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03 juillet 2015

Les complexes volcaniques Hakone et Fuji-san, proches d'une phase éruptive...

Les complexes volcaniques Hakone et Fuji-san, proches d'une phase éruptive...

Une étude complète de l'historique éruptif de ces deux édifices et les raisons tectoniques, autres que celles résultant du séisme du 11 Mars 2011 dit séisme de Tohoku, magnitude 9.0, de leur plausible entrée en éruption avant 2020 au plus tard... d'autant que plusieurs cônes adjacents au complexe Hakone sont déjà entrés en éruption et que les deux complexes volcaniques se localisent sur une même faille...

Pour en savoir plus, il vient de paraître :

Le Fuji-san.jpg

Le Fuji-san, volcan du Lotus hondoïen.
de Raymond Matabosch

Le Fuji-san, volcan du lotus hondoïen

  

ISBN : 9781326340254
Langue : Français
Pages ; 102
Reliure : Couverture : souple en dos carré collé
Impression intérieure : Noir & blanc

 

S'élevant à 3.776 mètres d'altitude au pic Shin-Fuji, l'iconique Fuji-san, cône volcanique quasi symétrique de trente kilomètres à sa base lui conférant un volume de 870 kilomètres cubes, aux pentes prononcées et régu-lières, - seule véritable irrégularité de ses pentes constituée par le cratère Hōeizan, approximativement à 2.300 mètres d'altitude -, couronné par un cratère de 500 à 700 mètres de diamètre pour une profondeur comprise entre 100 et 250 mètres, et point culminant du Japon, immortalisé par les « 36 vues du mont Fuji », - série de quarante-six estampes réalisées entre 1760 et 1849 -, de Katsushika Hokusa, les « cinquante-trois relais du Tôkaidô », d'Utagawa Kuniyoshi ou les superbes estampes d’Andô Hiroshige, et inscrit, sous le titre « Fuji-san, lieu sacré et source d'inspiration artistique », au Patrimoine mondial de l’Unesco, en Juin 2013. est, enneigé plusieurs mois par an, l'un des symboles majeurs de l'archipel nippon.

Situé sur la côte Sud de l'île de Honshū, à moins de 100 kilomètres au Sud-Ouest de l'agglomération de Tokyo, dont il est visible par temps clair, à cheval sur les préfectures de Shizuoka, au Sud, et de Yamanashi, au Nord, il se trouve à l'aplomb de la jonction triple, - région où trois plaques tectoniques se rejoignent -, entre la plaque Philippine et les micro-plaques Amour et Okhotsk. Suivant les récentes découvertes, le Fuji-san se dresserait à l'aplomb d'une jonction quadruple, entre la plaque Philippineet les micro-plaques Amour, Okhotsk et Kanto, - un fragment de plaque, d'une centaine de kilomètres de long et de 25 kilomètres d'épaisseur, qui se serait détaché, selon Shinji Toda, du Active Fault Resaerch Center à Tsukuba et ses collègues de l'United States Geological Survey, suite à la collision de deux chaînes de montagne sous-marines au niveau de la Fosse du Japon, à 200 kilomètres à l'Est de Tokyo, de la plaque Philippine, il y a 2 ou 3 millions d'années -.

[......................]

Le complexe volcanique Fuji-san, tout comme celui du volcan Hakone, sont de véritables cocottes minutes qui peuvent exploser dans des temps très proches, en toute chose avant 2020, l'éruption du volcan Hakone précédant celle du volcan Fuji-san.

21:19 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, éruption, hakone, fuji-san, mont fuji, japon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

09 mai 2015

Le volcan Hakone, au Japon, en état pré-éruptif... Des évacuations...

Volcan Hakone, au Japon, état pré-éruptif...

Des évacuations...


Le quotidien russe "gorets-media.ru", a annoncé le Jeudi 7 mai 2015 : "Volcan Hakone, peur sur le Japon, les autorités nippones ont intimé une évacuation d'urgence des personnes..."

Suivant ce quotidien

Les autorités japonaises, élevant le niveau d'alerte volcan au Niveau 2, ont annoncé la complète évacuation des personnes du plateau Ovakudani, ce qui a concerné, en particulier, l'évacuation de touristes. Le volcan Hakone fait partie du parc national de Fuji-Hakone-Izu.. Le lac de soufre est rentré en ébullition et a atteint une température d' une centaine de degrés Celsius, une température qui peut se propager dans toute la vallée....

Cette élévation de la température, dans le lac de soufre, est concomitante avec un essaim sismique d'origine volcanique dont les épicentres sont de plus en plus proche de la surface, qui a débuté début avvril et dont le nombre d'évents est en constatnte augmentation. Des experts de l'Université de Kyoto croient que le volcan Hakone peut rentrer en éruption au cours des prochains jours prochains jours et au plus dans le laps de temps d'une quinzaine de jours.

Selon "RIA Novosti", un autre quotidien russe, les sismologues ont enregistré, du 26 Avril au 4 mai, 790 séismes d'origine volcanique, de magnitude maximum 2,6. Mais le Mardi 2 Mai plusieurs secousses ont été ressenties par la population.

La dernière éruption du volcan, d'origine phrétomagmatique, s'est produite en 1170...

Lac Ashi et en arrière plan, le Mt Fuji.JPG

 Et dans le cadre de mes livres de vulgarisation sur les volcans, mon prochain "Le Fuji-san, volcan du Lotus hondoïen." est sous presse et tout un chapitre est consacré au volcan hakone avec l'interrogation finale;;; Si le volcan hakone rentre en éruption, ne déclenchera-t-il pas, possédant une même chambre magmatique profonde, une éruption au Mont Fuji, d'autant que le Mont Fuji, le volcan Hakone et le volcan Ashikamaya font parti du même complexe volcanique..

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Les deux premières pages du chapitre consacré au volcan Hakone

 

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14 juin 2013

Popocarepelt : Vers une explosion du dôme de lave ? une éruption phréatomagmatique ? ou une éruption phréatique ?

Depuis le début Mai 2013, l'activité du volcan mexicain, le Popocatepelt, est en recrudescence

Vers un changement dans le processus éruptif du Popocatepelt ?

Popocatelt : Vers un épisode phréato-magmatique ?

Eruptions à faible profondeur, les éruptions phréatomagmatiques surviennent lors de la rencontre entre le magma ascendant et un milieu hydraté. Une succession d’explosions très violentes découpe des cratères circulaires à l’emporte-pièce appelés maars, du nom qui a été donné à ces morphologies en Allemagne. Les projections s’accumulent à la périphérie du cratère, en général sous forme d’un croissant ou anneau pyroclastique.

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Il arrive qu’une élévation locale de température, par exemple parce qu’un réservoir magmatique est proche, provoque la vaporisation d’eau contenue dans le sous-sol. Si la pression excède la résistance des roches, des explosions violentes se produisent, sans intervention directe du magma. Ces éruptions gazeuses sont dites « phréatiques ». Un cratère semblable au maar est créé. Caractéristique des produits formés est l’absence de matériaux volcaniques frais : les brèches sont constituées exclusivement de roches anciennes pulvérisées par les explosions.

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Alors se pose la question : phréatomagmatique ou phréatique ?

Cela est si vrai, même si le CENAPRED dans son rapport quotidien, en date du 13 Juin 2013, signale, simplement : « Au cours des dernières 24 heures, le système de monitoring du volcan a enregistré 24 exhalaisons de basse intensité accompagnées par une émission de vapeur d'eau, de gaz et, occasionnellement, de petites quantités de cendre. En outre des segments de tremor harmonique et spasmodique de haute fréquence, ont accumulé un total temps de 45 minutes. » Malgré une nébulosité importante, il est à constater qu'un dense panache continu de vapeur d'eau quasi exclusivement composé, avec, lors de chaque explosion, un panache de cendre, s'élève de plus en plus haut au-dessus du cratère du Popocatepelt et atteint des altitude égales et supérieures à 4/5 kilomètres...

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Dans le rapport quotidien émis par le CENAPRED, le 14 Juin : « Au cours des dernières 24 heures, le système de monitoring du volcan a enregistré 44 exhalaisons de basse intensité accompagnées par une émission de vapeur d'eau, de gaz et, occasionnellement, de petites quantités de cendre. Les plus importantes, concomitantes à des explosions, sont survenues le13 Juin à 15 h 36 et à 18 h 36, et le 14 Juin à 05 h 41 et 10 h 34, produisant de dense et épais panaches de cendres qui ont atteint des altitudes de 2 à 4 kilomètres au-dessus du cratère sommital et qui ont dérivé, poussés par les vents dominants, vers le Sud-Est, l'Est et le Nord-Est. Des chutes de cendres ont été constatées dans les villages circonvoisins des flancs Est et Nord-Est du volcan En outre des segments de tremor harmonique et spasmodique de haute fréquence, ont accumulé un total temps de 1 h 25 minutes. Enfin, le 14 Juin, un séisme tectonico-volcanique, de magnitude 2.1, a été enregistré à 03 h 06. » tout comme pour les jours précédents, malgré une nébulosité importante, un épais panache de vapeur d'eau quasi exclusivement composé, forme une colonne dense impactant toute la circonférence du cratère qui tranche dans le couvert nuageux, qui s'élève de plus en plus haut au-dessus du Popocatepelt et qui atteint des altitude égales et supérieures à 4/5 kilomètres...

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Allons-nous vers une éruption phréatomagmatique ou une éruption phréatique si un tel processus se pérennise ? C'est une hypothèse qui peut être évoquée car il est à craindre, la hauteur et la présence constante d'une colonne, dense et épaisse, de vapeur d'eau pourrait indiquer que le magma, ou la lave, remontant dans la cheminée de l'édifice volcanique est rentré en contact avec un milieu hydraté... ou que la chaleur du magma remontant provoque la vaporisation de l'eau contenue dans le sol. Dans les deux hypothèses, la pression augmente dans la cheminée et elle augmente d'autant plus que la composition de la lave, à viscosité élevée, empêche tout écoulement lavique sur les flancs d'un volcan Popocatelpelt, obstruant ainsi le point de sortie, générant un dôme et pouvant se traduire par des séismes volcano-tectoniques in situ dans le conduit éruptif de l'édifice volcanique. Une troisième hypothèse, avec la présence d'un dôme de lave occupant plus de la moitié de la surface basale du cratère sommital, la surpression qui se produit dans la conduit éruptif, pouvant faire exploser le dit dôme et causer des dommages collatéraux à l'édifice volcanique, voire un effondrement partiel de l'un de flancs du bâti ou pire, est tout autant envisageable.

14 Juin 2013 © Raymond Matabosch

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08 août 2012

Le Merapi, volcan javanais...

Le Merapi, volcan javanais...

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ISBN : 9782332508577

Aux Editions Edilivre

 

Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord/Nord-Ouest, et qui regroupe le Gunung Ungaran, – ou Oengaran –, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo, – ou Telomojo –, actif du Pléistocène aux prémices de l'Holocène, et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu, – ou Merbaboe –, dernière éruption recensée en 1797, et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le Kajor et le Kopeng; et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko...


08 Août 2012 © Raymond Matabosch

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27 février 2012

Le Tungurahua, volcan équatorien.

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par Raymond Matabosch

 

Le Tungurahua, - Tungurahua ou Tunguragua, de Tunguri, gorge, et rahua, feu, « Gorge de Feu » -, culminant à une altitude de 5.023 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un stratovolcan andesitico-dacitique actif, un cône très pentu, - pentes à 30 et 35% -, de 14 kilomètres de diamètre basal, dominant de plus de 3.000 mètres la vallée à ses pieds septentrionaux, se situant dans le Cordillère Royale Andine, en Équateur, à 140 kilomètres au Sud de la capitale Quito. Des sommets notables, comme le Chimborazo, 6.267 mètres et l'Altar, 5.319 mètres, l'encadrent...

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Eyjafjallajökull, volcan islandais

 

Eyjafjallajokull.jpg

link

par Raymond Matabosch                            

 

Situé au Sud de l’Islande, sur la dorsale océanique et culminant à 1.666 mètres d’altitude, L’Eyjafjöll, également nommé Eyafjalla, est un volcan d’Islande recouvert par l’Eyjafjallajökull, une petite calotte glaciaire de 78 kilomètres carrés de superficie. Par métonymie, Eyjafjallajökull désigne tout aussi bien le volcan que le glacier qui le recouvre. Son dynamisme éruptif est effusif à strombolien, et fissural.

 

L’Islande représente une émersion de la dorsale médio-atlantique longue de 15.000 kilomètres et d’une altitude moyenne de 1.500 mètres, reposant sur des fonds de -4.000 mètres, normalement sous-marine, dont l’axe est matérialisé par le rift islandais. Un récent épisode d’activité de ce rift s’est produit entre 1975 et 1984 dans la région de Krafla, avec la mise en place de coulées basaltiques et une extension mesurée de 9 mètres. Cette partie émergée est l’apex d’une vaste anomalie topographique de la lithosphère car la ride de Reykjanes remonte de -3.000 mètres jusqu’au rift islandais.

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Le Merapi, volcan javanais.

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  par Raymond Matabosch                                       

 

Le Gunung Merapi, la « montagne de feu », est un stratovolcan indonésien, situé sur l'île de Java. A moins de 30 kilomètres au Nord de la ville de Yogyakarta, il érige son cône presque parfait. Il culmine à 2.911 ou 2.968 mètres au-dessus des forêts, des rizières et des champs. Ses pentes abruptes, entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs Est et Nord, sont couronnées par un dôme de lave. Le Merapi est le volcan le plus méridional d'une chaîne volcanique qui s'étire sur un axe Nord-Nord-Ouest qui regroupe le Gunung Ungaran et ses cônes le Gunung Kendalisodo, le Gunung Mergi, le Gunung Toeroen et le Gunung Turun, et ses bouches fumerolliennes et thermales, l'Itam et le Paramasam ; le Telomoyo et ses cônes, le Gunung Kendil et le Soropati ; et le Merbabu et ses cratères fissuraux, le Kadjor, le kajor et le Kopeng, et ses bouches fumerolliennes et thermales, le Bancen, le Kawah Condrodimuko, le Kawah Gendol, le Kawah Tjondrodimuko et le Kawah Tjondrokemuko.

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25 décembre 2010

Séisme de magnitude 6.2 sur l'île Bougainville au pied du volcan bouclier pyroclastique Loloru...

Un puissant séisme de magnitude de 6.2 sur l'échelle ouverte de Richter a frappé l'Île de Bougainville, Papouasie Nouvelle Guinée, le 13 Décembre 2010 à 01 h 14 Temps Universel, 11 h 14 Heure Locale. Son épicentre, latitude 6.563° Sud et longitude 155.640° Est, se situe à 7 kilomètres au Nord-Ouest de Bogisage, à 10 kilomètres au Nord-Est d'Isinai, à 15 Kilomètres au Sud-Est de Taki, à 20 kilomètres au Nord d'Aku, à 20 kilomètres au Nord-Est de Boku, à 27 kilomètres à l'Est-Sud-Est de Taruba, à 40 kilomètres au Sud-Sud-Est d'Arawa, pour une population de 40.266 habitants, à 105 kilomètres à l'Ouest de Chirovanga sur l'île de Choiseul, Archipel des Salomon, et à 990 kilomètres à l'Est-Nord-Est de Port Moresby. Son hypocentre a été localisé à 146,9 kilomètres de profondeur, au pied même du volcan Loloru dont le cratère sommital se situe à 5 kilomètres au Nord-Nord-Ouest du foyer sismique.

Aucun dégât, ni blessé n’a été immédiatement signalé par les autorités locales mais les doutes subsistent étant donné l'ampleur de la magnitude et la proximité des villages avoisinants. Et aucune alerte au tsunami n’a été émise par le centre régional d’alerte aux tsunamis, le Pacific Tsunamis Warning Centre, - le P.T.W.C. -, basé à Pearl Harbour, Îles Hawaii.

Le 01 Septembre 2006, un séisme de magnitude 6.8, localisé latitude 6.822° Sud et longitude 155.535° Est, d'hypocentre 45,7 kilomètres de profondeur, avait déjà frappé la région. Les autorités locales avaient déclaré, malgré que le tremblement de terre aurait pu causer des dégâts à cause de son emplacement et de sa magnitude, « … que ni destructions, ni victimes n'avaient été recensées... »


L'Île de Bougainville.


Bougainville, l'une des plus grandes de l'Archipel des îles Salomon, dans le Sud-Ouest de l'océan Pacifique, est une île de Papouasie Nouvelle Guinée. Tectoniquement, elle se trouve prise dans l'étau de deux plateaux océaniques, deux deux rides et de deux fosses parallèles, sur son Nord et son Est, le plateau d'Ontong-Java, la ride Nord-est et la fosse de Nord Salomon, sur son Ouest et son Sud, le plateau d'Entrecasteaux, la Ride d'entrecasteaux et la fosse de Bougainville. En outre, elle est marquée par l'affrontement entre les grandes plaques Pacifique et Australienne dont la convergence se caractérise « par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1.000 kilomètres de largeur. » Celle-ci s'exprime « par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu. Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques. »


Le séisme du 13 Décembre 2010 et le volcan Loloru.


Code 0505-03

Localisation : Latitude 6.31° Sud à 6.52° Sud

et Longitude 155.37° Est à 155.62° Est,

Volcan bouclier pyroclastique, altitude 1.887 mètres.

Île Bougainville, Papouasie Nouvelle Guinée.

 

Le tremblement de terre, de magnitude 6,2, s'est produit sur le plan de Wadati-Benioff, subduction de la plaque Australienne, à une profondeur de 149 kilomètres, - un séisme dit intermédiaire -, à l'aplomb du volcan Loloru, un volcan situé sur l'arc des Salomon.

Ce volcan pyroclastique, de type bouclier, se situe au Sud-Est de l'Île de Bougainville. Il est à l'origine de la la large et épaisse chape d'ignimbrite qui recouvre, majoritairement la province méridionale de l'île. Son sommet se caractérise par la présence de deux caldeiras imbriquées, et d'un dôme de lave andésitique qui limite un lac en forme de croissant sis sur le bord oriental de la caldeira la plus jeune.

Tout comme le complexe volcanique Taroka et le volcan Takuan, tous deux implantés, le premier en son Nord-Ouest, le second sur son Nord, le Loloru s'est construit dans la caldeira Pléistocène, de dimensions imposantes, 10 kilomètres de large et 15 kilomètres de long, La plus récente des éruptions explosives majeures du Loloru, durant l'Holocène, s'est produite il y a environ 3.000 ans.

Suite au séisme du 16 Août 1995, de magnitude 7.8, foyer localisé à 200 km au Nord-Ouest, le 20 du même mois, des émissions de vapeur, faibles à modérées, blanches étaient observées dans le champ fumerolien principal, sur le flanc de Nord du dôme de lave sommital. Le lac, inclus dans la caldeira, aucune décoloration des eaux et aucune déformation de son niveau n'étant apparentes, paraissait « normal ». Mais depuis 1988, il est constaté une augmentation de chaleur au niveau des sources fumeroliennes et des solfatares, une température évoluant de 80° C, en 1984, 108° C en 1995, et bien supérieure depuis le séisme de magnitude 6.8 du 01 Septembre 2006.

Au différent des précédents tremblements de terre qui s'étaient produits dans un rayon compris entre 100 et 200 kilomètres, des séismes qui n'avaient pas intercédé sur l'activité volcanique apparente du Loloru, le présent séisme a frappé à l'aplomb même du dôme de lave sommital et de la chambre magmatique. Il peut donc être à prévoir, le magma s'élevant, dans l'arc des Salomon à la vitesse de 1,3 kilomètres par jour, une reprise d'activité du volcan Loloru, avec une ou plusieurs éruptions explosives propres aux volcans boucliers pyroclastiques, et, parallèlement, fonctionnant de conserve, des probables manifestations volcaniques pourraient affecter le complexe volcanique Taroka et le volcan Takuan, sous quelques 15 à 20 jours maximum.


