Avertir le modérateur

15 janvier 2013

Eyjafjallajökull, volcan islandais

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_84.jpg

Edilivre

ISBN livre papier : 9782332508416

ISBN livre téléchargement : 9782332508423

 

L’Eyjafjöll est un stratovolcan localisé au Sud de l’Islande, à environ 130 kilomètres au Sud-Est de la capitale Reykjavík, et juste à l’Ouest du glacier Mýrdalsjökull. Il s’agit d’un stratovolcan dont la composition des roches va des basaltes aux andésites. Coiffé d’une caldeira de 2.500 mètres de large, les volcanologues le considèrent comme l’un des volcans les moins actifs de l’Est de l’Islande. Seules trois éruptions historiques ont été rapportées en 550, en 1612 et 1821 à 1823. Sa forme, fortement allongée selon un axe Est-Ouest, pourrait être liée à sa proximité immédiate avec la « South Iceland Seismic Zone », zone de fracturation majeure en Islande qui connecte les deux rifts principaux, – Rift Ouest et Rift Est –, qui découpent l’île.

19:26 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : edilivre, eyjafjallajökull, volcan islandais, islande, volcanisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11 janvier 2012

Le volcanisme énigmatique aux îles Canaries et à El Hierro.

Bases pour essayer de mieux comprendre le volcanisme aux Îles Canaries et l'actuelle éruption au large de la Restinga, une série de cartes annotées de seamounts et de traits :

iles Canaries.jpgiles Canaries 1.jpgiles Canaries 2.jpgiles Canaries 3.jpgiles Canaries.1.jpgiles Canaries 1.1.jpgiles Canaries 2.1.jpgiles Canaries 3.1.jpg

Légende : En blanc : Seamounts ; En violet : Agadir Canyon ; En rouge : Trajet du Hotspot ? Convergence masquée ? Fosse tectonique en formation ? voire Rift en formation ?

Le volcanisme des îles Canaries à débuté, il y a 100 à 80 millions d'années, au Sud du plateau sous-marin d'Essaouira et du Canyon d'Agadir avec les seamounts Essaouira, Rybin et les Agadir Twins...

et s'est continué de part et d'autre de l'anomalie matérialisée par la ligne discontinue en rouge, par les seamounts Dacia, Triton, Concepcion... et par les seules apparitions terrestres, les Îles Salvagem et les Îles Canaries, dont la particularité éruptive de Timanfaya à Lanzarotte de 1730 à 1736, jusqu'aux actuels seamounts : Papp, African, Echo et Tropic...

Une étude, sur ces bases, est en cours...

Décembre 2011 ©  Raymond Matabosch

03 octobre 2011

Terre de feu & de lave. Tome I

ISBN : 9782812147883

 

Aux Éditions Edilivre.

Au cours des quatre derniers siècles, les éruptions volcaniques majeures, coulées de lave, projections et retombées de bombes, nuées ardentes, gaz volcaniques, éboulements et écroulements de dôme, lahars et tsunamis ont causé la mort de centaines de milliers de personnes. Raymond Matabosch dresse ici un état des lieux des volcans en sommeil ou sur le point d'entrer en éruption, privilégiant un angle d'approche compréhensible par tout un chacun au différent d'une écriture scientifique trop hermétique.

09:31 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séismes, tremblements de terre, volcans, volcanisme, éruptions volcaniques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16 décembre 2010

Activité volcanique en Équateur : Le stratovolcan Tunguruhua. Risque d'éruption paroxismale.

Le jeudi 12 Août 2010, à 11 h 54, Temps Universel, 06 h 54 Heure Locale, un séisme de Magnitude du Moment 7.1 avait frappé au cœur de la jungle amazonienne et avait secoué, durant environ 40 secondes, l’Équateur et le Pérou. Son hypocentre avait été déterminé à 200 kilomètres de profondeur par le Centre sismologique Euro-Méditerranéen et à 211 kilomètres de profondeur par l'U.S. Geological Survey.


Le 14 août 2010, publiant un article relatant ce tremblement de terre, », « Un séisme 7.1 de magnitude dans la Cordillère Royale Andine, le 12 Août 2010 : Recrudescence prévisible du volcanisme en Équateur dès la Mi-Novembre », en explicitant les raisons plausibles, j'avais ainsi conclu : « Au plan sismique, se produisant dans les entrailles profondes des arcs et des cordillères volcaniques, ils agissent tels des moteurs enclenchant, dans les 3 à 6 mois, suivant la secousse, soit une recrudescence dans l'activité d'un volcan, soit une reprise d'activité dans les édifices en repos ou en sommeil. Aussi est-il à penser que des cônes volcaniques, tels le Sangay, le Tunguruhua, l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou le Reventador, voire autres moins connus, dans la Cordillère Royale Andine, ne connaissent des regains d'activé ou ne rentrent en éruption après de longs mois ou de longues années de mise en sommeil, à partir de la mi-Novembre 2010. »


Le volcanisme en Equateur d'Août 2010 à Octobre : État des lieux.


Si dès le 30 Août, le VAAC de Washington signalait qu'une plume de cendre était observée, par un pilote, près du stratovolcan Reventador, il n'en paraissait pas en advenir que cette reprise d'activité du volcan puisse être consécutive à l'éruption volcanique. Deux raisons à cela : Pour la première, le 27 Juillet 2010, le volcan était entré en éruption, une succession d'explosions éruptives, de type « stromboliennes » sous forme de fontaines de lave, avec nuages de cendre, téphras et lahars, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 2, et, après une petite période de calme relatif, en Juin et Juillet, son activité se ré-intensifiait ; et, pour la seconde, dans l'arc volcanique andin péruvien, la montée du magma s'effectuant à une vitesse d'environ 2,3 kilomètres par jour, la profondeur de l'hypocentre voisinant les 200 à 210 kilomètres, l'arrivée de la lave, dans le cratère sommital, se calcule dans une durée d'une centaine de jours, soit plus ou moins 3 mois... il ne peut que s'admettre que le séisme du 12 Août ait commis quelques remous mineurs dans la colonne lavique du Reventador qui avait repris un peu de vigueur éruptive, avec présence de nuages de cendres, dès le 30 Août.



Le même constat peut être dressé pour le stratovolcan Sangay en éruption permanente, entrecoupée de quelques brèves pauses de deux à trois mois au plus, depuis le 08 Août 1934, se caractérisant pas une succession d'éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, dans le cratère central et évents latéraux, des éruptions consécutives à une large fissure radiale, des coulées de lave, et, générant des écoulements pyroclastiques, des extrusions vulcaniennes de petits dômes de lave, dans le cratère, ayant provoqué des évacuations et morts d'hommes, scientifiques et autres, comme en Août 1976, qui s'étaient aventurés dans l'ascension du volcan.


Le volcanisme en Equateur en Novembre 2010 : État des lieux.


Si l'activité du stratovolcan Reventador monte en puissance depuis le courant du mois d'Octobre, avec des présences de plus en plus conséquentes de nuages de cendre s'élevant à une altitude d'au moins 4,6 kilomètres, et de coulées de laves épisodiques ;


Si l'activité du stratovolcan Sangay est tout autant en recrudescence avec la constatation d'anomalies thermiques et de nuages de vapeur, de gaz et de cendres, répétitifs ;

Un troisième édifice volcanique, le stratovolcan Tungurahua, d'après un rapport dressé par l'Air Force Weather Agency, - AFWA -, suivant une observations de l'un de ses pilotes, et d'après des analyses d'images satellite effectuées par le VAAC de Washington, est entré en éruption le 22 Novembre. Un nuage de cendre s'est élevé à une altitude de 7,6 kilomètres, s'est déporté, dans une direction Sud-Ouest, sur une distance initiale de 37 kilomètres et a dérivé, dans un azimut Sud-Ouest du volcan, à plus de 230 Kilomètres. De nouvelles émissions de cendres ont été émises le 23 Novembre et ont atteint une altitude de 7,0 kilomètres. Les images satellite ont montré que la plume de cendre, s'est déportée plein Sud, à plus de 150 kilomètres du bâti vulcanien. Tout laisse à penser qu'une ou plusieurs explosions volcaniques se sont produites.


Le stratovolcan équatorien Tungurahua, haut de 5.029 mètres, situé à 135 kilomètres au sud de la capitale Quito est coutumier des éruptions explosives, phréatiques et stromboliennes, Indice d'Explosivité Volcanique, VEI 3 ou 4, émanant de son cratère central, avec des coulées pyroclastiques, des coulées de lave, des lahars causant de gros dégâts dans les propriétés, morts d'hommes et entraînant généralement des évacuations. Sa précédente crise volcanique s'est déroulée du 05 Octobre 1999 au 08 Juillet 2009 et est resté, excepté une saute d'humeur le 29 mai 2010, - une grande explosion due à une accumulation de gaz et provoquant des projections de lave et de cendres dépassant les 10.000 mètres d'altitude -, dans un calme très relatif depuis.

Avec la rentrée en éruption du Tungurahua, se pose la question de savoir si d'autres édifices vulcaniens de l'arc volcanique équatorien, dans la Cordillère Royale Andine, tels l'Amboto, le Cotopaxi, le Sumaco,... ou autres moins connus, conséquemment au séisme du 12 Août 2010, « se réveilleront » dans les jours ou semaines à venir.


Le stratovolcan Tunguruhua. Son contexte.


 

Code 1502-08

Localisation : Latitude 1.467° Sud à 1.281° Sud,

et Longitude 78.442° Ouest à 78.263° Ouest,

Stratovolcan, altitude 5.023 mètres,

Cordillère Royale Andine, Équateur.


Le Tungurahua, - Tunguruhua ou Tunguragua, de Tunguri, gorge, et rahua, feu, « Gorge de Feu » -, culminant à une altitude de 5.023 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un stratovolcan andesitico-dacitique actif, un cône très pentu, - pentes à 30 et 35° -, de 14 kilomètres de diamètre basal, dominant de plus de 3.000 mètres la vallée à ses pieds septentrionaux, se situant dans le Cordillère Royale Andine, en Équateur, à 140 kilomètres au Sud de la capitale Quito. Des sommets notables, comme le Chimborazo, 6.267 mètres et l'Altar, 5.319 mètres, l'encadrent L'édifice volcanique se dresse au-dessus de la petite cité thermale de Baños de Benasque, 20.000 habitants, implantée sur son flanc Nord, à 5 kilomètres, dans le cadre exceptionnel d'un cirque montagneux, en bordure du fleuve Pastaza. D'autres villes, plus importantes, sont proches : San Juan de Ambato connu comme « Ville des Fleurs et des Fruits », « Cuña de les Tres Juanes », « Ville Cosmopolite » et « Jardin du l'Équateur », 225.000 habitants, 30 kilomètres au Nord-Ouest, et Riobamba, 135.000 habitants, 30 kilomètres au Sud-Ouest.

Du haut de ses 5.023 mètres, le cratère sommital du Tungurahua dépasse, environ 4.900 mètres à cette latitude 1.4° Sud et 1.2° Sud, l'altitude des neiges éternelles. Son sommet est donc recouvert d'un manteau neigeux et, de surcroît, il est l'hôte d'un petit glacier qui souffre de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999.


Culture et légende autour du Tungurahua.


Au Pérou, les autochtones, de culture kichwa(1), surnomment, affectueusement et religieusement, le volcan « Mama Tungurahua », - la Mère Tungurahua -, et tiennent la même considération pour son congénère voisin, le Chimborazo, adulé comme le père, le « Taita Chimborazo ».

Selon une légende inca, « le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la belle Tungurahua. Le Cotopaxi, très belliqueux, cherchait sans cesse querelle au Chimborazo qui, un jour, s'étant mis en colère, provoqua en duel son rival. Il sortit vainqueur du combat et obtint le cœur de la belle Tungurahua. Ils eurent, ensemble, le Guagua Pichincha, le bébé Pichincha qui hérita de la vaillance et de la puissance de son père, démontra sa force et provoqua l'ire de sa mère. La belle Tungurahua devint une furie incontrôlable, le restant toujours ».


Contexte géodynamique du volcanisme quaternaire équatorien.


L'arc volcanique équatorien est partie intégrante de la Zone Volcanique Nord des Andes qui s'étend depuis la latitude 5° Nord, - Volcan Cerro Bravo, en Colombie -, .jusqu'à la latitude 2° Sud, - Volcan Sangay, en Équateur -. Au Sud de cette latitude, le volcanisme actif, ne reprenant que dans la Région d'Arequipa, au Pérou, y est totalement absent. C'est arc volcanique est le résultat de la subduction de la Plaque océanique Nazca sous la Plaque continentale Amérique du Sud-Américaine et les microplaques Altiplano et Andes du Nord.

La croûte océanique de la Plaque Nazca subductante, depuis 12 à 20 Millions d'années, est porteuse de la Cordillère sous-marine de Carnegie constituée des produits volcaniques de l'activité du point chaud des Galápagos sur la plaque Nazca et subductant, depuis au moins 6 Millions d'années, sous la Plaque tectonique Sud-américaine.

L'arc volcanique équatorien se développe, dans sa majeure partie, face à la dite Cordillère, sur une largeur supérieure en sa zone septentrionale, - 100 à120 kilomètres -, alors que dans la zone colombienne, la dite Cordillère n'existant pas, cette largeur n'est que de 30 à 50 kilomètres. Ainsi, alors qu'en Colombie l'arc volcanique n'est constitué que d'un seul alignement de volcans, au niveau de l'Équateur, et particulièrement face à la Cordillère de Carnegie, quatre alignements d'édifices volcaniques, parallèles, s'inscrivent dans les structures du soubassement andin : la Cordillère Occidentale, la Vallée Inter-andine, la Cordillère Royale, - hôte des stratovolcans Tungurahua et Sangay -, et la zone Sub-andine Orientale, - portant le stratovolcan Reventador -, parallèle à la faille de chevauchement.


La Cordillère Royale Andine, hôte du stratovolcan Tungurahua.


À l'Est de la dépression Inter-andine et tout du long de la Cordillère Royale, se situe le troisième alignement de stratovolcans. À la différence de la Cordillère Occidentale où les volcans s'y définissent par la rectitude de leurs centres d'émission et par leur espacement régulier, les édifices volcaniques, dans la Cordillère Royale, sont, sans aucune organisation, dispersés sur une distance de 350 kilomètres et une amplitude d'environ 50 kilomètres. Leur direction est sub-parallèle à ceux implantés sur l'alignement volcanique de la Cordillère Occidentale. Les principaux volcans caractéristiques de cette chaîne sont, du Nord au Sud, Le Soche, le Cayambe, le Pambamarca, la Caldeira de Chacana, l'Antisana, le Sincholagua, le Cotopaxi, le complexe Chaloupes-Sincholagua, le Tungurahua, l'Altar et le Sangay. Le Reventador, bien que d'appartenance inclusive à la zone sub-andine, par sa pétrographie et sa géochimie, est généralement associé au volcanisme de la Cordillère Royale.

La pétrographie des laves, andésites basiques calco-alcalines, andésites riches en phénocristaux de feldspaths plagioclase et de minéraux ferromagnésiens, et minoritairement dacitiques, exclusivement d'âge final du Pléistocène Supérieur et Holocène, de ces stratovolcans, est assez uniforme. Les laves récentes, majoritairement dacítiques, des volcans Cayambe et Soche, constituent une exception. En outre, le Cayambe présente une évolution similaire à celle des volcans de la Cordillère Occidentale, originellement andesitico-expansif avec le Proto-Cayambe, se transformant, caractéristique de la croissance et de la destruction des dômes, en écoulements dacítiques. Enfin, l'existence de deux grands systèmes magmatiques, les caldeiras du complexe Chacana-Chaloupes, caractérisés par une importante activité riolítique mérite une attention spéciale, une évolution pouvant s'avérer indicatrice d'une mutation notoire dans le volcanisme de la Cordillère Royale.

L'érection des édifices volcaniques de cette cordillère s'est produite au cours du Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, voire vers fin du Pléistocène inférieur, au moment de la glaciation de Gunz, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, le Nebraskéen dans les régions du Middle West. Au cours des temps, tous ont souffert d'effondrements répétés et d'étapes d'érosion intense qui ont causé de la destruction totale ou partielle des cônes. Subséquemment, la reprise d'activité volcanique a réédifié de nouveaux bâtis. Dans cette chaîne volcanique, le Cotopaxi, le Tungurahua, l'Antisana, le Sangay et vraisemblablement le Cayambe ont une activité s'inscrivant dans les temps dits historiques, - de l'Antiquité à nos jours -, et, tout particulièrement depuis 1532. D'autre part, les datations au radiocarbone permettent d'établir que les cônes « jeunes » du Cotopaxi, du Tungurahua, du Cayambe, du Sangay et, probablement, de l'Antisana ont tous été construits durant l'Holocène.

Étant considérée la fréquence de leurs épisodes éruptifs,- 31 pour le Tungurahua, 78 pour le Cotopaxi en sommeil depuis le 19 Février 1942 et 22 pour le Cayambe en sommeil depuis Mars 1786, lors de quatre derniers millénaires ; 3 pour l'Antisana en sommeil depuis Mai 1802 ; et 3, dont le dernier du 08 Août 1934 et toujours en cours en Novembre 2010, pour le Sangay depuis 1628 -, la hauteur des stratovolcans et la présence d'une calotte glaciaire, les édifices volcaniques inclusifs dans cette cordillère présentent de conséquents dangers lors de futures éruptions si celles-ci consistaient en des coulées de lave, des coulées pyroclastiques, des chutes de cendre, de catastrophiques lahars et vraisemblablement, en cas d'extrusion des dômes ou d'une partie ou de la totalité de leurs cônes, des avalanches de matériaux volcaniques


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Proto-Tungurahua.


Au cours de son évolution géologique, depuis le Pléistocène Moyen, - 780.000 à 130.000 ans -, ou fin du Pléistocène inférieur, au Nebraskéen pour les Amériques ou Glaciation de Gunz pour les Alpes, - 1.2 Millions d'années à 700.000 ans -, aux jours présents, le Tungurahua, posé sur une assise de roches métamorphiques, a connu, de façon séquentielle, au moins trois phases d'édification, présentement les seules déterminées, interrompues, pour les deux premières par des effondrements majeurs,

Ce fut, dans un premier temps, entre 1 Million d'années et 750.000 ans, l'érection du Proto-Tungurahua, référencé, par les scientifiques, Tungurahua I. Les diverse études programmées, et les résultats obtenus, n'en permettent pas encore d'en connaître ni son historique ni ses activités. Les seuls points connus sont que cet édifice s'est érigé sur les soubassements métamorphiques de la Cordillère Royale Andine et ne transparait qu'au travers des grandes surfaces inclinées, en son Nord, que sont le Runtún et le Pandoa, et des coulées de laves qui se déterminent sur les flancs, en sa partie orientale, de l'actuel édifice. Les épandages du Runtún et du Pondoa sont entaillés par de larges et profondes vallées, - les Vallées de Vazcún et d'UIba -, et, par les stratigraphies réalisées sur les aplombs qui corsètent ces cours d'eau, il s'y constate un empilement de coulées de laves andésitique basique à andésitique d'une épaisseur approximative de 400 mètres.

Le Proto-Tungurahua, ou Tungurahua I était un stratovolcan andésítique de 14 kilomètres de diamètre, lors d'au moins une explosion paroxysmale, voire colossale, qui avait déclenché au minimum un effondrement sectoriel, donnant naissance à une caldeira, et des avalanches de matériaux volcanique. L'édifice fut plus ou moins détruit et acheva son activité suite à un important épisode volcanique plus siliceux, responsable de l'émission de laves dacítiques toujours présentes sur les versants pentues du Runtún et du Minsa. D'après deux datations radiométriques réalisées par Barberi, en 1988, il peut être estimé que cet édifice, bâtit par accumulation de matériaux volcaniques au cours d'éruptions successives, a été actif de 770.000 à 350.000 ans avant l'ère chrétienne. Mais il est aussi plausible que plusieurs épisodes paroxysmaux ou colossaux se soient déroulés durant ses 350.000 ans d'existence.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua II.


Après une longue période de repos et une intense érosion, l'édifice volcanique érigeant un cône intermédiaire, le Tungurahua II, s'est réactivé vers 10.000 à 12.000 ans avant J.C. En regard des investigations récentes, ses ruines n'apparaissent, uniquement, qu'au travers d'une série de coulées de lave situées dans la partie supérieure du f1anc Sud, zone de l'évent Tiacos, du complexe Tungurahua. Cette unité constitue une séquence, d'environ 100 mètres d'épaisseur, de laves andésítiques recouvrant des coulées laviques du Proto-Tungurahua. Géomorphologiquement, cette période d'activité vulcanienne peut être antérieure à 11 ou 12.000 ans avant l'ère chrétienne car les écoulements de lave du Tungurahua II emplissent les paléo-vallées formées durant la dernière glaciation, glaciation Würn IV dans les Alpes, Wisconsin III aux Amériques, entre 31.000 et 12.000 ans ± 1.000 ans avant J.C.

Le Tungurahua II, a été partiellement détruit lors du dernier effondrement sectoriel provoqué par l'instabilité de son dôme de lave, l'intrusion d'une conséquente arrivée de magma dacítique dans l'édifice volcanique et une éruption explosive cataclysmique ou paroxysmale, vers 2995 ± 90 ans avant J.C, Cet épisode destructeur a produit, laissant une imposante caldeira, en forme de grand amphithéâtre facilement reconnaissable de nos jours, tout particulièrement sur le flanc Sud, un effondrement de matériaux volcaniques d'un volume approximatif de 8 kilomètres cube. L'avalanche, combinée à des lahars, a heurté les reliefs situés immédiatement à l'Ouest du cône et s'est étalée, couvrant une distance d'au moins 15 kilomètres et constituant les plaines de Cotaló et de Pillate, vers le Nord-Ouest, vallée de la rivières Patate, et le Sud-Ouest, vallée du Chambo. Cette vallée fut même obturée par un imposant dépôt de matériaux et entraînant la formation d'un lac de quelques 10 kilomètres de longueur. La rupture du barrage, des décennies après, a généré une nouvelle catastrophe dans un déferlement de boues emportant tout, à son passage, sur des centaines de kilomètres en aval.


Formation et historique du stratovolcan Tungurahua : Le Tungurahua III.


Après l'effondrement du Tungurahua II, dans la caldeira en forme de fer à cheval ouvrant sur l'Ouest de l'édifice volcanique chapeauté d'un glacier, le stratovolcan Tungurahua III, sans atteindre encore la taille du Tungurahua II à la fin de sa croissance, se développe progressivement. Son activité éruptive émanant, exclusivement, de son cratère sommital, reconstruisant le cône, lui a permis de retrouver une taille au moins égale à 50% de celle du Tungurahua II, avant son effondrement. Cette activité s'accompagne de fortes explosions et de panaches et nuages de gaz, de cendres et de téphras s'élevant à hautes et très hautes altitudes dans la stratosphère et dérivant sur de longues distances.

Ces éruptions explosives provoquent, quelquefois, des coulées pyroclastiques et des coulées de laves andésitiques basiques qui atteignent les régions peuplées implantées à la base du volcan. La dernière crise éruptive importante, commençant le 06 Octobre 1999 et s'achevant le 08 Juillet 2009, Indice d'explosivité VEI 3, avait entraîné l'évacuation temporaire de la ville Thermale de Baños de Benasque située, sur le flanc Nord, à moins de 7 kilomètres du cratère sommital. La dernière éruption majeure, Indice d'explosivité VEI 4, s'était déroulée du 03 Mars 1916 à courant 1918, se prolongeant avec une activité mineure ait continué jusqu'au 01 Décembre 1925.

Deux périodes de construction sont référencées dans l'histoire du Tungurahua III. De vers 2995 ± 90 ans avant J.C, - certains spécialistes supputant même 1400 avant J.C -, jusque vers l'an 700, tel en est pour la première, d'importantes extrusions de laves et de nombreuses coulées pyroclastiques se sont succédées. Durant cette période, restant essentiellement andésitique basique la composition du magma n'a pas évolué significativement. La seconde concerne les 1.300 dernières années passées. Les épisodes éruptifs majeurs se sont succédés à la fréquence d'un par siècle. Généralement, ces éruptions explosives, de type strombolien, génèrent des chutes de cendres et de lapillis, une forte activité pyroclastique et, en phase terminale, des coulées de lave, de composition hétérogène, -andésite et dacite -. Des bouchons laviques andésitiques basiques obstruent la colonne volcanique mettant un point final à la crise éruptive. Ce schéma cyclique a été observé lors des trois plus catastrophiques éruptions historiques, dans les années 1773, 1886 et 1916-1918.


Le 05 Octobre 1999, après une longue période de repos, le volcan a repris une procédure éruptive qui s'est achevée le 02 Août 2010. Elle a été ponctuée d'éruptions explosives majeures les 16 août 2006, 06 février 2008 et 28 mai 2010. La pause éruptive a été de courte durée, le stratovolcan Tungurahua III se réactivant le 22 Novembre en émettant, après une série de fortes explosions, des plumes roses qui se sont élevées à 7,6 kilomètres d'altitude.

Tous ces points référencés et explicités, en regard de son âge, - entre 2.300 et 3.400 ans d'activité -, et des considérations volumétriques attachées à l'édifice, il peut s'admettre que le taux de croissance annuel, du Tungurahua III, est d'environ 0,15 kilomètres cubes.


Le stratovolcan Tungurahua et le risque d'une éruption explosive paroxysmale, voire colossale.


L'effondrement sectoriel du bâti Tungurahua II et l'avalanche de matériaux volcaniques, les coulées pyroclastiques et les lahars qui en ont découlé, datés de vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., par comptage du carbone 14 résiduel, - autrement dit datation par le radiocarbone ou datation par le carbone 14 -, ont laissé d'importants dépôts qui affleurent sur les flancs et le pourtour de l'édifice volcanique. De toute évidence, cet épisode paroxysmal a été provoqué par une éruption explosive, de type plinienne, ou sub-plinienne, d'une grande intensité, Indice d'Explosivité Volcanique VEI 5, et a produit des accumulations conséquentes de matières minérales vulcaniennes de deux types bien distincts.

Le premier type de dépôts correspond à des couches cendres, stratifiées et non stratifiées, croisées et lenticulaires, laissées par une nuée ardente, extrêmement véloce et mobile, composée d'une coulée pyroclastique à sa base et de gaz, de cendres et de blocs de taille variable qui dévalèrent les pentes d'un volcan et s'étendirent sur une superficie d'environ 600 kilomètres carrés pour une volume global supérieur à 0,95 kilomètres cubes.

Le deuxième type est une accumulation de strates découlant d'empilements de fragments de pierre ponce et scories émanant du nuage volcanique, tombés en pluies intermittentes, depuis la stratosphère, sur une longue durée. L'épaisseur des diverses couches, la superficie recouverte et la taille maximum des téphras, des fragments de pierre ponce et des scories mesurés et calculés, il est permis d'évaluer le volume global des produits émis et rejetés et la puissance de la phase éruptive. Ainsi, il est aisé de constater que le volume de la couche déposée représente plus de 0,55 kilomètres cube et que la durée de la phase éruptive peut être évaluée à plus ou moins une heure et la colonne de cendre a pu atteindre une altitude estimée à environ 25 kilomètres avant de se disperser vers le Nord.

Sans compter le volume du dépôt avalancheux de matériaux volcaniques associé à l'explosion sectorielle, le volume des deux types d'accumulations concrétisent un dépôt global de plus de 1,5 kilomètres cubes de roches dites « molles. »

Les multiples découvertes archéologiques, dans le périmètre régional s'étendant dans le pentagone irrégulier Tena-Puyo-Riobamba-Guaranda-Ambato-Tena et Puyo, de substructions de villes, de pots en céramique, de l’or, du cuivre et du bronze ouvragés, des canaux d’irrigation, des terrasses de culture et d'ossements humains, laissent supposer que la région était densément peuplée aux temps archaïques amérindiens de la culture Chavín(2), période dite « horizon de formation », entre 2.700 et 200 avant l'ère chrétienne.

Il est quasi certitude que l'éruption explosive colossale qui s'est produite vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., a eu, pour graves conséquences, de grands dommages tant sur les habitations que sur les personnes et a dû entraîner dans la mort des centaines, voire des milliers de personnes.

En conclusion, il peut être admis que ces considérations, sur le bâti holocène du Tungurahua, tendent à établir, si besoin en était d'en apporter preuve supplémentaire, le caractère excessivement explosif de l'édifice volcanique dans un temps géologique très récent, d'une part, et, d'autre part, l'étendue considérable des zones dévastées par ce type d'effondrement sectoriel dont le Tungurahua II s'est commis. Il n'est point à en douter, aussi, que cet événement s'est, au moins, produit une seconde fois, - probablement un certain nombre d'autres -, entre 770.000 et 350.000 ans avant J.C., avec le Proto-Tungurahua.

Et, se penchant sur la démographie régionale, plus de 400.000 personnes, dont 65.000 dans la zone dévastée vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., vivent, en ce début du XXI° siècle, dans un rayon de 50 kilomètres autour du stratovolcan.

Même si les analyses de stabilité suggèrent que le Tungurahua actuel est un cône « jeune », relativement stable et, donc, sans risque excessif d'effondrement sectoriel ou total, dans son ensemble, les travaux géologiques effectués sur le bâti référencent que plusieurs petits effondrements et de légers enfoncements, les uns et les autres modestes en regard de celui s'étant produit vers 1.200 ans ± 100 ans avant J.C., se sont développés lors des plus récentes éruptions émanant toutes du cratère sommital.

D’après les faits historiques, le Tungurahua réintégrant son processus éruptif, en moyenne, tous les 100 ans, un processus pouvant durer de quelques mois à une dizaine d’années, l'épisode critique et redouté, d'un nouvel événement catastrophique, étant en attente depuis 1999, plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent sous la menace permanente d'une éruption explosive, cataclysmique à colossale, du Tungurahua III. Et ce risque serait d'autant plus amplifié si, associée à une intense activité sismique, une intrusion de magma à force concentration dacitique, venait à arriver à l'intérieur de la volcanique.

Raymond Matabosch


Notes.


(1) Le quechua est une famille de langues parlée au Pérou, où il a le statut, ainsi que dans d'autres régions des Andes, du sud de la Colombie au nord de l'Argentine, de langue officielle depuis 1975, Sa variante équatorienne est appelée kichwa, ou quichua. Il se subdivise en de nombreuses variétés. La plus répandue, Sud du Pérou et Bolivie, est le quechua dit « cuzquénien », qui possède une tradition écrite ancienne remontant à l'époque coloniale, - XVI° Siècle -.

Le quechua était la « lingua franca », - non sa langue officielle qui était l'aymara -, de la civilisation inca. L'extension territoriale actuelle du quechua est due au fait qu'il a été promu au rang de « lengua general » par le colonisateur espagnol.

(2) La culture de Chavin est une civilisation précolombienne. Elle doit son nom au village de Chavin de Huantar, au Pérou, où les ruines les plus significatives ont été retrouvées. C'est la culture mère de toutes les civilisations andines. Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du Jaguar ou du puma. Elle a émergé vers 1200/1300 avant l'ère chrétienne et a vu son apogée, avant de disparaître, vers 800-200 avant J.C. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique et dans la Cordillère Andine colombienne, péruvienne et équatorienne.

La civilisation de Chavin a introduit le travail du cuivre, du bronze et de l'or en Amérique du Sud. Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture.


Publié le 29 Novembre 2010 sur

C4N - Le premier site francophone du journalisme citoyen rémunéré !

11 novembre 2010

Les ires de la Terre. Terre de feu et de lave. Tome II.

Les ires de la Terre.

Terre de feu et de lave. Tome II.

Raymond Matabosch.


Acheter Les ires de la terre. Tome II.



En guise de Préface.


 

Des volcans par milliers, actifs, en sommeil ou considérés éteints...


 

Expression de l’antique ire des Dieux, des Déités et des Démiurges, les volcans, monstres géologiques prenant naissance dans les entrailles de la Terre, terrorisent les hommes depuis l'aube de l'humanité. Vomissant ou crachant des gaz volcaniques, des torrents de laves incandescentes, des pyrotechnies de téphras et de pyroclastes ou des panaches de nuées ardentes, ils semblent sortir de leur sommeil pour inonder la Terre de leur sève destructrice et assassine. Manifestations en surface du régime thermique régissant l’intérieur du globe terrestre, ils sont la résultante d'un ensemble des processus et des phénomènes par lesquels des matériaux rocheux fondus, ou magmas, s’élèvent depuis les profondeurs de la Terre jusqu’à la surface, ou vers la surface, et par lesquels les gaz associés sont libérés dans l’atmosphère.

Depuis des millénaires, ils fascinent l’homme par leur puissance faramineuse et les manifestations redoutables de leur activité. Croyances, divinités, idoles, démiurges, logos et autres dragons en sont nés. Aujourd’hui, paraît-il démystifiés pour les civilisations policées, leur attraction est toujours aussi grande, en raison, surtout, des images spectaculaires et des paysages hors du commun qu'ils offrent. Mais l'attraction n'est-ce pas l'expression du mysticisme ? Et le mysticisme ne désigne-t-il pas le fait de la pratique mystique en induisant, parfois, l'idée d'une formalisation ou une systématisation du comportement mystique. Et le concept de « mystique » n'exprime-t-il pas ce qui est relatif à une croyance, au surnaturel ou au divin qui serait, par nature incommunicable, et où l'âme humaine accèderait à une rencontre directe, par translation attractive, avec le volcan-déité ?

Depuis une vingtaine d’années, pour tous ceux qui s'intéressent aux activités volcaniques dans le monde, il apparaîtrait que le nombre de volcans actifs soient en augmentation. Serait-ce une recrudescence du volcanisme qui affecterait la planète Terre ? Ainsi les scientifiques ne devraient pas être obligés de jouer aux apprentis sorciers en créant des volcans artificiels, pour combattre le réchauffement planétaire, ou en déclenchant, quitte à provoquer des temps apocalyptiques pour les humains, les animaux et la nature, des éruptions dans des volcans en sommeil. Cette pseudo-augmentation traduit, simplement, l'intéressement accru de l’homme pour les phénomènes volcaniques. Les observateurs sont plus nombreux et les transports plus aisés. En outre, l’information volcanologique est plus largement diffusée par l’entremise des médias, - presse écrite, parlée ou télévisuelle -, de l'interconnexion des réseaux informatiques et des publications croissantes de revues spécialisées.

Tous les ans, 60 volcans environ, entrent en éruption. Est-ce si cataclysmique que cela ? En regard au nombre démesuré de volcans érigés sur toute la planète et susceptibles de sortir de leur torpeur, la Terre en est-elle au point de non retour et aux portes de l'explosion généralisée ? Le chiffre de 60 est la marque d'une activité volcanique normalisée et nul risque de destruction totale ne peut être envisagée et envisageable. La planète est vivante et elle s'exprime avec la sauvagerie de ses forces internes incommensurables. Si la première étude connue sur ces montres volcaniques est l'œuvre de Pline le jeune faisant la description, au travers de deux lettres, de l'éruption du Vésuve, en l'an 79, des naturalistes et des savants ont tenté de dresser, dès le XVII° siècle, un inventaire des volcans actifs de par le monde.

Athanasius Kircher, en français Athanase Kircher, est un jésuite allemand, graphologue, orientaliste, esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque. Par son ouvrage « Mundus Subterraneus », il établit le premier inventaire, en 1665, y dénombrant 36 édifices volcaniques. Au XIX° siècle, le géographe, naturaliste et explorateur allemand Alexander Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, procède à des études sur les volcans des Andes et d'Amérique centrale. Il est le premier à gravir de nombreux volcans comme, en 1802, l’ascension du Chimborazo, 6.268 mètres, considéré comme le sommet du monde à l’époque. le Cotopaxi, 5.897 mètres ou le Guagua Pichincha, 4.507 mètres. Dans son livre Cosmos, essai d'une description physique du monde, publié en 1846, il en dénombre 407.

En absolu, le nombre de volcans, existant sur la planète Terre, dépendent de leur statut : actif, dormant ou considéré éteint ? Si le microcosme scientiste, en faire valoir, décide d'en adopter une définition, nul de ses membres le composant n'aura vraiment compté tous les volcans terrestres et, tout particulièrement, les centaines de milliers qui sourdent dans le fond sous-marin. Pour preuve, suivant l'estimation avancée dans le livre de la Smithsonian Institution intitulé « Volcanoes of the World, Second Edition », compilé par Tom Simkin et Lee Siebert, la meilleure supputation, à l'heure actuelle, serait que 1.511 volcans, d'autres avançant le chiffre de 1.521, ont eu des éruptions au cours de ces dix derniers millénaires. Néanmoins le nombre de volcans sous-marins, alignés le long des dorsales, des rifts, des failles transversales et des points chauds ou noyés en limite des plaques lithosphériques, excéderait le million d'édifices.

Quant aux volcans en sommeil ou considérés éteints, aucun de ces scientistes gravitant dans leur microcosme et dans leur bulle, bon nombre reconnus mondialement, n'en fait état, certainement par le fait qu'il en serait trop fastidieux et guère revalorisant, notoriété étant, d'en dresser quelconque inventaire. Mais, pourtant, ces secteurs volcaniques oubliés peuvent connaître de nouvelles manifestations éruptives et, en cela, poser risques à une population ignorante de ce plausible danger mortel probablement imminent soit dans le présent immédiat à 100 ou 1.000 ans, soit dans un futur présent à 10.000 ou 100.000 ans, soit dans un temps indéterminable mais fort lointain et au-delà d'un million d'années. « Là où la terre a tremblé, elle re-tremblera... », dit le dicton... Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les volcans ?

