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06 mars 2012

La vallée de la Têt, âme de la nation catalane.

La-vallee-de-la-Tet.jpg

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par Raymond Matabosch


Avec une longueur de 114 kilomètres, un bassin versant global de 1.417 kilomètres carrés, la Têt est le fleuve côtier le plus important des Pyrénées Orientales. Elle prend sa source, à 2.455 mètres d'altitude, à l'Estany Blau, - ou Lac Bleu -, au pied des Pic du Grand Péric, - ou Pic de Prigue, 2.810 mètres -, de La Cométa, - ou La Coumette d’Espagne, 2.763 mètres -, et de la Couma de la Llosa, - 2.763 mètres -, dans le Massif du Carlit, - ou du Carlitte -.

Tout en suivant un axe Ouest/Est, une faille dextre, elle parcourt la Cerdagne jusqu'à Mont Louis, traverse le Conflent jusqu’à Rodés où elle quitte la montagne pour entrer dans la Plaine du Roussillon et se prélasser en Riberal avant d'achever son périple dans la plaine d'inondation de la Salanque, vaste zone déltaïque commune aux bassins de l'Agly, de la Têt, du Réart et du Tech, entre Canet en Roussillon et Sainte Marie de la Mer, dans la Mer Méditerranée...

05 octobre 2010

Villefranche de Conflent. Cité médiévale fortifiée.

Au cœur des Pyrénées Orientales, au pied du Canigou, cité médiévale créée en 1095 par Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne et, au XVII° siècle, fortifiée par Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, Villefranche de Conflent est classé dans la prestigieuse liste des plus Beaux Villages de France. Depuis le 7 juillet 2008, la ville est inscrite, grâce au génie du maréchal de Vauban et au travail important produit et à la détermination de la municipalité pour l'ob­tenir, au Patrimoine Mondial de l'Humanité pour son grandiose en­semble fortifié, comprenant l'enceinte, la citadelle du Fort Liberia et la grotte préhistorique de Cova Bastera.

« Nous pensons que ce sera un vecteur économique intéres­sant car nous ne voulons pas transformer notre ville en musée, nous voulons conserver une vie réelle. C'est pour cela que nous travaillons sur un nouveau plan de gestion. Nous voulons nous proje­ter dans le futur », avait déclaré Rose Marie Soria, son maire, en apprenant que sa commune et celle, proche, de Mont-Louis devenaient les premières communes du département des Pyrénées-Orien­tales à obtenir l'insigne honneur de la reconnaissance internationale de leur patrimoine.

 

Situation géographique.

 

Villefranche de Conflent est une petite commune, d'environ 450 hectares, située en Conflent, délimitée, à l'Est, par le confluent de la Têt et du Cadi et, à l'Ouest, par celui de la Têt et de la Rotja qui, insolite, ne se situe pas sur le territoire communal.

En effet, ce territoire, bizarreries historiques, est composé de deux parties non contiguës :l'une, la ville fortifiée, enclavée entre les communes de Fuilla et de Corneilla-de-Conflent ; l'autre un terri­toire vaste et accidenté, au nord, comprenant le fort Libéria et l'an­cienne église de Saint-Étienne de Campelles et s'élevant jusqu'au village ruiné de Belloc, acheté, au XVII° siècle, pour renforcer les fortifications.

Et, de ce fait, ni la gare, ni le hameau du Faubourg, ni l'église de Nôtre Dame de Vie, ni les grottes des Canalettes, ni les carrières de marbre rose ne font pas partie du territoire de Villefranche, ces sites se trouvant soit sur le territoire de Fuilla, soit sur celui de Corneilla-de-Conflent, soit, même, sur les terres de Ria.

Villefranche de Conflent est desservie par la route nationale 116 la reliant à Prades, - 6 kilomètres -, et à Perpignan, - 51 kilomètres -, à l'Est, et à la Cerdagne et Andorre, à l'ouest, et par un axe ferroviaire en deux tronçons, l'un à voie normale, Perpignan-Villefranche, l'autre à voie métrique, Villefranche-Latour de Carol-Enveigt ou « Train de Cer­dagne ».

 

La gare, constituant, aussi, un point de départ pour des ex­cursions touristiques vers le Pic du Canigou ou l'Abbaye de Saint Martin, s'appelle, en réalité, « Villefranche-Vernet-les-Bains », Ver­net les Bains, une station thermale à 6 kilomètres.

 

Sur un site d'exception.

