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11 janvier 2012

Le volcanisme énigmatique aux îles Canaries et à El Hierro.

Bases pour essayer de mieux comprendre le volcanisme aux Îles Canaries et l'actuelle éruption au large de la Restinga, une série de cartes annotées de seamounts et de traits :

iles Canaries.jpgiles Canaries 1.jpgiles Canaries 2.jpgiles Canaries 3.jpgiles Canaries.1.jpgiles Canaries 1.1.jpgiles Canaries 2.1.jpgiles Canaries 3.1.jpg

Légende : En blanc : Seamounts ; En violet : Agadir Canyon ; En rouge : Trajet du Hotspot ? Convergence masquée ? Fosse tectonique en formation ? voire Rift en formation ?

Le volcanisme des îles Canaries à débuté, il y a 100 à 80 millions d'années, au Sud du plateau sous-marin d'Essaouira et du Canyon d'Agadir avec les seamounts Essaouira, Rybin et les Agadir Twins...

et s'est continué de part et d'autre de l'anomalie matérialisée par la ligne discontinue en rouge, par les seamounts Dacia, Triton, Concepcion... et par les seules apparitions terrestres, les Îles Salvagem et les Îles Canaries, dont la particularité éruptive de Timanfaya à Lanzarotte de 1730 à 1736, jusqu'aux actuels seamounts : Papp, African, Echo et Tropic...

Une étude, sur ces bases, est en cours...

Décembre 2011 ©  Raymond Matabosch

31 août 2011

Les séismes ou les ires de la terre.

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Provoqués, dans leur généralité, par le jeu de la tectonique des plaques, les séismes résultent, ordinairement, de fractures brutales de roches à proximité d'une faille active et ils peuvent provoquer des catastrophes gigantesques qu'aucune méthode scientifique ne permet de prévoir. Les hommes ne peuvent, donc, s'en protéger que de manière passive.

Plus précisément et par définition, un tremblement de terre est une secousse plus ou moins violente du sol et plus ou moins destructrice et meurtrière suivant sa magnitude, son intensité et la profondeur de son foyer, - ou hypocentre -. Elle peut découler de diverses origines, les unes naturelles si elles sont tectoniques, - rupture d'une faille ou d'un segment de faille -, volcaniques, - intrusion et dégazage d'un magma -, ou géologiques, - effondrement d'une cavité -, les autres procédant d'activités humaines ou de sources artificielles, - explosion, effondrement d'une cavité, recherches magnétohydrodynamiques ou pétrolières, etc... -.

De très nombreux séismes, de magnitude comprise entre -0 et 9.5, le plus violent recensé de l'histoire, - 22 Mai 1960, Valdivia au Chili, environ 3.000 morts, et deux millions de sans-abri -, se produisent tous les jours. La fréquence des séismes de magnitude négative et de magnitude comprise entre 0.0 et 1.9, est d'environ 10.000 à 12.000 par jour. Le Catalogue listant les Déterminations préliminaires des épicentres dressé par l'United States Geological Survey et le listing tenu au jour le jour par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen recensent, en moyenne annuelle, 16 séismes de magnitude égale ou supérieure à 7.0, 150 de magnitude comprise entre 6.0 et 6.9, environ 300 de magnitude comprise entre 5.0 et 5.9, environ 3.000 de magnitude comprise entre 4.0 et 4,9, environ 275.000 de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 et environ 2,5 millions de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9. La majorité d'entre eux ne sont pas ressentis par les humains. La « répertoriation » hypocentrique de ces séismes ne tient point compte des séismes procédant d'activités humaines, - explosions, effondrement d'une cavité, recherches magnétohydrodynamiques ou pétrolières, etc... -. non répertoriés par l'United States Geological Survey, - USGS -, ni par le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, - CSEM-.

Le réchauffement climatique, si le réchauffement climatique est avéré ce qui n'est point certitude, n'intercède pas dans la psychose d'une pseudo-multiplication des tremblements de terre. En effet, en totale contradiction avec l'article de Juin 2008 publié par la Revue Nature et le communiqué divulgué, en date du 05 Juin 2008, par le National Science Foundation, tous deux faisant état « que la région de l'Ice Stream Whillians dans l'ouest de l'Antarctique, qui mesure plus de 18.000 kilomètres carrés, se déplace de plus de 60 centimètres deux fois par jour. Ces mouvements saccadés, enregistrés à l'aide d'un GPS, sont comparables à des tremblements de terre d'une amplitude de 7.0 sur l'échelle de Richter. Cela équivaut quasiment au tremblement de terre du 12 mai 2008 du Sichuan en Chine », - un séisme de magnitude 8.3 -, le glacier « Ice Stream Whillian », en Alaska, d'après les scientifiques qui l'auraient étudié, générerait, annuellement, à raison de deux par jour, 770 à-coups perçus et enregistrés à plus de 6.400 kilomètres de distance, des à-coups engendrant des signaux sismiques comparables à des tremblements de terre d'une amplitude de maximum 6.0 sur l'échelle ouverte de Richter.

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Que penser, alors des déplacements, de quelques centimètres deux fois par jours du glacier Beardmore en Antarctique avec plus de 160 kilomètres de long, du plus grand inlandsis de l'Antarctique, - également le plus épais avec ses 4.700 mètres d'épaisseur -, avec ses 13.586.000 kilomètres carrés, de celui du Groenland et ses 1.700.000.kilomètres carrés et ses 3.000 mètres d'épaisseur, des calottes glaciaires du Austfonna' – Svalbard -, d'une de superficie de 8.200 kilomètres carrés, et du Vatnajökull, - Islande -, 8.100 kilomètres carrés et 1 kilomètre d'épaisseur, du glacier de piémont, le glacier Malaspina, - Alaska -, avec un lobe glaciaire de 3.900 kilomètres carrés, etc... Un glacier avance par à-coup, - environ 2 à coups en moyenne par jour -, à cause de la gravité ou flue à cause de son propre poids, et génère des signaux sismiques comparables à des tremblements de terre, depuis des millénaires.

Ce étant, environ 10 millions de séismes, - tectoniques, volcaniques, géologiques ou procédant d'activités humaines -, se produisent chaque année sur la planète. Les plus puissants d'entre eux, dont un tous les 10 ans de magnitude égale ou supérieure à 8,9, sont comptabilisés parmi les catastrophes naturelles les plus meurtrières, - depuis 1900, 29, comptant parmi les plus puissants, ont provoqué plus de 15.000 morts, dont 7 faisant plus de 100.000 victimes, d'après les estimations des autorités locales -, et les plus destructrices. Le plus meurtrier a été celui de Tangshan, - Chine -, du 27 juillet 1976 à 3 h 52 du matin, de magnitude évaluée 8.2/8.3. Le nombre officiel de morts est 242.419 personnes mais d'autres estimations font état de 500.000 à 800.000 victimes directes ou indirectes. 164.581 personnes furent également sévèrement blessées. Bien que les sismologues aient estimé que le tremblement de terre avait atteint la magnitude de 8.2 sur l'échelle ouverte de Richter, le gouvernement chinois du grand timonier Mao Zedong, - Mao Tsé-Toung, ou Mao Tsé-Tung, ou Mao Tsö-Tong -, et de son Premier ministre Zhou Enlai, l'avait évaluée entre 7.6 et 7.8.

La science qui étudie les tremblements de terre, - les séismes -, et plus généralement la propagation des ondes à l'intérieur de la Terre, a nom sismologie ou séismologie, - de l'anglais seismology-. Elle utilise les concepts de la mécanique newtonienne appliqués à la connaissance de la Terre. La sismogénèse, la sismotectonique, l'aléa sismique, la sismologie de l'ingénieur, « l'engineering seismology », « l'earthquake engineering », la sismologie globale, la sismique active, etc. et les disciplines associées telles la paléosismologie, l'archéosismologie, la mécanique des roches, la mécanique des milieux continus, la mécanique des blocs, la sismologie spatiale et l'héliosismologie, en sont les principales disciplines. Le sismographe, mesurant le mouvement du sol, - direction verticale ou direction horizontale -, et enregistrant les ondes sismiques, - sismogramme ou séismogramme -, sur un support visuel, en est l'appareil d'étude principal.

Ce texte a été préalablement publié le 26 Août 2011 sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

Et a été repris, le 27 Août 2011 par l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Tunis

13 juin 2011

Un fort séisme de magnitude 6.0 secoue Christchurch et le Canterbury, sur l'Île du Sud, en Nouvelle Zélande.

Le 13 Juin 2011, à 02 h 20 Temps Universel, 14 h 20 heure locale, un violent séisme de magnitude locale (ML), 6.0 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'United States Geological Survey (USGS), et magnitude d'ondes de volume (Mb) 5.8 pour le Centre Séismologique Euro-Méditerranéen (CSEM), et d'intensité VIII au foyer sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik (aussi appelée échelle MSK), a frappé le Canterbury sur l'île du Sud de la Nouvelle Zélande, au nord de la péninsule de Banks.