Notes

(1) Éjectas ou téphras et pyroclastes : pyroclastes, - du grec πυρóκλαστος, pyro, feu, et klastos, fragment -, désigne, en géologie, les fragments de roche solide expulsés dans l’air pendant l’éruption d’un volcan. Les pyroclastes sont des fragments de roche magma­tique solidifiés à un moment de l’éruption, ou plus fréquemment pendant son parcours aérien, ou arrachés à l’état solide par érosion des structures géologiques existant le long des conduites éruptives. Le terme téphras, - du grec τέφρα, cendres -, est utilisé comme sy­nonyme d'éjectas, généralement utilisé pour les cendres.


Le livre Les ires de la terre. Tome II.

18:14 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcans, volcanisme, publications, éruptions, merapi, sinanbung | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31 août 2010

Indonésie : Réveil du volcan Sinabung, ...des milliers d'évacuations.


Code 0601-08

Localisation : Latitude 3.17° Nord, Longitude 98.392° Est

Stratovolcan, altitude 2.460 mètres, Île de Sumatra, Indonésie.


« Alerte rouge déclenchée sur l'île indonésienne de Sumatra », telle est la nouvelle qui est tombée, le dimanche 29 Août 2010, sur les téléscripteurs des agences de presse. « Après.. », dit-on, « ...plus de quatre siècles de sommeil, le volcan Sinabung est brutalement rentré en éruption, projetant un nuage de fumée, noire et âcre, des pierres, du soufre et de cendres à 1.500 mètres d'altitude et provoquant l'évacuation de plus de 30.000 personnes. »

Le volcan Sinabung, - ou Mont Sinabung, en indonésien, le Gunung Sinabung, aussi dénommé Gunung Sinaboeng et Gunung Sinabun -, un strato-volcan culminant à une altitude de 2.460 mètres, est daté du Pléistocène. Il se situe à 27 kilomètres de la ville de Berastagi, au Nord de l'île de Sumatra, dans une zone principalement agricole. Il est circonvoisin d'un autre volcan, le Sibayak, C'est un complexe volcanique de forme allongée, de quatre cratères sommitaux, migrant dans un axe Nord-Sud, qui se chevauchent : le cratère 1, de 300 mètres de diamètre, le cratère 2, de 150 mètres de diamètre, le cratère 3, le Sigala Batu, de forme avale, 160 mètres sur 130 mètres, et le cratère 4, le plus jeune et le plus petit, de 60 mètres de diamètre. Une forte activité solfatarique y est présente, tout au long du XX° Siècle, sur les évents 2 et 3 contenant, tous deux, un lac de cratère.

Il est communément admis, par les sphères scientifiques, que la précédente éruption du Gunung Sinabung se serait produite en l'an 1600, mais il en est trop rapidement oublié, certes les autorités les classant « incertaines », l'éruption explosive de 1881 et la forte activité solfatarique, avec émission de vapeur, de gaz et de lave, de 1912.


Généralités sur le volcanisme indonésien.


Bien que les archives chinoises signalent une éruption du volcan Krakatau, au III° Siècle après J.C., ainsi que 17 éruptions, au XV° siècle, pour le Kelut et le Krakatau, la communauté scientifique émet des doutes sur nombre d'entre elles. Les premières, dès 1512, - Sangeang Api et Gunungapi Wetar -, documentées par des Européens, - le Portugal ayant pris le contrôle du commerce des clous de girofle des Moluques, la Compagnie des Indes Néerlandaises contrôlant les îles de 1602 à 1780, le gouvernement néerlandais suivant la Copagnie et la Grande-Bretagne prenant le contrôle temporaire des dites îles au début du XIX° Siècle -, sont considérées comme dignes d'intérêt.

L'arc de la Sonde, plus de 3.000 kilomètres de longueur, s'étirant depuis le Pulau Weh situé à l'extrémité Nord-Ouest de Sumatra, dans la mer d'Andaman, jusqu'au Pulau Sumba, au Nord-Ouest de la Mer de Banda, résulte de la subduction de la croûte océanique de l'océan Indien sous la plaque tectonique de Sunda. Cet arc comprend 76% des volcans indonésiens, mais les volcans d'Halmahera et des îles volcaniques voisines, et ceux de l'arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe sont tectoniquement plus complexes par le fait, d'une part, du centre d'expansion basaltique sis sous les îles Andaman-Nicobar, centres d'expansion, et, d'autre part, par la présence de multiples zones de subduction, principalement orientée Nord-Sud.


Généralités sur l'Indonésie.


L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie, - en indonésien Republik Indonesia -, capitale Djakarta, est un pays d' Asie du Sud-Est, en Insulinde. L'Indonésie compte 17.508 îles réparties sur une superficie océanique, tout en n'en faisant qu'un cinquième en superficie continentale, proche de celle des États-Unis. Avec une population d'environ 230 millions d'habitants, il est le quatrième pays le plus peuplé du monde et, en population de religion musulmane, le plus important au monde. Cet état partage des frontières terrestres avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, - île de Nouvelle Guinée -, le Timor oriental, - île de Timor - , et la Malaisie, - île de Bornéo -.

La géographie de l'Indonésie est dominée par les volcans formés par les zones de subduction entre les plaques Eurasienne et Indo-Australienne. Les volcans d'Indonésie font partie de la Ceinture de feu du Pacifique. L'Indonésie compte environ 2.500 volcans, - dont plus de 150 en activité -, se répartissant, géographiquement, en volcans de l'arc volcanique de la Sonde, d'Halmahera, incluant les îles volcaniques voisines, et de l' arc volcanique du Sulawesi et des îles Sangihe qui se prolonge avec les volcans des Philippines.

Les volcans les plus actifs sont le Kelud et le Merapi sur l'île de Java, et sont responsables de milliers de morts dans la région. Depuis l'an 1.000, le Kelud est entré en éruption plus de 30 fois, la plus grande éruption atteignant l'indice d'explosivité volcanique VEI 5, tandis que le Merapi est entré en éruption plus de 80 fois


Généralités sur Sumatra.


La géographie de Sumatra est dominée par le Bukit Barisan, une chaîne de montagne s'étendant, du Nord au Sud de l'île, sur près de 1.700 kilomètres et formée par le mouvement subductif de la plaque Indo-Australienne qui se déplace à la vitesse de convergence de 5,5 centimètres par an, provoquant de nombreux tremblements de terre, - comme celui du 26 décembre 2004 -, et formant également des chambres magmatiques sous l'île.

Plus de 500 édifices volcaniques, dont 35 volcans actifs, tous situés sur l'île de Sumatra à l'exception de Weh, depuis le Pléistocène, au large de l'extrémité îlienne Nord-Ouest, se décomptent le long de la chaîne volcanique Bukit Barisan. Le plus grand volcan est celui du lac Toba créé, il y a 74.000 ans, lors de l'effondrement de sa caldeira et le point culminant de la chaîne en est, du haut de ses 3.800 mètres, le Kerinci.


Le Volcanisme sur Sumatra.


Le volcanisme, sur l'île de Sumatra est la conséquence de la subduction, vers le Nord-Est, avec une vergence positive de 7 centimètres par an, de la plaque océanique Indo-Australienne sous la plaque continentale de la Sonde. Tectoniquement, la région enregistrant des séismes intraplaque, de subduction et crustaux, de forte magnitude, - magnitude 9.0 révisé 9.3 du 26 décembre 2004, magnitude 8.4 du 28 Mars 2005, Padang Panjangf magnitude 6.4 et Singkarak magnitude 6.3 du 6 Mars 2007, magnitude 7.4 du 20 Février 2008, Sibolga magnitude 6.0 du 19 Mai 2008, magnitude 7.5 du 30 septembre 2009, Sungai Penuh magnitude 6.6 du 01 Octobre 2009,... et une kirielle de séismes de magnitude comprise entre 3.5 et 5.9 -, est, avec le Chili, le Mexique, le Japon,..., l'une des plus actives de toute la planète Terre.

La convergence entre les plaques Indo-Australiennne, de Birmanie et de la Sunda, au large de la côte Ouest de l'Île de Sumatra, est orientée Nord-Sud. Au niveau de la fosse de Sumatra-Java, - une marge active de profondeur maximum 7.400 mètres, en arc de cercle sur environ 5.700 kilomètres -, au large de l'île de Java, la subduction est « normale » alors qu’au large de l'île de Sumatra elle est à convergence oblique. Cette obliquité de la convergence crée des déformations dans une zone s’étendant de la mer d’Andaman au détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra. Cette zone correspond aux plaques de Birmanie et de la Sunda, aux bassins avant arc de Nicobar-Simeuleu, Nias et Mentawai, et à l'avant arc s'étirant depuis le Pulau kokos jusqu'au Pulau Enggano, une chaîne de reliefs séparée de Sumatra par le détroit de Mentawai. Cette chaîne, au vlcanisme naissant, sur la faille active de Mentawai, est formée des îles de Simeulue, de Nias, de Batu, - Pini, Tanah Masa, Tanah Bala... -, et de Mentawai, - Siberut, Sipora, North Pagai... -.

Les volcans les plus actifs de Sumatra sont le Marapi, le Karinci, le Talang et le Kawa.


En conclusion.


Avec ses 128 volcans actifs pour un total de 1171 éruptions dénombrées, historiquement, l'Arc volcanique de la Sonde est, avec le Japon, 1274 éruptions comptabilisées, leader mondial dans les statistiques afférentes au volcanisme. En ces deux régions conjointes s'y sont produits, annuellement, plus des deux cinquièmes des éruptions explosives recensées dans le Monde.

Mais si de nombreuses études ont été réalisées, au cours du XX° Siècle et en ces débuts du XXI°, sur les édifices volcaniques ayant connu une activité au cours de ces 110 dernières années, bien peu d'études stratigraphiques des dépôts volcaniques plus anciens ont été diligentées en Indonésie. Seulement 0,5% des éruptions anciennes, reconnues et référencées, ont été datées par d'autres techniques que celles dites historiques. Une telle lacune, en regard de la reprise d'activité, entre 1990 et 2010, d'un certain nombre de volcans considérés en sommeil depuis plusieurs siècles, nécessiterait une analyse plus approfondie du dossier Holocène, - préhistorique et historique -, afférent à cette région volcanique.

En effet, l'entrée en éruption du volcan Sinabung, après quatre siècle de semi sommeil, ne sera pas une exception, et d'autres, par la multiplication des séismes qui affectent l'archipel indonésien, - tels le Padang Panjangf, le Singkarak, le Sibolga, le Sungai Penuh... -, ne sauraient tarder à se réveiller.

07 juillet 2010

Le volcan Garet, sur l'île de Gaua, à « très haut niveau d’activité », en phase éruptive.

 

Code 0507-02

Localisation : Latitude 14.27° Sud et Longitude 167.50° Est

Stratovolcan, altitude 797 mètres, Île Santa Maria, Vanuatu.


Connue aussi sous le nom de Santa Maria, l'île de Gaua, rattachée à l'archipel Torres-Banks, - province de Torba, Vanuatu -, possède l'édifice volcanique le plus menaçant de cette région. C'est un stratovolcan basaltico-andésitique, aux pentes douces, en partie sous-marin, coiffé d'une caldeira sommitale ovale, de 6 x 9 kilomètres de diamètre, occupée par le lac Létas entourant le Mont Garet, - Mont Garat ou Mont Garhat -, un cône de cendres culminant à 801 mètres d'altitude. Ce lac à fond plat, d'une superficie de 19,7 kilomètres carrés, a une profondeur maximale d'environ 119 mètres. Son volume est estimé à 800 millions de mètres cubes. Quel qu'en soit le taux pluviométrique, le déversoir, situé à l’est du chaudron ovoïde, semble assurer un niveau sensiblement constant à l'étendue d'eau.

La forme grossièrement circulaire de l'île de Gaua, 20 kilomètres de diamètre environ et d'une superficie de 320 kilomètres carrés, est la partie émergeante d'un bâti vulcanien de 40 kilomètres de diamètre et, depuis son niveau basal océanique, de près de 3.000 mètres de hauteur totale. En règle générale, liés à la géodynamique du Pacifique Sud-Ouest, à la fosse du Vitiaz, au bassin Nord-Fidjien et à la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Australienne au sens inversé après la collision, entre le plateau d'Ontong-Java et l'arc du Vitiaz, qui a provoqué la dérive vers l'Ouest des arcs insulaires Salomons, Banks et Vanuatu, l'ouverture du bassin Nord-Fidjien et la genèse de la zone de subduction actuelle matérialisée par les fosses des Salomons et du Vanuatu, au moins quatre stades de formation de l'édifice peuvent se différencier. Le quatrième et dernier de ces stades, résultant d'éruptions volcaniques qui remonteraient à plusieurs milliers d'années, est l'élaboration de cônes de laves basaltico-andésitiques très bulleuses et pauvres en olivine, de scories, de cendres et de tufs lités.

L'aspect physique de l'île-volcan Gaua s'ordonnance autour d'une caldeira centrale accaparée par un lac en forme de croissant de lune enserrant, en son quart Sud-Ouest, un cône vulcanien symétrique à sommet plat, l'actif Mont Garet et son cratère de 700 mètres de profondeur abritant trois petits cratères. Tout autour de la caldeira, un cercle de collines, petites bouches parasites d'âge Pléistocène ayant déversé des coulées de lave qui ont atteint la côte en nombreux points de l'île, ont modelé les flancs de l'ancien volcan recouverts, en surface, sur plusieurs mètres d'épaisseur, par des produits fins, scories et cendres. Une large plaine littorale périphérique, un milieu eutrophe limono-argileux riche en allophanes encerclé par un récif corallien frangeant surélevé, s'élève, de 3 à 5 mètres, au-dessus du niveau de la mer.

L'ile de Gaua se situe, d'autre part, à l'Est du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui s’étend, depuis l'archipel Santa Cruz, jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter, revendiquées par la France, sur 1.500 kilomètres, et qui se caractérise par une fosse profonde, - 6.000 à 8800 mètres -, une plate-forme sous marine, - 1200 à 1800 mètres de profondeur - d'où émergent quelques îles basses à substratum volcanique, - les îles Santa Cruz, les îles Torrès et les îles Banks -, l'absence de volcans aériens actifs sauf aux extrémités Nord, -Tinakula -, et Sud, - Vanua Lava, Gaua et Merig -, et des fossés arrière-arc évasés vers le Nord ; d'autre part, au Nord du bassin d'Ambaé-Nord et de la faille bordière de Santa Maria, une faille perpendiculaire à la fosse de Santa-Cruz-Torres aussi dénommé des Nouvelles Hébrides-Nord ; et, enfin, à l'Ouest des fossés du Jean-Charcot qui ont été le siège de mouvements extensifs à l'origine de horsts et de grabens discontinus.

L'activité volcanique, pour le bâti sous marin, coïncidant avec l'ouverture du bassin Nord-fidjien, a débuté au Serravallien, Miocène moyen, - 13,65 à 11,6 Millions d'années -, s'est poursuivie durant tout le Miocène supérieur, au Tortonien, - 11,6 à 7,25 Millions d'années -, et au Messinien, - 7,25 à 5,33 Millions d'années -, et a précédé le développement de la chaîne centrale de l'arc volcanique sur lequel se situent les îles Banks et l'île Santa Maria. Vers 5,5 à 5,1 Millions d'années, celle-ci devient, essentiellement, de type orogénique. L'île actuelle de Gaua a émergé au Pléistocène, - 1,8 Million d'années à 11.430 ans avant J.C. -, période où de nombreux cônes se sont édifiés sur ses flancs et ont produit de nombreuses coulées de lave. La formation de la caldeira, quant à elle, peut être datée de la période Holocène, - les derniers 10.000 ans -, et, accompagnée d'une colonne de cendre s'élevant à plusieurs milliers de mètres, elle a découlé d'une forte éruption de type explosif qui disperse violemment la partie supérieure de la chambre magmatique provoquant l'effondrement total ou partiel de l'édifice vulcanien y incluant le cône volcanique préexistant quand celui-ci subsiste.

Mais quand cette caldeira s'est-elle formée ? Quand le cône de cendre du Garet s'est-il arraché et érigé sur la lèvre Sud-Ouest de ce chaudron ? Y a-t-il 100 ans ? 1.000 ans ? 5.000 ans ? Bien difficile est d'y répondre. En effet, la première éruption décrite et référencée, à partir d'un évent sur le flanc Sud-Est du Mont Garat, comme nombre de scientifiques et de pseudo-scientistes s'en gaussent, « après une longue période de dormance. » ne remonte qu'en l'an 1962. Avant... Seul le « no man’s land... » Enfin, en regard au récif corallien frangeant surélevé, en périphérie de l'île Santa Maria, une troisième question se pose : Ce récif corallien n'est-il pas implanté sur les lèvres d'une structure qui ressemblerait à une caldeira sous-marine datant du pléistocène final ? Comme pour le Sartorin en Grèce vers 1550 avant J.C., le Krakatoa en Indonésie en 1883,... et le Kuwai, au Vanuatu vers 1420-1430, le Gaua n'aurait-il pas explosé emportant la majorité de l'île et créant, en lieu et place, une caldeira sous-marine ? Et, comme pour le Kuwai et sa kyrielle de volcans sous-marins actifs à l'origine de la création d'îles temporaires de faible altitude, - telles les éruptions de 1897 et 1901 créant une île de 1 kilomètre de long et 15 mètres d'altitude -, vite érodées par l'océan, l'île de Gaua n'est-elle pas renée de ses cendres plusieurs siècles ou millénaires après une éruption cataclysmique ?

A cette interrogation, une explication peut en être donnée par la particularité géologique attachée à l'arc insulaire des Nouvelles Hébrides qui s’étend depuis l'archipel Santa Cruz jusqu'aux îles-volcan, Matthew et Hunter. Le mouvement subductif est régulier et uniforme, et le pendage subducté continuel et constant, sur toute la longueur du segment septentrional de la marge convergente du Vanuatu qui est siège d'une importante sismicité tant superficielle, - 0 à 60 kilomètres de profondeur -, traduisant le glissement des plaques Pacifique et australienne et une déformation à l'intérieur de ces dites plaques, qu'intermédiaire, - 60 à 300 kilomètres de profondeur -. Dans cette région, l'angle de « plongement » de la plaque australienne sous la plaque Pacifique, plus particulièrement sous la zone orogène du plateau Nord-Fidjien, matérialisée par la microplaque des Nouvelles Hébrides, les récifs Balmoral et Conway et les terranes Torres-Santa Cruz-Banks et Anuta, passe de 60°, vers 100 kilomètres de profondeur, à 80° vers 290-300 kilomètres de profondeur, en faisant le pendage le plus incliné, 70% d’inclinaison au lieu des 30 à 50% coutumiers, de tout le « Pacific ring of fire », ou « Cercle de feu du Pacifique. » Cette position quasi sub-verticale de la lithosphère océanique australienne, dans la fosse de Torrés, résultant des courants de convection mantellique très puissants circulant, d'Est en Ouest, sous la plaque Pacifique, entraîne une anomalie conjoncturelle anormale. Par comparaison à l’ensemble des arcs insulaires où les volcans se situent à plus ou moins 110 kilomètres à l’aplomb du plan de Benioff, les volcans actifs de l'arc insulaire Nord, - Tinakula, Motlav, Suretamatai, Gaua et Mere Lava -, central, - Aoba et Ambryum -, et Sud Vanuatu, - Lopevi, Epi, Kuwae, North Vate, Traitor's Head, Yasur, Gemini Est, Matthew et Hunter -, se localisent, eux, à 200 à 250 km à l’aplomb de la dite surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction.


L'activité sur le Mont Garet et l'île de Gaua au cours du dernier millénaire.


En toute réalité, au cours du dernier ou des deux derniers millénaires, - des travaux et des analyses effectués sur des cendres révèleraient qu'au moins un ou deux aléas volcaniques se seraient produits au cours du XIX° siècle -, les éruptions qui se sont succédées, de toute évidence essentiellement intra-caldeiriques, ont formé, d'une part, le cône volcanique du Mont Garbat qui borde le quart Sud-Ouest du Lac Létas et les trois bouches parasites qui s'abritent au fond de son cratère de 700 mètres de profondeur, et, d'autre part, plusieurs cônes, tout autant parasites, qui sommeillent dans les profondeurs du lac de caldeira. Certes les versants du Mont Garet, au XX° siècle, étaient très boisés, mais l'édifice volcanique était dans une phase intermédiaire solfatarique et fumerollienne faible à modérée.

Depuis que le Mont Garat est sorti de sa « pseudo dormance », en Juillet 1962, entrant dans une phase d'activité à moyen terme, une éruption explosive sommitale d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une éruption suivie, du 15 Septembre au 09 Novembre 1963, par l’ouverture d’un nouveau cratère sur le flanc Sud-Est du cône, et une nouvelle éruption explosive d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, une douzaine d'éruptions, toutes d'Indice d'Explosivité Volcanique VEI 2, en alternance entre la partie sommitale du cône et le cratère ouvert sur le flanc Sud-Est, accompagnées d'explosions phréatiques, - 09 Juillet 1981 et 18 Avril 1982 -, et de panaches cendreux, - le 15 Décembre 1973 l'évacuation des 525 habitants de l'île de Gaua s'était révélée nécessaire -, se sont déroulées.

Depuis Avril 1991, un signe évident que le magma n’est pas loin sous la surface, le cratère Sud-Est dégaze fortement et en continu, et les produits de dégazage du magma se répandent, principalement, dans la zone Nord-Ouest de l’île où l’impact du panache blanc dense dégageant une une forte odeur de anhydride sulfurique, associé aux pluies acides et aux vents dominants, brûle la végétation et dénude, en grande partie, le versant Nord-Ouest de la caldeira. Des fumerolles sous lacustre, aux températures variant entre 30 et 70° C., s'élèvent au dessus de la surface du lac Létas et de nombreuses zones fumerollienes recouvrent les parois intérieures du cratère du Mont Gharat de dépôts de soufre.

Le Mont Garat a montré des signes d'agitation à partir de la mi-Septembre et est rentré, en éruption sommitale, le 27 Septembre 2009. Dès le 03 Octobre, le volcan émet, journellement, des panaches de gaz volcanique, dont 3.000 tonnes de dioxyde de soufre, et de cendres, une augmentation de l'activité volcanique forçant les autorités locales, le 26 Novembre, à l'évacuation de trois villages, implantés sur la côté Ouest de l'île de Gaua et à déplacer les 300 habitants concernés, souffrant de graves problèmes respiratoires, vers les villages de la côte Est.

Au fil des jours et des semaines, les éruptions volcaniques de type strombolien et les émissions de gaz et de cendres, les panaches atteignant des hauteurs égales ou supérieures à 3.000 mètres, augmentent de façon significative depuis le 16 Janvier. Des explosions sont entendues dans tous les villages de la côte Est de Gaua et jusqu'aux îles voisines de Mota, de Vanua Lava, et jusqu'à Naoné sur Maéwo et Port Olry sur Espiritu Santo. Suivant les informations glanées près les services vulcanologiques du Vanuatu, entre les 22 et 29 Janvier 2010, « le niveau d'eau, dans le lac Letas, a augmenté de 30 centimètres », d'une part, et, d'autre part, suivant les mesures G.P.S., le cône sommital, du Mont Garet, se serait surélevé d'au moins 10 à 20 centimètres.

Devant la menace que laisse peser, sur les habitants, les 800 millions de mètres cubes du lac de caldeira, leur probable déversement au cas où la structure de l'édifice volcanique se déstabilise, engendrant le contact de l’eau du lac du cratère avec le magma qui pourrait, lors, devenir explosif, le 18 Avril 2010, le Département des Affaires internes du gouvernement du Vanuatu ont déclaré le volcan à « très haut niveau d’activité » et mis en place « une logistique pour l'évacuation des 3000 habitants de l'île de Gaua : Une partie d'entre eux seront acheminés sur l'île de Sola où l'Eglise Anglicane les accueillera, et l'autre partie sur l'île de Torba. »

Tout au longs des mois de Mai et de Juin, l'activité explosive se poursuit et est en permanente recrudescence. Les panaches de cendres et de gaz s'intensifient et s'élèvent à des altitudes égales ou supérieures à 3.000 mètres et dérivent, au grès des vents dominants, sur des dizaines de kilomètres tel le19 Juin où le panache a dérivé sur plus de 90 kilomètres vers l'Ouest. Un porte-parole du Vanuatu, chargé de la gestion des catastrophes précise que « de gigantesque panaches sombres » sortent du cratère sommital du Mont Garet et de celui de son évent sur le flanc Sud-Est. Des pluies de cendres s'abattent sur les villages causant des dommages à la végétation, autour du cratère et dans les zones Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest de l'île. Générés par les pluies, des Lahars, - des coulées boueuses d’origine volcanique principalement formée d’eau, de cendres volcaniques et de tephras -, souvent brûlants lorsque les dépôts volcaniques ont été récents et chauds, ont été emportés par les cours d'eau, les 7, 16 et 19 Juin, et les ont fait déborder.

Même si depuis le 22 Juin, aucune dépêche ne semble plus faire état de l'activité en cours des volcans du Vanuatu, - le Mont Garet sur Gaua, le Mont Bembow sur Ambrym , le Yasur sur Tanna, le Mont Manaro sur Ambaé..., tous classés en catégorie « très haut niveau d'activité » -, celle du Mont Garet est toujours croissante et génère, accompagné d'explosions quotidiennes et de brêves éruptions de type strombolien, des panaches de cendres et de gaz majoritairement sulfureux atteignant les 3.000 mètres d'altitude.

Cette situation laisse à penser à l'éruption significative, en novembre 2005 du Mont Manaro, situé à l'île d'Ambae. Ce volcan, tout comme l'île -volcan de Gaua est coiffé d’un lac de caldeira, le Vui. Celle-ci, non cataclysmique, n'ayant pas destabilisé la structure de l'édifice volcanique, avait donné naissance à une nouvelle île mesurant 500 mètres de diamètre et culminant à une cinquantaine de mètres au-dessus du lac acide dont le niveau, sous le coup de l’évaporation et d'un léger débordement ayant provoqué des lahars, avait baissé de plusieurs mètres.


En conclusion.


Même si les conduits magmatiques qui alimentent le cratère du Mont Garet paraissent « suffisament isolés des eaux du lac Létas acide », ce qui reste à démontrer, le cône volcanique étant né dans la partie Sud-Ouest de la caldeira, le risque qu'il se produise une éruption phréatomagmatique explosive, pouvant se transformer en éruption cataclysmique, est bien présent. En effet, une possible déstabilisation de la structure du volcan, en raison de l'importante fièvre sismique dans la proche région, une pléiade de séismes de magnitude oscillant entre 4,5 et 6,5, se produisant à fréquence répétée, entre 2 et 5 hebdomadairement, dans un rayon de 10 à 15 kilomètres autour du bâti volcanique, est à craindre.

Une éruption lavique et une éventuelle et possible entrée en contact du magma avec l'eau du lac Létas, un lac constituant, de fait, le chapeau de l'ancien cratère Holocène, un lac contenant 800 millions de mètres cubes d'eau acide, avec la chambre magmatique située juste en-dessous, est potentiellement envisageable à plus ou moins court terme.

En outre, cette menace est aussi potentielle en regard des cinq cratères, le cratère sommital et les quatre évents Nord, Est, Sud-Est et Ouest, car trois des cratères sont siège de lacs, l'évent Nord et le cratère central et leurs lacs acides aux eaux vertes, et l'évent Ouest et son lac limoneux aux eaux brunes.

Sources pour la chronologie éruptive après 1962 : Gaua, Global Volcanism Program

28 juin 2010

Le Sulu Range, sur l'Île de Nouvelle Bretagne, vers une nouvelle éruption comme en 2006 ?

Code 0502-09

Localisation : Latitude 5.50° Sud et Longitude 150.942° Est.

Stratovolcan, altitude 610 mètres, Île de Nouvelle Bretagne, Papouasie-Nouvelle Guinée.


Le 24 Juin 2010, à 05 h 32 Temps Universel, 15 h 32 Heure Locale, un séisme de magnitude 6.3 sur l'échelle ouverte de Richter, magnitude du moment 6.1, a encore frappé l'île de Nouvelle Bretagne, tout particulièrement la province de Bangula, dans le Nord-Est des montagnes de Nakanaï. Son épicentre, localisé latitude 5.53° Sud et longitude 151.13° Est, se trouve à 10 kilomètres au Nord-Nord-Est de Siwanpuna, à 15 kilomètres au Sud-Est de Malasi, à 20 kilomètres au Sud-Est de Sulu, à 110 Kilomètres à l'Est de Kimbe et à 618 kilomètres au Nord-Est de Port Moresby.

Son hypocentre se situe à 51 kilomètres de profondeur, sous le complexe volcanique basaltique et rhyolitique du « Sulu Range », un chevauchement de petits stratovolcans, de dômes de lave, de maars, - Kaiamu -, de solfarates et de marmites de boue, - région hydrothermique de Walo -, le Mont Malopu, - aussi appelé Malutu ou Malobu -, 610 mètres, à l'extrémité Sud-Ouest du complexe, en étant le point culminant. Un évent de ce complexe, bien qu'aucune éruption historique ne fut ni connue, ni référencée, à prime abord le Mont Ruckenberg, 565 mètres, mais plus exactement le Mont Karai, 500 mètres, entre les édifices volcaniques Ubia et Ululu, est entré en éruption le 07 Juillet 2006, son activité éruptive se prolongeant jusqu'en Octobre de la même année.

Dès le mois de février 2006 un changement notoire, ralentissement de l’activité photosynthétique de la végétation, dessèchement des formations végétales, désertification des dômes..., était constaté sur les versants de la chaîne de « Sulu Range ». Sans éruption historique connue et recensée, cette chaîne volcanique était considérée comme « éteinte » donc laissée sans surveillance. Même si, en 1985, un tremblement de terre, de magnitude 7.0 avait frappé le Sud-Est de la chaîne du « Sulu Range », même si, après le dit séisme, une source thermale est apparue sur le flanc du cône Karai, même si la raison en a été, de toute évidence, l'inflation du dôme avec des remontées magmatiques, difficile, lors, de se prononcer sur les intellections physiques qui ont entraîné le dessèchement de la végétation et la désertification locale qui en ont découlé.

C'est vite oublier, sans comptabiliser ceux de magnitude inférieure, qu'au moins cinq séismes de magnitude égale ou supérieure à 5.0, l'épicentre se situant à quelques 5 à 25 kilomètres du Mont Karai et du complexe de « Sulu Range », ont frappé le Nord-Est des montagnes de Nakanaï entre le 20 Mars 2003 et le 28 Mai 2006 : deux le 20 Mars 2003, de magnitude de 5.4 et d'hypocentre à 40 kilomètres de profondeur ; un le 30 Septembre 2005, de magnitude 6.5 et d'hypocentre 31 kilomètres de profondeur ; un le 29 Mars 2006, de magnitude 5.0 et d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur ; et un le 28 Mai 2006, de magnitude 6.4 et d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur.

En référence à la sismicité et au volcanisme inhérents aux arcs volcaniques, le complexe « Sulu Range » se situant sur l'arc insulaire Bismarck, l’examen des enregistrements des séismes et la localisation de leurs foyers, contribuent à déterminer une relation exponentielle, dans le temps, entre les phénomènes sismologiques et volcaniques. En cela, sur l'île de Nouvelle Bretagne, tous les séismes intermédiaires (1), entre 33 et 70 kilomètres de profondeur, de magnitude égale ou supérieure à 6.5/7.0, hypocentre localisé sous un volcan, ou à sa périphérie immédiate dans un rayon de 15 à 20 kilomètres, ont tous été suivis d’éruptions violentes de ce volcan même si celui-ci est considéré comme « somnolant », « endormi », voire « éteint », les éruptions modérées, elles, ayant été précédées par des séismes de magnitude comprise entre 5.0 et 6.5, d'une part ; d'autre part, l'intervalle de quelques mois existant entre le moment où s'est produit le séisme et l'instant où le volcan entre en éruption, dépend de la profondeur du foyer du ou des séismes intermédiaires précurseurs et de la nature éruptive du volcan lui-même, actif, en sommeil ou, - les solfatares et les fumerolliens et certains bâtis volcaniques après 1.000 ou 2.000 ans d'inactivité -, considéré éteint ; et, enfin, le rapports distance entre le foyer sismique, la chambre magmatique et la cheminée volcanique, et l'intervalle de temps découlant du type du volcan et du caractère de ses éruptions, pour les arcs volcaniques, la montée du magma variant entre 0,2 à 0,5, suivant le temps d'inactivité effective de l'édifice, et 2,5 kilomètres par jour(2).

Dans le cadre d'une éruption volcanique, le magma est amené à se frayer et s'ouvrir un passage pour s'exhausser jusqu'à la surface et s'épancher. Il résulte, de ce processus physique, géothermique et tout autant mécanique, le magma provoquant des séismes de faible puissance sur son parcours ascendant, que les roches « encaissantes », se faisant, elles, de moins en moins denses et la force d'Archimède ne suffisant plus au magma pour monter, sont fracturées sous la contrainte exercée car une éruption ne peut être possible que si une quantité suffisante de magma, généralement plus ou moins 100 kilomètres cubes, s'est accumulée dans une chambre.

Pour les volcans considérés « en sommeil » ou « éteints », ce processus est plus lent et, il arrive souvent, avant que l'éruption finale ne se déclenche, qu'un certain nombre d'entre elles avortent et se transforment en phénomènes paravolcaniques tels que des exutoires fumerolliens, mares de boues, mofettes, solfatares et apparitions de sources d'eaux chaudes ou thermales. Ainsi en est advenu, pour le Mont Karai, en 1985, faisant suite au séisme du 30 Septembre 2005, de magnitude 6.5, la survenue de sources d'eau chaudes qui se sont mises à sourdre sur les pentes de l'édifice et la formation d'épisodes fumerolliens occasionnels se reproduisant et s'amplifiant, son foyer se situant sur ou en périphérie immédiate, lors de chaque nouveau tremblement de terre affectant le Nord-Est des montagnes de Nakanaï et le complexe du « Sulu Range. »

En regard du « Sulu Range », après plusieurs éruptions avortées, l'activité sismique, annonciatrice d'une phase éruptive, a réellement débuté le 06 juillet 2006 par un essaim de tremblements de terre, d'intensité I à IV sur l'échelle Mercalli modifiée, ressentis de Kimbe jusqu'à Bialla et Mamota, à une distance approximative de 16 à 20 kilomètres. Les secousses, - une toute les une à deux minutes durant les deux premières semaines de l'aléa volcanique -, ont été accompagnées, dans les secteurs Nord-Ouest et Sud de la chaîne du « Sulu Range », entre les cônes d'Ubia et d'Ululu, au-dessus du dôme sommital du Mont Karai, de grondements et d'émissions modérées de vapeur blanche et de cendres.

Tous les cours d'eau prenant leur source sur les pentes des monts jumeaux, le Ruckenberg et le Karai, à cause de la multiplication des secousses, et l'augmentation de la température, tant du sol que des eaux, prennent une teinte laiteuse qui devient vite boueuse. Et les éruptions, panaches de cendres, de gaz et de nuées et coulées pyroclastiques ont commencé dès le 07 juillet. Elles sont devenues moins importantes à partir du 10 juillet et elles ont persisté jusqu'au 11 Septembre 2006.


En conclusion :


L'Île de Nouvelle-Bretagne se situe sur l'une des zones les plus mobiles de la planète, la ceinture orogénique péripacifique ou cercle de feu du Pacifique qui est la plus active du globe tant sur le plan éruptif que sismique, plus précisément sur la « ceinture orogénique téthysienne », du nom de l'Océan Téthys, en finalité de disparition, dont sont nées les montagnes qui vont de la zone caraïbe à l'Indonésie et à la Mélanaisie.

La structure du relief est due à la subduction compressive de la plaque continentale Australienne, de poussée Nord, sous la plaque océanique Pacifique, de poussée tangente vers l’ouest, dès le Crétacé. A l’éocène, cette collision entraine, d'une part, diverses ruptures dans les plaques Australienne et Pacifique favorisant la formation des microplaques Bismarck Nord, Manus, Bismarck Sud et Mer des Salomons, et, d'autre part, un épanchement de lave créant un arc volcanique, aujourd'hui fossile, dont le Sud de l'Île de Nouvelle-Bretagne est issu. Au pléistocène, résultant de la subduction de la microplaque Mer des Salomons sous la microplaque Bismarck Sud, un nouvel arc, caractérisé par de grands volcans actifs, - Garbuna Group, Garua Harbour, Bola, Dakataua, Pago, Lolo, Sulu Range, Hargy, Bamus, Ulawun, Lalobau, Rabaul, Tavui... -, s’établit plus au Nord, c'est la naissance du Nord de l'Île de Nouvelle-Bretagne.

Si un parallèle est établi entre le séisme du 28 Mai 2006, de magnitude 6.4 et d'hypocentre 40 kilomètres de profondeur, véritable précurseur de l'éruption du Mont Karai, débutée les 06 et 07 Juillet suivant, et le tremblement de terre du 24 Juin 2010, de magnitude 6.1 et d'hypocentre 51 kilomètres de profondeur, tous deux s'étant produits dans la périphérie immédiate du complexe « Sulu Range », il ne serait pas surprenant qu'une activité éruptive modéré n'affecte, dans les prochaines semaines, le dit complexe volcanique.

Et s'il s'avère qu'une activité volcanique soit la résultante du tremblement de terre du 24 Juin, hypocentre 51 kilomètres de profondeur, celle-ci pourrait démarrer aux environs du 15 Août 2010. En effet, c'est 40 jours après le séisme du 28 Mai 2006, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, que le volcan Mont Karai est rentré en éruption, le magma s'étant élevé à la vitesse de 1 kilomètre par jour.


Notes


(1) Conventionnellement les séismes, suivant la profondeur de leur foyer, sont classifiés : de 0 à 33 Kilomètres de profondeur, séismes superficiels ; de 33 à 70 kilomètres, séismes intermédiaires ; et de 70 à 700 kilomètres, les hypocentres pouvant atteindre de telles profondeurs, - Îles Fidji, Colombie... -, séismes profonds.

