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08 mai 2014

Dans le cadre d'une conférence : Les Moulins à eau

Les moulins à eau.jpg

Les moulins à eau

94 Pages

Impression Noir & Blanc

ISBN 9781291866162

L'idée de transformer en énergie mécanique utilisable l'énergie contenue dans l'eau des rivières sous forme cinétique et sous forme potentielle est très ancienne. En effet les roues hy­drauliques utilisables seulement pour les basses chutes ont été les premières machines transformatrices d'énergie et les moulins à eau ont satisfait aux deux principes essentiels du fait que l'eau pénètre dans la machine sans produire de choc et a perdu, au cours de sa traversée de la machine, la vitesse initiale qu'elle a possédé à son entrée. Si ces deux principes sont satisfaits, il n'y a pas ou peu de pertes d'énergie sous forme de turbulence ou d'énergie cinétique résiduelle.

Ainsi, imaginé dès les temps de l'Âge des Métaux, sont nés, dans l'esprit des peuples du Croissant Fertile... les moulins à eau....

Plaquette réalisée dans le cadre de la préparation et de la rédaction du texte de la conférence sur les moulins à Montpellier, sur la fleuve Le Lez, qui sera donnée le 22 Mai 2013, à 14 h 30, avec visite commentée dun moulin en activité, à la maison Pour Tous George Sand, à Montpellier.

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03 mai 2014

Histoire des Moulins, à Montpellier : les Moulins, à eau, à farine, à foulons, à vent…

Texte de la conférence sur les moulins qui sera donnée à la MPT George Sand, à Montpellier, le 22 Mai 2014, à 15 h 30.

Chapitre II

Les prémices des moulins.

pierre ronde roulant dans pierre creuse.jpg

Avec la sédentarisation, les populations ont augmenté de manière importante. Suivant la proportion de squelettes d'enfants et d'adolescents découverts dans les cimetières de cette époque, cette augmentation serait de 30% après l'avènement du Mésolithique, il y a 12.000 à 14.000 ans. Cette augmentation peut s'expliquer par le fait que la sédentarisation a séparé les bébés de leur mère, le sevrage devenant plus précoce, alors dans le nomadisme les mères transportaient leurs enfants avec elles, maintenaient un contact quasi perpétuel avec le bébé et, la période d'allaitement étant donc plus longue, la femme ne pouvait enfanter à nouveau qu'après total sevrage de l'enfant. Et il peut se penser que « C'est la crise démographique due au trop grand nombre d'enfants qui a conduit à l'adoption de nouveaux moyens de production et qui a poussé nos ancêtres du Mésolithique et du Néolithique vers d'autres sources d'alimentation : l'agriculture et l'élevage... Cette révolution dite du néolithique a intensifié la sédentarisation, laquelle a augmenté encore la fécondité. Une sorte de processus qui s'est auto-alimenté. »

En généralité, il est considéré que la culture des céréales qui constitue l'une des premières activités agricoles, a permis l'essor des grandes civilisations, car elle a constitué l'une des premières activités agricoles. En effet, tenant au fait que les rendements sont élevés et que la conservation des graines est bonne permet la constitution de réserves, d'une part, et, d'autre part, en fournissant une alimentation régulière et abondante aux populations, elles ont favorisé l'organisation de sociétés plus denses et plus complexes. Les civilisations moyen-orientales et européennes se sont construites autour du blé, celles d'Extrême-Orient autour du riz, au Sud, et du blé, au Nord, celles des peuples amérindiens autour du maïs et celles d'Afrique noire autour du mil.

Conséquemment, la farine devient alors la nourriture de base pour la confection de bouillies et de galettes. Et l'eau devient, elle, un élément essentiel pour arroser les terres et faire pousser les cultures légumières et céréalières d'autant que la culture des céréales nécessite de très grandes quantités d'eau douce. En moyenne, l'ordre de grandeur est de 1.000 mètres cubes d'eau pour une tonne de céréales soit 1 mètre cube d'eau pour 1 kilogramme de céréales.

Nous ne devons pas oublier quand même que des indices d'utilisation de céréales datent d'environ 100.000 ans. Elles concernent des traces de sorgho sauvage trouvées sur des grattoirs de pierre du Paléolithique découverts dans des grottes d'Afrique et d'Europe de l'Ouest, - Espagne, France et Italie -,. Cette farine ou les grains écrasés étaient peut-être consommés avec des fruits ou des tubercules, voire déjà en bouillie fermentée. Si les paléontologues se montrent encore sceptiques, il n'est pas à oublier que les premières les traces archéologiques les plus anciennes concernant le blé et l'orge remontent à 23.000 ans avant notre ère et ont été découvertes tant dans le Croissant fertile qu'en Afrique du Nord, en Espagne et en Languedoc-Roussillon, en Aquitaine et en Provence.

Pour obtenir de la farine avec les caryopses, - c'est à dire, en botanique, les fruits et en langage courant, les grains -, des céréales, l'homme, après avoir dépiqué les épis soit à l'aide d'une planche à dépiquer et d'un maillet, - remplacé ensuite par un fléau -, soit par foulage, - ou piétinement humain ou animal -, soit par chaubage, - ou égrainage sur une grosse pierre -, a d'abord employé le concassage en écrasant les grains entre deux pierres. Ensuite, abandonnant cette technique rudimentaire, il a roulé une pierre ronde dans une pierre creuse contenant les grains à écraser et à moudre. Enfin, améliorant la technique du concassage, il a utilisé un pilon et un mortier et les égyptiens, depuis la période dite prédynastique, vers 5.500 avant notre ère, jusqu'au terme de la dynastie des Ptolémées, en l'an 30 avant Jésus Christ qui correspond, l'Égypte étant défaite et conquise par Rome, au début de la dynastie romaine, procédaient encore de cette manière là.

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02 mai 2014

Histoire des Moulins, à Montpellier : les Moulins, à eau, à farine, à foulons, à vent…

Texte de la conférence sur les moulins qui sera donnée à la MPT George Sand, à Montpellier, le 22 Mai 2014, à 15 h 30.

Chapitre I

En guise de mise en situation.

L’arrivée de l’Homme moderne, en Europe, est estimée s'être produite il y a environ 40.000 ans au cours de la dernière époque du Paléolithique et est caractérisée par le développement de nouvelles techniques telles que les lames retouchées, les grattoirs, les burins, les pointes de projectiles, les outils en os et en bois animal, les harpons, les propulseur, etc., le développement et l'explosion de l'art pariétal tel celui des grottes Chauvet, Cosquer, d'Altamira, de Lascaux..., et du mobilier dont le plus bel exemple en sont les « Vénus » gravettiennes de nouvelles techniques qui ont été codifiées successivement en Châtelperronien, Aurignacien, Gravettien, Protomagdalénien, Solutréen, Badegoulien, Magdalénien, Épigravettien. Cette première « révolution industrielle » se situe entre 35.000 et 10.000 ans avant notre ère et correspond à la deuxième moitié de la période de léger réchauffement climatique interpléniglaciaire qui s'est produite durant la glaciation de Würn.

Grottes d'Eyzies-Cro-Magnon.jpg

L'homme que nous dénommons « Homme de Cro-Magnon » et aussi « Homo-sapiens-sapiens », - l'homme qui sait qui sait -, est venu de Sibérie ce qui correspond, depuis l'Oural à l'Océan Pacifique et de l'Océan Arctique aux frontières du Kazakhstan, de la Mongolie et de la Chine, à la Russie asiatique. Il a profité de cette amélioration temporaire du climat pour coloniser l'Europe. Accompagné de chiens domestiqués qui lui confèrent un avantage pour la chasse, il cohabite avec l'Homme de Néandertal jusqu'à son extinction, vers 28.000 ans avant le présent, de celui-ci, qui est attestée en France, en Italie et en Espagne?

Pour l'image populaire, jusqu'à la fin du Paléolithique que les scientifiques estiment s'être achevé il y a environ 12.000 ans, ce qui coïncide avec la fin de la glaciation de Würn et le début de notre interglaciaire actuel, aussi appelé Holocène, les hommes sont vêtus de peaux de bêtes et s'alimentent en pratiquant la chasse, le charognage et la cueillette des plantes et des fruits. Ce sont des « cueilleurs-chasseurs » nomades qui suivent les mouvements de la faune chassée. Ils établissent des campements temporaires en fonction de leur zone de chasse et des saisons.

 

Grottes d'Eyzies-Cro-Magnon 1.jpg

En réalité, à partir de 20.000 ans avant notre ère, les effets de la glaciation commencent à s'estomper dans tout l'Ouest européen, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. En trois ou quatre milliers d'années, et non pas uniquement dans le Croissant Fertile, - les régions de Mésopotamie et du Levant au Proche-Orient Moyen-Orient, comprenant les territoires des États actuels du Liban, de Chypre, du Koweït, d'Israël, de Palestine ainsi que des parties de la Jordanie, de la Syrie, de l'Irak, de l'Iran, de l'Égypte et le sud-est de la Turquie. - mais dans plus de 20 régions se situant dans cette zone beaucoup plus tempérée, aux terres libres de toute glace et moins sujette au sol gelé, l'homme va passer du statut de prédateur à celui de producteur. Ainsi, à partir de 17.000 ans avant Jésus Christ, il va s'essayer à dominer la nature et à la transformer pour mieux l'utiliser.

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Petit à petit, l'homme se sédentarise. Il développe, alors, l'agriculture, domestique de plus en plus d'animaux tels les moutons, les porcs, les hipparions, - ou ancêtres des chevaux qui avaient une hauteur moyenne de 1,4 mètre au garrot et qui ont connu une grande réussite -, les vaches, les chèvres..., fabrique de nouveaux outils et des armes de jet, tisse les premiers vêtements avec des fibres de lin, de chanvre, de poils d'animaux et de la laine d'ovins, cultive les céréales comme l'engrain ou petit épeautre, l'égilope, l'amidonnier, l'épautre, le quinoa, le sorgho, le millet, la folle avoine, le seigle, le sarrazin, le triticale, le riz, le sésame..., ainsi que les légumineuses telles les lentilles, les fèves, les pois... qui poussaient à profusion et les astéracées comme les chardons, les artichauts, les cirses, le panicaut... Enfin, l'homme protohistorique, - ou histoire de l'homme avant l'invention de l'écriture -, réalise les premiers croisements afin d'améliorer les semence, - le blé provenant d'un croisement entre l'engrain et l'égilope -, et initialise les prémices de l'irrigation.

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14 avril 2014

La couleuvre de Montpellier. Suite...

La couleuvre de Montpellier.

Suite de ...

Les espèces endémiques du Languedoc-Roussillon, la couleuvre de Montpellier

malpolon-monspessulanus 2.jpg

La couleuvre de Montpellier prolifère dans les terrains secs et chauds, rocailleux ou sableux, à végétation buissonnante, qui lui facilitent la possibilité d'y trouver de nombreuses cachettes pour s'y réfugier car, en cas de danger, elle tente, en priorité, de fuir. Ce n'est seulement, s'il lui est impossible de s’échapper, qu'elle va dresser, à la manière des cobras, le tiers ou le quart du corps, au-dessus du sol, et prendre une posture défensive. Elle balance, alors, la partie soulevée, de gauche à droite, d'avant en arrière, en fonction de sa respiration et de son souffle violent, - en occitan pour cela dénommé le « gisclard » -, tandis que sa langue sort et entre très vite dans sa bouche. Cette posture indique que le « Malpolon monspessulanus » veut intimider l'agresseur. S'il se dresse encore, c'est qu'il est prêt à l'attaque et à mordre s'il en a l’occasion. Mais il faut qu'il soit très violemment provoqué pour frapper vraiment.

Si son habitat de prédilection est surtout les garrigues où, en certaines stations il peut se compter jusqu'à cinq individus à l'hectare, très adaptable, elle a aussi colonisé la proximité des points d’eau, les maquis côtiers, les fourrés, les vignes, les oliveraies, les forêts de chênes verts et les prairies. Elle se rencontre jusqu'à 500 mètres d'altitude et même, dans certaines régions du Sud de la France, de l'Ibérie et du Nord Maghreb, jusqu'à 1.000 mètres. Malgré sa mine patibulaire due à ses « sourcils prononcés », le « Malpolon monspessulanus », même si c'est une couleuvre venimeuse, par le fait qu'il possède elle possède « des crochets à venin », situés en arrière, - opistoglyphe -, les morsures normales étant de l'ordre d'une seconde ou d'une fraction de seconde, n'est pas dangereux pour l'homme.

En effet, contrairement à la vipère, il ne peut l'inoculer directement car ses crochet, non perforés s'assimilent à des dents avec des sillons le long desquels le venin peut s'écouler. Mais, pour la couleuvre de Montpellier, ceci ne peut se réaliser que si la proie est maintenue dans sa gueule, puis, en quelque sorte, « mastiquée » afin que les « dents » puissent pénétrer et que le liquide, paralysant progressivement la victime et facilitant son ingestion, s'introduise dans la chair mordue. Pour les humains, de rares envenimations, - rendues possibles parce que la morsure aurait été particulièrement prolongée -, s'en suivent, ne provocant qu’un léger gonflement de la partie mordue, un phénomène qui disparait au bout d’une ou deux heures.

Serpent diurne, rapide dans ses déplacements reptatoires, - souvent dénommé le TGV des garrigues -, et opportuniste, elle chasse généralement à vue et son alimentation, contribuant à l’équilibre écologique du milieu naturel, est constituée, de sauriens, de petits mammifères, - muridés, lapereaux, mulots, rats -, d'oiseaux nichant au sol, de lézards, - Psammodromus algirus, lézards ocellés de taille adulte... -, et de serpents, - Rhinechis scalaris, Hemorrhois hippocrepis... -

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Outre sa coloration caractéristique, - les très jeunes parfois gris avec des motifs de bande non liées sur le dos plus ou moins foncé, ou gris marron avec le même motif, leur ventre vert à orange qui, avec l'évolution, la couleur en devient de moins en moins vive, plus uniforme ensuite, vert foncé, gris foncé et chez les spécimens âgés, une section du corps derrière le cou, vert, noir, parfois bleu foncé -, son identification est aussi possible par ses écailles. Ce grand serpent a une écaille frontale plus étroite que les deux écailles supra-oculaires. Ses dorsales et ses latérales sont plus ou moins creusées longitudinalement chez l’adulte qui possède en outre, une pré-oculaire, deux post-oculaires et deux loréales, situées entre la pré-oculaire et la nasale.