Son épicentre, latitude 43.580° Sud et longitude 172.740° Est, se situe à 1,5 kilomètres au Sud-est de Clitton, à 2 kilomètres au Sud de Moncks Bay, à 2 kilomètres à l'Ouest de Heathcote Valley, à 2 kilomètres à l'Est de Sumner, à 3 kilomètres au Sud de Redcliffs, à 5 kilomètres au Nord-Est de Lyttelton, à 13 kilomètres au Nord-Nord-Est de Christchurch (363.926 habitants), à 207 kilomètres au Sud-Sud-Est de Westport, à 292 kilomètres au Sud-Ouest de Wellington, capitale de la Nouvelle Zélande, et à 323 kilomètres au Nord-Nord-est de Dunedin. Son hypocentre est localisé à 9 kilomètres de profondeur +/- 2.8 kilomètres pour l'USGS et à 2 kilomètres de profondeur pour le CESM.

Cette secousse, ressentie jusqu'aux villes de Wellington, Queenstown et Dunedin, a été précédée par trois événements séismiques précurseurs dont l'un, sous marin, de ML 5.2, à 01 h 00 Temps Universel, 13 h 00 heure locale, localisée au large de New Brigthon dans la baie de Pegasus, latitude 43.580° Sud et longitude 172.780° Est, d'épicentre situé à 9 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Christchurch, d'hypocentre 11 kilomètres de profondeur et d'intensité VI au foyer sur l'échelle MSK. Elle a été suivie, à 02 h 40 Temps Universel, d'une réplique de magnitude ML 4.6. De nombreuses répliques, de magnitude comprise entre 4.0 et 5.0 ou voire supérieure, se produiront inéluctablement dans les jours et les semaines à venir.

Précisant seulement que le tremblement de terre aurait entrainé l'effondrement de bâtiments publics, que des supermarchés auraient été évacués et qu'un épais nuage de poussière envelopperait la ville de Christchurch en reconstruction, les autorités font état d'uniquement 10 blessés légers et excluent tous décès et toutes blessures graves. D'après le New Zealand Herald, « Deux personnes ont été sorties des décombres d'une église effondrée dans le centre de Christchurch et plusieurs personnes ont été transportées à l'hôpital. » Sur place, au moins 50,000 foyers seraient privés d'électricité et celle-ci, malgré les risques de gel, la Nouvelle-Zélande s'apprêtant à entrer dans l'hiver austral, ne devrait pas être rétablie dans les prochaines 24 heures. En outre, l'aéroport de Christchurch a été évacué.

 

La Nouvelle Zélande et les risques séismiques.

 

Le tremblement de terre du 13 juin 2011, ayant frappé l'Île du Sud, en Nouvelle-Zélande, est, de toute évidence, une réplique de l'aléa séismique du 3 Septembre 2010, d'épicentre Darfield et de magnitude 7.0. Situé dans la partie orientale de la rupture d'une faille cachée provoquée par celui qui s'est produit le 21 février 2011, épicentre circonscrit dans le Castle Rock Reserve et magnitude 6,1, il résulte des mêmes conditions tectoniques et, se rattachant aux frontières usuelles correspondant aux déformations régionales qui affectent les îles du Sud et du Nord de la Nouvelle Zélande, découle, pour finalité, des mêmes causes.

03 septembre 2010

Sur l'île de Sumatra, Le Seulawah Agam sous haute surveillance.

 

Code 0601-02

Localisation : Latitude 5.448° Nord et Longitude 95.658° Est,

Stratovolcan, altitude 1.726 mètres, Sumatra, Indonésie.


Le niveau d'alerte du volcan Seulawah Agam, à compter du 01 Septembre 2010, à 16 h 00, de « Normal », Niveau I, vient d'être relevé « Alerte », Niveau II, « prudence recommandée », par le « Center for volcanology and disaster mitigation », suite l'augmentation notoire de la sismicité basale au cœur de l'édifice volcanique. Bien qu'il n'y ait point appel à évacuation de décrété par les autorités, des recommandations au calme, à la vigilance et au respect des instructions « Satlak PB » ont été imposées à la population, et une zone d'exclusion, dans un rayon de 3 kilomètres du cratère actif, a été prescrite.

Le Seulawah Agam, - aussi dénommé Selawajan, Selawadjanten, Selawajanten, Seulawaih Agam, Seulawain Agam, Silawaih Agam, Solawaik Agam, Solawa Agam, Goudberg et Goldberg -, est un stratovolcan situé à 40 kilomètres au Sud-Est de Banda Aceh, à la pointe Nord-Ouest de l'île de Sumatra, dans le sous-district administratif de Seulimeum, district d'Aceh Besar, province de Nanggroe Aceh Darussalam. Il s'est construit, du Pléistocène supérieur à l'Holocène, - 130.000 ans aux 10.000 dernières années -, dans la zone Sud-Est de l'ancienne caldeira, active au cours du Gélasien, - 2.588 Millions d'années à 1.806 Millions d'années -, et du Pléistocène inférieur, - 1.806 Millions d'années à 780.000 ans -, « Teuba Lam », partie sommitale du dense massif forestier de Seulawah, qui s'étend sur son Nord-Ouest, sur 15 kilomètres de large et 122 kilomètres de long, et à l'intérieur d'une, plus petite, de 6 kilomètres de large sur 8 kilomètres de long, du pléistocène Moyen, - 780.000 ans à 130.000 ans -, contenue dans la dite imposante caldeira.

Le stratovolcan Seulawah Agam, par lui-même, est un complexe volcanique regroupant une pénéplaine, des collines les unes sédimentaires, les autres basaltiques et andésitiques issues des coulées de Paléocènes du « Teuba Lam » et du « paléo-Seulawah Agam », et un cône volcanique, « Agam », formé de lave et de coulées pyroclastiques, et doté de trois cratères dont, seul, le « Cempago Tanah », cratère sommital de 600 mètres de diamètre, est facilement reconnaissable tandis que les deux autres sont entièrement recouverts d'une épaisse végétation compacte.

 

Des trois chaudrons volcaniques, le Van Heutsz, localisé à 650 mètres sur le flanc Nord-Nord-Est du volcan, possédant des champs fumerolliens, est le plus actif. Et, sur une superficie de 50 kilomètres carrés, « Tanah Simpaga », « Kuali » et « Ie Joh » sont des zones géothermiques


Raisons des séismes et du volcanisme sur l'île de Sumatra.


La plaque Indo-Australienne plonge par, subduction, sous les plaques Birmane et Sunda dites « Sundaland », considérées comme des promontoires de l'Eurasie, à une vitesse de l'ordre de 5,5 à 7,2 centimètres par an avec une direction Nord-Nord-Est. La Fosse de subduction de Java, - dénommée aussi Fosse Sunda -, à environ 150–200 kilomètres au large, longeant les côtes Ouest de Sumatra, entre la Mer d'Andaman et le Détroit de la Sonde, indiquant une convergence oblique et non perpendiculaire, est orientée Nord-Ouest.

Le glissement étant infléchi par rapport à la position de la fosse, il se produit un compartimentage du mouvement subductif. Dans un premier temps, le raccourcissement est absorbé au niveau de la fosse soumet l'île à un mouvement latéral, générant le volcanisme, qui la fracture dans toute sa longueur et, dans un second temps, le glissement est accommodé au niveau de la faille de Mentawai qui cisaille le bassin d'avant-arc « Sumatra fore arc basin », et de la grande faille de Sumatra, longeant approximativement l'arc volcanique, qui traverse l'île de Sumatra dans toute sa longueur et qui relie le bassin de la Mer d'Andaman au Détroit de la Sonde, deux domaines en expansion.

En période « normale », la fosse et les failles en arrière sont bloquées. Les plaques supérieures, Birmane et Sunda, se compriment et accumulent la déformation élastique jusqu'au jour où la déformation, devenue plus forte que la friction, une faille cède brutalement et relâche la déformation accumulée durant plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d'années.



La faille de Sumatra.


La faille de Sumatra, parallèle à la Fosse de Sunda, longue de 1.650 Kilomètres, orientée Nord-Ouest/Sud-Est, à mouvement latéral, est une faille décrochante. Son taux de décrochement varie de 2,7 à 3,2 centimètres par an, au Nord de l'île, à 0,8 à 1,4 centimètres par an en son Sud. Cette diminution de la vitesse de déplacement peut s'expliquer par la diminution de l'obliquité de la convergence.