(2) Les séismes volcaniques et les arcs insulaires. Raymond Matabosch. En cours de finalité de rédaction. 2010.

23 juin 2010

Le volcan Manam semble reprendre vigueur.

Code 0501-02

Localisation : Latitude 4.080° Sud et Longitude 145.037° Est,

Stratovolcan, altitude 1.807 mètres, Papouasie-Nouvelle Guinée.

Alerte aviation : Non référencée.

Alerte volcan : Non référencée.


L'île-volcan Manam, connue localement sous le nom de Motu Manam, dans la province de Madang, Papouasie-Nouvelle Guinée, est une île basaltico-andésitique circulaire de 10 kilomètres de diamètre culminant à 1.807 mètres d'altitude. Elle se situe dans la Mer de Bismarck dans le détroit de Stephan, à 12 kilomètres au large de la côte Nord-Est de l'île mélanésienne de Nouvelle Guinée, à 14 kilomètres au et à 16 kilomètres au Nord-Nord-est de Bogia, est l'un des volcans les plus actifs du pays.

Elle a été habitée jusqu'en 2004 mais, suite à une conséquente série d'éruptions pyroclastiques meurtrières qui se sont produites entre le 24 Octobre et le 21 Décembre de la dite année, le gouvernement avait ordonné l'évacuation forcée, les installant à Potsdam, Asurumba et Mangem, - trois anciennes plantations de cocotiers du district de Bogia -, des 10.000 personnes environ, réparties dans 16 villages, peuplant l'île. Mais la présence du gouvernement et des organisations non gouvernementales, dans la région, étant quasi-inexistante, les îliens déplacés ont, depuis, été livrés à eux-mêmes. Quelques réfugiés, déblayant les toitures et les terrasses des habitations encore debout, et cultivant les riches terres, sont, depuis, revenus vivre sur Manam.

L'édifice volcanique se compose d'une alternance de couches de cendres, de lave et de roches résultant d'éruptions antérieures. Le volcan a deux cratères sommitaux implantés dans les et en restes d'une ancienne caldeira visibles à une altitude de 900 mètres et, bien que les deux soient actifs, des éruptions de type péléen et strombolien s'étant succédées depuis l'Holocène, la plupart des jaillissements historiques sont l'œuvre du cratère Sud. Les produits éruptifs que ce cratère a émis au cours du XX° siècle se sont majoritairement concentrés dans la vallée d'avalanche située au Sud-Est de l'île-volcan. Cinq petits dômes satellites sont situés proche des côtes nordiques, méridionales et occidentales de l'île.

Ses versants, à l'exception de son dôme sommital et des vallées Brown qui en sont totalement dépourvus, sont recouverts par une végétation tropicale luxuriante. Ils sont profondément entaillés par quatre vallées radiales. Ces vallées d’avalanche, espacées de 90° les unes des autres, concentrent les coulées pyroclastiques et/ou de lave, des coulées atteignant parfois la mer, générées par les cratères sommitaux. Elles représentent les zones les plus à risque lors des éruptions, et elles sont, généralement, les premières à être évacuées.

La première éruption de Manam, référencée et attestée par des documents archives et des écrits, s'est produite en Juillet 1616. Elle fut centrale et explosive, d'indice explosivité volcanique VEI 2.

Avec à son actif une trentaine d’éruptions majeures depuis 1616 dont 23 pour le XX° Siècle, il est l’un des volcans les plus actifs de Papouasie-Nouvelle Guinée. En 1919, indice explosivité volcanique VEI 4, tout comme ce le fut aussi en 1956, index explosivité volcanique VEI 3, et en 1958, indice explosivité volcanique VEI 4, des éruptions centrales et explosives génèrent des coulées pyroclastiques, des épanchements de lave, causant des dommages aux terres, aux propriétés et aux habitations, qui atteignent la mer, et des lahars, - coulées de boue -. En 1994, une éruption, indice explosivité volcanique VEI 4, engendre un panache de vapeur d'eau, de gaz et de cendres s'élevant à une hauteur de 10 kilomètres, des projections incandescentes jusqu'à 2 kilomètres d'altitude, et des nuées ardentes, et, en décembre 2004, une éruption centrale et explosive, indice explosivité volcanique VEI 3, provoque la formation d'un panache de cendres qui s'élève à plus de 10 kilomètres d'altitude et une coulée pyroclastique qui fait 5 victimes. Une coulée pyroclastique, le 03 Décembre 1996, indice explosivité volcanique VEI 3, fait 13 victimes dans le village de Budua. Une nouvelle explosion centrale se produite le 28 Janvier 2005, générant un panache de cendres atteignant une altitude voisine de 6.000 mètres, des nuées ardentes et une coulée de lave qui entraîné la mort d’au moins une personne et la destruction de l’observatoire. En Mars 2007, une coulée de boue tue 4 personnes.

Depuis courant Décembre 2009, après une longue période commencée le 24 Octobre 2007, ponctuée d'éruptions centrales et explosives, cratère Sud et cratère principal, d'écoulements pyroclastiques et de lave provoquant morts d'homme, dommages, destructions et évacuation de toute la population de l'île, le Manam est d'un calme tout relatif et l’observatoire de Rabaul estime, même, que l’activité de faible niveau observée se poursuivra durant de longs mois.

Mais, le 16 Juin 2010, un panache s'échappe du cratère sommital du Manam et reste groupé, sous forme de nuage composé principalement de vapeur d'eau et de gaz, probablement du gaz carbonique, du méthane et de l'anhydride sulfureux, au sommet du dôme avant de s'étendre, tel un voile bleu-gris, vers le Nord-Ouest et, légèrement plus foncé, vers l'Ouest-Nord-Ouest, sur la Mer de Bismarck.

Depuis, au fil des heures, le panache semble s'intensifier et de légères explosions se font entendre.

23:07 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : volcan, volcanisme, papouasie-nouvelle-guinée, manam | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22 juin 2010

Au Kamchatka, l'activité du volcan Sheveluch va croissant.

Code : 1000-27

Localisation : Latitude 56.391° Nord et Longitude 161.213° Est

Stratovolcan, altitude 3.283 mètres, Kamchatka, Russie

Alerte aviation : Alerte orange.

Alerte volcan : fort risque d'explosion du dôme ?


Le Sheveluch, - aussi appelée Shiveluch ou Chiveloutch -, d'environ 500 kilomètres de diamètre et couvrant une superficie globale d'environ 1.300 kilomètres carrés, se situe à la triple jonction de la fosse Kouriles-Kamchatka, de la faille Ulakhan et de la fosse marginale des Aléoutes, à une distance de 50 kilomètres de Klyuchi et de 450 kilomètres de Petropavlovsk-Kamchatsky. Il est l'un des plus imposants édifices volcaniques du Kamtchatka. Ce volcan actif le plus septentrional de la péninsule, de structure complexe, inclut trois unités principales : le stratovolcan Stary Shevelush du pléistocène moyen, sa formation remontant à 60.000 ou 70.000 ans, flanqué, sur son versant oriental, d'un gisement de lave Holocène, le Baidarny ridge ; la caldeira, en forme de fer à cheval, de 9 kilomètres de diamètre à l'extérieur, 3 kilomètres à l'intérieur et ouverte en sa partie Sud ; et le Young Shiveluch, - ou Molodoy Shevelush -, situé dans la partie Nord-Ouest de la caldeira. Plusieurs dômes, extrusions holocènes, ont été également mis en place sur le versant occidental du Stary Shevelush.

Le Stary Sheveluch, son sommet principal appelé Glavnaya culminant à 3.283 mètres, est un strato-volcan polygénique. Son socle est formé de dépôts clastiques, de type andésitique, d'une épaisseur atteignant 1.500 mètres, et les strates, s'entassant sur une épaisseur totale de plus de 2.000 mètres, dans sa partie basale sont essentiellement d'origine pyroclastique et évoluent, en se rapprochant de sa partie sommitale, en des dépôts de plus en plus effusifs. Ses versants, excepté son versant Sud, lors d'une éruption paroxysmale, éventré par une impressionnante caldeira aux escarpements latéraux de quelques centaines de mètres à 1600 mètres de hauteur, sont dotés de nombreux dômes andésitiques, le Karan, le Sherokhovataya... et le Krasnaya.

Dans cette caldeira s'est implanté, occupant une superficie d'environ 70 kilomètres carrés, la partie active du Sheveluch, le Molodoy Sheveluch, qui se composait, à son origine, de plusieurs dômes, le Tsentralny et le Suelich étant les plus connus. Lors de l'éruption de 1967 tous ces dômes ont été détruits et remplacés par deux cratères jumeaux, - 1.8 kilomètre de diamètre pour l'un et 2 kilomètres de diamètre pour le second -, éventrés sur le Sud-Ouest, occupant son sommet. Ce type de structure, en référence au Mont Somma, un ancien volcan, en lieu et place de l'actuel Vésuve, dont les vestiges encerclant le cône actuel au Nord-Ouest et témoignant d'une formation bien plus élevée, est connue sous le terme de « volcan Summa »

En outre, le Sheveluch est un volcan unique par la présence de roches magmatiques peu communes proches des adakites qui sont des cas particuliers de roches de contexte de subduction se trouvant dans la ceinture volcanique péri-Pacifique préférentiellement au voisinage, ou à l'aplomb, de dorsales océaniques, des zones où la croûte océanique subductée est la plus jeune. Certes, la péninsule du Kamchatka se situe bien sur le bord nordique de la plaque Pacifique qui s'enfonce sous la microplaque d'Okhotsh, mais elle se trouve fort loin de toute dorsale ce qui indique, probablement, que cette zone de subduction pourrait être un site de remontées mantelliques plus chaudes qui provoqueraient la fusion de la plaque Pacifique. De cette conjoncture, il en devient aisé de comprendre que la « déversement » annuel de magma et/ou de téphras, de l'ordre de 36 millions de tonnes par an, un ordre de grandeur colossal en regard de celui usuel pour les volcans d'arcs insulaires, que le stratovolcan Shevelush est l'un des centres explosifs les plus prolifiques.

Les rapport concernant l'activité du Shiveluch, le premier datant de 1739, font état de deux grandes éruptions pliniennes, particulièrement violentes d'indice explosivité volcanique VEI 3 à 4, en 1854 et en 1964, et de plus de 10 événements, d'ampleur modérée, associés à la croissance du dôme, produisant des panaches et des pluies de cendre et des écoulements pyroclastiques, l'un des derniers de ce genre, le 19 Mai 2001, indice explosivité volcanique VEI 2, causant de longs lahars de 30 kilomètres. À cause de ses éruptions explosives fréquentes, le volcan constitue un risque non seulement aux villes de Klyuchi, Ust'-Kamchatsk et Ust'-Khairyuzovo, respectivement situées à 45, 85 et 280 kilomètres du Molodoy Sheveluch, mais aussi aux lignes aériennes internationales et locales, ses nuages éruptifs s'élevant à des altitudes comprises entre 3 et 20 kilomètres, au-dessus du niveau de la mer, et s'étirant sur des centaines de kilomètres au-delà de l'édifice volcanique.


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 9 Mai 2004, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team.


En regard des sources proposées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - le KVERT -, faisant suite à des épisodes d'éruptions explosives paroxysmales reliées à la croissance du dôme de lave des 9 Mai 2004, indice explosivité volcanique VEI 2, 28 Février 2005, indice explosivité volcanique VEI 3 et 22 Septembre 2005, indice explosivité volcanique VEI 2, l'activité volcanique toujours en cours, en 2010, pour le Sheveluch, a repris le 29 Mars 2007.

Afin de suivre l'évolution de l'activité volcanique, deux sites internet rapportent, hebdomadairement, les dépêches publiées par le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team :

- Le premier, le site internet du KVERT, en langue russe, Камчатский Научный Центр , et en langue anglaise, KVERT Information Releases ;

- Le second, le Global Volcanism Program, - GVP - , un programme du département des sciences minérales du Musée National d'histoire naturelle du Smithsonian Institution, basé à Washington, qui diffuse les rapports d'éruption émis par les observateurs locaux : « Shivelush »


Extraits de la chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch depuis le 04 Décembre 2007, suivant la presse russe.


En regard de la presse russe, et tout particulièrement du RiaNovosti, l'activité du dit volcan est bien plus intense que ce que laissent entendre les dépêches publiées par le Kvert. En effet, on peut y décrypter, en autres articles sur le sujet, que le Sheveluch, après près de neuf mois « de pause », s'est réveillé le 04 décembre 2007. Certains jours, les panaches de gaz et de cendres s'élèvent jusqu'à 8 kilomètres d'altitude et s'étirent sur des centaines de kilomètres depuis son dôme sommital. Mais, j'en conçois, dresser la chronologie complète des éruptions successives qui se succèdent, depuis, serait trop fastidieux pour soutenir l'attention des lecteurs, aussi n'évoquerais-je que les seuls événements marquants qui ponctuent l'activité vulcanienne de ce « volcan summo. »

Les 13 et 14 Mai 2008, une éruption, d'indice explosivité volcanique VEI 2, s'est produite et les cendres se sont élevées, malgré le vent, à plus de 2 kilomètres d'altitude. « Le vent a provoqué l'extension du nuage, et de fortes pluies de cendres se sont abattues au Sud-Est du volcan. Ce phénomène extraordinaire s'est ajouté à la fonte des glaces. L'eau est montée jusqu'au niveau du pont sur la rivière Bekecha qui relie la ville d'Oust-Kamtchatsk, un chef-lieu de district, au reste de la région », précise Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences.

Jusqu'à la fin Mai 2008, les éruptions explosives et de même intensité, associés à la croissance du dôme, se répètent. Sur des kilomètres autour du Sheveluch, les cendres noircissent les sols enneigés et accélèrent, par contact des débris de magma incandescents, la fonte des neiges, générant des coulées de boue.

Au mois de Juillet 2008, les contours du dôme actif du Molodoy Sheveluch apparaissent modifiés. Ses pentes sont désormais abruptes, et sa base, son diamètre s'étant allongé d'au moins 40%, prend de plus en plus d'emprise dans la caldeira car rares sont les semaines qui ne sont pas ponctuées par des éruptions explosives avec rejets de cendres et/ou coulées de laves.

L'activité éruptive du Molodoy Sheveluch s'intensifie à partir du mois de Mai 2009. D'énormes panaches de gaz et de cendres, atteignant des altitudes variant entre 3 et 9 kilomètres d'altitude, s'élèvent régulièrement au-dessus de son cratère. Des essaims sismiques sont enregistrés, à nombreuses reprises, dans le corps même de l'édifice volcanique, et de multiples anomalies thermiques sont constatées dans le dôme grandissant.

En Novembre 2009, des coulées sont observées sur les versants Sud-Ouest en particulier, surtout de nuit car les flots de lave, à des températures de 800 à 1.000° C., sont, lors, les plus visibles.

Le 21 Décembre 2009 quelques 130 séismes locaux sont enregistrés, sur 24 heures, par les stations d'observation et selon l'imagerie satellite, d'importantes anomalies thermiques sont observées, quotidiennement, autour du dôme actif. Un article du « RiaNovosti », daté « Petropavlovsk-Kamtchatski, 23 Décembre 2009 », précise même que « Les photos satellite indiquent que la température autour du dôme actif est anormalement élevée : +10° C., alors que sur le reste de la péninsule il fait -23° C. » Alexeï Ozerov, chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, souligne, quant à lui, que « L'observation vidéo du volcan est gênée par la forte nébulosité, mais les données des stations sismiques permettent de supposer que le Sheveluch a effectué au moins deux rejets de cendres à 4 kilomètres d'altitude ».

La coupole du volcan, avec l'intensification des éruptions explosives extrusives, s'est fendue en deux et, par le truchement d'une large et profonde fissure, des rejets de cendres et de gaz s'échappent et s'élèvent à des altitudes avoisinant les huit kilomètres. Les 15 et 16 Janvier 2010, des coulées de lave incandescente dévalent les pentes. Des chercheurs à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « n'excluent pas une nouvelle explosion du dôme du Molodoy Sheveluch, le bouchon de lave ayant atteint une masse critique durant ces dernières décennies, et ils estiment qu'une explosion, dans le cratère, est inévitable », formule, dans un article du 17 Janvier 2010, le « RiaNovosti. »

Le mercredi 7 Avril 2010, un représentant de la section du Kamtchatka du Service géophysique de l'Académie des sciences de Russie, - RAN -, annonce, dans les colonnes du dit périodique d'information que « le Sheveluch a émis une colonne de cendre mêlée de gaz à 6,5 kilomètres d'altitude », rajoutant : « En 24 heures, 63 événements séismiques ont été enregistrés dans le bâtiment du volcan, en plus, une anomalie thermique a été constatée dans le dôme grandissant. » Le scientifique y déclare, en outre, que « le Sheveluch constitue un danger pour la navigation aérienne dans cette zone. Des parcelles de cendres peuvent pénétrer dans le mécanisme des avions de ligne survolant cette zone et provoquer une catastrophe aérienne. »

A compter du 19 Mai 2010, l'éruption du volcan le plus septentrional de la presqu'île du Kamtchatka, en Extrême-Orient russe, s'intensifie et malgré les conditions météorologiques qui gênent l'observation du volcan, les données sismiques laissent supposer que les rejets de cendres atteignent une altitude de 4 à 5 kilomètres. Jusqu'à 55 séismes locaux sont enregistrés tous les jours à proximité du cône. Nombre d'entre eux, à en juger par leur force et leur durée, s'accompagnent de puissants rejets de cendres et de gaz.

D'après un chercheur à l'Institut de volcanologie et de sismologie, Académie russe des sciences, « l'activité du volcan va croissant. Des pluies de cendres affectent les localités les plus proches. Les cendres volcaniques et des particules de magma, atteignant 2 millimètres de diamètre, sont en mesure, en raison de leur composition chimique complexe, de provoquer des intoxications chez les hommes et les animaux et de mettre en danger la navigation aérienne. »


Chronologie de l'activité du Molodoy Sheveluch à compter du 15 Mai 2010, suivant le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team et le Global Volcanism Program.


Dépêche du 24 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 5,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, du 15 au 17 Mai, une activité fumerollienne modérée a été observée. Les nuages ont obscurci le volcan les autres jours de la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Sud-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 40 kilomètres, le 15 Mai, et sur environ 40 kilomètres, à son Nord-Est, le 18 Mai.

Dépêche du 27 Mai 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,7 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, et une activité fumerollienne modérée a été observée durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 10 kilomètres, le 23 Mai.

Dépêche du 04 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 6,1 kilomètres d'altitude durant toute la semaine. Selon les données visuelles, les 24 et 25 Mai, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Un nuage de cendre, de 20 kilomètres de long sur 6 kilomètres de large a été détecté, au Nord du dôme de lave, à une distance de plus ou moins 15 kilomètres, le 31 Mai, et des plumes de vapeur et de gaz ont été observées, à l'Ouest du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 30 kilomètres, le 29 Mai.

Dépêche du 10 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,1 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, les 04, 06 et 09 Juin, les plumes de cendre se sont élevées jusqu'à 4.5 kilomètres d'altitude, et une activité fumerollienne forte a été observée durant toute la semaine. Des avalanches de débris magmatiques, la nuit, ont été aperçues. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Des plumes de cendre ont été observées, au Nord-Est du dôme volcanique, sur une distance de plus ou moins 100 kilomètres, le 04 Juin.

Dépêche du 18 Juin 2010 : Code couleur Alerte aviation : orange. L'éruption explosive-extrusive du volcan continue. Des explosions de cendre, de plus ou moins10 kilomètres ASL, - au dessus du niveau de la mer -, pourraient se produire à tout moment. L'activité du volcan a pu affecter les avions internationaux volant à basse altitude.

La séismicité a été, quotidiennement, au-dessus du niveau basal. Selon les données séismiques, de probables plumes de cendres se seraient élevées jusqu'à 4,9 kilomètres d'altitude les 04, 05 et 06 Juin. Selon les données visuelles, du 13 au 17 Juin, une activité fumerollienne forte ainsi que des avalanches de débris magmatiques ont été observés durant toute la semaine. Selon des données satellites, une grande anomalie thermique a été constatée au-dessus du dôme de lave toute la semaine. Et une petite anomalie thermique a été relevée, le 15 Juin, près du dôme de lave, très probablement à cause des dépôts importants de débris magmatiques accumulés.


En conclusion.


Si l'on en croit les scientifiques qui se sont exprimés dans les colonnes du périodique d'information russe, le « RiaNovosti », on ne peut qu'admettre que l'activité du Sheveluch s'intensifie et, son cratère crachant des gaz, des cendres et des blocs de lave visqueuse qui provoquent des avalanches de débris magmatiques visibles surtout la nuit et atteignant des températures de 800 à 1.000° C., qu'elle va croissante. En outre des essaims de séismes locaux se concentrent dans l'appareil vulcanien et proches du dôme sommital. Ils s'accompagnent d'émissions de gaz et de cendres qui s'élèvent à plus ou moins 4 kilomètres d'altitude

En conséquence, le Sheveluch pourrait connaître prochainement une éruption puissante au moins semblable à celle du 27 Février 2005 qui avait éventré la partie occidentale du dôme sommital, la hauteur du volcan ayant diminué de plus de 200 mètres, et une coulée de lave d'un kilomètre de large s'était étendue jusqu'à 25 kilomètres du cratère, au pire approchante ou similaire à celle du 12 Novembre 1964 qui résulta d'une courte, quelques heures, mais très puissante, éruption explosive qui éjecta 1,5 kilomètres cubes de matériel arraché à la moitié sud du dôme volcanique, le projetant dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'édifice, heureusement une zone inhabitée qui se retrouva recouverte d'une dense et compacte couche de blocs de pierre et de cendres incandescentes de 10 à 50 mètres d'épaisseur, suivant les lieux.

16:41 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, kamchatka, sheveluch, éruption volcanique, russie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19 juin 2010

Impressionnante activité vulcanienne et strombolienne pour le volcan Batu Tara.

Code : 0604-26

Localisation : Latitude 7.792° Sud et Longitude 123.579° Est.

Alerte aviation : Niveau d'alerte orange

Alerte volcan : Non définie mais probable niveau 2, voire 3.


Le stratovolcan Batu Tara, culminant à 748 mètres d'altitude, est une petite île-volcan déserte, - dénommée le Pulau Komba, îles de la Petite Sonde -, isolée en mer de Flores et située à 50 kilomètres au Nord de l'île de Lambeta, - autrefois appelée Lamblen -, dans la province indonésienne de l'East Nusa Tenggara, Timur Oriental. Elle est la partie émergée d'un imposant édifice posé, par 3.000 mètres de fond, sur la jeune et mince lithosphère océanique de la micro-plaque tectonique Timor, une plaque en convergence, sur toute sa façade Nord, avec la microplaque de la Mer de Banda, et en convergence se transformant en divergence, sur sa façade Sud, avec la plaque australienne, et sur l'arc insulaire Sunda-Banda, à la frontière de la zone de subduction de la plaque lithosphérique australienne, en déplacement Nord, s'enfonçant sous la plaque tectonique de Sunda.

Le Batu Tara est coiffé par un grand cratère central, de 900 mètres sur 700 de diamètre, entaillé, sur son côté Est, par une cicatrice d'effondrement, semblable à celle de la Sierra del Fueco, pour le Stromboli, qui canalise les coulées de lave lors des éruptions. Particularité propre à l'édifice, même s'il est en fréquente activité, - éruptions et panaches de cendres s'élevant seulement à quelques centaines de mètres, rarement à plus de 2 ou 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer -, la végétation couvre tous ses versants jusqu'à 50 mètres de son sommet.

La géologie du Pulau Tomba se compose de couches alternées de laves basanitiques et téphritiques durcies, de cendres solidifiées et des roches éjectées par les éruptions antérieures. Le Pulau est réputé pour ses leucites potassiques.

Jusqu'en 2006, la seule éruption historique connue et documentée, de type strombolien, indice d'explosivité volcanique VEI 2, du Batu Tara, se produit durant les années 1847 à 1852. Elle se caractérise par des explosions projetant des bombes volcaniques et par un écoulement de lave. Le 1er juillet 2006, après 200 ans de calme, une éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 1, généra un panache de cendre atteignant 2 kilomètres d'altitude. Depuis, le Batu Tara connaît de fréquentes périodes éruptives, plus ou moins longues, plus ou moins importantes de type strombolien ou vulcanien, ponctuées d'explosions produisant des panaches de cendre sélevant entre 1 et 2 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, une activité éruptive comparable à celle de l'Anak Krakatau.

Le Batu Tara, Août 2008.

Les 19 et 20 Mars 2007, le volcan se manifeste, d'abord, par une faible activité explosive déclenchant l'émission de panaches de vapeur et de cendres, mais vite suivi par une phase d'éruption, indice d'explosivité volcanique VEI 2, plus forte, combinée à des panaches de plus en plus importants s'élevant au-dessus de l'édifice, provoquant, par crainte d'une éruption volcanique majeure, l'évacuation d'environ 1.500 personnes résidant sur l'île de Lembata toute proche.

Le Batu Tara est, depuis resté en activité constante avec des anomalies thermiques et la production fréquente de panaches de cendre dont nombre de bas niveau. Certes, entre les 24 novembre 2009 et 23 février 2010, le volcan a été quelque calme, avec expulsion occasionnelle de plumes de cendre, tels les panaches s'élevant à une altitude de 2,4 kilomètres et dérivant sur 90 kilomètres au Nord-Ouest du Pulau Tomba, le 24 Novembre 2009, de 1,5 kilomètre et dérivant sur 25 kilomètres à l'Est de l'île-volcan, de 2,1 à 2,4 kilomètres et dérivant entre 70 et 125 kilomètres d'Ouest en Nord les 8 et 9 Mars 2010...

Le Batu Tara, 10 Juin 2010.

Cette éruption est toujours en cours et une activité strombolienne et vulcanienne impressionnante continue sur le stratovolcan Batu Tara. Le 10 juin 2010, une explosion a produit un panache de cendre atteignant 3 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, Et l'activité s'intensifie à compter du 11 Juin 2010, le panache de cendre est ininterrompu, son élévation oscillant entre 2,4 et 3,5 kilomètres d'altitude et dérivant au delà des 35 à 65 kilomètres d'Ouest en Nord-Ouest du Pulau Tomba. Une coulée de lave, suivant certaines indiscrétions locales, se serait même produite sur le versant Est de l'édifice volcanique.

17 juin 2010

Péninsule du Kamtchatka, probable éruption du strato-volcan Gorely.

Code 1000-07

Localisation : Latitude 52.558° Nord, Longitude 158.03° Est

Alerte aviation : Alerte Niveau Orange

Alerte volcan : Niveau Alerte inconnu


Alors qu'au 10 juin 2010, l'alerte aviation, pour les volcans Sheveluch, Klyuchevskoy, Karymsky, était Alerte Niveau Orange, pour le Bezymianny, Alerte Niveau jaune, et pour le Tolbachik Polsky, le Koryaksky, l'Avachinsky, le Mutnovsky, le Kizimen et le Gorely, Alerte Niveau vert dans la péninsule du Kamtchatka, l'Alerte aviation, pour le Gorely, les médias russes, « Voice of Russia », dans un bref article de presse mentionnant que le volcan a produit un panache de cendres s'étendant sur une centaine de kilomètres, interrompant des vols dans l'espace aérien Kamtchatkais et menaçant une centrale géothermique, serait passée Alerte Niveau Orange.

Jusqu'à preuve du contraire, l'omertà semble de mise de la part du Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - KVERT -, qui n'a émis aucun commentaire, ni la moindre dépêche à ce sujet, une éruption, plus ou moins importante, serait en cours sur le Gorely. Seul le MODVOLC, un algorithme non-interactif développé par l'Institut de géophysique d'Hawaï Planétologie, - HIGP -, et utilisant une faible résolution spatiale infrarouge des données satellitaires acquises par le spectroradiomètre-imageur à résolution moyenne, - le MODIS -, a détecté et enregistré des anomalies thermiques sur le volcan Gorely et autour de l'édifice volcanique.

Si l'on s'en réfère au site anglophone, « Eruptions », , relayé par le site francophone, « Activolcans », Dépêche n°3951 du 17 Juin 2010, « Le Gorely a produit, il y a déjà quelques jours, - 11 ou 12 juin -, un panache de cendres qui a localement perturbé le trafic aérien mais n'a posé aucun problèmes aux habitants de la région, si ce n'est à une centrale géothermique installée à proximité. Aucune information n'a, pour le moment, été fournie par le KVERT et le VAAC de Tokyo n'a pas du tout réagit à la présence du panache de cendres. L'édifice est pourtant bien dans une phase d'activité un peu plus intense que la normale en ce moment car le MODVOLC commence à enregistrer des anomalies thermiques sur l'édifice. »

Dégazage particulièrement intense du volcan Gorely. Vue prise, le 12 Juin 2010, depuis Petropavlovsk-Kamchatsky. Source KVERT © I. Dubrovskaya.

Ce volcan se situe dans une zone volcanique, la péninsule du Kamtchatka, comprenant plus de 300 volcans dont plus d'une trentaine sont actifs ou considérés actifs mais, la région Kamtchatkaise étant quasi désertique, excepté la capitale régionale comptant 350.000 habitants, le reste du territoire ne comptant que 0,3 habitant au kilomètre carré, les autorités civiles, depuis que la région n'est plus zone militaire hautement stratégique, semblent s'en désintéresser car il n'existerait, pour assurer tous les enregistrement sismiques et sismo-volcaniques, qu'un seul sismomètre de surveillance.

De mémoire, il n'y aurait plus eu d'éruption connue, donc déclarée par les autorités civiles et le KVERT, depuis 1986. Pourtant, avec ses cinq cônes chevauchant une caldeira elliptique de 10 kilomètres sur 13, et une forte activité, avec la production de fréquentes éruptions, indices d'explosivité volcanique majoritairement de Niveau 2 et 3, au cours du XX° siècle, ce calme relatif prête à caution. Certes, des sources autorisées laissent entendre que le volcan aurait explosé, et certains jaillissements auraient même dégénéré durant la dernière décennie, mais faute de preuves tangibles, il est difficile de se prononcer. Enfin, l'éruption explosive qui est à l'origine de la caldeira, il y a 40 à 38.000 ans, avec éjection de plus de 100 kilomètres cubes de téphras, démontre que ce volcan est susceptible de produire des événements vulcaniens ou phréato-magmatiques de grande ampleur.

La péninsule du Kamtchatka, s’étirant entre la mer d’Okhotsk, à l'Ouest, la mer de Béring et l’océan Pacifique à l'Est, sur 1.500 kilomètres du Nord au Sud et 470 kilomètres dans sa plus grande largeur entre les latitudes 50.51° Nord et 64.50° Nord, d'une superficie de 472.500 kilomètres carrés, 4/5° de la superficie de la France, est située à l’extrême frontière orientale de la Fédération de Russie, au nord du Japon et au Sud-Ouest de l’Alaska. Sa population, 450.000 habitants, se trouve en majorité dans la capitale Petropavlovsk-Kamtchatsky, 350.000 âmes. En dehors de la capitale, la densité de la population n’est que de 0,3 habitant au kilomètre carré.

Cette terre déserte, de par sa situation géographique, - une zone de subduction des plus actives matérialisée par une fosse océanique, la fosse des Kouriles parfois appelée fosse Kouriles-Kamtchatka, de 10.542 mètres de profondeur maximum, des séismes et des volcans -, la plaque Pacifique-Ouest s'enfonçant sous la plaque d'Okhotsk à la vitesse de 10 centimètres par an, possède quelques uns des édifices volcaniques les plus virulents de la planète Terre et elle est, régulièrement, soumise à leurs colères.

Située sur la Ceinture de Feu du Pacifique, la péninsule du Kamtchatka, région du monde où s'y concentre le plus grand nombre, est, avec plus de 300 cônes volcaniques alignés en deux arcs parallèles, et culminant entre 1.500 et 4.750 mètres, par excellence, le pays des volcans. Ceux de la chaîne Ouest, quasi inactifs excepté l'Ickinsky, 1578 mètres, qui continue à émettre des fumerolles, sont d'âges Holocène, Pléistocène et, pour certains, Pliocène. Au différent, la chaîne Est est jalonnée par une trentaine d'édifices volcaniques géologiquement très jeunes, potentiellement actifs, dont dix-neuf d’entre eux, en activité quasi permanente, d'une grande variété de types de vulcaniens ainsi qu'une grande diversité de caractéristiques volcaniques associées, crachent ou vomissent, chaque année, environ 16 à 18% des matières éruptives du globe. Ils sont répartis en trois groupes : le groupe Nord avec le Shiveluch, 3.823 mètres, le Klyuchevskoy, 4.750 mètres, - âgé d’environ 8 à 9.000 ans, le plus haut volcan eurasien en activité éruptive presque constante émettant plus de la moitié du volume total des lave émis par tous les volcans de l'arc volcanique Kuril-Kamtchatka et un des volcans basaltiques les plus actifs du monde -, le Bezymyanny, 2.882 mètres, le Ushkovsky, 3.943 mètres, le Zimina, 3.081 mètres, et le Plosky Tolbachik, 3.085 mètres ; le groupe Centre avec le Maly Semyachik, 1.560 mètres, le Kronotsky, 3.528 mètres, le Komarov, 2.070 mètres, le Taunshits, 2.353 mètres, le Gamchen, 2.576 mètres, le Kikhpinych, 1.552 mètres, et le Karymsky, 1.536 mètres ; et le groupe Sud avec l'Opala, 2.475 mètres, le Gorely, 1.829 mètres, le Mutnovsky, 2.323 mètres, le Zheltovsky, 1.953 mètres, le Ksudach, 1.079 mètres et le Koshelevsky, 1.812 mètres; et, surplombant la capitale Petropavlovsk-Kamtchatsky, l'Avachinsky, 2.751 mètres, et le Koryaksky, 3.456 mètres.

D'après le Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team, - KVERT -, de nombreuses éruptions majeures ont affecté, à l'Holocène, la péninsule du Kamtchatka, telles celles de l' Ilinsky, en 7618 avant J.C., expulsant 140 à 170 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Ksudach, en 1806 avant J.C., expulsant 18 à 19 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Khangar, en 6872 avant J.C., expulsant 14 à 16 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Karymsky, en 7889 avant J.C., expulsant 13 à 16 kilomètres cubes de téphras et laves ; de l' Opala, en 1478 avant J.C., expulsant 9 à 10 kilomètres cubes de téphras et laves ; de l'Avachinsky,7151 avant J.C., expulsant 8 à 10 kilomètres cubes de téphras et /ou laves ; du Ksudach, 6007 avant J.C., expulsant 7 à 8 kilomètres cubes de téphras et laves ; du Kizimen, 7351 avant J.C., expulsant 4 à 5 kilomètres cubes de téphras ; de l'Avachinsky, 3512 avant J.C., expulsant 4 kilomètres cubes de téphras ; et du Shiveluch, en 965 après J.C., expulsant 2 kilomètres cubes de téphras. Plus récemment, des éruptions majeures se sont produites, en 1907, au Ksudach, avec expulsion de 1,5 à 2 kilomètres cubes de téphras, en 1956, au Bezymyanny, avec expulsion de 1,2 à 1,3 kilomètre cube de téphras, et, en 1854 en en 1964, au Shiveluch, avec expulsion de 1 kilomètre cube de téphras, et, en 1975-1976, au Plosky Tolbachik, avec expulsion de 1,18 kilomètre cube de téphras et laves.

Dans cet univers volcanique, de nombreux autres exutoires existent dans les zones thermales et les bains d'eaux chaudes, à Esso, à Malky et au sud d'Avacha, les fumerolles et les solfarates, les geysers, tout particulièrement ceux de la Vallée des geysers dont la découverte, en 1941, fut réalisée par la géologue-hydrologue Tatyana Ustinova, et les marmites de boue.

Dans la Vallée des Geysers, dans la réserve de Kronotsky, certains entonnoirs portant des noms évocateurs tels le Giant, le Géant, le great Triple, le Grand Triple ou le Firstling, le premier, des fontaines d'eau chaude et de vapeur jaillissent avec une périodicité stricte. Ce sont pas moins de 20 grands geysers et des dizaines de petits qui se comptabilisent le long d'une section de 6 kilomètres dans la vallée de la rivière Geysernaya dont les eaux ne descendent pas en-dessous de 19° C, même pendant la rigoureuse saison hivernale, et peuvent, même, par endroit, atteindre 26° C. Les plus grands geysers sont le Velikan, - un jet de 25 mètres de haut toutes les 6 heures -, le Zhemchuzhny, le Sakharny, le Troynoy, le Konus, le Fontan, le Maly, - 8 mètres de haut toutes les 35 minutes -, le Bolshoy, - 10 mètres toutes les 10 minutes -, et le Shchel. Au coeur de cette réserve se situe l'ancienne caldeira du volcan Uzon, découverte en 1854, qui est une vaste cuvette volcanique elliptique de 9 kilomètres sur 12 de diamètre avec des remparts de 200 à 800 mètres de haut, dans lequelle se concentrent de nombreux volcans de boue et des lacs thermiques.

Le volcan Gorely qui porte aussi les noms de Gorelaya sopka, de Pravaya Mutnosvskaya sopka, de Vtoraya Mutnovskaya, et d'Asacha, se situe au Sud de la péninsule du Kamchatka, à 75 kilomètres au Sud-Ouest de Petropavlovsk-Kamchatsky, la capitale du Kamtchatka. Il est implanté sur un plateau basaltique et basalto-andésitique daté du Pléistocène, étage Calambrien ou Ionien. Bien que de type bouclier qui avait, à son origine, 20 à 25 kilomètres de diamètre, il n'en est pas moins un strato-volcan implanté dans une caldeira elliptique, somme de la coalescence de plusieurs caldeiras, de 10 kilomètres sur 13 et dont les remparts s'élèvent entre 30 et 50 mètres de hauteur.