 

Dans un site architectural d’exception, la cité médiévale se pelotonne derrière une puissante enceinte fortifiée qui, comme un corset de pierre trop étroit, l'enserre et semble l'étouffer.

 

Au XI° siècle, le puissant Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne, opposé au comte de Roussillon, trouve que le confluent de la Têt et du Cadi, profondément encaissé entre des massifs cal­caires abrupts, est un site stratégique.

Par la volonté comtale, Villefranche de Conflent nait dès lors, vers 1090, et cinq premières familles, au bénéfice de qui est ré­digé l'acte de donation, s'y installent. cinq premiers familles, au bénéfice desquelles est rédigé l'acte de donation La ville se construit rapidement et se fortifie en parallèle, la forteresse devant être un verrou sur la route du Roussillon à la Cerdagne.

D'où l'intérêt d'y attirer rapidement une importante popula­tion grâce à la multiplication des franchises : exemption de servitude et création d'une foire dès 1090 ; des droits de « foriscapi », ou droits de lods et de vente, et plus généralement de ce qu'on appelait les « mals usos », les mauvais usages, au XIII° siècle; etc...

Aussitôt fortifié, Villefranche de Conflent commence à jouer son rôle défensif et conserve longtemps cette vocation car, en ajoutant aux remparts médiévaux, son système de fortification, Vauban renforce au XVII° siècle son rôle de capitale militaire d'une région resté longtemps frontalière. Et, pour en améliorer la défense et l'invulnérabilité, il fait construire le fort Libéria et utilise la Cova Bastera pour renforcer le système défensif.

 

Villefranche de Conflent parmi plus beaux villages de France.

 

Aujourd'hui, le village apparaît comme un ensemble monu­mental bâti dans le marbre rose. Sur la place principale, l'église St Jacques est réputée pour son magnifique portail roman du XII° siècle en marbre local. Le village est dotée d'une curiosité à ne pas rater : l'accès au fort Libéria se fait par un étonnant escalier souter­rain dit des « mille marches », construit sous Napoléon III.

Et c'est un réel ravissement de déambuler, d'un pas noncha­lant, dans ses vieilles ruelles bordées de maisons anciennes et de boutiques artisanales , - savons naturels, jouets et objets en bois, sor­cières, bijoux artisanaux, poteries, tapisseries d'art, etc... -

Aux alentours de Villefranche de Conflent se trouvent de merveilleuses grottes., telles les « Grandes Canalettes », avec sa salle Blanche, son lac aux Atolls ou, encore, son Temple d'Angkor ; « les Petites Canalettes » avec ses cristaux de calcites aux formes surprenantes ou « sa Table », une formation unique au monde ; la « Grotte d'Engorner ».... Quant à la « Préhisto-Grotte », la première grotte aménagée en France, par Vauban, en 1707, mais à des fins mi­litaires, l'éveil humain plonge dans l'histoire passionnante des dino­saures, de l'ours des Pyrénées... pour un merveilleux voyage dans le rêve, l'imaginaire et la réalité.

08 juillet 2010

Montagnes et vallées comtales. Patrimoine et traditions.

Entre les plages aux sables blonds et les côtes de schistes noirs des rives méditerranéennes et les pics acérés des Pyrénées, trois vallées, terres de contrastes, de révolte et de résistance entre tradition et modernité, au sortir du bassin roussillonnais, se partagent le territoire des Pyrénées Orientales.

A quelques lieues de Perpignan, en pentes régulières bien qu'imperceptibles, inéluctablement la plaine s'effiloche et s'éloigne. La terre commence à prendre de la personnalité, de la rigueur et du relief. Engrossant les vignes offertes aux rayons du soleil, l'Agly et le Fenouillèdes, les courbes, aux teintes calcaires, se vêtent de rocailles et d'aridité. A peine un peu plus loin, grès, schistes et granites la parant, s'habillant de vert intense et se rafraîchissant aux berges de petits ruisseaux serpentant le long des chemins pour arroser les champs de pêchers, d'abricotiers et de pommiers, le Conflent, elle se métamorphose. Plus loin encore, le Vallespir, elle est feuillue et mystérieuse, drapée de cerisiers, de chênes lièges et d'histoires étranges...

Alors, le regard, avide d'apprendre et de connaître, peut embrasser les cimes montagneuses des Puigmal, du Carlit, des Madres, du Bugarach, de la Roca Colom, du Roc de Frausa et de l'emblématique Canigou.