Depuis le séisme du 26 décembre 2004, de magnitude de 9.0, révisé 9.3, sur l'échelle de Richter, le plancher marin de l'océan Indien a été ébranlé à 250 kilomètres au Sud-Ouest de Banda Aceh, modifiant les grands équilibres tectoniques de la partie occidentale du « Ring of fire », - la « Ceinture de feu » du Pacifique -, créant, en cela, des conditions favorables pour que se déclenchent, sur l'île de Sumatra, de futurs cataclysmes. Des conséquences indirectes de la rupture sous-marine de la Fosse de Sunda, à terme, doivent entraîner une réactivation de la faille de Sumatra d'autant que, d'une part, il n’y a pas eu de gros séisme sur la faille de Sumatra au Sud de Banda Aceh depuis au moins deux siècles, et que, d'autre part, les édifices volcaniques qui s'égrainent le long de cette faille, dans les provinces de Nanggroe Aceh Darussalam et de Sumatera Utara, - Sumatra du Nord -, sont en dits en sommeil ou en semi-sommeil depuis au moins 2 siècles. Et c'est sur ces terres que les autorités scientifiques attendaient, avant le 26 Décembre 2004 soit un gros séisme, soit, les caldeira de « Teuba Lam », 122 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large, explosion datée du Pléistocène Inférieur ou Moyen, - entre 1.806 Millions d'années et 130.000 ans -, et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, - indice d'explosivité volcanique -, et de « Toba », 100 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large, explosion datée de 73.000 ± 4.000 ans et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, étant les exemples types des super-volcans.

Dans le cadre des séismes, les contraintes accumulées au cours des décennies voire des siècles le long de la portion de faille qu'ils réactivent, sont libérées instantanément, dans toutes les directions. Celles-ci se transmettent, s’accumulent dans les failles environnantes d'autant plus si ces dernières sont proches, tout comme le sont les failles de Mantawai et de Sumatra, et les rechargent brutalement, laissant, lors, précipiter l’occurrence soit d’un futur séisme majeur sur cette faille, soit celle d'une éruption volcanique cataclysmale de type « Teuba Lam », « Toba », ou dans un passé récent, de type « Krakatau », un super volcan situé, entre les îles de Sumatra et de Java, dans le Détroit de la Sonde, explosion datée de 416 et estimée de magnitude 8, sur l'échelle VEI, et explosion datée de 1883 et estimée de magnitude 6, sur l'échelle VEI.


Le Seulawah Agam.


Le Seulawah Agam, dans cette région du Nord de l'île de Sumatra, dans un long chapelet d'édifices volcaniques s'égrainant le long de la faille de Sumatra : le Pulau Weh, un stratovolcan du Pléistocène, fumerollien ; le Peuet Sague, complexe volcanique d'âge Holocène, dernière éruption explosive les 25 et 26 Décembre 2000 ; le Geureudong, stratovolcan du Pléistocène, fumerollien ; le Bur ni Telong, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive en 1937 ; le Kembar Shield, volcan du Pléistocène, fumerollien ; le Sibayak, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive en 1881 ; le Sinabung, stratovolcan d'âge Holocène, dernière éruption explosive du 25 au 31 Août 2010, et en alerte volcan « Niveau 5 » ; et le Toba, caldeira et lac de caldeira, d'âge Holocène, dernière éruption explosive 73.000 ± 4.000 ans...

L'activité historique du Seulawah Agam est peu connue. Ses dernières manifestations éruptives se sont produites, en 1510 ± 10ans, une éruption explosive, phréato-magmatique ou hydrothermale, sur son versant Nord-Nord-Est, probablement le cratère Van Heutsz, estimée de magnitude 2, sur l'échelle VEI, et une éruption du cratère van Heutsz en 1839, qui serait de nature explosive et phréatique, selon le « Volcanological survey of Indonesia. » Sa plus courte pause est de 136 ans, sa plus longue de 239 ans, et la dernière éruption s'est produite en date des 12 et 13 Janvier 1839.

Ce stratovolcan est implanté non sur la faille de Sumatra mais sur une émanation de celle-ci, la faille de Lam-Bora Teuba qui connaît, depuis Avril 2010, une sismicité accrue :

- Avril 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam », et ± 66 micro-séismes ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, au nombre de ± 70 par jour. En outre 4 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 137 autres de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Mai 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 55 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 121 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 13 par jour. En outre 137 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Juin 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 53 micro-séismes ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 83 par jour. En outre 30 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 164 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Juillet 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 46 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 76 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 72 par jour. En outre 16 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 101 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

- Août 2010, la séismicité y a été, quotidienne, au-dessus du niveau basal de la caldeira du « Teuba Lam » et ± 80 micro-séismes avec des pics sismiques atteignant 85 micro-séismes par jour, ont été enregistrés, journellement, en alternance avec des secousses sismiques d'origine tectonique, peu profondes, de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9, au nombre de ± 99 par jour. En outre 7 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4.0, et 40 tremblements de terre de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 ont été recensés.

De Janvier à fin Août 2010, le stratovolcan a fait l'objet d'une observation visuelle et d'une surveillance intensive qui n'ont pas décelé de changements d'importance dans les phénomènes de surface. Mais le Gunung Agam Seulawah a souvent été enveloppé dans le brouillard, et, les rares moments où la montagne s'est trouvée dégagée et visible, il n'a pas été observé de fumée s'échappant du cratère sommital.

23 janvier 2010

Les raisons du séisme en Haïti : 3/3 Le volcanisme dans les Grandes Antilles.

Suite de :

Les raisons du séisme en Haïti : 1/3 La plaque lithosphérique des Caraïbes.

Les raisons du séisme en Haïti : 2/3 L'île d'Hispaniola : Haïti et la République Dominicaine.

 

------------------------------------------------------ suite

 

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Volcan de la Vigie

 

Le volcanisme dans les Grandes Antilles.


Les Grandes Antilles, et les Antilles dans leur généralité, géopolitiquement, - et non géologiquement -, la différence étant d'importance, se situeraient dans un grand ensemble, « l'Espace Caraïbe », aux limites très floues, en fait indéterminées, car certains géographes le considèrent comme un sous-ensemble de l'Amérique du Sud ou de l'Amérique latine, d'autres de l'Amérique centrale ou, tant bien même, de l'Amérique du Nord. A l'identique, les limites de l'archipel des Antilles fluctuent au gré des conceptions des uns et des autres, des acceptations des chapelets d'îles à y intégrer ou à en exclure et, surtout, faisant fi de la géologie et de la tectonique des plaques, selon les aspirations édictées sur les plans décisionnels de politiques étatiques. Ainsi les limites de cet archipel s'étendent, avec des modulations et des variations circonstanciées, des stricts arcs insulaires interne et externe antillais, - les Grandes et les Petites Antilles(5) -, jusqu'à englober l'ensemble des îles tropicales, - les Grandes et les Petites Antilles, les Bahamas, les Îles Turques-et-Caïques et les Keys de Floride(6) -, émergeant sur la façade atlantique du super-continent américain.

Au plan géopolitique, - l'étude de la fabrication des espaces par la puissance et l'étude de la fabrication des espaces par le dépassement de la puissance -, une science récente mais, dans la pratique, qui a toujours existé et régné pour de nombreux stratèges, les Grandes Antilles se composent des îles de Cuba, de la Jamaïque, d'Hispaniola et de Porto Rico, avec, pour chacune, leurs dépendances îliennes, et, pour Hispaniola, les iles de la Tortue, de Saona, d'Alto Bello, de Béata, de la Vache, Grande Cayemite... et de Gonàve, pour les plus importantes. Mais..., au plan géologique et tectonique des plaques, l'Île de Cuba et ses dépendances, et l'Île de la Tortue, implantées sur la plaque lithosphérique Nord-américaine n'appartiennent ni au concept « plaque tectonique des Caraïbes » ni au paléo-arc insulaire des Grandes Antilles. Au différent, les Îles Vierges, incluses dans les Petites Antilles, leurs soubassements étant activés lors de la formation du paléo arc, devraient y être adjointes.

Carte des Grandes Antilles.

C'est vers 180 à 150 Millions d'années, avec l'ouverture de l'Océan Pacifique que la plaque tectonique des Caraïbes, composée de plusieurs terranes(7), et après elle, celles de Panama, de Nazca, des Cocos, de Juan de Fuca et, probablement, deux ou trois autres, par absence de repaires tangibles, dans l'impossibilité de les définir, se sont détachées du super-continent « La Pangée. » Parallèlement, vers 130 à 120 Millions, avec l'ouverture de l'Océan Atlantique Nord, la plaque Nord-américaine s'est désolidarisée du continent euraméricain -, et vers 90 à 70 Millions d'années, avec l'ouverture de l'Océan Atlantique Sud, la plaque Sud-américaine s'est séparée du continent Afro-américain. C'est au Crétacé inférieur, Albien-Aptien, - 125 à 99,6 Millions d'années -, la plaque des Caraïbes se dirigeant vers l'Est, celle Nord-américaine subductante, une vitesse de déplacement de 2,5 centimètres/an, vers l'Ouest/Ouest-Nord-Ouest, que se forme, à leur contact, sur un quartier de croûte océanique limitrophe subordonnée à une tectonique polyphasée, le paléo arc insulaire d'Haïti comprenant les îles de la Jamaïque, d'Hispaniola et de Porto Rico, et, dans un deuxième temps, activant les soubassements des îles Vierges. Ce volcanisme de subduction perdure jusqu'à la fin du Crétacé supérieur, Maestrichtien, - 70,6 à 65,5 Millions d'années -.