16 juin 2010

Depuis le 15 Juin 2010, alerte orange pour le volcan Nevado del Huila, Colombie.

Code 1501-05

Localisation : Latitude 2.93° Nord, Longitude 76.03° Ouest

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Niveau 2.
Alerte aviation, Niveau actuel : Orange.

 

Le Nevado del Huila est un stratovolcan colombien situé au Sud-Ouest de la Colombie, à l'Ouest du département de Huila, - municipalités de Tervel, d'Iquira, de Palerme et de Neiva -, à l'Est du département de Cauca, - municipalités de Paez, de Toribio et de Corinthe -, et, au Nord, de celui de Tolima, - municipalités d'Ataco et de Rioblanco -, dans la Cordillère Centrale des Andes, dans le parc national qui porte son nom.

Le volcan se présente sous la forme d'un alignement orienté Nord-Sud de quatre cônes volcaniques nommés, du Nord au Sud, le Pico Norte, La Cresta, le Pico Central, avec une altitude variant, suivant les sources géographiques, entre 5.364 mètres et 5.750 mètres constituant le plus haut sommet de Colombie, et le Pico Sur, avec une base elliptique de seize kilomètres de long pour onze kilomètres de large couvrant une superficie de 170 kilomètres carrés. Il est, de surcroît, le volcan actif le plus haut du Cundinamarca, - Nouvelle Grenade jusqu'en 1866, République de Colombie depuis -.

Cet imposant stratovolcan, recouvert par une calotte glaciaire, ainsi que les trois autres cônes volcaniques et deux dômes de lave, se sont édifiés dans un caldeira, d'âge indéterminé, de 10 kilomètres de diamètre. Il est, en fait, constitué par le chevauchement, et leur superposition, de deux volcans, le Pré-Huila et le Huila, le Huila ayant connu deux phases éruptives majeures, le Huila ancien et le Huila actuel. Bien que la genèse du Huila actuel fut essentiellement effusive, elle est devenue, dans les périodes plus récentes, beaucoup plus explosive, produisant notamment des coulées pyroclastiques liées à des effondrements de dômes, d'où son altitude fluctuant entre 5.364 mètres et 5.750 mètres.

La première éruption connue, du Nevado del Huila, date du milieu du XVI° Siècle, vers 1555, et fut explosive. Le volcan connait ensuite une période de repos de près de 500 ans, avec une une activité solfatarienne permanente dont « le son ressemble, dans le silence des nuits d'altitude », comme l'écrivent Garcés et De la Zerda, auteurs d'un guide sur les parcs nationaux de Colombie, 1994, « à la respiration tranquille d'un géant qui dort » qui se termine par l'éruption du 19 Février au 28 Mai 2007, une éruption de type fissure radiale et explosive, indice d'explosivité volcanique, - VEI -, niveau 3 , se produisant dans la partie sommitale du volcan, la chaleur dégagée par la lave émise faisant fondre la calotte glaciaire recouvrant le volcan et entrainant la formation de lahars qui obligent les populations menacées en contrebas d'évacuer temporairement leur lieu de vie qui subiront des dommages.

Après des mois de regain d'activité fumerollienne au sommet du volcan, une nouvelle éruption explosive, indice d'explosivité volcanique 2, débute le 02 Janvier 2008 pour s'achever en Avril 2008, suivie d'une seconde éruption explosive avec extrusion du dôme de lave, indice d'explosivité volcanique 3, de type fissure radiale, le 26 Octobre 2008 qui se poursuit. Les zones les plus exposées sont immédiatement évacuées et 12.000 personnes à quittent leur foyer. Malheureusement le 23 Novembre 2008, des avalanches de débris dévalent les pentes du volcan causant des dégâts dans les villes de Paicol, La Plata et Belalcázar et dans la vallée de la rivière Paez, et provoquant la mort de dix personnes.

Depuis le 15 Juin 2010, les autorités ont déclenché le plan prévention des catastrophes et activé les plans d'urgence dans les environs du volcan Nevado del Huila, qui a enregistré une activité en croissance, plus de 1096 secousses sismiques hybrides, - dont la source est à la fois une fracturation des roches et des mouvements de fluides -, entre le 9 et le 15 juin 2010, et qui est le siège d'un important dégazage, libérant, entre autres, de grandes quantités de dioxyde de soufre.

Le niveau d'alerte aviation est ainsi passé du jaune à l'orange et le niveau alerte volcan est lui, au Niveau 2. signifiant une « éruption probable comptée en jours voire sous une ou deux semaines. »

En outre, les autorités locales, comme cela s'était produit en Juin 1994, entraînant la mort de 1.100 personnes principalement des Indiens, redoutent qu'une avalanche puisse être provoquée par la réactivation du sommet volcanique.

sources partielles : http://www.activolcans.info

15 juin 2010

Craintes d'une éruption vulcanienne pour le volcan Fuego, Guatemala

 

Code 1402-09

Localisation : Latitude 14.5° Nord, Longitude 90.9° Ouest.

Activité volcan : Sous surveillance.


Le volcan Fuego, 3.763 mètres d'altitude, l'un des volcans les plus actifs d'Amérique centrale, est l'un des trois grands stratovolcans surplombant Antigua, ancienne capitale du Guatemala. Bien que ses éruptions laviques soient rares, il est célèbre pour émettre, quotidiennement, des panaches de fumée et posséder une activité fumerollienne en son cratère sommital. Sa dernière éruption, crachant lave, pierre et cendres et obligeant les autorités locales à l'évacuation de sept familles vivant à proximité du volcan, remonte au 9 août 2007.

Le volcan Fuego et son frère jumeau, l'Acatenango, formant le complexe volcanique connu sous le nom de La Horqueta, sont la renaissance d'un ancien volcan, la Meseta, qui s'était effondré, voilà 8,500 ans et avait explosé projetant des avalanches de débris, sur plus de 50 kilomètres, sur la plaine côtière du Pacifique.

Contrairement aux coulées andésitiques caractérisant le volcan Acaténango, celles du Fuego sont devenues mafiques avec le temps et générent des roches basaltiques.

Le volcan Fuego est rentré en éruption, des éruptions violentes de type vulcanien, de quelques heures à plusieurs jours de durée, produisant des panaches s'élevant à plus de 7 kilomètres d'altitude à plus de 60 kilomètres/heure et entraînant des effets atmosphériques et climatiques durant de nombreux mois suivant l'éruption, des pluies de cendres, des coulées pyroclastiques et des coulées de lave, plus de 60 fois depuis 1524, ce qui en fait, pour l'Amérique Centrale, historiquement, le plus actif des volcans. Trois de ces éruptions furent meurtrières.

Depuis le début Juin, l'activité du Fuego est en constante augmentation. Elle se manifeste par des pulses, - émissions brutales -, de gaz et un dégazage plus régulier, un son de locomotive à vapeur entendu jusqu'à 5 kilomètres de distance, monte en puissance. Parallèlement l'activité éruptive et explosive, environ 15 explosions par jour, reste relativement stable mais la vigilance et la surveillance de l'édifice volcanique s'imposent, les éruptions vulcaniennes dont le Fuego est coutumier, s'accompagnent de violentes explosions projetant des cendres, des scories, des bombes à plusieurs kilomètres de hauteur et des nuées ardentes.

En outre, le Guatemala est régulièrement victime d'abondantes précipitations dues aux tempêtes tropicales, produisant, lors d'éruptions volcaniques, des lahars, des coulées boueuses formées d'eau, de tephras en majorité de cendres volcaniques froides ou brûlantes, très denses et lourdes et charriant quantité de débris tels des blocs rocheux, des troncs d'arbres, des restes de bâtiments, etc... Les lahars se forment lorsque des pluies importantes, survenant lors de cyclones ou des pluies prolongées, s'abattent sur des cendres volcaniques. Ils peuvent survenir des années après une éruption volcanique tant que des cendres peuvent être entraînées.

sources partielles : http://www.activolcans.info

12:00 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, guatemala, fuego, arc volcanique, antigua, guatemala city | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10 juin 2010

Au Chili, si, après le Chaiten, en 2008, le Melimoyu se réveillait aussi ?

Code 1508-052

Localisation : Latitude 44.08° Sud, Longitude: 72.88° Ouest.

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Alerte préventive de Niveau 1.


Situé dans la Région peu peuplée des Lacs, Province de Palena, au Nord de la Patagonie chilienne et localisé à 10 kilomètres au Nord-Est de la ville de Chaitén sur le Golfe de Corcovado, l’édifice volcanique est un cône culminant à 1.122 mètres d’altitude coiffé par une caldeira elliptique de 2.5 x 4 kilomètres orientée sur son flanc Sud. Deux petits lacs, l'un à l'Ouest et l'autre au Nord d'un dôme de rhyolite obsidienne dont la formation semble être proche de 100.000 ans, occupent le plancher de la caldeira. Ce contexte lavique, rhyolite obsidienne, très riche en silice, l’effet de « trempe » sur la lave ne lui ayant pas permis de cristalliser et lui ayant confèré un aspect vitreux, ne peut être explicable que par un refroidissement brutal du magma granitique produit de la fusion de la croûte continentale, très épaisse sous les Andes.

Le 2 Mai 2008, bien que considéré comme endormi depuis 9.400 ans, le stratovolcan Chaitén, projetant cinquante millions de tonnes de cendres, entre en éruption.

 

Le stratovolcan Melimoyu :


Tout comme le Chaitén, Le Melimoyu, également appelé Melimoto ou encore Melimoya, est un volcan patagonien, Cordillère des Andes, dans la région Aisén del General Carlos Ibáñez del Campo, localisé à environ 40 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Puerto Puyuhuapi. Ce stratovolcan, de forme ovalienne, s'étirant sur 10 kilomètres dans le sens Est-Ouest, construit par des laves basaltiques et andésitiques, culmine à 2.400 mètres d'altitude. Un cratère de 1 kilomètre de diamètre en inclusion dans une caldeira de 8 kilomètres de diamètre, le couronne. La caldeira est dotée d'une brèche, en son Nord-Est, d'où s'échappe un glacier qui recouvre le sommet du volcan. Deux strates de téphras datées de l'Holocène tardif et de nombreux cônes de cendres sont bien documentés sur les flancs de l'édifice volcanique dont deux seules éruptions, toutes deux de caractère explosif, sont connues, l'une en 850 av. J.-C. et la dernière en l'an 200.

Le Melimoyu se situe aux abords de l'entrée Nord du canal Moraleda, une étendue d'eau séparant l'archipel de Chonos de la partie continentale du Chili. Le canal longe l'importante faille géologique, à forte sismicité, Liquiñe-Ofqui, d'une longueur d'environ 1.000 km et d'axe Nord-Sud. Son nom vient de sa source, dans les Hot Springs Liquiñe, près de la ville éponyme, dans la région de Los Ríos, et de l'isthme Ofqui, dans la région de Aisen où se situe la jonction triple des plaques tectoniques Amérique du Sud, Antarctique et Nazca. Près de la faille, une grande partie longeant le canal Moraleda, se trouvent plusieurs volcans actifs comme le Mocho-Choshuenco, le Corcovado , le Macá, le Puyehue ou l'Hudson, ce dernier dont l'éruption, en 1991, est considérée comme l'une des plus violentes de l'histoire volcanique du Chili.

La faille Liquiñe-Ofqui est une zone de compression cisaillée, au niveau du volcan Quetrupillán par la faille Gastre et peut être déterminée comme un intra-arc dextre et une faille transpressive-transformante. Ainsi, l'éruption du volcan Cordón Caulle, le 24 Mai 1960, deux jours après le grand tremblement de terre de Valdivia, a été déclenchée par des mouvements dans la faille, le même contexte sismo-volcanologique se reproduisant lors du séisme d'Aysén, 21 avril 2007, déclenchant des glissements de terrains massifs, et éruption, le 2 Mai 2008, du volcan Chaitén.

Certes, après le tremblement de terre meurtrier de Cauquènes, de magnitude 8.8, du 27 Février 2010, il se peut attendre un éruption volcanique de l'un des volcans chiliens des Andes, mais s'il s'en produit une, elle ne pourra se générer que dans les régions Libertador General Bernardo O'Higgins, Maule ou Bío-Bío, l'une des trois régions les plus affectées par le tremblement de terre mais, l'hypocentre localisé en milieu marin à 35 kilomètres de profondeur, a été situé hors toute zone volcanique et hors toute connexion avec la faille Liquiñe-Ofqui.

 

Vers une éruption du Melimoyu ?


Au différent, la région d'Aysén, le 17 Mars 2010, sous le volcan Melimoyu, a montré une certaine activité sismique. Trois séismes, deux de magnitude 3,3 et un de magnitude 5.0, ont été enregistrés et ressentis par la population. Le 18 Mars, la sismicité a été, de même, avec une fréquence de 8 séismes par heure. Les hypocentres ont, eux, été localisés à des profondeurs variant entre 3 et 22 kilomètres. Il est à en convenir que la prise en compte de la seule sismicité n'est pas suffisante, d'autres paramètres , - inclinométrie, température, composition des gaz... -, ne devant pas être négligés, pour faire un pronostic éruptif. Mais... car il y a un mais..., la secousse de magnitude 5.0, s'est produite au cœur même de la faille, en lisière du magma, à l'aplomb exact de la cheminée du Melimoyu, à 22 kilomètres de profondeur. Par divers calculs qui seraient trop longs à expliciter dans le cadre de cet article, il s'avère que la vitesse de l'élévation du magma, suites aux mouvements sismiques animant la faille Liquiñe-Ofqui, lors de chaque éruption andine dans cette zone spécifique, est de 0,200 à 0,250 kilomètre par jour. Et le 28 Mai deux essaims sismiques sont localisés, entre 2 et 12 à 15 kilomètres de profondeur, tant à l'aplomb du sommet qu'au sud de l'édifice, démontrant que la circulation des fluides magmatiques sont en cours. Cela laisse entendre qu'une prochaine éruption, entre les 14 juin et 06 Juillet, pourrait affecter le stratovolcan Melimoyu.

Depuis le 02 juin, la sismicité est en augmentation sur le Melimoyu et, de fait, le magma devant être très proche du bouchon lavique obturant le cône sommital, les autorités ont passé le massif et les provinces alentours, - provinces d'Aysén et de Coyhaique -,en alerte préventive de niveau 1. En outre, les communes concernées, - Melimoyu, Seno Gala, Puerto Gala, Puerto Raúl Marín Balmaceda, Caleta Valdiviana, Santo Domingo, Puerto Gaviota, La Junta y Puyuhuapi, Amenhual, Villa La Tapera y Alto Río Cisnes -, par une éventuelle éruption explosive, doivent mettre en place un système d'observation visuel en complément de la surveillance instrumentale in situ.

sources partielles : http://www.activolcans.info

09 juin 2010

Activité éruptive du stratovolcan Ulawun, l'île de Nouvelle Bretagne en danger ?

Code 0502-12

Localisation : Latitude 5.05° Sud et longitude 151.34° Est

Alerte volcan, Niveau actuel.. : Niveau 1.
Alerte aviation, Niveau actuel : Orange.


L'Ulawun, également appelé The Father, Ulawon, Uluwun, Vatr ou encore North Son, dont les laves interstratifiées avec des tephras composés de basalte et d'andésite, émises au cours d'éruptions majoritairement explosives, le classant parmi les volcans gris de la ceinture de feu du Pacifique, est un stratovolcan situé, à environ 130 kilomètres au sud du complexe de Rabaul, à l'est de l'île de Nouvelle-Bretagne, Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur la côte Nord bordant la Mer de Bismarck. La moitié supérieure, ses derniers 1.000 mètres, de son cône symétrique est totalement dénuée de végétation. Plusieurs cônes « parasites » se sont construits sur ses flancs Nord-Ouest et Est. Il est situé à proximité d’un autre volcan actif, le Bamus.

Par ses éruptions, soit péléennes, soit stromboliennes, émanant du cratère central, il est l'un des volcans les plus actifs de Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'un de ses plus dangereux, et le plus haut de l'arc volcanique de Bismarck qui s'étend, sur 1.000 kilomètres de long, des Îles de l'Amirauté à Rabaul.


Chronologie des éruptions historiques :


Sa première éruption fut, en 1700, enregistrée par William Dampier, un voyageur, navigateur et boucanier, un capitaine, écrivain et observateur scientifique anglais. L'enregistrement suivant fut réalisé 178 ans plus tard. Une éruption, en 1915, déposa 10 centimètres de cendres sur Toriu, à 50 kilomètres au Nord-Est du volcan. En 1970, une importante éruption, avec production de nuées ardentes et de coulées de lave, dévasta le Nord-Ouest de l'édifice et généra des modifications conséquentes sur le cratère sommital. Une éruption de cendres, éjectées, en 1980, à 60 kilomètres d'altitude, et accompagnées de coulées pyroclastiques, balaya tout les flancs du volcan et dévasta une superficie de 20 kilomètres carrés.

Ces dernières années, tout particulièrement depuis l'an 2000, son activité explosive est quasi constante et, en avril 2001, un panache de cendres s'est élevé à plus de 14 kilomètres d’altitude. Depuis 1700, 22 événements éruptifs ont été comptabilisés pour l'Ulawun qui est, avec 7 kilogrammes/seconde d'anhydride sulfureux, soit environ 2% du total mondial des émissions de SO2 dans l'atmosphère, l'une des sources les plus prolifiques, au monde, de dioxyde de soufre.


Chronologie de l'éruption en cours :


Du 01 au 20 Mai le stratovolcan Ulawun a émis des quantités variables de vapeur blanche et, du 22 au 27 Mai, un panache de cendres dont certaines zones étant de couleur grise, a dérivé, sur 35 à 130 kilomètres, à une altitude de 3 kilomètres.

Une faible et fluctuante incandescence a été détectée les 28 au 29 Mai par les habitants. Le 30 Mai une pluie de cendres, très fine, est tombée sur les villages et les hameaux situés au Sud-Sud-Ouest, au Sud et Sud-Sud-Est de l'édifice volcanique.

Le 02 Juin, suite au séisme de magnitude 6.2, suive d'une réplique de magnitude 4,8, quelques deux heures plus tard, alors que des émissions de vapeur blanche se produisent, le Comité provincial des catastrophes, afin de refléter la tendance à la hausse de l'énergie sismique, et une présence récente de plumes grises, incandescence, et bruits audibles, déclare que le volcan est placé en état d'alerte 1.

En ce 09 Juin, l'activité éruptive de l'Ulawun montant en puissance, le taux de dioxyde de soufre étant en augmentation permanente et le panache de cendre s'intensifiant, le niveau d'alerte aviation est passé à l'orange.


Les risques propres au stratovolcan Ulawun.


Culminant à 2.334 mètres d'altitude, le stratovolcan Ulawun domine, de plus de 400 mètres, la plupart des volcans composant l'arc insulaire de Bismarck, une contexture indiquant qu'il puisse se situer à la limite de la stabilité structurelle. Le plus grave danger qui puisse advenir, plusieurs milliers de personnes vivant près du volcan, serait une catastrophique éruption à très haute explosivité, avec effondrement de tout ou partie de l'édifice volcanique, qui dévasterait, dès lors, la région sur des centaines de kilomètres carrés.

sources partielles : http://www.activolcans.info

08 juin 2010

Le Taal, volcan philippin aux portes de l'explosion.

Suite à une série de modifications des paramètres volcaniques surveillés qui ont débuté fin avril, le niveau d'alerte du Taal, est passé de 1 à 2..

En effet, la température du lac, dans le cratère central, montre une augmentation de plus de 2° Celsius et la composition chimique de l'eau, en outre, connaît d'importantes modifications. Enfin, les températures, relevées au sol et les mesures des champs magnétiques, montrent, de même, des modifications et sont en hausse.

Les zones d'activité fumeroliennes qui affectent le cratère central s'intensifient et les bruissements deviennent audibles, indiquant, de la sorte, que l'édifice volcanique, par inflation, continue à se déformer.

Enfin, la sismicité connaît des modifications importantes avec, en particulier, une augmentation constante du nombre de séismes volcaniques depuis fin avril 2010 et l'apparition de séismes haute fréquence associés à la fracturation des roches. Depuis début juin, quelques séismes basse fréquences sont aussi enregistrés et une masse magmatique est en cours de mise en place sous l'édifice.

Ces basses fréquences se manifestent depuis 1990 et, depuis, des essaims de secousses sismiques et des tremors accélèrent la fracturation de roches et le déplacement de magma, ce signifiant que l'évolution conduit, irrémédiablement, dans un avenir très proche, quelques jours ou quelques semaines, à une activité éruptive.

Le Taal est un volcan complexe, sur l'île de Luzon, aux Philippines. Il se situe entre les villes de Talisay et San Nicolas de Batangas et se compose d'une caldeira résultant d'une ancienne éruption aux forces incommensurables, caldeira donnant assise au lac Taal et à une île, l'île volcano, possédant, elle même, un lac de cratère en son centre. Il se situe à environ 50 kilomètres de la capitale, Manille et, partie intégrante du cercle de feu du Pacifique, il est l'un des volcans les plus actifs des Philippines.

Le volcan est rentré en éruption, violemment, à plusieurs reprises durant la période historique, causant des centaines de victimes, 15.000 à 26.000 recensées à ce jour, dans les zones habitées qui entourent le lac.

Le Taal fait partie d'une chaîne de volcans, le long du côté Ouest de l'île de Luzon, qui se sont formées par la subduction de la plaque eurasienne s'enfonçant sous la ceinture mobile des Philippines. Le Lac Taal se situe dans une caldeira de 25à 30 kilomètres de diamètres, sise à une altitude de 3 mètres au dessus du niveau de l'Océan, formée par quatre éruptions explosives entre 500 et 100 mille ans, chacune de ces éruptions créant de vastes dépôts ignimbrites s'étalant sur une superficie couvrant un territoire immense, de plus de 80 kilomètres de diamètre, incluant, en cela, l'emprise terrestre de la ville de Manille et de sa grande banlieue.

Depuis la formation de la caldeira, les éruptions qui ont suivi, ont créé une autre île volcanique, à l'intérieur de la caldeira, connue sous le nom d'île Volcano. Cette île a une superficie d'environ 23 kilomètres carrés, et se compose, exclusivement, de chevauchement de cônes volcaniques et de cratères, quarante-sept cônes et cratères différents y ayant été recensés.

Il y a eu, depuis 1572, 33 éruptions enregistrées pour le Taal. Une des éruptions les plus dévastatrices se produisit en 1911. Elle coûtat plus d'un millier de vies. Les dépôts de cette éruption se composaient de tephras avec une haute teneur en soufre.

La période éruptive la plus active a duré de 1965 à 1977. Elle a été caractérisée par l'interaction du magma sur l'eau du lac, produisant de violentes explosions phréatiques. Et tout particulièrement, l'éruption de 1965 a conduit à la reconnaissance des nuées ardentes, phénomène type explosion de bombe atomique, comme processus d'éruption volcanique, l'éruption générant une base de coulées pyroclastiques, en surtension, qui a voyagé sur plusieurs kilomètres à travers le lac Taal, dévastant les villages sur la rive du lac et tuant une centaine de personnes.

Si les signes avant-coureurs actuels ne sont pas interprétés correctement, l'éruption prochaine et annoncée risque fort connaître le même résultat d'autant que celle de 1965 s'est caractérisée, en partie, par une activité strombolienne produisant des coulées massives de lave atteignant les rives du lac Taal.

sources partielles : http://www.activolcans.info

03 juin 2010

Le volcan Tungurahua, en Equateur, est entré en éruption : Aéroport, écoles fermés et villages évacués.

L’équateur compte une trentaine de volcans dont les plus actifs sont le célèbre Cotopaxi, le Guagua Pichincha, le Reventador dont l’éruption de novembre 2002 a été la plus importante des temps historiques, avec des coulées pyroclastiques et d’importants panaches de cendres de 17 Kilomètres de hauteur qui ont entraîné des évacuations ainsi que la fermeture temporaire de l’aéroport de Quito, le Sangay, le volcan le plus actif d’Equateur et un des rares volcans au monde en état d’activité éruptive quasi-permanente, et bien sûr le Tungurahua. Il se peut aussi citer le Fernandina, volcan-bouclier le plus actif de l’archipel des Galapagos, situé à environ 1000 Kilomètres à l’Ouest des côtes de l’Equateur, formé sous l’action d’un point chaud.

Haut de 5.029 mètres, le Tungurahua, situé à 135 km au Sud de la capitale, Quito, est entré en activité vendredi 28 Mai 2010 à 13 h 47 Temps Universel, 08 h 47 Heure locale, après une « grande explosion » due à une accumulation de gaz, et ses projections de lave et de cendres « dépassent les 10 à 12 kilomètres d'altitude. » L'aéroport et les écoles de Guayaquil, ville portuaire de 2,5 millions d'habitants, ont été fermés.

Située à 280 kilomètres au Sud de la capitale, l'agglomération côtière est affectée par des pluies de cendres dues à l'éruption, qui se déroule 160 kilomètres plus à l'Ouest. Au moins sept villages implantés non loin du volcan, environ 500 familles, ont dû être. Aucune victime n'a été signalée.

Le Tungurahua est un stratovolcan équatorien en activité situé, dans la cordillère royale, la chaine centrale des Andes, à cheval sur les provinces de Chimborazo et Tungurahua, en Équateur. En éruption depuis le 5 Octobre 1999, son activité éruptive a repris le 28 mai 2010. Il s'élève au-dessus de la ville thermale de Baños, 1.800 mètres, et de son église aux ex-voto accrochés aux murs rappelant la dangerosité de l'édifice volcanique, 7 kilomètres au Nord, mais ces kilomètres sont verticaux... Les autres villes les plus proches sont Ambato, 30 kilomètres au Nord-Ouest et Riobamba, 30 kilomètres au Sud-Ouest. Le Tungurahua fait partie du parc national de Sangay.

Surnommé « le géant noir », il est principalement composé d’andésite et de dacite. Trois anciens édifices se sont succédés depuis le milieu du Pléistocène. Le Tungurahua fut ainsi édifié sur les « restes » de l’édifice primordial effondré. Puis il s’effondra il y a 3.000 ans, formant alors une caldeira en forme de fer à cheval ouverte vers l’Ouest. C’est à l’intérieur de cette dernière que s’édifia le cône récent coiffé d’un cratère. Toutes les éruptions historiques ont eu lieu à partir de ce cratère, y compris la dernière débutée en 1999.

Avec ses 5.023 mètres, le Tungurahua dépasse l'altitude des neiges éternelles, 4.900 mètres à cette latitude. Son sommet est recouvert de neige. Il possédait un petit glacier qui a beaucoup souffert de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999 et, les réchauffagistes du climat toujours à l'affut d'un indice qui apporterait de l'eau à leur moulin, en ont fait des gorges chaudes affirmant que la fonte du glacier était due au réchauffement climatique qui sévissait sur la région andine et les écologistes, leur emboitant allégrement le pas, avaient claironné, « à tout va-l'eau qu'à la fin la cruche se casse », cette nouvelle controuvée...

Dès le 28 Mai l'activité explosive du Tungurahua a repris brutalement produisant une colonne de cendres atteignant l'altitude de 10 kilomètres et provoquant l'évacuation d'au moins 7 villages. Son activité est allée crescendo et les explosions « en coup de canon », accompagnées d'onde de choc, sont entendues, à partir du 30 Mai, dans un rayon de trois kilomètres. Les blocs et les bombes, conjugués à des chutes de cendres, roulent sur les pentes externes du cône sommital jusqu'à plus de 2 kilomètres de distance.

La nouvelle crise éruptive continue de monter en puissance et, à compter du 01 Juin, les explosions, faisant vibrer sols et fenêtres des villages proches, sont entendues à Ambato, à 30 kilomètres au Nord de l'édifice

En ce 03 Juin, l'activité, sismique et superficielle, continue de croître. Son explosivité reste intense avec toujours des explosions « en coup de canon » qui continuent à faire vibrer les portes et les fenêtres dans les villages voisins, et des grondements ininterrompus liés à l'échappement des gaz sous pression. Les panaches formés dépassent les 5 kilomètres de hauteur, atteignant, parfois, les 8, 10 voire 12 kilomètres. L'une des explosions a généré un écoulement pyroclastique, actif, déjà long de plus de 1.500 mètres et continuant à dévaler les flancs du volcan. Des chutes de cendres ont été répertoriées à Pillate, Cotaló, Puela, Manzano, Chonglotus et Bilbao.

Il ne peut que s'admettre que le Tungurahua est entré dans une phase paroxysmale, avec de fortes chutes de cendres. Des mesures de protection de l’eau potable et de l’électricité sont prises par les autorités locales, ainsi que des mesures de récolte et d’évacuation des cendres. L’alerte rouge a été déclenchée pour les villages de Penipe et de Guano, les plus exposés.

sources partielles : http://www.activolcans.info

Le Volcan Pacaya, en activité strombolienne, fait beaucoup de dégâts, deux morts, trois disparus et de nombreux blessés au Guatemala

« Au Guatemala, le volcan Pacaya, situé à environ 50 kilomètres de la capitale, Guatemala City, au sud du pays, a fait une nouvelle éruption. Deux personnes ont été retrouvées mortes, trois enfants sont portés disparus. Des milliers de Guatemaltèques ont dû être évacués. Pour le moment, l'éruption ne baisse pas d'intensité et les dégâts sont déjà considérables. L’état d’urgence a été décrété. », telle est l'annonce laconique relayée par les médias du monde entier.

Le Pacaya, un des 8 volcans actifs sur les plus de 800 que compte le Guatemala, culminant à 2.552 mètres d'altitude, est situé, sur la Cordillère Guatemaltèque, en périphérie de la ville d'Antigua. C'est un édifice volcanique « jeune » qui naquit, il y a environ 23.000 ans et qui, depuis l'arrivée de Pedro de Alvarado, un conquistador espagnol, en 1523, est entré en éruption au moins vingt-trois fois. Après être resté endormi durant près d'un siècle, il a repris, violemment, son activité en 1961, une activité qui est restée constante.

Depuis le 07 mai, des coulées de lave sont émises à mi-pente, versant Nord-Ouest du cône Mac Kenney, en face du Cerro Chino, des coulées effusives laviques ponctuées par une activité explosive sommitale et par des bouffées de gaz émanant d'une activité fumerollienne intense, et augmentant fortement en s'étendant au flanc Sud-Ouest de l'édifice. Plusieurs unités laviques, les plus importantes atteignant 1.500 à 2.000 mètres de longueur, sont même proches de la base du cône Mac Kenney, créant un nouveau promontoire rocheux susceptible de se déstabiliser et de provoquer des avalanches rocheuses au danger difficilement estimable.

A compter du 19 Mai 2010, faisant suite à un trémor de plus 43 heures, une activité explosive, en plus d'une importante effusion sur son le flanc Sud-Ouest, secoue le sommet de l'édifice et génère une phase éruptive paroxysmale provoquant des dégâts et des dommages conséquents et forts nombreux. De fréquentes explosions cendreuses, de forte intensité, se succédent toutes les 3 à 30 secondes, projettent des blocs et des bombes incandescents à plus de 200m de hauteur et expulsent un panache entre 500 et 700 à 1.000 mètres de hauteur, se dirigeant vers l'Ouest et entraînant la mise en alerte rouge pour le volcan et la fermeture de l'aéroport de la Aurora.

Le 28 Mai, un caméraman Guatémaltèque a même trouvé la mort durant sa couverture de l'événement pour la chaine de télé Canal 7, des enfants, au nombre de trois ou cinq suivant les informations fournies par les autorités locales, sont portés disparus et une vingtaine de blessés, dont certains dans un état grave, sont à déplorer dans les trois départements, Escuintla, Guatemala et Sacatepéquez, proches du volcan.

Depuis le 01 juin, l'activité éruptive est toujours très intense et l'activité explosive, de style strombolien, se poursuit au sommet et forme un panache de cendres dont la hauteur varie entre 900 et 1.500 à 1.800 mètres de hauteur, des ondes de chocs étant ressenties dans un rayon de 5 kilomètres aux alentours. Plusieurs plate-formes de lave, sur le flanc nord, face Cerro Chino, se sont réactivées, produisant des coulées dont certaines de 100 mètres de large et de 1.000 à 1.500 mètres de long, et des zones d'émissions de coulées laviques, de 300 à 700 mètres atteignant, le 02 juin, une 1.500 mètres, une seconde 2.200 mètres, sont actives sur les flancs Sud-Est et Sud-Ouest du cône.

Ce jour, 03 Juin 2010, une puissante activité strombolienne se maintient, produisant des panaches de cendres hauts de plus 1.700 mètres de hauteur et deux coulées, l'une sur le flanc Sud-Est et une seconde sur le flanc Sud-Ouest, sont toujours très bien alimentées et constituent un risque indéniable, bien que le niveau d'alerte soit à l'orange, pour les populations proches.

sources partielles : http://www.activolcans.info

15:33 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcan, volcanisme, guatemala, guatemala city, antigua, pacaya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

01 juin 2010

Alors que les catastrophes naturelles s'accumulent au Costa Rica, un fort séisme de magnitude 6.2 frappe, le 01 Juin 2010, sa côte pacifique.

Le Costa Rica subit actuellement de très fortes précipitations et les pluies engendrent de nombreux dégâts : inondations, glissements de terrains, routes barrées et dégradées, ponts emportés... Les régions les plus touchées sont : la côte pacifique, le Guanacaste, le nord du pays et la route Panaméricaine coupée en plusieurs endroits, notamment vers le « Cerro de la muerte. »

Après de nombreuses secousses sismiques, de magnitude comprise entre 4.0 et 5.5, qui ont affecté la côte Pacifique, et des trémors qui ont été enregistrés en divers sites volcaniques de la Cordillère Centrale costaricaine, au cours des dernières semaines, le volcan Turrialba a repris une activité qui se traduit par des émanations de gaz toxiques, des petites éruptions et des mouvements dans la chambre magmatique, et le volcan Arenal, aux éruptions peu prévisibles, maintenant en permanence une activité pouvant s’intensifier brusquement, émet des flux solides et gazeux qui pourraient s’étendre sur un rayon de 5 kilomètres autour de l'édifice volcanique.

Et...

le 01 Juin 2010 à 03 h 26 Temps Universel, 31 Mai 2010 à 21 h 26 heure locale, un séisme de magnitude 6.2 sur l'échelle ouverte de Richter et d'intensité VIII, pour l'observatoire de sismologie costaricien, de magnitude 6.1 pour l'U.S.Geological.Survey et de magnitude du moment 6.0 pour le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, a frappé au large de la côte pacifique de la province de Puntarenas, au Costa Rica. Son épicentre, situé latitude 9.38° Nord et 84.23° Ouest, se trouve à 8 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest de Manuel Antonio, à 12 kilomètres au Sud-Ouest de Puerto Quepos, à 39 kilomètres au Sud-Ouest de Guadalupe et à 63 kilomètres au Sud de San José. Son hypocentre se localise à 25 kilomètres de profondeur.

Cette région du Costa Rica a été frappée, par le passé, par des séismes, bien que de magnitude moyenne, destructeurs et meurtriers, tels ceux du 13 Avril 1910, magnitude 5.6, 1.750 victimes ; 04 Mai 1910, magnitude 6.4 et 05 Mai 1910, magnitude 6.1, 700 victimes ; 30 Décembre 1952, magnitude 5.9, 29 victimes ; 14 Avril 1973, magnitude 6.5, 26 victimes ; et 22 Avril 1991, magnitude 7.6, 75 victimes.

Bien que la secousse principale ait été fortement ressentie dans tout le pays et aussi au Nicaragua et au Panama, les autorités ne font état, pour l'heure, ni de victimes, ni de dégâts, et aucune alerte au tsunami n'a été lancée.

31 mai 2010

Depuis le 27 Mai, magnitude 7.2, l'archipel Vanuatu connaît une crise sismique sans précédent réactivant plusieurs volcans

De nombreux séismes se sont produits, entre le 19 et le 30 Mai 2010, le long de la fosse des Nouvelles Hébrides, près de l'Archipel Vanuatu, dans le Pacifique, à la frontière de deux plaques tectoniques, la plaque Pacifique et la plaque Australienne, une zone considérée, au même titre que les fosses Pérou-Chili, Aléoutiennes, Kouriles, Ryukyu et Java, comme l'une des plus sismiques de la planète.

Le 27 Mai 2010 à 17 h 14 Temps Universel, 28 Mai 2010 à 04 h 14 heure locale, un séisme sous-marin, de magnitude 7.2 et d'intensité VIII à l'épicentre, à frappé le Vanuatu au Sud des Îles Torrés et à l'Ouest des Îles Banks, dans la province de Torba, 6.945 habitants pour une superficie de 882 kilomètres carrés, l'une des six provinces administratives de la République du Vanuatu, la plus petite et la plus septentrionale de l'archipel. Son épicentre se situe, latitude 13.63° Sud, longitude 166.56° Est, à 20 kilomètres au Nord-Est de Toga, à 21 kilomètres au Nord-Nord-est de Vipaka et à 23 kilomètres au Nord-Nord-Est de Loh, archipel Torres, à 110 kilomètres à l'Ouest de Sola et à 217 kilomètres au Nord-Ouest de Luganville. Son hypocentre se localise à 36 kilomètres de profondeur. Une alerte au tsunami a été émise pour les îles Salomon, Vanuatu et Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique Sud. Le séisme et le raz de marée qu'il a induit, ont causé des dégâts de grande ampleur sur les îles des archipels Torrés et Banks et sur les côtes Nord-Ouest, Nord et Nors-Est de l'île Espirito Santo.