La reproduction a lieu au printemps, généralement à partir de fin Avril-Mai quand les « Malpolon monspessulanus » sortent de l'hibernation. Les couples se forment... Le couple dit dominant peut accueillir d'autres individus mâles ou femelles voire même d'autres couples sur son territoire. Les relations peuvent alors devenir très complexes. Comme pour les pistes de chasse, le mâle dominant va délimiter régulièrement son territoire. En son absence, son rôle pourra même tenu par un mâle « vassal » qu'il aura pris soin de marquer au préalable de son fluide nasal. Ce dernier protègera la femelle sans pour autant s'accoupler avec elle.

A cette époque, le mâle reproducteur se montre très tendre envers la femelle qu'il défend et assiste même pendant la chasse. Mais c'est aussi à cette période que les mâles d'un naturel très farouche oublient leur prudence... N'hésitant pas à passer à découvert, ils sont les victimes nombreuses et toutes désignées des routes passagères. Les femelles pondent environ 15 œufs ; - extrêmes de 5 à 20 œufs -, dans un lieu humide, chaud, souvent dans de la végétation en décomposition. Les œufs éclosent après 8 semaines, fin Août-début Septembre, et les nouveau-nés mesurent entre 20 et 35 cm. La maturité sexuelle est atteinte au bout de 3 à 5 ans et les couleuvres de Montpellier ont une espérance de vie d'une quinzaine d'années.

Le « Malpolon monspessulanus » figurant en annexe III de la convention de Berne de 1982, fait partie des espèces de faune protégées en Europe Sur le territoire métropolitain, il est totalement interdit de la capturer, de la blesser, de la tuer, de le déplacer et de détruire sa ponte.

 

Bibliographie

 

Nicholas Arnold et Denys Ovenden, Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe, Delachaux & Niestlé,‎ février 2010.

Jean-Philippe Chippaux, Venins de serpents et envenimations, Paris, France, IRD Éditions, coll. « Didactiques »,‎ 2002.

Vincenzo Ferri, Serpents de France et d'Europe, Paris, France, De Vecchi,‎ 201.

Fitzinger, 1826 : Neue Classification der Reptilien nach ihren natürlichen Verwandtschaften nebst einer Verwandschafts-Tafel und einem Verzeichnisse der Reptilien-Sammlung des K. K. Zoologischen Museums zu Wien J. G. Heubner, Wien, pages 1 à 66.

Jean Lescure et Bernard Le Garff, L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles d'Europe, Belin, collection « Éveil nature »,‎ 2006.

Chris Mattison, Tous les serpents du monde, Paris, France, Delachaux et Niestlé,‎ 2008.

Guy Naulleau, Les Serpents de France, Nancy, France, Revue française d'aquariologie herpétologie, université de Nancy I,‎ 1987.

Jean-Pierre Vacher et Michel Geniez (dir.), Les Reptiles de France, Belgique, Luxembourg et Suisse, Paris, Biotope, Mèze & Muséum national d’Histoire naturelle,‎ 2010.

Les cathédrales de pierre de Raymond Matabosch

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Les Cathédrales de pierre

de Raymond Matabosch

74 pages

Couleur : ISBN 9781291834468 27,50

Noir & blanc : ISBN  9781291834444, 14,00 €

eBooks : ISBN 9781291834567 9,50 €

Le Causse Méjean, un voyage dans l'imaginaire modelé par les calcaires dolomitiques et par l'érosion millénaire...

Le Méjean, ouvrant sur une vaste steppe d’herbe jaune, fasci­nante comme peuvent l’être les déserts, est littéralement ceinturé par les majestueuses vallées, serties d'impressionnants défilés et canyons, du Tarn au Nord et à l'Ouest, du Tarnon à l'Est et de la Jonte au Sud.

Au cœur du chaos de Nîmes-le-Vieux, site ruiniforme, depuis la nuit des temps, avec les édifices funéraires des cromlech, des dol­mens et des menhirs, son paysage pétré porte la marque de la pré­sence humaine.

Mais, la profusion d'exsurgences et de résurgences, - de Cas­telbouc, des Ardennes, de la Cénarète, des Fonts des Douzes... -, de gouffres, de cavités, de grottes et d'avens, - avens Armand, de Hures..., grottes de Dargilan, de la Sourbette, arcs de Saint Pierre... -, transforment son espace souterrain en un univers féérique.

11 avril 2014

Les espèces endémiques du Languedoc-Roussillon : La couleuvre de Montpellier.

 La couleuvre de Montpellier.

Contrairement à son « derivatio nominis », « Malpolon monspessulanus », - venant de la latinisation de Montpellier -, la Couleuvre de Montpellier, un serpent originaire d'Afrique, - en arabe égyptien « Hanech aswad » -, de la classe des Reptilias, de l'ordre des Squamates et de la famille des Lamprophiinae dans les Colubridés, est répandue bien au-delà de la ville qui lui a donné son nom. Elle se retrouve sur presque tout le pourtour de la mer Méditerranée, excepté dans la péninsule italienne et sur les territoires îliens méditerranéens, de l'Afrique du Nord jusqu'en Iran, à la Ligurie, - Nord-Ouest de l'Italie -, en passant par la péninsule Ibérique et le Sud et le Sud-Est de la France.

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Initialement, suivant Hermann, le décrivant sous l'intitulé «Coluber monspessulanus » ou « Coelopeltis monspessulanus », en 1804, et autres naturalistes et zoologistes, - « Natrix lacertina » ou « Coelopeltis lacertina », Vagler, en 1824 -, il n'existait qu'une seule espèce de « Malpolon », - du grec μαλα, « très, fort, beaucoup », et πολυς, « nombreux, grand, fort », en référence à la grande taille et la grande force de ces couleuvres-, le « Malpolon monspessulanus », - depuis seulement 1928, Mertens & Möller -, qui se subdivisait en quatre sous-espèces, le « Malpolon monspessulanus monspessulanus », dans le Sud-Ouest de l’Europe, - Portugal, Espagne, Sud et Sud-Est de la France, Ligurie -, ainsi qu’au Maroc et au Nord de l'Algérie jusqu'en Kabylie, le « Malpolon monspessulanus saharatlanticus », - Geniez, Cluchier & De Haan, 2006 -, dans le Nord-Ouest de l’Afrique, - côte atlantique du Maroc, Sahara Occidental et Sud Soudan -, le « Malpolon monspessulanus insignitus », - Geoffroy de Saint-Hilaire, 1809 -, principalement sur tout le Nord de l’Afrique, - Est du Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Nord de l’Egypte, Palestine, Israël, Jordanie, Syrie, Turquie, Grèce, Corfou, Chypre, Irak, Iran, Liban... -, et le « Malpolon monspessulanus fuscus », - Fleishmann en 1831 -, uniquement en Syrie. Depuis 2006, selon Carranza, Arnold & Pleguezuelos, - Phylogeny, biogeography, and evolution of two Mediterranean snakes, Malpolon monspessulanus and Hemorrhois hippocrepis, Squamata, Colubridae, using mtDNA sequences. Molecular Phylogenetics and Evolution -, le « Malpolon monspessulanus insignitus » a été élevé, sous l'intitulé « Malpolon insignitus » au rang d'espèce, une espèce qui se compose de deux sous-espèces, le « Malpolon insignitus fuscus », - anciennement le « Malpolon monspessulanus fuscus » -, et le « Malpolon insignitus insignitus. »

Insolite, tout autant qu'exceptionnel, à bien des égards, le « Malpolon monspessulanus » est l'une des seules espèces, d'origine africaine, à être présente, de façon naturelle, en France. La couleuvre de Montpellier, bien que ne dépassant qu'exceptionnellement la taille de 2 mètres, peut atteindre jusqu'à 2,55 mètres de long et peut peser jusqu'à 3,500 kilogrammes, en faisant, selon Guy Naulleau, - Les Serpents de France, Nancy, France, Revue française d'aquariologie herpétologie, université de Nancy I,‎ 1987 -, le serpent le plus grand d'Europe. Un corps svelte, une tête étroite, les mâles, avec une taille moyenne d'environ 1,80 mètre, sont généralement plus grands et imposants que les femelles, de taille plus modeste dépassant très rarement 1,30 mètre de long. Tout comme toutes les sous-espèces « Malpolon », la couleuvre de Montpellier a généralement dix-neuf rangées d'écailles dorsales sur son mi-corps, - dix-sept pour l'espèce « insignitus » -, et, chez les mâles, une « selle » foncée, sur l'avant-corps, est présente. En outre, elle présente, sur son os basioccipital qui forme un éperon dirigé vers l'arrière, un processus médian unique.

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Le dessus du corps du « Malpolon monspessulanus » est de couleur brun-verdâtre, avec une rangée latérale d’écailles noires et bleutées, et peut présenter des marques en forme d’échelons. Son dessous est de couleur plus claire, variant du beige au jaune. Les motifs, sur son dos, changent selon l’âge, les jeunes spécimens sont parfois gris avec des motifs présentant des bandes non liées, de couleur plus ou moins foncée, voire même gris à marron. Et il est à noter un dimorphisme sexuel important car les femelles, toujours plus petites, sont de couleur marron clair, avec des taches noirâtres et blanchâtres. Sa tête est ovale et ne se démarque par beaucoup du cou. Ses pupilles sont rondes. Elle est la seule couleuvre, présente sur le territoire français, à disposer d’un venin toxique. Ses crochets, situés au fond de la mâchoire supérieure, sont peu mobiles.

Génétiquement et morphologiquement, en regard des travaux de phylogénie moléculaire, de biogéographie, et d'évolution de deux serpents méditerranéens, les « Malpolon monspessulanus » et « Hemorrhois hippocrepis », menés, en utilisant des séquences « d'ADNmt », par S. Carranza, F. R. Arnold et J.M. Pleguezuelos, et publiés en 2006, il y a peu de différenciations entre les populations de « Malpolon monspessulanus » d'Afrique du Nord et d'Europe, et les résultats obtenus suggèrent une migration récente, depuis le Maghreb vers l'Europe du Sud-Ouest entre 85.000 et 170.000 ans, et vers l'Europe du Sud et l'Asie occidentale à une époque antérieure. En outre, le « Malpolon monspessulanus » est étroitement lié, d'une part, à l'espèce Nord-africaine, - à l'exclusion des pays bordant le Golfe de Guinée et du Tchad -, et Moyen-orientale, - à l'exception de la Turquie et du Yémen -, le « Rhagerhis moilensis », et à une espèce fossile du Pliocène, - Portugal, Espagne, Roussillon -, le « Malpolon Mlynarskii », lequel a permis de déterminer le genre « Malpolon. »

A suivre

La couleuvre de Montpellier

 

Bibliographie

Nicholas Arnold et Denys Ovenden, Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe, Delachaux & Niestlé,‎ février 2010.

Jean-Philippe Chippaux, Venins de serpents et envenimations, Paris, France, IRD Éditions, coll. « Didactiques »,‎ 2002.

Vincenzo Ferri, Serpents de France et d'Europe, Paris, France, De Vecchi,‎ 201.

Fitzinger, 1826 : Neue Classification der Reptilien nach ihren natürlichen Verwandtschaften nebst einer Verwandschafts-Tafel und einem Verzeichnisse der Reptilien-Sammlung des K. K. Zoologischen Museums zu Wien J. G. Heubner, Wien, pages 1 à 66.

Jean Lescure et Bernard Le Garff, L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles d'Europe, Belin, collection « Éveil nature »,‎ 2006.

Chris Mattison, Tous les serpents du monde, Paris, France, Delachaux et Niestlé,‎ 2008.

Guy Naulleau, Les Serpents de France, Nancy, France, Revue française d'aquariologie herpétologie, université de Nancy I,‎ 1987.

Jean-Pierre Vacher et Michel Geniez (dir.), Les Reptiles de France, Belgique, Luxembourg et Suisse, Paris, Biotope, Mèze & Muséum national d’Histoire naturelle,‎ 2010.

La faune et la flore méditerranéenne : L'invasif Baccharis halimifolia.

 Le Baccharis halimifolia.

Séneçon en arbre.jpg

 « Au Bocal du Tech, le Baccharis halimifolia, - ou Seneçon en arbre, parfois appelé « faux-cotonnier » en raison des tapis de graines qu'il produit en automne, des graines peuvent attendre jusqu’à cinq ans avant de germer -, originaire de l’Est des États-Unis, - Floride, Massachussets, Texas, Golfe du Mexique... -, devient la strate arbustive dominante, aux dépens de la végétation indigène, de la ripisylve.... », tel est le cri d'alarme lancé par les botanistes catalans.

Arbuste de 2 à 4 mètres, dressé, à croissance rapide, - 30 à 40 centimètres par an -, à feuilles persistantes du genre Baccharis, - plus de 300 espèces -, de la famille des Asteraceae et de l'ordre des Asterales, il a été introduit, pour sa rusticité, sa vigueur, sa résistance au sel et au froid et son absence de maladie, en France, vers 1683, en Australie, en Nouvelle Zélande et en Espagne, pour ses qualités ornementales et a été cultivé, dès 1796, au Jardin des Plantes de Paris et, à partir de 1824, au Jardin des Plantes de Montpellier. Il s’est ensuite échappé des jardins et s’est propagé dans le milieu naturel où il a été aperçu dès 1862, sur Villeneuve les Magdelone, Gruissan et Vauvert, et dès 1915, sur le Croisic. Les populations, à partir de ces stations initiales où il a été planté, se sont, lors, progressivement accrues et étendues, en se propageant le long des routes et voies d’accès des zones remaniées, sur l’ensemble des côtes atlantiques européennes et tout autour de la Méditerranée.