Ce volcanisme reprend activité, au Paléogène, quand la plaque Sud-américaine se déplaçant, vitesse de 2,9 centimètres /an, dans une direction Ouest-Nord-Ouest, rentre réellement en contact, avec les marges Sud et Est de la plaque lithosphérique des Caraïbes, de l’éocène à l'oligocène, - 55,8 à 23,3 Millions d’années -, donnant naissance à l'Arc extérieur insulaire des Petites Antilles, - du Nord au Sud : Sombrero, Antiguilla, Saint Martin, Saint Barthélémy, Barbuda, Antigue, Grande-Terre, Marie-Galante, Sainte Lucie, Saint Vincent, les Grenadines, Grenade. -. Au miocène supérieur, - 11,6 à 5,3 Millions d’années, le front Est de la plaque Caraïbe, sous la poussée de la plaque Sud-américaine, percutant la plaque Nord-américaine se retrouve en situation d’extension et, ne pouvant plus continuer son déplacement vers l'Est, des accidents majeurs tranverses se produisent. Lors, poussée par la plaque Sud-américaine, la plaque des Caraïbes, littéralement prise en étau entre les deux masses continentales, inverse, vers l'Ouest-Nord-Ouest, à la vitesse lente de 1,1 centimètre/an, son déplacement. Parallèlement à la formation de l'arc interne des Petites Antilles, - du Nord au Sud, Saba, Saint Eustache, Saint Christophe, Névis, Montserrat, Guadeloupe, les Saintes, Dominique -, le volcanisme se réactive dans le paléo arc insulaire des Grandes Antilles et continue jusqu'au Pliocène, - 5,33 à 1,81 Millions d'années -, date à laquelle il rentre en sommeil. Aussi n'est-il pas douter qu'au vu de la configuration, marges de plaques tectoniques coulissant avec une amplitude décrochante, de type subduction, de 2 centimètres/an, dans une région dite « transformante » sénestre, d'importants bouleversements, certains de type paroxismiques, se sont déroulés depuis la formation du paléo arc des Grandes Antilles : accrétion, affaissements des soubassements, fusion du manteau et volcanisme gris, explosif et dangereux, effondrement des cônes et cirques concentriques, - ou caldeiras -, etc...


Le volcanisme sur l'île d'Hispaniola.


L'histoire géologique de l'île d'Hispaniola, en regard de la nature et de la structure de ses soubassements et de son sous-sol, typiques d'un arc insulaire, et de lambeaux de terranes et de croûte panthalasséenne(8) soumis à une tectonique à phases multiples, peut être tracée, grossièrement, en quatre étapes.

Carte physique de l'île d'Hispaniola corsetée dans une zone transformante, en bleu, à connotation subduction, en gris, et cisaillée par des marges de terranes, en jaune, et deux failles actives, en rouge.

Au Mésozoïque, - 251 à 65,5 Millions d'années -, à partir du Crétacé inférieur, - 145,5 à 99,6 Millions d'années -, et plus spécifiquement de l'Albien-Aptien, - 125 à 99,6 Millions d'années -, au Maestrichtien, - 70,6 à 65,5 Millions d'années -. deux systèmes distincts disjoints existaient et fonctionnaient autour de l'île actuelle d'Hispaniola.

Le premier de ces systèmes, posé et édifié, sur un socle amphibolitique et ultrabasique, était un ensemble de type « arc insulaire » composé d'un chapelet d'îles courant depuis la Nord de la Jamaïque jusqu'au Nord de Porto Rico et probablement au delà vers les îles Vierges. Pour Hispaniola, cet ensemble déterminait au moins deux îles, l'actuel Massif du Nord, d'une part, et, d'autre part, l'actuelle presqu'île ou péninsule de Samaná. Cet ensemble, sous la forme d'une pile volcano-sédimentaire; du Crétacé, - 145,5 à 65,5 Millions d'années -, estimée à plusieurs milliers de mètres d'épaisseur, est appelé, en République Dominicaine, « Formacion Duarte. » En outre, il est affecté par un plutonisme polyphasé particularisé par la présence de roches intrusives et de plutons granodioritiques et dioritiques.

Le second de ces systèmes, de type « crôute océanique » constituait, - et constitue toujours -, un lambeau du plancher de la Mer des Caraïbes. Il montre, tant dans le Massif Central que dans le Massif Méridional, massifs constituant deux terranes distinctes caractérisées par des séquences, - certaines en pillow lavas -, de basaltes inter-stratifiés avec des calcaires pélagiques, des grès siliceux, des sédiments détritiques..., une conformité tholéïtique apanage d'un contexte océanique de type « MORB(9). » De nombreux dykes de dolérites, datés du Campanien-Maestrichtien, - 83,5 à 65,5 Millions d'années -, confirment l'épisode volcanique qui contribua à la formation de trois édifices îliens, deux supportant le Massif Central, le troisième, le Massif Méridional.

En conservant les contours actuels, l'île d'Hispaniola au Paléocène : Essai de reconstitution,

Au début du Paléocène, - 65,5 à 23 Millions d'années -, du Paléocène supérieur, - Thanétien 58,7 à 55,8 Millions d'années -, à l'Éocène moyen, - Lutétien-Bartonien, - 48,6 à 37,2 Millions d'années -, les trois ensembles océaniques se sont rapprochés de l'arc insulaire et ont, lors, connu une déformation similaire agrémentée de profonds dépôts par le fait que de nombreuses terranes, - terrane du Massif septentrional excepté la péninsule de Samaná, et les deux terranes supportant le Massif Central -, se sont rattachées installant une plate forme carbonatée. Cette première structuration, sous l'effet conjugué des plaques déformantes Nord-américaine subductante et des Caraïbes, d'une part, et des plaques déformantes des Andes du Nord et Sud-américaine et des Caraïbes subductante, était caractérisée d'une diversité volcanique, basaltes andésitiques et tufs basaltiques, tant dans le Massif septentrional, que dans les Massifs Central et Méridional.

L'ultime structuration, de l'île d'Hispaniola, avec le rapprochement final de l'édifice îlien portant le Massif Méridional, se produisit au Priabonien, - 37,2 à 33,9 Millions d'années -, dernière période de l'Éocène, - 55,8 à 33,9 Millions d'années -, qui permit l'individualisation des chaines montagneuses émergées servant, alors, combinées à un volcanisme de subduction andésitique très actif à l'Oligocène, - 33,9 à 23 Millions d'années -, de sources sédimentaires accélérant l'individualisation des bassins d'accrétion et amorçant leur comblement. Ces deux structurations sont dominées par un ensemble compliqué de plissements montagneux et les plus hauts sommets dépassent 3.000 mètres, culminant à 3.175 mètres, au Pico Duarte. De plus, le sud-ouest de l'île est zébré par deux bandes montagneuses principales, l'une au nord, parallèle au Massif Central, l'autre au sud, le Massif Méridional, encore séparées, au Miocène moyen, - 16 à 11,6 Millions d'années -, par un bras de mer découpant l'île d'Hispaniola en deux îles distinctes et, en trois, avec Samaná.

En conservant les contours actuels, l'île d'Hispaniola au Miocène, Samaná et le Massif Méridional étant encore des îles distinctes. Essai de reconstitution.

Au Miocène supérieur, - 11,6 à 5,3 Millions d'années -, alors que le Massif Central continuait son élévation, le volcanisme, basaltes alcalins en intercalation avec des roches sédimentaires détritiques et carbonatées, n'affectait que le Massif Méridional et, tout particulièrement, la chaîne des Matheux et les montagnes du Trou d'Eau. La structuration de l'île d'Hispaniola se poursuivit au Pliocène, - 5,3 à 1,8 Millions d'années -, et prit fin accompagné d'un volcanisme sous-saturé et la mise en place des derniers édifices, de type fissural avec d'importantes coulées de laves à caractère alcalin et de projections hyaloclastiques, encore en état de conservation, - la Vigie, Thomazeau... -, vers le milieu Pléistocène inférieur, - 1,8 à 1,5 Millions d'années -. Le bras de mer correspondant aux plaines du Cul-de-Sac et de Neiba, aux lacs Trou du caïman, Azueï et Enriquillo..., et à la lagune del Rincon, s'était alors comblé. Les étendues d'eau résiduelles, salées et sous le niveau de la mer, en sont des reliques.


En conclusion, que retenir de la situation géologique en l'île d'Hispaniola ?


La théorie de la Tectonique des plaques, bien que ses bases aient été établies dès le XVII° siècle, que l'astronome et météorologue allemand Alfred Wegener ait émit l’idée de la dérive des continents, en 1910, que l'hypothèse des mouvements de convection, dans le manteau, ait été proposée par Arthur Holmes, en 1945 ce n'a été que dans les années 1960 à 1970, d'abord en 1962, avec Harry Hess et son principe d'un double tapis roulant, qu'elle en a été réellement acceptée, en 1967, suite à l'énonciation de la théorie synthétique de la tectonique des plaques par le Français Xavier Le Pichon, l’Américain William Jason Morgan et le Britannique Dan McKenzie, par la communauté scientifique.

