouclier qui avait, à son origine, 20 à 25 kilomètres de diamètre, il n'en est pas moins un strato-volcan implanté dans une caldeira elliptique, somme de la coalescence de plusieurs caldeiras, de 10 kilomètres sur 13 et dont les remparts s'élèvent entre 30 et 50 mètres de hauteur.

19 mars 2010

Un séisme de forte intensité frappe en Sibérie, près du Lac Baïkal.

Un séisme de magnitude 5,3, sur l'échelle ouverte de Richter, a frappé, à 09 h 30 Temps Universel, 17 h 30 heure locale à l'épicentre, dans le Sud de la Sibérie, en Russie Orientale, sur les berges du lac Baïkal.

Son épicentre, localisé 54.483° Nord et 110.236° Est, se trouve à 24 kilomètres au Nord-Ouest de Kurumkan, à 20 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Mogoyta, à 50 kilomètres au Nord de Sarankhur, à 138 kilomètres au Sud-est de Severobaykalsk, à 335 kilomètres au Nord-Nord-est d'Ulan-Ude et à 350 kilomètres au Nord-Ouest de Chita. Son hypocentre se situe à 10 kilomètres de profondeur.

Un séisme de magnitude supérieur à 5 mais inférieure à 6, sur l'échelle de Richter, peut causer des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones restreintes et des dommages aux édifices bien construits. Mais le sous sol défavorable, particulièrement meuble, conduit à une dispersion des ondes sismiques et à une amplification extrême des oscillations. Les effets sont alors particulièrement dévastateurs car la fréquence de vibration dominante dans le sous-sol correspond à celle des bâtiments.


Le lac Baïkal et sa région :


Situé dans le sud de la Sibérie, en Russie orientale, le lac Baïkal, - en russe : Озеро Байкал -, mer d'eau douce sacrée pour ses premiers habitants, les Bouriates d'origine mongole, représente la plus grande réserve d'eau douce liquide au monde, 23.600 kilomètres cubes. Sa transparence est unique et la visibilité parfaite jusqu'à 40 mètres de profondeur. Il est parfois surnommé « Perle de Sibérie ».

Orienté du Sud-Sud-ouest au Nord-Nord-est, il s'étend sur une longueur de 636 kilomètres avec une largeur moyenne de 48 kilomètres et une superficie de 31.500 kilomètres carrés, ce qui fait de lui le huitième plus grand lac du monde. C'est le lac le plus profond du monde, jusqu'à 1.680 mètres d'épaisseur d'eau, reposant sur 7.000 mètres de sédiments. Son volume d'eau représente environ 260 fois celui du lac Léman, soit autant que la mer Baltique ou que les 5 grands lacs nord-américains,Supérieur, Michigan, Huron, Erié et Ontario réunis. Il représente 20 % du volume mondial d'eau douce contenue dans les lacs et les rivières.

Enserré par les monts Iablonovy et Bargouzine à l'est et les monts Baïkal à l'ouest, il se trouve à une altitude de 455 mètres. À son extrémité sud-ouest se trouve la principale ville de la région, Irkoutsk, tandis qu'Oulan-Oude est la capitale de la république de Bouriatie. Il possède une grande île de 730 kilomètrescarrés, l'île d'Olkhon, et une presqu'île, Sviatoï Nos, littéralement « le Saint-Nez », sur la rive Est, réserve et parc naturel.

Le lac Baïkal est d'origine tectonique. Ce lac d'effondrement est en subsidence. Le socle ancien sur lequel le lac repose, en contact d'une part avec la plateforme sibérienne, d'autre part avec les monts de l'Asie centrale, présente un réseau de faille de direction générale Nord-Nord-Est-Sud-Sud-Ouest. Ces failles ont été actives dès le tertiaire, ce qui fait du lac Baïkal, vingt-cinq millions d'années, le plus ancien lac existant au monde. Ces failles ont été actives au cours du quaternaire jusqu'à nos jours. Plus de 30 séismes suffisamment puissants pour être ressentis par les populations ont été enregistrés au XX° siècle. Les mouvements tectoniques ont conduit à un enfoncement du fond du lac, sur lequel s'est accumulé une grande épaisseur de sédiments, et un léger sur-élèvement des bordures montagneuses à plusieurs reprises, visibles au nord-est du lac, où des terrasses lacustres anciennes, témoins du niveau de l'eau dans le passé, s'élèvent jusqu'à 300 mètres d'altitude.

Le réseau de failles délimitent trois compartiments plus ou moins effondrés qui se succèdent le long du lac :

- le plus septentrional est le moins profond ; la zone la plus profonde de ce compartiment se trouve à 890 mètres sous le niveau de l'eau et se situe entre les caps Elokhin et Pokoiniki.

- le plus méridional atteint 1432 mètres de profondeur dans une zone située entre les zones d'affluence des rivières Pereemnaya et Mishikha.

- le compartiment central est le plus profond, avec une zone située à l'est de l'île Olkhon, entre les caps Izhimey et Khara-Khushun, atteignant une profondeur de 1637 mètres.


Historique des derniers séismes dans la région du Lac Baïkal :


21 Août 1994 à 15 h 55, magnitude locale 5.9, sur l'échelle de Richter, magnitude du moment 9.4

13 Novembre 1995 à 08 h 43, magnitude locale 5.3, sur l'échelle de Richter, magnitude du moment 9.0

25 Février 1999 à 18 h 58, magnitude locale 5.9, sur l'échelle de Richter, magnitude du moment 8.5

21 Mars 1999 à 16 h 16, magnitude locale 5.7, sur l'échelle de Richter

21 Mars 1999 à 16 h17, magnitude locale 5.6, sur l'échelle de Richter

16 Septembre 2003 à 11 h 24, magnitude locale 5.5, sur l'échelle de Richter

04 Juillet 2007 à 01 h 23, magnitude locale 5.3, sur l'échelle de Richter, magnitude du moment 8.7

27 Août 2008 à 01 h 35, magnitude locale 6.1, sur l'échelle de Richter, magnitude du moment 7.5

 
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