En outre, les capacités de développement de cette espèce facilitent grandement son invasion. La reproduction sexuée, particulièrement efficace, lui permet de se disséminer sur de longues distances et la reproduction végétative lui permet de se maintenir quoiqu’il arrive sur les zones déjà conquises. Ces dispositions font du Baccharis halimifolia un compétiteur hors pair qu’aucune autre espèce ne peut concurrencer. Ayant une capacité de transformation profonde des paysages littoraux, il remplace petit à petit les espèces locales plus fragiles et moins compétitives, atteint l’identité des espaces côtiers, lagunaires et marécageux, et remplace les formations végétales originales typiques de ces milieux comme les marais à Jonc maritime, les Roselières, les pelouses des dépressions dunaires.

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Enfin, sa surpopulation, provoquant des nuisances aux écosystèmes à cause de ses gros buissons impénétrables, ralentit le vent et réduit l’évaporation de l’eau dans les marais salants, et limite l’accès des paludiers aux différentes zones de leur exploitation. Réputé peu appétant et toxique pour le bétail, les animaux ne l’apprécient guère. Toutefois, les jeunes plants, aux tiges et aux feuilles encore tendres, sont consommés, en particulier, par les moutons. Malheureusement, le Séneçon en arbre utilisant également la multiplication végétative, lorsqu’un pied est coupé, la souche émet rapidement de nouvelles pousses ou se régénére à partir d’un simple morceau de racine.

En France, le Baccharis est largement naturalisé dans les plaines côtières et les secteurs humides des côtes atlantiques, - Gironde, Bassin d'Arcachon, Basses-Pyrénées - et méditerranéennes, - de la frontière espagnole à la Camargue -, a sérieusement colonisé la presqu'île guérandaise, le Sud de la Bretagne, le Finistère, les Côtes d’Armor et l’Ille et Vilaine et sa présence se fait de plus en plus remarquer en Brière. Dans ces régions, tendant à remplacer la flore locale en formant des buissons particulièrement touffus, il est considéré comme une plante envahissante et est devenu l'ennemi des paludiers et de la biodiversité.

Et en Belgique, par « Circulaire relative aux plantes exotiques envahissantes », en date du 30 Mai 2013, promulguée par le Ministre wallon des Travaux publics, de l'Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine, avec effet rétroactif au 1er Janvier de même année, cette espèce est considérée comme « invasive » et son semis et sa plantation, ainsi que les synonymes, les cultivars et les variétés qui dérivent directement de cette espèce, sont interdits en Région wallonne.

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Arbrisseau dioïque, aux tiges dressées, très branchues à rameaux glabres, couverts de minuscules écailles, ses feuilles sont caduques, alternes, simples, brièvement pétiolées ou sessiles, à limbe elliptique à ovale, grossièrement denté, - 3 à 5 dents -, pour les feuilles caulinaires, ou étroit et sub-entier pour les feuilles des rameaux fleuris. Son inflorescence, doté à sa base d'un involucre à bractées imbriquées, sub-égales et subaiguës, se caractérise par des racèmes, - grappes -, de capitules groupés par 1 à 5 sur des pédoncules axillaires ou terminaux, formant de grandes panicules, - grappe de grappes sur un axe simple.- Ses fleurs, soit toutes pistillées et filiformes, soit hermaphrodites et à ovaire avorté, sont toutes tubuleuses à corolle blanc jaunâtre. Et ses fruits sont des akènes peu comprimés et côtelés, surmontés d’un pappus formé de soies un peu plumeuses près du sommet.

Bibliographie

M. Geze, Le Baccharis : un envahisseur indésirable, 1999, Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France. p. 39- 41.

10 avril 2014

L'Euphorbia dendroides ou l'euphorbe arborescente

L'Euphorbia dendroides, en francais l'euphorbe arborescente et en catalan la Flora de les Gavarres, est une espèce dans le genre Euphorbia qui contient environ de 2.140 à 2.233 espèces et qui fait partie de la famille des Euphorbiacées. Elle a été décrite et dénommée, en 1753, par Carl Linnaeus. Cette espèce se reconnaît de loin. Elle forme des buissons arrondis, d'un vert sombre sur lequel se détachent les fleurs plus claires. A la fin du printemps et au début de l'été, le buisson devient rouge puis perd toutes ses feuilles et prend un aspect très différent car seuls ne se voient que les rameaux ligneux, plusieurs fois bifurqués et de couleur rougeâtre, surtout les pousses de l'année.

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Arbustive à feuilles caduques, simples et verticillées, avec un bord entier, l'Euphorbia dendroides peut atteindre une hauteur de 1 à 2 mètres. Présentant des cyathes de couleur jaune et aux fleurs organisées en cyme, lancéolées à étroitement elliptiques, obtuses à pointe rapportée, sa floraison a lieu de Mars à Avril. Les glandes sont arrondies, légèrement échancrées au milieu. La capsule est nue, à trois loges et graines ovoïdes brun opaque et lisses. Sa sève collante, de couleur blanc laiteux, est toxique et collante a été utilisée pour traiter des excroissances de la peau, comme les cancers, les tumeurs et les verrues depuis les temps anciens.

Cette plante, bien que supportant des températures jusqu'á -12° C, est sensible au gel et elle ne pousse que sur les versants ensoleillés et protégés des zones montagneuses. Elle se rencontre, à l'état sauvage, dans la péninsule ibérique, en France, dans les péninsules appenine et balkanique, en Turquie, en Israël, en Jordanie, en Égypte, en Afrique du Nord et aux États Unis, en Californie (Santa Barbara, Ventura, Los Angelés, Channel Islands National Park, et sur les îles San Nicolas, Santa Catalina et Sant Clemente). Elle a été introduite dans d'autres pays comme arbre d'ornement.

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L'Euphorbia dendroides est protégée par la Convention on International Trade of Endangered Species, la CITES, qui est une convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d'extinction.

Bibliographie

Christian Eichberger, Die L. Baumartige Wolfsmilch Euphorbia, Dissertationes Botanicae 344, 2001.

Christoper Brickell (Editor-in-chief): RHS A-Z Encyclopedia of Garden Plants. Third edition. Dorling Kindersley, London 2003.

Guide de la flore méditerranéenne E. Bayer, K.P. Buttler, X. Finkenzeller, J. Grau - Éditions Delachaux et Niestlé 1998.

Walter Erhardt, Erich Götz, Nils Bödeker, Siegmund Seybold: Der große Zander. Eugen Ulmer KG, Stuttgart 2008.

29 mars 2014

Salon du livre de Figuerolles, Montpellier

Le salon du livre de Figuerolles,

2 place Agrippa d'Aubigné, Rue Tour Gayraud

34000 Montpellier,

parc de la guirlande.jpg

se tiendra dans le Parc de la Guirlande, ancien jardin privé du XVIIIè siècle : buffet d’eau incrusté de coquillages prolongé de parterres à la française, bassin orné d’une rocaille entouré de bosquets..., dans un parc étonnant inscrit à l’Inventaire des sites pittoresques de l’Hérault.,

le 29 Juin 2014 de 10 h 00 à 18 h 00

Invité, Raymond Matabosch y présentera ses livres sur l'Hérault et sur les volcans publiés aux Éditions Edilivre. Il y fera, en outre, une conférence sur les volcans d'Auvergne et de l'Hérault,

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26 mars 2014

Histoire des Moulins, à Montpellier, Les Moulins, à eau, à farine, à foulons, à vent…

Jeudi 22 Mai 2014, Quartier des Aubes
Maison Pour Tous Georges Sand
25 Avenue Saint-André de Novigens,
34000 Montpellier
à partir de 14 h 30...

Histoire des Moulins, à Montpellier,
Les Moulins, à eau, à farine, à foulons, à vent…

Visite guidée de l’un des moulins de Montpellier suivie d’une conférence par Raymond Matabosch à la Maison Pour Tous George Sand.

L’auteur abordera l’histoire et l’importance du cours d’eau qui traverse la ville de Montpellier : Le lez.
Entré libre. Inscription conseillée, nombre de places limitées pour la visite
L'auteur y dédicacera ses livres, paru aux Editions Edilivre :

L'Hérault, un fleuve côtier méditerranéen
L'Hérault un fleuve côtier méditerranéen
et Randonnées en Terres d'Oc
Randonnées en Terres d'Oc

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03 février 2014

L'Hérault, un fleuve côtier méditerranéen.

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aux Editions Edilivrehttp://www.edilivre.com/l-herault-un-fleuve-cotier-medite...

 

ISBN : 9782332655141
Prix livre papier : 18,00 €
Prix livre numérique : 10,80 €
Collection : Classique
Thème : Géographie / Environnement
Nombre de page : 94 agrémenté de 70 vues Couleur

L'Hérault, est un fleuve côtier long de 160 kilomètres. Il prend sa source sur le versant Sud des Cévennes, sous le Mont Aigoual, à 1.288 mètres d’altitude au Plat Peyrot. Il parcourt le département du Gard puis traverse le département de l'Hérault auquel il donne son nom. Il termine son périple fluvial au Grau d'Agde où il se jette dans la Méditerranée.

Le torrent impétueux dévale plus de 1.000 mètres de dénivelé sur ses dix premiers kilomètres. A Valleraugue, entrant dans une profonde vallée, le fleuve perd de sa fougue. Au fur et à mesure de sa progression, dans les garrigues calcaires, le relief devient moins accidenté et le climat méditerranéen s’installe. Il coule ensuite lentement, déroulant ses méandres, et, à Agde, proche de son embouchure, il devient encore plus calme.

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02 février 2014

Fontès, un village en cœur d'Hérault. Suite II.

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Protohistoire fontésole - Invasions & peuplements Cardiaux Franco-ibériques.

S'il est communément admis que les premiers envahisseurs, des régions côtières et péri-côtières Ouest-méditerranéennes, sont les peuples Impresso-Cardiaux, il est, de même, admis, suivant le faciès de la culture des poteries, que la civilisation qui leur a succédé, à partir de 6.100 ans BC, le cardial, jusque soit vers 5.000 ans BC, final l'épicardial, ou 4.700 ans BC, final du post-cardial, est la civilisation, rameau des cardiaux, dénommée Franco-Ibérique. Durant cette période, à la faveur de nouveau envahissements de leurs territoires, les peuples tribaux de Montserrat, en Catalogne, en Pyrénées Orientales et dans les Corbières, de Gazel, en Languedoc, et de Fontbrégoua, en Provence, se divisent, du Sud-Ouest au Sud-Est de la France, en un grand nombre de tribus telles, pour les plus représentatives, les Roucadouriens, - Aquitaine, Vendée, Bretagne Méridionale -, les Almériens, - Madurell et Ebre -, les Montboliens, - Asturie-Cantabrie, Euskal Herria, Navarre, Aragon, Vasconie, Pyrénées centrales et ariégeoises, Catalogne, Roussillon, Aude et Hérault occidental -, les Fagiens, - Hérault oriental, Gard et Provence occidentale -, les Escaniens, - Provence centrale -, les Fontbrégouates, - Provence orientale -, auxquelles se rajouteront, à partir du post-cardial, ce qui aura pour conséquence leur affaiblissement et leur extinction, les Biziens, les Sargeliens, les Pondcharaudiens, les Oradoux, les Saint-Uziens, les Solsoniens, les Empordaniens, les Vallesiens, etc... Ces tribus, principalement agriculteurs et éleveurs-bergers d'ovins, de caprins, de bovins, d'équins et de suidés, continuent de vivre dans des cabanes rondes ou ovales, - hameaux et petites cités -, ou, occasionnellement, durant les transhumances, dans des abris cavernaires et enterrent leurs morts dans des grottes collectives ou dans des fosses ovales ou rondes, parfois cerclées de pierres.

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Mais si les Cardiaux Franco-ibériques adorent la grande déesse de la fertilité et pratiquent le culte du Dieu-taureau, des représentations de nouvelles divinités font leur apparition avec des dieux et des déesses oiseaux, serpents, animaux... et, chez les Montboliens et les Roucadouriens, la retrouvant plus tard chez les peuplades bascoïdes, - succédant aux Montboliens -, la grande déesse de la fertilité prend nom Maya. Aux mêmes époques, cette grande déesse est appelée Hépat chez les Hittites, Kubele chez les Lydiens, Kubaba chez les Phrygiens, Hathor/Sekhmet chez les Egyptiens, Cybèle chez les Hellènes, Anahita chez les Perses et Atargatis/Anat/Ishtar chez les Sémites..., une similitude en concordance avec l’avènement de proto-peuples de la mer, entre 5.300 et 5.150 ans BC, issus des expansionnistes, tant par terre que par mer, les Pelasges Vinciens. Bons navigateurs, ils ont été l'un des premiers à sillonner la Mer Méditerranée, à implanter de simples comptoirs de commerce ou d'échange, - ports protohistoriques de Lattes, de Jonquiés, de Salses, de Pech Maho..., réhabilités, du IV° au II° millénaires avant J.C. par les Mésopotamiens,les Minoens, les Mycéniens, les Égyptiens..., et au I° millénaire avant J.C., par les Phéniciens, les Étrusques, les Hellènes, les Carthaginois... et enfin par les Romains. -, et à négocier, surtout le cuivre, - mines de cuivre de Cabrières-Mougna, La Roussignole, Pioch Ferrus et Valarade, de Lascours-Avène, de Lodève, des Monts d'Orb et des contreforts méridionaux de l’Escandorgue, et de Boussac, de Cuise, de Fenouillères et de Fourques dans les Corbières -, avec les tribus installées en bordure des côtes et des fleuves côtiers, tels l'Hérault, l'Orb, l'Aude et la Têt, navigables en leur partie aval.