Les frontières des plaques tectoniques sont de trois types : extensive par divergence correspondant à une ride océanique ou à une dorsale ; compressive par convergence accommodant le rapprochement dans les zones de subduction au volcanisme andésitique avec une géochimie calco-alcaline, dans les zones de collision déclenchant la surrection de chaînes montagneuses et dans les zones d'obduction transportant, sur les continents, la lithosphère océanique ; et coulissage ou transcurrence, avec glissement horizontal des plaques l'une contre l'autre. De grandes familles de fracturesde la croûte terrestre dénommées failles sont associées à ces trois types interactifs, certaines, dites normales, divergentes et expansives ; d'autres, classifiées inversées, convergentes et compressives; et enfin, un troisième type, classé de décrochement ou de transcurrence, aux axes d'extension et de compression ordonnés sur un plan horizontal.

L'existence de plans de subduction sont en évidence, à la frontière des plaques Nord-américaine et des Caraïbes. Ils correspondent à la convergence de ces deux plaques lithosphériques et au plongement de la plaque Nord-américaine sous la plaque des Caraïbes. Cette structure se caractérise, normalement par un volcanisme gris, explosif, émettant des laves généralement andésitiques trop visqueuses pour former des coulées, lors s'accumulant au point de sortie, elles forment soit une aiguille soit un dôme qui, dès l'instant où sa masse, saturée d'eau, devient plus ou moins stable s'effondre ou explose en partie ou en totalité, entrainant la formation d'un panache volcanique de cendres, de lapillis, de téphras, de bombes ou débris de roches et de gaz, - vapeur d'eau, dioxyde de carbone, dioxyde de soufre... -, s'élevant à des kilomètres au-dessus de l'édifice volcanien et des nuées ardentes. Ce volcanisme s'accompagne de sismicité interne de magnitude maximum de 5 sur l'échelle ouverte de Richter, non destructrice, qui permet de soulager, sans effets de destruction et sans trop d'ondes de choc en profondeur, des incommensurables pressions accumulées, les failles, par cela leur évitant des déplacements brutaux et des ruptures inexorables, aux fortes magnitudes couramment comprises entre 6,5 et 8,5 sur l'échelle ouverte de Richter, d'un ou plusieurs de leurs segments.

L'île d'Hispaniola se situant à la frontière des plaques tectoniques Nord-américaine et des Caraïbes, est soumise au déplacement de ces plaques, l’une par rapport à l’autre par partie transformante mais de type subduction, par partie subductante, à une vitesse d’environ 2 centimètres par an. Ces déplacements génèrent des mouvements sismiques sur les failles actives, zébrant l'île d'Ouest en Est et identifiées en deux principales très actives, - l'une en mer, le long de la côte Nord, ou faille de la Tortue, en mer se prolongeant, à terre, dans la vallée du Cibao ; l'autre, à terre, au Sud, de décrochement sénestre, à travers la presqu’île de Tiburon et, par Piétonville et Jimini, se continuant dans la vallée d’Enriquillo et la lagune del Rincon -. et en deux secondaires, à terre, non moins actives, - l'une bordant, au Sud, la cordillère principale du Massif Central, la seconde cerclant la cordillère s'allongeant entre le Massif Central et le Massif Méridional -. Toutes ces failles ont été responsables de séismes historiques majeurs dans l’île. Celles-ci résistent d’abord au mouvement et accumulent de l’énergie élastique pendant plusieurs dizaines ou centaines d’années avant de la relâcher brusquement lors des séismes.

Étrangement, toute forme de volcanisme actif est absent sur l'île d'Hispaniola, depuis la fin de l'Oligocène, vers 23 Millions d'années, pour les Massifs Septentrional et Central, depuis le milieu du Paléocène inférieur, 1,5 Millions d'années, pour le Massif Méridional. Si ce volcanisme était toujours existant, certes il se produirait des séismes mais nombre d'entre eux ne seraient pas de type catastrophique tel celui du 12 janvier 2010, dernier en date d'une longue série en cours. Cette pause du volcanisme de subduction, pour certains spécialistes en volcanologie et en sismologie, serait conséquence d'un déplacement ayant produit un glissement vers les Petites Antilles avec des éruptions régulières de La Soufrière à Saint-Vincent, à la Guadeloupe et à Montserrat, pour d'autres il en incomberait à la compression qui est exercée par les plaques tectoniques ceinturant la plaque lithosphérique des Caraïbes, d'une part, et, d'autre part, par la convergence des plaques Nord et Sud-américaines qui engendrent une surrection au Sud-Est de la plaque des Caraïbes et qui génèrent une surélévation des massifs montagneux des Grandes Caraïbes. D'autant que la fusion de la plaque subductante Nord-américaine s'accumule sous les îles de la Jamaïque, d'Hispaniola et de Porto-Rico, y aurait-il une autre raison à cela ? Et le volcanisme se réactivera-t-il, dans un laps de temps plus ou moins long ? Difficile est, présentement, d'y répondre.

Certes, un sentiment de peur panique, porté par des rumeurs persistantes font état d'une existence supposée ou réelle de l'émergence d'un volcan dans une grotte à Anse à Pitre, une ville haïtienne frontalière avec la République Dominicaine. A ce sujet, bien qu'une équipe dépêchée par le ministère de l’environnement haïtien se soit rendue sur les lieux et les données recueillies dans le cadre des investigations menées n'étant pas disponibles, et, par là-même, aucune instance compétente n'étant, de plus, intervenue tant par des publications scientifiques que dans les médias pour décliner la nature de certains signes inquiétants enregistrés dans la région ou pour entériner cette présence vulcanienne, il y a lieu de s'interroger réellement. En effet, une forte chaleur pestilentielle, saturée de soufre, de matières organiques et de restes d’hydrocarbures, remontant des profondeurs d'une grotte, se dégage par l'ouverture karstique. A ce jour, seul, Osiris de Léon, un scientifique dominicain, confirmant la découverte d'une grotte d'où sort une eau chaude malodorante, a émis un avis excluant toute activité volcanique dans la région et, estimant qu’il s’agirait d’hydrothermalisme et de géothermalisme en provenance de poches aquifères profondes en contact avec des roches chaudes, il attribue le phénomène à des mouvements hydro-géothermiques.

En conséquence, en absence de volcanisme avéré et relativement régulateur des tensions subies par les fractures de la croûte terrestre sur l'île d'Hispaniola, l'énergie élastique accumulée, très lentement au cours de dizaines d'années, dans les failles, plusieurs générations d'hommes et de femmes en oublient les activités sismiques survenues au cours des temps, chaque siècle étant marqué par un ou plusieurs séismes destructeurs.

Raymond Matabosch


 

Notes.


(5) Les Grandes et les Petites Antilles : les Grandes Antilles, géopolitiquement, incluent les quatre îles de Cuba, de la Jamaïque, d'Hispaniola et de Porto Rico, et représentent les neuf dixièmes de la superficie et de la population totale des Antilles ; les Petites Antilles sont constituées d'un chapelet de petites îles d'origine volcanique ou calcaire s'étendant, en arc de cercle, depuis les îles Vierges, à l'Est de Porto Rico, jusqu'à la Grenade au Sud, - les Îles du Vent délimitant la mer des Caraïbes et l'Océan Atlantique -, cet alignement s'incurvant, ensuite, vers l'Ouest jusqu'à l'île d'Aruba, - les Îles Sous-le-Vent, le long des côtes de l'Amérique du Sud -.

(6) Les Bahamas, les Îles Turques-et-Caïques et les Keys de Floride : Les Bahamas sont un archipel de 700 îles et d'îlots situés dans l'océan Atlantique, à l'est de la Floride, au nord de Cuba et à l'ouest des îles Turques et Caïques ; Les îles Turques-et-Caïques, - ou Turks et Caïcos -, sont un archipel des Antilles, situé au sud-est des Bahamas, composé d'un chapelet de trente îles ; Les Keys sont un archipel situé à l'extrémité sud des États-Unis sur le détroit de Floride séparant l'Océan Atlantique du Golfe du Mexique. Ils forment la baie de Floride et s'étendent du Sud-Est de la péninsule de Floride jusqu'à l'île inhabitée de Dry Tortugas.

(7) Terrane : En géologie, un terrane est une accrétion de roches, sur une plateforme continentale ou un craton d'origine différente. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction soit d'arcs insulaires que la tectonique a déplacés, soit de fragments détachés d'un continent par divergence ou rift ouvrant un océan.

(8) Croûte panthalasséenne : Croûte océanique de l'Océan Panthalassa. La Panthalassa ou Panthalassée, - du grec πᾶν pan, « tout » et θάλασσα thalassa, « mer », toutes les mers -, était le vaste océan global, de la fin du paléozoïque qui a entouré le supercontinent la Pangée.