La secousse principale s'est produite à la limite des plaques Australienne et Pacifique, dans la région de la Mer de Corail, dans le Pacifique de Sud-Ouest. Dans la zone du séisme, la plaque Australienne subducte, sous la plaque Pacifique, au Nord-Est oriental, à une vitesse d'environ 9,1 centimètres par an. Le foyer du tremblement de terre, la profondeur, et le mécanisme focal permettent de le classifier dans la catégorie Mégathrust, ou séisme de subduction.

Ce tremblement de terre fait suite à une séquence, foyers localisés entre 70 et 130 kilomètres de profondeur, de fortes secousses sismiques, en octobre 2009 : 7 Octobre, deux secousses de magnitude 7.7 et 7.8 se produisant à 15 minutes d'intervalle, une de magnitude 7.4, une heure plus tard, et deux de magnitude 6.6 et 6.8, le 8 Octobre.

La région du Vanuatu connaît un niveau très élevé d'activité sismique, avec près de 50 aléas, de magnitude égale ou supérieure à 7.0, enregistrés depuis 1973, la plaque Australienne, en sa partie Nord-Est oriental subductante étant active, à des profondeurs d'environ 350 kilomètres, sous les îles des provinces de Torba, - îles des archipels Torrés et Banks -, de Sanma - Îles Esperitu Santo et Melo -, de Penama, - îles Ambae, Maewo et Pentecôte -, de Melampa, - îles Ambrym, Mallicolo, Akhamb, Maskelynes, Tomman, Paama et Lopevi ainsi que d'une dizaine d'îles plus petites -, de Shefa, - îles Shepherd, de Epi et d'Efaté -, et de Tafea, - îles Aneityum, Aniwa, Erromango, Futuna, Tanna, Hunter et Matthew -.

La secousse principale a été précédée, entre le 19 et le 23 Mai, par quatre secousses-précurseur, de magnitude égale ou supérieure à 4,5 : 19 Mai 2010, hypocentre 204 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2 ; 22 Mai 2010, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2 ; 23 Mai 2010, deux secousses, l'une hypocentre 210 kilomètres de profondeur, magnitude 4.5, et l'autre hypocentre 119 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2.

Elle a été suivie d'une kyrielle de répliques dont nombre d'entre elles de magnitude égale ou supérieure à 5.0, voire de forte magnitude 6.4 : 27 Mai 2010, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, magnitude 5.4, hypocentre 60 kilomètres de profondeur, magnitude 5.4, hypocentre 40 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0, hypocentre 60 kilomètres de profondeur, magnitude 6.4, et hypocentre 35 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9 ; 28 Mai 2010, hypocentre 60 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0, hypocentre 47 kilomètres de profondeur, magnitude 5.7, hypocentre 112 kilomètres de profondeur, magnitude 4.7, et hypocentre 80 kilomètres de profondeur, magnitude 4.9 ; 29 Mai 2010, hypocentre 33 kilomètres de profondeur, magnitude 5.2, hypocentre 33 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0, hypocentre 26 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0, hypocentre 170 kilomètres de profondeur, magnitude 5.0, et hypocentre 100 kilomètres de profondeur, magnitude 4.6 ; 30 Mai 2010, hypocentre 33 kilomètres de profondeur, magnitude 4.8.

L’activité sismique, sur la micro plaque des Nouvelles Hébrides, est principalement liée au rapprochement des plaques Australiennes et Pacifique. Cette région représente une zone de déformation étendue incluant les subductions des Nouvelles-Hébrides et des Tonga-Kermadec dont les plaques plongeantes se font face, la plaque Australienne subductant vers le Nord-Est et la plaque Pacifique vers le Nord-Ouest. Ces subductions bordent des bassins d’arrière-arc en extension, les Bassin Nord Fidjien et de Lau. Cette grande zone de déformation est complexe et peut être séparée en plusieurs micro-plaques, - les micro-plaques des Nouvelles Hébrides, du Récif Balmoral, du Récif Conway, de Futuna, de Niufo'ou, des Tonga et des Kermadec -, et d'une zone orogène récente, de déformation distribuée, englobant les micro-plaques des Nouvelles Hébrides, du Récif Balmoral et du Récif Conway, et empiétant sur la micro-plaque Futuna et sur les plaques Australienne, - au Sud du Récif Bamoral et à l'Est du Récif Conway -, et Pacifique, - au Nord des Micro-plaques Nouvelles Hébrides et Récif Balmoral -. Les taux de convergence rencontrés dans cette région sont parmi les plus rapides du globe : 12 centimètres par an au large de la Nouvelle-Calédonie au niveau de la subduction/collision de la ride des Loyautés et jusqu’à 24 centimètres par an au Nord de la subduction des Tonga. Les taux d’ouverture des bassins d’arrière-arc, pouvant atteindre une dizaine de centimètres par an, sont également très rapides. A de tels mouvements une sismicité, importante et complexe, est associée.

L'archipel du Vanuatu, plus de 80 îles dont neuf principales, est l'hôte de volcans spectaculaires et actifs : Suretamatai, Motlav, Gaua, Mera Lava, Obi, Ambae, Ambrym, Lopevi et le Yasur, l'équivalent du Stromboli de la méditerrannée, Epi et Kuwae, ainsi que d'une kyrielle de volcans sous-marins dont le Karua. L'arc volcanique des îles du Vanuatu est le résultat de la subduction Nord-Sud de la zone d'étirement des îles Matthew et Hunter dans le sud jusqu'au volcan Tinakula des îles Salomon dans le Nord. L'arc insulaire du Vanuatu, - anciennement les Nouvelles-Hébrides -, marque ainsi la subduction à vergence Est de la plaque indo-australienne sous le Bassin Nord-Fidjien, ce bassin âgé d'au moins 8 millions d'années, voire 10 Millions d'années, étant le Bassin arrière-arc le plus ancien de tout le Sud-Ouest Pacifique.

Suite à cette crise sismique, le volcan Gaua et le Mont Garet, sur l'île Santa Maria, aux éruptions essentiellement intra-calderiques ininterrompues depuis le mois de Novembre 2009 avec des panaches s'élevant à 3.000 mètres d'altitude, s'intensifiant, par augmentation du dégazage et intensification des explosions, avec des risques phréato-magmatiques si la lave atteint les eaux du lac volcanique, est rentré dans une nouvelle phase éruptive, Les panaches montent plus haut qu'auparavant, atteignant maintenant les 4.500 mètres d'altitude, et sont plus chargés en cendres. Par ailleurs, des projections incandescentes et le son de puissantes explosions, sont signes de l'approche de la colonne de magma. Certaines rivières, alimentées par le lac sommital, ont vu leur niveau monter de 20 à 30 centimètres et les acides volcaniques, libérés par le dégazage, acidifient les réservoirs d'eau potable. Des risques de lahars deviennent sérieux et que des problèmes sanitaires se profilent si les insulaires n'ont plus accès à l'eau potable. Le niveau d'alerte, se situant à 2 depuis le début janvier 2010, a été élevé à 3 et le volcan est considéré à « très haut niveau d'activité. »

Sur l'île de Tanna, le Yasur qui connaît une activité explosive permanente depuis plusieurs siècles, est entré en phase extensive depuis le 30 Mai, éjectant, le 31 Mai, un panache qui s'élève à plus de 3.000 mètres d'altitude, - 1.800 mètres le 30 Mai sur 200 kilomètres carrés de superficie -, et s'étend sur plus de 500 kilomètres carrés, entraînant des perturbations aériennes en Nouvelle-Calédonie.

De nombreux autres volcans, sur l'arc insulaire du Vanuatu, - les volcans Motlav, Mera Lava, Obi, Ambae et Ambrym -, font l'objet de tremors inquiétants avec présences de fumerolles s'épaississant laissant entrevoir des éruptions imminentes. Même le volcan Suretamatai, dont la dernière éruption remonterait à plus de 460.000 ans, serait aussi affecté par ces crises sismiques volcaniques.

Aux dernières informations, un volcan sous-marin dont l'ancrage se situe vers 400 mètres de profondeur, localisé entre les îles Metoma et Tegua Lenaua, dans l'archipel Torrés serait entré en éruption.

26 mai 2010

Extraits de « Des séismes et des hommes. Tome I » ... Ouvrage de vulgarisation en cours de publication.

La Terre devient-elle folle ?

Après le tremblement de terre des Îles Salomons, le 03 Janvier 2010, de magnitude du moment 7.1, de Haïti, d'une magnitude du moment 7.1 et 7.3 sur l'échelle ouverte de Richter, le 12 Janvier 2010, celui du Japon, le 26 Février, de magnitude 7.3, puis, à quelques heures d'intervalle, le 27 Février, celui du Chili d'une magnitude de 8.8, le Chili une nouvelle fois frappé le 11 Mars avec un séisme de magnitude 7.2, ou le Mexique, le 04 Avril, de magnitude 7.2, et le 06 Avril, l'île indonésienne de Sumatra, avec une magnitude 7.7, doit-on croire que la Terre tremble de plus en plus ?

Les récents tremblements de terre du Japon, magnitude 7.3, et du Chili, magnitude 8,8, se sont produits, à quelques heures d'intervalle, l'un sur la façade Ouest, le second sur la façade Est de la plaque tectonique Pacifique(1), pourtour océanique connu sous le nom de « Ceinture de feu du pacifique », une zone sismique, de surcroît de subduction, très active concentrant 90% des tremblements de terre frappant la planète.

Statistiquement, il se produit, 1 à 2 séismes de magnitude égale ou supérieure à 8.0 par an dont 1 tous les 10 à 15 ans de magnitude égale ou supérieur à 9.0, 15 de magnitude comprise entre 7.0 et 7.9, 134 de magnitude comprise entre 6.0 et 6.9, 1.419 de magnitude comprise entre 5.0 et 5.9, 13.000 de magnitude comprise entre 4.0 et 4.9, 130.000 de magnitude comprise entre 3.0 et 3.9 et 1.300.000 de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9. Il ne se peut donc qu'en convenir que de très nombreux séismes frappent tous les jours, en divers points de la planète, mais la grande majorité d'entre eux ne sont pas ressentis par les humains et seulement, environ cent mille séismes sont enregistrés, par an, grâce à des sismographes, des appareils permettant de détecter les ondes sismiques à plus de milliers de kilomètres du foyer sismique. Les plus puissants d'entre eux comptent parmi les catastrophes naturelles les plus destructrices.

De manière générale, les séismes ne se produisent jamais seuls. On parle, ainsi, d'essaims de tremblements. Certains, petits, précèdent parfois le séisme principal, les précurseurs. D'autres, plus nombreux, le suivent pendant des jours ou des mois, les répliques qui peuvent être parfois importantes. La répartition des séismes sur le globe, le long de courbes fermées, divise le globe en de grandes « plaques. » Il existe une sismicité diffuse en dehors de ces limites, la sismicité intraplaque. Presque tous les séismes se produisent aux frontières de ces plaques ainsi, d'ailleurs, que la plus grande partie de l'activité volcanique. Ces séismes sont appelés séismes tectoniques.

Ils sont les témoins permanents de l'activité du globe terrestre. Leur origine se situe en profondeur, à l'hypocentre ou foyer. Selon la profondeur de ce dernier, les sismologues distinguent les séismes superficiels à moins de 60 kilomètres, les séismes intermédiaires de 60 à 300 kilomètres et les séismes profonds de 300 à 700 kilomètres, car la profondeur de plus ou moins 670 kilomètres marque la limite entre le manteau asthénosphérique, source des basaltes de dorsale, - ou Mid-Ocean Ridge Basalts -, et le manteau inférieur, source des basaltes issus de points chauds tels Hawaii ou La Réunion, - ou Océan Island Basalts -. 95% des tremblements de terre dans le monde ont lieu à une profondeur inférieure à 60 kilomètres et 5%, seulement, à une profondeur supérieure à 60 kilomètres

La magnitude d'un tremblement de terre mesure l'énergie libérée lors d'un séisme. Plus la magnitude est élevée, plus le séisme a libéré d'énergie. Il s'agit d'une échelle logarithmique, c'est-à-dire qu'un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 10 de l'amplitude du mouvement et par 30 de l'énergie. Ainsi un séisme de magnitude 8.0 a une intensité 10 fois supérieure à celle d'un séisme de magnitude 7.0 et cent fois supérieure à celle d'un séisme de magnitude 6.0. De fait, le séisme chilien, de magnitude 8.8, a libéré 500 à 900 fois plus d'énergie que celui de Haïti, de magnitude 7.3, et pourtant, les pertes de vies sont sans commune mesure; 700 contre plus de 200 000 et plus d'un million de sans-abri.

 

Les séisme du 12 Janvier, en Haïti, et du 27 Février, au Chili.

Nature des failles et de l'épicentre, respect des normes antisismiques, préparation de la population: pour de nombreuses raisons, les pertes humaines des séismes au Chili et en Haïti sont sans comparaison, même si la secousse a été beaucoup plus forte au Chili. L'épicentre du séisme qui a frappé le Chili samedi 27 Février 2010, a été localisé à 115 kilomètres de Concepcion, la deuxième agglomération du pays, et à 325 kilomètres de sa capitale, Santiago. Avec une magnitude de 8,8, ce séisme, un des plus puissants du siècle, est d'une force plusieurs centaines de fois supérieure à celui du 12 janvier en Haïti, étalonné à une magnitude 7.3. En Haïti, pays le plus pauvre du super-conti-nent américain, l'épicentre s'est situé à 20 km de la capitale Port-au-Prince et à moins de 10 kilomètres de sa proche banlieue. Géologiquement, les deux secousses, ainsi que celle qui s'est produite, au Sud du Japon le 26 Février, de magnitude 7.3, sans faire de dégâts, sont sans rapport, les ruptures étant intervenues sur des failles différentes.

En Haïti, la très faible profondeur de l'hypocentre, - le foyer du séisme -, à quelque 10 kilomètres dans la croûte terrestre, a décuplé la violence des vibrations et amplifié les dégâts à la surface du sol. Au Chili, en revanche, le séisme s'est déclenché à 35 kilomètres sous l'océan amortissant le choc mais faisant craindre un tsunami majeur. Cependant, la différence, entre les deux séismes, bien que l'épicentre de celui d'Haïti soit plus proche d'une grande métropole, réside, tout particulièrement, dans son contexte urbanistique, sociologique et social, le Chili étant bien mieux préparé qu'Haïti à une secousse tellurique de cette magnitude et de cette intensité.

Le Chili se situe sur le terrible « cercle de feu du Pacifique ». Il est l’un des pays les plus touchés par les tremblements de terre, avant même le Japon. Il possède 2.085 volcans, dont 55 toujours en activité. Parmi eux se trouvent les plus hauts sommets chiliens, comme l’Ojos del Salado. Si, au moins, 500 secousses telluriques légères sont enregistrées, chaque année, sur l'entier territoire, les statistiques concluent à 7 séismes significatifs par an et un tremblement de terre destructeur tous les 20 à 30 ans, sans parler des raz-de-marée. Presque toutes les zones géographiques sont concernées et il semble donc plus facile de faire le compte des régions moins exposées. Du nord au sud, ce sont celles d’Antofagasta, de San Fernando, Temuco et Punta Arenas. Le tremblement de terre le plus lourd, en pertes humaines, fut celui de Chillan, en 1939, 30.000 morts, mais le plus terrible, quant à l’énergie libérée, fut celui qui toucha, en 1960, toute la région comprise entre Concepción et Chiloé. Il s’étala sur deux jours, le 21 et le 22 mai. La terre trembla 225 fois dont 5 fois avec une violence encore jamais atteinte. L’une de ces secousses atteignit le degré 9.5 sur l’échelle de Richter, c’est la plus haute magnitude jamais mesurée. Le dernier tremblement de terre notable eut lieu à Santiago, en 1985. Il peut se voir, encore, certains quartiers dévastés près de l’hippodrome.

A cause de ce passé sismique important, dévastateur et meurtrier, le Chili a mis en place, à grande échelle, des normes de construction anti-sismiques et, ainsi, a diminué le potentiel de destruction. De ce fait, par l'état de préparation du pays à de meilleures normes de construction et à la localisation et profondeur des probables épicentres, les dommages entraînés par le tremblement de terre du 27 Février 2010, et de ses répliques dont nombre de forte magnitude, au Chili, sont bien moindre qu'en Haïti. Et les chiliens ainsi préparés aux aléas sismiques, si un bâtiment s'écroule au cours d'un tremblement de terre, c'est soit parce qu'il a été sévèrement secoué, soit parce qu'il a été mal construit. En Haïti, les bâtiments étaient très fragiles. Ceux qui les ont conçus et érigés, il y a vingt ou trente ans, avaient bâti des tombes pour leurs occupants. Dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où s'entassent 2 millions d'habitants, deux immeubles seulement étaient connus pour avoir été construits selon des normes anti-sismiques et ont bien résisté au choc du 12 janvier.

Le Chili est situé dans l'une des zones à la plus forte activité sismique au monde, avec la convergence de deux plaques tectoniques majeures, les plaque de Nazca et Amérique du Sud, qui provoque, par rupture d'un segment de plusieurs centaines de kilomètres de long du plan de subduction entre 50 kilomètres de profondeur et son émergence en surface au niveau de la fosse océanique, des séismes de subduction typique, de type « megathrust », de magnitude égale ou supérieure à 8.0 tous les dix ans environ. La faille rompue, lors de cet aléa sismique, est un chevauchement plongeant faiblement vers l'Est sous la marge continentale chilienne. Les données sismologiques sur la source et la répartition des répliques indiquent que le segment de faille fracturé aurait une longueur, Nord-Sud ,de l’ordre de 500 à 600 kilomètres et une largeur de plus de 100 kilomètres. Le glissement cosismique, sur ce plan, hétérogène, a dépassé la dizaine de mètres.

Haïti, en revanche, n'avait pas connu de séisme aussi catastrophique dans la région de Port-au-Prince depuis 240 ans. Le pays occupe la partie Ouest de l'île d'Hispaniola, - ou Saint Domingue -, île des Grandes Antilles située entre Porto Rico et Cuba. Au niveau de l’île d’Hispaniola le mouvement, entre les plaques Caraïbe et Amérique du Nord est partitionné sur plusieurs failles dont deux systèmes de failles décrochantes majeures, la faille septentrionale, au Nord, et la faille Enriquillo Plantain-Garden au Sud, qui absorbent, chacune, environ 7 millimètres par an de déplacement. La localisation et le mécanisme au foyer du séisme du 12 janvier indiquent, avec une composante chevauchante mineure, une rupture décrochante sénestre sur la faille d'Enriquillo. Cette faille, de direction Est-Ouest, est visible sur environ 300 kilomètres depuis le lac d'Enriquillo, en République Dominicaine, jusqu'à l'extrémité Ouest de la presqu'ile de Tiburon, passant à moins de 20 kilomètres au Sud de Port au Prince. Lors du séisme, qui s’est produit proche de la surface, 10 kilomètres de profondeur, la rupture a affecté un segment de cette faille d'environ 70 kilomètres de long, et le glissement cosismique est compris entre 1 et 2 mètres. Cette faille n'avait pas produit de séismes importants au cours de ces dernières dizaines d'années. Mais elle est probablement la source des séismes historiques de 1751 et 1770 qui, d'après les écrits d'époque de l'historien Moreau de Saint Méry, auraient tous deux détruits la ville de Port au Prince


Y-a-t-il plus de tremblements de terre ou sont-ils plus violents ?

Du premier Janvier au 28 Avril 2010 quasi tous les pays, certains d'entre eux à nombreuses reprises, sur la planète, ont été frappés par un aléa sismique de plus ou moins forte magnitude, plus de 85% de ces secousses, 300 à 350 mille, de magnitude comprise entre 2.0 et 3.5, non perceptibles par les humains mais détectées et enregistrées par des sismomètres(2), près de 10%., de magnitude comprise entre 3.6 et 4.9 sont souvent ressenties mais, jusqu'à 3.9 ceux-ci ne causent que rarement des dommages, les autres entraînant des secousses notables d'objets à l'intérieur des maisons, des bruits d'entrechoquement et certains dommages peu communs, les 5 % restant, se classifiant en magnitude modérée comprise entre 5.0 et 5.9, pouvant causer des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones restreintes ou causer de légers dommages aux édifices bien construits ; de magnitude forte comprise 6,0 à 6,9, pouvant être destructeurs dans des zones allant jusqu'à 180 kilomètres à la ronde si elles sont peuplées ; de magnitude majeure comprise entre 7,0 à 7,9, pouvant provoquer des dommages sévères dans des zones plus vastes ; et de magnitude importante comprise entre 8.0 et 8.9, pouvant causer des dommages sérieux dans des zones à des centaines de kilomètres à la ronde. Au delà, il ne s'est point produit, durant les quatre premiers mois de l'année 2010, de tremblements de terre de magnitude exceptionnelle, égale ou supérieure à 9.0 car de tels séismes dévastent des zones de plusieurs milliers de kilomètres à la ronde.


Les séismes les plus destructeurs enregistrés depuis 1900.

Avant d'aborder la sismicité afférente au premier quart de l'année 2010, une rétrospective exhaustive, par ordre chronologique, des séismes, puissants et dévastateurs, les plus meurtriers enregistrés depuis 1900 :

19 Avril 1902, Quezaltenango et San Marcos, Guatemala, magnitude 7.5 d'une durée de 2 minutes, 2.000 morts. Le tremblement de terre avait, aussi, causé des dommages au Mexique, à Tapachula, Chiapas ;

16 Décembre 1902 : Andijan, Ouzbékistan, Turkestan, Russie, magnitude 6.4, 4.700 morts. Plus de 41.000 bâtiments furent détruits dans le secteur Andijon-Margilan. Un train fut « jeté hors des rails » en gare d'Andijon ;

28 Avril 1903 : Malazgirt, Turquie, magnitude 7.0, 3.500 morts. Environ 12.000 maisons furent détruites et 20.000 animaux tués dans le secteur Malazgirt-Patnos ;

28 Mai 1903 : Gole, Turquie, magnitude 5.8, plus de 1.000 morts ;

04 Avril 1905 : Kangra, Inde, magnitude 7.5, 19.000 morts, des milliers de blessés. De nombreuses villes furent détruites, Kangra, Mcleodganj et Dharamshala et endommagées dans les régions de Dehra Dun et du Pendjab, telles Amritsar, Lahore, Jullunder et Ludhiana ;

08 Septembre 1905 : Calabre, Italie, magnitude 7.9, bilan des autorités locales 557 morts mais 2.500 victimes furent recensées. Plus de 14.000 maisons furent endommagées dans toute la Calabre ;

31 Janvier 1906 : au large d'Esmeraldas, Équateur et Colombie, magnitude 8,8 engendrant un tsunami avec des vagues de plus de 5 mètres, 1.500 morts ;

16 Mars 1906, Chia-i, Taïwan, magnitude 6.8, 1.250 morts. Plus de 6.000 maisons furent détruites ;

18 Avril 1906 : San Francisco, États Unis, magnitude 8.2, 3.000 morts, entre 225.000 et 300.000 sans-abri. Malgré les dégâts importants causés par le séisme et ses répliques, ce sont les incendies qui en résultèrent qui détruisirent le plus de structures, ceux-ci se déclarant à plusieurs endroits de la ville, causés par des fuites de gaz naturel. Ils durèrent trois jours entiers ;

17 Août 1906 : Valparaiso, Chili, magnitude 8.2, d'une durée de 4 minutes, 20.000 morts, 20.000 blessés. Le tremblement de terre, destructeur, dévasta la ville et le port de Valparaíso et détruisit de nombreuses villes dans le centre du Chili de Illapel à Talca. La fracture se produisit le long de la côte de Zapallar à Llico, sur environ 250 kilomètres ;

14 Janvier 1907 : Kingston, Jamaïque, magnitude 6.5, de 800 à 1.000 morts. Tous les bâtiment furent endommagés à Kingston par le séisme et les incendies subséquents. Un tsunami fut signalé, sur la côte nord de la Jamaïque, avec une hauteur maximale des vagues d'environ 2 mètres ;

21 Octobre 1907 : Thien Chan, Chine, magnitude 8.1, plus de 10.000 morts ;

21 Octobre 1907 : Samarcande, Ouzbékistan, magnitude 7.9, plus de 10.000 morts ;

21 Octobre 1907 : Karatag, Tadjikistan, Turkestan, Russie, magnitude 8.0, 12.000 morts. Deux tremblements de terre consécutifs détruisirent Qaratog et de nombreux villages de montagne dans les régions du Gissar et du Denau en Tadjikistan et Ouzbékistan.

28 Décembre 1908 : Messine, Italie, magnitude 7,5 d'une durée de 37 secondes, officiellement 84.000 mais plus exactement plus de 100.000 morts. C'est le séisme le plus meurtrier de toute l'histoire de l'Europe. La ville de Messine a été réduite en ruines fumantes et l'onde de choc a provoqué la formation d'un tsunami qui a détruit plusieurs cités en Sicile et ravagé le port sicilien et celui de Reggio di Calabre. Plus de 40% de la population de Messine et de plus de 25% de celle de Reggio di Calabria furent tuées par le séisme et le tsunami dont la hauteur des vagues fut de 6 à 12 mètres sur la côte de la Sicile au Sud de Messine et de 6 à 10 mètres le long de la côte de la Calabre, ainsi que par les incendies dans certaines régions de Messine. Le bilan des victimes est fondée sur les données du recensement 1901-1911, certaines estimations sont, aussi élevés, à 110.000 personnes. Le séisme fut ressenti à Malte, au Monténégro et en Albanie et sur les îles Ioniennes ;

23 Janvier 1909 : Silakhor, Iran, magnitude 7.3, de 5.000 à 6000 morts suivant les bilans officiels. Environ 60 villages furent détruits ou gravement endommagés. Plus de 40 kilomètres de rupture de surfacefurent observés sur la faille Dorud. ;

11 Juin 1909, Lambesc, France, magnitude 6.2, 46 morts et 250 blessés. Il entraina d'importants dégâts et destructions au sein des villes de Salon-de-Provence, Vernègues, Lambesc, Saint-Cannat et Rognes dans le massif de la Trévaresse en Provence. C'est le tremblement de terre de magnitude la plus élevée enregistré en France métropolitaine depuis celui de Roquebillière en 1654. Il fut également ressenti dans les départements du Gard, du Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et du Var ;

09 Août 1912 : Murefte, Turquie, magnitude 7.4, 2.800 morts. Près de 25.000 maisons furent détruites et 15.000 endommagées dans 580 villes et villages de la région Murefte-Gallipoli, laissant plus de 80.000 personnes sans-abri. La rupture se produisit sur 50 kilomètres de failles, de l'extrémité Nord de la péninsule Gelibolu, golfe de Saros, jusqu'à la mer de Marmara., avec des décalages de 3 mètres, générant une liquéfaction jusqu'à 200 kilomètres de l'épicentre ;

03 Octobre 1914 : Burdur, Turquie, magnitude 7.0, 4.000 morts. Plus de 17.000 maisons furent détruites dans la région Dinar-Egridir-Burdur, et de graves dommages se produisirent à Antalya, Bolvadin et Denizli. Une bande de terre d'environ 23 kilomètres de long sur plus de 500 mètres de large, le long de la rive Sud-Est du lac de Burdur disparurent, indiquant que cela pourrait être la zone de faille ;

13 Janvier 1915 : Avezzano, Italie, magnitude 7.5, 29.980 morts dont 10.000 sur 12.000 habitants à Avezzano, 5.000 à Pescina, 4.000 à Celano, 3.000 à Sora et plusieurs centaines dans chacun des cinquante villages du Fucino détruits ou dévastés par le tremblement de terre. A Rome même, la secousse fut violente. A la basilique de Saint-Jean de Latran, une des statues des douze apôtres, alignées sur la corniche, celle de saint Paul, par Salvatore, fut précipitée sur le sol et brisée en morceaux. Elle mesurait 16 mètres de hauteur. Quelques 3.000 personnes décédèrent, dans les mois qui suivirent, des effets indirects du tremblement de terre ;

21 Janvier 1917 : Bali, Indonésie, magnitude 8.2, 15.000 morts. Des glissements de terrain, à Bali, furent la cause de la majorité des victimes ;

30 Juillet 1917 : Daguan, Yunnan, Chine, magnitude 7.5, 1.800 morts. De nombreuses maisons s'effondrèrent dans les vallées des rivières Hengjiang et Daguan. Un pont à chaînes de fer, à Yanjin, fut renversé et des ponts de pierre furent ruinés. Des éboulements bloquèrent la rivière Daguan, provoquant le reflux de l'eau vers l'amont sur plusieurs kilomètres ;

03 Février 1918 : Kwangtung, Chine, magnitude 7.3, 10.000 morts ;

13 Février 1918 : Nan'ao, Guangdong, Chine, magnitude 7.4, 10.000 morts. La ville de Nan'ao fut détruite et 80% de sa population tué ou blessé. Plus de 90% des maisons furent ruinées ou endommagées dans les région de Jieyang-Yunxiao, du Guangdong et du Fujian. Le séisme fut ressenti dans l'Anhui, le Fujian, le Guangdong, le Guangxi, l'Hubei, l'Hunan, le Jiangsu, le Jiangxi, à Taïwan et au Zhejiang ;

16 Décembre 1920 : Haiyuan, Ningxia, Kansu, province du Gansu, Chine, magnitude 8,5, 180 000 à 230.000 morts suivant les rapports officiels. Un glissement de terrain ensevelit le village de Sujiahe dans le comte de Xiji. Plus de 30.000 personnes furent tuées dans le comté de Guyuan. Presque toutes les maisons s'effondrèrent dans les villes de Longde et Huining, et des dommages survinrent dans 7 provinces et régions, y compris dans les grandes villes de Lanzhou, Taiyuan, Xi'an, Xining et Yinchuan. Des dégâts, intensité VI-X survinrent dans 7 provinces et dans les grandes villes de Lanzhou, Taiyuan, Xi'an, Xining et Yinchuan. Les effets du séisme s'étendirent depuis la mer Jaune, au Qinghai, et la province Nei Mongol, Mongolie intérieure, jusqu'au centre de la province du Sichuan. La rupture de la faile se produisit sur environ 200 kilomètres, de Lijunbu Ganyanchi à Jingtai. Une kyrielle de glissements de terrain et de fissures s'essaimèrent tout au long de la zone épicentrale. Certaines rivières furent endiguées, les autres changèrent de direction. Bien que souvent appelé tremblement de terre Kansu, par les sources occidentales, l'épicentre et les plus fortes intensités se situaient au sein de la région autonome du Ningxia ;

03 Février 1923, Kamtchatka, Russie, magnitude 8.5 ;

24 Mars 1923 : Luhuo, Sichuan, Chine, magnitude 7.3, 3.500 morts. L séisme occasionna de graves dommages et de nombreux glissements de terrain dans les région de Dawu Luhuo et du Qianning ;

25 Mai 1923 : Torbat-e Heydariyeh, Iran, magnitude 5.7, 2.200 morts. Cinq villages furent complètement détruits au Sud-Ouest de Torbat e-Heydariyeh ;

01 Septembre 1923 : Kanto, Japon, magnitude 7.9, 142.800 morts. Tokyo – Yokohama, zone épicentrale du séisme subirent des destructions extrêmes et la tempête de feu qui en suivit, brûla environ 381.000 des 694.000 maisons, les détruisant totalement ou partiellement. Bien que souvent appelé « le grand tremblement de terre de Tokyo », - ou le Grand Tokyo Fire -, les dommages furent les plus importants et les plus graves à Yokohama. Des dommages conséquents affectèrent les péninsules de Boso et d'Izu et la ville d'O-Shima. La baie de Sagami, dans la péninsule de Boso, se souleva de plus de 2 mètres et se déplaça d'au moins 4,5 mètres. Les vagues du tssunami, généré par la secousse principale, atteignirent 12 mètres en baie de Sagamiet à O-Shima, et 6 mètres sur les Péninsules d'Izu et de Boso. Des volcans de sable avec éruption, par intermittence, de fontaignes d'eau de 3 mètres de hauteur, furent observés à Hojo ;

16 Mars 1925 : Dali, Yunnan, Chine, magnitude 7.0, 5.800 morts. Plus de 76.000 maisons s'effondrèrent ou brûléèrent dans la région de Dali, où plus de 3.600 personnes furent tuées et 7.200 blessées. Les dommages et les pertes se produisirent, également, dans les comtés de Fengyi, de Midu, de Binchuan et de Dengchuan ;

07 Mars 1927 : Tango, Japon, magnitude 7.6, 3.020 morts. 98% des maisons furent détruites et plus de 1.100 personnes furent tuées par le séisme et les incendies subséquents dans la ville de Mineyama. Le séisme fut ressenti ressenti de Kagoshima à Tokyo ;

22 Mai 1927 : Xining, Chine, magnitude 8.3, 200.000 morts. Le séisme causa des dommages extrêmes dans la région de Gulang-Wuwei. Des glissements de terrain ensevelirent une ville près de Gulang et endiguèrent un cours d'eau dans le comté de Wuwei générant la création d'un nouveau lac. De larges fissures s'ouvrirent et des volcans de sable se formèrent et rentrèrent en éruption. Certaines estimations firent état que le nombre de décès était supérieur à 200.000 victimes, mais cela pourrait être une confusion avec le tremblement de terre de Ningxia, de 1920. En outre, plus de 250.000 animaux furent tués par ce tremblement de terre ;

23 Mai 1927 : Nanchang, province de Jiangxi Sud, Chine, magnitude 7.9, 80.000 morts ;

01 Mai 1929 : Koppeh Dagh, Iran, magnitude 7.2, 3.800 morts. Ce tremblement de terre causa de nombreuses victimes et de graves dommages de part et d'autre de la zone frontièreentre l'Iran et le Turkménistan. Plus de 3.250 personnes furent tuées et 88 villages détruits ou endommagés dans la région de Baghan-Gifan, Iran. Des dommages se produisirent à Bojnourd et presque toutes les bâtiments furent détruites dans les régions de Germab et d'Ashkhabad, au Turkménistan ;

18 Novembre 1929, les Grands Bancs, au sud de l'île de Terre-Neuve, Atlantique Nord, magnitude 7.2. Il déclencha un glissement de terrain sous-marin qui provoqua la rupture de 12 câbles sous-marins téléphoniques et télégraphiques et généra un puissant tsunami qui dévasta une partie de la côte sud de Terre-Neuve, détruisant plusieurs villages côtiers de la péninsule de Burin, tuant 28 personnes. Le tsunami était composé de 3 vagues hautes de plus de 15 mètres chacune qui frappèrent la côte à une vitesse de 105 kilomètres/heure, environ 3 heures après le tremblement de terre ;

06 Mai 1930 : Salmas, Iran, magnitude 7.2, 2.500 morts. Environ 60 villages furent détruits dans la plaine de Salmas et dans les montagnes environnantes. La ville de Dilman, une population de 18.000, fut complètement rasée, mais il n'y eut que 1.100 décès en raison d'un aléa sismique de magnitude 5.4 s'étant produit quelques heures auparavant à Foreshock. Bien qu'à Foreshock 25 personnes, décédèrent, l'aléa sauva, probablement, des milliers de vies car des milliers de personnes avaient choisi de dormir dehors cette nuit-là ;

23 Juillet 1930 : Irpina, Naples, Italie, magnitude 6,5, 2.100 morts. Le tremblement de terre, extrêmement puissant, toucha la Campanie, la Basilicate et les Pouilles. La majorité des dommages affectèrent les régions de Melfi, d'Irpino-Ariano d'Avellino, de Foggia, de Potenza et, jusqu'à Naples ;

31 Mars 1931 : Managua, Nicaragua, magnitude 6.0, 2.500 morts. Le tremblement de terre et le feu détruisirent une grande partie de la ville de Managua ;

27 Avril 1931 : Zangezur, à la frontière de l'Arménie et l'Azerbaïdjan, magnitude 5.7, 2.800 morts. Cinquante-sept villages furent détruits ou gravement endommagés dans la région de Sisian-Goris, Arménie, et 46 autres villages en furent, de mêmedans la région d'Ordubad, Azerbaijan ;

10 Août 1931 : Fuyun, Xinjiang, Chine, magnitude 8.0, 10.000 morts. Le séisme causa de graves dégâts, des fissures du sol, des glissements de terrain, des affaissements et générèrent des volcans de sable dans la région de Qinghe-Fuyun ;

27 Avril 1931 : Zangezur, à la frontière de l'Arménie et l'Azerbaïdjan, magnitude 5.7, 2.800 morts. Cinquante-sept villages furent détruits ou gravement endommagés dans la région de Sisian-Goris, Arménie, et 46 autres villages en furent, de même, dans la région d'Ordubad, Azerbaijan ;

10 Août 1931 : Fuyun, Xinjiang, Chine, magnitude 8.0, 10.000 morts. Le séisme causa de graves dégâts, des fissures du sol, des glissements de terrain, des affaissements et générèrent des volcans de sable dans la région de Qinghe-Fuyun ;

25 Décembre 1932 : Changma, Province du Gansu, Chine, magnitude 7.6, pour les autorités chinoises la liste des morts recensa 275 victimes ce qui parait incompatible avec les rapports afférents aux dommages, d'autres sources avançaient le nombre de 70.000 victimes. Plus de 1.100 maisons s'effondrèrent dans la région de Changma et de graves dommage se produisirent de Dunhuang à Gaotai. La longueur de la rupture de la faille, et les déformations qui en découlèrent, fut de 110 kilomètres. Il y eut des glissements de terrain, des fissures du sol et des volcans de sabe dans la région de Changma ;

02 Mars 1933 : Sanriku, Japon, magnitude 8.4, 3.000 morts. Le tremblement de terre se produisuit à environ 290 kilomètres au large des côtes de Honshu, la plupart des victimes et les dommages furent causés par le grand tsunami qui fut généré. Environ 5.000 maisons furent détruites dont près de 3.000 emportées par la vague de 29 mètres de haut à Ryori Bay sur l'île d'Honshu ;

25 Août 1933 : Maowen, Chine, magnitude 7.5, 10.000 morts. La ville de Diexi et 60 villages de la région furent complètement détruits. Des dommages et des pertes en vies humaines se produisirent, également, à Chengdu. Le séisme fut ressenti à Chongqing et à Xi'an. Des glissements de terrain créèrent 4 lacs sur la rivière Min Jiang et plus de 2.500 victimes furent à déplorer, 45 jours plus tard, quand les barrages cédèrent et que les eaux libérées inondèrent la vallée ;

15 Janvier 1934 : Bihar, Népal, Inde, magnitude 8.1, plus de 10.000 morts. Des dommages extrêmes, intensité X, se produisirent dans la région de Sitamarhi-Madhu-bani, zone de l'Inde, où la plupart des maisons s'enfoncèrent, jusqu'à 1 mètre de profondeur, dans les alluvions. Des dommages, par liquéfaction, se prolongèrent jusqu'à Supaul Purnia, à l'Est, et dans la région de Muzaffarpur-Darbhanga, au Sud. Deux autres zones furent affectées par des dommages extrêmes, d'intensité X, dans le Munger, le long du Gange, et dans la vallée de Katmandou, au Népal ;

20 Avril 1935 : Miao-li, Taiwan, magnitude 7.1, 3.270 morts, plus de 12.000 blessés. 39.000 maisons furent détruites ou gravement endommagées dans le-chu-T'ai-chung. Une ligne de chemin de fer s'enfonça jusqu'à une profondeur de 2 mètres. Des ponts en fer furent détruits et des tunnels fissurés. Le séisme fut ressenti dans tout Taiwan et à Fuzhou en Chine continentale ;

31 Mai 1935 : Quetta, Pakistan, magnitude 7.9, 60.000 morts. La ville de Quetta fut presque entièrement détruite et de nombreuses fractures et des glissements de terrain se produisirent dans la région ;

16 Juillet 1935 : Hsin-Chu, Taiwan, magnitude 6.5, 2.740 morts, plus de 6.000 blessés et plusieurs milliers de maisons détruites dans la zone de Hsin-Chu. Ce fut, probablement, une réplique du séisme du 20 avril 1935 ;

01 Février 1938 : Indes néerlandaises, Mer de Banda, Indonésie, magnitude 8.5 et intensité VII sur l'échelle de Mercalli, provoquant un tsunami avec une vague atteignant 1,5 mètre ;

24 Janvier 1939 : Chillán, Chili, magnitude 8.3, 28.000 morts et 58.000 blessés et 1,7 million de sinistrés. Le séisme causa des dommages extrêmes dans la région de Chillan-Cauquenes et de graves dommages de Arica à Puerto Aisen ;

26 Décembre 1939 : Erzincan, Turquie, magnitude 8.0, 33.000 morts. Le séisme occasionna des dommages extrêmes dans la plaine de Erzincan et la vallée de la rivière Kelkit, ainsi que près Turcan, où un violent tremblement de terre, peut-être un avant-choc, avait eu lieu le 21 novembre, à l'ouest d'Amasya et de Sivas nord jusqu'à la côte de la mer Noire. Le tremblement de terre fut ressenti fortement à Larnaca, Chypre. La rupture de la faille se produisit sur une longueur de 300 kilomètres, dans la zone Nord-anatolienne, entre Erzincan et Niksar, avec 3,7 mètres de déplacement horizontal et 2,0 mètres de décalage vertical. Un petit tsunami fut observé à Fatsa sur la côte de la mer Noire de la Turquie et enregistré par les stations de marée de Tuapse, en Russie et à Sé­bastopol, en Ukraine.