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C'est durant cette époque que, sur la bordure Ouest-méditerranéenne, les premières cabanes carrés ou rectangulaires, en pierres sèches, en bois, torchis et pierre,regroupées en village et proto-villes, sont construites sur des oppida. Au niveau religieux, la suprématie de la Grande Déesse est indéniable car les sanctuaires dans des grottes, ou en extérieur, voire même avec l'érection de temples, lui sont consacrés et seul le taureau sacré cohabite avec la déesse-mère, « maîtresse de la vie et de la mort », déesse « de fécondité, de maternité, de royauté et de maîtrise des fauves » et déité dominante du panthéon divin monothéïque, au Néolithique, qui sera supplanté, vers le VI° Siècle avant J.C, par le « monothéisme masculin de la religion abrahamique. ». Et pouvant corroborer ces invasions, par voies terrestres et surtout maritimes, par des peuples venus d'Asie Mineure, des tribus Cardiaux Franco-Ibériques, une étude scientifique, commanditée par le Wellcome Trust, sur la diversité génétique des populations, réalisée par des chercheurs de l'Université de Leceister, au Royaume Uni, et publiée en janvier 2010, établit que 80 % des lignées génétiques masculines des Européens, sont issues des agriculteurs qui sont arrivés du Proche-Orient entre 6.000 et 3.000 ans BC, tandis que la majorité des lignées génétiques maternelles proviennent des chasseurs-cueilleurs du Mésolithique.

A suivre : Protohistoire fontésole - Invasions & peuplements Montboliens et Chasséens.

© 2010 Raymond Matabosch

18:27 Écrit par catalan66270 dans Mes livres publiés, Voyage en Terres Héraultaises | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31 janvier 2014

Fontès, un village en cœur d'Hérault. Suite I.

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Protohistoire fontésole - Invasions & peuplements Ouchtatiens et Impresso-Cardiaux.

Il est communément admis que les premiers envahisseurs de la bordure méditerranéenne européenne, entre 7.300 et 6.100 ans Bephore Christ, - BC -, sont les peuples Impresso-Cardiaux, un rameau des asianiques proto-Seskliens, qui, après être devenus des navigateurs, se sont mêlés aux chasseurs mésolithiques. Vers 6.900/6.700 ans BC, dans le bassin occidental méditerranéen, ils fondent la culture des poteries impresso-cardiales. Connus sous les noms tribaux de Montserrat, en Catalogne, en Pyrénées Orientales et dans les Corbières, de Gazel, en Languedoc, et de Fontbrégoua, en Provence, ce sont des chasseurs-agriculteurs et des éleveurs-bergers de moutons et de chèvres vivant, principalement, dans des cabanes rondes, ovales ou en forme de fosse longue terminée par un cul-de-sac, auto-construites en pierres sèches et toit végétal, et, accessoirement ou lors des transhumances, dans des grottes ou abris sous roche, - abri Jean Cros sur le plateau de lo Camp, près de Labastide en Val, dans l'Aude, marquant les débuts du pastoralisme -. Ils désossent la viande des animaux sauvages, - sangliers, cerfs... -, et domestiques avant de la faire cuire, - les premiers ragoûts cuisinés -, dans la poterie, et, comme à Fontbrégoua, - Var -, et à l'abri Jean Cros, ils peuvent faire acte cannibalisme. Ils enterrent leurs morts dans des fosses, sous l'habitat, ou dans les grottes, et, en totale ignorance des causes, - médicales, magiques ou culturelles ? -, ils pratiquent la trépanation des cranes. Ces peuples adorent, allant dans des grottes pour leur rendre un culte, la grosse déesse de la fertilité, - et ses compagnons, les vautours, les lions et les serpents -, et le dieu-taureau car de nombreuses statues en argile, les représentant, ont été retrouvées en divers sites autour de la Mer Méditerranée.

Pourtant, il n'est pas absurde d'admettre qu'avant les peuples asianiques Impresso-Cardiaux, des peuplades de race mechtoïde cro-magnoïdes, aux cheveux blonds, soient venus du Maghreb durant la phase du Würmien supérieur, environ de 30.000 à 10.000 ans avant le Présent, - AP -. A cette époque, par le fait de la glaciation et la baisse du niveau de la mer, le détroit de Gibraltar, est de la terre sèche, et les Ouchtatiens Ibéromaurussiens, 22.000 à 12.900 ans AP, puis les Ouchtatiens Cristelliens, - chamites proto-Berbères -, 12.900 à 11.100 AP, et enfin les Ouchtatiens Kérémiens, - Berbères -, 11.100 à 9.900 AP, des peuples expansionnistes, vivent en Afrique du Nord. Progressivement chassés par les Capsiens, de langue chamitique et de race méditerranéenne, ils ont eu, ainsi, accès aux terres d'Andalousie et, au moins, à celles d'Espagne et du Sud de la France. Ce sont des chasseurs-cueilleurs qui utilisent des microlames de pierre, des microlithes, - petits outils de pierre taillée, réalisés sur lamelles et utilisés comme armature -, non-géométriques et géométriques, et des meules pour broyer les végétaux. Ce sont des chasseurs, utilisant des sagaies à microlithes, et des cueilleurs de céréales sauvages, - blé, orge, avoine -, avec des faucilles à lames de silex, pour en faire du pain. Sédentarisés dans des maisons rondes ou ovales, en torchis ou en pierres, ils ont domestiqué le chien et construisent de grosses tours de pierres sèches. Avec l'envahissement de leurs terres, par les tribus Mureybetiennes, de type Ouest-Méditerranéen gracile et évolué, - 11.300 à 10.200 AP -, l'agriculture véritable se généralise dans le Nord Maghreb. Cette civilisation essaime du Sud-Est au Nord-Est de l'Espagne, et, - attesté par la découverte, en Catalogne et en Languedoc, de faucilles à lamelles microlithiques datées du Würmien terminal, 12.000 à 10.500 ans AP -, dans le Sud de la France. Les Ouchtatiens et les Mureybetiens enterrent leurs morts dans des fosses, sous les habitations, et vouent un culte, dans des grottes, à la grosse déesse de la fertilité mais aussi au dieu-taureau, maître des animaux, aux dieux et aux déesses du fleuve, des sources, du jour, de la nuit, des vents, etc..., des rites annonciateurs des religions et des mythologies qui leur succéderont.

A suivre : Protohistoire fontésole - Invasions & peuplements franco-ibériques épicardiaux.

© 2010 Raymond Matabosch

Extrait du recueil  : "Randonnées en terres héraultaises"

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30 janvier 2014

Fontès, village en cœur d'Hérault.

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Fontès, petit village situé en cœur d’Hérault, au pied occidental du Volcan du Céressou, - ou Celessou -, culminant à 207 mètres d'altitude, domine la vallée de la Boyne. Entouré par les communes de Caux, de Cabrières, de Peret et de Nizas, la commune, avec une altitude minimum de 38 mètres et un maximum de 235 mètres, s'étend sur 1.770 hectares et comptait 788 habitants en 1999, 797 en 1990, 750 en 1982, 726 en 1975, 802 en 1968, 903 en 2007. et est estimée à 962, - une population permanente de 938 -, au recensement de 2009.

Avant la Révolution, trois fontaines étaient existantes dans le village, la « Font de la Plaça », - la Fontaine de la Place -, la « Font Grande », - la Grande Fontaine -, et la « Font Vieilha », - la Fontaine Vieille -. Au Nord du village sourdait une source dite « La Gloriette » qui, aujourd'hui, canalisée, alimente une borne fontaine située près de la Mairie. Enfin plusieurs ruisseaux prennent leur source sur le territoire communal, les ruisseaux de Merdols et de Cancaval, et d'autres à la limite territoriale d'avec la commune de Cabrières, les ruisseaux de Merderie, d'Izarnes et des Fontanilles, - petites fontaines -. Est-ce par le fait de cette profusion d'exutoires, - en géologie, toutes issues par laquelle l'eau sort, ou peut sortir, d'un aquifère -. que, suivant les linguistes, Fontès tirerait son nom du latin, « fons, fontis, fontus », et de l'occitan, « font », désignant une source, - en occitan sorga -, ou une fontaine ?

Pré et protohistoire fontésole - Généralités.

Paléoanthropologiquement et préhistoriquement, le terroir de Fontès a été parcouru, - en quête de racines, de fruits sauvages et d’animaux malades ou blessés -, par des australopithèques, comme le suggèrent les outils lithiques, datés de 1,57 millions d’années avant le Présent, - AP -, ayant été mis à jour, sous la coulée de lave générée par le volcan des Baumes vers 1,2 million d'années, à Lézignan la Cèbe, - à 7 kilomètres de distance -, ou ceux dits « Abbevilliens », - galets aménagés et bifaces de 800 mille ans AP -, retrouvés dans le bassin du Libron, - 20 kilomètres -, « Acheuléens », - bifaces de 500 à 300 mille ans AP -, « Aurignaciens », lamelles à retouches semi abruptes qualifiées de Dufour, et « Moustériens »,attestés dans l'abri Rothschild, sur la commune de Cabrières, - à 4 kilomètres de distance -, premiers hommes de Néenderthal, et la généralisation d'une méthode de débitage Levallois, les premières sépultures, les premiers indices d'utilisation d'ocre, de collecte de fossiles, d'incisions géométriques sur des ossements..., - 300 à 30 mille ans AP -, en découvertes éparses sur les communes de Neffiès, de Cers, de Castelnau de Guers, de Bédarieux, - le Cadenas -, de Marseillan et de Plaissan, - Le Cours -, des chasseurs nomades vivant en campements à proximité des points d’eau et durant les glaciations(1) de Günz, de Mindel, de Riss et Würm précoce et inférieur, dans les grottes des avants–monts.

Protohistoriquement, dès au moins l'Épipaléolithique, - 14.500 à 12.000 ans AP -, ou le Mésolithique, - 12.000 à 7.000 ans AP -, et au plus tard au Néolithique, - 7.000 à 4.500 ans AP -, et la généralisation de l'outillage en pierre polie et de la poterie, le territoire a connu les prémices d'un véritable peuplement, dont des signes évidents ont été mis à jour à Gabian, au Pouget, à Portiragnes, etc..., un peuplement dès lors en extension. Parallèlement, l'homme se sédentarise et s'adonne à la domestication, l'agriculture, à la vulgarisation de la religion et à l'écriture, écriture dont il est parvenu, jusqu'à nous, les pierres gravées, par absence de clés, majoritairement indéchiffrables. Proches de Fontès, - son dolmen -, les sites de Saint Pons de Mauchiens, - Roquemengarde - , de Caux, - Fontarèche et menhir de Peyreficade -, et de Neffiés, - Pioch Arras -, révèlent des sépultures collectives en grottes et des mégalithes.

A partir de 5.500 ans AP, par l’existence de deux types principaux d’habitats, petites stations réduites à quelques cabanes en torchis, en nombre important, et habitats groupés, dont le site du Puech Haut, à Paulhan, - à 5 kilomètres de Fontès -, occupant, sur 15 hectares, le sommet de la colline, ou ceux de Montagnac, outre les stations de Lieussac, de La Malautié, de Lavagnac, du Causse..., aux lieux-dits « Boutounet » et « Pisosaoumos », sur 8,5 hectares de superficie, les uns et les autres livrant de très nombreux restes de céramiques, des haches, des tronçons de murs, des sols et des fosses de stockage, des caves-silo, des fours..., plusieurs groupes culturels se partagent les territoires Piscenois et Montagnacois. Tout laisse à penser, avec le site de la capitelle du Broum, à Perret, au fonctionnement lié à la pratique de la métallurgie dans le secteur des mines de Cabrières, que le secteur « industrialisé », diffusait des objets de cuivre. En outre, la proximité du fleuve Hérault doté d'une anse ou d'une cité portuaire à son embouchure, - la probable future Agathé Tyché des Hellènes -, de la proto-via Heraklea, et, par la suite, de la via Heraklea, n'ont pu que favoriser les premiers échanges commerciaux avec, entre autres, les Égyptiens, les Hittites..., supplantés par les Lukkas, les Shekelesh, les Pelesets, les Shardanes..., - tous Peuples de la Mer -, qui sillonnaient la Mer Méditerranée, et, en finalité, les Phéniciens, les Étrusques, les Carthaginois et les Grecs, dès au moins à partir du III° millénaire avant Jésus Christ

A suivre : Protohistoire fontésole - Invasions & peuplements.

© 2010 Raymond Matabosch

Extrait du recueil  : "Randonnées en terres héraultaises"

Notes :

(1) Les glaciations de Günz, 800 à 600 mille ans AP, et de Mindel, 475 à 370 mille ans AP, de Riss, 325 à 130 mille ans AP et de Würm précoce et inférieur, 110 à 30 mille ans AP.

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07 mars 2012

Du Mont Aigoual à Agde : l'Hérault.

A 1.288 mètres d'altitude, l'Hérault prend sa source dans les tourbières du Mont Aigoual au cœur des Cévennes. Jeune torrent impétueux courant sur les granites et les schistes, entre hêtres et résineux, et, sur ses premiers dix kilomètres, dévalant, plus de 1.000 mètres de dénivelé, il dégringole en de magnifiques cascades, voilées de blanc, au milieu des à pics.

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Il ne calme ses pulsions torrentueuses qu'en pénétrant dans une profonde vallée, à Valleraugues. Quittant les terres cévenoles, il creuse les massifs calcaires où se développe et s'épanouit une végétation méditerranéenne, mais il ne s'assagit pas pour autant. Sur plus de 40 kilomètres, entaillant le Massif de la Séranne, il se faufile rapidement au milieu de gorges encaissées et impressionnantes, somptueuses et sauvages, qui, encore assez larges jusqu'à Saint Guilhem le Désert, se rétrécissent progressivement jusqu'au Pont du Diable.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-7.jpgTout au long de sa progression, son cours s’échelonnant sur 150 kilomètres, l'Hérault rencontre des châtaigniers et des cerisiers, des pêchers et des abricotiers, des chênes et des oliviers, traverse les Garrigues et parcours le département du Gard puis, du Nord au Sud, le département de l'Hérault auquel il donne son nom.