(9) Contexte océanique de type « MORB » : Le basalte tholéïtique, - ou olivine tholéïte, ou tholéïte à olivine -, constitue les fonds océaniques. Les MORB, - basalte de dorsale, de l'anglais Mid Ocean Ridge Basalt -, sont les constituants essentiels de la croûte océanique. Ils se trouvent, également, dans le volcanisme intraplaques océanique et continental.

16 janvier 2010

Les raisons du séisme en Haïti : 2/3 L'île d'Hispaniola : Haïti et la République Dominicaine.

Suite de :

Les raisons du séisme en Haïti : 1/3 La plaque lithosphérique des Caraïbes.

 

------------------------------------------------------ suite

 

L'Île d'Hispaniola : Haïti et la république Dominicaine.


L'île d'Hispaniola, bordée au Nord et à l'est par une fosse de convergence de 8,000 mètres de profondeur, se situe sur l'arc insulaire de Haïti, - aux volcans majoritairement en sommeil depuis environ 1,5 Millions d'années -, à la frontière des plaques lithosphériques transformantes Nord-américaine subductant, à la vitesse de 1,1 centimètres par an, aux Petites Antilles, - Martinique, Guadeloupe..., Îles du Vent et Îles sous le vent -, et décrochant au niveau des Grandes Antilles, - Cuba, Hispaniola, Jamaïque et Porto Rico -, et des Caraïbes. Ces plaques se déplacent ensemble vers l'Ouest-Nord-Ouest, la plaque Nord-américaine de 2,5 centimètres/an et la plaque des Caraïbes de seulement 0,5 centimètres/an. De ce fait, avec une amplitude décrochante de 2 centimètres/an, l'île d'Haïti-Saint Domingue se trouve dans une région dite « transformante » sénestre(2).

 

Mouvements absolus des plaques tectoniques dans la région d'Hispaniola. En noir, déplacement vers l'Ouest-Nord-Ouest des plaques Nord-américaine et des Caraïbes. En rouge, encadrant les îles de la Jamaïque, d'Hispaniola et de Porto Rico, la région « transformante » senestre. En gris, la zone de subduction. En rose, les failles, au Nord, de la Tortue, et, au Sud, d'Enriquillo.

En outre les déplacements des deux plaques lithosphériques entraînent des déplacements coulissants sur les failles qui zèbrent l'Île d'Hispaniola et, inexorablement, créent des mouvements sismiques. Deux failles actives sont nettement identifiées sur l'île d'Haïti/Saint Domingue, l'une, de subduction, de direction Est-Ouest, dite du Canal de la Tortue, de fort dynamisme, responsable de la majorité des secousses sismiques se produisant dans la partie îlienne septentrionale, au large de la côte Nord du territoire haïtien(3), la longeant et pénétrant, se prolongeant, au milieu des terres, dans la vallée du Cibao, en République Dominicaine ; la seconde, de décrochement, dite faille d'Hispaniola ou d'Enriquillo, à l'intérieur des terres, à travers la presqu'île méridionale haïtienne, au jeu sénestre de direction Est-Nord-Est, d'une longueur approximative de 280 kilomètres, courant depuis Tiburon jusqu'à Pétionville, dans la banlieue de Port au Prince, et se prolongeant, en République Dominicaine, par Jimani, dans la Vallée d'Enriquillo.

Les failles d'Enriquillo, - ou faille d'Hispaniola -, et de la Tortue. D'après la carte topographique de Haïti dressée par Rémi Kaupp.

La faille d'Enriquillo, au plan sismique, est très active. Elle a contribué à la surrection des deux chaînes montagneuses qui parcourent toute la presqu'île sud, le massif de la Hotte, atteignant 2.347 mètres au Pic de Macaya, et celui de la Selle culminant, au Morne, - ou Pic de la Selle -, à 2.680 mètres, et de l'escarpement sur lequel est bâtie une grande partie de la ville de la capitale haïtienne, Port au Prince, et toute sa banlieue Sud. Cette faille est la cause principale de la majorité des séismes enregistrés dans le sud îlien de l'île d'Hispaniola, tant sur le territoire de Haïti, - Presqu'île Sud de Haïti et région métropolitaine de Port au Prince -, que sur celui de Saint Domingue, - région du lac d'Enriquillo et celle, métropolitaine, de San Domingo -. En outre, Port-au-Prince et ses environs, - Turgeau, Bourdon, Delmas, Fragneau, Musseau, Pétionville... -, sont vulnérables aux séismes par le fait que ces villes sont traversées par un réseau de failles secondaires parallèles ou perpendiculaires à la faille principale active d'Enriquillo.

Ces deux failles principales, - la plaque tectonique des Caraïbes se trouvant compressé entre 5 masses lithosphériques, les plaques Nord et Sud-américaine, des Andes du Nord, de Panama et Cocos -, ont la particularité de résister aux contraintes colossales imposées par les mouvements des plaques Nord-américaine et des Caraïbes. Aussi leurs segments accumulent, durant plusieurs dizaines ou centaines d'années, l'énergie produite par l'intensité des frictions exercées et se relâchent brutalement lors des tremblements de terre toujours suivis de centaines ou de milliers de répliques, sur une très courte durée, de plus ou moins forte magnitude. Lors, quand se produit un séisme, il est toujours de magnitude égale ou supérieure à 7/7,5 sur l'échelle ouverte de Richter et d'intensité IX à XI sur l'échelle MSK(4), et, si l'épicentre de celui-ci se situe en milieu marin, il provoque un tsunami. Les secousses telluriques cessant, une période d'accalmie débute et les compartiments des failles engorgent une nouvelle concentration d'énergie qui ne se libérera qu'avec une nouvelle brusque période d'activité entraînant une rupture sismique et le relâchement des contraintes tectoniques.


Les séismes catastrophiques sur l'île d'Hispaniola.

 

D"après Moreau de Saint Méry et les travaux du Père Scherer, depuis l'an de sa découverte, en 1492, par Christophe Colomb, un grand nombre de séismes catastrophiques ont gravement affecté l'île d'Hispaniola :

Le 2 décembre 1562 : Les villes de Santiago et de La Vega sont détruites et la ville de Puerto Plata subit des dégâts majeurs : Magnitude estimée de 7 à 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à IX sur l'échelle MSK.

Le 8 septembre 1615 : Toute l'île est touchée et subit des dégâts majeurs. La ville de San Domingo est ravagée. Les répliques, terribles, durent quarante jours : Magnitude estimée de 8 à 8,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à XI sur l'échelle MSK.

Le 9 mai 1673 : entre 6 et 7 heures du matin, la ville de San Domingo, le couvent Santa Clara et la majeure partie des maisons sont détruites : Magnitude estimée de 7,5 à 8 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à X sur l'échelle MSK.

En 1684 : Bien peu d'informations récoltées sur ce séisme si ce n'est qu'il fut de forte magnitude sur l'échelle de Richter, estimée à 8/8,5, et d'intensité estimée à XI sur l'échelle MSK.

En 1691 : Idem pour ce séisme, les seuls documents existants ne faisant état que d'une très forte intensité, estimée à IX sur l'échelle MSK.

Le 18 octobre 1751 : à 15 et 17 H : Les villes d'Azua et de Port au Prince sont détruites. Tout l'Ouest et le Sud de l'île d'Hispaniola est touché, de plus, par un tsunami: Magnitude de 8 à 8,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité X sur l'échelle MSK.

Le 21 novembre 1761 : L'épicentre se serait situé entre Jimani et San Juan, en République Dominicaine, et des documents précisent que les arbres et les pieds de maïs avaient été déracinés, que la terre s'était ouverte et que de nombreux animaux avaient disparu dans les entrailles de la terre ... Intensité IX sur l'échelle MSK.

En 1771 : La villes de Port au Prince est aux trois quarts détruite. Tout le Sud de l'île d'Hispaniola est touché : Magnitude estimée à 8 à 8,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à X sur l'échelle MSK.

Du 7 mai au 10 Mai 1842 : Épicentre se situant entre San Juan et San Domingo. Une véritable catastrophe ruine la quasi totalité de l'île d'Hispaniola. 50.000 à 60.000 morts en Haïti et au moins autant en République Dominicaine. La ville de Santiago est détruite et celle du Cap Haïtien, 5.000 morts sur les 10.000 habitants, de même. De nombreux immeubles s'effondrent à San Domingo. Le palais de Sans Souci et la Citadelle Laferrière ont été endommagés à Milot... Un tsunami ravage les côtes du nord et des vagues de plus de 5 mètres de haut ont été enregistrées à Port de Paix et à Port au Prince. Des documents précisent : « la terre s'ouvre et se ferme avalant un grand nombre de personnes. » : Magnitude 8 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à IX sur l'échelle MSK.

En 1887 : dans le nord d'Haïti avec des dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien : Magnitude 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à IX sur l'échelle MSK

Le 29 décembre 1897 : à 6 h 32 du matin. La ville de Santiago, République Dominicaine, est partiellement détruite : Magnitude de 7 à 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité IX sur l'échelle MSK.

En 1904 : Dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien : Magnitude 8 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à X sur l'échelle MSK.