Raymond Matabosch.

 

 

Publié le 14 Décembre sur :

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

31 août 2010

Indonésie : Réveil du volcan Sinabung, ...des milliers d'évacuations.


Code 0601-08

Localisation : Latitude 3.17° Nord, Longitude 98.392° Est

Stratovolcan, altitude 2.460 mètres, Île de Sumatra, Indonésie.


« Alerte rouge déclenchée sur l'île indonésienne de Sumatra », telle est la nouvelle qui est tombée, le dimanche 29 Août 2010, sur les téléscripteurs des agences de presse. « Après.. », dit-on, « ...plus de quatre siècles de sommeil, le volcan Sinabung est brutalement rentré en éruption, projetant un nuage de fumée, noire et âcre, des pierres, du soufre et de cendres à 1.500 mètres d'altitude et provoquant l'évacuation de plus de 30.000 personnes. »

Le volcan Sinabung, - ou Mont Sinabung, en indonésien, le Gunung Sinabung, aussi dénommé Gunung Sinaboeng et Gunung Sinabun -, un strato-volcan culminant à une altitude de 2.460 mètres, est daté du Pléistocène. Il se situe à 27 kilomètres de la ville de Berastagi, au Nord de l'île de Sumatra, dans une zone principalement agricole. Il est circonvoisin d'un autre volcan, le Sibayak, C'est un complexe volcanique de forme allongée, de quatre cratères sommitaux, migrant dans un axe Nord-Sud, qui se chevauchent : le cratère 1, de 300 mètres de diamètre, le cratère 2, de 150 mètres de diamètre, le cratère 3, le Sigala Batu, de forme avale, 160 mètres sur 130 mètres, et le cratère 4, le plus jeune et le plus petit, de 60 mètres de diamètre. Une forte activité solfatarique y est présente, tout au long du XX° Siècle, sur les évents 2 et 3 contenant, tous deux, un lac de cratère.

Il est communément admis, par les sphères scientifiques, que la précédente éruption du Gunung Sinabung se serait produite en l'an 1600, mais il en est trop rapidement oublié, certes les autorités les classant « incertaines », l'éruption explosive de 1881 et la forte activité solfatarique, avec émission de vapeur, de gaz et de lave, de 1912.


Généralités sur le volcanisme indonésien.


Bien que les archives chinoises signalent une éruption du volcan Krakatau, au III° Siècle après J.C., ainsi que 17 éruptions, au XV° siècle, pour le Kelut et le Krakatau, la communauté scientifique émet des doutes sur nombre d'entre elles. Les premières, dès 1512, - Sangeang Api et Gunungapi Wetar -, documentées par des Européens, - le Portugal ayant pris le contrôle du commerce des clous de girofle des Moluques, la Compagnie des Indes Néerlandaises contrôlant les îles de 1602 à 1780, le gouvernement néerlandais suivant la Copagnie et la Grande-Bretagne prenant le contrôle temporaire des dites îles au début du XIX° Siècle -, sont considérées comme dignes d'intérêt.

L'arc de la Sonde, plus de 3.000 kilomètres de longueur, s'étirant depuis le Pulau Weh situé à l'extrémité Nord-Ouest de Sumatra, dans la mer d'Andaman, jusqu'au Pulau Sumba, au Nord-Ouest de la Mer de Banda, résulte de la subduction de la croûte océanique de l'océan Indien sous la plaque tectonique de Sunda. Cet arc comprend 76% des volcans indonésiens, mais les volcans d'Halmahera et des îles volcaniques voisines, et ceux de l'arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe sont tectoniquement plus complexes par le fait, d'une part, du centre d'expansion basaltique sis sous les îles Andaman-Nicobar, centres d'expansion, et, d'autre part, par la présence de multiples zones de subduction, principalement orientée Nord-Sud.


Généralités sur l'Indonésie.


L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie, - en indonésien Republik Indonesia -, capitale Djakarta, est un pays d' Asie du Sud-Est, en Insulinde. L'Indonésie compte 17.508 îles réparties sur une superficie océanique, tout en n'en faisant qu'un cinquième en superficie continentale, proche de celle des États-Unis. Avec une population d'environ 230 millions d'habitants, il est le quatrième pays le plus peuplé du monde et, en population de religion musulmane, le plus important au monde. Cet état partage des frontières terrestres avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, - île de Nouvelle Guinée -, le Timor oriental, - île de Timor - , et la Malaisie, - île de Bornéo -.

La géographie de l'Indonésie est dominée par les volcans formés par les zones de subduction entre les plaques Eurasienne et Indo-Australienne. Les volcans d'Indonésie font partie de la Ceinture de feu du Pacifique. L'Indonésie compte environ 2.500 volcans, - dont plus de 150 en activité -, se répartissant, géographiquement, en volcans de l'arc volcanique de la Sonde, d'Halmahera, incluant les îles volcaniques voisines, et de l' arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe qui se prolonge avec les volcans des Philippines.

Les volcans les plus actifs sont le Kelud et le Merapi sur l'île de Java, et sont responsables de milliers de morts dans la région. Depuis l'an 1.000, le Kelud est entré en éruption plus de 30 fois, la plus grande éruption atteignant l'indice d'explosivité volcanique VEI 5, tandis que le Merapi est entré en éruption plus de 80 fois


Généralités sur Sumatra.


La géographie de Sumatra est dominée par le Bukit Barisan, une chaîne de montagne s'étendant, du Nord au Sud de l'île, sur près de 1.700 kilomètres et formée par le mouvement subductif de la plaque Indo-Australienne qui se déplace à la vitesse de convergence de 5,5 centimètres par an, provoquant de nombreux tremblements de terre, - comme celui du 26 décembre 2004 -, et formant également des chambres magmatiques sous l'île.

Plus de 500 édifices volcaniques, dont 35 volcans actifs, tous situés sur l'île de Sumatra à l'exception de Weh, depuis le Pléistocène, au large de l'extrémité îlienne Nord-Ouest, se décomptent le long de la chaîne volcanique Bukit Barisan. Le plus grand volcan est celui du lac Toba créé, il y a 74.000 ans, lors de l'effondrement de sa caldeira et le point culminant de la chaîne en est, du haut de ses 3.800 mètres, le Kerinci.


Le Volcanisme sur Sumatra.


Le volcanisme, sur l'île de Sumatra est la conséquence de la subduction, vers le Nord-Est, avec une vergence positive de 7 centimètres par an, de la plaque océanique Indo-Australienne sous la plaque continentale de la Sonde. Tectoniquement, la région enregistrant des séismes intraplaque, de subduction et crustaux, de forte magnitude, - magnitude 9.0 révisé 9.3 du 26 décembre 2004, magnitude 8.4 du 28 Mars 2005, Padang Panjangf magnitude 6.4 et Singkarak magnitude 6.3 du 6 Mars 2007, magnitude 7.4 du 20 Février 2008, Sibolga magnitude 6.0 du 19 Mai 2008, magnitude 7.5 du 30 septembre 2009, Sungai Penuh magnitude 6.6 du 01 Octobre 2009,... et une kirielle de séismes de magnitude comprise entre 3.5 et 5.9 -, est, avec le Chili, le Mexique, le Japon,..., l'une des plus actives de toute la planète Terre.

La convergence entre les plaques Indo-Australiennne, de Birmanie et de la Sunda, au large de la côte Ouest de l'Île de Sumatra, est orientée Nord-Sud. Au niveau de la fosse de Sumatra-Java, - une marge active de profondeur maximum 7.400 mètres, en arc de cercle sur environ 5.700 kilomètres -, au large de l'île de Java, la subduction est « normale » alors qu’au large de l'île de Sumatra elle est à convergence oblique. Cette obliquité de la convergence crée des déformations dans une zone s’étendant de la mer d’Andaman au détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra. Cette zone correspond aux plaques de Birmanie et de la Sunda, aux bassins avant arc de Nicobar-Simeuleu, Nias et Mentawai, et à l'avant arc s'étirant depuis le Pulau kokos jusqu'au Pulau Enggano, une chaîne de reliefs séparée de Sumatra par le détroit de Mentawai. Cette chaîne, au vlcanisme naissant, sur la faille active de Mentawai, est formée des îles de Simeulue, de Nias, de Batu, - Pini, Tanah Masa, Tanah Bala... -, et de Mentawai, - Siberut, Sipora, North Pagai... -.

Les volcans les plus actifs de Sumatra sont le Marapi, le Karinci, le Talang et le Kawa.


En conclusion.


Avec ses 128 volcans actifs pour un total de 1171 éruptions dénombrées, historiquement, l'Arc volcanique de la Sonde est, avec le Japon, 1274 éruptions comptabilisées, leader mondial dans les statistiques afférentes au volcanisme. En ces deux régions conjointes s'y sont produits, annuellement, plus des deux cinquièmes des éruptions explosives recensées dans le Monde.

Mais si de nombreuses études ont été réalisées, au cours du XX° Siècle et en ces débuts du XXI°, sur les édifices volcaniques ayant connu une activité au cours de ces 110 dernières années, bien peu d'études stratigraphiques des dépôts volcaniques plus anciens ont été diligentées en Indonésie. Seulement 0,5% des éruptions anciennes, reconnues et référencées, ont été datées par d'autres techniques que celles dites historiques. Une telle lacune, en regard de la reprise d'activité, entre 1990 et 2010, d'un certain nombre de volcans considérés en sommeil depuis plusieurs siècles, nécessiterait une analyse plus approfondie du dossier Holocène, - préhistorique et historique -, afférent à cette région volcanique.

En effet, l'entrée en éruption du volcan Sinabung, après quatre siècle de semi sommeil, ne sera pas une exception, et d'autres, par la multiplication des séismes qui affectent l'archipel indonésien, - tels le Padang Panjangf, le Singkarak, le Sibolga, le Sungai Penuh... -, ne sauraient tarder à se réveiller.

07 juillet 2010

Le volcan Garet, sur l'île de Gaua, à « très haut niveau d’activité », en phase éruptive.

 

Code 0507-02

Localisation : Latitude 14.27° Sud et Longitude 167.50° Est

Stratovolcan, altitude 797 mètres, Île Santa Maria, Vanuatu.


Connue aussi sous le nom de Santa Maria, l'île de Gaua, rattachée à l'archipel Torres-Banks, - province de Torba, Vanuatu -, possède l'édifice volcanique le plus menaçant de cette région. C'est un stratovolcan basaltico-andésitique, aux pentes douces, en partie sous-marin, coiffé d'une caldeira sommitale ovale, de 6 x 9 kilomètres de diamètre, occupée par le lac Létas entourant le Mont Garet, - Mont Garat ou Mont Garhat -, un cône de cendres culminant à 801 mètres d'altitude. Ce lac à fond plat, d'une superficie de 19,7 kilomètres carrés, a une profondeur maximale d'environ 119 mètres. Son volume est estimé à 800 millions de mètres cubes. Quel qu'en soit le taux pluviométrique, le déversoir, situé à l’est du chaudron ovoïde, semble assurer un niveau sensiblement constant à l'étendue d'eau.

La forme grossièrement circulaire de l'île de Gaua, 20 kilomètres de diamètre environ et d'une superficie de 320 kilomètres carrés, est la partie émergeante d'un bâti vulcanien de 40 kilomètres de diamètre et, depuis son niveau basal océanique, de près de 3.000 mètres de hauteur totale. En règle générale, liés à la géodynamique du Pacifique Sud-Ouest, à la fosse du Vitiaz, au bassin Nord-Fidjien et à la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Australienne au sens inversé après la collision, entre le plateau d'Ontong-Java et l'arc du Vitiaz, qui a provoqué la dérive vers l'Ouest des arcs insulaires Salomons, Banks et Vanuatu, l'ouverture du bassin Nord-Fidjien et la genèse de la zone de subduction actuelle matérialisée par les fosses des Salomons et du Vanuatu, au moins quatre stades de formation de l'édifice peuvent se différencier. Le quatrième et dernier de ces stades, résultant d'éruptions volcaniques qui remonteraient à plusieurs milliers d'années, est l'élaboration de cônes de laves basaltico-andésitiques très bulleuses et pauvres en olivine, de scories, de cendres et de tufs lités.

L'aspect physique de l'île-volcan Gaua s'ordonnance autour d'une caldeira centrale accaparée par un lac en forme de croissant de lune enserrant, en son quart Sud-Ouest, un cône vulcanien symétrique à sommet plat, l'actif Mont Garet et son cratère de 700 mètres de profondeur abritant trois petits cratères. Tout autour de la caldeira, un cercle de collines, petites bouches parasites d'âge Pléistocène ayant déversé des coulées de lave qui ont atteint la côte en nombreux points de l'île, ont modelé les flancs de l'ancien volcan recouverts, en surface, sur plusieurs mètres d'épaisseur, par des produits fins, scories et cendres. Une large plaine littorale périphérique, un milieu eutrophe limono-argileux riche en allophanes encerclé par un récif corallien frangeant surélevé, s'élève, de 3 à 5 mètres, au-dessus du niveau de la mer.

L'ile de Gaua se situe, d'autre part, à l'Est du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui s’étend, depuis l'archipel Santa Cruz, jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter, revendiquées par la France, sur 1.500 kilomètres, et qui se caractérise par une fosse profonde, - 6.000 à 8800 mètres -, une plate-forme sous marine, - 1200 à 1800 mètres de profondeur - d'où émergent quelques îles basses à substratum volcanique, - les îles Santa Cruz, les îles Torrès et les îles Banks -, l'absence de volcans aériens actifs sauf aux extrémités Nord, -Tinakula -, et Sud, - Vanua Lava, Gaua et Merig -, et des fossés arrière-arc évasés vers le Nord ; d'autre part, au Nord du bassin d'Ambaé-Nord et de la faille bordière de Santa Maria, une faille perpendiculaire à la fosse de Santa-Cruz-Torres aussi dénommé des Nouvelles Hébrides-Nord ; et, enfin, à l'Ouest des fossés du Jean-Charcot qui ont été le siège de mouvements extensifs à l'origine de horsts et de grabens discontinus.

L'activité volcanique, pour le bâti sous marin, coïncidant avec l'ouverture du bassin Nord-fidjien, a débuté au Serravallien, Miocène moyen, - 13,65 à 11,6 Millions d'années -, s'est poursuivie durant tout le Miocène supérieur, au Tortonien, - 11,6 à 7,25 Millions d'années -, et au Messinien, - 7,25 à 5,33 Millions d'années -, et a précédé le développement de la chaîne centrale de l'arc volcanique sur lequel se situent les îles Banks et l'île Santa Maria. Vers 5,5 à 5,1 Millions d'années, celle-ci devient, essentiellement, de type orogénique. L'île actuelle de Gaua a émergé au Pléistocène, - 1,8 Million d'années à 11.430 ans avant J.C. -, période où de nombreux cônes se sont édifiés sur ses flancs et ont produit de nombreuses coulées de lave. La formation de la caldeira, quant à elle, peut être datée de la période Holocène, - les derniers 10.000 ans -, et, accompagnée d'une colonne de cendre s'élevant à plusieurs milliers de mètres, elle a découlé d'une forte éruption de type explosif qui disperse violemment la partie supérieure de la chambre magmatique provoquant l'effondrement total ou partiel de l'édifice vulcanien y incluant le cône volcanique préexistant quand celui-ci subsiste.

Mais quand cette caldeira s'est-elle formée ? Quand le cône de cendre du Garet s'est-il arraché et érigé sur la lèvre Sud-Ouest de ce chaudron ? Y a-t-il 100 ans ? 1.000 ans ? 5.000 ans ? Bien difficile est d'y répondre. En effet, la première éruption décrite et référencée, à partir d'un évent sur le flanc Sud-Est du Mont Garat, comme nombre de scientifiques et de pseudo-scientistes s'en gaussent, « après une longue période de dormance. » ne remonte qu'en l'an 1962. Avant... Seul le « no man’s land... » Enfin, en regard au récif corallien frangeant surélevé, en périphérie de l'île Santa Maria, une troisième question se pose : Ce récif corallien n'est-il pas implanté sur les lèvres d'une structure qui ressemblerait à une caldeira sous-marine datant du pléistocène final ? Comme pour le Sartorin en Grèce vers 1550 avant J.C., le Krakatoa en Indonésie en 1883,... et le Kuwai, au Vanuatu vers 1420-1430, le Gaua n'aurait-il pas explosé emportant la majorité de l'île et créant, en lieu et place, une caldeira sous-marine ? Et, comme pour le Kuwai et sa kyrielle de volcans sous-marins actifs à l'origine de la création d'îles temporaires de faible altitude, - telles les éruptions de 1897 et 1901 créant une île de 1 kilomètre de long et 15 mètres d'altitude -, vite érodées par l'océan, l'île de Gaua n'est-elle pas renée de ses cendres plusieurs siècles ou millénaires après une éruption cataclysmique ?

A cette interrogation, une explication peut en être donnée par la particularité géologique attachée à l'arc insulaire des Nouvelles Hébrides qui s’étend depuis l'archipel Santa Cruz jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter. Le mouvement subductif est régulier et uniforme, et le pendage subducté continuel et constant, sur toute la longueur du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui est siège d'une importante sismicité tant superficielle, - 0 à 60 kilomètres de profondeur -, traduisant le glissement des plaques Pacifique et australienne et une déformation à l'intérieur de ces dites plaques, qu'intermédiaire, - 60 à 300 kilomètres de profondeur -. Dans cette région, l'angle de « plongement » de la plaque australienne sous la plaque Pacifique, plus particulièrement sous la zone orogène du plateau Nord-Fidjien, matérialisée par la microplaque des Nouvelles Hébrides, les récifs Balmoral et Conway et les terranes Torres-Santa Cruz-Banks et Anuta, passe de 60°, vers 100 kilomètres de profondeur, à 80° vers 290-300 kilomètres de profondeur, en faisant le pendage le plus incliné, 70% d’inclinaison au lieu des 30 à 50% coutumiers, de tout le « Pacific ring of fire », ou « Cercle de feu du Pacifique. » Cette position quasi sub-verticale de la lithosphère océanique australienne, dans la fosse de Torrés, résultant des courants de convection mantellique très puissants circulant, d'Est en Ouest, sous la plaque Pacifique, entraîne une anomalie conjoncturelle anormale. Par comparaison à l’ensemble des arcs insulaires où les volcans se situent à plus ou moins 110 kilomètres à l’aplomb du plan de Benioff, les volcans actifs de l'arc insulaire Nord, - Tinakula, Motlav, Suretamatai, Gaua et Mere Lava -, central, - Aoba et Ambryum -, et Sud Vanuatu, - Lopevi, Epi, Kuwae, North Vate, Traitor's Head, Yasur, Gemini Est, Matthew et Hunter -, se localisent, eux, à 200 à 250 km à l’aplomb de la dite surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction.


L'activité sur le Mont Garet et l'île de Gaua au cours du dernier millénaire.


En toute réalité, au cours du dernier ou des deux derniers millénaires, - des travaux et des analyses effectués sur des cendres révèleraient qu'au moins un ou deux aléas volcaniques se seraient produits au cours du XIX° siècle -, les éruptions qui se sont succédées, de toute évidence essentiellement intra-caldeiriques, ont formé, d'une part, le cône volcanique du Mont Garbat qui borde le quart Sud-Ouest du Lac Létas et les trois bouches parasites qui s'abritent au fond de son cratère de 700 mètres de profondeur, et, d'autre part, plusieurs cônes, tout autant parasites, qui sommeillent dans les profondeurs du lac de caldeira. Certes les versants du Mont Garet, au XX° siècle, étaient très boisés, mais l'édifice volcanique était dans une phase intermédiaire solfatarique et fumerollienne faible à modérée.

