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18 décembre 2010

Saint Polycarpe en Razès : Prieuré ou abbaye ?

L’abbaye bénédictine de Sant Polycarpe de Razès fut fondée, vers l'an 780, par Àtal, un moine, noble de haute lignée d’origine hispanique, - c'est-à-dire un Wisigoth -, passé du Sud au Nord des Pyrénées après avoir échoué, « à cause des razzias menées en Catalogne par les Sarrasins », - tel le soutient la chronique -, dans sa tentative de fonder un monastère près de Peralada dans le Alt Empordà.

Àtal, Prieur de Saint Polycarpe.

Àtal s'était réfugié, avec ses gens, en terres de Razès et s'était retiré dans un petit monastère, quasi un ermitage, situé sur les bords du ruisseau Rieugrand et entouré de quelques maisons et de vignobles. Batailleur, fort-à-bras, belliciste et martial, n'hésitant point à occire ses contradicteurs, il imposa rapidement ses idées et ses méthodes soldatesques. Par la bonté divine d'une dague administrant l'extrême onction à son illustre prédécesseur, il fut élu, sans coup férir, prieur de cet établissement conventuel.

Maître inextinguible des lieux, il n'eut, lors, cesse d'agrandir son domaine, de l'améliorer, de l'étendre hors ses murs et, pour cela, y engloutissant sa fortune personnelle et, à la tête d'une troupe de spadassins et de bretteurs semant terreur et mort dans toute la région, celle qu'il amassait dans ses rapines, il le dota largement et richement.

Étant dans la parenté directe de Charles Martel et, par sa mère, bien que bâtard du Duc Eudes compagnon d'arme de son grand père maternel(1), neveu de Pépin le Bref, très rapidement il reçut la protection royale. Charlemagne lui accorda certains privilèges. Ceux-ci furent confirmés et revalorisés par ses successeurs, Charles II le Chauve, Louis I le Débonnaire, - dit aussi le Pieux -, et, en l'an 881, par Carloman II, second fils de Louis II le Bègue et d'Ansgarde, qui, après la mort de leur père, a partagé le pouvoir avec son frère aîné Louis III(2), - Roi de France et de Neustrie -, et a régné sur la Bourgogne, l'Aquitaine et la Septimanie, - Cévennes, Corbières, Nord des Pyrénées avec les villes de Narbonne, Carcassonne, Béziers et Nîmes -.

Les moines de Saint Polycarpe : des pionniers et des missionnaires.

Le prieuré de Saint Polycarpe se situant, à 6 kilomètres de l'Abbaye d'Alet, à 8 kilomètres de celle de Saint Hilaire et à 27 kilomètres de Sainte Marie de La Grasse, totalement enclavé entre ces trois établissements pérennes dotés de dépendances notables et multiples, se trouvait à l'étroit et ne pouvait pas élargir son domaine foncier dans sa circonscription. Àtal, son prieur, et ses successeurs, l'ayant compris, s'attachèrent à créer de nouveaux villages dans les terres du Bas Razès et à transformer, en communautés d'habitants, certains oppida wisigothiques essaimés dans les montagnes du Haut Razès.

En juin 898, le roi Charles III le Simple, par une charte(5), confirme, au prieuré, toutes ses possessions territoriales : Gaja et Malras dans le Bas-Razès, Salles, près de Limoux, Luc-sur-Aude, Terroles, Peyrolles et Cassaignes dans le Haut-Razès et Bugarach et Cornanel. Et, sur plus de deux siècles, les moines, missionnaires et pionniers en terres agrestes, prirent part à la rénovation du territoire et au développement social et matériel de leur population, jusqu'au jour où le Comte de Carcassonne, désireux de doter grassement l'Abbaye d'Alet, et les seigneurs circonvoisins avides de s'appropier de nouvelles terre, usurpèrent et dépouillèrent, de la majeure partie de ses biens en dépendance, l'établissement claustral.

Certes, les initiant et en récupérant les fruits, les moines d'Alet n'étaient pas étrangers à ces spoliations seigneuriales. Le prieuré de Saint Polycarpe n'avait du son salut, ne conservant qu'un maigre écot de son domaine terrien, qu'à sa soumission, en l'an 1008, à l'Abbaye Sainte Marie de dite ville.