Le 6 octobre 1911 : La ville de San Juan est très endommagée : Magnitude de 7 à 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité IX sur l'échelle MSK.

Le 4 août 1946, à 13 heures : Séisme enregistré à Cuba, à Puerto Rico... Ressenti dans toutes les Îles des Grandes et des Petites Antilles, sur les Côtes Sud des États Unis, les côtes Nord de l'Amérique du Sud, et dans toute l'Amérique centrale, - Mexique, Guatemala, Nicaragua Honduras, Panama... -, Nombreux dégâts sur les bâtiments et un tsunami détruit la ville de Matanzas et provoque de gros dégâts à Nagua : Magnitude de 8,1 sur l'échelle de Richter avec une intensité IX sur l'échelle MSK.

A suivre : Les raisons du séisme en Haïti : 3/3 l'île d'Hispaniola et le volcanisme.

Raymond Matabosch


Notes :


(2) Région « transformante » : A la limite de plaque transformantes, les plaques glissent l'une contre l'autre. La faille de San Andréas, en Californie, est un exemple de limite de plaque transformante, où la plaque Pacifique glisse le long de la plaque Nord Américaine.

Senestre, ou sénestre, est un terme en vieux français, du latin « sinister », signifiant gauche, par opposition à dextre.

(3) Faille Nord dite aussi faille du Canal de la Tortue : Cette faille active passe entre l'Île d'Hispaniola et l'île de la Tortue. Bien qu'à sa proximité immédiate de l'île d'Hispaniola, l'île de La Tortue fait partie d’un bloc tectonique distinct, du reste d’Hispaniola.

(4) L'échelle de Richter ou échelle ouverte de Richter : L' échelle de Richter permet de mesure l'énergie libérée lors d'un séisme. Plus la magnitude est élevée, plus le séisme a libéré d'énergie. Il s'agit d'une échelle logarithmique, c'est-à-dire qu'un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30 de l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement.

L'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, aussi appelée échelle MSK, est une échelle de mesure de l'intensité d'un tremblement de terre. Elle décrit les effets d'un tremblement de terre en termes de destructions des installations humaines et de modifications de l'aspect du terrain, mais également en termes d'effets psychologiques sur la population, - sentiment de peur, de panique, panique généralisée -. Cette évaluation qualitative très utile ne représente en aucun cas une mesure d’un quelconque paramètre physique des vibrations du sol

14 janvier 2010

Les raisons du séisme en Haïti : 1/3 La plaque lithosphérique des Caraïbes.

« Mardi 12 Janvier 2010, 16 heures 53, heure locale, - 22 heures 53, heure française -, un violent séisme, de magnitude 7,3 sur l'échelle ouverte de Richter, a frappé Haïti ! Son épicentre, d’abord évalué au large des côtes, a été localisé, à l’intérieur des terres,à seulement 10 kilomètres de profondeur, à 16 kilomètres de la capitale, Port au Prince, dont l'aire urbaine comptait, en 2008, plus de 3.812.000 habitants. Une secousse puissante de plus d’une minute. Le séisme a été suivi par deux fortes répliques, la première de magnitude 5,9 ayant eu lieu sept minutes après la première secousse, et la deuxième, de 5,5, 12 minutes plus tard. » La nouvelle de la catastrophe naturelle majeure, par son importante intensité laissant présager des milliers de victimes, est, ainsi, tombée sur tous les téléscripteurs du monde...

Haïti, officiellement la République d'Haïti, 28.000 kilomètres carrés, occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola, est un pays des Grandes Antilles situé dans L'Espace Caraïbe, - ou Caraïbe -, une région du globe correspondant au bassin versant de la mer des Caraïbes. L'île, par elle-même, - aussi appelée Saint-Domingue ou Haïti -, a une superficie de 76.480 kilomètres carrés. Elle mesure, peu ou prou, 650 kilomètres de long, d'Est en Ouest, et, du Nord au Sud, sa plus grande largeur est, approximativement, égale à 250 kilomètres. Et elle est implantée sur la plaque tectonique des Caraïbes qui englobe la majeure partie de la Mer des Caraïbes et les îles de la Jamaïque, d'Hispaniola, de Porto Rico et des petites Antilles, le Honduras, le Salvador, le Nicaragua et le Nord du Costa Rica.

 

Répartition des plaques lithosphériques en Amérique centrale. D'après Sting and Remih.


La plaque lithosphérique des Caraïbes.


La plaque des Caraïbes est une petite plaque tectonique subductante, dernier vestiges du vaste océan global mésozoïque, la Panthalassa, en finalité, sous quelques 8 à 10 millions d'années, de fermeture totale donc en l'état de lente disparition en s'enfonçant à la vitesse de 2,7 centimètres sous celle supportant l'Amérique du Sud, du moins ce qu'il reste d'une terrane détachée du super-continent, la Pangée, il y a environ 180 millions d'années. Elle est en contact, limites divergentes et transformantes sur son front d'attaque excepté au niveau de l'île Hispanolia, avec la plaque Nord-américaine subductante à la vitesse de 1,1 centimètre par an ; limites transformantes et subductantes avec la plaque Sud-américaine ; limites divergentes et subductantes avec la plaque des Andes du Nord ; limites convergentes avec la plaque de Panama ; et limites avec la plaque des Cocos subductante à la vitesse de 6,7 centimètres par an. Ses frontières, avec les plaques tectoniques l'encerclant, sont notamment formées de fosses de subduction.


Schéma simplifié d'une zone de subduction : Processus d'enfoncement d'une plaque tectonique sous une autre plaque, en général une plaque océanique sous une plaque continentale ou sous une plaque océanique plus récente. D'après Luis María Benítez.

En outre, la plaque tectonique des Caraïbes est limitée, à l'Ouest, par la Ceinture de Feu du Pacifique, aux volcans actifs, et, à l'Est, par les anciens arcs insulaires du Crétacé des Grandes Antilles aux volcans en sommeil depuis environ 15 à 20 Millions d'années, des Petites Antilles une vingtaine de volcans(1) actifs aux type d'éruptions violentes, dangereuses et destructrices, et de Haïti, aux volcans majoritairement en sommeil depuis environ 1,5 Millions d'années. Et, comprimée entre 5 masses tectoniques, elle se trouve à l'intersection d'un nombre conséquent de failles actives. Enfin, des six plaques en connexion directe, à la vitesse de 1 à 1,1 centimètre pas an, elle est celle qui se déplace le plus lentement. Même la plaque tectonique de Panama, bien que plus réduite qu'elle et de viabilité n'excédant pas le million d'années, mais poussée par la plaque de Nazca, elle même subductante sous les plaques Sud-américaine et des Andes du Nord, est plus rapide, 1,9 centimètres par an.

Pour achever la présentation générale de la plaque des Caraïbes, il est utile de se pencher sur l'évolution des plaques lithosphériques Sud et Nord américaines. En effet, lors de la formation de l'Océan Atlantique ces deux plaques se sont détachées du super-continent la Pangée, il y a environ 180 millions d'années. Avec l'expansion du dit Océan, l'une et l'autre s'en sont lentement écartées. Par le fait de la dérive des plaques, leur masse se sont rapprochées et depuis environ 10 millions d'années, la plaque Sud-américaine commençant à percuter, à l'Est de la plaque des Caraïbes, la plaque Nord-américaine, a engagé la formation d'un super-continent et enclenché le processus d'une nouvelle orogenèse et la surrection, la masse des deux plaques tectoniques en présence étant imposante et les pressions exercées énormes, d'un immense massif montagneux qui s'allongera depuis le Golfe de Californie jusqu'au large des Grandes Antilles, sur une longueur de près de 5.000 Kilomètres et une largeur d'au moins 1.000 Kilomètres.

 

Schéma des prémices de l'orogenèse en cours. D'après Sting and Remih.

A ce stade, trois scénarios se proposent pour sceller le devenir des plaques tectoniques Cocos, Panama et Caraïbes et, à un degré moindre, de celle de Nazca.

1° - Le premier scénario repose sur la subduction de la plaque Cocos sous les plaques Nord-Américaine, Caraïbes et Panama ; la subduction de la plaque des Caraïbes sous les plaques de Panama, des Andes du Nord et Sud-américaine ; la subduction de la plaque de Panama sous la plaque des Andes du Nord; la subduction de la plaque de Nazca sous la plaque des Andes du Nord ; avec l'engloutissement total, dans l'Asthénosphère, des quatre dites plaques subductantes. Si tel en doit être la finalité, la viabilité de la plaque de Panama est approximativement de 1 à 2 millions d'années, celle des Caraïbes d'une durée de 8 à 10 millions d'années.

2° - Le second scénario est plus violent. S'il est plus que probable que les plaques Cocos et Nazca, par la subduction de l'Océan Pacifique, achèveront leur existence par engloutissement total, étant deux plaques océaniques anciennes, il peut s'en avérer tout autre pour les plaques des Caraïbes et de Panama qui, à cause des incommensurables pressions exercées par les plaques lithosphériques Sud et Nord-américaines, les prenant en étau et les broyant tels des compresseurs, peuvent s'effondrer littéralement et disparaître, entraînant des terres avoisinantes îliennes reposant sur la plaque Nord-américaine, pour le moins sous les eaux océaniques.