La vallée de l'Agly.


Avant que la forêt profonde n'annonce la montagne, l'Agly Fenouillèdes fait étalage de son charme un peu sauvage et, au détour du vallon, la garrigue aux essences méditerranéennes et la fleur de rocaille cèdent leur place à la vigne offerte au soleil et à la Tramontane.

Aux portes de Tautavel, dans la Caune de l'Arago datée de 450 à 700.000 ans, l'homme, « Homo érectus tautavellensis », a laissé son empreinte.

Frontière naturelle avec l'Aude voisine, les Corbières, fières et arides, dressent, sur leurs pitons rocheux, les arrogantes citadelles du vertige telle celle de Quéribus. De son sommet, le château de Peyrepertuse et les forteresses d'Aguilar et de Puilaurens qui furent le théatre de résistance, de sièges, d'assauts et de massacres, se profilent à l'horizon.

Que quelques pas en quittant Saint-Paul-de-Fenouillet et la formidable faille des gorges de Galamus garde, jalousement en son sein, l'ermitage Saint-Antoine fréquenté depuis le VII° siècle.

Rivesaltes, Maury, Rasiguères, Caramany..., des noms chantant le plaisir des papilles et accompagnant les grillades des soirs d'été, ici, les vignobles produisent des vins ensoleillés et gouleyants.


Le Conflent.


De Rodés aux portes de la Cerdagne et du Capcir, des derniers vergers aux premières cimes acérées des montagnes, le Con-flent suit la vallée de la Têt et celles de ses affluents.

Eus, érigé en pyramide sur son promontoire tapissé d'oliviers, tout comme Evol, patrie de Ludovic Massé, et Mosset, est l'un des « plus beaux villages de France. » Lors vient Prades et son église Saint-Pierre, de facture baroque, du XVII° siècle, abritant un merveilleux retable de Joseph Sunyer. Non loin se profile l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuixà qui exerça, longtemps, une influence religieuse et culturelle bien au-delà de la Catalogne.

Tout comme la cité fortifiée de Mont-Louis, bastionnée par Vauban, classée en 2008 au Patrimoine Mondial de l'Unesco, Villefranche de Conflent, est une place forte fondée en 1090. Au-dessus de la ville, le Fort Libéria veille sur l'emblématique Petit Train Jaune, gaillard malgré les années, qui assure la liaison ferroviaire avec Latour-de-Carol.

Réserve naturelle de Nyer... bains d'eaux chaudes, en pleine nature, d'Olette, de Canaveilles, de Prats Balaguer... grottes mystérieuses des Canalettes et d'En Gorner...C'est aussi tout cela, le Conflent !


Le Vallespir.


Au différent de ses deux sœurs fluviales, le Vallespir est bien mystérieux...

La légende du pont du Diable, à Céret... La Sainte-Tombe, dans l'abbatiale Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech, se remplissant « d'eau miraculeuse » de façon inexpliquée... Et la fête de l'ours qui met en scène dans les rues de Prats de Mollo et de Saint laurent de Cerdan un homme-animal traqué par des « chasseurs-barbiers »... Et les cerises qui sont, dès la fin du mois d'Avril, les premières de France, le chêne-liège les tissages catalans et les espadrilles aux longs lacets, amies de la Sardane, fabriquées à Lamanère... Pour ces énigmatiques terres verdoyantes, adossées aux Albères, Picasso, Matisse, Chagall, Soutine, Pierre Brune... en tombant sous le charme de leur lumière et de leurs couleurs, n'hésitèrent pas à investir Céret...


Pyrénées Orientales, terre mythique et mystique.


Entre terre, mer, soleil et montagne, sous l'aile protectrice du géant catalan, fascinante montagne, citadelle avancée des Pyrénées et vieux berger des ans encapuchonné d'ouates hiémales, le Massif du Canigou, il y a aussi les hommes, leur savoir-faire, leur patrimoine, leur terroir… qu'ils savent offrir en partage.


"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Auteur : Raymond Matabosch.

12 janvier 2010

Le petit train jaune de Cerdagne : « Le canari. »

Cette ligne, électrifiée par un troisième rail, de 63km à voie métrique unique, est la plus haute d'Europe, 1532m à la gare de Bolquère.

Mise en service entre 1910 et 1928, elle a nécessité la construction de 650 ouvrages d'art, viaducs, ponts et tunnels.