Le Prieuré de Saint Polycarpe élevé au rang d'Abbaye.

Pour l'aide apportée par les moines Teutbald et Hucbert, du Prieuré de Saint Polycarpe, lors de la captation(3) de l'héritage de ses frères aînés Louis III et Carloman II, au détriment de Charles fils posthume et légitime du roi de Francie Louis II le Bègue et prince héritier seulement âgé de cinq ans, par Charles III le Gros Roi d'Alémanie et d'Italie et Empereur d'Occident, celui-ci, en remerciement gracieux, en l'an 885, éleva la petite bâtisse monacale à la catégorie d'abbaye. Mais, dans les faits, et au moins jusqu’en 1090, ses supérieurs ne portant que le titre de prieur, Saint Polycarpe ne resta qu’un simple prieuré. Ce n'est qu'après cette date que le titre d'abbé leur fut alloué sans que les droits et les privilèges n'en fussent augmentés. Pour cause, le monastère, bien que convoité par les abbés de La Grasse, l’Abbaye d’Alet n'avait pas renoncé à exercer sa domination et le gardait sous sa dépendance.

En effet, depuis la création de Saint Polycarpe les deux établissements religieux, - celui de Sainte Marie de La Grasse installé entre Carcassonne et Narbonne, dans la vallée de l’Orbieu, au sein du massif des Corbières et celui de Sainte Marie d'Alet implanté au cœur même de la cité médiévale, sur la voie d'accès à la Haute Vallée de l'Aude -, s'étaient toujours disputés sa possession, En 1080, l’abbaye bénédictine Sainte Marie d’Orbieu(4) avait la main mise sur la congrégation sise en bords du ruisseau Rieugrand. Suite au concile tenu à Toulouse, en 1119, sous la présidence du pape Calixte II, et par celui de Saint Gèli, en 1135, sous l'autorité du pape Pascal II, l'Abbaye d'Alet en reprenait ses destinées tout comme elle voyait ses droits confirmés sur le monastère de Saint-Papoul et le Chapitre de Saint Paul de Fenouillet, sur des villages et des châteaux de ses dépendances.

Et, par un dernier procès, en 1197, Saint Polycarpe, prenant son indépendance, devenait abbaye à part entière.

Notes :

(1) Le 25 octobre 732, Charles Martel et le duc Eudes arrêtent les Arabes à Poitiers.

(2) En 879, Louis II désigne son fils Louis comme son seul successeur et le place sous la garde de Bernard d'Auvergne, associé à Hugues l’Abbé et à Boson V de Provence.

En septembre 879, grâce au soutien des grands de Francie occidentale dont Hugues l’Abbé, Boson V de Provence, Théodoric de Vergy et Bernard Plantevelue, le couronnement et le sacre de Louis III et de son frère Carloman II sont célébrés en hâte dans l’église abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières près de Montargis, par Anségise, l’archevêque de Sens.

(3) Le 12 décembre 884, Carloman II, roi de Francie occidentale, meurt sans héritiers. Il reste le dernier fils de Louis II le Bègue, l'adolescent Charles, âgé de 5 ans. Jugé trop jeune, l'assemblée des aristocrates francs emmenée par Hugues l'Abbé, - conseillé par une armada de moines, dont Teutbaldus prieur de Saint Polycarpe en Razés -, renonce à le proclamer roi et impose l'empereur Charles III le Gros à assurer la tutelle et la direction du royaume.

(4) Le monastère de La Grasse dont La charte de « fondation » remonte à la fin du VIII° Siècle mais toutefois un établissement devait exister antérieurement à la période carolingienne.

(5) Cette Charte est souvent attribuée à Eudes, - ou Odon -, mais il ne peut en être, le roi Eudes étant mort le 3 Janvier 898.


Raymond Matabosch

 


Publié le 15 Novembre 2010 sur

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08:09 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : saint polycarpe, rasès, alet, saint hilaire, lagrasse, prieuré, abbaye | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 novembre 2010

L'Abbaye de Saint Hilaire : Berceau de la Blanquette.