Progressivement, après le Pont du Diable, le relief devient moins accidenté, la plaine déroule son tapis de verdure et de cultures horticoles et viticoles et le climat Méditerranéen s'installe. Bordé de sa forêt riveraine, il coule paisiblement entre prairies, vergers, vignobles et maraichages jusqu'à Agde, où, canalisé sur cinq kilomètres, il rejoint son embouchure et, au Grau d'Agde et àLa Tamarissière, se jette dans la Mer Méditerranée.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-10.jpgSes crues soudaines et mémorables, souvent liées aux précipitations d'automne, - violence de certains épisodes cévenols-, et de printemps, dévalant du Massif de l'Aigoual, sont redoutables et meurtrières. Dans la vallée, les dégâts tant humains que matériels, - immeubles inondés, maisons sinistrées, digues submergées, arbres et ceps de vignes déracinés, récoltes détruites, infrastructures agricoles ruinées, bicyclettes, voitures et animaux emportés par la violence des eaux... - , ne sont plus chiffrables. Même la forêt domaniale de l'Aigoual en garde les cicatrices : sols lessivés, pentes ravinées, arbres emportés...

Sacralisant l'antédiluvien et le passé historique, matérialisant le présent et conjecturant l’avenir d'un département si ce n'est celui d'une région, le fleuve Hérault aux mille visages, tout comme le sont la Têt des catalans, l'Aude des cathares et le Gard des némausiens et des cévenols, est bien plus qu’un simple cours d’eau : c'est l'âme des umbranicis. Ses berges, ses méandres et ses plans d'eau, tour à tour sites historiques, curiosités naturelles, bases de plein air et de loisirs nautiques, et d'ouvrageshydrauliques offrent de riches rendez-vous pour les passionnés du patrimoine archéologique et historique et les amoureux de la nature, de la pêche, de l'orpaillage et du tourisme nautique.

 

Le Mont Aigoual, château d'eau cévenol.

 

Imposante masse granitique, roche magmatique plutonique leucocrate d'âge paléozoïque, - environ 330 millions d'années-, intrusive dans les roches encaissantes métamorphiques, schistes des Cévennes, le Massif de l'Aigoual, le mont éponyme étant le toit du pluton granitique où affleurent desmicaschistes, royaume des ouragans, du brouillard, de la neige et des précipitations violentes d'origine méditerranéenne, engendre ruisseaux et rivières qui, torrentueux, entaillent les versants.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-18.jpgBastion Sud-Est du Massif Central situé sur les communes gardoise deValleraugue et lozérienne de Bassurels et ponctué par trois sommets, le pic de la Fageolle ou pic Ferrège, - 1.555 mètres-, dominant le versant Sud-Est, le signal de l'Hort de Dieu ou Tourette de Cassini, - 1.565 mètres-, situé dans le Gard, point culminant, et le signal de l'Aigoual, - 1.564 mètres-, situé en Lozère, le Mont Aigoual est remarquable par son panorama, son climat et son observatoire météorologique.

L'Hérault, un fleuve côtier méditerranéen 13Depuis l’Antiquité, les pentes du Mont Aigoual sont de formidables réserves minérales, végétales et animalières attirant botanistes, explorateurs et visiteurs. Château d’eau naturel, l’Aigoual partage ses eaux entre le Languedoc et le Rouergue. Entre Grands Causses et vallées cévenoles, parcouru de drailles et de sentiers qui accueillent, chaque année, les bergers transhumants et leurs troupeaux, il s'impose comme une montagne, parée de couleurs chatoyantes au gré des saisons modelée par des millénaires d’activités humaines.

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Sur ses contreforts, le Tarnon, le Trévezel, la Dourbie, la Jonte et l’Hérault, viennent prendre leur source et creusent des canyons et des gorges spectaculaires. Sur ses pentes, au milieu des fôrets de hêtres, de sapins, d'épicéas, de mélèzes, des chênes à feuillage caduc et des châtaigniers, s'accrochent les hameaux dispersés et les terrasses bâties pour les cultures : mûrierspour la sériciculture, oignons doux des Cévenneset vergersen fonds de vallées. Et, au pied de l'imposante barrière, dans un écrin de verdure strié par les torrents, s'inscrit Valleraugue, un village au douze ponts s'ouvrant sur la « Vallis Erauguia » , - la vallée de l'Hérault-,

 

Le Massif de la Séranne et l'étroit et le vertigineux canyon de l'Hérault.

 

Imposant massif calcaire à l’extrême Sud du Massif central formé sur une barrière de corail il y a 150 millions d’années, son échine s'étirant longitudinalement, selon un axe Nord-Nord-Est/Sud Sud-Ouest, sur plus de 40 kilomètres et lui conférant l'allure d'un gigantesque cétacé échoué, d'altitude variant de 700 à 940 mètres, marque, de son auguste silhouette, le paysage de l’Est héraultais.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-20.jpgFrontière naturelle entre la plaine du Languedoc et les Causses du Larzac et de Blandas, l'écrasant belvédère calcaire, aux formes hardies contrastant nettement avec les paysages tabulaires et plissés des causses et des garrigues environnants, culmine à 942 mètres au Roc Blanc érigé majestueusement entre les vallées de la Vis et de la Buèges et à 848 mètres au Mont Saint-Baudille ressemblant un peu à la proue d'un navire qui avance sur une mer calme.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-22.jpgL’Hérault pénètre dans le département héraultais et dans le Massif de la Séranne en amont de l’agglomération de Ganges à 62 kilomètres de sa source. Le Rieutord et l'Hérault qui arrosent Ganges rassemblent leurs eaux. C'est le début des Gorges de l'Hérault, qui ne prendront définitivement fin que 40 kilomètres plus au Sud, après Saint Guilhem le Désert, au Pont du Diable.

L-Herault--un-fleuve-cotier-mediterraneen-21.jpgDe Ganges à Brissac, la vallée est étroite et ponctuée par le défilé de Laroque à Saint Bauzille de Putois. Son environnement est agricole et boisé majoritairement de chênes verts. La ripisylve est généralement étriquée, quasi inexistante sur la portion du défilé et particulièrement développée sur certains autres secteurs. De Brissac à Saint Jean de Fos, les gorges profondes, marquées par les retenues de Moulin Bertrand et de Belbezet, sont caractérisées par des écoulements torrentueux. Leur milieu agreste est empreint d’un caractère singulièrement sauvage.De fait, les gorges de l'Hérault présentent un paysage tourmenté dans lequel les eaux vertes bouillonnent aux creux de marmites de géant et forment de petits rapides

 

Les plaines, alluviale de Gignac et viticole du bitterois, et le repos du guerrier.

 

A la sortie des gorges, au « gourg noir », - le « gouffre noir » -, qu'enjambe le Pont du Diable, plus vieux pont de France et chef d’œuvre de l'art roman, solidement ancré sur le roc constitué de bancs calcaires jurassiques très compacts, le fleuve Hérault débouche sur la plaine alluviale de Gignac qu'elle arrose, avant de s'engager dans celle, viticole, du biterrois.

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Ces deux plaines se sont façonnées tout au long du Quaternaire suivant les grandes alternances entre les périodes froides et chaudes et l'ultime glaciation de Würm a configuré la vallée de l'Hérault par étagement successif des différentes terrasses alluviales, vestiges de l'ancien dynamisme du cours d'eau.

L'Hérault s'incise dans sa plaine alluviale de façon linéaire et uniforme et le côté chaotique des gorges est délaissé au profit d'un hydrodynamisme moins tumultueux. Son lit mineur est large, bordé de talus et de plages de galets et son lit majeur, s'élargissant, concentre les activités humaines, majoritairement la production agricole et, localement, l'extraction de matériaux.

De Saint Thibéry à Agde, la plaine alluviale est très vaste et la proximité de l’exutoire et les faibles pentes favorisent la mise en place d’une vallée en toit, à partir de Florensac. Et de Agde jusqu’à l’embouchure, l'Hérault s'étale en un vaste delta dominé par l’ancien volcan s'étendant sur environ 15 kilomètres carrés et comprenant trois cônes stromboliens dont les restes en sont le Mont Saint-Loup, 112 mètres d'altitude, le Petit Pioch, 35 mètres, - mais au sommet a été décapé en grande partie par une carrière d'exploitation de la pouzzolane actuellement transformée en décharge de déchets-, et le Mont Saint-Martin, 55 mètres.

01 mars 2012

L'Hérault... Plus qu'un fleuve, une âme.

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L'Hérault, est un fleuve côtier long de 160 kilomètres. Il prend sa source sur le versant sud des Cévennes, sous le Mont Aigoual, à 1.288 mètres d’altitude au Plat Peyrot. Il parcourt le département du Gard puis traverse, du nord au sud, le département de l'Hérault auquel il donne son nom. Il termine son périple fluvial à Agde, illustre cité grecque, plus précisément au Grau d'Agde et à La Tamarissière où il se jette dans la Méditerranée.


L'Hérault reçoit de nombreux affluents dont l'Arre, la Vis, le Rieutord, la Buèges, le Lamalou, la Lergue, la Boyne, la Peyne, et la Thongue venant grossir ses eaux calmes. Son bassin versant s'étend, en comptant les bassins des affluents, sur 2.900 kilomètres carrés.

04 janvier 2011

Le Massif du Thaurac, lieu de vie depuis des millénaires et refuge des opprimés...

Situé dans la Haute Vallée de l’Hérault, le Massif du Thaurac, des grandes falaises rongées par l'érosion et des chapelets de grottes, de gouffres, d'avens, de scialets et d'autres cavités naturelles, est une imposante masse de calcaire, de forme triangulaire. Du haut de ses 487 mètres, à son sommet « le Bosc del grand Serre », il se dresse, imposant et majestueux au dessus de l'impétueux et imprévisible fleuve au caractère méditerranéen bien trempé avec ses crues soudaines, d'hiver et de printemps, ou liées aux précipitations d'automne et au phénomène cévenol, dévalant du Mont Aigual.


Le massif du Thaurac, enclave calcaire entre deux fossés tectoniques d'effondrement.


Le massif du Thaurac, enclave surgissant au sein de terrains imperméables, limité par deux grandes failles marginales inverses et autres cassures ayant disloqué sa masse interne carbonatée, se présente sous la forme d'un plateau trilatéral serti entre le synclinal Crétacé à Myocène, à fond plat, de la plaine de Ganges, au Nord, et le bassin d'effondrement Oligocène de Montoulieu, en bordure de la marge passive du golfe du Lion, au Sud. Ce bloc montueux, tourmenté et accidenté est un horst soumis, suite à la poussée orogénique pyrénéo-provençale, à une forte compression qui, en profondeur, en avait plissé ses assises plus plastiques des trois premiers sous-étages stratigraphiques du Malm(1), - Jurassique supérieur -, l'Oxfordien, - marnes bleues à Ammonites pyriteuses -, l'Argovien, - marnes jaunes, alternance de bancs marno-calcaires et de bancs de craie riches en chailles, calcaires récifaux riches en fossiles silicifiés -, et le Raucarien, - calcaires jaunâtres récifaux riches en Polypiers et Solénopores, calcaires oolithiques, calcaires à grosses oncolithes -, et déversé et cassé les couches supérieures, plus massives, du Kimméridgien et du Tithonien.

Couvert d’une végétation, majoritairement sempervirente, traditionnelle de la garrigue méditerranéenne, où domine le ciste cotonneux, le ciste à feuille de sauge, le chêne vert, - ou yeuse -, le chêne blanc, l'euphorbe, le fenouil, le genêt à balai, le spartier à tige de jonc, le genêt des teinturiers, le panicaut, l'épine blanche, l'agave, le thym, le romarin, la ronce... cet îlot calcaire, ceint par une muraille minérale escarpée, est un paradis pour les grimpeurs. Quelques 650 itinéraires d'escalade, sécurisés et équipés, entre 20 et 120 mètres d'aplombs vertigineux et de parois rocheuses verticales émergeant au-dessus des vignobles, s'étalant sur une quinzaine de secteurs dont particulièrement ceux de l'Épingle à Cheveux, de la Baume du tigre, de la grotte aux mille Fées et de la Beaume d'Aymé, tous niveaux représentés, s'y dénombrent.


Le défilé du Thaurac.


Ne mesurant pas sa fougue ardente, l'Hérault divise, en deux, le massif sur plusieurs kilomètres, offrant, entre Laroque et Saint Bauzille de Putois, un paysage magnifique, d'étonnantes falaises calcaires colorées, abruptes et imposantes, des gorges ostentatoires sur un site appelé le défilé du Thaurac.

Tout au long de son parcours, s'offre le spectacle grandiose, fascinant et inhabituel créé, au fil des ères géologiques, sur des millions d'années, par l'inlassable et patient travail d'érosion du fleuve, l’architecte et seul privilégié, sculptant et déchirant, tel un artiste fou, la roche friable. La nature sauvage et naturelle, en majesté, véritable oasis au cœur de terres arides, s'y dévoile à l'état brut. Le défilé de Thaurac, d'une profondeur variable de 200 à 300 mètres, véritable canyon encaissé entre des falaises abruptes, jalonné de marmites de géant, de cascades bouillonnantes, se décline sous de multiples facettes alliant calmes et colères des éléments fondamentaux de la Terre en éternelle effervescence.

Véritable zone de loisirs et de sports à ciel ouvert, cette saignée serpentine aux eaux claires et frîches, incisée dans un cadre somptueux, invite à la baignade et à la pratique du canoë-kayak. En outre, un sentier, solidement implanté, parfois accroché aux parois escarpées ou franchissant, par des ressauts, le cours torrentueux du fleuve, permet de pénétrer le mystérieux et le pittoresque.


Multitude d'avens et de grottes dissimulés sur tout le massif du Thaurac.


Sur une superficie réduite d'environ 5 kilomètres carrés, le karst compte un nombre impressionnant de cavités majoritairement regroupées par secteur autour d'une anfractuosité majeure. Un inventaire spéléologique, dressé en 1983, en dénombre plus de 250 dont 120 dans le seul secteur du défilé du Thaurac, entre Laroque et Saint-Bauzille de Putois.