Depuis que le Mont Garat est sorti de sa « pseudo dormance », en Juillet 1962, entrant dans une phase d'activité à moyen terme, une éruption explosive sommitale d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une éruption suivie, du 15 Septembre au 09 Novembre 1963, par l’ouverture d’un nouveau cratère sur le flanc Sud-Est du cône, et une nouvelle éruption explosive d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une douzaine d'éruptions, toutes d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, en alternance entre la partie sommitale du cône et le cratère ouvert sur le flanc Sud-Est, accompagnées d'explosions phréatiques, - 09 Juillet 1981 et 18 Avril 1982 -, et de panaches cendreux, - le 15 Décembre 1973 l'évacuation des 525 habitants de l'île de Gaua s'était révélée nécessaire -, se sont déroulées.

Depuis Avril 1991, un signe évident que le magma n’est pas loin sous la surface, le cratère Sud-Est dégaze fortement et en continu, et les produits de dégazage du magma se répandent, principalement, dans la zone Nord-Ouest de l’île où l’impact du panache blanc dense dégageant une une forte odeur de anhydride sulfurique, associé aux pluies acides et aux vents dominants, brûle la végétation et dénude, en grande partie, le versant Nord-Ouest de la caldeira. Des fumerolles sous lacustre, aux températures variant entre 30 et 70° C., s'élèvent au dessus de la surface du lac Létas et de nombreuses zones fumerollienes recouvrent les parois intérieures du cratère du Mont Gharat de dépôts de soufre.

Le Mont Garat a montré des signes d'agitation à partir de la mi-Septembre et est rentré, en éruption sommitale, le 27 Septembre 2009. Dès le 03 Octobre, le volcan émet, journellement, des panaches de gaz volcanique, dont 3.000 tonnes de dioxyde de soufre, et de cendres, une augmentation de l'activité volcanique forçant les autorités locales, le 26 Novembre, à l'évacuation de trois villages, implantés sur la côté Ouest de l'île de Gaua et à déplacer les 300 habitants concernés, souffrant de graves problèmes respiratoires, vers les villages de la côte Est.

Au fil des jours et des semaines, les éruptions volcaniques de type strombolien et les émissions de gaz et de cendres, les panaches atteignant des hauteurs égales ou supérieures à 3.000 mètres, augmentent de façon significative depuis le 16 Janvier. Des explosions sont entendues dans tous les villages de la côte Est de Gaua et jusqu'aux îles voisines de Mota, de Vanua Lava, et jusqu'à Naoné sur Maéwo et Port Olry sur Espiritu Santo. Suivant les informations glanées près les services vulcanologiques du Vanuatu, entre les 22 et 29 Janvier 2010, « le niveau d'eau, dans le lac Letas, a augmenté de 30 centimètres », d'une part, et, d'autre part, suivant les mesures G.P.S., le cône sommital, du Mont Garet, se serait surélevé d'au moins 10 à 20 centimètres.

Devant la menace que laisse peser, sur les habitants, les 800 millions de mètres cubes du lac de caldeira, leur probable déversement au cas où la structure de l'édifice volcanique se déstabilise, engendrant le contact de l’eau du lac du cratère avec le magma qui pourrait, lors, devenir explosif, le 18 Avril 2010, le Département des Affaires internes du gouvernement du Vanuatu ont déclaré le volcan à « très haut niveau d’activité » et mis en place « une logistique pour l'évacuation des 3000 habitants de l'île de Gaua : Une partie d'entre eux seront acheminés sur l'île de Sola où l'Eglise Anglicane les accueillera, et l'autre partie sur l'île de Torba. »

Tout au longs des mois de Mai et de Juin, l'activité explosive se poursuit et est en permanente recrudescence. Les panaches de cendres et de gaz s'intensifient et s'élèvent à des altitudes égales ou supérieures à 3.000 mètres et dérivent, au grès des vents dominants, sur des dizaines de kilomètres tel le19 Juin où le panache a dérivé sur plus de 90 kilomètres vers l'Ouest. Un porte-parole du Vanuatu, chargé de la gestion des catastrophes précise que « de gigantesque panaches sombres » sortent du cratère sommital du Mont Garet et de celui de son évent sur le flanc Sud-Est. Des pluies de cendres s'abattent sur les villages causant des dommages à la végétation, autour du cratère et dans les zones Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest de l'île. Générés par les pluies, des Lahars, - des coulées boueuses d’origine volcanique principalement formée d’eau, de cendres volcaniques et de tephras -, souvent brûlants lorsque les dépôts volcaniques ont été récents et chauds, ont été emportés par les cours d'eau, les 7, 16 et 19 Juin, et les ont fait déborder.

Même si depuis le 22 Juin, aucune dépêche ne semble plus faire état de l'activité en cours des volcans du Vanuatu, - le Mont Garet sur Gaua, le Mont Bembow sur Ambrym , le Yasur sur Tanna, le Mont Manaro sur Ambaé..., tous classés en catégorie « très haut niveau d'activité » -, celle du Mont Garet est toujours croissante et génère, accompagné d'explosions quotidiennes et de brêves éruptions de type strombolien, des panaches de cendres et de gaz majoritairement sulfureux atteignant les 3.000 mètres d'altitude.

Cette situation laisse à penser à l'éruption significative, en novembre 2005 du Mont Manaro, situé à l'île d'Ambae. Ce volcan, tout comme l'île -volcan de Gaua est coiffé d’un lac de caldeira, le Vui. Celle-ci, non cataclysmique, n'ayant pas destabilisé la structure de l'édifice volcanique, avait donné naissance à une nouvelle île mesurant 500 mètres de diamètre et culminant à une cinquantaine de mètres au-dessus du lac acide dont le niveau, sous le coup de l’évaporation et d'un léger débordement ayant provoqué des lahars, avait baissé de plusieurs mètres.


En conclusion.


Même si les conduits magmatiques qui alimentent le cratère du Mont Garet paraissent « suffisament isolés des eaux du lac Létas acide », ce qui reste à démontrer, le cône volcanique étant né dans la partie Sud-Ouest de la caldeira, le risque qu'il se produise une éruption phréatomagmatique explosive, pouvant se transformer en éruption cataclysmique, est bien présent. En effet, une possible déstabilisation de la structure du volcan, en raison de l'importante fièvre sismique dans la proche région, une pléiade de séismes de magnitude oscillant entre 4,5 et 6,5, se produisant à fréquence répétée, entre 2 et 5 hebdomadairement, dans un rayon de 10 à 15 kilomètres autour du bâti volcanique, est à craindre.

Une éruption lavique et une éventuelle et possible entrée en contact du magma avec l'eau du lac Létas, un lac constituant, de fait, le chapeau de l'ancien cratère Holocène, un lac contenant 800 millions de mètres cubes d'eau acide, avec la chambre magmatique située juste en-dessous, est potentiellement envisageable à plus ou moins court terme.

En outre, cette menace est aussi potentielle en regard des cinq cratères, le cratère sommital et les quatre évents Nord, Est, Sud-Est et Ouest, car trois des cratères sont siège de lacs, l'évent Nord et le cratère central et leurs lacs acides aux eaux vertes, et l'évent Ouest et son lac limoneux aux eaux brunes.

Sources pour la chronologie éruptive après 1962 : Gaua, Global Volcanism Program

28 juin 2010

Le Sulu Range, sur l'Île de Nouvelle Bretagne, vers une nouvelle éruption comme en 2006 ?

Code 0502-09

Localisation : Latitude 5.50° Sud et Longitude 150.942° Est.

Stratovolcan, altitude 610 mètres, Île de Nouvelle Bretagne, Papouasie-Nouvelle Guinée.


Le 24 Juin 2010, à 05 h 32 Temps Universel, 15 h 32 Heure Locale, un séisme de magnitude 6.3 sur l'échelle ouverte de Richter, magnitude du moment 6.1, a encore frappé l'île de Nouvelle Bretagne, tout particulièrement la province de Bangula, dans le Nord-Est des montagnes de Nakanaï. Son épicentre, localisé latitude 5.53° Sud et longitude 151.13° Est, se trouve à 10 kilomètres au Nord-Nord-Est de Siwanpuna, à 15 kilomètres au Sud-Est de Malasi, à 20 kilomètres au Sud-Est de Sulu, à 110 Kilomètres à l'Est de Kimbe et à 618 kilomètres au Nord-Est de Port Moresby.

Son hypocentre se situe à 51 kilomètres de profondeur, sous le complexe volcanique basaltique et rhyolitique du « Sulu Range », un chevauchement de petits stratovolcans, de dômes de lave, de maars, - Kaiamu -, de solfarates et de marmites de boue, - région hydrothermique de Walo -, le Mont Malopu, - aussi appelé Malutu ou Malobu -, 610 mètres, à l'extrémité Sud-Ouest du complexe, en étant le point culminant. Un évent de ce complexe, bien qu'aucune éruption historique ne fut ni connue, ni référencée, à prime abord le Mont Ruckenberg, 565 mètres, mais plus exactement le Mont Karai, 500 mètres, entre les édifices volcaniques Ubia et Ululu, est entré en éruption le 07 Juillet 2006, son activité éruptive se prolongeant jusqu'en Octobre de la même année.

Dès le mois de février 2006 un changement notoire, ralentissement de l’activité photosynthétique de la végétation, dessèchement des formations végétales, désertification des dômes..., était constaté sur les versants de la chaîne de « Sulu Range ». Sans éruption historique connue et recensée, cette chaîne volcanique était considérée comme « éteinte » donc laissée sans surveillance. Même si, en 1985, un tremblement de terre, de magnitude 7.0 avait frappé le Sud-Est de la chaîne du « Sulu Range », même si, après le dit séisme, une source thermale est apparue sur le flanc du cône Karai, même si la raison en a été, de toute évidence, l'inflation du dôme avec des remontées magmatiques, difficile, lors, de se prononcer sur les intellections physiques qui ont entraîné le dessèchement de la végétation et la désertification locale qui en ont découlé.

C'est vite oublier, sans comptabiliser ceux de magnitude inférieure, qu'au moins cinq séismes de magnitude égale ou supérieure à 5.0, l'épicentre se situant à quelques 5 à 25 kilomètres du Mont Karai et du complexe de « Sulu Range », ont frappé le Nord-Est des montagnes de Nakanaï entre le 20 Mars 2003 et le 28 Mai 2006 : deux le 20 Mars 2003, de magnitude de 5.4 et d'hypocentre à 40 kilomètres de profondeur ; un le 30 Septembre 2005, de magnitude 6.5 et d'hypocentre 31 kilomètres de profondeur ; un le 29 Mars 2006, de magnitude 5.0 et d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur ; et un le 28 Mai 2006, de magnitude 6.4 et d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur.

En référence à la sismicité et au volcanisme inhérents aux arcs volcaniques, le complexe « Sulu Range » se situant sur l'arc insulaire Bismarck, l’examen des enregistrements des séismes et la localisation de leurs foyers, contribuent à déterminer une relation exponentielle, dans le temps, entre les phénomènes sismologiques et volcaniques. En cela, sur l'île de Nouvelle Bretagne, tous les séismes intermédiaires (1), entre 33 et 70 kilomètres de profondeur, de magnitude égale ou supérieure à 6.5/7.0, hypocentre localisé sous un volcan, ou à sa périphérie immédiate dans un rayon de 15 à 20 kilomètres, ont tous été suivis d’éruptions violentes de ce volcan même si celui-ci est considéré comme « somnolant », « endormi », voire « éteint », les éruptions modérées, elles, ayant été précédées par des séismes de magnitude comprise entre 5.0 et 6.5, d'une part ; d'autre part, l'intervalle de quelques mois existant entre le moment où s'est produit le séisme et l'instant où le volcan entre en éruption, dépend de la profondeur du foyer du ou des séismes intermédiaires précurseurs et de la nature éruptive du volcan lui-même, actif, en sommeil ou, - les solfatares et les fumerolliens et certains bâtis volcaniques après 1.000 ou 2.000 ans d'inactivité -, considéré éteint ; et, enfin, le rapports distance entre le foyer sismique, la chambre magmatique et la cheminée volcanique, et l'intervalle de temps découlant du type du volcan et du caractère de ses éruptions, pour les arcs volcaniques, la montée du magma variant entre 0,2 à 0,5, suivant le temps d'inactivité effective de l'édifice, et 2,5 kilomètres par jour(2).

Dans le cadre d'une éruption volcanique, le magma est amené à se frayer et s'ouvrir un passage pour s'exhausser jusqu'à la surface et s'épancher. Il résulte, de ce processus physique, géothermique et tout autant mécanique, le magma provoquant des séismes de faible puissance sur son parcours ascendant, que les roches « encaissantes », se faisant, elles, de moins en moins denses et la force d'Archimède ne suffisant plus au magma pour monter, sont fracturées sous la contrainte exercée car une éruption ne peut être possible que si une quantité suffisante de magma, généralement plus ou moins 100 kilomètres cubes, s'est accumulée dans une chambre.

Pour les volcans considérés « en sommeil » ou « éteints », ce processus est plus lent et, il arrive souvent, avant que l'éruption finale ne se déclenche, qu'un certain nombre d'entre elles avortent et se transforment en phénomènes paravolcaniques tels que des exutoires fumerolliens, mares de boues, mofettes, solfatares et apparitions de sources d'eaux chaudes ou thermales. Ainsi en est advenu, pour le Mont Karai, en 1985, faisant suite au séisme du 30 Septembre 2005, de magnitude 6.5, la survenue de sources d'eau chaudes qui se sont mises à sourdre sur les pentes de l'édifice et la formation d'épisodes fumerolliens occasionnels se reproduisant et s'amplifiant, son foyer se situant sur ou en périphérie immédiate, lors de chaque nouveau tremblement de terre affectant le Nord-Est des montagnes de Nakanaï et le complexe du « Sulu Range. »

En regard du « Sulu Range », après plusieurs éruptions avortées, l'activité sismique, annonciatrice d'une phase éruptive, a réellement débuté le 06 juillet 2006 par un essaim de tremblements de terre, d'intensité I à IV sur l'échelle Mercalli modifiée, ressentis de Kimbe jusqu'à Bialla et Mamota, à une distance approximative de 16 à 20 kilomètres. Les secousses, - une toute les une à deux minutes durant les deux premières semaines de l'aléa volcanique -, ont été accompagnées, dans les secteurs Nord-Ouest et Sud de la chaîne du « Sulu Range », entre les cônes d'Ubia et d'Ululu, au-dessus du dôme sommital du Mont Karai, de grondements et d'émissions modérées de vapeur blanche et de cendres.

Tous les cours d'eau prenant leur source sur les pentes des monts jumeaux, le Ruckenberg et le Karai, à cause de la multiplication des secousses, et l'augmentation de la température, tant du sol que des eaux, prennent une teinte laiteuse qui devient vite boueuse. Et les éruptions, panaches de cendres, de gaz et de nuées et coulées pyroclastiques ont commencé dès le 07 juillet. Elles sont devenues moins importantes à partir du 10 juillet et elles ont persisté jusqu'au 11 Septembre 2006.


En conclusion :


L'Île de Nouvelle-Bretagne se situe sur l'une des zones les plus mobiles de la planète, la ceinture orogénique péripacifique ou cercle de feu du Pacifique qui est la plus active du globe tant sur le plan éruptif que sismique, plus précisément sur la « ceinture orogénique téthysienne », du nom de l'Océan Téthys, en finalité de disparition, dont sont nées les montagnes qui vont de la zone caraïbe à l'Indonésie et à la Mélanaisie.

La structure du relief est due à la subduction compressive de la plaque continentale Australienne, de poussée Nord, sous la plaque océanique Pacifique, de poussée tangente vers l’ouest, dès le Crétacé. A l’éocène, cette collision entraine, d'une part, diverses ruptures dans les plaques Australienne et Pacifique favorisant la formation des microplaques Bismarck Nord, Manus, Bismarck Sud et Mer des Salomons, et, d'autre part, un épanchement de lave créant un arc volcanique, aujourd'hui fossile, dont le Sud de l'Île de Nouvelle-Bretagne est issu. Au pléistocène, résultant de la subduction de la microplaque Mer des Salomons sous la microplaque Bismarck Sud, un nouvel arc, caractérisé par de grands volcans actifs, - Garbuna Group, Garua Harbour, Bola, Dakataua, Pago, Lolo, Sulu Range, Hargy, Bamus, Ulawun, Lalobau, Rabaul, Tavui... -, s’établit plus au Nord, c'est la naissance du Nord de l'Île de Nouvelle-Bretagne.

Si un parallèle est établi entre le séisme du 28 Mai 2006, de magnitude 6.4 et d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur, véritable précurseur de l'éruption du Mont Karai, débutée les 06 et 07 Juillet suivant, et le tremblement de terre du 24 Juin 2010, de magnitude 6.1 et d'hypocentre 51 kilomètres de profondeur, tous deux s'étant produits dans la périphérie immédiate du complexe « Sulu Range », il ne serait pas surprenant qu'une activité éruptive modéré n'affecte, dans les prochaines semaines, le dit complexe volcanique.

Et s'il s'avère qu'une activité volcanique soit la résultante du tremblement de terre du 24 Juin, hypocentre 51 kilomètres de profondeur, celle-ci pourrait démarrer aux environs du 15 Août 2010. En effet, c'est 40 jours après le séisme du 28 Mai 2006, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, que le volcan Mont Karai est rentré en éruption, le magma s'étant élevé à la vitesse de 1 kilomètre par jour.


Notes


(1) Conventionnellement les séismes, suivant la profondeur de leur foyer, sont classifiés : de 0 à 33 Kilomètres de profondeur, séismes superficiels ; de 33 à 70 kilomètres, séismes intermédiaires ; et de 70 à 700 kilomètres, les hypocentres pouvant atteindre de telles profondeurs, - Îles Fidji, Colombie... -, séismes profonds.

(2) Les séismes volcaniques et les arcs insulaires. Raymond Matabosch. En cours de finalité de rédaction. 2010.

23 juin 2010

Le volcan Manam semble reprendre vigueur.

Code 0501-02

Localisation : Latitude 4.080° Sud et Longitude 145.037° Est,

Stratovolcan, altitude 1.807 mètres, Papouasie-Nouvelle Guinée.

Alerte aviation : Non référencée.

Alerte volcan : Non référencée.


L'île-volcan Manam, connue localement sous le nom de Motu Manam, dans la province de Madang, Papouasie-Nouvelle Guinée, est une île basaltico-andésitique circulaire de 10 kilomètres de diamètre culminant à 1.807 mètres d'altitude. Elle se situe dans la Mer de Bismarck dans le détroit de Stephan, à 12 kilomètres au large de la côte Nord-Est de l'île mélanésienne de Nouvelle Guinée, à 14 kilomètres au et à 16 kilomètres au Nord-Nord-est de Bogia, est l'un des volcans les plus actifs du pays.

Elle a été habitée jusqu'en 2004 mais, suite à une conséquente série d'éruptions pyroclastiques meurtrières qui se sont produites entre le 24 Octobre et le 21 Décembre de la dite année, le gouvernement avait ordonné l'évacuation forcée, les installant à Potsdam, Asurumba et Mangem, - trois anciennes plantations de cocotiers du district de Bogia -, des 10.000 personnes environ, réparties dans 16 villages, peuplant l'île. Mais la présence du gouvernement et des organisations non gouvernementales, dans la région, étant quasi-inexistante, les îliens déplacés ont, depuis, été livrés à eux-mêmes. Quelques réfugiés, déblayant les toitures et les terrasses des habitations encore debout, et cultivant les riches terres, sont, depuis, revenus vivre sur Manam.