Quinze siècles d'histoire, à quelques lieux de la cité médiévale de Carcassonne, au cœur du Razés, dans un paysage de vignobles, l'Abbaye de Saint Hilaire est la sépulture du première évêque de Carcassonne, Saint Hilaire…

Fondée au VIII° siècle, sous le règne de Charlemagne, elle connut, après une période de fastes et de richesses, le déclin dès les prémices du XIV° siècle et ferma, définitivement ses portes conventuelles, peu avant la Révolution Française, au XVIII° siècle.


Bref historique.


Au VIe siècle, Saint Hilaire, le premier évêque de Carcassonne, enfant du pays nostalgique de ses terres, en visite pastorale, demande, aux habitants des lieux, la construction, sur un éperon rocheux dominant le Lauquet, d'une chapelle qui devient, par la suite, sa sépulture.

Au VII° siècle, l'abbaye qui la remplaça, fut d'abord consacrée au célèbre Saint-Saturnin ou Sernin, évêque-martyr de Toulouse, puis, lorsqu'on y découvrit ses restes, placée sous le patronage d'Hilaire.

Autour de l'an Mil, un nouvel élan de réforme monastique se double d'une révolution technique et stylistique. C'est aussi le temps des premières audaces architecturales qui permettent d'élargir la nef des églises et d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux, venus vénérer les saintes reliques comme le morceau de la Vrai Croix à Sainte Marie d'Alet, ou le corps de l'évêque Hilaire de Carcassonne à Saint-Hilaire…

Sous la protection des comtes de Carcassés-Razés désireux d'honorer l'un des leurs, l'établissement monastique eut, jusqu'au XIII° siècle, un rayonnement considérable dans la région.

Mais, les troubles engendrés par la Guerre de Cent Ans, obligeant les abbés à entretenir les fortifications villageoises précipitent son déclin.

 

Le cloître et les bâtiments conventuels.


Le cloître, édifié au XIV° siècle, est toujours intact Constitué de quatre galeries composées d'arcades ogivales reposant sur des colonnes géminées et moulurées, aux chapiteaux très abîmés, il est en forme de trapèze irrégulier avec des côtés de douze baies archées à l'est et à l'ouest, quatorze au nord et seize au sud.

Décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux, les chapiteaux sont taillés dans un seul bloc de grès provenant des carrières in situ du Razès.

Les galeries du cloître, couvertes d'un toit de tuiles, sont ni voûtées, ni encorbellées.

Un puits et un bassin à quatre lobes, support d'une vasque, du XVI° siècle, occupent le cœur du cloître.

Les galeries du cloître sont couvertes d'un toit mais ne sont pas voûtées. Dans la galerie orientale, sous la quatrième arcade en partant de la galerie sud, on trouve les restes d'un échiquier sculpté. Celui-ci n'est pas daté.

Soit il s'agit d'un échiquier médiéval utilisé par les moines pour faire des comptes, et non pour jouer, soit il a été taillé par les habitants au XVIII° siècle, lorsque le monastère a été abandonné.

Le logis abbatial a été restaurée au XIX° siècle. Il s'agit d'une petite pièce cossue, bien plus tardive que le reste des bâtiments. Son plafond à caissons, offre un répertoire floral et animal, ainsi que et différentes scènes  Il date du XVI° siècle.

Le réfectoire est presque entièrement détruit. Seul subsiste quelques pans de mur. L'un d'eux abrite encore la chaire de lecture, du XIV° siècle, unique en France, et l'ouverture qui y menait. Cette chaire, voûtée d’une croisée d’ogives à la clé de voûte circulaire, ouvrait sur deux salles, l’une destinée aux moines, récemment restaurée, l’autre aux pèlerins et hôtes de l’Abbaye, toujours en ruines.

La galerie ouest abritait les caves, les greniers et les celliers de l’abbaye. Enfin, un peu à l'extérieur de l'enceinte, en empruntant un escalier on peut accéder à ces caves, taillées à même la roche, dans le grès et le poudingue, qui servaient de celliers.