Et comme le spécifiait, fort bien, un géologue languedocien du XIX° Siècle, « différents types de cavités se rapportant aux stéréotypes classiques de la région », Mio-Pliocène d'extension régionale, du Nord de Montpellier aux Causses, et Plio-Quaternaire, la Grotte des Demoiselles et l'Aven des Lauriers en étant les vestiges les plus importants, « font la richesse de ce massif. » Ces deux cavités, subtilement exploitées par l'industrie du tourisme, recèlent, dans les entrailles « gruyèrées » du karst thauraquien, de vastes salles concrétionnées, - 52 mètres de hauteur, 48 mètres de largeur et 120 mètres de longueur pour celle de la Grotte aux mille Fées -, et des galeries, d'une extraordinaire richesse, fastueusement décorées de concrétions fines, aux couleurs éclatantes, d'immenses orgues minérales, de Stalactites et de stalagmites, aux formes et aux personnages mystérieux, de draperies, d'aragonites...

Depuis la nuit des temps, le Massif du Thaurac, et sa multitude d'avens et de grottes, a été un lieu de vie et de refuge depuis l'homme de Neandertal jusqu'aux Maquisards, durant la Deuxième Guerre Mondiale, en passant par les hommes du Néolithique et ceux de la Proto-histoire, les Volques Arécomiques, les Romains, les premiers chrétiens martyrisés, les Cathares fuyant la répression de la Croisade des Albigeois, les Curés pourchassés... et les Camisards.


Notes.


(1) Le Malm, ou Jurassique supérieur, s'étend de 161.2 à 145.5 Millions d'années et est divisé en trois étages stratigraphiques, l'Oxfordien-Argovien-Raucarien, 161,2 à 155,7 Millions d'années, le Kimméridgien 155,7 à 150,8 Millions d'années et le Tithonien, anciennement le Portlandien 150,8 à 145,5 Millions d'années.


Publié le 08 Décembre 2010 sur

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17 décembre 2010

La Grotte-mine de Gériols : Quand les hommes redécouvrent le passé.


La Grotte de Gériols, creusée dans les calcaires dévoniens veinés de plomb argentifère des contreforts du Causse du Larzac et du plateau de l'Escandorgue, se niche, dans une reculée façonnée par l'Izarn, à 2 kilomètres à l'Est de la ville de Lodève. Entre margotins de cistes pourpres ou blancs des garrigues et immenses étendues sauvages du causse, elle gîte, au pied des pentes du plateau du Grézac, dans le vallon de Soulondres, où l’eau cristalline du cours d'eau anime le paysage idéaliste du domaine de Monplaisir serti d'un château, d'une manufacture de drap de laine, de ponts, de canaux, de fontaines et d'allées, et bouqueté de bosquets et de bois.

La grotte de Gériols, trésor secret des initiés.

En ces terres, l'eau a raviné les rebords en contrebas des corniches et a creusé des sillons profonds et étroits. L'érosion, favorisant les karsts, y est d'autant plus active que des bancs marneux s'intercalent dans les bancs carbonatés. Et la vallée-corridor de l'Isarn, comme celles de ses congénères venant de l'Escandorgue, au Nord-Est, le Laurounet et la Soulondre, ou celles de la Brèze, la Primelle et la Paumèle et le Soubrebe dévalant du Larzac, au Nord-Ouest, toutes gonflant de leurs flots la Lergue, recollent de merveilles karstiques gardées au secret par un groupuscule d'initiés qui se refusent, égoïstement, à en dévoiler leur beauté.
Autres que par les spéléologues du cru, de rares historiens locaux émérites ou de singuliers autochtones en mal de sensations fortes qui, un jour, ont eu l'audace d'escalader un éboulis qui obstrue une sorte d'entonnoir largement ouvert ; et autres que par d'antiques légendes qui étaient lues publiquement dans les monastères, pendant les repas et dans les églises, pour l’édification des fidèles et qui, depuis des décennies, croupissent dans les caves humides des archives épiscopales et départementales héraultaises et qui se transforment en gargantuesques repas pour les poissons d'argents, les vers des livres, les psoques, les dermestidés...; qui en ont révélé son existence et son riche passé historique, la grotte est totalement inconnue du grand public.


La grotte de Gériols redécouverte 20 siècles après sa dernière mise en exploitation.

Les époux Vallot, spéléologues lodévois, entre les années 1900 et 1904, en foulèrent les premiers ses sols, en explorèrent ses boyaux et en dressèrent le plan et la description. Et quelle n'avait pas été leur surprise en découvrant que la main de l'homme, ayant creusé des galeries de mine et d'assainissement, et agrandi, pour améliorer les commodités d'accès, plusieurs passages, dans les temps immémoriaux, les avaient devancés en ces lieux !
La tradition populaire très présente encore dans la transmission des connaissances, de génération en génération, qui s'est perpétrée jusqu'en première moitié du XX° Siècle, malheureusement par le truchement de l'évolution inverse des humains trop imbus de leur personnalité seulement des bribes informes en restant en ce début du XXI° Siècle, fait remonter une exploitation minière du site à l'époque romaine.

La grotte de Gériols, sanctuaire Paléolithique.

Dès au moins l'antiquité, des hommes œuvraient dans ses entrailles et y exploitaient les filons de plomb argentifère qui veinaient ses parois mais, ce qui ne filtre point, une omerta intransigeante faisant loi, il est d'évidence que la cavité était déjà connue, visitée et squattée au Paléolithique Supérieur, - entre 35 000 et 10 000 ans -. L'imagerie populaire, bien aidé en cela par les représentations scientifiques, même si les spécialistes en la matières donnent l'impression surannée d'en nuancer le cliché concessif et réductif, et, parfois, de le contredire, perçoit l'Homme préhistorique comme un simiiforme bestial et acrimonieux, stupide et agressif, « à forte pilosité, vêtu de peaux de bête, maîtrisant difficilement le feu, s'exprimant par grognements dénués de sens, chassant le mammouth à la lance, subissant un environnement hostile et s'appropriant une femme en l'assommant puis en la traînant par les cheveux.(2) »
D'après la parole de certains « anciens » attachés à la glèbe de leur terroir, la grotte de Gériols n'aurait pas été un lieu d'habitat, permanent ou temporaire, pour l'homo sapiens sapiens mais, de toute évidence et bien qu'elle ait subi un pillage en règle en des temps indéterminés, un lieu cultuel pour les hommes du Mésolithique et du Néolithique, voire du Chalcolithique. Pour d'autres, à la fin du Moyen Âge, la caverne servit de refuge à deux femmes de « Luteva » qui avaient été accusées de faire commerce avec le Diable et de sorcellerie. Enfin, il se laisse aussi entendre dire que des Cathares du Bittérois s'y seraient réfugiés pour y fuir les exactions commises par les troupes, de Simon de Montfort, subjuguées par la foi qui les transportaient durant la Croisade des Albigeois.


La grotte de Gériols.

 

Passée l'entrée, en forme de goule, obstruée par un éboulement et fermée par une grille qui empêche toute intrusion intempestive d'indésirables et de voyeurs, dans la sanctuaire, - comme si une caste se réservait le droit de « profiter » tout son saoul des lieux -, une galerie étroite, en pente très prononcée, encombrée de pierres éboulées rendant la progression malaisée, s'enfonce dans les entrailles du plateau du Grézac. Elle permet d'accéder à une première salle frappée du sceau de l'originalité. La « Salle de la double voûte », ainsi s'en est-elle trouvée baptisée par les époux Vallot, ses deux « re-inventeurs » se décompose en deux séries de galeries superposées, sans attrait particulier, qui cheminent dessous et dessus la salle principale. Il est certain que son charme en serait tout autre et qu'elle en apparaîtrait, de fait, moins insignifiante si la cavité était aménagée et éclairée. Mais voilà, les subtilités de la roche, à la seule lumière blanche d'une lampe torche, ne peuvent ainsi ni se lire, ni se découvrir dans leurs points les plus remarquables.

Sans transition, après un bref et pénible goulet, s'ouvre une salle aménagée d'un escalier grossièrement taillé, de main d'homme, dans la paroi, permettant d'atteindre des boyaux et des corridors supérieurs, La bien nommée « Salle de l'escalier » était une pièce essentielle, à l'époque romaine ou pré-romaine, dans l'organisation et l'exploitation des filons de plomb argentifère. Outre celles supérieures, aux marques d'extractions indubitables, une ancienne galerie de mine s'enfonce profondément et les champs de taille, ne laissant aucun doute sur sa dévolution, y transparaissent,

Les miroirs d'eau de la grotte de Gériols.

Plus avant, « ...une grande salle dont la voûte possède 45 mètres de portée... », ainsi la présente joseph Vallot dans la rédaction de l'acte en signifiant la découverte, « ...elle est divisée en deux parties par un rocher occupant la partie basse, surmontée d'un pont naturel, montant à mi-hauteur de la voûte ; la première partie, ou « Salle du petit lac », parait assez étroite, mais sa largeur est doublée dans la partie supérieure par une sorte de tribune à pic se prolongeant jusqu'au grand lac. » Une étroite langue pétrée, aménagée par l'homme dans les temps anciens, d'une longueur de trente mètres, séparant les deux étendues d'eaux souterraines, permet, depuis le petit lac aux eaux vert-sinople, d'approcher et de pénétrer dans la « Salle Grand-Lac ».

D'une trentaine de mètres de longueur sur une douzaine de large, d'une profondeur de 6 à 9 mètres et d'une température constante de 14°5 identique à celle qui règne dans la cavité, le grand lac est un écrin bleu-vert essaimé d'étoiles qui scintillent depuis les 24 à 30 mètres de haut de la voûte. Du plafond pendent fistules et stalactites aux couleurs irisées et aux parois se tendent des draperies, les une et les autres se reflétant, à la lumière d'une lampe torche, sur la patine du miroir aquifère. Au-delà, fermant la grotte, gours, cascades pétrées et un bloc calcique aux formes étranges et cachectiques, « le squelette », en tirent la toile de fond.

 

Les autres salles et points remarquables de la grotte de Gériols.

 

Des galeries de mine de faible longueur, mais partiellement immergées, pour les unes, totalement immergées, pour les autres, en leur partie terminale se situent au Sud du grand lac et se concentrent tout particulièrement aux abords d'un puits d'extraction de minerai de plomb argentifère à demi comblé, « le puits romain ». Il devait mener vers un réseau inférieur et, apparemment, son fond semble, lui aussi, noyé. Ces structures, réalisées de main d'homme, laissent supposer qu'elles ont été creusées à un moment où les eaux étaient plus basses dans ce lac, mais, pouvant y porter démenti, un couloir extérieur à la grotte, ensablé, aurait servir à vider le lac et permettent, ainsi, aux mineurs de travailler.

La « Salle des gours », toute proche, adjacente par son Ouest au puits romain, est toute luminescence avec sa panoplie variée de concrétions polymorphiques qui règnent sur les dépôts endogènes, - éboulements des parois et des plafonds -, causés par les longues périodes de dégel qui ont succédé aux phases périglaciaires et glaciaires. Elles enregistrent, lenteur de la création, les caractéristiques de l'écoulement d'eau qui les a édifiées.

La visite de la grotte de Gériols ne se résume pas, seulement, à ces quatre salles et à ses lacs, d'autres points d'intérêt n'en doivent point être oubliés d'autant que le réseau est loin d'être découvert dans sa globalité. Et si tel est, les galeries et les voûtes basses, d'accès ardu ou impraticable, aboutissant à la « Salle de la double voûte », à la « Grande salle » et à la « Salle des gours », laissent à croire que de nombreuses ramifications restent inexplorées dans la couche karstique afférente aux galeries sèches. Tel est si réel qu'un accès aboutissant à la galerie supérieure de la « Salle de la double voûte » conduit à un petit lac, une sorte de puits, de profondeur insondée et aux bords tapissés de calcite.


Mystère hydrologique autour de la grotte de Gériols.


Par la présence des lacs et des mares et en absence de toute apparence de cours d'eau souterrain, le site est étrange d'autant plus qu'aucun exutoire connu, ni nul émissaire visible, ne se distinguent aux environs de l'entrée de la grotte et sur une longue distance. D'où peut donc provenir cette eau ? Par où peut-elle s'évacuer ? N'existe-t-il pas un système annexe dans la grotte de Gériols ?

Pour accéder au fond de la grotte, - gours, cascades pétrées et bloc calcique au nom prédestiné de « squelette » -, faute d'aménagements adéquats, la grotte de Gériols n'étant pas ouverte au public, il est nécessité de traverser le lac à la nage, - les époux Vallot, les « re-découvreurs » du site karstique, avaient, eux, utilisant avec un bateau de type Osgood, navigué sur le plan d'eau -, et, en son milieu, un courant se dirige vers le Sud.
En outre, par gros temps et lors des « fortes eaux », le niveau s'élève jusqu'à plus de 1,50 mètre au-dessus de son plan coutumier, autorisant à penser que le lac est en relation avec une rivière souterraine. Aux temps romains, des galeries artificielles avaient été creusées. Celles-ci devaient permettre, aux mineurs, de travailler à pied sec. Mais, encombrées par du sable, elles sont toutes obstruées et elles interdisent toute action de vidage et d'assainissement.
A la fin de la visite exploratoire, deux questions se posent : « Des recherches hydrologiques seront-elles, un jour engagées et autoriseront-elles un acquis des connaissances sur l'origine de ces eaux ? » et « La grotte-mine de Gériols, une quelconque cathédrale de pierre riche en histoire, sera-t-elle ouverte, dans un avenir plus ou moins lointain, à des hordes « gourmandisées » par le voyeurisme à défaut d'en autoriser l'accès à un public de connaisseur ? » Et réponses y seront-elles données ?


Raymond Matabosch


Notes.


(1) Simiiforme : Les Simiiformes, ou anthropoïdés, - Anthropoidea -, sont un groupe de primates, plus précisément le groupe des singes et des humains qui admet, pour groupe frère, les tarsiformes.