L'édifice volcanique se compose d'une alternance de couches de cendres, de lave et de roches résultant d'éruptions antérieures. Le volcan a deux cratères sommitaux implantés dans les et en restes d'une ancienne caldeira visibles à une altitude de 900 mètres et, bien que les deux soient actifs, des éruptions de type péléen et strombolien s'étant succédées depuis l'Holocène, la plupart des jaillissements historiques sont l'œuvre du cratère Sud. Les produits éruptifs que ce cratère a émis au cours du XX° siècle se sont majoritairement concentrés dans la vallée d'avalanche située au Sud-Est de l'île-volcan. Cinq petits dômes satellites sont situés proche des côtes nordiques, méridionales et occidentales de l'île.

Ses versants, à l'exception de son dôme sommital et des vallées Brown qui en sont totalement dépourvus, sont recouverts par une végétation tropicale luxuriante. Ils sont profondément entaillés par quatre vallées radiales. Ces vallées d’avalanche, espacées de 90° les unes des autres, concentrent les coulées pyroclastiques et/ou de lave, des coulées atteignant parfois la mer, générées par les cratères sommitaux. Elles représentent les zones les plus à risque lors des éruptions, et elles sont, généralement, les premières à être évacuées.

La première éruption de Manam, référencée et attestée par des documents archives et des écrits, s'est produite en Juillet 1616. Elle fut centrale et explosive, d'indice explosivité volcanique VEI 2.

Avec à son actif une trentaine d’éruptions majeures depuis 1616 dont 23 pour le XX° Siècle, il est l’un des volcans les plus actifs de Papouasie-Nouvelle Guinée. En 1919, indice explosivité volcanique VEI 4, tout comme ce le fut aussi en 1956, index explosivité volcanique VEI 3, et en 1958, indice explosivité volcanique VEI 4, des éruptions centrales et explosives génèrent des coulées pyroclastiques, des épanchements de lave, causant des dommages aux terres, aux propriétés et aux habitations, qui atteignent la mer, et des lahars, - coulées de boue -. En 1994, une éruption, indice explosivité volcanique VEI 4, engendre un panache de vapeur d'eau, de gaz et de cendres s'élevant à une hauteur de 10 kilomètres, des projections incandescentes jusqu'à 2 kilomètres d'altitude, et des nuées ardentes, et, en décembre 2004, une éruption centrale et explosive, indice explosivité volcanique VEI 3, provoque la formation d'un panache de cendres qui s'élève à plus de 10 kilomètres d'altitude et une coulée pyroclastique qui fait 5 victimes. Une coulée pyroclastique, le 03 Décembre 1996, indice explosivité volcanique VEI 3, fait 13 victimes dans le village de Budua. Une nouvelle explosion centrale se produite le 28 Janvier 2005, générant un panache de cendres atteignant une altitude voisine de 6.000 mètres, des nuées ardentes et une coulée de lave qui entraîné la mort d’au moins une personne et la destruction de l’observatoire. En Mars 2007, une coulée de boue tue 4 personnes.

Depuis courant Décembre 2009, après une longue période commencée le 24 Octobre 2007, ponctuée d'éruptions centrales et explosives, cratère Sud et cratère principal, d'écoulements pyroclastiques et de lave provoquant morts d'homme, dommages, destructions et évacuation de toute la population de l'île, le Manam est d'un calme tout relatif et l’observatoire de Rabaul estime, même, que l’activité de faible niveau observée se poursuivra durant de longs mois.

Mais, le 16 Juin 2010, un panache s'échappe du cratère sommital du Manam et reste groupé, sous forme de nuage composé principalement de vapeur d'eau et de gaz, probablement du gaz carbonique, du méthane et de l'anhydride sulfureux, au sommet du dôme avant de s'étendre, tel un voile bleu-gris, vers le Nord-Ouest et, légèrement plus foncé, vers l'Ouest-Nord-Ouest, sur la Mer de Bismarck.

Depuis, au fil des heures, le panache semble s'intensifier et de légères explosions se font entendre.

23:07 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : volcan, volcanisme, papouasie-nouvelle-guinée, manam | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22 juin 2010

Au Kamchatka, l'activité du volcan Sheveluch va croissant.

Code : 1000-27

Localisation : Latitude 56.391° Nord et Longitude 161.213° Est

Stratovolcan, altitude 3.283 mètres, Kamchatka, Russie

Alerte aviation : Alerte orange.

Alerte volcan : fort risque d'explosion du dôme ?


Le Sheveluch, - aussi appelée Shiveluch ou Chiveloutch -, d'environ 500 kilomètres de diamètre et couvrant une superficie globale d'environ 1.300 kilomètres carrés, se situe à la triple jonction de la fosse Kouriles-Kamchatka, de la faille Ulakhan et de la fosse marginale des Aléoutes, à une distance de 50 kilomètres de Klyuchi et de 450 kilomètres de Petropavlovsk-Kamchatsky. Il est l'un des plus imposants édifices volcaniques du Kamtchatka. Ce volcan actif le plus septentrional de la péninsule, de structure complexe, inclut trois unités principales : le stratovolcan Stary Shevelush du pléistocène moyen, sa formation remontant à 60.000 ou 70.000 ans, flanqué, sur son versant oriental, d'un gisement de lave Holocène, le Baidarny ridge ; la caldeira, en forme de fer à cheval, de 9 kilomètres de diamètre à l'extérieur, 3 kilomètres à l'intérieur et ouverte en sa partie Sud ; et le Young Shiveluch, - ou Molodoy Shevelush -, situé dans la partie Nord-Ouest de la caldeira. Plusieurs dômes, extrusions holocènes, ont été également mis en place sur le versant occidental du Stary Shevelush.

Le Stary Sheveluch, son sommet principal appelé Glavnaya culminant à 3.283 mètres, est un strato-volcan polygénique. Son socle est formé de dépôts clastiques, de type andésitique, d'une épaisseur atteignant 1.500 mètres, et les strates, s'entassant sur une épaisseur totale de plus de 2.000 mètres, dans sa partie basale sont essentiellement d'origine pyroclastique et évoluent, en se rapprochant de sa partie sommitale, en des dépôts de plus en plus effusifs. Ses versants, excepté son versant Sud, lors d'une éruption paroxysmale, éventré par une impressionnante caldeira aux escarpements latéraux de quelques centaines de mètres à 1600 mètres de hauteur, sont dotés de nombreux dômes andésitiques, le Karan, le Sherokhovataya... et le Krasnaya.

Dans cette caldeira s'est implanté, occupant une superficie d'environ 70 kilomètres carrés, la partie active du Sheveluch, le Molodoy Sheveluch, qui se composait, à son origine, de plusieurs dômes, le Tsentralny et le Suelich étant les plus connus. Lors de l'éruption de 1967 tous ces dômes ont été détruits et remplacés par deux cratères jumeaux, - 1.8 kilomètre de diamètre pour l'un et 2 kilomètres de diamètre pour le second -, éventrés sur le Sud-Ouest, occupant son sommet. Ce type de structure, en référence au Mont Somma, un ancien volcan, en lieu et place de l'actuel Vésuve, dont les vestiges encerclant le cône actuel au Nord-Ouest et témoignant d'une formation bien plus élevée, est connue sous le terme de « volcan Summa »

En outre, le Sheveluch est un volcan unique par la présence de roches magmatiques peu communes proches des adakites qui sont des cas particuliers de roches de contexte de subduction se trouvant dans la ceinture volcanique péri-Pacifique préférentiellement au voisinage, ou à l'aplomb, de dorsales océaniques, des zones où la croûte océanique subductée est la plus jeune. Certes, la péninsule du Kamchatka se situe bien sur le bord nordique de la plaque Pacifique qui s'enfonce sous la microplaque d'Okhotsh, mais elle se trouve fort loin de toute dorsale ce qui indique, probablement, que cette zone de subduction pourrait être un site de remontées mantelliques plus chaudes qui provoqueraient la fusion de la plaque Pacifique. De cette conjoncture, il en devient aisé de comprendre que la « déversement » annuel de magma et/ou de téphras, de l'ordre de 36 millions de tonnes par an, un ordre de grandeur colossal en regard de celui usuel pour les volcans d'arcs insulaires, que le stratovolcan Shevelush est l'un des centres explosifs les plus prolifiques.

Les rapport concernant l'activité du Shiveluch, le premier datant de 1739, font état de deux grandes éruptions pliniennes, particulièrement violentes d'indice explosivité volcanique VEI 3 à 4, en 1854 et en 1964, et de plus de 10 événements, d'ampleur modérée, associés à la croissance du dôme, produisant des panaches et des pluies de cendre et des écoulements pyroclastiques, l'un des derniers de ce genre, le 19 Mai 2001, indice explosivité volcanique VEI 2, causant de longs lahars de 30 kilomètres. À cause de ses éruptions explosives fréquentes, le volcan constitue un risque non seulement aux villes de Klyuchi, Ust'-Kamchatsk et Ust'-Khairyuzovo, respectivement situées à 45, 85 et 280 kilomètres du Molodoy Sheveluch, mais aussi aux lignes aériennes internationales et locales, ses nuages éruptifs s'élevant à des altitudes comprises entre 3 et 20 kilomètres, au-dessus du niveau de la mer, et s'étirant sur des centaines de kilomètres au-delà de l'édifice volcanique.


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 9 Mai 2004, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team.


En regard des sources proposées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - le KVERT -, faisant suite à des épisodes d'éruptions explosives paroxysmales reliées à la croissance du dôme de lave des 9 Mai 2004, indice explosivité volcanique VEI 2, 28 Février 2005, indice explosivité volcanique VEI 3 et 22 Septembre 2005, indice explosivité volcanique VEI 2, l'activité volcanique toujours en cours, en 2010, pour le Sheveluch, a repris le 29 Mars 2007.

Afin de suivre l'évolution de l'activité volcanique, deux sites internet rapportent, hebdomadairement, les dépêches publiées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team :

- Le premier, le site internet du KVERT, en langue russe, Камчатский Научный Центр , et en langue anglaise, KVERT Information Releases ;

- Le second, le Global Volcanism Program, - GVP - , un programme du département des sciences minérales du Musée National d'histoire naturelle du Smithsonian Institution, basé à Washington, qui diffuse les rapports d'éruption émis par les observateurs locaux : « Shivelush »


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 04 Décembre 2007, suivant la presse russe.


En regard de la presse russe, et tout particulièrement du RiaNovosti, l'activité du dit volcan est bien plus intense que ce que laissent entendre les dépêches publiées par le Kvert. En effet, on peut y décrypter, en autres articles sur le sujet, que le Sheveluch, après près de neuf mois « de pause », s'est réveillé le 04 décembre 2007. Certains jours, les panaches de gaz et de cendres s'élèvent jusqu'à 8 kilomètres d'altitude et s'étirent sur des centaines de kilomètres depuis son dôme sommital. Mais, j'en conçois, dresser la chronologie complète des éruptions successives qui se succèdent, depuis, serait trop fastidieux pour soutenir l'attention des lecteurs, aussi n'évoquerais-je que les seuls événements marquants qui ponctuent l'activité vulcanienne de ce « volcan summo. »

Les 13 et 14 Mai 2008, une éruption, d'indice explosivité volcanique VEI 2, s'est produite et les cendres se sont élevées, malgré le vent, à plus de 2 kilomètres d'altitude. « Le vent a provoqué l'extension du nuage, et de fortes pluies de cendres se sont abattues au Sud-Est du volcan. Ce phénomène extraordinaire s'est ajouté à la fonte des glaces. L'eau est montée jusqu'au niveau du pont sur la rivière Bekecha qui relie la ville d'Oust-Kamtchatsk, un chef-lieu de district, au reste de la région », précise Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences.

Jusqu'à la fin Mai 2008, les éruptions explosives et de même intensité, associés à la croissance du dôme, se répètent. Sur des kilomètres autour du Sheveluch, les cendres noircissent les sols enneigés et accélèrent, par contact des débris de magma incandescents, la fonte des neiges, générant des coulées de boue.

Au mois de Juillet 2008, les contours du dôme actif du Molodoy Sheveluch apparaissent modifiés. Ses pentes sont désormais abruptes, et sa base, son diamètre s'étant allongé d'au moins 40%, prend de plus en plus d'emprise dans la caldeira car rares sont les semaines qui ne sont pas ponctuées par des éruptions explosives avec rejets de cendres et/ou coulées de laves.

L'activité éruptive du Molodoy Sheveluch s'intensifie à partir du mois de Mai 2009. D'énormes panaches de gaz et de cendres, atteignant des altitudes variant entre 3 et 9 kilomètres d'altitude, s'élèvent régulièrement au-dessus de son cratère. Des essaims sismiques sont enregistrés, à nombreuses reprises, dans le corps même de l'édifice volcanique, et de multiples anomalies thermiques sont constatées dans le dôme grandissant.

En Novembre 2009, des coulées sont observées sur les versants Sud-Ouest en particulier, surtout de nuit car les flots de lave, à des températures de 800 à 1.000° C., sont, lors, les plus visibles.

Le 21 Décembre 2009 quelques 130 séismes locaux sont enregistrés, sur 24 heures, par les stations d'observation et selon l'imagerie satellite, d'importantes anomalies thermiques sont observées, quotidiennement, autour du dôme actif. Un article du « RiaNovosti », daté « Petropavlovsk-Kamtchatski, 23 Décembre 2009 », précise même que « Les photos satellite indiquent que la température autour du dôme actif est anormalement élevée : +10° C., alors que sur le reste de la péninsule il fait -23° C. » Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, souligne, quant à lui, que « L'observation vidéo du volcan est gênée par la forte nébulosité, mais les données des stations sismiques permettent de supposer que le Sheveluch a effectué au moins deux rejets de cendres à 4 kilomètres d'altitude ».

La coupole du volcan, avec l'intensification des éruptions explosives extrusives, s'est fendue en deux et, par le truchement d'une large et profonde fissure, des rejets de cendres et de gaz s'échappent et s'élèvent à des altitudes avoisinant les huit kilomètres. Les 15 et 16 Janvier 2010, des coulées de lave incandescente dévalent les pentes. Des chercheurs à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « n'excluent pas une nouvelle explosion du dôme du Molodoy Sheveluch, le bouchon de lave ayant atteint une masse critique durant ces dernières décennies, et ils estiment qu'une explosion, dans le cratère, est inévitable », formule, dans un article du 17 Janvier 2010, le « RiaNovosti. »

Le mercredi 7 Avril 2010, un représentant de la section du Kamtchatka du Service géophysique de l'Académie des sciences de Russie, - RAN -, annonce, dans les colonnes du dit périodique d'information que « le Sheveluch a émis une colonne de cendre mêlée de gaz à 6,5 kilomètres d'altitude », rajoutant : « En 24 heures, 63 événements séismiques ont été enregistrés dans le bâtiment du volcan, en plus, une anomalie thermique a été constatée dans le dôme grandissant. » Le scientifique y déclare, en outre, que « le Sheveluch constitue un danger pour la navigation aérienne dans cette zone. Des parcelles de cendres peuvent pénétrer dans le mécanisme des avions de ligne survolant cette zone et provoquer une catastrophe aérienne. »

A compter du 19 Mai 2010, l'éruption du volcan le plus septentrional de la presqu'île du Kamtchatka, en Extrême-Orient russe, s'intensifie et malgré les conditions météorologiques qui gênent l'observation du volcan, les données sismiques laissent supposer que les rejets de cendres atteignent une altitude de 4 à 5 kilomètres. Jusqu'à 55 séismes locaux sont enregistrés tous les jours à proximité du cône. Nombre d'entre eux, à en juger par leur force et leur durée, s'accompagnent de puissants rejets de cendres et de gaz.

D'après un chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « l'activité du volcan va croissant. Des pluies de cendres affectent les localités les plus proches. Les cendres volcaniques et des particules de magma, atteignant 2 millimètres de diamètre, sont en mesure, en raison de leur composition chimique complexe, de provoquer des intoxications chez les hommes et les animaux et de mettre en danger la navigation aérienne. »


Chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch à compter du 15 Mai 2010, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team et le Global Volcanism Program.


Dépêche du 24 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 5,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, du 15 au 17 Mai, une activité fumerollienne modérée a été observée. Les nuages ont obscurci le volcan les autres jours de la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Sud-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 40 kilomètres, le 15 Mai, et sur environ 40 kilomètres, à son Nord-Est, le 18 Mai.

Dépêche du 27 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,7 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, et une activité fumerollienne modérée a été observée durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 10 kilomètres, le 23 Mai.

Dépêche du 04 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 6,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Un nuage de cendre, de 20 kilomètres de long sur 6 kilomètres de large a été détecté, au Nord du dôme de lave, à une distance de plus ou moins 15 kilomètres, le 31 Mai, et des plumes de vapeur et de gaz ont été observées, à l'Ouest du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 30 kilomètres, le 29 Mai.

Dépêche du 10 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,1 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, les 04, 06 et 09 Juin, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 100 kilomètres, le 04 Juin.

Dépêche du 18 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,9 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, du 13 au 17 Juin, une activité fumerollienne forte ainsi que des avalanches de débris magmatiques ont été observés durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Et une petite anomalie thermique a été relevée, le 15 Juin, près du dôme de lave, très probablement à cause des dépôts importants de débris magmatiques accumulés.


En conclusion.


Si l'on en croit les scientifiques qui se sont exprimés dans les colonnes du périodique d'information russe, le « RiaNovosti », on ne peut qu'admettre que l'activité du Sheveluch s'intensifie et, son cratère crachant des gaz, des cendres et des blocs de lave visqueuse qui provoquent des avalanches de débris magmatiques visibles surtout la nuit et atteignant des températures de 800 à 1.000° C., qu'elle va croissante. En outre des essaims de séismes locaux se concentrent dans l'appareil vulcanien et proches du dôme sommital. Ils s'accompagnent d'émissions de gaz et de cendres qui s'élèvent à plus ou moins 4 kilomètres d'altitude

En conséquence, le Sheveluch pourrait connaître prochainement une éruption puissante au moins semblable à celle du 27 Février 2005 qui avait éventré la partie occidentale du dôme sommital, la hauteur du volcan ayant diminué de plus de 200 mètres, et une coulée de lave d'un kilomètre de large s'était étendue jusqu'à 25 kilomètres du cratère, au pire approchante ou similaire à celle du 12 Novembre 1964 qui résulta d'une courte, quelques heures, mais très puissante, éruption explosive qui éjecta 1,5 kilomètres cubes de matériel arraché à la moitié sud du dôme volcanique, le projetant dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'édifice, heureusement une zone inhabitée qui se retrouva recouverte d'une dense et compacte couche de blocs de pierre et de cendres incandescentes de 10 à 50 mètres d'épaisseur, suivant les lieux.

16:41 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, kamchatka, sheveluch, éruption volcanique, russie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19 juin 2010

Impressionnante activité vulcanienne et strombolienne pour le volcan Batu Tara.

Code : 0604-26

Localisation : Latitude 7.792° Sud et Longitude 123.579° Est.

Alerte aviation : Niveau d'alerte orange

Alerte volcan : Non définie mais probable niveau 2, voire 3.