« Le Train Jaune est un atout formidable pour le territoire » et contribue au développement touristique des terres de Conflent et de Cerdagne. Il constitue, en outre, un véritable patrimoine historique, culturel et technique des Pyrénées Catalanes.


Un train à voie métrique, le plus haut d'Europe.


Le Petit Train Jaune, à voie métrique, avait pour but de relier les hauts plateaux de Cerdagne au reste du département des Pyrénées Orientales

La ligne fut édifiée en plusieurs parties de 1910 à 1927.

Les travaux commencèrent en 1903

- 1910 - Villefranche-de-Conflent - Mont-Louis-la-Cabanasse - 28 kilomètres.

- 1911 - Mont-Louis - La-Cabanasse - Bourg-Madame - 27 kilomètres.

- 1927 - Bourg-Madame - La-Tour-Carol - 7 kilomètres.

A ses débuts, elle fut exploitée par la Compagnie du Midi puis en 1937, nationalisée, elle fut, lors, exploitée, tout comme une grande partie du réseau Français, par la SNCF. Et, depuis 2005, la ligne est exploitée conjointement par la SNCF et le Conseil Régional Languedoc-Roussillon.

La Ligne, d'un longueur totale de 63 km, commence a Villefranche-Vernet les Bains a 427 mètres d'altitude et se termine à la gare internationale de La Tour de Carol-Enveigt, implantée sur la commune d'Enveigt, à 1.231 mètres d'altitude

L'altitude maximum atteinte est 1.532 mètres, à la gare de Bolquère, ce qui en fait la ligne de chemin de fer la plus haute d'Europe.

L'ouverture de la ligne a nécessité la construction de 650 ouvrages d'art dont 19 tunnels et 2 viaducs, le Pont Séjourné et le pont Gisclard, et de 22 gares.


Dans un univers de charme et de merveilles naturelles.


La voie remonte les gorges de la Têt depuis Villefranche-de-Conflent jusqu'à Mont-Louis, puis elle franchit le col de la Perche pour rentrer en Cerdagne. Après avoir longé Font-Romeu, elle descend vers Estavar-Llivia, Saillagouse, Osséja, Bourg-Madame, Ur, et finit son parcours à la gare de Latour-de-Carol-Enveigt .

Son système de freinage est unique au monde; il est le premier à avoir utilisé l'électricité: freins « aéro-statiques », c'est un courant induit qui freine par électro-magnétisme les bobines, la chaleur est dissipée dans d'énormes résistances refroidies par l'air et situées sous la machine. Malgré les fortes et longues pentes, 60 m/km, soit 6% , il n'y a eu à déplorer aucun accident, sauf le jour de son inauguration en 1910.

Le voyage en Train Jaune ressemble à un film panoramique, rythmé par le balancement des voitures : à mi-hauteur des pentes escarpées de la vallée de la Têt, le train tutoie le vide puis traverse en douceur de grands espaces bucoliques, au pied des massifs du Canigou, du Cambre d'Aze, du Carlit et du Puigmal, avec au loin la silhouette de la Serra del Cadi.

Au détour d'un virage, on aperçoit un village ou une église romane, on devine l'entrée des vallées étroites du Haut-Conflent réservées aux seuls randonneurs, on découvre enfin les stations de ski accrochées aux pentes de Cerdagne.


Mais aussi, un univers de résistance...


Mais le Train Jaune, perché sur les hauts plateaux du pays catalan, n'est pas, seulement, celui des cartes postales aux couleurs saturées. Il n'est pas non plus unique attraction touristique, tortillard sympathique pris l'été en famille. Le Train Jaune est celui pour lequel il faut, les violents matins d'hiver, réchauffer au chalumeau les aiguillages grippés par le gel, briser à la barre à mine la glace accumulée dans les tunnels. L'été, il faut remplacer à la force des bras, les traverses fatiguées sur un ballast surchauffé, près du troisième rail électrifié, compagnon vital et sournois, sang de la machine et menace mortelle pour le cheminot s'il l'oublie.


Le Train Jaune a cent ans.


Né d'une volonté économique, il fut soixante-dix ans plus tard condamné par les nouveaux maîtres évoquant des motifs... économiques.

Et, par toutes les Pyrénées Orientales, pour sauver le « Canari », des femmes et des hommes se sont dressés, un jour, et crié leur refus de le voir disparaître.

"Voyage en terres comtales". 2009

En cours de publication aux Etats Unis.

Raymond Matabosch

 
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