(2) Catalans illustres. L'Homme de Tautavel. 2007. Raymond Matabosch.


Publié le 15 Novembre 2010 sur

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14:05 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Héraultaises | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lodève, lodévois, grotte de gériols, hérault, izarn, languedoc-roussillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30 novembre 2010

Le département de l'Hérault, un pays de volcans.

Du milieu du Miocène, - 23 millions d'années -, jusqu'au début du Pléistocène moyen, - 560.000 ans -. le Département de l'Hérault a été siège d'une importante activité volcanique. Celle-ci, se trouvant à l'extrémité d'une série vulcanienne disposée selon un axe Nord-Sud depuis le Cézallier, le Cantal, l'Aubrac et les Causses, a la particularité d'être de plus en plus récente en se rapprochant de sa façade méditerranéenne : Massif de l'Escandorge, Lodève, Salagou, Valros, Saint Thibéry, Agde, Grabels, Montferrier, Maguelone...

 

Le département de l'Hérault n'a pas toujours été marqué par la multiplicité de ses paysages, s'étageant depuis les contreforts Sud du Massif central jusqu'à la mer Méditerranée en passant par des étages de garrigues, de basses plaines viticoles et arboricoles, et d'étendues lacustres et marécageuses qui lui est propre. Il n'a pas toujours été, non plus, cette terre de soleil et de calme géologique qui la caractérise en ces temps holocènes...

Hier encore, en regard des temps géologiques, il y a de cela à peine 560.000 ans, les territoires de Vias, d'Agde, de Saint Tibéry et de Valros, et leurs proches banlieues résonnaient de grondements sourds, s'empanachaient de nuages de gaz, de cendres et de téphras, s'enflammaient sous les nuées ardentes et la lave jaillissait des gueules stromboliennes de Roque-Haute, - la plus récente 560.000 ans -, des Monts Saint Loup, Saint Martin et Petit Pioch et des Monts Ramus.

La chaîne volcanique héraultaise.


Se pencher sur la carte géologique de l'Hérault et du Bas Languedoc génère la surprise par la présence et l'abondance d'édifices volcaniques dits « récents » qui s'égrainent le long d'une chaîne vulcanienne, longue de plus de 150 kilomètres et large de 25 kilomètres, courant depuis le Nord de Millau, passant par Lodève où elle s'y sépare en deux branches, jusqu'au Cap d'Agde, - se poursuivant plus ou moins sur 30 kilomètres au large -, au Sud, d'une part, et, d'autre part, dans le lunellois, au Nord et au Sud de Montpellier.

En regard de la configuration de la dite chaîne, les bâtis volcaniques s'y trouvant dispersés, les laves étant toutes de composition basaltique, de structure modeste et d'intérêt pétrographique(1) et stratigraphique négligeable, il ne peut pas être établi de comparaison notable et fiable avec les alignements compacts de la Chaîne des Puys ou de celle des Monts du Forez, ni quelconque similitude avec les complexes volcaniques du Plomb du Cantal, du Mont Dore ou du Cézalier où s'y dénombrent des laves de toute nature.


Antériorité volcanique dans l'Hérault et le Bas Languedoc.


Les plus anciennes manifestations volcaniques référencées, dans le département de l'Hérault et le Bas Languedoc, ont leur fondement dès les prémices du Paléozithique, - 543 à 250 Millions d'années -, tout particulièrement au Cambrien, - 542 à 488 Millions d'années -, et à l'Ordovicien, - 488 à 435 Millions d'années -. Des braviérites, - roches volcanodétritiques d'aspect gneissique de couleur verdâtre typique -, des Tufs compactés, - ignimbtites -, et des coulées rhyolitiques, témoins d'une activité volcanique acide, en deux épisodes séparés par un épisode de sédimentation détritique fine, en partie aérienne et sous faible tranche d'eau, sont répertoriés. Ces dépôt volcanosédimentaires interstratifiés avec des couches grésopélitiques et carbonatées recoupées par des granodiorites, des granites et des pegmatites, semblent indiquer la montée et l'arrivée, avec épanchement en surface, de matériel magmatique qui, en cristallisant en profondeur, a donné naissance au massif plutonique du Mendic.

Au Carbonifère, - 359 à 299 Millions d’années -, il y a 330 millions d'années environ, l'orogenèse hercynienne provoque, accompagnées de recristallisations, des déformations importantes et les terrains marins, ainsi réhaussés, sont traversés par des filons de roches volcaniques de couleur sombre de type porphyrites, lamprophyres et andésites.

Enfin, datés du Permien, - 299 à 251 Millions d'années -, déterminés au travers de multiles coupes de terrain réalisées lors du traçage des routes, des lits de cendres volcaniques sont intercalés dans les couches continentales. Existait-il des volcans in-situ ou ces cendres et ces téphras résultent-ils d'éruptions volcaniques cataclysmiques s'étant produites à grandes distances dans les ultimes phases de la formation de la Pangée?

Au différent, aucune manifestation volcanique, alors que des coulées basaltiques se déversent, au Jurassique, - 199 à 145 Millions d'années -, dans les fonds sous marins d'une mer secondaire qu'occupe le « Grand Causse » de nos jours, n'est connue, au Mésozoïque, - 251 à 65,5 Millions d'années -, dans l'Hérault.

Mais pourquoi le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc dès le Miocène?


Les géologues considèrent que le Département de l'Hérault et le Bas Languedoc sont partie intégrante du Massif Central français par le fait qu'ils le bornent aux limites des terrains tertiaires du Carcassés au Sud, du Biterrois au Sud-Est, du Castrais au Nord-Ouest et du bassin permien de Saint-Affrique au Nord-Est. Ils étendent son territoire à un vaste ensemble hercynien, tel qu'il se présente à l'holocène, recouvrant 80.000 kilomètres carrés, environ 1/7° de la France.

Et comme ils admettent que des études géochimiques des laves basaltiques du Massif Central pourraient mettre en évidence des caractères classiquement identifiés au sein du volcanisme de « point chaud », ils en affirment que le volcanisme dans l'Hérault et le Bas Languedoc est de même nature.

Mais il en est vite oublié que le sol français est, d'une part, une unification de plusieurs terranes, et, d'autre part, un « raccrochement », par son Sud-Ouest, - Bassin Aquitain -, son Sud, - Languedoc-Roussillon -, et son Sud-Est, - Provence et Côte d'Azur -, la chaîne Pyrénéo-provençale(2) en faisant l'union, entre deux continents.

Aussi, il se peut penser, quand la plaque tectonique Ibérique est rentrée, dans un mouvement dextre, en approche de la plaque Eurasienne, qu'il s'est produit un volcanisme de subduction, celui-ci s'étant ensuite mué en volcanisme fissural et, aux environs d'Agde, en volcanisme surtseyen...

Raymond Matabosch


Notes.

(1) La pétrographie est la science ayant pour objet la description des roches et l'analyse de leurs caractères structuraux, minéralogiques et chimiques.

(2) Les Pyrénées énigmatiques : Un enseignement dispensé suranné. Raymond Matabosch. 2008


 

Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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29 novembre 2010

Étang de Thau, monde d'absolu. Monde à part sur une terre à part.

A hauteur de Sète, il est difficile de résister au chant des sirènes et de ne pas succomber à l'appel de « l'ile singulière(1). » Ville natale de Georges Brassens, de Jean Vilar, de Paul Valéry..., la cité sétoise est un site touristique avec des quartiers pittoresques traversés par des canaux où se reflètent les façades colorées.

Mais la découverte du monde très particulier qui la côtoie est encore plus excitante. Le Bassin de Thau, là où les eaux douces rejoignent la lagune d'eau salée dans un mouvement créateur de richesse, est un monde à part dans un univers à part. Séparé de la Mer Méditerranée par la « baleine », le Mont Saint Clair, et un cordon littoral de sables fins et blonds, il s'enorgueillit d'un patrimoine écologique remarquable


Le Bassin de Thau, le plus grand étang du Languedoc-Roussillon.


L'étang de Thau, ou bassin de Thau, d'une superficie avoisinant les 7.500 hectares, est le plus grand étang de la région Languedoc-Roussillon. Ses eaux d'un bleu intense, véritable « mer intérieure », s'étendent, sur 20 kilomètres de long, depuis Balaruc le vieux jusqu'à la Pointe des Onglous à Marseillan, et 4 à 6 kilomètres de large. La largeur minimale, entre les pointes de Balaruc et du Barrou, est de 1.400 mètres. Mais, derrière son caractère tranquille, l'étang s'emporte, parfois, dans de brutales et violentes tempêtes, toujours extraordinaires.

Avec une profondeur moyenne de 5 mètres, il est aussi le plus profond des étangs languedociens qui n'excèdent pas les 3 mètres. Au large de Balaruc-les-Bains, le gouffre de la Bise, un entonnoir de plus de 100 mètres de diamètre, atteint une profondeur de 32 mètres. C'est une résurgence d'eau douce d'une température constante de 21° C. Elle draine une partie des eaux souterraines issues des collines calcaires de la Montagne de la Moure et du Causse d'Aumelas. Et certaines zones, situées à plus de 7 mètres de profondeur, sont parcourues par d'étranges séries de « cadoules(3) » dont l'origine reste encore inconnue.


L'étang de Thau est un étang tectonique, lieu de confrontation des eaux douces du bassin versant et des apports d’eaux marines.


Sa grandeur et ses profondeurs s'expliquent par la géomorphologie du secteur. Étant le synclinal d'un plissement dont l'anticlinal est la montagne de la Gardiole au nord-est, le réseau hydrographique se compose d’une dizaine de petits cours d’eau drainant le versant sud des massifs et des plateaux environnants et la plaine agricole avant de trouver leur exutoire dans l’Étang de Thau. L’essentiel de ce réseau possède un caractère non pérenne durant toute la période sèche.

En outre, c'est un étang tectonique avec une grande profondeur moyenne, de première ligne, en relation directe et permanente avec la mer par des graus à Marseillan, le Pisse Saume, et à Sète. Il ressort un volume d’échange d’eau important entre les deux milieux, avec théoriquement une salinité de type polyhalin en hiver et hyperhalin en été.


L'Étang des Eaux Blanches et son comblement à cause de la bêtise humaine.


Il se prolonge à l'est, près de Sète et Balaruc-les-Bains, sur 600 hectares, par l'étang des Eaux-Blanches, aujourd'hui partiellement comblé. Les raisons en sont simples, la main de l'homme ! Les eaux résiduaires urbaines et des boues des communes de Balaruc le Vieux, de Balaruc les Bains, de Frontignan la Peyrade et de Sète étant traitées à la station de traitement située dans la zone industrielle des Eaux Blanches à Sète, depuis 1972. Celles de la commune de Mireval sont, de même, traitées à la station de traitement située au lieu dit « Maupas » depuis 2001. Toutes ces eaux, plus ou moins dépolluées de leurs effluents organiques et chimiques, sont déversées dans cette partie d'étang favorisant son comblement.

En outre, le canal du Midi prolongé par le canal du Rhône à Sète, avec leurs apports alluvionnaires, au lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, débouchent dans l'étang de Thau. Une ceinture de végétation plus ou moins développée s'implante.et se développe et présente des « bandage » végétaux depuis le large vers les berges : les herbiers immergés, la végétation flottante et les « roselières » composées de roseaux, de scirpes lacustres, et de massettes. Les herbiers immergés sont dominés par les characées à l'origine de matelas denses et rêches. Les secteurs abrités hébergent, eux, une forte diversité floristique de potamots, d'élodées, de myriophylles …


Le Grand Étang, un site protégé au détriment de l'Étang des Eaux Blanches.


Dans sa partie centrale est le Grand Étang, d'une superficie de 6.900 hectares, propriétés du Conservatoire du littoral et réserve ornithologique protégée. C'est un écosystème complexe et précieux à préserver. L'étang joue un rôle régulateur vis-à-vis des crues des rivières, des inondations et des intrusions marines et il assure un rôle épurateur grâce à une importante activité biologique. Sa lagune et ses berges possèdent une remarquable capacité d'accueil d'oiseaux. Près de de 250 espèces y sont recensées.

 

Elles viennent y nidifier, s'y alimenter ou s'y reposer par milliers au cours de leurs migrations annuelles, avec des espèces rares comme le balbuzard pêcheur et la cigogne noire. Les flamants roses, les hirondelles, les avocettes ou les aigrettes « garzette » fréquentent le Grand Étang. L'hiver, des rassemblements de canards, de sarcelles, de milouins, de colverts ou de souchets s'y produisent. Des espèces remarquables y nichent comme l'échasse blanche et le gravelot à collier interrompu, l'alouette « calandrelle » ou le butor étoilé. Enfin, la diversité des milieux est favorable à la présence de nombreuses espèces de plantes, parfois rares et menacées.


Le Bassin de Thau et ses atouts touristiques et économiques.


Taquiné par les vents sous l'œil protecteur de sa majesté le Mont Saint Clair, l'étang de Thau s'est organisé une vie bien à lui dans l'intimité d'une vocation conchylicole héritée des romains qui consommaient les huitres en grande quantité et qui en faisaient commerce.

 

Ici, le soleil trempe ses rayons dans les eaux lagunaires et décline la palette des bleu-verts. Si la route ménage de belles perspectives sur les allées géométriques des parcs à huitres, elle révèle, aussi, un patrimoine à la richesse insoupçonnable.


Notes :


(1) « L'ile singulière », expression due à Paul Valéry, appelée aussi « l'île bleue », Sète est une ville à part, possédant une identité culturelle forte, avec ses traditions, sa cuisine, son jargon. Ville d'artistes, elle oscille inlassablement entre tradition et avant-garde.

(2) La « baleine », cetus en latin, la forme du Mont Saint Clair, vue de la mer, évoque, aux yeux des marins celle du cétacé.

(3) Les cadoules sont des buttes, de type tumulus, noyées sous l'étang de Thau.