3° - Le troisième scénario a, lui, ses finalités avec la surrection en cours, depuis 10 millions d'années, du nouveau massif montagneux qui soudera, dans quelques 10 à 15 millions d'années, les plaques tectoniques Nord et Sud-américaines. Une partie des terres des plaques tectoniques peuvent subsister et, lors, rester enserrées au cœur même de la chaîne montagneuse mais enterrées sous les roches sédimentaires résultant de l'accumulation et du compactage de débris d'origine minérale, organique, ou de précipitations chimiques, d'une part ; des roches métamorphiques formées par la recristallisation de roches sédimentaires ou de roches magmatiques sous l'action de la température et de la pression qui croissent, avec la profondeur, dans la croûte terrestre ou au contact d'autres roches, d'autre part ; et, enfin, sous les roches ignées, - aussi désignées sous les vocables de roches magmatiques ou éruptives -, par effet du refroidissement et de la solidification du magma, intrusives ou effusives, qui résulteront d'un volcanisme de point chaud.

A suivre : Les raisons du séisme en Haïti : 2/3 l'île d'Hispaniola (Haïti et Saint Domingue)

Raymond Matabosch

 

Notes :


(1) Ce sont donc près d’une vingtaine de volcans actifs qui composent l’arc antillais. Dans un axe subméridien, du nord au sud, il s’agit du mont Scenery ou the Mountain (Saba), du Quill (Saint-Eustache), du mont Liamuiga ou mont Misery (Saint-Kitts), du Nevis Peak (Nevis), de la Soufrière Hills (Montserrat), de la Soufrière (Guadeloupe), du morne au Diable (Dominique), du morne Diablotin (Dominique), du morne Trois-Pitons (Dominique), du Micotrin (Dominique), du morne Watts (Dominique), du Grand Soufrière Hill (Dominique), du morne Anglais (Dominique), de Foundland (Dominique), du morne Plat-Pays (Dominique), de la montagne Pelée (Martinique), du Qualibou (Sainte-Lucie), de la Soufrière (Saint-Vincent), du Kick’Em Jenny (Grenade) et du mont Sainte-Catherine (Grenade).

 

10 janvier 2010

Les Pyrénées énigmatiques : Un enseignement dispensé suranné ?

A la lecture de tous les manuels scolaires traitant de géographie, les Pyrénées apparaissent comme une chaîne montagneuse se dressant au Sud-Ouest de l'Europe.

Selon une direction Est-Ouest, elle s'étendent, de la Méditerranée à l'Océan Atlantique, depuis le Cap de Creus, surplombant le Golfe du Lion, à l'Est, jusqu'au Cap Higuer, dominant la Mer Cantabrique(1), à l'Ouest. Et elles s'étirent sur 50 à 150 km de large entre la Gascogne au nord et le bassin de l'Ebre au sud.


Géographie physique des Pyrénées.


Elles culminent à 3.404 mètres d'altitude au Pic d'Aneto, en Espagne, dans le Massif de la Maladeta dont il en constitue, avec le Pic Russell, le quartier Sud-Est. Avec ses 212 modestes « 3.000 », elles forment une véritable barrière, infranchissable en son centre, séparant la péninsule ibérique du reste de l'Europe continentale.

En France, le Vignemale plafonne à 3.298 mètres d'altitude et la ligne des sommets des Pyrénées, dans la généralité, n'excède pas 3.000 mètres. L'impression de hauteur résulte du fait, au différent du versant espagnol aux pentes plus douces, que le versant français surgit brutalement depuis la plaine.


Géographie humaine des Pyrénées.


Les Pyrénées constituent une frontière naturelle entre l'Espagne et la France et elles abritent un état pérenne depuis le 1° Janvier 2000, l’Andorre.

Dans sa partie française, la chaîne des Pyrénées traverse trois régions et six départements. D’Est en Ouest se succèdent les régions Languedoc-Roussillon, - Pyrénées-Orientales et Aude - ; Midi-Pyrénées, - Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées - ; et Aquitaine, - Pyrénées-Atlantiques -.

Côté espagnol, elle traverse quatre communautés autonomes et sept provinces. D’Est en Ouest, la Catalogne, - Gérone, Barcelone et Lérida - ; l'Aragon, - Huesca et Saragosse - ; la Navarre, - communauté forale et province - ; et l'Hegoalde(2), - Guipuscoa -.


Géologie généraliste des Pyrénées.


Aux dires des géologues patentés, l'orogenèse des Pyrénées s'est engagée il y a, environ, 40 millions d'années, concomitamment ou postérieurement à la surrection alpine. Suite à la collision de la plaque ibérique avec la plaque eurasienne, la chaîne montagneuse pyrénéenne a surgi en lieu et place d'une mer peu profonde située entre les deux continents. Conséquemment à cette collision, les strates sédimentaires du socle hercynien ont été rehaussées.

Bien que la chaîne pyrénéenne soit considérée comme « jeune » au sens géologique, elle est composée, majoritairement, de roches volcaniques, plutoniques comme les granitoïdes, et métamorphiques du précambrien, et de roches sédimentaires du permien, anciennement formées. Les roches plus récentes, sédimentaires, du post-hercynien, y sont minoritaires et se cantonnent en basse montagne et dans les plaines.


Mais les Pyrénées telles qu'enseignées, n'est-ce point réducteur ?


Cette vision surannée des Pyrénées que l'on nous enseigne, est-ce vraiment l'ensemble de la chaîne Pyrénéenne telle qu'elle a existé et existe réellement.

Certains géophysiciens avisés énoncent qu'antérieurement a la chaîne pyrénéenne, il a pu être une chaîne pyrénéo-provençale, un ancien massif montagneux qui se serait élevé à l'emplacement aujourd'hui occupé par la mer Méditerranée, au niveau du Golfe du Lion.

Celle-ci se serait située, grossièrement, dans une direction Est-Ouest, dans le prolongement des Pyrénées actuelles.


Les arguments qui démontreraient l'existence de la chaîne pyrénéo-provençale.


Pour ces géophysiciens il subsiste des témoins géologiques irréfutables de l'existence de cette chaîne. A leurs entendements, la Corse et la Sardaigne constituaient, littéralement, cette chaîne de montagne. Ces deux lambeaux de continent étaient, initialement, rattachés à la Provence. Un épisode de rifting et d'étirement crustal, durant l'Oligocène, avait fait pivoter ces deux îles, les transportant à leur emplacement actuel.

Plusieurs arguments sont avancés pour asseoir cette théorie. D'une part, entre le massif des Maures et la Corse et la Sardaigne, il y a concordance des roches plutoniques précambriennes et des roches volcaniques permiennes et il existe une complémentarité dans les formes et les assises des plateaux continentaux corso-sarde et européen.

D'autre part, les enregistrements paléomagnétiques attestent d'une orientation passée différente de l'actuelle orientation de ces deux îles. Les plis et les chevauchements sont axés, grossièrement, Est-Ouest, datés du Crétacé supérieur et de l'Éocène, et tous en adéquation avec les chevauchements de Saint-Chinian, de Montpellier, des Alpilles, des Baronnies, etc...


Et si les Appenins étaient aussi les Pyrénées ?


S'appuyant sur les témoins géologiques et sur les premiers arguments irréfutables apportant preuve de l'existence d'une chaîne pyrénéo-provençale, un sismo-vulcanologue(3) a concentré ses études sur les failles actives de la fin du Crétacé et du Paléocène et les failles normales d'étirement, plus tardives, d'âge Miocène et Oligocène.

Étayant ses relevés sur l'orientation Est-Ouest des niches minérales et minières, il a avancé, pour théorie, que l'axe pyrénéen courrait depuis le Cap d'Ortégal, en Galice, jusqu'au Cap Passero, en Sicile. A son jugement, la chaîne pyrénéo-provençalo-appenine regrouperait la Cordillère Cantabrique, les actuelles Pyrénées, les Massifs des Maures, de l'Estérel et des Alpilles, et les Appenins, ainsi que les Îles de Majorque, la Corse, la Sardaigne et la Sicile.

L'orogenèse de cet imposant massif aurait débuté à la fin du Crétacé, 70 millions d'années mais l'effondrement du plancher, 40 millions d'années, ayant donné naissance à la Mer Méditerranée aurait scindé la chaîne montagneuse.

Préface de "Les Pyrénées énigmatiques". 2008/2009

Auteur : Raymond Matabosch.


Notes.


(1) La Mer Cantabrique est aussi appelée Golfe de Biscaye, Golfe de Gascogne, Golfe d'Aquitaine ou Océan des Cantabres.

(2) L'Hegoalde, le Pays basque espagnol.

(3) Raymond Matabosch. Le continent atlantido-ibérico-italo-magrhében (Théorie sur la formation et la dérive des plaques tectoniques). Etats Unis. - 2004.

 
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