10 Novembre 1940 : Vrancea, Roumanie, magnitude 7.3, 1.000 morts. De nombreux bâtiments et maisons d'habitation furent détruits et des milliers de personnes blessées dans la région de Bucarest-Galati, dans la vallée de Prahova River et à Ploiesti, en partie en raison des incendies qui ont éclaté dans les raffineries de pétrole. De lourds dommages affectèrent Chisinau, Moldova, Tchernivtsi, Dnipropetrovsk et Odessa. Le séisme fut ressenti de Marseille, France, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, Russie, et à Istambul, en Turquie ;

20 Décembre 1942 : Erbaa, Turquie, magnitude 7.3, 1.100 morts. Environ 5.000 bâtiments furent détruits ou endommagés dans la région Erbaa-Niksar. La rupture de la faille survinr dans la faille Nord-anatolienne, à Niksar, dans la vallée de la rivière de Kelkit à l'Ouest de la rivière des Yesilirmak Erbaa avecun déplacement horizontal de 1,7 mètre. Ce tremblement de terre se produisit à l'Ouest de la zone de rupture du tremblement de terre d' Erzincan, en 1939 ;

10 Septembre 1943 : Tottori, Japon, magnitude 7.4, 1.190 morts. Plus de 7.500 maisons furent détruites, de Niigata, à Kumamoto, dans la région de Tottori ;

26 Novembre 1943 : Ladik, Turquie, magnitude 7.6, 4.000 morts. Environ 75% des maisons furent détruites ou endommagées dans la région de Vezirkopru-Ladik. La rupture de la faille Nord-anatolienne, sur une longueur de 280 kilomètres, se produisit depuis l'Ouest Destek jusqu'au qorges Erbaa, sur la rivière Filyos. Cette zone faisait immédiatement suite, à l'Oues, à la zone de rupture du tremblement de terre d'Erbaa, en 1942 ;

15 Janvier 1944 : San Juan, Argentine, magitude 7.4, entre 8.000 et 10.000 morts suivant les estimations, et, au moins, 12.000 blessés. Le séisme occasionna de graves dégâts dans la ville de San Juan et dans la province de Mendoza. C'est le plus grand nombre de victimes, pour un tremblement de terre, dans l'histoire de l'Argentine. Le séisme fut ressenti fortement à Cordoba, à La Rioja et à San Luis, en Argentine et dans la région de San Felipe-Petorca, au Chili ;

01 Février 1944 : Gerede, Turquie, magitude 7.4, 2.790 morts.Environ 50.000 maisons furent détruites ou fortement endommagées dans la zone de la faille Nord-ana-tolienne comprise entre Bolu Gerede et Kursunlu. Des dommages, intensité VI, survinrent dans la région de Sakarya-Zonguldak-Kastamonu. Le séisme fut fortement ressenti à Ankara. La zone de rupture était immédiatement à l'Ouest de la zone épicentrale du tremblement de terre de Ladik, en 1943 Ladik. Au total, environ 800 kilomètres de la zone de faille nord-anatolienne, entre Erzincan et Abant Lake, se rompit avec un décalage horizontal de 3,5 mètres et un déplacement vertical de1 mètre ;

07 Décembre 1944 : Tonankai, Japon, magnitude 8.1 Suivant les autorités, il y eut 998 victimes. Plus de 73.000 maisons furent détruites ou gravement endommagées par le séisme et quelques 3.000 autres furent emportées par le tsunami dont la hauteur des vagues des vagues fut de 8 mètres sur la côte orientale de la péninsule de Kii, Honshu. Le tsunami atteignit Attu, en Alaska et San Diego et de Terminal Island, en Californie.

12 Janvier 1945 : Mikawa, Japon, magnitude 7.2, 1.961 morts. Plus de 17.000 maisons furent détruites ou gravement endommagées, principalement à Aichi et à Gifu. La zone atteinte par le séisme s'étendit depuis Fukushimajusqu'à Shimane, Honshu et Shikoku. La rupture de la faille affecta une longueur de 100 kilomètres et généra un déplacement vertical de 2 mètres ;

27 Novembre 1945 : Makran Coast, Pakistan et Balouchistan, Inde, magnitude 8.0, 4.000 morts. Le séisme causa de graves dégâts à Pasni et Ormara. Un important tsunami fut généré par la forte secousse et occasionnèrent des dommages à Karachi et des dommages et des pertes en vies humaines dans le Mumbai, Bombay. Quatre nouvelles îles apparurent, au large de la côte, près de Hinglaj. Le séisme fut ressenti jusqu'à Dera Ismail Khan et Sahiwal ;

01 Avril 1946 : Îles Aléoutiennes, Alaska, magnitude 8.6, 2.000 morts provoquant un tsunami avec une vague de 35 mètres qui touche Hawaii, le Japon et la côte ouest des États-Unis ;

21 Mai 1946, Martinique, magnitude 7.0. Gros séisme de subduction dans l'île antillaise ;

31 Mai 1946 : Ustukran, Turquie, magnitude 5.9, entre 840 et 1.300 morts suivant les sources. Plusieurs villages furent détruits ;

10 Novembre 1946 : Ancash, Pérou, magnitude 7.3, 1.400 morts. Presque toutes les maisons furent détruites ou gravement endommagés dans les région de Sihuas-Quiches et d'Ancash. De nombreux glissements de terrain se produisirent et l'un d'eux ensevelit le village de Acobamba et un second, le barrage sur la rivière Pelagatos. Le séisme fut ressenti de Guayaquil, en Équateur, à Lima, au Pérou ;

20 Décembre 1946, Nankaido, Japon, magnitude 8.1, 1362 morts, plus de 2.600 blessés et 100 disparus. Plus de 36.000 maisons furent détruites ou gravement endommagées dans le Sud de Honshu et de Shikoku. 2.100 autresfurent emportées par un tsunami dont les vagues atteignirent 5 à 6 mètres de haut sur la côte Est de la péninsule de Kii, Honshu et sur les côtes Est et Sud de Shikoku ;

28 Juin 1948 : Fukui, Japon, magnitude 7.3, 5.390 Près de 67.000 maisons furent détruites dans la région de Fukui par le séisme et les incendies qui en découlèrent. Les dégâts furent particulièrement graves dans les zones d'alluvionnaires, à Ibaraki, à Niigata, à Honshu Uwajima et à Shikoku. Plus de 550 répliques furent ressenties dans le mois suivant le séisme ;

05 Octobre 1948 : Achkhabad, Turkmenistan, magnitude 7.3, 110.000 morts. Dommages extrèmes se produisirent à Ashgabat et dans les villages voisins. Presque tous les bâtiments en briques s'effondrèrent, les structures en béton furent gravement endommagés et plusieurs trains de marchandises déraillèrent ;

10 Juillet 1949, Khait, Tadjikistan, magnitude 7.5, 12.000 morts. Presque tous les bâtiments furent détruits par le séisme et par des glissements et des effondrements de terrain sur une zone de 60 à 65 kilomètres de long sur 6 à 8 kilomètres de large Un effondrement de sol géant, d'environ 20 kilomètres de long sur 1 kilomètre de large, se déplaçant à la vitesse de 100 mètres par seconde, ensevelit la ville de Khait à une profondeur d'environ 30 mètres. Dans la vallée de la rivière Yasman 20 villages furent, de même, ensevelis à des profondeurs variant de 10 à 20 mètres ;

05 Août 1949 : Ambato, Équateur, magnitude 6.8, 3.000 morts. Les villes de Guano, de Patate, de Pelileo et de Pillaro furent totalement détruites, tout comme le fut un tiers de la ville d'Ambato. D'importants dommages se produisirent dans les provinces de Tungurahua, Chimborazo et Cotopaxi. Les glissements de terrain bloquèrent les routes et les cours d'eau dans toute la région d'Ambato. Le séisme fut d'intensité IV à Cuenca, Guayaquil et Quito.

15 Août 1950, Zhamo, dénommé « Tremblement de terre d'Assam-Tibet », Chine, magnitude 8.6, 1.526 morts. De nombreux bâtiments s'effondrèrent tuant, au moins 780 personnes dans la région de Nyingchi-Qamdo-Zhamo, dans l'Est du Tibet. Volcans de sable, fissures du sol et glissements importants de terrain se produisirent. Dans la région de Medog, le village de Yedong glissa dans le Yarlung Zangbo, - le Brahmapoutre -, et hommes et maisons furent emportés par les flots tumultueux du fleuve . Le séisme fut ressenti à Lhassa et dans les provinces du Sichuan et du Yunnan. L' intensité X provoqua de multiples dégâts dans la région de Sibsagar-Sadiya de l'Assam, en Inde et dans les collines environnantes. Environ 70 villages furent détruits dans les collines Abor, principalement à cause des glissements de terrain qui, en outre, bloquèrent la rivière Subansiri. Le barrage céda 8 jours plus tard, créant une vague de 7mètres de hauteur qui inonda plusieurs villages et tua 536 personnes. Le séisme fut ressenti jusqu'à Calcutta ;

18 Août 1950, Province de l'Assam, Inde, magnitude 8.6. Le gros séisme, suivi par 74 répliques de moyenne et de forte magnitude, engloutit 70 villages ;

02 Août 1951 : Cosiguina, Nicaragua, magnitude 5.8, 700 morts. Le tremblement de terre de fissura le versant du volcan Cosiguina, libérant l'eau de son cratère. La coulée de boue qui en résulta, détruisuit la ville de Potosi. Une secousse plus forte, magnitude 6.0, se produisuit dans la même région, quelques heures plus tard, le 03 Août ;

04 Novembre 1952, Kamtchatka, Russie, magnitude 9.0. Le séisme déclencha un tsunami régional causant dans la péninsule de Kamtchaka et sur les îles Kouriles 2.300 morts ;

18 Mars 1953 : Yenice-Gonen, Turquie, magnitude 7.3, 1.070 morts. Plusieurs milliers de bâtiments furent endommagés dans le secteur de Yenice-Gonen. Le séisme, avec une intensité VI, fut ressenti à Sakarya, à Bursa, à Edirne, à Istanbul et à Izmir. Ave une intensité moindre, il fut, aussi, ressenti dans les îles égéennes et dans une grande partie de la Grèce continentale, en Bulgarie. La rupture de la faille se produisit sur une longueur de 50 kilomètres avec un décrochement horizontal de 4,3 mètres ;

09 Septembre 1954 : Orléansville, El Asnam, Algérie, magnitude 6.7, 1.750 morts et 5.000 blessés. La ville d'Orléansville quasi ruinée, a été reconstruite et rebaptisée El Asnam, Chlef actuellement ;

09 Mars 1957, îles Andréanof, Alaska, magnitude 9.1, 1.200 morts. La région épicentrale du tremblement de terre se situant dans une zone inhabitée, les dommages et les pertes en vies humaines furent réduites. Les poêles et les cheminées furent brisées dans les villes les plus proches, et des dommages mineurs survinrent à Bodaïbo et à Tchita. Cependant, d'importants effets géologiques furent observés dans une zone étendue. Le « creux » Namarakit, un « embryonnaire bassin type Baykal », s'effondra sur plus de 6 mètres de large sur le côté sud, créant le lac Novyy Namarakit. L »Udokan Range fut soulevé d'environ 1.5 mètre et se décala sur le plan horizontal, de plus de 1 mètre. Des glissements de terrain survinrent à plus de 350 kilomètres de l'épicentre. Les débits, la températures et les niveaux d'eau changèrent dans les sources et les puits jusqu'à Tchita, ville se situant à 500 kilomètres de l'épicentre ;

02 Juillet 1957 : Sang Chai, Mazandaran, Iran, magnitude 7.1, 1.200 morts. Presque tous les villages, dans la région de Ab-Garm-Mangol-Zirabe, sur le côté Nord des monts Elbourz, connurent la destruction. De nombreux glissements de terrain et des éboulements bloquèrent la route d'Amol à Téhéran et causèrent d'importants dégâts dans nombre de villages autour de l'épicentre. Le tremblement de terre fut fortement ressenti à Téhéran ;

27 Juin 1957 : Sibérie, Russie, magnitude 7,9, 1.200 morts ;

13 décembre 1957, Sahneh, Iran, magnitude 7.1, 1.130 morts. Plus de 900 personnes furent blessées et 211 villages détruits ou gravement endommagés dans la région de Songor-Asadabad et à Sahneh dans les provinces de Kermanshahan et d'Hamadan. Quelques fissures se formèrent, dans les alluvions, le long de la faille Sahneh.

10 Juillet 1958 : Baie de Lituya, près du Canada, Alaska, magnitude 8,2, 2 morts. Le séisme provoqua un gigantesque glissement de terrain. Cette masse tombant dans une baie très étroite créa une onde très localisée et spectaculaire. L'eau fut projetée jusqu'à une hauteur de 525 mètres. Ce phénomène est techniquement plus proche d'un Splash que d'un tsunami ;

29 Février 1960 : Agadir, Maroc, magnitude 5.7, 15.000 morts. Le séisme a détruit entièrement la ville d'Agadir. Plus d'un tiers de la population d'Agadir fut tué et, au moins, un autre tiers, blessée par ce tremblement de terre de courte durée, moins de 15 secondes. Il est le plus destructeur des tremblements de terre « modérés », magnitude inférieure à 6, au cours du XX° siècle et à l'opposé du tremblement de terre, en Mongolie, de magnitude 8,1, du 4 décembre 1957, qui avait fait très peu de victimes. Tous les bâtiments, dans le Founti, la Kasbah et Yachech furent détruits ou très gravement endommagés et plus de 95% de la population de ces zones urbaines fut tuée. Plus de 90% des bâtis furent ruinéss ou endommagés dans le quartier Talbordjt et plus de 60 % connurent le même sort dans la ville nouvelle et sur le Front-de-Mer ;

22 Mai 1960, Valdivia, Chili, magnitude 9.5, séisme le plus violent recensé, précédé par une série de tremblements de terre d'une magnitude supérieure à 8 sur une bande de 1.300 kilomètres au nord de l'épicentre et provoqué par le glissement de la plaque de Nazca d'environ 18 mètres sous la plaque sud-américaine, 5.700 morts. L'ampleur des dégâts causés par la secousse principale, fut catastrophique dans la région de Puerto Montt-Valdivia. La plupart des victimes et la plupart des dommages furent générés par des qui ruinèrent la côte du Chili à Puerto Aisen Lébou et de nombreuses régions de l'océan Pacifique. Puerto Saavedra fut complètement détruite par les vagues qui ateignirent des hauteurs de 11,5 mètres et effectuèrent des vestiges de maisons intérieures sur 3 kilomètres de large, des vagues de 8 mètres au Corral, 61 victimes et des destructions à Hawaï, pour la plupart à Hilo, où la hauteur des déferlantes atteignit 10,6 mètres. Des vagues de 5,5 mètres frappèrent le nord de Honshu 1 jour après le tremblement de terre, détruisant plus de 1.600 maisons et faisant 185 victimes ou portés disparus, les Philippines, 32 victimes ou disparus. Des dommage se produisirent sur l'île de Pâques, dans les îles Samoa et en Californie. L'île Guafo se souleva de 3 mètres. De nombreux glissements de terrain survinrent dans le Lake District, de Lago Villarica à Lago Todos los Santos. Le 24 mai, le Volcan Puyehue explosa et rentra en éruption, envoyant des cendres à plus de 6000 mètres. L'éruption se poursuivit pendant plusieurs semaines. Ce séisme fut précédé de 4 secousses précurseur de magnitude supérieure à 7.0, dont une de magnitude 7,9 le 21 mai qui causa de graves dommages dans la région de Concepcion. Plusieurs répliques se produisirent, avec 5 de magnitude égale ou supérieure à 7.0. C'est le plus grand tremblement de terre du 2XX° Siècle. La zone de rupture fut de 1000 kilomètres de long, à partir de Puerto Aisen Lébou. ;

01 Septembre 1962 : Kazvin, Iran, magnitude 7.3, 10.000 morts. Quatre-vingt-un villages détruits et 233 endommagés, plus de 21.000 maisons détruites, presque toutes bâties avec des matériaux pauvres, sur la base des dommages aux structures anciennes, ce fut probablement le plus grand tremblement de terre dans cette zone depuis au moins celui de 1630. Sur plus de 100 kilomètres de long, la rupture se produisit dans la zone Est-Ouest de la faille Ipak ;

26 Juillet 1963 : Skopje, Yougoslavie, magnitude 6.0, 1.100 morts et plus de 4.000 blessés. Environ 75% des bâtis, à Skopje, furent détruits ou gravement endommagés. Les plus lourds dommages occasionnés aux bâtiments, le furent sur la zone alluvionnaire de la vallée du fleuve Vardar. Il y eut peu de dommages en dehors de Skopje. Car l'épicentre du séisme, peu profond, s'était situé presque sous la ville. La ville illyrienne de Scupi avait été détruit par un tremblement de terre en 518. Elle avait été reconstruite à proximité et avait pris nom de Justiniana Prima, devenant, plus tard, Skopje. Mais au XVI° siècle, elle s'appelait Uskub, ville qui fut, en 1555 comme elle l'avait été en 518, détruite par un tremblement de terre, la loi des série sur une zone à forte sismicité ;

13 Octobre 1963, îles Kouriles, Russie, magnitude 8.5 ;

27 Mars 1964, Valdez, Alaska, États Unis, magnitude 9.2, surnommé le Good Friday Earthquake, dura 4 minutes, 131 morts ;

04 Février 1965, Ile des Rats, îles Aléoutiennes, Alaska, États Unis, magnitude 8.7 ;

07 Mars 1966 : Longyao, Hebei, Chine, magnitude 7.0, 1.000 morts 7.0 Plus de 135.000 maisons sfurent détruites et 190.000 gravement endommagées dans la province d'Hebei. Les dégâts les plus importants se concentrèrent dans le comté de Julu, où plus de 106.000 maisons s'effondrèrent et 100.000 autres subirent de graves dégats. Le tremblement de terre fut ressenti dans les provinces du Hebei, du Shanxi, du Henan et du Shandong ;

22 Mars 1966 : Ningjin, Hebei, Chine, magnitude 6,9, 1.000 morts. Plus de 196.000 maisons s'effondrèrent et 298.000 furent gravement endommagées dans les provinces d'Hebei, de Shandong et de Shanxi. De graves dommages affectèrent la région de Ningjin-Shinhe et celles de Beijing et de Tianjin, et au-delà à Hohhot et à Nanjing. Dans la zone épicentrale, de larges fissures sillonnèrent les terres. Les rapports officiels furent silencieux sur le nombre de victimes et de blessés en faisant un amalgame avec le séisme du 07 Mars afin de minimiser les dégâts matériels et les pertes en vies humaines ;

19 Août 1966 : Varto, Turquie, magnitude 6.7, 2.529 morts, 1.500 blessés et 108.000 sans abri. Le séisme causa d'importantes destuctions à Varto et à, au moins, 20 villages dans les provinces de Bingol, d'Erzurum et de Mus. ;

31 Août 1968 : Dasht-e Bayaz, Iran, magnitude 7.3, 7.000 à 12.000 morts. Cinq villages furent totalement détruits dans la région de Dasht-e Bayaz, et 6 autres dans la région de Kakhk-Salayan eurent, au moins, la moitié de leurs bâtisses ruinées. Une forte réplique, le 01 Septembre, anéantit la ville de Ferdows. En tout, plus de 175 villages subirent des dommages plus ou moins importants, dans la province, à faible intensité de population, de été détruits ou endommagés dans ce domaine plutôt faible densité de population de Khorasan. Le nombre de morts aurait probablement été beaucoup plus élevé si ce tremblement de terre aurait frappé au milieu de la nuit ;

28 Février 1969 : déplacement de plaques dans la faille des Açores-Gibraltar dans l’Océan Atlantique, Maroc, magnitude 7.3. Il avait donné naissance à un tsunami de faible amplitude mais notable : 1,2 mètre à Casablanca, 0,2 mètre à Séville ;

25 Juillet 1969 : Guangdong, Yangjiang, Chine, magnitude 5,9, 3,000 morts. Plus de 10.700 maisons s'effondrèrent et environ 36.000 furent gravement endommagées dans le comté de Yangjiang. Certains dommages, également, se produisireny dans les régions de Xinyi-Yunan, de Guangdong, et de Teng-Xian, Rong Xian, Guangxi. De légers dommages survinrent à Hong Kong. Des fissures,des glissements de terrain et des volcans de sables furent générés, le long de la côte et le long de certaines rivières de la région, par la secousse principale. Le nombre de morts fut estimé à partir des rapports non confirmés ;

04 Janvier 1970 : Tonghai, Yunnan, Chine, magnitude 7.5, 12.000 morts. Le séisme se localisa à 90 kilomètres au Sud-Ouest de Kunming, une ville de près d'un million d'habitants, et 75 kilomètres au Nord-Ouest de Gejiu comptant 180.000 habitants. Les habitants de Hanoi, Vietnam du Nord, à environ 480 kilomètres de l'épicentre, désertèrent leurs maisons terrorisés par les grondements générés par la secousse. La rupture de faille de Tonghai s'étira sur plus de 50 kilomètres avec un déplacement horizontal de 2,5 mètres et vertical d'environ 0,5 mètre ;

28 Mars 1970 : Gediz, Turquie, magnitude 6.9, 1.086 morts. Plus de 12.000 maisons furent détruites ou gravement endommagées dans la région d'Emet-Gediz, province de Kutahya. Plus de 50% des bâtiments furent endommagés dans 53 villages. Nombre de dommages furent causés par des glissements de terrain et des incendies. Des dommages se produisirent, aussi, à Bursa, à Yalova, à Ankara, Istanbul, à Izmir et à Erzincan. Le séisme fut également ressenti à Chios et à Lesbos, en Grèce. De fortes répliques causèrent de nombreux dommages additionnels. La rupture de la faille s'étala sur plus de 61 kilomètres avec des déplacements verticaux, d'extension et de « pull-apart », dans la région de Gediz, qui se conjuguèrent avec un déplacement horizontal, de 2.75 mètres, sur la faille Ayikayasi. De nombreux glissements de terrain et des changements notoires dans les écoulements des sources thermales survinrent dans la zone épicentrale ;

31 Mai 1970 : Chimbote, Pérou, magnitude 7.9, 50.000 morts recensés, 20.000 disparus et présumés morts, et 150.000 blessés dans Ancash et La Libertad, épicentre du tremblement de terre. Une avalanche de débris de roche catastrophiques, de glace et de boue ensevelit la ville de Yungay, qui comptait 20.000 habitants ;

22 mai 1971 : Bingol, Turquie, magnitude 6.9, 1.000 morts. La ville de Bingol fut presque détruite et 15.000 de ses habitants furent sans abri. Le séisme se produisit à l'extrémité orientale de la faille anatolienne ;

31 Octobre 1971 : Orissa et Golfe du Bengale, Inde, magnitude 7.9, 10.800 morts ;

10 Avril 1972 : Ghir, Fars, Sud de l'Iran, magnitude 7.1, 5.054 morts et 1.700 blessés. Le tremblement de terre frappa la province de Fars, au sud de l'Iran. La secousse détruisit 80% des habitations de la ville de Ghir, tuant 67% de sa population. La plupart des victimes furent des femmes et des enfants car les hommes étaient partis pour les champs. Un total de 45 villages et de hameaux furent endommagés, et certains furent même rasés. Les glissements de terrain bloquèrent les routes entravant les travaux de sauvetage. Bien que de nombreuses répliques se produisirent, ajoutant à l'inquiétude, aucune n'excéda la magnitude 5.1 ;

23 Décembre 1972 : Managua, Nicaragua, magnitude 6.5, 10 000 morts, environ 30 000 blessés et 400.000 sans-abri. La capitale, Managua subit des dégâts énormes et 80% de ses édifices furent rasés. De plus, des foyers d'incendie attisés par des vents secs et des menaces d'épidémies causées par des corps en décomposition forcèrent l'évacuation de près de 300 000 réfugiés. Ce fut l'une des pires catastrophes sismiques de l'année, et le plus meurtrier pour l'Ouest de l'hémisphère Sud. Des centaines de répliques furent enregistrées, mais seulement deux dépassèrent une magnitude de 5.0, et elles se produisirent dans l'heure qui suivit la secousse principale ;

01 Mai 1974 : Province de Sichuan et Yunnan, Chine, magnitude 7.8, bilan officiel 17.500 morts mais plus de 50.000 disparus ;

10 Mai 1974 : Yibin, provinces de Sichuan et Yunnan, Chine, magnitude 6.8, bilan officiel 20.000 morts mais d'autres sources civiles font état de 50.000 à 70.000 morts directes ou indirectes ;

28 Décembre 1974 : Pattan, Pakistan, magnitude 6.2, 5.300 tués, 17.000 blessés et 97.000 sans-abri. Ve fut le séisme le plus destructeur de l'année 1974. Le village de Pattan et ses hameaux furent entièrement détruits et de graves dommages se produisirent en d'autres dlieux de la région de vallée de l'Indus. Il fut ressenti, intensité V, à Kaboul, en Afghanistan. ;

04 Février 1975 : Haicheng, Chine, magnitude 7.0, officiellement 2.000 morts mais 10.000 victimes recensées. Le séisme provoqua d'importants dégâts dans la région Haicheng-Yingkou. Des dommages mineurs affectèrent Séoul, en Corée du Sud. Le tremblement de terre fut ressenti à Primorskiy Kray, URSS, et à Kyushu, au Japon. Les responsables chinois avaient ordonné l'évacuation de Haicheng, une population d'environ 1 million, d'habitants, la veille du tremblement de terre. Dans les mois précédents, les variations des niveaux d'eau, et les multiples rapports sur le comportement animal particulier, d'une part, et, d'autre part, l'augmentation de l'activité sismique, ayant déclenché l'alerte d'évacuation. Ilfut estimé que le nombre de morts et de blessés aurait dépassé 150.000 si aucune prévision des séismes et d'évacuation n'avait été faite ;

06 Septembre 1975 : Diyarbakir, Turquie, magnitude 6.7, 2.300 morts et 3.400 blessés. Ce tremblement de terre destructeur, centré dans la province de Diyarbakir, frappa dans l'Est de la Turquie. Il causa des dégâts matériels considérables. La secousse principale se produisit à l'heure du déjeuner quand la plupart des habitants se trouvaient l'intérieur de leurs maisons et, les enfants, à l'école. Les districts, les plus durement touchés, furent ceux de Hazro, d'Hani, de Kulp, et de Lice qui fut presque entièrement détruite. De nombreuses répliques de forte intensité suivirent la secousse principale, provoquant l'effondrement de maisons déjà partiellement endommagées ;

04 Février 1976 : Guatemala-City, Guatemala, magnitude 7.5, 23.000 morts et des milliers de blessés. L'épicentre du séisme se situa à environ 160 kilomètres au Nord de Guatemala City. Les dégâts furent considérables. La plupart des bâtis, dans les zones périphériques de la ville de Guatemala, furent totalement détruits, laissant des milliers de sans-abri. L'accès aux sites de la catastrophes fut entravé par les nombreux glissements de terrain survenus dans la région. L'alimentation et l'approvisionnement en eau furent plus que réduites. Certaines de ces zones ont été privées d'électricité et de toutes communications pendant plusieurs jours. Le choc principal fut suivi par des milliers de répliques, certaines, de forte magnitude, entraînant des pertes supplémentaires en vies humaines et en dommages matériels ;

06 Mai 1976 : Frioul, Italie, magnitude 6.4. La région de Gemona fut presque entièrement détruite, 137 communes sont touchées, 600 000 personnes concernées, 1.000 morts, environ 200 orphelins, 700 000 sans-abri ;

06 Mai 1976 : Italie du nord, magnitude 6.5 1 000 tués, au moins 1700 blessés, et d'importants dégâts dans la zone épicentrale. Le tremblement de terre fut ressenti dans toute l'Europe. Une secousse sismique, de magnitude 4,6, précéda la secousse principale d'environ 1 minute et 7 secondes ;

25 Juin 1976 : Irian Jaya, Papouasie, Indonésie, magnitude 7.1, 422 morts, 5.000 à 9.000 personnes portées disparues et présumées mortes. Le tremblement de terre causa 350 décès. Quelques jours plus tard, un certain nombre de personnes furent tuées par des glissements de terrain générés par le séisme. Six villages furent totalement détruits. Le séisme fut fortement ressenti dans l'Irian occidental et la région l'Est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée ;

27 Juillet 1976 : Tangshan, Chine, magnitude 8,2 mais officielle 7.5, chiffres officiels 242.419 morts. En outre, 164.581 personnes furent sévèrement blessées D'autres estimations font état de 500.000 à 800.000 morts, directes ou indirectes et 655.000 à 799.000 blessés. Les sismologues estiment que le tremblement de terre a atteint la magnitude de 8,2 sur l'échelle de Richter, alors que le gouvernement chinois évalue la magnitude entre 7,6 et 7,8. La ville industrielle de Tangshan, située à 200 kilomètres à l'Est de Pékin, est rayée de la carte Le tremblement de terre fut suivi par une réplique quinze heures plus tard de 7,1 sur l'échelle de Richter, faisant de nouveaux morts. C'est le tremblement de terre le plus meurtrier, au cours des quatre derniers siècles, et le deuxième plus grand dans l'histoire ;

16 Août 1976 : Mindanao, Philippines, magnitude 7.9, 8.000 morts. Le séisme se produisit près de la côte Ouest de Mindanao, à environ 950 kilomètres au Sud de Manille. Un tsunami fut généré dans le golfe de Moro causant des dommages considérables et entraînant la perte de milliers de vies humaines. La secousse principale fut suivie par une forte réplique, 12 heures plus tard, causant des dommages supplémentaires ;

24 Novembre 1976 : Caldira, Muradiye, Iran région frontalière avec la Turquie, magnitude 7.3, 5.000 morts. Le séisme se localisa le long de la frontière irano-turque. Caldira, Muradiye, et les villages environnants furent totalement détruits. La Neige et le froid entravèrent les équipes de secours les empêchant d'atteindre de nombreux villages de montagne ;

04 Mars 1977 : Vrancea, Roumanie, magnitude 7.2, 1.500 morts, environ 10.500 blessés et 60.000 personnes sans-abri. Le séisme était centré à, environ, 170 kilomètres au nord de Bucarest. Il causa d'importants dommages à Bucarest et en d'autres régions de Roumanie. La Bulgarie comptabilisa 20 morts et 165 blessés. Des blessures et des dommages furent répertoriées en Yougoslavie. Moscou signala quelques dégâts dans la République soviétique de Moldavie. Ce choc fut ressenti de Rome à Moscou et de la Turquie à la Finlande ;

16 Septembre 1978 : Tabas, Iran, magnitude 7.8, 20.000 morts, des milliers de blessés et 120.000 personnes sans-abri. Le séisme se centra à environ 600 kilomètres au Sud de Téhéran dans les environs de Tabas. La ville de Tabas eut le plus lourd bilan, 9.000 victimes sur une population de 13.000 habitants. 2500 à 3.500 furent décomptées à Dehesk, et 2.000 sur une population de 3500 habitants, à Kurit ;

10 Octobre 1980 : El Asnam, Algérie; magnitude 7,2, 5.000 morts, 15.000 blessés et 138.000 sans abri. Suite à ce tremblement de terre, la ville, détruite à plus de 80%, se renomme Chlef. Le séisme fut ressenti dans toute l'Algérie et du Nord-Ouest au Sud-Est de l'Espagne. Environ 42 kilomètres de rupture de faille, en surface, fut observée ;

23 Novembre 1980 : Conza della Campania, province d'Avellino, Italie, magnitude 6.8, selon les statistiques officielles, 2.735 morts, mais plus de 5.000 suivant les registres des décès, environ 9.000 blessés et, environ, 394.000 sans-abri. D'importants dégâts, intensité maximale X, se produisirent dans la Basilicate, la Campanie et les Pouilles. Castelnuovo di Conza, della Campania Conza, Laviano, Lioni, Sant'Angelo dei Lombardi et Santomenna furent presque entièrement ruinées. En Basilicate et dans la Campanie, plus de 77.000 maisons furent détruites et 755.000 furent endommagées ;

11 Juin1981 : Province du Kerman, Iran, magnitude 6.7, 3.000 morts, de nombreux blessés et d'importants dégâts dans la province de Kerman ;

13 Décembre 1982 : Nord-Yémen, magnitude 6.0, 2.000 morts, 1.500 blessés, 700.000 sans-abri et environ 300 villages détruits ou gravement endommagés au Yémen. L'ntensité maximale VIII affecta la région de Dawran-Risabah. Le séisme fut ressenti dans tout le Yémen et dans la région de Najran, en Arabie saoudite ;

30 Octobre 1983 : Turquie, magnitude 6.8, 1.342 morts, beaucoup de blessés, 534 blessés graves, plus de 25.000 personnes sans-abri, et 50 villages entièrement détruits dans les provinces d'Erzurum et Kars ;

19 Septembre 1985, Michoacan, Mexico, Mexique, magnitude 8.1 d'une durée de plus de 2 minutes, 10.000 morts, environ 30.000 blessés et plus de 100.000 sans-abri, mais aucun bilan officiel ne fut fourni, le bilan officieux étant, lui, de 40 000 morts et de 30.000 bâtiments détruits. Au différent, la police, comme l'armée, tardèrent à réagir, l'annonce officielle ne fut faite que 3 jours après le séisme par Miguel de la Madrid, le président de l'époque. Les raison du séisme découlèrent du fait que le centre de Mexico fut construit sur d'anciens lacs, un plus important, le lac de Texoco et trois autres plus petits. Le fond de ces plans d'eau était recouvert d'immenses dépôts de boue et l'asséchement des lacs, au cours des siècles, aurait laissé une gigantesque masse de boue de plusieurs mètres de hauteur. Le tremblement de terre fut ressentie par près de 20 millions de personnes. 412 bâtiments s'effondrèrent et 3.124 autres furent sérieusement endommagés dans la ville de Mexico. Environ 60% des bâtiments furent détruits à Ciudad Guzman, Jalisco. Des dommage se produisirent, également, dans les Etats de Colima, de Guerrero, de Michoacan, de Morelos, de Veracruz ;