Publié le 27 Octobre 2010 sur :

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29 janvier 2010

L'Hérault, un fleuve fougueux. Plus qu'un fleuve, une âme.

 

L'Hérault, est un fleuve côtier long de 160 kilomètres. Il prend sa source sur le versant sud des Cévennes, sous le Mont Aigoual, à 1.288 mètres d’altitude au Plat Peyrot. Il parcourt le département du Gard puis traverse, du nord au sud, le département de l'Hérault auquel il donne son nom. Il termine son périple fluvial à Agde, illustre cité grecque, plus précisément au Grau d'Agde et à La Tamarissière où il se jette dans la Méditerranée.

L'Hérault reçoit de nombreux affluents dont l'Arre, la Vis, le Rieutord, la Buèges, le Lamalou, la Lergue, la Boyne, la Peyne, et la Thongue venant grossir ses eaux calmes. Son bassin versant s'étend, en comptant les bassins des affluents, sur 2.900 kilomètres carrés.

 

L'Hérault, un fleuve côtier méditerranéen.

 

Le torrent impétueux, sautant de cascade en cascade, dévale plus de 1.000 mètres de dénivelé sur ses dix premiers kilomètres. A Valleraugue, entrant dans une profonde vallée, le fleuve perd de sa fougue et de sa pétulance. Au fur et à mesure de sa progression, dans les garrigues calcaires, le relief devient moins accidenté et le climat Méditerranéen s’installe. Il coule ensuite lentement, déroulant ses méandres, et, à Agde, approchant de son embouchure, il devient en­core plus calme...

Comme tous les cours d'eau soumis aux irrégularités du cli­mat méditerranéen, l'Hérault est un fleuve capricieux. Il est coutu­mier des brusques augmentations de débit et des crues soudaines, souvent liées aux précipitations printanières et automnales dévalant du massif de l'Aigoual. Pour réguler ces débits monstrueux, souvent meurtriers, liés aux phénomènes pluviaux cévenols, pouvant dépasser 1.500 mètres cubes par seconde, des barrages écrêteurs ont été construits : l'un à Clermont-l'Hérault, sur le Salagou, l'autre à Vailhan, sur la Peyne.

 

Les gorges de l'Hérault, un lieu préservé et particulière­ment sauvage.

 

Après avoir dévalé les pentes granitiques raides et très escar­pées du Mont Aigoual, et pénétré dans le département de l'Hérault, près de Ganges, le fleuve et ses crues érodent les calcaires des Causses, creusant ainsi des gorges impressionnantes au fil des millé­naires. Véritable canyon, d’une profondeur variable de 200 à 300 mètres, incisé au cœur des garrigues, c'est à Saint Guilhem le Dé­sert qu'elles sont les plus étroites, les plus vertigineuses et les plus spectaculaires.

Dans un décor splendide, la saignée serpente depuis le Pont du Diable jusqu’aux abords de l'abbaye de Gellone. Les roches y paraissent avoir été déchirées, lacérées, taillées et sculptées par les burins d'un artiste fou adorateur de paysages sauvages. Et, jalonnées de marmites de géants et de gouffres impressionnants, les gorges, calmes ou colériques, offrent un spectacle fascinant.

 

Les paysages karstiques de la vallée de l'Hérault.

 

Le creusement du défilé de l’Hérault, au pied du Causse du Larzac, est un facteur déterminant de la formation de nombreuses cavités souterraines dans le karst dolomitique. En effet, les régions karstiques comportent des formes de relief, inter-dépendantes les unes des autres, bien particulières. De véritables paysages sont façonnés dans les roches solubles carbonatées : dolines et ouvalas, poljés et ponors, canyons, défilés et gorges, lapiés, crevasses et leisines, avens et gouffres, cavités et grottes, vallées sèches ou encore pertes et résurgences.

Des dizaines de kilomètres de réseaux se sont formés grâce à l'action de l'eau s'infiltrant dans les fractures de la roche, circulant dans les fissures et usant chimiquement, par l'effet de corrosion, ces anfractuosités. Témoignage du temps, les grottes de la Clamouse et des Demoiselles en sont les cathédrales.

 

Le fleuve Hérault, source de vie.

 

Une ceinture de grands arbres à feuilles caduques, certes étroite mais humide et fraîche, implantée tout le long du fleuve, en précise ses contours. Les frênes, les aulnes, les peupliers..., voire les platanes, par mimétisme avec les plantes des garrigues et les figuiers, s'y développent sans devoir s’adapter aux contraintes du climat méditerranéen.

Royaume de la truite fario, du vairon et du chabot, il est aus­si celui de la vipère aspic et du plus grand serpent européen, la cou­leuvre de Montpellier, et, sur les étangs de la Tamarissière, le do­maine privilégié des flamands roses ...

Ce qui est moins connu c'est que l'on trouve aussi de l'or dans le fleuve Hérault! Son nom, Auroris, au I° siècle avant Jésus-Christ, Aréror au Moyen Age, puis Hérault depuis 1790, en découle.

 

De tous temps, le fleuve Hérault a été un obstacle pour les hommes.

 

Cependant, de mémoire d'homme orale ou écrite, le fleuve, source de vie, a toujours représenté un obstacle. Pour le franchir, les hommes ont utilisé des gués, des bacs et... des ponts.

Le plus antique de ces ouvrages d'art connus est le Pont d'architecture romaine de Saint-Thibéry, avec ses 9 arches, le pont le plus long de tout le tracé de la Via Domitia. Il permettait le franchissement l'Hérault pour rejoindre l'antique Cessero. Le pont a été rui­né, en 1963, par une crue du fleuve.

Construit sous l'égide de deux abbayes, Anianes et Gellone, le Pont du Diable, sur la commune de Saint-Jean-de-Fos, marque l'entrée des Gorges de l’Hérault. Il est vieux de plus de mille ans et attire chaque année, en été, de nombreux touristes.

De nos jours plus de 50 ouvrages d'art enjambent le fleuve et, parmi les plus dignes d'intérêt architectural, ceux de Gignac, de Florensac, de Ganges, de Cazilhac, de Saint-Etienne-d’Issensac...

 

Les usages anciens du fleuve.

 

Tout au long des siècles, l’homme a utilisé l’eau du fleuve pour irriguer les terres, alimenter en énergie la minoterie et l’indus­trie textile, produire de l’électricité ou extraire des sables et granu­lats...

 

Dès le Moyen-âge, moteurs essentiels de la vie villageoise, une trentaine de moulins, fariners ou bladiers, à blé ou à huile, utili­sant la force motrice de l’eau, sont construits. Ils représentent le symbole de la puissance des seigneurs et ils attirent la population paysanne qui vient y moudre son grain contre redevance.

Dès le XIII° siècle, les trahandiers, tireurs de soie, s'ins­tallent dans d’anciens moulins, l’eau étant nécessaire au processus de transformation de la soie. La force motrice de la roue hydrau­lique, étant un facteur déterminant, ils pérennisent, ainsi, les fila­tures.

 

Le fleuve Hérault, un univers en dehors des temps.

 

La vallée de l’Hérault, bien plus qu’un simple cours d’eau, est une formidable curiosité naturelle. Le long de ses berges s’égrènent des sites historiques et d'intérêt culturel, - tels Anianes, Saint-Guilhem-le-Désert... -, et des monuments remarquables, des barrages hydrauliques et des bases nautiques...

Un petit patrimoine, témoin séculaire d’un territoire voué à la culture de la vigne et de l’olivier, - près de 3000 exploitations agricoles -, retrace le passé, représente le présent et préfigure l’ave­nir de toute une région aux mille visages.

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13:24 Écrit par catalan66270 dans Voyage en Terres Héraultaises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : languedoc-roussillon, hérault, fleuve | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

La vallée de la Buèges. Oasis au pied de la Séranne.

Paigairolles de Buèges, Saint André de Buèges et Saint Jean de Buèges, trois villages héraultais pleins de charme et imprégnés d'histoire...

Au pied de la Séranne, rempart naturel haut de 700 à 900 mètres derrière lequel s'étend le causse du Larzac, entourés de garrigues parfumées, trois villages, pleins de charme et imprégnés d'histoire, invitent à de belles et longues randonnées journalières.

Les vestiges du passé attestent d'une longue occupation de la vallée. Dolmens et menhirs, cercles de mégalithes mystérieux, vestiges de tombes de l'âge de pierre renvoient à la riche période préhistorique des causses que les vents jamais n'abandonnent. Les moines bénédictins des abbayes d'Aniane et de Gellone, - Saint Guillem le désert -, y fondèrent prieurés et églises romanes dès le Haut Moyen-Âge. Les nombreuses terrasses, puits et capitelles témoignent du labeur des paysans bouillonnants et pugnaces qui ont trouvé, au cours des siècles, dans la culture de la vigne et de l'olivier, l'essentiel de leurs ressources.

Dès la fin du XVIII° siècle, se développent la production de verre, la briquèterie, les fours à chaux et l'élevage du vers à soie.

 

La montagne de la Séranne

 

Longue de près de 25km, l'imposante barrière calcaire qui s'est formée sur une barrière de corail, domine, au Roc Blanc, à 942m d'altitude toute la région. Le Pic Saint Baudille, 842 mètres, surmonté d'un pylône-antenne assurant la télédiffusion pour une vaste partie de l'Hérault, en marque son extrémité Sud.

Paradis des amoureux de la nature et des grands espaces, les sentiers de randonnées, la sillonnant, sont nombreux et les balades de toute beauté. Le long des crêtes, la vue s'étend des salins d'Aïgues Mortes aux étangs littoraux, au Mont Aigoual et aux grands causses, au Nord, annonciateurs des premiers contreforts du Massif Central. Par temps clair, il n'est pas rare d'apercevoir le Mont Ventoux, le Canigou et les Albères.

 

Les sources de la Buègues.

 

La source de la Buèges qui a donné son nom à la vallée, est à l'écart du monde. Site rafraîchissant, et apaisant, un havre de paix et un petit coin de paradis à deux lieux du pittoresque village de Pégai­rolles de Buèges et de son hameau de Méjanel, le promeneur en jouit comme d'une vue de carte postale.

Résultat de la filtration que subit l’eau au coeur du massif de la Séranne, ses eaux sont turquoises et limpides. Point de départ et d’arrivée de nombreuses randonnées au coeur de la Séranne, la source de la Buèges est un site idéal pour goûter à la fraicheur d'une oasis de verdure détonnant avec le jaune des causses brûlés par le soleil.

 

La rivière Buèges.

 

La Buèges, étirée au coeur d'une profonde dépression, est une petite rivière issue des tréfonds des calcaires, prend sa source à partir d'une grande résurgence karstique. Cette eau de source est pure et fraîche toute l'année.

La Buèges, dont les rives renforcées par d'anciens endiguements délimitant les jardins, est traversée par d'anciens passages à gué autrefois indispensables. Plus loin sur le cours d'eau, s'échelonnent d'innombrables cascatelles de tuf qui, çà et là de par leur disposition et leur agencement harmonieux, créent une multi-tude de petits bassins, sorte de « gours » invitant à la baignade.

Comme nombres de rivières karstiques, la Buèges disparaît après quelques kilomètres en s'infiltrant à nouveau dans la roche calcaire poreuse, pour ne réapparaitre qu'en bordure de l'Hérault. Dans un repli discret et à la base d’une retombée du plateau du causse de la Celle entaillée par de vastes ravins, une dizaine de petites sources, les « Cents Fontaines » naissent, éparpillées sur plusieurs centaines de mètres.

 

Pégairolles de Buèges.

 

Fièrement campé sur un piton rocheux, le village médiéval est dominé par les vestiges de son château du XII° siècle dont il ne reste que la tour donjon. Véritable nid d'aigle, il contrôlait l'entrée de la vallée et représentait un poste de surveillance installé à la limite de trois comtés et de trois diocèses.

Son église paroissiale, ancienne chapelle castrale est un petit édifice à nef unique, sans chapelle Elle est encastrée dans le roc alors que son abside semi-circulaire domine le sol extérieur de plusieurs mètres. Elle constituait, de ce fait, une sorte de tour participant à la défense de l'enceinte extérieure du château.

Les ruelles caladées s'enroulent et se déroulent en épousant les formes des rochers. Elles sont bordées de maisons traditionnelles sachant garder leurs secrets.

 

Saint André de Buèges.

 

A Saint André de Buèges, l'habitat est dispersé dans des mas dont certains sont d'origine antique tel le mas Bombequiols, une bastide médiévale du XI° siècle.

Son église, témoin remarquable du premier art roman languedocien, est mentionnée dès l'an 804. Néanmoins, construit par les moines bénédictins de l’abbaye d’Aniane, lors de leurs entreprises de défrichement et d’évangélisation de la vallée, l’édifice primitif qui était situé au cœur d’une villa, a disparu au profit de l’actuel.

L'église Saint André, remarquable d'élégance, possède une nef de trois travées terminée par une abside en cul-de-four. Elle se caractérise par un portail, des arcatures, des dents d'engrenage et une corniche moulurée d'un listel et d'un cavet, témoins des lignes pures originelles de l'architecture lombarde.

 

Saint Jean de Buèges.

 

La vallée toute entière se découvre avec émerveillement.

Au pied du Roc Tras Castel, le village, en étroites ruelles sinueuses, grimpe à l'assaut de la pente, protégé par son château féodal, du XII° au XIV° siècles, orné d'un donjon carré, de belles tours et d'un corps de logis à baies à meneau.

Plus bas, l'église à nef romane à trois travées et une travée de chœur, joue de la pierre froide, gris bleuté, éclatée au pic, et de la chaleur du tuf. Deux clochers surmontent l’édifice cultuel : l’un, massif et agrémenté d’un campanile, l'autre coiffé d’une flèche, dit clocher des pénitents.

Le sol et le climat propice, alliés au savoir-faire ancestral offrent des vins aux bouquets subtils, des olives et une viande qui laissent, sur le palais, les agréables sensations d'un soleil parfumé aux senteurs du Midi..

 

Raymond Matabosch

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