Le stratovolcan Batu Tara, culminant à 748 mètres d'altitude, est une petite île-volcan déserte, - dénommée le Pulau Komba, îles de la Petite Sonde -, isolée en mer de Flores et située à 50 kilomètres au Nord de l'île de Lambeta, - autrefois appelée Lamblen -, dans la province indonésienne de l'East Nusa Tenggara, Timur Oriental. Elle est la partie émergée d'un imposant édifice posé, par 3.000 mètres de fond, sur la jeune et mince lithosphère océanique de la micro-plaque tectonique Timor, une plaque en convergence, sur toute sa façade Nord, avec la microplaque de la Mer de Banda, et en convergence se transformant en divergence, sur sa façade Sud, avec la plaque australienne, et sur l'arc insulaire Sunda-Banda, à la frontière de la zone de subduction de la plaque lithosphérique australienne, en déplacement Nord, s'enfonçant sous la plaque tectonique de Sunda.

Le Batu Tara est coiffé par un grand cratère central, de 900 mètres sur 700 de diamètre, entaillé, sur son côté Est, par une cicatrice d'effondrement, semblable à celle de la Sierra del Fueco, pour le Stromboli, qui canalise les coulées de lave lors des éruptions. Particularité propre à l'édifice, même s'il est en fréquente activité, - éruptions et panaches de cendres s'élevant seulement à quelques centaines de mètres, rarement à plus de 2 ou 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer -, la végétation couvre tous ses versants jusqu'à 50 mètres de son sommet.

La géologie du Pulau Tomba se compose de couches alternées de laves basanitiques et téphritiques durcies, de cendres solidifiées et des roches éjectées par les éruptions antérieures. Le Pulau est réputé pour ses leucites potassiques.

Jusqu'en 2006, la seule éruption historique connue et documentée, de type strombolien, indice d'explosivité volcanique VEI 2, du Batu Tara, se produit durant les années 1847 à 1852. Elle se caractérise par des explosions projetant des bombes volcaniques et par un écoulement de lave. Le 1er juillet 2006, après 200 ans de calme, une éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 1, généra un panache de cendre atteignant 2 kilomètres d'altitude. Depuis, le Batu Tara connaît de fréquentes périodes éruptives, plus ou moins longues, plus ou moins importantes de type strombolien ou vulcanien, ponctuées d'explosions produisant des panaches de cendre sélevant entre 1 et 2 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, une activité éruptive comparable à celle de l'Anak Krakatau.

Le Batu Tara, Août 2008.

Les 19 et 20 Mars 2007, le volcan se manifeste, d'abord, par une faible activité explosive déclenchant l'émission de panaches de vapeur et de cendres, mais vite suivi par une phase d'éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 2, plus forte, combinée à des panaches de plus en plus importants s'élevant au-dessus de l'édifice, provoquant, par crainte d'une éruption volcanique majeure, l'évacuation d'environ 1.500 personnes résidant sur l'île de Lembata toute proche.

Le Batu Tara est, depuis resté en activité constante avec des anomalies thermiques et la production fréquente de panaches de cendre dont nombre de bas niveau. Certes, entre les 24 novembre 2009 et 23 février 2010, le volcan a été quelque calme, avec expulsion occasionnelle de plumes de cendre, tels les panaches s'élevant à une altitude de 2,4 kilomètres et dérivant sur 90 kilomètres au Nord-Ouest du Pulau Tomba, le 24 Novembre 2009, de 1,5 kilomètre et dérivant sur 25 kilomètres à l'Est de l'île-volcan, de 2,1 à 2,4 kilomètres et dérivant entre 70 et 125 kilomètres d'Ouest en Nord les 8 et 9 Mars 2010...

Le Batu Tara, 10 Juin 2010.

Cette éruption est toujours en cours et une activité strombolienne et vulcanienne impressionnante continue sur le stratovolcan Batu Tara. Le 10 juin 2010, une explosion a produit un panache de cendre atteignant 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, Et l'activité s'intensifie à compter du 11 Juin 2010, le panache de cendre est ininterrompu, son élévation oscillant entre 2,4 et 3,5 kilomètres d'altitude et dérivant au delà des 35 à 65 kilomètres d'Ouest en Nord-Ouest du Pulau Tomba. Une coulée de lave, suivant certaines indiscrétions locales, se serait même produite sur le versant Est de l'édifice volcanique.

17 juin 2010

Péninsule du Kamtchatka, probable éruption du strato-volcan Gorely.

Code 1000-07

Localisation : Latitude 52.558° Nord, Longitude 158.03° Est

Alerte aviation : Alerte Niveau Orange

Alerte volcan : Niveau Alerte inconnu


Alors qu'au 10 juin 2010, l'alerte aviation, pour les volcans Sheveluch, Klyuchevskoy, Karymsky, était Alerte Niveau Orange, pour le Bezymianny, Alerte Niveau jaune, et pour le Tolbachik Polsky, le Koryaksky, l'Avachinsky, le Mutnovsky, le Kizimen et le Gorely, Alerte Niveau vert dans la péninsule du Kamtchatka, l'Alerte aviation, pour le Gorely, les médias russes, « Voice of Russia », dans un bref article de presse mentionnant que le volcan a produit un panache de cendres s'étendant sur une centaine de kilomètres, interrompant des vols dans l'espace aérien Kamtchatkais et menaçant une centrale géothermique, serait passée Alerte Niveau Orange.

Jusqu'à preuve du contraire, l'omertà semble de mise de la part du Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - KVERT -, qui n'a émis aucun commentaire, ni la moindre dépêche à ce sujet, une éruption, plus ou moins importante, serait en cours sur le Gorely. Seul le MODVOLC, un algorithme non-interactif développé par l'Institut de géophysique d'Hawaï Planétologie, - HIGP -, et utilisant une faible résolution spatiale infrarouge des données satellitaires acquises par le spectroradiomètre-imageur à résolution moyenne, - le MODIS -, a détecté et enregistré des anomalies thermiques sur le volcan Gorely et autour de l'édifice volcanique.

Si l'on s'en réfère au site anglophone, « Eruptions », , relayé par le site francophone, « Activolcans », Dépêche n°3951 du 17 Juin 2010, « Le Gorely a produit, il y a déjà quelques jours, - 11 ou 12 juin -, un panache de cendres qui a localement perturbé le trafic aérien mais n'a posé aucun problèmes aux habitants de la région, si ce n'est à une centrale géothermique installée à proximité. Aucune information n'a, pour le moment, été fournie par le KVERT et le VAAC de Tokyo n'a pas du tout réagit à la présence du panache de cendres. L'édifice est pourtant bien dans une phase d'activité un peu plus intense que la normale en ce moment car le MODVOLC commence à enregistrer des anomalies thermiques sur l'édifice. »

Dégazage particulièrement intense du volcan Gorely. Vue prise, le 12 Juin 2010, depuis Petropavlovsk-Kamchatsky. Source KVERT © I. Dubrovskaya.

Ce volcan se situe dans une zone volcanique, la péninsule du Kamtchatka, comprenant plus de 300 volcans dont plus d'une trentaine sont actifs ou considérés actifs mais, la région Kamtchatkaise étant quasi désertique, excepté la capitale régionale comptant 350.000 habitants, le reste du territoire ne comptant que 0,3 habitant au kilomètre carré, les autorités civiles, depuis que la région n'est plus zone militaire hautement stratégique, semblent s'en désintéresser car il n'existerait, pour assurer tous les enregistrement sismiques et sismo-volcaniques, qu'un seul sismomètre de surveillance.

De mémoire, il n'y aurait plus eu d'éruption connue, donc déclarée par les autorités civiles et le KVERT, depuis 1986. Pourtant, avec ses cinq cônes chevauchant une caldeira elliptique de 10 kilomètres sur 13, et une forte activité, avec la production de fréquentes éruptions, indices d'explosivité volcanique majoritairement de Niveau 2 et 3, au cours du XX° siècle, ce calme relatif prête à caution. Certes, des sources autorisées laissent entendre que le volcan aurait explosé, et certains jaillissements auraient même dégénéré durant la dernière décennie, mais faute de preuves tangibles, il est difficile de se prononcer. Enfin, l'éruption explosive qui est à l'origine de la caldeira, il y a 40 à 38.000 ans, avec éjection de plus de 100 kilomètres cubes de téphras, démontre que ce volcan est susceptible de produire des événements vulcaniens ou phréato-magmatiques de grande ampleur.

La péninsule du Kamtchatka, s’étirant entre la mer d’Okhotsk, à l'Ouest, la mer de Béring et l’océan Pacifique à l'Est, sur 1.500 kilomètres du Nord au Sud et 470 kilomètres dans sa plus grande largeur entre les latitudes 50.51° Nord et 64.50° Nord, d'une superficie de 472.500 kilomètres carrés, 4/5° de la superficie de la France, est située à l’extrême frontière orientale de la Fédération de Russie, au nord du Japon et au Sud-Ouest de l’Alaska. Sa population, 450.000 habitants, se trouve en majorité dans la capitale Petropavlovsk-Kamtchatsky, 350.000 âmes. En dehors de la capitale, la densité de la population n’est que de 0,3 habitant au kilomètre carré.

Cette terre déserte, de par sa situation géographique, - une zone de subduction des plus actives matérialisée par une fosse océanique, la fosse des Kouriles parfois appelée fosse Kouriles-Kamtchatka, de 10.542 mètres de profondeur maximum, des séismes et des volcans -, la plaque Pacifique-Ouest s'enfonçant sous la plaque d'Okhotsk à la vitesse de 10 centimètres par an, possède quelques uns des édifices volcaniques les plus virulents de la planète Terre et elle est, régulièrement, soumise à leurs colères.

Située sur la Ceinture de Feu du Pacifique, la péninsule du Kamtchatka, région du monde où s'y concentre le plus grand nombre, est, avec plus de 300 cônes volcaniques alignés en deux arcs parallèles, et culminant entre 1.500 et 4.750 mètres, par excellence, le pays des volcans. Ceux de la chaîne Ouest, quasi inactifs excepté l'Ickinsky, 1578 mètres, qui continue à émettre des fumerolles, sont d'âges Holocène, Pléistocène et, pour certains, Pliocène. Au différent, la chaîne Est est jalonnée par une trentaine d'édifices volcaniques géologiquement très jeunes, potentiellement actifs, dont dix-neuf d’entre eux, en activité quasi permanente, d'une grande variété de types de vulcaniens ainsi qu'une grande diversité de caractéristiques volcaniques associées, crachent ou vomissent, chaque année, environ 16 à 18% des matières éruptives du globe. Ils sont répartis en trois groupes : le groupe Nord avec le Shiveluch, 3.823 mètres, le Klyuchevskoy, 4.750 mètres, - âgé d’environ 8 à 9.000 ans, le plus haut volcan eurasien en activité éruptive presque constante émettant plus de la moitié du volume total des lave émis par tous les volcans de l'arc volcanique Kuril-Kamtchatka et un des volcans basaltiques les plus actifs du monde -, le Bezymyanny, 2.882 mètres, le Ushkovsky, 3.943 mètres, le Zimina, 3.081 mètres, et le Plosky Tolbachik, 3.085 mètres ; le groupe Centre avec le Maly Semyachik, 1.560 mètres, le Kronotsky, 3.528 mètres, le Komarov, 2.070 mètres, le Taunshits, 2.353 mètres, le Gamchen, 2.576 mètres, le Kikhpinych, 1.552 mètres, et le Karymsky, 1.536 mètres ; et le groupe Sud avec l'Opala, 2.475 mètres, le Gorely, 1.829 mètres, le Mutnovsky, 2.323 mètres, le Zheltovsky, 1.953 mètres, le Ksudach, 1.079 mètres et le Koshelevsky, 1.812 mètres; et, surplombant la capitale Petropavlovsk-Kamtchatsky, l'Avachinsky, 2.751 mètres, et le Koryaksky, 3.456 mètres.

D'après le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - KVERT -, de nombreuses éruptions majeures ont affecté, à l'Holocène, la péninsule du Kamtchatka, telles celles de l' Ilinsky, en 7618 avant J.C., expulsant 140 à 170 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Ksudach, en 1806 avant J.C., expulsant 18 à 19 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Khangar, en 6872 avant J.C., expulsant 14 à 16 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Karymsky, en 7889 avant J.C., expulsant 13 à 16 kilomètres cubes de téphras et laves ; de l' Opala, en 1478 avant J.C., expulsant 9 à 10 kilomètres cubes de téphras et laves ; de l'Avachinsky,7151 avant J.C., expulsant 8 à 10 kilomètres cubes de téphras et /ou laves ; du Ksudach, 6007 avant J.C., expulsant 7 à 8 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Kizimen, 7351 avant J.C., expulsant 4 à 5 kilomètres cubes de téphras ; de l'Avachinsky, 3512 avant J.C., expulsant 4 kilomètres cubes de téphras ; et du Shiveluch, en 965 après J.C., expulsant 2 kilomètres cubes de téphras. Plus récemment, des éruptions majeures se sont produites, en 1907, au Ksudach, avec expulsion de 1,5 à 2 kilomètres cubes de téphras, en 1956, au Bezymyanny, avec expulsion de 1,2 à 1,3 kilomètre cube de téphras, et, en 1854 en en 1964, au Shiveluch, avec expulsion de 1 kilomètre cube de téphras, et, en 1975-1976, au Plosky Tolbachik, avec expulsion de 1,18 kilomètre cube de téphras et laves.

Dans cet univers volcanique, de nombreux autres exutoires existent dans les zones thermales et les bains d'eaux chaudes, à Esso, à Malky et au sud d'Avacha, les fumerolles et les solfarates, les geysers, tout particulièrement ceux de la Vallée des geysers dont la découverte, en 1941, fut réalisée par la géologue-hydrologue Tatyana Ustinova, et les marmites de boue.

Dans la Vallée des Geysers, dans la réserve de Kronotsky, certains entonnoirs portant des noms évocateurs tels le Giant, le Géant, le great Triple, le Grand Triple ou le Firstling, le premier, des fontaines d'eau chaude et de vapeur jaillissent avec une périodicité stricte. Ce sont pas moins de 20 grands geysers et des dizaines de petits qui se comptabilisent le long d'une section de 6 kilomètres dans la vallée de la rivière Geysernaya dont les eaux ne descendent pas en-dessous de 19° C, même pendant la rigoureuse saison hivernale, et peuvent, même, par endroit, atteindre 26° C. Les plus grands geysers sont le Velikan, - un jet de 25 mètres de haut toutes les 6 heures -, le Zhemchuzhny, le Sakharny, le Troynoy, le Konus, le Fontan, le Maly, - 8 mètres de haut toutes les 35 minutes -, le Bolshoy, - 10 mètres toutes les 10 minutes -, et le Shchel. Au coeur de cette réserve se situe l'ancienne caldeira du volcan Uzon, découverte en 1854, qui est une vaste cuvette volcanique elliptique de 9 kilomètres sur 12 de diamètre avec des remparts de 200 à 800 mètres de haut, dans lequelle se concentrent de nombreux volcans de boue et des lacs thermiques.

Le volcan Gorely qui porte aussi les noms de Gorelaya sopka, de Pravaya Mutnosvskaya sopka, de Vtoraya Mutnovskaya, et d'Asacha, se situe au Sud de la péninsule du Kamchatka, à 75 kilomètres au Sud-Ouest de Petropavlovsk-Kamchatsky, la capitale du Kamtchatka. Il est implanté sur un plateau basaltique et basalto-andésitique daté du Pléistocène, étage Calambrien ou Ionien. Bien que de type bouclier qui avait, à son origine, 20 à 25 kilomètres de diamètre, il n'en est pas moins un strato-volcan implanté dans une caldeira elliptique, somme de la coalescence de plusieurs caldeiras, de 10 kilomètres sur 13 et dont les remparts s'élèvent entre 30 et 50 mètres de hauteur.

16 juin 2010

Depuis le 15 Juin 2010, alerte orange pour le volcan Nevado del Huila, Colombie.

Code 1501-05

Localisation : Latitude 2.93° Nord, Longitude 76.03° Ouest

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Niveau 2.
Alerte aviation, Niveau actuel : Orange.

 

Le Nevado del Huila est un stratovolcan colombien situé au Sud-Ouest de la Colombie, à l'Ouest du département de Huila, - municipalités de Tervel, d'Iquira, de Palerme et de Neiva -, à l'Est du département de Cauca, - municipalités de Paez, de Toribio et de Corinthe -, et, au Nord, de celui de Tolima, - municipalités d'Ataco et de Rioblanco -, dans la Cordillère Centrale des Andes, dans le parc national qui porte son nom.

Le volcan se présente sous la forme d'un alignement orienté Nord-Sud de quatre cônes volcaniques nommés, du Nord au Sud, le Pico Norte, La Cresta, le Pico Central, avec une altitude variant, suivant les sources géographiques, entre 5.364 mètres et 5.750 mètres constituant le plus haut sommet de Colombie, et le Pico Sur, avec une base elliptique de seize kilomètres de long pour onze kilomètres de large couvrant une superficie de 170 kilomètres carrés. Il est, de surcroît, le volcan actif le plus haut du Cundinamarca, - Nouvelle Grenade jusqu'en 1866, République de Colombie depuis -.

Cet imposant stratovolcan, recouvert par une calotte glaciaire, ainsi que les trois autres cônes volcaniques et deux dômes de lave, se sont édifiés dans un caldeira, d'âge indéterminé, de 10 kilomètres de diamètre. Il est, en fait, constitué par le chevauchement, et leur superposition, de deux volcans, le Pré-Huila et le Huila, le Huila ayant connu deux phases éruptives majeures, le Huila ancien et le Huila actuel. Bien que la genèse du Huila actuel fut essentiellement effusive, elle est devenue, dans les périodes plus récentes, beaucoup plus explosive, produisant notamment des coulées pyroclastiques liées à des effondrements de dômes, d'où son altitude fluctuant entre 5.364 mètres et 5.750 mètres.

La première éruption connue, du Nevado del Huila, date du milieu du XVI° Siècle, vers 1555, et fut explosive. Le volcan connait ensuite une période de repos de près de 500 ans, avec une une activité solfatarienne permanente dont « le son ressemble, dans le silence des nuits d'altitude », comme l'écrivent Garcés et De la Zerda, auteurs d'un guide sur les parcs nationaux de Colombie, 1994, « à la respiration tranquille d'un géant qui dort » qui se termine par l'éruption du 19 Février au 28 Mai 2007, une éruption de type fissure radiale et explosive, indice d'explosivité volcanique, - VEI -, niveau 3 , se produisant dans la partie sommitale du volcan, la chaleur dégagée par la lave émise faisant fondre la calotte glaciaire recouvrant le volcan et entrainant la formation de lahars qui obligent les populations menacées en contrebas d'évacuer temporairement leur lieu de vie qui subiront des dommages.

Après des mois de regain d'activité fumerollienne au sommet du volcan, une nouvelle éruption explosive, indice d'explosivité volcanique 2, débute le 02 Janvier 2008 pour s'achever en Avril 2008, suivie d'une seconde éruption explosive avec extrusion du dôme de lave, indice d'explosivité volcanique 3, de type fissure radiale, le 26 Octobre 2008 qui se poursuit. Les zones les plus exposées sont immédiatement évacuées et 12.000 personnes à quittent leur foyer. Malheureusement le 23 Novembre 2008, des avalanches de débris dévalent les pentes du volcan causant des dégâts dans les villes de Paicol, La Plata et Belalcázar et dans la vallée de la rivière Paez, et provoquant la mort de dix personnes.

Depuis le 15 Juin 2010, les autorités ont déclenché le plan prévention des catastrophes et activé les plans d'urgence dans les environs du volcan Nevado del Huila, qui a enregistré une activité en croissance, plus de 1096 secousses sismiques hybrides, - dont la source est à la fois une fracturation des roches et des mouvements de fluides -, entre le 9 et le 15 juin 2010, et qui est le siège d'un important dégazage, libérant, entre autres, de grandes quantités de dioxyde de soufre.

Le niveau d'alerte aviation est ainsi passé du jaune à l'orange et le niveau alerte volcan est lui, au Niveau 2. signifiant une « éruption probable comptée en jours voire sous une ou deux semaines. »

En outre, les autorités locales, comme cela s'était produit en Juin 1994, entraînant la mort de 1.100 personnes principalement des Indiens, redoutent qu'une avalanche puisse être provoquée par la réactivation du sommet volcanique.

sources partielles : http://www.activolcans.info

15 juin 2010

Craintes d'une éruption vulcanienne pour le volcan Fuego, Guatemala

 

Code 1402-09

Localisation : Latitude 14.5° Nord, Longitude 90.9° Ouest.

Activité volcan : Sous surveillance.


Le volcan Fuego, 3.763 mètres d'altitude, l'un des volcans les plus actifs d'Amérique centrale, est l'un des trois grands stratovolcans surplombant Antigua, ancienne capitale du Guatemala. Bien que ses éruptions laviques soient rares, il est célèbre pour émettre, quotidiennement, des panaches de fumée et posséder une activité fumerollienne en son cratère sommital. Sa dernière éruption, crachant lave, pierre et cendres et obligeant les autorités locales à l'évacuation de sept familles vivant à proximité du volcan, remonte au 9 août 2007.

Le volcan Fuego et son frère jumeau, l'Acatenango, formant le complexe volcanique connu sous le nom de La Horqueta, sont la renaissance d'un ancien volcan, la Meseta, qui s'était effondré, voilà 8,500 ans et avait explosé projetant des avalanches de débris, sur plus de 50 kilomètres, sur la plaine côtière du Pacifique.

Contrairement aux coulées andésitiques caractérisant le volcan Acaténango, celles du Fuego sont devenues mafiques avec le temps et générent des roches basaltiques.

Le volcan Fuego est rentré en éruption, des éruptions violentes de type vulcanien, de quelques heures à plusieurs jours de durée, produisant des panaches s'élevant à plus de 7 kilomètres d'altitude à plus de 60 kilomètres/heure et entraînant des effets atmosphériques et climatiques durant de nombreux mois suivant l'éruption, des pluies de cendres, des coulées pyroclastiques et des coulées de lave, plus de 60 fois depuis 1524, ce qui en fait, pour l'Amérique Centrale, historiquement, le plus actif des volcans. Trois de ces éruptions furent meurtrières.

Depuis le début Juin, l'activité du Fuego est en constante augmentation. Elle se manifeste par des pulses, - émissions brutales -, de gaz et un dégazage plus régulier, un son de locomotive à vapeur entendu jusqu'à 5 kilomètres de distance, monte en puissance. Parallèlement l'activité éruptive et explosive, environ 15 explosions par jour, reste relativement stable mais la vigilance et la surveillance de l'édifice volcanique s'imposent, les éruptions vulcaniennes dont le Fuego est coutumier, s'accompagnent de violentes explosions projetant des cendres, des scories, des bombes à plusieurs kilomètres de hauteur et des nuées ardentes.

En outre, le Guatemala est régulièrement victime d'abondantes précipitations dues aux tempêtes tropicales, produisant, lors d'éruptions volcaniques, des lahars, des coulées boueuses formées d'eau, de tephras en majorité de cendres volcaniques froides ou brûlantes, très denses et lourdes et charriant quantité de débris tels des blocs rocheux, des troncs d'arbres, des restes de bâtiments, etc... Les lahars se forment lorsque des pluies importantes, survenant lors de cyclones ou des pluies prolongées, s'abattent sur des cendres volcaniques. Ils peuvent survenir des années après une éruption volcanique tant que des cendres peuvent être entraînées.

sources partielles : http://www.activolcans.info

12:00 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, guatemala, fuego, arc volcanique, antigua, guatemala city | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10 juin 2010

Au Chili, si, après le Chaiten, en 2008, le Melimoyu se réveillait aussi ?

Code 1508-052

Localisation : Latitude 44.08° Sud, Longitude: 72.88° Ouest.

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Alerte préventive de Niveau 1.


Situé dans la Région peu peuplée des Lacs, Province de Palena, au Nord de la Patagonie chilienne et localisé à 10 kilomètres au Nord-Est de la ville de Chaitén sur le Golfe de Corcovado, l’édifice volcanique est un cône culminant à 1.122 mètres d’altitude coiffé par une caldeira elliptique de 2.5 x 4 kilomètres orientée sur son flanc Sud. Deux petits lacs, l'un à l'Ouest et l'autre au Nord d'un dôme de rhyolite obsidienne dont la formation semble être proche de 100.000 ans, occupent le plancher de la caldeira. Ce contexte lavique, rhyolite obsidienne, très riche en silice, l’effet de « trempe » sur la lave ne lui ayant pas permis de cristalliser et lui ayant confèré un aspect vitreux, ne peut être explicable que par un refroidissement brutal du magma granitique produit de la fusion de la croûte continentale, très épaisse sous les Andes.

Le 2 Mai 2008, bien que considéré comme endormi depuis 9.400 ans, le stratovolcan Chaitén, projetant cinquante millions de tonnes de cendres, entre en éruption.

 

Le stratovolcan Melimoyu :


Tout comme le Chaitén, Le Melimoyu, également appelé Melimoto ou encore Melimoya, est un volcan patagonien, Cordillère des Andes, dans la région Aisén del General Carlos Ibáñez del Campo, localisé à environ 40 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Puerto Puyuhuapi. Ce stratovolcan, de forme ovalienne, s'étirant sur 10 kilomètres dans le sens Est-Ouest, construit par des laves basaltiques et andésitiques, culmine à 2.400 mètres d'altitude. Un cratère de 1 kilomètre de diamètre en inclusion dans une caldeira de 8 kilomètres de diamètre, le couronne. La caldeira est dotée d'une brèche, en son Nord-Est, d'où s'échappe un glacier qui recouvre le sommet du volcan. Deux strates de téphras datées de l'Holocène tardif et de nombreux cônes de cendres sont bien documentés sur les flancs de l'édifice volcanique dont deux seules éruptions, toutes deux de caractère explosif, sont connues, l'une en 850 av. J.-C. et la dernière en l'an 200.

Le Melimoyu se situe aux abords de l'entrée Nord du canal Moraleda, une étendue d'eau séparant l'archipel de Chonos de la partie continentale du Chili. Le canal longe l'importante faille géologique, à forte sismicité, Liquiñe-Ofqui, d'une longueur d'environ 1.000 km et d'axe Nord-Sud. Son nom vient de sa source, dans les Hot Springs Liquiñe, près de la ville éponyme, dans la région de Los Ríos, et de l'isthme Ofqui, dans la région de Aisen où se situe la jonction triple des plaques tectoniques Amérique du Sud, Antarctique et Nazca. Près de la faille, une grande partie longeant le canal Moraleda, se trouvent plusieurs volcans actifs comme le Mocho-Choshuenco, le Corcovado , le Macá, le Puyehue ou l'Hudson, ce dernier dont l'éruption, en 1991, est considérée comme l'une des plus violentes de l'histoire volcanique du Chili.

La faille Liquiñe-Ofqui est une zone de compression cisaillée, au niveau du volcan Quetrupillán par la faille Gastre et peut être déterminée comme un intra-arc dextre et une faille transpressive-transformante. Ainsi, l'éruption du volcan Cordón Caulle, le 24 Mai 1960, deux jours après le grand tremblement de terre de Valdivia, a été déclenchée par des mouvements dans la faille, le même contexte sismo-volcanologique se reproduisant lors du séisme d'Aysén, 21 avril 2007, déclenchant des glissements de terrains massifs, et éruption, le 2 Mai 2008, du volcan Chaitén.

Certes, après le tremblement de terre meurtrier de Cauquènes, de magnitude 8.8, du 27 Février 2010, il se peut attendre un éruption volcanique de l'un des volcans chiliens des Andes, mais s'il s'en produit une, elle ne pourra se générer que dans les régions Libertador General Bernardo O'Higgins, Maule ou Bío-Bío, l'une des trois régions les plus affectées par le tremblement de terre mais, l'hypocentre localisé en milieu marin à 35 kilomètres de profondeur, a été situé hors toute zone volcanique et hors toute connexion avec la faille Liquiñe-Ofqui.

 

Vers une éruption du Melimoyu ?


Au différent, la région d'Aysén, le 17 Mars 2010, sous le volcan Melimoyu, a montré une certaine activité sismique. Trois séismes, deux de magnitude 3,3 et un de magnitude 5.0, ont été enregistrés et ressentis par la population. Le 18 Mars, la sismicité a été, de même, avec une fréquence de 8 séismes par heure. Les hypocentres ont, eux, été localisés à des profondeurs variant entre 3 et 22 kilomètres. Il est à en convenir que la prise en compte de la seule sismicité n'est pas suffisante, d'autres paramètres , - inclinométrie, température, composition des gaz... -, ne devant pas être négligés, pour faire un pronostic éruptif. Mais... car il y a un mais..., la secousse de magnitude 5.0, s'est produite au cœur même de la faille, en lisière du magma, à l'aplomb exact de la cheminée du Melimoyu, à 22 kilomètres de profondeur. Par divers calculs qui seraient trop longs à expliciter dans le cadre de cet article, il s'avère que la vitesse de l'élévation du magma, suites aux mouvements sismiques animant la faille Liquiñe-Ofqui, lors de chaque éruption andine dans cette zone spécifique, est de 0,200 à 0,250 kilomètre par jour. Et le 28 Mai deux essaims sismiques sont localisés, entre 2 et 12 à 15 kilomètres de profondeur, tant à l'aplomb du sommet qu'au sud de l'édifice, démontrant que la circulation des fluides magmatiques sont en cours. Cela laisse entendre qu'une prochaine éruption, entre les 14 juin et 06 Juillet, pourrait affecter le stratovolcan Melimoyu.

Depuis le 02 juin, la sismicité est en augmentation sur le Melimoyu et, de fait, le magma devant être très proche du bouchon lavique obturant le cône sommital, les autorités ont passé le massif et les provinces alentours, - provinces d'Aysén et de Coyhaique -,en alerte préventive de niveau 1. En outre, les communes concernées, - Melimoyu, Seno Gala, Puerto Gala, Puerto Raúl Marín Balmaceda, Caleta Valdiviana, Santo Domingo, Puerto Gaviota, La Junta y Puyuhuapi, Amenhual, Villa La Tapera y Alto Río Cisnes -, par une éventuelle éruption explosive, doivent mettre en place un système d'observation visuel en complément de la surveillance instrumentale in situ.

sources partielles : http://www.activolcans.info

09 juin 2010

Activité éruptive du stratovolcan Ulawun, l'île de Nouvelle Bretagne en danger ?

Code 0502-12

Localisation : Latitude 5.05° Sud et longitude 151.34° Est

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Niveau 1.
Alerte aviation, Niveau actuel : Orange.


L'Ulawun, également appelé The Father, Ulawon, Uluwun, Vatr ou encore North Son, dont les laves interstratifiées avec des tephras composés de basalte et d'andésite, émises au cours d'éruptions majoritairement explosives, le classant parmi les volcans gris de la ceinture de feu du Pacifique, est un stratovolcan situé, à environ 130 kilomètres au sud du complexe de Rabaul, à l'est de l'île de Nouvelle-Bretagne, Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur la côte Nord bordant la Mer de Bismarck. La moitié supérieure, ses derniers 1.000 mètres, de son cône symétrique est totalement dénuée de végétation. Plusieurs cônes « parasites » se sont construits sur ses flancs Nord-Ouest et Est. Il est situé à proximité d’un autre volcan actif, le Bamus.

Par ses éruptions, soit péléennes, soit stromboliennes, émanant du cratère central, il est l'un des volcans les plus actifs de Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'un de ses plus dangereux, et le plus haut de l'arc volcanique de Bismarck qui s'étend, sur 1.000 kilomètres de long, des Îles de l'Amirauté à Rabaul.


Chronologie des éruptions historiques :


Sa première éruption fut, en 1700, enregistrée par William Dampier, un voyageur, navigateur et boucanier, un capitaine, écrivain et observateur scientifique anglais. L'enregistrement suivant fut réalisé 178 ans plus tard. Une éruption, en 1915, déposa 10 centimètres de cendres sur Toriu, à 50 kilomètres au Nord-Est du volcan. En 1970, une importante éruption, avec production de nuées ardentes et de coulées de lave, dévasta le Nord-Ouest de l'édifice et généra des modifications conséquentes sur le cratère sommital. Une éruption de cendres, éjectées, en 1980, à 60 kilomètres d'altitude, et accompagnées de coulées pyroclastiques, balaya tout les flancs du volcan et dévasta une superficie de 20 kilomètres carrés.

Ces dernières années, tout particulièrement depuis l'an 2000, son activité explosive est quasi constante et, en avril 2001, un panache de cendres s'est élevé à plus de 14 kilomètres d’altitude. Depuis 1700, 22 événements éruptifs ont été comptabilisés pour l'Ulawun qui est, avec 7 kilogrammes/seconde d'anhydride sulfureux, soit environ 2% du total mondial des émissions de SO2 dans l'atmosphère, l'une des sources les plus prolifiques, au monde, de dioxyde de soufre.


Chronologie de l'éruption en cours :


Du 01 au 20 Mai le stratovolcan Ulawun a émis des quantités variables de vapeur blanche et, du 22 au 27 Mai, un panache de cendres dont certaines zones étant de couleur grise, a dérivé, sur 35 à 130 kilomètres, à une altitude de 3 kilomètres.

Une faible et fluctuante incandescence a été détectée les 28 au 29 Mai par les habitants. Le 30 Mai une pluie de cendres, très fine, est tombée sur les villages et les hameaux situés au Sud-Sud-Ouest, au Sud et Sud-Sud-Est de l'édifice volcanique.

Le 02 Juin, suite au séisme de magnitude 6.2, suive d'une réplique de magnitude 4,8, quelques deux heures plus tard, alors que des émissions de vapeur blanche se produisent, le Comité provincial des catastrophes, afin de refléter la tendance à la hausse de l'énergie sismique, et une présence récente de plumes grises, incandescence, et bruits audibles, déclare que le volcan est placé en état d'alerte 1.

En ce 09 Juin, l'activité éruptive de l'Ulawun montant en puissance, le taux de dioxyde de soufre étant en augmentation permanente et le panache de cendre s'intensifiant, le niveau d'alerte aviation est passé à l'orange.


Les risques propres au stratovolcan Ulawun.


Culminant à 2.334 mètres d'altitude, le stratovolcan Ulawun domine, de plus de 400 mètres, la plupart des volcans composant l'arc insulaire de Bismarck, une contexture indiquant qu'il puisse se situer à la limite de la stabilité structurelle. Le plus grave danger qui puisse advenir, plusieurs milliers de personnes vivant près du volcan, serait une catastrophique éruption à très haute explosivité, avec effondrement de tout ou partie de l'édifice volcanique, qui dévasterait, dès lors, la région sur des centaines de kilomètres carrés.

sources partielles : http://www.activolcans.info

08 juin 2010

Le Taal, volcan philippin aux portes de l'explosion.

Suite à une série de modifications des paramètres volcaniques surveillés qui ont débuté fin avril, le niveau d'alerte du Taal, est passé de 1 à 2..

En effet, la température du lac, dans le cratère central, montre une augmentation de plus de 2° Celsius et la composition chimique de l'eau, en outre, connaît d'importantes modifications. Enfin, les températures, relevées au sol et les mesures des champs magnétiques, montrent, de même, des modifications et sont en hausse.

Les zones d'activité fumeroliennes qui affectent le cratère central s'intensifient et les bruissements deviennent audibles, indiquant, de la sorte, que l'édifice volcanique, par inflation, continue à se déformer.

Enfin, la sismicité connaît des modifications importantes avec, en particulier, une augmentation constante du nombre de séismes volcaniques depuis fin avril 2010 et l'apparition de séismes haute fréquence associés à la fracturation des roches. Depuis début juin, quelques séismes basse fréquences sont aussi enregistrés et une masse magmatique est en cours de mise en place sous l'édifice.

Ces basses fréquences se manifestent depuis 1990 et, depuis, des essaims de secousses sismiques et des tremors accélèrent la fracturation de roches et le déplacement de magma, ce signifiant que l'évolution conduit, irrémédiablement, dans un avenir très proche, quelques jours ou quelques semaines, à une activité éruptive.

Le Taal est un volcan complexe, sur l'île de Luzon, aux Philippines. Il se situe entre les villes de Talisay et San Nicolas de Batangas et se compose d'une caldeira résultant d'une ancienne éruption aux forces incommensurables, caldeira donnant assise au lac Taal et à une île, l'île volcano, possédant, elle même, un lac de cratère en son centre. Il se situe à environ 50 kilomètres de la capitale, Manille et, partie intégrante du cercle de feu du Pacifique, il est l'un des volcans les plus actifs des Philippines.

Le volcan est rentré en éruption, violemment, à plusieurs reprises durant la période historique, causant des centaines de victimes, 15.000 à 26.000 recensées à ce jour, dans les zones habitées qui entourent le lac.

Le Taal fait partie d'une chaîne de volcans, le long du côté Ouest de l'île de Luzon, qui se sont formées par la subduction de la plaque eurasienne s'enfonçant sous la ceinture mobile des Philippines. Le Lac Taal se situe dans une caldeira de 25à 30 kilomètres de diamètres, sise à une altitude de 3 mètres au dessus du niveau de l'Océan, formée par quatre éruptions explosives entre 500 et 100 mille ans, chacune de ces éruptions créant de vastes dépôts ignimbrites s'étalant sur une superficie couvrant un territoire immense, de plus de 80 kilomètres de diamètre, incluant, en cela, l'emprise terrestre de la ville de Manille et de sa grande banlieue.

Depuis la formation de la caldeira, les éruptions qui ont suivi, ont créé une autre île volcanique, à l'intérieur de la caldeira, connue sous le nom d'île Volcano. Cette île a une superficie d'environ 23 kilomètres carrés, et se compose, exclusivement, de chevauchement de cônes volcaniques et de cratères, quarante-sept cônes et cratères différents y ayant été recensés.

Il y a eu, depuis 1572, 33 éruptions enregistrées pour le Taal. Une des éruptions les plus dévastatrices se produisit en 1911. Elle coûtat plus d'un millier de vies. Les dépôts de cette éruption se composaient de tephras avec une haute teneur en soufre.

La période éruptive la plus active a duré de 1965 à 1977. Elle a été caractérisée par l'interaction du magma sur l'eau du lac, produisant de violentes explosions phréatiques. Et tout particulièrement, l'éruption de 1965 a conduit à la reconnaissance des nuées ardentes, phénomène type explosion de bombe atomique, comme processus d'éruption volcanique, l'éruption générant une base de coulées pyroclastiques, en surtension, qui a voyagé sur plusieurs kilomètres à travers le lac Taal, dévastant les villages sur la rive du lac et tuant une centaine de personnes.

Si les signes avant-coureurs actuels ne sont pas interprétés correctement, l'éruption prochaine et annoncée risque fort connaître le même résultat d'autant que celle de 1965 s'est caractérisée, en partie, par une activité strombolienne produisant des coulées massives de lave atteignant les rives du lac Taal.

sources partielles : http://www.activolcans.info

Le volcan Kilauea, Hawaï, en alerte orange et sous surveillance.

Code 1302-01

Localisation : latitude 19°25'16" Nord, longitude 155°17'13" Ouest.

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Sous surveillance.
Alerte aviation, Niveau actuel : Orange.


Célèbre chez les surfeurs du monde entier pour ses plages et ses rouleaux, l'archipel d'Hawaï, - aussi appelé îles Sandwich -, comprenant dix-neuf îles et atolls principaux, de nombreux îlots et des monts sous-marins, s'étend, selon une direction Nord-Ouest/Sud-Est, dans l'océan Pacifique, entre les latitudes 19° Nord et 29° Nord, juste au sud du tropique du Cancer, à quelque 3.850 kilomètres de la Californie à l'est, à 6.200 kilomètres du Japon à l'ouest et, vers le sud, à près de 3.900 kilomètres des Marquises d'où sont venus les premiers colonisateurs. Il est nommé d'après sa plus grand île, Hawaï, - Hawaii en anglais et Hawai'i en hawaïen -, et s'étire, sur 2 451 kilomètres, entre l'île d'Hawaï, - ou île Hilo -, au Sud, et l'atoll de Kure, au Nord, en faisant la plus longue chaîne d'îles au monde. Il cartographie une vaste chaîne de montagnes sous-marine, « les Monts de l'Empereur », formée par l'activité volcanique sur un point chaud du manteau terrestre, le point chaud d'Hawaï, dont il est la partie émergée, Mais il est aussi célèbre pour ses volcans très actifs.

L'île principale de l'archipel d'Hawaï, de forme subtriangulaire, est un immense volcan bouclier basaltique composé, dont la base circulaire repose par 4.091 mètres de profondeur, et dont la partie émergée atteint 4.000 mètres d'altitude. Il comporte cinq centres éruptifs, dont deux sont éteints, - le Kohala, au Nord-Ouest, 1.680 mètres d'altitude et le Mauna Kea, au Nord-Est, 4.000 mètres d'altitude -, et trois actifs, le Hualalai à l'Ouest, 2.512 mètres, le Mauna Loa au Sud-Ouest, 4.170 mètres et le Kilauea à l'Est, 1.222 mètres. Les roches magmatiques d'Hawaï se regroupent en trois séries : une série ancienne, tholéiitique constituant la majeure partie de l'édifice ; une série alcaline, plus récente ; et une série sous-saturée, actuelle. Ces volcans se situent à l'aplomb d'un point chaud, sur la dorsale des Hawaï qui se raccorde à la crête de l'Empereur selon un coude daté de 42 Millions d'années. Ces alignements volcaniques, Hawaii en marquant actuellement le terme visible, - les volcans et les monts sous marins Papau, Loihi, Hohonu, Green, Wini, Alexander... annonçant, sous quelques millions d'années, les futures terres émergées -, résultent du défilement de la plaque Pacifique au-dessus de points chauds profonds qui transpercent la lithosphère.

Surplombant le bord de l'Océan Pacifique d'une hauteur de 1.222 mètres, le Kilauea, un volcan au sommet plat caractéristique des volcans bouclier, de 20.000 kilomètres cubes pour une superficie de 1.500 kilomètres carrés et une caldeira de 6 kilomètres de diamètre, - failles ultrapériphériques -, 3 x 5 kilomètres pour la dépression principale, pour une profondeur d’environ 165 mètres, donne la vision d'un petit édifice volcanique, mais la grande majorité de sa structure est masquée par les eaux tumultueuses de l'Océan Pacifique, ce qui fait, de lui, un géant considéré comme l'un des volcans les plus actifs de la planète avec le Piton de la Fournaise, l'Etna et le Stromboli et le plus actif, au monde, par la durée de ses éruptions et par le volume de magma basique émis. Il est apparu, il y a quelques 200.000 ans, sur le flanc Sud du Mauna Loa et sa position géographique a longtemps fait croire qu'il ne pouvait être qu'un satellite du dit volcan mais, possédant son propre système d'alimentation magmatique, son propre système de tunnels de lave, - dont le plus long tunnel de lave du monde, 61 kilomètres de longueur totale parcourant un dénivelé de 1.102 mètres -, il constitue une entité volcanique distincte.

Le sommet du Kilauea est occupé par une caldera qui s'est formée depuis 1.500 ans. Elle est le résultat du fusionnement de plusieurs pit-craters, des cratères d’effondrement apparaissant soient à la fin d’une activité éruptive, soient à la suite de la migration d’un magma basique, par l’intermédiaire d’un dyke, de la région sommitale vers les flancs externes du volcan. A l’extérieur et proche de cette caldeira, se trouvent deux pit-craters, le Kilauea Iki, 1,6 kilomètre x 0,8 kilomètre de diamètre, et Keanakakoi, 0,4 kilomètre de diamètre, alors que le cratère principal, - l’Halema'uma'u Crater qui renfermait un lac de lave jusqu'en 1924 -, 1,1 kilomètre de diamètre et une profondeur de 30 mètres par rapport au plancher de dite, excentré vers le Sud-Ouest, s'en situe à l’intérieur. Pour les Hawaiiens, Halemaumau est la maison de Pélé, célèbre déesse réputée pour ses cheveux et ses colères. Deux rifts, Est et Sud-ouest prolongent le volcan jusqu'à l'océan.

Animé d'une activité éruptive quasi constante, les éruptions du Kilauea se caractérisent par l'émission de volumes plus ou moins importants d'une lave très fluide, de type pahoehoe, arrivant dans l’océan par l’intermédiaire de tunnels de lave. Ses éruptions sont précédées par l'ouverture d'importantes fissures laissant s'échapper de puissantes fontaines de lave agrémentées de puissantes coulées atteignant, généralement, la côte. Depuis 10.000 jours, et sans discontinuer, ce type d'activité affecte le volcan.

Le Kilauea a commencé à se former, au Pléistocène, tout particulièrement à l'Ionien, entre 600 à 300 mille ans. Et, sans de longues périodes de repos connues, le volcan est actif depuis. Les études géologiques de surface d'exposition, et l'examen des échantillons de forage, montrent que Kilauea est constitué, essentiellement, de coulées de lave avec, localement, des dépôts d'éruptions explosives intercalés. Il est fort à penser que l'activité de l'édifice, au cours des 200 dernières années, soit un bon guide pour comprendre le passé depuis que le volcan a émergé, il y a 50 à 100 mille ans.


Chronologie de l'éruption en cours.


Le 03 Janvier 1983, une éruption, au niveau du rift Est, avec ouverture d'une fissure, réactive le volcan en repos depuis le 19 Février 1960. Des véritables rivières de lave, fluide comme de l’eau, nappent tout le paysage de coulées lisses. Quelques mois plus tard, un édifice de 400 mètres de haut, le Puu Oo, émerge des champs laviques. Il abrite un lac de lave où se produit, à intervalles réguliers, tous les 20 à 30 jours, des fontaines de lave, véritable muraille de feu tellurique dont le spectacle dure de quelques heures à plusieurs jours, montant à plusieurs centaines de mètres de haut. Des tunnels de lave se constituent. Les laves les empruntent les laves lors de chaque emballement du Puu Oo et les coulées progressent.

A partir de juin 1986, l'activité migre vers Kupaianaha situé 3 kilomètres au Nord-Est. Les fontaines du Pu'uO'o s'arrêtent et sont remplacées, par une effusion tranquille, sur Kupaianaha. Le 25 novembre 1986 il n’est plus possible de faire le tour de l’île car la route est traversée par les coulées. Trois jours plus tard, marqué par un important panache de vapeur et des explosions parfois violentes, les coulées rejoignent l’océan. Les laves, se mettant, ainsi, en place sous l’eau, sont de forme très particulière, les pillows lavas, laves en coussins.

En mars 1990, les coulées détruisent une centaine de maisons à Kalapana.

En 1991, l'activité se déplace lentement sur le Pu'u O'o. Alors que le Kupaianaha s'éteint le 7 février 1992, le 17 Février, le Pu'u O'o rentre, à nouveau, en activité et fournit des coulées qui entrent, sous forme de pillows lavas, - laves en coussins -, dans l'océan en Novembre 1992 à Kamoamoa.

Entre janvier et juin 1997, le Pu'u O'o s'affaise et les effusions, plus faibles, persistent à proximité du cône. Mais dès juin 1997, l'activité effusive reprend de la vigueur et les coulées arrivent de nouveau dans l'océan en juillet 1997 à Waha'ula et à Kamokuna.

Entre le 10 et le 12 mars 2008, une petite bouche apparaît dans le rempart Est du cratère de Halema'uma'u. Le 19 mars 2008, une petite explosion; projetant des blocs anciens de lave constituant les remparts internes du dit cratère, sur une surface d’environ 30 hectares se produit au niveau de cette nouvelle bouche. Le 24 mars, le panache qui s'échappe de la bouche n’est plus simplement de la vapeur blanche. Sa couleur est devenue marron, révélant la présence de cendre. Il atteint presque 2,8 km de hauteur. Depuis, un panache de vapeur et de gaz s’échappe en continu.

À l'heure actuelle, au niveau du cratère Halema`uma`u, l'évent ne montre plus d'incandescence et les expulsions de téphras semblent diminuer d'inte nsité. Les laves, après un dégazage dans le cratère Pu`u `O`o empruntent des tunnels pour atteindre l'océan à Waikupanaha. Des coulées éphémères apparaissent en surface au niveau du Pali et de la plaine côtière et les risques d'effondrements du delta de lave Waikupanaha sont importants.

En ce jour, 8 Juin 2010, d'après une dépêche émise par le Hawaiian Volcano Observatory, la colonne magmatique est remontée dans le Pu'u'O'o et forme, depuis le 02 juin, un second lac de lave actuellement estimé à 300 mètres de long sur 125 mètres de large, le premier étant celui qui est toujours installé dans le Pit Crater du Halema'uma'u, au sommet. L'activité effusive se poursuit sur la Rift Zone Nord-Est et alimente des coulées qui, toujours grâce à un système complexe de tunnels, s'étalent sur le Pali et sur la plaine côtière. Par contre les laves n'arrivent plus ni au niveau du delta Kalapana, ni au delta Ki, le dernier actif en date. La colonne magmatique alimente, en outre, un champ de lave supplémentaire au niveau de l'évent Thanksgiving Eve Breakout situé à 2 kilomètres du Pu`u `O`o, un évent apparu le 21 novembre 2007, formant, depuis un champ de laves superficiel.

sources partielles : http://www.activolcans.info

18:06 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : volcan, volcanime, hawai, kilauea, éruption, point chaud | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

03 juin 2010

Le Volcan Pacaya, en activité strombolienne, fait beaucoup de dégâts, deux morts, trois disparus et de nombreux blessés au Guatemala

« Au Guatemala, le volcan Pacaya, situé à environ 50 kilomètres de la capitale, Guatemala City, au sud du pays, a fait une nouvelle éruption. Deux personnes ont été retrouvées mortes, trois enfants sont portés disparus. Des milliers de Guatemaltèques ont dû être évacués. Pour le moment, l'éruption ne baisse pas d'intensité et les dégâts sont déjà considérables. L’état d’urgence a été décrété. », telle est l'annonce laconique relayée par les médias du monde entier.

Le Pacaya, un des 8 volcans actifs sur les plus de 800 que compte le Guatemala, culminant à 2.552 mètres d'altitude, est situé, sur la Cordillère Guatemaltèque, en périphérie de la ville d'Antigua. C'est un édifice volcanique « jeune » qui naquit, il y a environ 23.000 ans et qui, depuis l'arrivée de Pedro de Alvarado, un conquistador espagnol, en 1523, est entré en éruption au moins vingt-trois fois. Après être resté endormi durant près d'un siècle, il a repris, violemment, son activité en 1961, une activité qui est restée constante.

Depuis le 07 mai, des coulées de lave sont émises à mi-pente, versant Nord-Ouest du cône Mac Kenney, en face du Cerro Chino, des coulées effusives laviques ponctuées par une activité explosive sommitale et par des bouffées de gaz émanant d'une activité fumerollienne intense, et augmentant fortement en s'étendant au flanc Sud-Ouest de l'édifice. Plusieurs unités laviques, les plus importantes atteignant 1.500 à 2.000 mètres de longueur, sont même proches de la base du cône Mac Kenney, créant un nouveau promontoire rocheux susceptible de se déstabiliser et de provoquer des avalanches rocheuses au danger difficilement estimable.

A compter du 19 Mai 2010, faisant suite à un trémor de plus 43 heures, une activité explosive, en plus d'une importante effusion sur son le flanc Sud-Ouest, secoue le sommet de l'édifice et génère une phase éruptive paroxysmale provoquant des dégâts et des dommages conséquents et forts nombreux. De fréquentes explosions cendreuses, de forte intensité, se succédent toutes les 3 à 30 secondes, projettent des blocs et des bombes incandescents à plus de 200m de hauteur et expulsent un panache entre 500 et 700 à 1.000 mètres de hauteur, se dirigeant vers l'Ouest et entraînant la mise en alerte rouge pour le volcan et la fermeture de l'aéroport de la Aurora.

Le 28 Mai, un caméraman Guatémaltèque a même trouvé la mort durant sa couverture de l'événement pour la chaine de télé Canal 7, des enfants, au nombre de trois ou cinq suivant les informations fournies par les autorités locales, sont portés disparus et une vingtaine de blessés, dont certains dans un état grave, sont à déplorer dans les trois départements, Escuintla, Guatemala et Sacatepéquez, proches du volcan.

Depuis le 01 juin, l'activité éruptive est toujours très intense et l'activité explosive, de style strombolien, se poursuit au sommet et forme un panache de cendres dont la hauteur varie entre 900 et 1.500 à 1.800 mètres de hauteur, des ondes de chocs étant ressenties dans un rayon de 5 kilomètres aux alentours. Plusieurs plate-formes de lave, sur le flanc nord, face Cerro Chino, se sont réactivées, produisant des coulées dont certaines de 100 mètres de large et de 1.000 à 1.500 mètres de long, et des zones d'émissions de coulées laviques, de 300 à 700 mètres atteignant, le 02 juin, une 1.500 mètres, une seconde 2.200 mètres, sont actives sur les flancs Sud-Est et Sud-Ouest du cône.

Ce jour, 03 Juin 2010, une puissante activité strombolienne se maintient, produisant des panaches de cendres hauts de plus 1.700 mètres de hauteur et deux coulées, l'une sur le flanc Sud-Est et une seconde sur le flanc Sud-Ouest, sont toujours très bien alimentées et constituent un risque indéniable, bien que le niveau d'alerte soit à l'orange, pour les populations proches.

sources partielles : http://www.activolcans.info

15:33 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, guatemala, guatemala city, antigua, pacaya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27 avril 2010

Un séisme de magnitude 5.4 frappe l'île de Nouvelle Bretagne, dans l'Archipel Bismark... Craintes de nouvelles éruptions volcaniques dans l'île.

27 Avril 2010 à 02 h 30 Temps Universel et 12 h 30 heure locale, un séisme sous marin, sur le plateau continental îlien, de Magnitude Locale 5.4 sur l'échelle ouverte de Richter, intensité VII sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, aussi appelée échelle MSK, a frappé l'île de Nouvelle Bretagne, dans l'archipel Bismark. Son épicentre, se localise, latitude 05.83° Sud et longitude 151.35° Est, à 200 mètres au large de la côte Sud de l'Île, à 3 Kilomètres au Sud de Lau, à 5 kilomètres au Nord-Est de Mau'una, à 7 kilomètres au Sud-Sud-Est de Porto, à 8 kilomètres aà l'Est-Nord-Est d'Atu, à 10 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Bairiman, à 137 kilomètres à l'Est de Kimbe et à 613 kilomètres au Nord-Est de Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle Guinée. Son hypocentre se situe à 54 kilomètres de profondeur.

L'île de Nouvelle Bretagne, - anciennement dénommée Nouvelle-Poméranie -, est une une île très montagneuse avec des composantes volcaniques et karstiques. Sur l'île, il y a cinq volcans actifs et seize sont dormants. Elle se situe à la frontière de deux microplaques, la microplaque de la Mer de Salomon subductant, à la fosse de Bougainville, à la vitesse de 8,6 centimètres par an, sous la microplaque de Bismark Sud.

La plaque de Bismarck Sud est une microplaque tectonique de la lithosphère de la planète Terre. Elle est généralement associée à la plaque pacifique. Elle couvre une partie de l'archipel Bismarck, Nouvelle-Bretagne, une partie de la côte Nord-Est de la Nouvelle-Guinée, le Nord-Ouest de la Mer des Salomon et le Sud de la mer de Bismarck. La plaque de Bismarck Sud est en contact avec les plaques Woodlark, de Bismarck Nord, de Manus et de la Mer des Salomon. La plaque de la Mer des Salomon est, elle, généralement associée à la plaque australienne.

La Nouvelle-Bretagne est une île très étroite née suite à un soulèvement géologique. Elle a une longueur d'environ 600 kilomètres et une largeur de 80 kilomètres au maximum à une superficie est de 36.520 kilomètres carrés et est peuplée par plus de 400.000 habitants austronésiens : tribus Tolai, Baininger, Kilenge, Lakalai et Sulka.

Sur cette île de Nouvelle-Bretagne, plusieurs volcans, en conjonction avec une augmentation du nombre de séismes, en moyenne 8 à 10 par période de 7 jours de magnitude toujours supérieure à 4.0 baccédant souvent à des magnitudes supérieures à 6.0, (4 depuis le 01 Janvier 2010), se produisant, depuis le début janvier, tant au niveau de la microplaque de Bismark Sud qu'au niveau de celle des Salomon, sont dans une phase de forte activité. Dans cette région de Nouvelle-Bretagne, l'activité sismique et volcanique est particulièrement intense et plusieurs autres volcans sont en activité quasi-permanente, quoique de manière intermittente.

Nid de volcans(1) et ceinture de feu du Pacifique, l'archipel de Papouasie-Nouvelle-Guinée et celui de Bismark font partie de l'arc mélanésien et d'une zone d'affrontement, la faille de Bougainville, sous forme de phénomène mécanique de subduction, entre les plaques tectoniques indo-australienne et Pacifique. Aussi les tremblements de terre et les tsunamis en résultant sont relativement communs en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Nouvelle Bretagne.

Bien que le séisme se soit produit le long de la faille dite de « l'Anneau de Feu », aucun dégât, ni blessé, n'a immédiatement été signalé, et le Centre d'alerte au tsunami du Pacifique, situé à Hawaï, précise qu'il n'y a « pas d'inquiétudes majeures concernant un tsunami ». Au différent, plusieurs volcans proches émettent des nuages de cendres laissant présager une ou plusieurs nouvelles éruptions ou des réactivations imminentes.


 

Notes :


(1) Les volcans de Nouvelle Bretagne : Complexe Langila,stratovolcans ; Arage, stratovolcan et geysers ; Complexe Mundua, stratovolcans ; Garove stratovolcan ; Dakataua caldeira ; Bola stratovolcan ; Garua harbour volcan ; Complexe Garbuna, stratovolcans ; Lolo, stratovolcan ; Pago, caldeira ; Complexe Sulu range, stratovolcans et fumeroles ; Hargy, stratovolcan ; Bamus, stratovolcan ; Ulawun, stratovolcan ; Lolobau, caldeira ; Rabaul, stratovolcan ; Tavui, caldeira

14 avril 2010

Nouvelles évacuations d'au moins 800 personnes en Islande, un second volcan en éruption.

Terre de glace, l’Islande, située sur la dorsale médio-atlantique, entre le Groenland et l’Écosse, au Nord-Ouest des îles Féroé, est un État insulaire de l’océan Atlantique Nord. Terre de glace s'y dénombrant plus de 130 volcans actifs, elle est aussi terre de feu comme l'a rappelé, peu avant minuit, le 20 Mars 2010, l’éruption fissurale de l’Eyjafjöll, à proximité du glacier Eyjafjallajökull. Bien que jugée, dans un premier temps, mineure, cette éruption est pourtant inquiètante car elle laisse craindre, les deux édifices volcaniques étant liés, celle du volcan Katla, bien plus redoutable.


L'Eyjafjallajökull et l’Eyjafjöll.


Pour une oreille francophone, le nom original de ce glacier sonne bizarrement. Trois mots, en réalité, composent ce toponyme : Eyja, - île -, fjalla, - montagne -, et jökull, - glacier -, Eyjafjallajökull... signifiant, donc, le « glacier sur la montagne île. » L'Eyjafjallajökull est une calotte glaciaire, d'une superficie d'environ 78 kilomètres carrés, au Sud de l'Islande. Sur les quatorze calottes glaciaires que compte l'Islande, les cinq plus importants étant le Vatnajökull avec ses 8.300 kilomètres carrés, le Suður Vatnajökull et ses 3.700 kilomètres carrés, le Langjökull couvrant 995 kilomètres carrés, le Hofsjökull et ses 880 kilomètres carrés et le Mýrdalsjökull avec ses 607 kilomètres carrés, il est le septième plus grand glacier du pays. Ce glacier recouvre un volcan, l'Eyjafjöll.

L’Eyjafjöll, ou Eyafjalla, est un stratovolcan actif d’Islande. La dernière éruption connue s'était déroulée du 19 décembre 1821 au 1er janvier 1823. Depuis le début du mois de Mars 2010, une augmentation de l’activité sismique dans la région qui l'entoure, au voisinage du glacier Eyjafjallajökull, présageait une possible éruption, éruption devenue effective le 20 mars 2010.

Sur près d’un demi-kilomètre, des fontaines de laves s’élevant à plus de 200 mètres de hauteur accompagnent une activité effusive avec des laves chaudes aux températures atteignant 1.000° C., voire plus.


Nouvelle faille à Fimmvörðuháls.


La faille éruptive de l’Eyjafjöll, depuis le 30 mars, a une voisine. Une nouvelle faille de 300 mètres de long est apparue prenant tout le monde par surprise.

Quelques 700 à 800 personnes ont été évacuées de leurs habitations, ce mercredi 14 Avril au matin, en raison d'une nouvelle crise sismique sur toute la région orientale de l'Islande pouvant générer, le long de la nouvelle faille, un risque important d'éruption sous l'Eyjafjallajokull, de même que les risques d'une brutale explosion du Katla, un des volcans les plus actifs et des plus destructeurs, à l'origine de plusieurs jökulhlaups ou ou débâcle glaciaire et boueuse de type de crue brutale particulièrement puissante et dévastatrice, - quelque fois désignés lahars ou coulées boueuses formées d’eau, de cendres volcaniques et de tephras -, sous le Mýrdalsjökull, les signes étant trop évidents, est à craindre...

Toutes les routes sont fermées et les civils évacués ont été dirigés vers des centres de la Croix-Rouge. A cause de l'activité volcanique accrue, le long de la faille Eldgja, sous l'Eyjafjallajokull et, à un degré moindre sous le Mýrdalsjökull, toute la zone est surveillée par hélicoptère afin de prévenir de l'ampleur de l'éruption qui semble avoir commencée vers les 01 h 00 du matin, heure locale, l’Eyjafjöll se situant à 125 kilomètres à l'est de Reykjavik et le Katla à moins de 160 Kilomètres de la capitale.

11 avril 2010

11 Avril 2010 : Séisme de magnitude 3,2 sur le volcan Laacher See, en Allemagne... Reprise de l'activité volcanique dans l'Eifel ?

Sur la rive occidentale du Rhin, entre Coblence et Bonn, à environ huit kilomètres au Sud-Est de la ville d'Andernach, se situe le Laacher See, un volcan allemand, dans la région de l'Eifel. Le volcanisme s'y est manifesté au quaternaire, entre -70.000 et -11.000 ans, pendant la principale phase de surrection du massif rhénan.

Les volcans de cette région avaient une dynamique éruptive de type explosif, avec parfois des processus phréatomagmatiques.

Les éruptions les plus anciennes étaient basaltiques. Elles ont été constituées de projections et de coulées. Ces dépôts ont une extension limitée. Les volcans ainsi érigés sont des stratovolcans. Les éruptions les plus récentes, comme celles du Laacher See, la dernière en date, -11.000 ans, éjectant entre 5 et 6 kilomètres cube de magma, furent phonolitiques.

Actuellement, la caldeira issue de cette éruption est occupée par un lac de cratère de 3,5 kilomètres carrés et d'une profondeur de 55 mètres, le lac de Laach ou Laacher See.

Sur la rive orientale du Lac, une manifestation de l'activité volcanique y est toujours présente. Une émanation de gaz d'origine mantellique, essentiellement du gaz carbonique, du soufre et du méthane est visible dans le lac grâce à la présence d'eau mais elle existe aussi dans l'atmosphère.

Les différentes phases éruptives du Laacher See se sont traduites par le débourrage du conduit au moment de la rencontre entre le magma et l'aquifère. Un panache ascendant de cendres et de gaz, éruption de type plinien, s'est formé et s'est élevé à plus de 30 kilomètres d'altitude, panache de téphras à l'origine des dépôts granoclassés et d'un anneau de tufs présent autour du lac. Des nuées ardentes ont, ensuite, entrainé des coulées pyroclastiques et, par concentration des éléments, des déferlantes.

Eruption d'origine explosive, les pluies ont, lors, suivi, lessivant toute la zone, formant de nombreux lahars, ou rivières de boue, ainsi qu'un grand lac sur le Rhin à la suite d'un barrage formé par les pierres ponces.

Ce jour, 11 Avril 2010, à 11 h 16 Temps Universel, 13 h 16 Heure locale, un séisme de magnitude moyenne, 3.2 sur l'échelle de Richter, localisé latitude 50.40° Nord et longitude 07.25° Est, d'hypocentre 5 kilomètres de profondeur a frappé cette région volcanique. Son épicentre se situe sur les bords même de la caldeira du Laacher See, à 3 kilomètres au Nord-Est de Bell, à 8 kilomètres au Nord de Mayen et à 25 kilomètres à l'Ouest de Koblenz.

La faiblesse de la magnitude, certes ressentie, n'a pas causé des dommages.

A l'heure actuelle, le dégagement de gaz carbonique s'est intensifié montrant que l'activité de ce volcan est bien présente et que le séisme est d'origine volcanique. Une prochaine éruption n'est pas à exclure. Mais le volcan préviendra par d'autres tremblements de terre et une augmentation notoire du dégazage…

18:51 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : séisme, tremblement de terre, volcan, laaker see, coblence, bonn, bell, allemagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

24 mars 2010

Après une crise sismique, le volcan islandais Eyjafjöll rentre en éruption le 21 Mars 2010

Situé au Sud de l'Islande, sur la dorsale océanique et culminant à 1.666 mètres d'altitude, L'Eyjafjöll, également nommé Eyafjalla, est un volcan d'Islande recouvert par l'Eyjafjallajökull, une petite calotte glaciaire de 78 kilomètres carrés de superficie. Par métonymie, Eyjafjallajökull désigne tout aussi bien le volcan que le glacier qui le recouvre. Son dynamisme éruptif est effusif à strombolien, et fissural.


L'Islande, interaction point chaud et dorsale.


L'Islande représente une émersion de la dorsale médio-atlantique longue de 15 000 kilomètres et d’une altitude moyenne de 1500 m, reposant sur des fonds de -4000 mètres,normalement sous-marine, dont l'axe est matérialisé par le rift islandais. Un récent épisode d’activité de ce rift s’est produit entre 1975 et 1984 dans la région de Krafla, avec la mise en place de coulées basaltiques et une extension mesurée de 9 mètres. Cette partie émergée est l'apex d'une vaste anomalie topographique de la lithosphère car la ride de Reykjanes remonte de -3000 mètres jusqu'au rift islandais.

Cette anomalie topographique est l'expression en surface d'une anomalie de vitesse identifiée jusqu'à 2.800 kilomètres de profondeur. Cette anomalie de vitesse est interprétée comme la remontée d'un panache, à l’état solide plus chaud de quelques centaines de degrés Celsius que le manteau environnant, de manteau profond à l’origine du point chaud islandais, ce panache provoquant le bombement de la lithosphère, en surface, sur plus de 1000 kilomètres de diamètre.


Les rift de Reykjanes et d’Islande du Nord.


La partie nord de la dorsale atlantique marque la limite où s’écartent les plaques tectoniques Eurasie et Amérique du Nord, environ 2,5 centimètres par an, dans la direction Est-Ouest. Située au niveau de la dorsale, l’Islande permet donc d’en observer les caractéristiques morphologiques et géologiques « à l’air libre », notamment des fissures en écartement et un volcanisme important. À l’axe de la dorsale émergée, l’écartement crée une zone d’effondrement qualifiée de rift.

Cette zone, communément dénommée zone néo-volcanique ou axiale, couvre environ 26 000 kilomètres carrés, soit un quart de la superficie de l’île. Elle se trouve à la jonction entre la ride de Reykjanes au sud-ouest de l’île et celle de Kolbeinsey au Nord-Ouest.

La zone active du rift n’est donc pas linéaire, et elle se dédouble en deux branches au centre de l’île : la zone du rift de Reykjanes vers le Sud-Ouest, et la zone du rift d’Islande du Nord vers le Nord-Ouest. Sa largeur varie de 120 à 250 kilomètres du Nord au Sud.

S'éloignant de l'axe central de la dorsale, tant vers l’Est que vers l’Ouest, les formations volcaniques en sont de plus en plus anciennes. Ainsi, comme de part et d’autre des dorsales sous-marines, il se retrouve une répartition des âges en bandes parallèles à la zone axiale.

Le mouvement d’écartement des plaques contribue à la formation graduelle de longues fissures, - les grabens -, bordées de failles normales parallèles et d’éruptions magmatiques fissurales, accompagnées de séismes. Depuis l'an 900, 130 éruptions ont été décrites, soit une éruption tous les 4 à 6 ans.

La zone de rift de Reykjanes a connu, au cours de la dernière décennie, plusieurs épisodes de rifting accompagnés de nombreux séismes, les plus violents remontant à 1789, mais pas d’épisode éruptif. La zone de Thingvellir montre un long graben, - fossé d’effondrement -, de direction Nord-Est/Sud-Ouest, bordé par un réseau de failles normales. Le taux d’ouverture y est faible, environ 3 millimètres par an, comparé au taux de 21 millimètres par an mesuré, plus au Sud, dans la péninsule de Reykjanes.

Quelques kilomètres plus au Nord, la zone géothermique de Geysir, présente de remarquables manifestations hydrothermales : sources chaudes, évents de vapeur et surtout des geysers, - « jaillir » en islandais -, qui ont donné son nom à cette région.

La zone de rift d’Islande du Nord est actuellement plus active. La région du Krafla a connu une longue période d’éruption de 1975 à 1984 alors qu’elle n’avait plus connu d’activité sismique et éruptive depuis 250 ans. Au cours de cette période se sont formés d’importants ensembles de failles et de fissures ouvertes, parfois accompagnées de volcanisme fissural. Entre 1975 à 1984, l’écartement cumulé fut de l’ordre de 8 mètres.


Le volcan Eyjafjöll.


L'Eyjafjöll est un stratovolcan localisé au sud de l'Islande, à environ 130 kilomètres au sud-est de la capitale Reykyavik, et juste à l'ouest du glacier Mýrdalsjökull. Il s'agit d'un stratovolcan dont la composition des roches va des basaltes aux andésites. Coiffé d'une caldeira de 2500 mètres de large, les volcanologues le considèrent comme l'un des volcans les moins actifs de l'est de l'Islande. Seules trois éruptions historiques ont été rapportées,en 550, en 1612 et 1821-1823. Sa forme,fortement allongée selon un axe est-ouest, pourrait être être liée à sa proximité immédiate avec la « South Iceland Sismic Zone », zone de fracturation majeure en Islande qui connecte les deux rifts principaux, - Rift Ouest et Rift Est -, qui découpent l'île. Le volcan se trouve, en effet, à l'aplomb où le Rift Est Islandais croise la « South Icelanc Sismic Zone ». Du fait de la présence d'un glacier sur le sommet de l'édifice, l'Eyjafjallajökull, est l'un des risques majeurs que fait courir ce volcan.

Seules trois éruptions de l'Eyjafjöll sont connues. La première aurait eu lieu, suivant la technique de datation « Tephrochronologie », vers l'an 550, mais les caractéristiques éruptives en restent toujours inconnues. La seconde, explosive et d'index volcanique d'explosivité 2, se déroula en 1612. Elle émit, en volume estimé, un million de mètres cubes de tephras. Bien que les documents archives renseignent surtout sur son voisin, les indices recueillis permettent de croire qu'elle fut commune avec l'éruption de Katla tout proche. La troisième, quant à elle, fissurale, sous-glaciaire et explosive, d'index volcanique d'explosivité 2, se produisit du 19 décembre 1821 au 1er janvier 1823. L'émission des quatre millions de mètres cubes de tephras eu lieu au sommet du volcan, sous la calotte glaciaire, au cours d'explosions d'indice d'explosivité volcanique de 2. L'éruption de l'Eyjafjöll cessa lorsque le volcan Katla rentra, à son tour, en éruption.

La plupart des éruptions de l'Eyjafjöll sont de type fissurales et se produisent préférentiellement sur ses flancs Est et Ouest du volcan, notamment aux bouches éruptives de Hamragardahraun, Hofdahraun, Irahraun, Midskalarheidahraun, Raudahraun et Skerjahraun.

Le sandur de l'Eyjafjöll, une plaine s'étendant à ses pieds jusqu'à l'océan Atlantique, s'est construit par le dépôt successif de matériaux, notamment de hyaloclastites, charriés par des inondations provoquées par les différentes éruptions sous-glaciaires de l'Eyjafjöll et du Katla.


Le volcan Katla


Le volcan Katla, 1.450 mètres d'altitude, a la réputation d'être un des volcans les plus dangereux d'Islande. La montagne est cachée sous le glacier Myrdalsjökull dans le Sud de l'île.

Les éruptions de ce volcan central ont lieu tous les 40 à 80 ans. Elles sont difficiles à prévoir. La dernière éruption date de l'année 1918. Les cratères de Laki et la gorge Eldgjá appartiennent au même système volcanique. De fait, il s'agit là d'un des volcans les plus puissants du monde.

Avant la construction du Hringvegur, - la Route Nationale N° 1 -, nulle âme humaine, ayant déjà fait souvent l'expérience des jökulhlaup, des inondations catastrophiques par des grandes masses d'eau se précipitant en direction de la mer. n'aimait à traverser les plaines noires s'étirant au pied du volcan.


L'éruption du volcan Eyjafjöll du Mars 2010


Entre le 3 et le 5 Mars 2010, une véritable crise sismique déclenche de puissants séismes et des grondements sourds. Environ 3.000 tremblements de terre sont enregistrés à l'aplomb du volcan l'Eyjafjöll.

L'éruption débute le 20 mars peu avant minuit. L'état d'urgence est, lors, déclaré dans le Sud de l'Islande et les habitants du village de Fljótshlíð sont évacués en raison du risque d'inondation. Après des projections de cendres, le panache étant visible jusqu'aux îles Vestmann, la lave, s'échappant d'une fissure d'un kilomètre de longueur environ, fait son apparition à Fimmvörðuháls, entre l'Eyjafjallajökull et le Mýrdalsjökull.

Le volcan est recouvert par la calotte glaciaire Eyjafjallajökull, il s'agit d'une éruption fissurale de type sous-glaciaire. Dans ces conditions, si une importante masse de glace fond, l'eau accumulée sous le glacier menace d'être violemment libérée à la surface et de provoquer un jökulhlaup, - des inondations et des coulées de boues – car l''Eyjafjöll est situé dans le sud de l'Islande, encadré au sud par l'océan Atlantique, au nord par la vallée de Þórsmörk et à l'est par la calotte glaciaire de Mýrdalsjökull recouvrant plusieurs autres volcans dont le Katla

Par ailleurs, cette éruption de l'Eyjafjöll fait craindre une reprise de l'activité éruptive du Katla, volcan voisin de l'Eyjafjöll réputé comme « dangereux », les deux volcans étant considérés comme liés. « C'est une éruption plutôt petite et calme, mais nous craignons qu'elle ne déclenche l'éruption du volcan voisin, le Katla, […] un volcan vicieux qui pourrait provoquer des dégâts locaux et mondiaux », a ainsi expliqué Páll Einarsson, géophysicien à l'Université d'Islande.

19 mars 2010

Et si le tremblement de terre du 27 Février 2010, au Chili, avait donné naissance à un volcan sous-marin ?

Au Sud de l'Île Choros et des barques au-dessus du site où ont pris naissance les volcans sous marins...

A une grosse poignée d'hectomètres au Sud-Sud-Est de l'Île Choros et à quelques kilomètres, au Nord-Nord-Ouest de Coquimbo-La Sérena, un volcan sous marin est entré en activité après le séisme du 27 Février 2010 qui avait frappé le Chili au large de la côte de Maule.

Un second édifice est, de même, proche de rentrer en activité.

L'un serait-il conséquence de l'autre ou vice-versa ? Les coïncidences sont troublantes...

Une étude, sur la découverte, est en cours de finalisation et de publication.

Raymond Matabosch.

10 mars 2010

Le volcan Redoubt, en Baie de Cook, Alaska, Etats-Unis, menace de rentrer en éruption.

Le Mont Redoubt, aussi nommé Yjakushatsch, Goryalaya ou Redutsakya Sopka, est un édifice à la morphologie très abîmée par les glaciers. D'un volume estimé à environ 32 kilomètres cube, il mesure à sa base entre 30 et 35 kilomètres de diamètre. Il a commencé à se former il y a maintenant 890.000 ans sur des roches granitiques. L'analyse de ses dépôts indique des phases successives d'activités explosives et effusives en alternance. Il a produit, il y a environ 11.000 ans, une volumineuse avalanche de débris qui a été se jeter dans la baie de Cook, située à plus de 20 kilomètres à l'est du volcan. Après une phase de reconstruction, il a produit, il y 3.500 ans, une seconde avalanche de débris qui, partant vers le sud, a barré le cours d'une rivière. Cette dernière a fini par former, en arrière de ce barrage naturel, le lac Crecsent. Depuis plusieurs siècles maintenant l'activité se concentre sur le versant nord de l'édifice.

Consécutivement à un séisme de magnitude 4,2, 10 Mars 2010, à 13 h 05, Temps Universel, épicentre Redoubt volcano, dans la baie de Cook, en Alaska, à 75 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest d'Happy Valley, 76 kilomètres à l'Est de Port Alsworth, 82 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de Ninilchik et 202 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest d'Anchorage et hypocentre à 132 kilomètres de profondeur, le stratovolcan de subduction, le plus haut sommet de la chaîne des aléoutiennes, situé dans les Chigmit Mountains, le Mont Redoubt, menace de rentrer en éruption.

Le mont Redoubt connut une éruption en 1966, puis de nouveau en 1989.

L'éruption de 1989 éjecta des cendres volcaniques jusqu'à 14.000mètres d'altitude et un Boeing 747 de la KLM Royal Dutch Airlines fut pris dans son panache de cendres, étouffant ses 4 moteurs. Le vol réussit tout de même à se poser à Anchorage grâce à l'habileté du pilote qui ralluma les moteurs de justesse. Les cendres couvrirent une zone d'environ 20.000 kilomètres carrés.

Le 22 Mars 2009, le volcan connaît une très forte éruption qui se prolonge le jour suivant, obligeant les autorités d'Anchorage à annuler tous les vols depuis l'aéroport et mettre en état d'alerte de nombreuses villes, dont Talkeetna et Willow dans un périmètre d'une centaine de kilomètres en raison de possibles retombées de cendres.

 
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