10 Octobre 1986 : El Salvador, magnitude 5.5, 1.000 morts, 10.000 blessées, 200.000 sans-abri et de graves dommages et des glissements de terrain dans la région de San Salvador. Le séisme fut fortement ressenti dans certaines régions du Guatemala et du Honduras, tout particulièrement à Tegucigalpa qui subit de nombreux et graves dommages ;

05 Mars 1987 : Équateur, magnitude 6.0, 1 000 morts, 4.000 disparus, 20.000 sans-abri, des dégâts considérables, des glissements de terrain et des fissures dans la province de Napo et dans la zone Tulcan-Quito. Beaucoup de glissements de terrains sur des pentes saturées d'eau avaient entraîné la destruction du pipe-line, sur environ 27 kilomètres, entre Lago Agria et Balao et la route reliant la région nord-amazonienne de l'Équateur au reste du pays. Des glissements de terrain survinrent dans la région de Pasto et Macao, en Colombie ;

21 Août 1988 : frontière indo-népalaise, Inde, magnitude 6.8, environ 1.000 morts, 6.553 blessés et 64.470 bâtiments endommagés dans l'est du Népal, y compris la vallée de Katmandou. La liquéfaction observées dans une zone de 5.500 kilomètres carrés dans le Sud du Népal. Au moins 277 personnes furent tués et des milliers blessées. D'importants dégâts se produisirent dans le Nord du Bihar, en Inde, en particulier dans les régions de Darbhanga-Madhubani-Saharsa, de Gangtok, de Sikkim et deDarjiling. Le séisme fut ressenti dans une grande partie du Nord de l'Inde, de Delhi à la frontière birmane et dans une grande partie du Bangladesh ;

07 Décembre 1988 : Spitak, Leninakan , Arménie, magnitude 7.0, plus de 50 000 morts. En moins de huit secondes, une faille s'était ouverte sur une longueur de 20 kilomètres. Les deux blocs de fracture en présence avaient, instantanément, coulissé l'un sur l'autre, en biseau. Le phénomène avait atteint une amplitude de 1,6 mètre et la région de Spitak fut entièrement dévastée ;

17 Octobre 1989 : Loma Prieta, Californie, États-Unis, magnitude 6.9, 72 morts ;

07 Décembre 1988 : Spitak, Arménie, magnitude 7.1, 25.000 morts, 19.000 blessés et 500.000 sans abri, dans la région de Spitak-Leninakan-Kirovakan. Deux secousses se produisirent à, environ, 3 secondes d'intervalle. Plus de 20 villes et 342 villages furent touchés dont 58 d'entre eux totalement détruits. D'importants dommages, intensité X, affectèrent Spitak et, intensité IX, Leninakan, Kirovakan et Stepanavan. La rupture de la faille s'étala sur 10 kilomètres de longueur et généra une élévation de 1,5 mètre. Les lignes électriques furent gravement endommagées et des glissements de terrain ensevelirent les voies ferrées dans la zone épicentrale. Le séisme fut ressenti, intensité VII, à Tabatskuri et à Borjomi ; intensité VI à Bogdanovka, à Tbilissi et à Erevan ; intensité V à Goris ; intensité IV à Makhatchkala et à Grozny ; et intensité III à Sheki et à Shemakha ;

20 Juin 1990 : Rasht et Qazvin, Zanjan, Iran, magnitude 7.4, 40.000 à 50.000 victimes, plus de 60.000 blessés, 400.000 sans-abri. Des glissements de terrain, dans la région de Rasht-Qazvin, ensevelirent de nombreux villages. Presque toutes les maisons furent détruites dans la région de Rudbar-Manjil et d'importants dégâts survinrent à plusieurs centaines de kilomètres de l'épicentre, à Khalkhal et à Shahr ;

16 Juillet 1990 : île de Luzon, Philippines, magnitude 7.7, 2.600 morts , plus de 3.000 blessés et de graves dommages, des glissements de terrain, liquéfaction et subsidence, ainsi que des volcans de sable, dans la région de Baguio-Cabanatuan-Dagupan. Des dommage se produisirent, aussi, dans la province de Bataan et à Manille ;

01 Févrrier 1991 : Pakistan et Afghanistan, magnitude 6.8, 1.500 morts ;

18 Octobre 1991 : Uttar Pradesh, Inde, magnitude 6.6, 768 morts ;

19 Octobre 1991 : Uttarkashi, Inde, magnitude 7.0, 2000 morts, plus de 1.800 blessés et 18.000 maisons détruites dans la zone Chamoli-Uttarkash. Deux secousses sismiques se produisirent à, environ, 1,6 seconde d'intervalle Certains dommages se produisirent à Chandigarh et à New Delhi. Le séisme fut ressenti dans le Nord de l'Inde, le Népal et le Nord-Ouest du Pakistan. Une fissure, de 30 mètres de profondeur sur plusieurs hectomètres de long, se produisit dans la région Uttarkashi ;

12 Décembre 1992 : Flores, Indonésie, magnitude 7,9, 2 200 morts ou disparus dans la région de Flores, dont 1.490 à Maumere et 700 sur Babi. Plus de 500 personnes furent blessées et 40.000 sans-abri. 19 personnes furent tuées et 130 maisons détruites dans la ville de Kalaotoa. L'ampleur des dégâts, avec environ 90% des bâtiments détruits à Maumere, par le séisme et le tsunami, de 50 à 80% des structures à Flores, fut sans commune mesure. Dommage aussi eu lieu Les villes de Sumba et d'Alor. Connurent, de même, d'importants dommages. Le séisme déclencha un tsunami avec des hauteurs de vague atteignant 25 mètres à Flores et provoqua des glissements de terrain et des fissures du sol en plusieurs sites, autour de l'île. Le séisme fut ressenti, avec une intensité V, à Larantuka, Flores, intensité IV à Waingapu, à Sumba et à Pandang Ujung, en Sulawesi et intensité II à Kupang, au Timor ;

30 Septembre 1993 :Maharashtra, Inde, magnitude 6.3, 9.748 morts et environ 30.000 blessés. Ce tremblement de terre était centré à environ 70 kilomètres au nord-est de Shoapur et 230 kilomètres à l'ouest-nord-ouest d'Hyderabad, dans une région où les tremblements de terre sont rares. Dans la région de Latur-Osmanabad, la dévastation fut extrême. Presque tous les bâtiments furent détruits dans le village de Khillari. Ressenti dans une grande partie du centre et du sud de l'Inde, y compris Bangalore, Bombay, Hyderabad et Madras, ce séisme fut le plus grand tremblement de terre connu à se produire dans cette région. De nombreuses répliques, certaines assez fortes pour causer des dommages supplémentaires et de nouvelles victimes, firent suite à la secousse principale ;

17 Janvier 1994 : Northridge, Californie, États Unis, magnitude 6.7, 61 morts. Des immeubles entiers s'écroulent, des autoroutes s'effondrent, des centaines de personnes se retrouvent bloquées sous des tonnes de gravas, l'eau n'est plus potable, les conduites de gaz explosent... Los Angeles et ses environs sombrent dans le chaos ;

16 Janvier 1995 : Kobe, Japon, magnitude 7.2, 6.437 morts et 36.896 blessés. Le tremblement de terre se produisit le long d'une faille Nord-Est/Sud-Ouest traversant le petit détroit entre l'île Awaji et la ville de Kōbe. La caractéristique principale de ce séisme fut l'ampleur verticale des secousses : alors que les déplacements horizontaux se limitèrent à une quinzaine de centimètres, les variations verticales atteignirent de 50 à 80 centimètres voire 1 mètre dans la partie Est de la ville. D'importants dégâts, intensité VII, affectèrent la région de Kobe et à Awaji-shima. Plus de 90% des pertes en vies humaines se concentrèrent le long de la côte Sud de Honshu, entre Kobe et Nishinomiya. Au moins 28 personnes furent tuées par un glissement de terrain à Nishinomiya. Environ 310.000 personnes furent évacuées vers des abris temporaires. Et plus de 200.000 bâtiments endommagés ou détruits. De nombreux incendies, des ruptures de canalisations en alimentation en gaz et en eau et des pannes de courant se produisirent dans la zone épicentrale. Le tremblement fut ressenti, intensité VII, le long d'une bande littorale s'étendant de Suma Ward, Kobe à Nishinomiya et dans la zone Ichinomiya sur Awaji-shima ; intensité V à Hikone, à Kyoto, à Iwakuni et à Toyooka ; intensité IV à Nara, à Okayama, à Osaka, à Wakayama, à Takamatsu et à Shikoku. La rupture de la faille s'étendit sur plus de 9 kilomètres, avec un déplacement horizontal de 1,2 à 1,5 mètres dans la partie nord de Awaji-shima et la liquéfaction eut lieu dans la zone épicentrale ;

27 Mai 1995 : Sakhaline, Russie, magnitude 7.5, 2.000 morts et environ 750 blessés. Le séisme occasionna de graves dommages, intensité IX, dans la région de Neftegorsk. Et des dommages moindres, intensité VII à Okha. Le tremblement de terre fut ressenti, intensité VI, à Moskalvo, intensité V, à Nikolaïevsk-na-Amure et Nyvrovo et , intensité IV, à Aleksandrovsk-Sakhalinskiy et Nysh ;

28 Février 1997 : Ardabil, Iran, magnitude 7.1, 1.100 morts, 2.600 blessés et 50.000 sans-abri ;

10 Mai 1997 : Birjand, Iran, magnitude 7.1, environ 1 600 morts et 3 700 blessés, 50.000 sans-abri, 10.533 maisons détruites et 5.474 maisons endommagées. Le séisme fut ressenti dans le Kerman, le Khorasan, Semnan, Sistan-Baloutchistan. Son épicentre se localisa sur la faille Abiz se situant au nord de la zone de collision entre les plaques arabique et eurasienne ;

04 Février 1998 : Takhar, Afghanistan, magnitude 6,1, 2.323 morts et 818 blessés. 8.094 maisons furent détruites et 6.725 animaux périrent. Le séisme généra des glissements de terrain dans la province de Rostaq, en Afghanistan. Le séisme fut ressent jusqu'à Douchanbé, au Tadjikistan ;

30 Mai 1998 : Rostak, Chah-ab et Shahr-i-Bozorg Afghanistan, magnitude de 7.1, 5.000 morts, des milliers de blessés et de sans-abri dans les provinces de Badakhshan et de Takhar. Une cinquantaine de villages où vivaient environ 60 000 personnes, avaient été détruits à 80 ou 100%. Le séisme fut fortement ressenti à Mazar-e-Charif et à Kaboul, en Afghanistan, à Islamabad, à Peshawar et Rawalpindi, au Pakistan, et à Douchanbé, au Tadjikistan.

17 Juillet 1998 : Papousie-Nouvelle-Guinée, deux secousses sismiques de magnitude 7.1, 2.183 morts, des milliers de blessés et plus de 9.500 sans-abri. Elles déclenchèrent un raz-de-marée sur la côte nord . Trois énormes vagues de plus de 10 mètres de haut submergèrent entièrement sept villages côtiers dans la région de Sissano ;

25 Janvier 1999 : Arménia, Colombie, magnitude 6.0, 1.300 morts, plus de 700 portés disparus et présumés morts, plus de 4.750 blessés et environ 250.000 sans-abri. La ville la plus touchée fut Arménia, où 907 victimes y furent dénombrées et environ 60% des bâtiments furent détruits, notamment les casernes de pompiers et de la police. Environ 60¨% des bâtis, à Calarca, et environ 50% des maisons, à Pereira, furent rui-nés. Les glissements de terrain bloquèrent les routes, y compris le grand axe routier de Manizales à Bogota. Des dommages est survinrent à Caldas, à Huila, à Quindio, à Risa-ralda, à Tolima et à Valle del Cauca ministères ;

17 Août 1999 : Izmit, Kocaeli, Turquie, magnitude 7.4 d'une durée de 37 secondes avec une accélération maximale de 0,3 0,4 grades, 17.480 morts, près de 50.000 blessés, des milliers de disparus et considérés morts, et environ 500.000 sans abri. Les secousses endommagèrent et détruisirent des milliers d'habitations et d'infrastructures dans les d'Istanbul, de Kocaeli et de Sakarya. L'intensité III fut ressenti à Anapa, en Russie, à Chisinau, à Moldova, à Simferopol et sur la côte sud de la Crimée, en Ukraine. La rupture, 5 mètres de déplacement décrochement latéral droit, s'est produite le long de la faille nord-anatolienne, sur 120 kilomètres, entre Karamursel et Golyaka ;

20 Septembre 1999 : Taichung, Taïwan, magnitude 7.3, 2.400 morts, 8786 blessés et 600.000 sans-abri. Le tremblement de terre fut le résultat d’un mouvement tellurique le long de la faille de Chelungpu et la ville de Wufeng s’était soulevée de 2,5 mètres. L'intensité maximale VI, fut relevée dans les comtés de Nantou et de Tai-Chung. La moitié d'un village fut enseveli suite à des affaissements miniers dans le Ta-Ngan et des glissements de terrain barrant la rivière Ching-Hsi shui contribuèrent à la création d'un grand lac. Deux autres lacs furent créés par l'importante déformation du sol près de l'épicentre. La rupture s'est produite, sur 75 kilomètre, le long de la faille de Chelungpu. L'intensité V fut ressentie dans le Fujian, à Guangdong, à Zhejiang à Chia-I et à I-lan, l'intensité IV à Kao-hsiung, Taipei, au Tai-toung, au Lan Yu, à Peng-hu Tao et à Hong Kong, l'intensité III à Hua-lien, l'intensité II au Iriomote-jima et à Yonaguni-ji-ma. Ce fut un tremblement de terre complexe car un petit aléa sismique précurseur fut suivi par une forte secousse, 11 secondes plus tard.

13 Janvier 2001 : Usulutan, El Salvador, magnitude 7.9, 2.800 morts, plus de 4.500 blessés et 35.000 sans-abri. Plus de 276 000 habitations furent détruites ou endommagées. Les glissements de terrain causèrent des destructions importantes et plus de 700 personnes disparurent lorsque la ville de Santa Tecla, près de San Salvador, et ses 268 maisons furent ensevelies.

26 Janvier 2001 : Gujarat et Bhuj, Inde, magnitude 7.9, 20.085 morts et 166.836 blessés. La ville de Bujh fut entièrement ruinée. Environ 339.000 maisons furent détruites et 783.000 endommagées dans les régions de Bhuj, de Ahmadabad-Rajkot et du Gujarat. De nombreux ponts et routes furent endommagés dans le Gujarat. Le séisme fut ressenti dans le Nord de l'Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Népal occidental. Le séisme s'est produit le long d'une faille de chevauchement, orientée Est-Ouest, à faible profondeur. L'origine de ce tremblement de terre est du à la poussée vers de la plaque tectonique indienne qui s'enfonce sous la plaque eurasienne ;

13 Février 2001 : San Salvador, El Salvador, magnitude 6.6, 944 morts et 5.565 blessés ;

23 Juin 2001 : Arequipa, Pérou, magnitude 7.9, 115 morts, 53 disparus, 1.389 blessés et 73.391 sans-abri ;

03 Mars 2002 : Samangan , Afghanistan, magnitude 6.7, 270 morts, plus de 3.000 blessés et 12.000 sans abri ;

25 Mars 2002 : Province de Baghlan, Hindu Kush, Afghanistan, Magnitude 6.1, 1.800 morts, 5.000 blessés et plusieurs milliers de sans-abri dans la province de Baghlan. Au moins 1.500 maisons furent détruites ou endommagées à Nahrin et plusieurs centaines d'autres en divers sites de la province de Baghlan. Les glissements de terrain bloquèrent les routes dans la zone épicentrale. Le séisme fut essenti fortement dans la majeure partie du nord de l'Afghanistan et dans la région d'Islamabad, Peshawar, au Pakistan et à Douchanbé, au Tadjikistan.

22 Juin 2002 : Qazvin et Hamedan, Iran, magnitude 6.3, bilan officiel 235 morts ou, suivant certaines autorités, 1.835 morts et 7.300 blessés ;

31 Octobre 2002 : San Giuliano di Puglia, Italie, magnitude 5.5, 30 morts dont 26 enfants et un institutrice dans l'effondrement de leur école ;

21 Janvier 2003 : Colima, Mexique, magnitude 7.8, 29 morts et 1.073 blessés ;

24 Février 2003 : Xinjiang, Chine, magnitude 6.8, 268 morts et plus de 4000 blessés ;

01 Mai 2003 : Turquie, magnitude 6.4, 176 morts et plus de 500 blessés ;

21 Mai 2003 : Alger et département de Boumerdès, Kabylie, Algérie, magnitude 6.8, 2.278 morts et et 10.261 blessés et, environ, 180.000 sans-abri. Plus de 43.500 bâtiments furent endommagés ou détruits. L'intensité du séisme fut de X dans le Boumer-dès-Dellys-Thénia, région d'Alger. Les câbles de télécommunications sous-marin furent coupés. Des glissements de terrain, des volcans de sable, la liquéfaction et des fissures du sol furent observés. L'accélération maximale du sol de 0.58 grades fut enregistrée à Keddara. Le séisme fut ressenti, intensité III, à Majorque et intensité II, à Ibiza et Minorque, à Albacete, à Alcantarilla, à Alicante, à Barcelone, à Carthagène, à Castellon de la Plana, à Elda, à Molina de Segura, à Murcia, à Sagunto et à Villafranca del Panades, en Espagne. Feutre à Monaco et le sud de la France et la Sardaigne, en Italie. Une élévation du plancher océanique, d'environ 40 à 80 centimètres, fut mesurée le long de la côte de l'Algérie entre Reghaia et Zemmouri el Bahri. Un tsunami, hauteur maximale de la vague estimée 2 mètres, causa des dommages aux bateaux dans les îles Baléares, en Espagne, notamment à Puerto de Mahon, où 10 bateaux coulèrent. Il fut enregistré des jauges de marée, hauteur maximale des vagues, crête à creux, de 1,2 mètre à Palma de Mallorca, en Espagne, de 10 centimètres à Nice, en France, de 8 centimètres à Gênes, en Italie ;

26 Décembre 2003 : Bam, Iran, magnitude 6.6, 31.210 morts, 14.360 blessés et 75.600 sans-abri. La ville de Bam fut complètement détruite ;

24 février 2004 : Al-Hoceima, Maroc, magnitude 6.5, 570 morts et plusieurs centaines de blessés ;

23 Octobre 2004 : Chūetsu, Niigata, Japon, magnitude 6.8, 40 morts. Plus de 6 000 routes, 6 ponts, 370 canaux et 2.515 maisons furent détruits ;

23 Octobre 2004: Île Honshu, Japon, magnitude 6.6, 40 morts et 3182 blessés ;

26 Décembre 2004, au large de l'île indonésienne de Sumatra, Indonésie, magnitude 9,3, provoquant un raz-de-marée, ou tsunami, qui a frappé l'Indonésie, les côtes du Sri Lanka et du sud de l'Inde, particulièrement dans l'État du Tamil Nadu, ainsi que le sud de la Thaïlande et l'île touristique de Phuket, 222.046 morts, 125.000 blessés. Le tsunami aurait pourtant pu être prévu. La propagation de l'onde de tsunami a, en effet, pris plusieurs heures pour atteindre certains des pays touchés. Le phénomène se déplace à une vitesse colossale, de l'ordre de plusieurs dizaines de mètres à la seconde, parfois jusqu'à 800 kilomètres par heure. De plus, à l'approche des côtes, les masses liquides perdent de leur rapidité, mais leur taille augmente, pour atteindre 10, 20, voire 30 mètres de hauteur. Une alerte aurait donc pu être donnée par le réseau de surveillance approprié en charge des services d'alertes tsunami géré par les États Unis, ce qui n'avait point été fait. Il est vrai, ce même service de surveillance tsunami, dans l'Océan Indien, assurait, parallèlement, la surveillance des recherches pétrolifères, par techniques explosives, qui se déroulaient non loin de l'épicentre, d'une part, et, d'autre part, qui assurait la logistique dans le cadre d'une campagne d'essai d'armement militaire Yankee sophistiqué ;

22 Février 2005 : Iran, magnitude 6.4, 612 morts et plus de 1.400 blessés ;

28 Mars 2005 : Île de Nias , Indonésie, magnitude 8.6, d'une durée de trois minutes, 1.313 morts. Au moins 1.000 personnes furent tuées, 300 blessés et 300 maisons détruites sur Nias, 100 personnes tuées, de nombreux blessés et plusieurs bâtiments endommagés sur Simeulue, 200 personnes tuées dans Kepulauan Banyak, 3 personnes tuées, 40 blessées et quelques dégâts dans la région de Meulaboh, à Sumatra. Un tsunami, hauteur de déferlement des vagues plus ou moins égal à 3 mètres, s'abattit sur la côte Ouest de l'île de Nias ;

08 Octobre 2005, Nord du Pakistan et Cachemire, magnitude 7.6, 86 000 morts. Au moins 86.000 personnes furent tuées, plus de 69.000 blessés et d'importants dégâts ruinèrent le nord du Pakistan. Les plus gros dommages survinrent survenu dans la région de Muzaffarabad, au Cachemire, où des villages entiers furent détruits ainsi que 80% de la ville d'Uri. Au moins 32.335 maisons et bâtiments s'effondrèrent dans les régions d'Anantnag, de Baramula, de Jammu et de Srinagar, au Cachemire. Des maisons et des bâtiments s'écroulèrent à Abbottabad, à Gujranwala, à Gujrat, à Islamabad, à Lahore et à Rawalpindi, au Pakistan. L'intensité maximale VIII fut ressentie à Topi, l'intensité VI à Islamabad, à Peshawar et à Rawalpindi, l'intensité V à Faisalabad et à Lahore. Au moins 1.350 personnes furent tuées et 6.266 blessées , en l'Inde où l'intensité V fut ressentie à Chandigarh et à dans certains quartiers de New Delhi, intensité IV à New Delhi et à Gurgaon. Le séisme fut, de même, ressenti dans les provinces indiennes de Gujarat, d'Haryana, de Himachal Pradesh, de Madhya Pradesh, du Punjab, du Rajasthan, d'Uttar Pradesh et d'Uttaranchal. Au moins une personne fut tuée et certains bâtiments s'effondrèrent en Afghanistan où l'intensité IV fut ressentie à Kaboul et l'intensité III à Bagrami. Environ 4 millions de personnes, dans la région épicentrale, se retrouvèrent sans abri. Des glissements de terrain et des chutes de pierres endommagèrent ou détruisirent de nombreuses routes de montagne, coupant tout accès à la zone sinistrée durant pendant plusieurs jours. Des glissements de terrain se produisirent,également, plus au nord, près des villes de Gilgit et de Skardu, au Cachemire. La liquéfaction, générant des volcans de sable se produisit dans la partie occidentale de la vallée du Cachemire et près de Jammu. Des glissements de terrain et des éboulements eurent lieu dans certaines parties de l'Himachal Pradesh, en Inde ;

31 Mars 2006 : Lorestan , Iran, magnitude 6.0, 70 morts et 1 265 blessés. Quelque 330 villages ont été détruits de 40 % à 100 % ;

31 mars 2006 : Borujerd , Iran, magnitude 6.1, 73 morts et 1.450 blessés ;

26 Mai 2006 : Yogyakarta, Indonésie, magnitude 6.3, 5.749 morts, 38.568 blessés et 600.000 sans-abri dans la région de Yogyakarta-Bantul. Plus de 127.000 maisons furent détruites et 451.000 gravement endommagées dans la région ;

17 juillet 2006 : Île de Java, Indonésie, magnitude 7.7 provoquant un Tsunami, 983 morts et 978 blessés ;

6 Mars 2007 : Île de Sumatra , Indonésie, magnitude 6.4, 82 morts et plusieurs centaines de blessés ;

2 Avril 2007 : îles Salomon, magnitude 8.1 provoquant un Tsunami, 54 morts ;

16 juillet 2007 : Chuetsu-oki, Niigata, Japon, magnitude 6.8, 11 morts et plus de 1.500 blessés ;

15 Août 2007 : Chincha Alta , Pérou, magnitude 7.7, 913 morts et 1039 blessés. Pendant le tremblement de terre, à plusieurs reprises, se produisirent des illuminations du ciel très fortes, dont l'origine fut localisée au large de la côte de la capitale Lima. Ce phénomène augmenta la panique et la confusion de la population car il y a jamais eu d'éclairs dans le ciel à Lima. Dans certains quartiers côtiers, comme celui du Callao, la lumière émise fut aussi forte que celle émise par la lumière durant la journée. Le phénomène reste inexpliqué à ce jour et plusieurs hypothèses ont été émises à ce sujet, effondrement d'infrastructures électriques, émission d'ondes électromagnétiques dues au séisme, triboluminescence... ;

12 Mai 2008 : Sichuan, Chine, magnitude 8.3, 87.149 morts, 18.392 disparus et présumés morts, 374.177 blessés dans les régions de Lixian, de Guangyuan et du Chengdu, et plus de 5 millions de sans-abri. Selon des chiffres de Chine Nouvelle, 354.045 édifices furent détruits au Sichuan, la province du sud-ouest qui fut, de loin, la plus gravement touchée, et 367.854 dans toute la Chine, dont 6.898 établissements scolaires, prenant au piège des milliers d'enfants et d'enseignants. Durant les 30 minutes précédant le tremblement de terre, les habitants de la région,observèrent d’inhabituelles couleurs dans le ciel. L’énergie utilisée pour provoquer le séisme aurait également provoqué des perturbations de l’ionosphère, une hypothèse aujourd’hui considérée comme certaine par l’opinion publique chinoise. Plus de 45,5 millions de personnes dans 10 provinces et régions furent touchées par les effets du séisme. Au moins 15 millions de personnes furent évacuées de leurs maisons. Environ 5,36 millions de bâtiments s'effondrèrent et plus de 21 millions furent endommagés dans le Sichuan et dans certaines parties de Chongqing, du Gansu, du Hubei, du Shaanxi et du Yunnan. Les villes de Beichuan, Dujiangyan, Wuolong et Yingxiu furent presque entièrement détruite. Des glissements de terrain et des chutes de pierres endommagèrent ou détruisirent les routes de montagne et les voies de chemins de fer et enterrèrent des milliers de bâtiments dans la région de Beichuan-Wenchuan. Au moins 700 personnes furent ensevelies par un glissement de terrain à Qingchuan. Les glissements de terrain barrèrent, aussi, plusieurs rivières, créant 34 lacs, menaçant, par l'instabilité des barrages ainsi créés, environ 700.000 personnes vivant en aval. Un train fut enseveli par sous un éboulement près de Longnan, dans la province de Gansu. Au moins 2.473 barrages subirent des avaries conséquentes et plus de 53.000 kilomètres de routes et 48.000 kilomètres de canalisations en eau potable furent endommagés. Des fissures de surface et des fractures survinrent sur trois montagnes. L'intensité maximale XI fut affecté à la région de Wenchuan, l'intensité VIII à celles de Deyang et de Mianyang, l'intensité VII à celles de Chengdu, l'intensité VI à celles de Luzhou et de Xi'an, et l'intensité V à celles de Chongqing, de Guozhen, de Lanzhou, de Leshan, de Wu'an, de Xichang et de Ya'an. Le séisme fut ressenti dans les régions centrale, orientale et méridionale de la Chine, dont Beijing, Guangzhou, Hefei, Nanjing, Shanghai, Tianjin, Wuhan et Hong Kong, ainsi que dans certaines régions du Bangladesh, de Taiwan, de la Thaïlande et du Vietnam ;

06 Avril 2009, Aquila, les Abruzzes, Italie, magnitude 6.3, 318 morts, 7.000 blessés et 30.000 sans-abri ;

02 Septembre 2009 : Île de Java, Indonésie, de magnitude 7.0, 123 morts et plusieurs centaines de blessés ;

29 Septembre 2009 : Îles Samoa, magnitude 8.0 provoquant un tsunami sur les Samoa, les Samoa américaines et les îles Tonga, 189 morts ;

30 Septembre 2009 : Île de Sumatra, Indonésie, deux secousses de magnitude 7.6 et 7.3, 1.195 morts et plus de 3.000 blessés. 181.665 maisons furent détruites ou endommagées et environ 451.000 personnes déplacées dans la région de Padang-Paria-man. Le séisme fut ressenti, intensité VII à Padang, intensité VI à Bukittinggi, intensité IV à Bengkulu, Duri, Mukomuko et Sibolga, intensité III à Pekanbaru. Il fut aussi ressenti, avec intensité IV, à Gunungsitoli et à Nias, intensité III à Singapour, à George Town, à Johor Bahru, à Kuala Lumpur, à Petaling, à Jaya Alam Shah, et à Sungai Chua et, intensité II, à Jakarta, à Java.

Extraits de « DES SÉISMES ET DES HOMMES. »

Les colères de la Terre. Tome I.                

© Copyritch 2010

 

 

Notes.

(1) La plaque lithosphérique Pacifique, hormis les mers de Béring, d'Okhotsk, du Japon, Jaune, de Chine orientale, de Chine méridionale, des Philippines, de Java, de Célèbes, de Banda, de Bismarck, des Salomon, de Corail et de Tasman, le Pacifique orien­tal et l'est du golfe de Californie, couvre la quasi totalité de l'océan Pacifique. Elle couvre aussi la moitié sud de l'île du Sud de la Nou­velle-Zélande, la péninsule de Basse-Californie et le sud de la Cali­fornie.

La plaque pacifique est en contact avec les plaques d'Okhotsk, philippine, des Mariannes, des Carolines, de Bismarck Nord, de la mer des Salomon, Woodlark, australienne, des Nouvel­les-Hébrides, du récif Balmoral, de Futuna, de Niuafo'ou, des Ton­ga, des Kermadecs, antarctique, Juan Fernández, de Nazca, de l'île de Pâques, des Galápagos, de Cocos, Rivera et nord-américaine.

Ses frontières avec les autres plaques sont notamment for­mées des dorsales du Pacifique Ouest, Pacifique-Antarctique et de Juan de Fuca dans l'océan Pacifique, des fosses de subduction des Aléoutiennes sur la côte Sud des Aléoutiennes, de Kamtchatka sur la côte Est de la péninsule de Kamtchatka, des Kouriles sur la côte Est des Kouriles, du Japon sur la côte Est du Japon, d'Izu-Bonin sur la côte Est des îles Bonin, des Mariannes sur la côte Est des Ma­riannes, de Bougainville sur la côte Sud des îles Salomon, des Ton­ga sur la côte Est des îles Tonga, des Kermadec sur la côte Est des îles Kermadec et d'Hikurangi sur la côte Nord-Est de la Nouvelle-Zélande et de la faille Alpine dans l'île du Sud de la Nouvelle-Zé-lande. Elles forment une grande partie de la « Ceinture de feu du Pacifique. »

La plaque Pacifique se déplace vers le Nord-Ouest, depuis l’est du Pacifique, vers la zone des fosses à l’Ouest, zone bordée de nombreuses petites plaques. à une vitesse de 8,10 centimètres par an.

(2) Le sismomètre : Le sismomètre est un capteur qui enre­gistre le mouvement du support sur lequel il se trouve fixé. Ce terme est le plus souvent employé en sismologie et désigne l'instrument qui enregistre les mouvements du sol. Le sismomètre est la version moderne du sismographe.

Ces instruments sont, en général, classés selon le type de mesure physique. Les capteurs enregistrant la vitesse du sol sont appelés vélocimètre et ceux enregistrant l'accélèration accéléro­mètres. Il est important de savoir que les accéléromètres, utilisés dans le domaine de la sismologie, ont une sensibilité très différente de ceux employés dans l'industrie. La réponse instrumentale sert aussi à classer les vélocimètres. Les capteurs ayant une réponse au­tour de 1 Hertz sont appelés « courte période » et ceux ayant une réponse propre au delà de 20 secondes sont appelés « longue pé­riode. » Les capteurs modernes ont souvent une réponse plate sur une vaste gamme de fréquence et sont appelés « large bande » ou « très large bande. »

03 mai 2010

La faille d'Enriquillo se réactiverait-elle ? Une secousse de magnitude 4.0 à quelques hectomètres de Léogâne, suivie d'une de magnitude 4.4, dans le Golfe de Gonave.

Un séisme de magnitude 4.0 à 4.9, bien que soient notables les secousses d'objets à l'intérieur des maisons et les bruits d'entrechoquement, doit être considéré comme léger et les dommages importants sont rares.

Une telle secousse s'est produite, le 03 Mai 2010, à 00 h 38 Heure locale, 05 h 38 Temps Universel, en Haïti, en milieu océanique, dans le Golfe de Gonave, localisation latitude 18.57° Nord et Latitude 72.67° Ouest, à 8 kilomètres au Nord-Ouest de Léogâne et à 27 kilomètres à l'Ouest de Carrefour. Son hypocentre s'est situé à 10 kilomètres de profondeur.

Les haïtiens gardent toujours présents les affres du dernier séisme catastrophique qui a frappé leur île le 12 Janvier dernier, aussi, la population, quelque peu paniquée par ce nouvel aléa se produisant au milieu de la nuit, a-t-elle craint un moment le pire, certains cédant même à des mouvements de panique.

Ce séisme est suivit, à 14 h 21 heure locale, 19 h 21 Temps Universel, d'une seconde secousse de magnitude 4.4, localisée latitude 18.51° Nord et longitude 72.72° Ouest, épicentre à 6 kilomètres à l'Ouest de Léogâne et à 32 kilomètres à l'Ouest de Carrefour. Son hypocentre se situe à 10 kilomètres de profondeur.

Comme déjà explicité dans un de mes précédents articles Les raisons du séisme en Haïti : 3/3 Le volcanisme dans les Grandes Antilles l'île d'Hispaniola, - Haïti et République Dominicaine -, est un véritable puzzle composé d'au moins 3 terranes, voire 4 en considérant que le terrane central en comporte deux, segmentés par deux failles, la faille septentrionale, au Nord, et la faille d'Enriquillo, au Sud, déterminant des zones complexes alliant failles coulissantes et tout autant transformantes, d'une part, et, d'autre part, convergence et subduction. Si la structuration de l'île d'Hispaniola a débuté au Paléocène supérieur, - Thanétien 58,7 à 55,8 Millions d'années -, le terrane du Massif septentrional excepté la péninsule de Samaná, et les deux terranes supportant le Massif Central se percutant et se rattachant, elle se poursuit, depuis le Pliocène, - 5,3 à 1,8 Millions d'années -, accompagné d'un volcanisme sous-saturé et la mise en place des derniers édifices, de type fissural avec d'importantes coulées de laves à caractère alcalin et de projections hyaloclastiques, encore en état de conservation, - la Vigie, Thomazeau... -, avec le rapprochement et la jonction, vers le milieu Pléistocène inférieur, - 1,8 à 1,5 Millions d'années -. du terrane supportant le Massif Méridional et, tout particulièrement, la chaîne des Matheux et les montagnes du Trou d'Eau.

Le bras de mer correspondant aux plaines du Cul-de-Sac et de Neiba, aux lacs Trou du caïman, Azueï et Enriquillo..., et à la lagune del Rincon, - les étendues d'eau résiduelles, salées et sous le niveau de la mer, en sont des reliques -, se comble lentement tout comme se comble le Golfe de Gonave.

Et, dans ce système, il apparaît qu'une structure, de type orogenèse(1), activant la formation du relief, est en cours de formation dans le bras de mer, le Canal du Sud, séparant la péninsule Sud de Haïti de l'île de Gonave.

 

Au milieu de ce Canal du Sud, à l'Est du Gonave Basin, - 1.556 mètres de profondeur au Sud-Est, 3.132 au Nord-Est, 1.133 mètres au Nord-Ouest et, venant mourir sur la zone côtière Nord de la Péninsule du Sud -, en finalité de fermeture, apparaît un haut fond sous-marin quelque peu étrange et particulier agrémenté de deux monts en dôme dotés chacun d'un exutoire en creux d'où s'échappe des vapeurs par intermittence, l'un à son Ouest sub-affleurant à quelques 4 mètres de profondeur, le second à son Est sub-affleurant à quelques 14 mètres de profondeur.

Cette structure particulière serait-elle la clef qui permettrait de comprendre la raison des séismes qui se produisent depuis plusieurs mois le long de la faille d'Enriquillo ? Ne pourrait-elle pas être la cause d'un nouveau séisme de forte magnitude ?

Des questions qui se posent...


Note


(1) L'orogenèse est le terme scientifique désignant les mécanismes de formation des montagnes. Par extension ou compression des plaques tectoniques l'orogenèse désigne à la fois un système théorique expliquant les mécanismes de formation des reliefs.

Raymond Matabosch

27 avril 2010

Un séisme de magnitude 5.4 frappe l'île de Nouvelle Bretagne, dans l'Archipel Bismark... Craintes de nouvelles éruptions volcaniques dans l'île.

27 Avril 2010 à 02 h 30 Temps Universel et 12 h 30 heure locale, un séisme sous marin, sur le plateau continental îlien, de Magnitude Locale 5.4 sur l'échelle ouverte de Richter, intensité VII sur l'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, aussi appelée échelle MSK, a frappé l'île de Nouvelle Bretagne, dans l'archipel Bismark. Son épicentre, se localise, latitude 05.83° Sud et longitude 151.35° Est, à 200 mètres au large de la côte Sud de l'Île, à 3 Kilomètres au Sud de Lau, à 5 kilomètres au Nord-Est de Mau'una, à 7 kilomètres au Sud-Sud-Est de Porto, à 8 kilomètres aà l'Est-Nord-Est d'Atu, à 10 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Bairiman, à 137 kilomètres à l'Est de Kimbe et à 613 kilomètres au Nord-Est de Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle Guinée. Son hypocentre se situe à 54 kilomètres de profondeur.

L'île de Nouvelle Bretagne, - anciennement dénommée Nouvelle-Poméranie -, est une une île très montagneuse avec des composantes volcaniques et karstiques. Sur l'île, il y a cinq volcans actifs et seize sont dormants. Elle se situe à la frontière de deux microplaques, la microplaque de la Mer de Salomon subductant, à la fosse de Bougainville, à la vitesse de 8,6 centimètres par an, sous la microplaque de Bismark Sud.