C’est dans ces caves que les moines découvrirent l'élevage, la vinification et la transformation du vin blanc en vin effervescent.


La tradition voudrait...


La tradition veut que l’abbaye de saint Hilaire soit le berceau de la Blanquette de Limoux qui est considérée comme le vin mousseux le plus ancien au monde.

Dès 1531, des écrits en attestant la fabrication, les moines élaboraient un vin pétillant qui, sans le savoir, allait connaître une renommée mondiale.

L'histoire rapporte, même, que, vers la fin du XVIe siècle, Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint Hilaire, y découvre la méthode de vinification des vins effervescents. Et, de retour dans son Abbaye d'Hautvillers, il en expérimente la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.


Trésors romans.


L'église abbatiale romane, du XII° siècle, remaniée au cours des siècles, et sa nef, depuis 1257, voûtée d'ogives à la mode gothique, se définit en trois travées de chapiteaux retombant sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines.

Les bras du faux transept sont ordonnancés en berceau brisé ou, seule, y subsiste l'absidiole sud dépositaire d'un sarcophage sculpté au XII° siècle, en marbre blanc des Pyrénées, œuvre du mystérieux maître de Cabestany.

Véritable et exceptionnelle, cette cuve, d’inspiration antique, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres. Elle est dédiée à Saint Sernin, sert de support à l’autel de l’absidiole sud et évoque l’arrestation, le martyre et l’ensevelissement de Saint Sernin, premier évêque de Toulouse.


Le Maître de Cabestany.


Ce mystérieux sculpteur du XII° siècle, - était-il catalan, languedocien ou italien ? -, doit son nom à à un fabuleux tympan de l'assomption, seul vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany.

Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.

Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre des personnages aux corps trapus, aux mains immenses, aux yeux proéminents, avec « une puissance et une sauvagerie », un fabuleux tempérament, qui ne peuvent être confondues avec nul autre.

10:08 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint hilaire, abbaye, aude, razès, la, guedoc-roussillon, blanquette de limoux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 août 2010

L'Abbaye de Saint Hilaire : Berceau de la Blanquette.

Quinze siècles d'histoire, à quelques lieux de la cité médié­vale de Carcassonne, au cœur du Razés, dans un paysage de vi­gnobles, l'Abbaye de Saint Hilaire est la sépulture du première évêque de Carcassonne, Saint Hilaire…

Fondée au VIII° siècle, sous le règne de Charlemagne, elle connut, après une période de fastes et de richesses, le déclin dès les prémices du XIV° siècle et ferma, définitivement ses portes conven­tuelles, peu avant la Révolution Française, au XVIII° siècle.


Bref historique.


Au VIe siècle, Saint Hilaire, le premier évêque de Carcas­sonne, enfant du pays nostalgique de ses terres, en visite pastorale, demande, aux habitants des lieux, la construction, sur un éperon ro­cheux dominant le Lauquet, d'une chapelle qui devient, par la suite, sa sépulture.

Au VII° siècle, l'abbaye qui la remplaça, fut d'abord consa­crée au célèbre Saint-Saturnin ou Sernin, évêque-martyr de Tou­louse, puis, lorsqu'on y découvrit ses restes, placée sous le patronage d'Hilaire.

Autour de l'an Mil, un nouvel élan de réforme monastique se double d'une révolution technique et stylistique. C'est aussi le temps des premières audaces architecturales qui permettent d'élargir la nef des églises et d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux, ve­nus vénérer les saintes reliques comme le morceau de la Vrai Croix à Sainte Marie d'Alet, ou le corps de l'évêque Hilaire de Carcas­sonne à Saint-Hilaire…

Sous la protection des comtes de Carcassés-Razés désireux d'honorer l'un des leurs, l'établissement monastique eut, jusqu'au XIII° siècle, un rayonnement considérable dans la région.

Mais, les troubles engendrés par la Guerre de Cent Ans, obli­geant les abbés à entretenir les fortifications villageoises précipitent son déclin.


Le cloître et les bâtiments conventuels.


Le cloître, édifié au XIV° siècle, est toujours intact Constitué de quatre galeries composées d'arcades ogivales reposant sur des co­lonnes géminées et moulurées, aux chapiteaux très abîmés, il est en forme de trapèze irrégulier avec des côtés de douze baies archées à l'est et à l'ouest, quatorze au nord et seize au sud.

Décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux, les chapiteaux sont taillés dans un seul bloc de grès provenant des car­rières in situ du Razès.

Les galeries du cloître, couvertes d'un toit de tuiles, sont ni voûtées, ni encorbellées..

Un puits et un bassin à quatre lobes, support d'une vasque, du XVI° siècle, occupent le cœur du cloître.

Les galeries du cloître sont couvertes d'un toit mais ne sont pas voûtées. Dans la galerie orientale, sous la quatrième arcade en partant de la galerie sud, on trouve les restes d'un échiquier sculpté. Celui-ci n'est pas daté.

Soit il s'agit d'un échiquier médiéval utilisé par les moines pour faire des comptes, et non pour jouer, soit il a été taillé par les habitants au XVIII° siècle, lorsque le monastère a été abandonné.

Le logis abbatial a été restaurée au XIX° siècle. Il s'agit d'une petite pièce cossue, bien plus tardive que le reste des bâtiments. Son plafond à caissons, offre un répertoire floral et animal, ainsi que et différentes scènes . Il date du XVI° siècle.

Le réfectoire est presque entièrement détruit. Seul subsiste quelques pans de mur. L'un d'eux abrite encore la chaire de lecture, du XIV° siècle, unique en France, et l'ouverture qui y menait. Cette chaire, voûtée d’une croisée d’ogives à la clé de voûte circulaire, ou­vrait sur deux salles, l’une destinée aux moines, récemment restau­rée, l’autre aux pèlerins et hôtes de l’Abbaye, toujours en ruines.

La galerie ouest abritait les caves, les greniers et les celliers de l’abbaye. Enfin, un peu à l'extérieur de l'enceinte, en empruntant un escalier on peut accéder à ces caves, taillées à même la roche, dans le grès et le poudingue, qui servaient de celliers.

C’est dans ces caves que les moines découvrirent la l'éle­vage, la vinification et la transformation du vin blanc en vin effer­vescent.


La tradition voudrait...


La tradition veut que l’abbaye de saint Hilaire soit le berceau de la Blanquette de Limoux qui est considérée comme le vin mousseux le plus ancien au monde.

Dès 1531, des écrits en attestant la fabrication, les moines élaboraient un vin pétillant qui, sans le savoir, allait connaître une renommée mondiale.

L'histoire rapporte, même, que, vers la fin du XVIe siècle, Dom Pérignon, lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint Hilaire, y découvre la méthode de vinification des vins effervescents. Et, de retour dans son Abbaye d'Hautvillers, il en expérimente la méthode sur les vins du vignoble de Champagne.


Trésors romans.


L'église abbatiale romane, du XII° siècle, remaniée au cours des siècles, et sa nef, depuis 1257, voûtée d'ogives à la mode go­thique, se définit en trois travées de chapiteaux retombant sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines.

Les bras du faux transept sont ordonnancés en berceau brisé ou, seule, y subsiste l'absidiole sud dépositaire d'un sarcophage sculpté au XII° siècle, en marbre blanc des Pyrénées, œuvre du mys­térieux maître de Cabestany.

Véritable et exceptionnelle, cette cuve, d’inspiration antique, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres. Elle est dédiée à Saint Sernin, sert de support à l’autel de l’absidiole sud et évoque l’arrestation, le martyre et l’ensevelisse­ment de Saint Sernin, premier évêque de Toulouse.


Le Maître de Cabestany.


Ce mystérieux sculpteur du XII° siècle, - était-il catalan, languedocien ou italien ? -, doit son nom à à un fabuleux tympan de l'assomption, seul vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany...

Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.

Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre des personnages aux corps trapus, aux mains im­menses, aux yeux proéminents, avec « une puissance et une sauva­gerie », un fabuleux tempérament, qui ne peuvent être confondues avec nul autre.

10:30 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Cathares | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : saint hilaire, abbaye, aude, razés, limoux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
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