La plaque de Bismarck Sud est une microplaque tectonique de la lithosphère de la planète Terre. Elle est généralement associée à la plaque pacifique. Elle couvre une partie de l'archipel Bismarck, Nouvelle-Bretagne, une partie de la côte Nord-Est de la Nouvelle-Guinée, le Nord-Ouest de la Mer des Salomon et le Sud de la mer de Bismarck. La plaque de Bismarck Sud est en contact avec les plaques Woodlark, de Bismarck Nord, de Manus et de la Mer des Salomon. La plaque de la Mer des Salomon est, elle, généralement associée à la plaque australienne.

La Nouvelle-Bretagne est une île très étroite née suite à un soulèvement géologique. Elle a une longueur d'environ 600 kilomètres et une largeur de 80 kilomètres au maximum à une superficie est de 36.520 kilomètres carrés et est peuplée par plus de 400.000 habitants austronésiens : tribus Tolai, Baininger, Kilenge, Lakalai et Sulka.

Sur cette île de Nouvelle-Bretagne, plusieurs volcans, en conjonction avec une augmentation du nombre de séismes, en moyenne 8 à 10 par période de 7 jours de magnitude toujours supérieure à 4.0 baccédant souvent à des magnitudes supérieures à 6.0, (4 depuis le 01 Janvier 2010), se produisant, depuis le début janvier, tant au niveau de la microplaque de Bismark Sud qu'au niveau de celle des Salomon, sont dans une phase de forte activité. Dans cette région de Nouvelle-Bretagne, l'activité sismique et volcanique est particulièrement intense et plusieurs autres volcans sont en activité quasi-permanente, quoique de manière intermittente.

Nid de volcans(1) et ceinture de feu du Pacifique, l'archipel de Papouasie-Nouvelle-Guinée et celui de Bismark font partie de l'arc mélanésien et d'une zone d'affrontement, la faille de Bougainville, sous forme de phénomène mécanique de subduction, entre les plaques tectoniques indo-australienne et Pacifique. Aussi les tremblements de terre et les tsunamis en résultant sont relativement communs en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Nouvelle Bretagne.

Bien que le séisme se soit produit le long de la faille dite de « l'Anneau de Feu », aucun dégât, ni blessé, n'a immédiatement été signalé, et le Centre d'alerte au tsunami du Pacifique, situé à Hawaï, précise qu'il n'y a « pas d'inquiétudes majeures concernant un tsunami ». Au différent, plusieurs volcans proches émettent des nuages de cendres laissant présager une ou plusieurs nouvelles éruptions ou des réactivations imminentes.


 

Notes :


(1) Les volcans de Nouvelle Bretagne : Complexe Langila,stratovolcans ; Arage, stratovolcan et geysers ; Complexe Mundua, stratovolcans ; Garove stratovolcan ; Dakataua caldeira ; Bola stratovolcan ; Garua harbour volcan ; Complexe Garbuna, stratovolcans ; Lolo, stratovolcan ; Pago, caldeira ; Complexe Sulu range, stratovolcans et fumeroles ; Hargy, stratovolcan ; Bamus, stratovolcan ; Ulawun, stratovolcan ; Lolobau, caldeira ; Rabaul, stratovolcan ; Tavui, caldeira

15 avril 2010

Eruption du volcan Eyjafjoll : les réchauffagistes du climat aux anges mais le désenchantement en finalité

En Islande, après une crise sismique entre le 3 et le 5 Mars, environ 3.000 tremblements de terre étant enregistrés à l'aplomb de l'Eyjafjallajökull, le 20 mars 2010, le stratovolcan Eyjafjöll, rentre en éruption. La plupart des jaillissements concernant cet édifice volcanique sont de type fissuraux et se produisent préférentiellement sur ses flancs Est et Ouest du volcan, notamment aux bouches éruptives de Hamragardahraun, Hofdahraun, Irahraun, Midskalarheidahraun, Raudahraun et Skerjahraun.

Peu avant minuit, le 20 Mars, après des projections de cendres, le panache étant visible jusqu'aux îles Vestmann, la lave, s'échappant d'une fissure d'un kilomètre de longueur environ, avait fait son apparition à Fimmvörðuháls, entre l'Eyjafjallajökull et le Mýrdalsjökull.

En date du 30 Mars 2010, suite à une nouvelle crise sismique, une nouvelle faille d'au moins 300 mètres de longueur, parallèle à la première faille éruptive, avait fait son apparition sous le glacier Eyjafjallajökull et le 14 Avril, au petit matin, rejetant un puissant et épais nuage de cendres, de téphras, de vapeur d'eau, d'anhydride carbonique et de gaz volcaniques, elle rentrait, de même, en éruption sous le glacier.

Le magma rejeté par la nouvelle bouche éruptive est entré en contact avec le lac sous-glacière formé par la première éruption et dont l'eau avait envahi et noyé la nouvelle faille. Le contact de l'eau avec la lave a ainsi provoqué des panaches de vapeurs qui, inexorablement, ont rendu l'éruption explosive, une explosion créant, de toute évidence, une nouvelle caldeira et déclenchant, parallèlement, un jökulhlaup, une débâcle glaciaire et boueuse de type crue brutale particulièrement puissante et dévastatrice .

Le panache qui est éjecté du volcan et qui file vers l'Europe, et qui fera le tour de la Terre durant plusieurs jours voire deux semaines, est essentiellement constitué de vapeur d'eau, d'anhydride carbonique, d'anhydride sulfurique, de méthane et de gaz volcaniques, notamment fluor et chlore, et des particules solides appelées téphras ou cendres qui sont des fragments de la roche arrachée par l'explosion phréatique.

Le nuage s'élève à une hauteur de 7 à 15 kilomètres et les particules les plus grosses tombent immédiatement alors que les plus fines sont entraînées par les courants ascendants dans l'atmosphère. Si sur le sol islandais ces cendres sont un risque évident pour les hommes et les animaux car elles sont abrasives et nocives, il n'en sera pas de même pour l'Europe et au delà l'Asie et l'Amérique quand le nuage aura fait le tour de la Terre car une fine couche de poussière retombera sur les sols tout comme, lorsqu'il y a des tempêtes dans le désert saharien, il se peut retrouver un fine pellicule de sable jonchant sur le terres des pays d'Europe méridionale.

Au différent, ce nuage de quelques 20 à 30 kilomètres de long et 6 à 11 kilomètres de large, grossissant toujours, de toute évidence devrait durer une à trois semaines, la caldeira formée devant avoisiner 2 à 3 kilomètres de diamètre, entrainera des conséquences climatiques qui affecteront toute la planète car il perturbera la météo durant deux ou trois ans. En effet, les gaz et les particules rejetés dans l'air réchaufferont le climat dans un premier temps et engendreront, dans un second temps, sous 15 jours à trois semaines, des pluies importantes et les températures se rafraîchiront inexorablement.

En toute chose, il est à penser que l'été sera plus que médiocre et les températures seront assez faibles, voisinant le 15 à 20° Celsius et le prochain hiver sera neigeux sur tout l'hémisphère Nord.

Enfin, si le panache perdure durant plusieurs mois, l'hémisphère Nord connaîtra deux à trois années de froidures durant l'été et le printemps et de glaces en automne et en hiver... Ceci étant expliqué sommairement afin de ne pas dresser un véritable cours magistral sur la climatologie consécutive à une explosion volcanique avec éjection d'un nuage de cendres conséquent.

Et si certains se posent des questions sur le pourquoi des aéroports d'Europe qui ont été fermés qu'ils sachent que les particules fines contenues dans le nuage de cendre sont aussi coupantes que du verre et les réacteurs des avions y sont sensibles car elles peuvent endommager les appareils, les cockpits, les hublots et, si elles pénêtrent à l'intérieur des habitacles porter atteintes aux hommes. En 1982, les réacteurs d'un vol de la British Airways avait perdu toute leur puissance en traversant un nuage de cendres volcaniques au-dessus de l'Indonésie et s'étaient littéralement arrêtés de fonctionner. L'appareil avait fait, alors, une chute de plusieurs milliers de mètres avant que les moteurs, retrouvant un air plus sain, puissent redémarrer.

24 mars 2010

Après une crise sismique, le volcan islandais Eyjafjöll rentre en éruption le 21 Mars 2010

Situé au Sud de l'Islande, sur la dorsale océanique et culminant à 1.666 mètres d'altitude, L'Eyjafjöll, également nommé Eyafjalla, est un volcan d'Islande recouvert par l'Eyjafjallajökull, une petite calotte glaciaire de 78 kilomètres carrés de superficie. Par métonymie, Eyjafjallajökull désigne tout aussi bien le volcan que le glacier qui le recouvre. Son dynamisme éruptif est effusif à strombolien, et fissural.


L'Islande, interaction point chaud et dorsale.


L'Islande représente une émersion de la dorsale médio-atlantique longue de 15 000 kilomètres et d’une altitude moyenne de 1500 m, reposant sur des fonds de -4000 mètres,normalement sous-marine, dont l'axe est matérialisé par le rift islandais. Un récent épisode d’activité de ce rift s’est produit entre 1975 et 1984 dans la région de Krafla, avec la mise en place de coulées basaltiques et une extension mesurée de 9 mètres. Cette partie émergée est l'apex d'une vaste anomalie topographique de la lithosphère car la ride de Reykjanes remonte de -3000 mètres jusqu'au rift islandais.

Cette anomalie topographique est l'expression en surface d'une anomalie de vitesse identifiée jusqu'à 2.800 kilomètres de profondeur. Cette anomalie de vitesse est interprétée comme la remontée d'un panache, à l’état solide plus chaud de quelques centaines de degrés Celsius que le manteau environnant, de manteau profond à l’origine du point chaud islandais, ce panache provoquant le bombement de la lithosphère, en surface, sur plus de 1000 kilomètres de diamètre.


Les rift de Reykjanes et d’Islande du Nord.


La partie nord de la dorsale atlantique marque la limite où s’écartent les plaques tectoniques Eurasie et Amérique du Nord, environ 2,5 centimètres par an, dans la direction Est-Ouest. Située au niveau de la dorsale, l’Islande permet donc d’en observer les caractéristiques morphologiques et géologiques « à l’air libre », notamment des fissures en écartement et un volcanisme important. À l’axe de la dorsale émergée, l’écartement crée une zone d’effondrement qualifiée de rift.

Cette zone, communément dénommée zone néo-volcanique ou axiale, couvre environ 26 000 kilomètres carrés, soit un quart de la superficie de l’île. Elle se trouve à la jonction entre la ride de Reykjanes au sud-ouest de l’île et celle de Kolbeinsey au Nord-Ouest.

La zone active du rift n’est donc pas linéaire, et elle se dédouble en deux branches au centre de l’île : la zone du rift de Reykjanes vers le Sud-Ouest, et la zone du rift d’Islande du Nord vers le Nord-Ouest. Sa largeur varie de 120 à 250 kilomètres du Nord au Sud.

S'éloignant de l'axe central de la dorsale, tant vers l’Est que vers l’Ouest, les formations volcaniques en sont de plus en plus anciennes. Ainsi, comme de part et d’autre des dorsales sous-marines, il se retrouve une répartition des âges en bandes parallèles à la zone axiale.

Le mouvement d’écartement des plaques contribue à la formation graduelle de longues fissures, - les grabens -, bordées de failles normales parallèles et d’éruptions magmatiques fissurales, accompagnées de séismes. Depuis l'an 900, 130 éruptions ont été décrites, soit une éruption tous les 4 à 6 ans.

La zone de rift de Reykjanes a connu, au cours de la dernière décennie, plusieurs épisodes de rifting accompagnés de nombreux séismes, les plus violents remontant à 1789, mais pas d’épisode éruptif. La zone de Thingvellir montre un long graben, - fossé d’effondrement -, de direction Nord-Est/Sud-Ouest, bordé par un réseau de failles normales. Le taux d’ouverture y est faible, environ 3 millimètres par an, comparé au taux de 21 millimètres par an mesuré, plus au Sud, dans la péninsule de Reykjanes.

Quelques kilomètres plus au Nord, la zone géothermique de Geysir, présente de remarquables manifestations hydrothermales : sources chaudes, évents de vapeur et surtout des geysers, - « jaillir » en islandais -, qui ont donné son nom à cette région.

La zone de rift d’Islande du Nord est actuellement plus active. La région du Krafla a connu une longue période d’éruption de 1975 à 1984 alors qu’elle n’avait plus connu d’activité sismique et éruptive depuis 250 ans. Au cours de cette période se sont formés d’importants ensembles de failles et de fissures ouvertes, parfois accompagnées de volcanisme fissural. Entre 1975 à 1984, l’écartement cumulé fut de l’ordre de 8 mètres.


Le volcan Eyjafjöll.


L'Eyjafjöll est un stratovolcan localisé au sud de l'Islande, à environ 130 kilomètres au sud-est de la capitale Reykyavik, et juste à l'ouest du glacier Mýrdalsjökull. Il s'agit d'un stratovolcan dont la composition des roches va des basaltes aux andésites. Coiffé d'une caldeira de 2500 mètres de large, les volcanologues le considèrent comme l'un des volcans les moins actifs de l'est de l'Islande. Seules trois éruptions historiques ont été rapportées,en 550, en 1612 et 1821-1823. Sa forme,fortement allongée selon un axe est-ouest, pourrait être être liée à sa proximité immédiate avec la « South Iceland Sismic Zone », zone de fracturation majeure en Islande qui connecte les deux rifts principaux, - Rift Ouest et Rift Est -, qui découpent l'île. Le volcan se trouve, en effet, à l'aplomb où le Rift Est Islandais croise la « South Icelanc Sismic Zone ». Du fait de la présence d'un glacier sur le sommet de l'édifice, l'Eyjafjallajökull, est l'un des risques majeurs que fait courir ce volcan.

Seules trois éruptions de l'Eyjafjöll sont connues. La première aurait eu lieu, suivant la technique de datation « Tephrochronologie », vers l'an 550, mais les caractéristiques éruptives en restent toujours inconnues. La seconde, explosive et d'index volcanique d'explosivité 2, se déroula en 1612. Elle émit, en volume estimé, un million de mètres cubes de tephras. Bien que les documents archives renseignent surtout sur son voisin, les indices recueillis permettent de croire qu'elle fut commune avec l'éruption de Katla tout proche. La troisième, quant à elle, fissurale, sous-glaciaire et explosive, d'index volcanique d'explosivité 2, se produisit du 19 décembre 1821 au 1er janvier 1823. L'émission des quatre millions de mètres cubes de tephras eu lieu au sommet du volcan, sous la calotte glaciaire, au cours d'explosions d'indice d'explosivité volcanique de 2. L'éruption de l'Eyjafjöll cessa lorsque le volcan Katla rentra, à son tour, en éruption.

La plupart des éruptions de l'Eyjafjöll sont de type fissurales et se produisent préférentiellement sur ses flancs Est et Ouest du volcan, notamment aux bouches éruptives de Hamragardahraun, Hofdahraun, Irahraun, Midskalarheidahraun, Raudahraun et Skerjahraun.

Le sandur de l'Eyjafjöll, une plaine s'étendant à ses pieds jusqu'à l'océan Atlantique, s'est construit par le dépôt successif de matériaux, notamment de hyaloclastites, charriés par des inondations provoquées par les différentes éruptions sous-glaciaires de l'Eyjafjöll et du Katla.


Le volcan Katla


Le volcan Katla, 1.450 mètres d'altitude, a la réputation d'être un des volcans les plus dangereux d'Islande. La montagne est cachée sous le glacier Myrdalsjökull dans le Sud de l'île.

Les éruptions de ce volcan central ont lieu tous les 40 à 80 ans. Elles sont difficiles à prévoir. La dernière éruption date de l'année 1918. Les cratères de Laki et la gorge Eldgjá appartiennent au même système volcanique. De fait, il s'agit là d'un des volcans les plus puissants du monde.

Avant la construction du Hringvegur, - la Route Nationale N° 1 -, nulle âme humaine, ayant déjà fait souvent l'expérience des jökulhlaup, des inondations catastrophiques par des grandes masses d'eau se précipitant en direction de la mer. n'aimait à traverser les plaines noires s'étirant au pied du volcan.


L'éruption du volcan Eyjafjöll du Mars 2010


Entre le 3 et le 5 Mars 2010, une véritable crise sismique déclenche de puissants séismes et des grondements sourds. Environ 3.000 tremblements de terre sont enregistrés à l'aplomb du volcan l'Eyjafjöll.

L'éruption débute le 20 mars peu avant minuit. L'état d'urgence est, lors, déclaré dans le Sud de l'Islande et les habitants du village de Fljótshlíð sont évacués en raison du risque d'inondation. Après des projections de cendres, le panache étant visible jusqu'aux îles Vestmann, la lave, s'échappant d'une fissure d'un kilomètre de longueur environ, fait son apparition à Fimmvörðuháls, entre l'Eyjafjallajökull et le Mýrdalsjökull.

Le volcan est recouvert par la calotte glaciaire Eyjafjallajökull, il s'agit d'une éruption fissurale de type sous-glaciaire. Dans ces conditions, si une importante masse de glace fond, l'eau accumulée sous le glacier menace d'être violemment libérée à la surface et de provoquer un jökulhlaup, - des inondations et des coulées de boues – car l''Eyjafjöll est situé dans le sud de l'Islande, encadré au sud par l'océan Atlantique, au nord par la vallée de Þórsmörk et à l'est par la calotte glaciaire de Mýrdalsjökull recouvrant plusieurs autres volcans dont le Katla

Par ailleurs, cette éruption de l'Eyjafjöll fait craindre une reprise de l'activité éruptive du Katla, volcan voisin de l'Eyjafjöll réputé comme « dangereux », les deux volcans étant considérés comme liés. « C'est une éruption plutôt petite et calme, mais nous craignons qu'elle ne déclenche l'éruption du volcan voisin, le Katla, […] un volcan vicieux qui pourrait provoquer des dégâts locaux et mondiaux », a ainsi expliqué Páll Einarsson, géophysicien à l'Université d'Islande.

18 février 2010

Le Parc Naturel de la Garrotxa : Les volcans d'Olot.

Le Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Gorrotxa, la plus importante d'Europe avec plus de 40 cratères, dont certains sont en pleine ville comme à Olot, est situé de part et d'autre de la rivière Fluvia.

La région volcanique de la Garrotxa, en Catalogne espagnole, illustre parfaitement le volcanisme tel qu’il se présente dans la Péninsule ibérique et c’est aussi l’une des plus intéressantes d’Europe. Elle compte plus d'une quarantaine de cônes volcaniques de type strombolien, quelques cratères d’explosion et plus de vingt coulées de laves basaltiques à la morphologie des plus singulières. A cet intérêt géologique s’ajoute une végétation riche et variée favorisée par un climat exceptionnellement humide et un paysage d'une grande beauté.

Les volcans les plus importants sont le Montolivet, le Montsacopa, la Garrinada, et le Bisaroques, tous quatre in siru dans la ville d'Olot, le Santa Margarida, le Croscat, le Martinya, le Roca Negra, entre autres... Il exite également des tables de lave, mises à jour par l'érosion fluviale, comme à Castellfollit de la Roca ou à Sant Joan les Fonts, où on peut voir la constitution interne consolidée en prismes allongés.


La localisation.


La région volcanique d’Olot est située au sud de la Garrotxa, contrée limitrophe de la France, dans la province de Gerona. Elle est localisée à 20 km de la frontière et à 45 km de la mer, entre 42”5’15” et 42”10’30” de latitude Nord et 6’5’45” et 6”15’30” de longitude Est. L’altitude est de plus de 500 m. Elle varie de 600 à 650 m à la Fajeda d’En Jorda.


Géologie.


Elle est située au sein du système transversal catalan qui est constitué de sédiments détritiques de l’Éocène marneux et gréseux, à ciment calcaire et très peu perméables. Les variations de faciès, soit horizontalement soit verticalement, sont très fréquentes ; les changements de dureté des niveaux lithologiques facilitent les phénomènes d’érosion différentielle et la formation fréquente de cuestas.

 

Le substratum éocène est fracturé par un ensemble de failles perpendiculaires qui déterminent un système complexe de graben et de horst. La cuvette d’Olot-Mieres a une telle origine. Des failles mineures subdivisent cette cuvette en trois parties : Olot, Santa Pau et Mieres, séparées par des horsts.


Des volcans sont apparus à l’intersection des failles.


L’activité s’est manifestée à la fin du tertiaire et s’est maintenue pendant le quaternaire. S’il n’y a plus d’activité aujourd’hui, la forme des appareils est, en général, très bien conservée. Les coulées de laves, - basaltes et basanites -, les produits pyroclastiques, - bombes et lapillis -, contrastent vivement avec les marnes du substrat.

Dans la cuvette d’Olot, on dénombre plus de 40 volcans et les produits volcaniques occupent plus de 25 km. On trouve tantôt des coulées de laves compactes, associées aux volcans de Batet, Aigua negra, Beguda, Santa Pau et tantôt des laves bulleuses, scoriacées en particulier à la Fajeda d’En Jorda. A ces deux formes volcaniques sont associés de nombreux petits cratéres entourés de fragments de bombes, lapillis disposés de façon chaotique.


Plusieurs phases ont été reconnues dans la vulcanogenèse des Garrotxes.


Les premières éruptions sont probablement miocènes, mais n’ont laissé que de faibles traces.

La grande période éruptive se situe au Riss et comprend une première phase brutale, suivie d’une phase plus tranquille au cours de laquelle se sont mises en place les coulées.

Une période posthume, post-Würm, brutale, au cours de laquelle se sont formés les cratères et mis en place les produits pyroclastiques.

Les roches sont des basaltes et des basanites à leucite ou à analcime. On y observe des phénocristaux d’augite, d’olivine, des microlites de labrador fréquemment maclés avec de l’albite, quelques paillettes de biotite, des plages de leucite, des carbonates intersticiels et des minéraux opaques. Les basaltes présentent fréquemment un feldspath alcalin assez abondant, - sanidine -. On observe parfois des enclaves grenues basiques et ultrabasiques contenant les minéraux suivants : enstatite, bronzite, diopside, spinelle, hornblende, magnétite, apatite.


Il y a 9.500 ans, la dernière éruption.


Cette zone volcanique unique en Europe a achevé sa formation il y a 9.500 ans, date de la dernière éruption du Turó de la Pomareda. Depuis lors, les volcans se sont endormis mais ils ne sont pas totalement éteints car, la période cyclique de non activité arrivant à son terme, ils ne sauraient tarder à rentrer dans une nouvelle phase éruptive. Ce patrimoine géologique est constellé de sentiers, miradors, chemins, châteaux, monuments et églises, d'une beauté surprenante.

19:42 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : catalogne, garrotxes, olot, volcans, volcanisme, volcanologie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

Les Albères, le Vallespir..., en Pyrénées Orientales... Ces régions n'ont-elles pas été, il y a 40 millions d'années, foyers volcaniques ?

S'il était un exemple à développer quant aux volcans considérés éteints, le département des Pyrénées Orientales et son secteur Albères-Vallespir-Conflent pourraient en être l'illustration parfaite. A écouter les vulcanologues patentés, chargés de cours universitaires ou œuvrant dans des établissements publics à caractère scientifique et technologique, il n'y a jamais eu, il n'y a pas et il n'y aura pas, de volcan sur les terres de la Catalogne du Nord. Que ces mêmes scientistes qui nient leur existence passée, présente et future, veuillent bien expliquer la présence de volcans, en Catalogne du Sud, dans les régions du Baix et de l'Alt Empordà, du Pla de l'Estany, du Gironès, de la Selva et de la Garrotxa, les plus anciens, dans l'Empordà, - dix millions d'années -, et à la Selva, - cinq millions d'années -, les plus jeunes dans la Garrotxa dont le Croscat, 11.500 ans, et le Turó de la Pomareda, le tout dernier né, 9.500 ans ! Qu'ils éclairent la lanterne des candides en leur explicitant l'anomalie flagrante d'absence, - totale aux dires de ces sommités -, de volcans en zones Vallespir et Albères alors que ces deux régions sont contigües, l'une à la Garrotxa et à l'Alt Empordà, l'autre à l'Alt Empordà !

Mais en a-t-il été et en sera-t-il vraiment ainsi dans la réalité du terrain? Assurément non ! Et il ne faut pas se voiler la face car les volcans ont marqué, de leur présence, les terres de Catalogne du Nord. En effet, au Tortonien, - 11,608 à 7,246 Millions d'années -, en Alt Empordà, tout proche de la frontière, seulement à quelques hectomètres, quelques volcans monogéniques, en petits édifices collinaires, de type strombolien plausible, exprimaient leur fureur et déversaient laves et pyroclastites. Ces sites volcaniques, aux terres riches mises en culture depuis des siècles, sont, de nos jours, totalement érodés et seule la présence diffuse de dykes ruinés, en bordure de chemins ou épars dans les propriétés, facilite la découverte de certains. Et, en confirmation, l'étude géologique, de la région des Al­bères, du col de l'Ouillat à la Illas, permet de discerner l'existence de minces nappes basaltiques de peu d'étendue. Bien plus, dans la structure architecturale de quelques orrys, du Haut et du Bas Vallespir et du Haut Conflent, il s'y découvre, mêlés aux pierres récupérées in situ par les bergers-bâtisseurs, des moellons de roches pyroclastiques.

Poussant plus loin les investigations, se penchant sur les cartes géologiques des massifs orientaux pyrénéens et sur les plans cadastraux des communes catalanes, un fait troublant accroche à l'œil et pousse à la réflexion : une dizaine de pics et une kyrielle de collines, de mamelons, de monticules, de tertres, de buttes... sont gratifiés d'un complétif signalitique « redon » ou « rodona », en français, « au sommet rond. » Et ne dit-on pas que les Pyrénées sont une montagne « jeune » assise sur un socle cristallin hercynien ? Ces édifices en dôme ne laissent-ils pas présager, à faible profon­deur, la présence de magma et de roches en fusion ? En outre, il ne peut-être dans l'ignorance de ces scientistes que la zone volcanique de la Garrotxa est traversée par un rift continental se prolongeant, côté Catalogne du Nord par la faille de Mantet, - zébrée par la faille de Mérens à Prades au niveau de Vinça, faille filant sur Agde et sa zone volcanique -, et, au delà par les failles de Minerve et des Cévènes..., rift et failles actifs puisqu'ils s'écartent progressivement et se creusent, depuis les trente dernières années ce phénomène s'accé­lérant(2).

Tout comme la Catalogne du Sud, la Catalogne du Nord est une zone à fort risque sismique même si, suivant l'aléa sismique, basé sur la norme européenne, elle est étalonnée faible à modéré. Pourtant, les tremblements de terre les plus importants, d’intensité égale à VI et d'intensité supérieure ou égale à VIII, se sont produits au XIV° et au XV° siècles : 25 décembre 1321, épicentre Perpignan : 21 Février 1370, épicentre Perpignan ; 2, 3, 18 et 19 Mars 1373, épicentre Olot ; Janvier 1378, épicentre Perpignan ; 3 Mars 1426, épicentre Ripoll ; du 2 Mars 1427 au 25 Décembre 1427, 22 séismes avec des épicentres soit à Amer soit à Olot ; 2 février 1428(3), épicentre Olot ; et ainsi s'égrainant, de siècle en siècle, les derniers en date étant ceux du 18 février 1996, épicentre Saint-Paul-de-Fenouillet ; et 21 Septembre 2004, à 17 heures 48 minutes, séismes simultanés à moins de 50 kilomètres l'un de l'autre, tous deux d'intensité V, à Prades et à Ripoll. Un point commun apparaît, entre tous ces séismes, plus de 40 majeurs en 700 ans : leur situation dans l'axe du rift et des failles de Mantet et de Prades.

Enfin, dernier point crucial, grâce à la présence de ses châteaux d'eau, - les Massifs du Canigou, de la Carençà, des Puigmal et du Madrès -, les Pyrénées Orientales sont un département où les sources y sont florissantes : eau de source, eaux chaudes thermales, eaux minérales, deux geysers, dont l'un horizontal, mais aussi un réseau dense de rivières souterraines. Et depuis deux décennies, la température de ces eaux est en élévation constante d'un demi degré Celsius. Parallèlement à ce fait, des petites surélévations de terre ont fait leur apparition. Et que dire des conséquences des derniers tremblements de terre en date, tel ceux d'Asti du 21 Août 2000 ; de Nice du 25 Février 2001 ; de Campobasso du 31 Octobre 2002 : d'Alger-Boumerdés du 21 Mai 2003 ; d'Al Hocelma du 24 Février 2004 ; de Prades et Ripoll du 21 Septembre 2004; et de l'Aquila du 6 Avril 2009, il a été ressenti, avant et après les séismes, en divers lieux faillés du Vallespir, du Conflent, des Albères, des Aspres et de la Plaine du Roussillon des odeurs soufrées... Seraient-elles en relation avec l'existence, dans le golfe comblé de Bouleternère et dans les piémonts des Albères et des Aspres, de sources uniquement gazeuses ? Telle est la situation présente en totale contradiction avec les propos que tiennent les scientistes sur l'absence de volcanisme dans le Département des Pyrénées Orientales.

 

Notes


(2)Aux derniers relevés effectués, l'écartement est de 30 centimètres et l'abaissement du sillon de 15 centimètres, pour les 30 dernières années.

(3) 2 février 1428, épicentre Olot : Il s’agit du séisme le plus important connu dans la région. Il est appelé "séisme de la Chandeleur" et touche toute la Catalogne avec son épicentre à Olot. Il s’est produit une série de secousses d’importance équivalente qui ont entraîné la mort de 100 à 200 personnes. A Prats de Mollo, des remparts et édifices sont détruits. L’intensité a été estimée à un niveau IX sur l’échelle MSK. Le village subit de tels dommages qu’Alphonse d’Aragon accorde des indemnités aux victimes, autorise une levée des impôts et crée des revenus exceptionnels pour la réparation des ponts, des chemins et des remparts. De plus, le 20 juillet, Jean II, évêque d’Elne, accorde l’autorisation d’élever une chapelle votive en l’honneur de Sainte Marguerite La commune d’Arles sur Tech est, elle-aussi, très endommagée. L’intensité, est aussi de IX sur l’échelle MSK. Les dégâts sont à peine moins nombreux qu’à Prats de Mollo où des remparts et des tours sont démolis. Le clocher de l’abbaye de Saint Martin du Canigou et une partie de l’église s’écroule. Certains murs sont détruits jusqu’aux fondations. Le niveau MSK devait être de VII. Le monastère de Fontclara à l’est du Boulou est dévasté. Les bâtiments d’Olette sont fortement endommagés. A Céret et Perpignan, la population est prise de panique. Claira subit des écroulements de maisons. Ce séisme est, encore aujourd’hui, l’évènement de référence est matière de tremblement de terre. Il fait partie des deux plus grands séismes au niveau européen.

19:37 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : albères, catalogne, vallespir, volcans, volcanisme, volcanologie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17 février 2010

Des volcans par milliers, actifs, en sommeil ou considérés éteints, sur la planète Terre... arrivera-t-on, un jour, à tous les compter ?

Tous les ans, 60 volcans environ, entrent en éruption. Est-ce si cataclysmique que cela ? En regard au nombre démesuré de volcans érigés sur toute la planète et susceptibles de sortir de leur torpeur, la Terre en est-elle au point de non retour et aux portes de l'explosion généralisée ? Le chiffre de 60 est la marque d'une activité volcanique normalisée et nul risque de destruction totale ne peut être envisagée et envisageable. La planète est vivante et elle s'exprime avec la sauvagerie de ses forces internes incommensurables. Si la première étude connue sur ces montres volcaniques est l'œuvre de Pline le jeune faisant la description, au travers de deux lettres, de l'éruption du Vésuve, en l'an 79, des naturalistes et des savants ont tenté de dresser, dès le XVII° siècle, un inventaire des volcans actifs de par le monde.

Athanasius Kircher, en français Athanase Kircher, est un jésuite allemand, graphologue, orientaliste, esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque. Par son ouvrage « Mundus Subterraneus », il établit le premier inventaire, en 1665, y dénombrant 36 édifices volcaniques. Au XIX° siècle, le géographe, naturaliste et explorateur allemand Alexander Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, procède à des études sur les volcans des Andes et d'Amérique centrale. Il est le premier à gravir de nombreux volcans comme, en 1802, l’ascension du Chimborazo, 6.268 mètres, considéré comme le sommet du monde à l’époque. le Cotopaxi, 5.897 mètres ou le Guagua Pichincha, 4.507 mètres. Dans son livre Cosmos, essai d'une description physique du monde, publié en 1846, il en dénombre 407.

En absolu, le nombre de volcans, existant sur la planète Terre, dépendent de leur statut : actif, dormant ou considéré éteint ? Si le microcosme scientiste, en faire valoir, décide d'en adopter une définition, nul de ses membres le composant n'aura vraiment compté tous les volcans terrestres et, tout particulièrement, les centaines de milliers qui sourdent dans le fond sous-marin. Pour preuve, suivant l'estimation avancée dans le livre de la Smithsonian Institution intitulé « Volcanoes of the World, Second Edition », compilé par Tom Simkin et Lee Siebert, la meilleure supputation, à l'heure actuelle, serait que 1.511 volcans, d'autres avançant le chiffre de 1.521, ont eu des éruptions au cours de ces dix derniers millénaires. Néanmoins le nombre de volcans sous-marins, alignés le long des dorsales, des rifts, des failles transversales et des points chauds ou noyés en limite des plaques lithosphériques, excéderait le million d'édifices.

Quant aux volcans en sommeil ou considérés éteints, aucun de ces scientistes gravitant dans leur microcosme et dans leur bulle, bon nombre reconnus mondialement, n'en fait état, certainement par le fait qu'il en serait trop fastidieux et guère revalorisant, notoriété étant, d'en dresser quelconque inventaire. Mais, pourtant, ces secteurs volcaniques oubliés peuvent connaître de nouvelles manifestations éruptives et, en cela, poser risques à une population ignorante de ce plausible danger mortel probablement imminent soit dans le présent immédiat à 100 ou 1.000 ans, soit dans un futur présent à 10.000 ou 100.000 ans, soit dans un temps indéterminable mais fort lointain et au-delà d'un million d'années. « Là où la terre a tremblé, elle retremblera... », dit le dicton... Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les volcans ?

21:46 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : volcans, volcanisme, volcanologue | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16 février 2010

Les volcans, monstres géologiques

Expression de l’antique ire des Dieux, des Déités et des Démiurges, les volcans, monstres géologiques prenant naissance dans les entrailles de la Terre, terrorisent les hommes depuis l'aube de l'humanité. Vomissant ou crachant des gaz volcaniques, des torrents de laves incandescentes, des pyrotechnies de téphras et de pyroclastes ou des panaches de nuées ardentes, ils semblent sortir de leur sommeil pour inonder la Terre de leur sève destructrice et assassine. Manifestations en surface du régime thermique régissant l’intérieur du globe terrestre, ils sont la résultante d'un ensemble des processus et des phénomènes par lesquels des matériaux rocheux fondus, ou magmas, s’élèvent depuis les profondeurs de la Terre jusqu’à la surface, ou vers la surface, et par lesquels les gaz associés sont libérés dans l’atmosphère.

Depuis des millénaires, ils fascinent l’homme par leur puissance faramineuse et les manifestations redoutables de leur activité. Croyances, divinités, idoles, démiurges, logos et autres dragons en sont nés. Aujourd’hui, paraît-il démystifiés pour les civilisations policées, leur attraction est toujours aussi grande, en raison, surtout, des images spectaculaires et des paysages hors du commun qu'ils offrent. Mais l'attraction n'est-ce pas l'expression du mysticisme ? Et le mysticisme ne désigne-t-il pas le fait de la pratique mystique en induisant, parfois, l'idée d'une formalisation ou une systématisation du comportement mystique. Et le concept de « mystique » n'exprime-t-il pas ce qui est relatif à une croyance, au surnaturel ou au divin qui serait, par nature incommunicable, et où l'âme humaine accèderait à une rencontre directe, par translation attractive, avec le volcan-déité ?

 

Depuis une vingtaine d’années, pour tous ceux qui s'intéressent aux activités volcaniques dans le monde, il apparaîtrait que le nombre de volcans actifs soient en augmentation. Serait-ce une recrudescence du volcanisme qui affecterait la planète Terre ? Ainsi les scientifiques ne devraient pas être obligés de jouer aux apprentis sorciers en créant des volcans artificiels pour combattre le réchauffement planétaire ou en déclenchant, quitte à provoquer des temps apocalyptiques pour les humains, les animaux et la nature, des éruptions dans des volcans en sommeil. Cette pseudo- augmentation traduit, simplement, l'intéressement accru de l’homme pour les phénomènes volcaniques. Les observateurs sont plus nombreux et les transports plus aisés. En outre, l’information volcanologique est plus largement diffusée par l’entremise des médias, - presse écrite, parlée ou télévisuelle -, de l'interconnexion des réseaux informatiques et des publications croissantes de revues spécialisées.



Notes


(1) Éjectas ou téphras et pyroclastes : pyroclastes, - du grec πυρóκλαστος, pyro, feu, et klastos, fragment -, désigne, en géologie, les fragments de roche solide expulsés dans l’air pendant l’éruption d’un volcan. Les pyroclastes sont des fragments de roche magmatique solidifiés à un moment de l’éruption, ou plus fréquemment pendant son parcours aérien, ou arrachés à l’état solide par érosion des structures géologiques existant le long des conduites éruptives. Le terme téphras, - du grec τέφρα, cendres -, est utilisé comme synonyme d'éjectas, généralement utilisé pour les cendres.

17:49 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volcans, volcanisme, volcanologie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu